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Quand Omar Bongo Ondimba offrait un appartement parisien à Sonia Rolland

mars 29, 2021
Sonia Rolland assiste à la 11e cérémonie annuelle des AAFCA Awards au Taglyan Complex, le mercredi 22 janvier 2020, à Los Angeles.

Selon le quotidien « Libération », la justice française a convoqué l’actrice franco-rwandaise pour l’entendre, dans le cadre de l’affaire des « biens mal acquis », au sujet d’un appartement qui lui a été offert par Omar Bongo Ondimba en 2003.

« Recel de détournement de fonds publics ». Telle est l’accusation qui pèse sur la Franco-rwandaise de 40 ans, actrice, réalisatrice et ancienne Miss France. Selon une information du quotidien français LibérationSonia Rolland a été entendue début janvier par un commandant de l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).

Ce qui a attiré l’attention des enquêteurs, c’est un appartement situé dans le XVIe arrondissement parisien, acheté « sur plan » en 2003 pour la coquette somme 800 000 euros et offert à la jeune femme par Omar Bongo Ondimba.

C’est en enquêtant sur le patrimoine de la famille Bongo, dans le cadre de l’affaire des « biens mal acquis », que les hommes de l’OCRGDF ont découvert l’existence de cet appartement.

« Petite soeur »

Comment et dans quelles circonstances l’actrice l’a-t-elle reçu ? Née au Rwanda d’un père français et d’une mère rwandaise, Sonia Rolland a quitté son pays d’origine à l’âge de huit ans. Elle a remporté le concours de Miss France en 2000 et crée l’année suivante une association qui finance des projets pour les enfants rwandais, notamment les orphelins du génocide.

Une fois sa couronne rendue, la Miss continue à parrainer des concours de beauté. C’est à cette occasion qu’elle rencontre la première dame du Gabon de l’époque, Edith Bongo – celle-ci la voit « comme sa petite sœur », explique Sonia Rolland à Libération. Elle fait ensuite la connaissance de son époux, Omar Bongo Ondimba, président du Gabon de 1967 jusqu’à sa mort, en 2009.

Montage

Selon Libération, le bien immobilier a été acheté via une entreprise de décoration française avec des chèques émis par la BNP. Un compte de la filiale de la banque française au Gabon était alimenté par des valises de cash livrées par des proches d’Omar Bongo, précise le quotidien. Les enquêteurs estiment à une vingtaine le nombre de biens achetés via ce procédé, pour un total de 40 millions d’euros.

Interrogé par Libération, Sonia Rolland assure qu’elle ne savait rien de l’étonnant montage utilisé pour acheter l’appartement qui lui a été offert, et ne s’être jamais doutée que ce cadeau aurait pu être lié à des malversations. Elle affirme aussi qu’elle n’était pas en position, à l’époque, de refuser un tel présent (elle était alors âgée de 22 ans).

Depuis plus de dix ans, la police judiciaire française enquête sur les biens acquis par certains dirigeants du continent et sur les circonstances de leur acquisition. Teodoro Nguema Obiang Mangue, le fils du président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a ainsi été condamné en 2017 à trois ans de prison et 30 millions d’euros d’amende avec sursis pour « blanchiment d’abus de biens sociaux ».

Par Jeune Afrique

Gabon : Omar Bongo Ondimba, des coupures et de la dentelle…

août 18, 2015

Omar Bongo Ondimba dans son bureau truffé de caméras, années 1985. © Archives J.A

Omar Bongo Ondimba dans son bureau truffé de caméras, années 1985. © Archives J.A

Mystérieuses, objets de crainte et de fantasmes, les résidences des chefs d’État et ce qu’y font leurs locataires ne laissent personne indifférent. Troisième article d’une série en 15 épisodes.

Les visiteurs qui se risquaient chez Omar Bongo Ondimba espéraient beaucoup du « Boss ». Notamment en termes financiers. «Tous les soirs, on en voyait venir avec le sac vide et repartir le sac plein [d’argent]. Moi, Ali, j’étais dans un coin, car c’était la maison de mon père ! Je préparais le sac et je voyais tout. On me disait : “Tu vois, mais tu ne dis rien.” » Les histoires d’argent de la présidence Omar Bongo Ondimba, son fils et d’autres témoins pourraient en raconter de belles. Selon la légende, le malicieux Omar avait la manie d’enregistrer ces moments où, dans le secret de son bureau truffé de caméras, le visiteur recevait ledit sac… Certains étaient parfaitement informés de ce risque mais n’en avaient cure. L’homme donnait en quelques minutes – compte non tenu des heures passées dans sa salle d’attente – plus d’argent que l’on pouvait espérer en gagner en dix ans, voire plus… Cela valait bien quelques sacrifices.

Un célébrissime mannequin qui aimait les diamants dut ainsi condescendre à accepter 1 million d’euros en grosses coupures.

Les gens savaient pour les caméras, mais qui connaissait toutes les facéties du « doyen » ? Selon Ivette Santa Maria, une miss Pérou invitée en 2004 à séjourner à Libreville, le bureau disposait aussi d’un système de portes coulissantes ouvrant sur une chambre à coucher… Seulement, la reine de beauté n’en avait pas été avertie par les organisateurs du voyage, trop pressés de plaire au président. Elle prit ses jambes à son cou et fit un scandale planétaire. Combien d’autres femmes du monde politique ou de la presse, notamment, ont-elles en revanche expérimenté ce changement de décor sans jamais s’en plaindre publiquement ?

Un président prodigue

Connu pour sa générosité, le « Boss » pouvait même se montrer prodigue. Un célébrissime mannequin qui aimait les diamants dut ainsi condescendre à accepter 1 million d’euros en grosses coupures, selon les cancans du palais…

Ce penchant du maître pour les femmes valut quelques ennuis au couturier italien Francesco Smalto. Deux fois par ans, Bongo père affrétait un avion de la compagnie nationale pour acheminer au palais quelque 70 valises bourrées de pièces des collections Smalto. Voyageant en première classe, des escort girls (blondes de préférence) étaient payées généreusement entre 5 000 et 15 000 euros pour passer du salon de présentation des costumes sur mesure à la chambre à coucher. En 1995, le couturier fut condamné pour proxénétisme aggravé à Paris et l’affaire créa une crise diplomatique entre la France et le Gabon. Ah, si les murs parlaient !…

Jeuneafrique.com par Georges Dougueli

Guinée équatoriale: le président perd un procès face à une ONG française

avril 25, 2013
Guinée équatoriale: le président perd un procès face à une ONG française Guinée équatoriale: le président perd un procès face à une ONG française © AFP

Le président de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, a perdu, jeudi à Paris, un procès pour diffamation intenté contre une association française de développement ayant publié un rapport au sujet des présumés « biens mal acquis ».

La cour d’appel de Paris a débouté le président équato-guinéen de ses poursuites en diffamation contre le Comité catholique contre la faim (CCFD-Terre solidaire).

Dans un rapport de 2009, consacré à la corruption dans une trentaine de pays en voie de développement, le CCFD-Terre solidaire avait pointé les « agissements » de plusieurs chefs d’État, dont le président Obiang Nguema, le seul à avoir attaqué en justice.

« La fortune amassée par le clan Obiang en Guinée équatoriale est estimée entre 500 et 700 millions de dollars (. . . ). Cet enrichissement proviendrait du détournement de la rente pétrolière », écrivaient les auteurs.

« Le dictateur guinéen et dix membres de sa famille sont accusés d’avoir blanchi, entre 2000 et 2003, environ 26,5 millions de dollars en achats immobiliers, via un compte au Banco Santander de Madrid », ajoutaient-ils.

En première instance, le président de Guinée équatoriale avait été débouté par le tribunal correctionnel de Paris. Celui-ci avait même condamné M. Obiang à verser 2. 500 euros à chacun des quatre membres du CCFD pour procédure abusive, mais la cour d’appel de Paris est revenue sur cette disposition.

A la tête de la Guinée équatoriale depuis plus de 30 ans, Teodoro Obiang Nguema fait partie des trois chefs d’État africains visés par une plainte des « biens mal acquis » déposée en 2008 à Paris par l’ONG Transparency International France (TIF), avec le président du Congo-Brazzaville Denis Sassou Nguesso et le défunt chef d’État gabonais Omar Bongo Ondimba.

Deux juges d’instruction, Roger Le Loire et René Grouman, ont été désignés pour mener l’enquête sur le patrimoine en France de ces trois présidents. Dans le cadre de cette enquête, plusieurs véhicules de luxe et du mobilier de grande valeur ont été saisis.

Jeuneafrique.com avec AFP