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Les kibboutz israéliens sous le feu des roquettes

novembre 20, 2012

Le kibboutz Réïm en Israël est situé à environ 5 km de la bande de Gaza. V. WARTNER / 20 MINUTES

Réfugié au sous-sol d’un abri antimissile avec ses ordinateurs et ses statistiques, Ilan, 43 ans et trois enfants, dirige les opérations de secours du kibboutz. Depuis mercredi, les roquettes pleuvent aux environs de Réïm, un village collectiviste laïque. Bien que situé à un peu plus de 5 km à vol d’oiseau de la bande de Gaza, ce kibboutz n’est pas protégé par le « dôme de fer », le système israélien de défense conçu pour intercepter les tirs en provenance de l’enclave palestinienne.

« Rester ici, c’est un choix »


« Quand l’alerte est donnée, les habitants doivent se réfugier dans les bâtiments construits en béton armé. Il y en a un à proximité de chaque bloc d’habitations », explique-t-il. En théorie. Car en pratique, bien souvent, les quinze secondes nécessaires pour trouver un abri ne leur suffisent pas. Au mieux, ils trouveront un pas-de-porte, au pire, ils s’allongeront par terre, les mains sur la tête, en espérant que le missile s’écrasera plus loin. Un pan entier de mur d’une habitation a été soufflé par une roquette, un matin du début du mois de novembre.

« La dame qui était dans son lit au moment de l’alerte s’est levée et a eu le bon réflexe d’attendre dans le couloir. Ça lui a sauvé la vie », confie Jean-Olivier, un Franco-Israélien installé ici depuis quinze ans. Malgré quatre à cinq avertissements par jour, Jean-Olivier assure ne pas avoir peur. « Rester ici, c’est un choix », tranche-t-il. Sa femme Rotem ne veut pas entendre parler des roquettes. « Ce n’est pas plus dangereux d’être ici que de conduire en ville. Mourir sous une bombe, c’est comme à la loterie. » Dans ce kibboutz, d’où l’on peut entendre les prières de Gaza selon le vent, trois personnes sur quatre ont préféré rejoindre le nord du pays.

Jean-Olivier assure avoir du recul sur le conflit qui oppose Israël aux Palestiniens. « De l’autre côté, c’est vrai que la population civile morfle », reconnaît-il avant d’avouer que la défense de son territoire passe avant tout. « Pour autant, les bombes qu’on envoie là-bas sont ciblées sur des terroristes. Eux, ils nous arrosent au hasard. »
à Sdérot (Israël), William Molinié (texte) et Vincent Wartner (photo)