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Un autre oligarque russe meurt dans des conditions mystérieuses

mai 11, 2022

Alexander Subbotin, ancienne pointure de la compagnie pétrolière russe Lukoil, a été retrouvé mort empoisonné au venin de crapaud, rapporte « The Independent ».

Alexander Subbotin, un ancien haut responsable du geant petrolier russe Lukoil, a ete retrouve mort empoisonne au venin de crapaud dans la maison d'un chaman, a Mytichtchi. (image d'illustration)
Alexander Subbotin, un ancien haut responsable du géant pétrolier russe Lukoil, a été retrouvé mort empoisonné au venin de crapaud dans la maison d’un chaman, à Mytichtchi. (image d’illustration)© NIKOLAY DOYCHINOV / AFP

Un nouveau décès d’oligarque est venu s’ajouter à la longue liste des milliardaires russes morts de manière suspecte, depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, le 24 février. Comme l’indique le quotidien britannique The Independent, Alexander Subbotin, ancien dirigeant de la compagnie pétrolière russe Lukoil, est décédé à l’âge de 43 ans des suites d’un empoisonnement au venin de crapaud. Pour soigner une soirée arrosée, le magnat russe aurait rendu visite à un chaman qu’il connaissait depuis plusieurs années, dans la ville de Mytichtchi, située en proche banlieue de Moscou.

Pour l’aider à se sentir mieux, le chaman lui aurait effectué une incision dans la peau pour y administrer quelques gouttes de venin de crapaud, explique The Independent. Après plusieurs vomissements, l’état de santé d’Alexander Subbotin aurait commencé à s’améliorer. Avant de se dégrader subitement. Après l’avoir vu développer une forte douleur thoracique, le chaman a conseillé à l’oligarque de prendre un calmant et de se reposer dans sa cave. Alexander Subbotin n’en ressortira jamais et est retrouvé mort quelques heures plus tard. Il aurait été victime d’une crise cardiaque, même si un examen médico-légal doit encore établir la cause exacte de son décès.

Six autres oligarques retrouvés morts dans des conditions obscures

Depuis fin janvier, six autres oligarques russes et leurs familles ont été retrouvés morts dans des circonstances que les enquêtes de police ne sont pas encore parvenues à éclaircir. Jugés proches du Kremlin, nombreux sont ceux à dénoncer des meurtres déguisés des autorités russes. Leonid Shulman, Alexander Tyulyakov et Vladislav Avaev, qui ont tous trois occupé par le passé des postes importants au sein de la société Gazprom, se sont suicidés en l’espace de trois mois.

Les corps de trois autres oligarques ont également été retrouvés à leur domicile et la thèse du suicide est, là encore, privilégiée pour l’heure par les enquêteurs. Mikhail Watford, magnat du pétrole, a été découvert pendu dans le garage de son manoir, au Royaume-Uni, Vasily Melnikov, ancien salarié de la société MedStom, retrouvé mort dans son appartement de Nijni Novgorod et Sergey Protosenya, l’ancien directeur général de Novatek, se serait pendu dans son jardin de sa maison en Espagne. Dans la plupart des cas, leur dépouille se trouvait aux côtés de celles de leurs femmes et enfants. Le décès d’Alexander Subbotin ne manquera sans doute pas d’intensifier les spéculations quant aux méthodes du Kremlin à l’égard des oligarques russes, depuis le début de la guerre en Ukraine.

Avec Le Point

Washington sanctionne des « oligarques russes » proches de Poutine

avril 6, 2018

Vladimir Poutine le 17 décembre 2015 à Moscou et Donald Trump le 23 mars 2018 à Washington / © AFP/Archives / NATALIA KOLESNIKOVA, Nicholas Kamm

Accusée de faiblesse face à la Russie, l’administration américaine de Donald Trump a annoncé vendredi pour la première fois des sanctions contre des « oligarques » proches du Kremlin, notamment pour les « attaques » de Moscou contre « les démocraties occidentales ».

Ces nouvelles mesures punitives sont parmi les plus sévères depuis l’arrivée à la Maison Blanche début 2017 du président républicain, incapable de réconcilier Américains et Russes malgré ses promesses mais qui s’abstient toujours de critiquer frontalement son homologue Vladimir Poutine.

Elles ont été prises sur la base d’une loi voulue par le Congrès pour punir la Russie notamment pour son ingérence dans les élections américaines de 2016 et son attitude en Ukraine, promulguée l’été dernier à contre-coeur par Donald Trump.

Les nouvelles sanctions visent en tout 38 personnes et entités qui s’ajoutent aux 19 personnes et cinq entités déjà ciblées mi-mars en réponse à ces accusations d’ingérence électorale et à plusieurs cyberattaques. A l’époque, la décision américaine avait été jugée trop timorée par les démocrates.

Sept « oligarques » ainsi que douze entreprises qu’ils possèdent ou contrôlent font partie de la nouvelle liste. Parmi eux figurent Oleg Deripaska, propriétaire du géant de l’aluminium Rusal, Igor Rotenberg et Viktor Vekselberg, acteurs importants du secteur énergétique tout comme Kirill Chamalov, présenté comme le gendre du président Poutine.

Dix-sept « hauts responsables gouvernementaux » russes sont aussi visés, dont le patron de l’entreprise publique Gazprom Alexeï Miller, et Andreï Kostine, celui de la deuxième banque russe, VTB, également détenue par l’Etat. Le ministre de l’Intérieur Vladimir Kolokoltsev, Viktor Zolotov qui dirige la Garde nationale et le secrétaire général du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev figurent sur la liste.

Plusieurs entreprises sont enfin sanctionnées, dont Rusal et Rosoboronoexport, chargée des exportations d’armements.

« Les Etats-Unis prennent ces mesures en réponse à l’ensemble des attitudes éhontées et des activités néfastes du gouvernement russe, qui se poursuivent à travers le monde », a déclaré un haut responsable de l’administration Trump à la presse.

– « Bonne relation » –

Cela inclut « leur occupation de la Crimée, l’incitation à la violence dans l’est de l’Ukraine, le soutien au régime de Bachar al-Assad en Syrie » et « les cyberactivités malveillantes ».

« Mais, avant tout, c’est une réponse aux attaques continues de la Russie pour subvertir les démocraties occidentales », a-t-il ajouté. Moscou « a choisi d’interférer de manière répétée dans les processus démocratiques », a renchéri un autre responsable américain, assurant que les personnes sanctionnées « soutiennent » cette stratégie.

Les relations, déjà glaciales, se sont de fait encore tendues entre les deux grandes puissances rivales après l’empoisonnement début mars au Royaume-Uni de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal, imputé par Londres à Moscou.

Par solidarité avec les Britanniques, Washington a expulsé 60 diplomates russes accusés d’être des « espions », en coordination avec les alliés européens qui en ont déclaré plusieurs autres persona non grata. La Russie a aussitôt riposté par des expulsions similaires.

Selon les services de renseignement américains, le pouvoir russe a mené une opération concertée et planifiée pour influencer l’élection présidentielle en faveur du milliardaire républicain, notamment à travers l’utilisation des réseaux sociaux et la diffusion de « fausses nouvelles », ce que Moscou a toujours contesté. Et les responsables du renseignement américain préviennent déjà que la Russie va réutiliser les mêmes méthodes pour tenter d’influencer les élections parlementaires de novembre.

La loi adoptée l’été dernier par le Congrès était une réponse à ces accusations: un grand nombre de parlementaires américains réclamaient des mesures punitives notamment contre les oligarques. Mais le Trésor américain s’était borné, fin janvier, à publier une liste de 210 hommes d’affaires et responsables politiques russes, sans prendre de sanctions immédiates.

Face au mécontentement de plusieurs élus, l’administration Trump avait dû promettre que les sanctions viendraient dans un second temps.

« Personne n’a été aussi ferme face à la Russie que moi », a même tonné cette semaine Donald Trump, tout en réaffirmant qu’il aimerait avoir une « bonne relation » avec Vladimir Poutine.

« La porte du dialogue reste ouverte », a assuré vendredi un haut responsable américain. « Nous voulons avoir de meilleures relations avec la Russie », mais cela ne peut arriver que « si elle change d’attitude ».

Juste avant de quitter ses fonctions, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump a estimé cette semaine que les Etats-Unis n’avaient « pas réussi », jusqu’ici, à « imposer des coûts suffisants » à Moscou. « M. Poutine pense sûrement qu’il est en train de gagner ce nouveau type de guerre », a ajouté H.R. McMaster, qui sera remplacé lundi par John Bolton, considéré comme un « faucon » face à la Russie.

Romandie.com avec(©AFP / 06 avril 2018 15h49)