Posts Tagged ‘Omar el Béchir’

Ouverture du sommet de l’UA, la justice sud-africaine interdit à el-Béchir de quitter le pays

juin 14, 2015

La justice sud-africaine a interdit au président soudanais, Omar el-Béchir, présent dimanche à Johannesburg pour l’ouverture du sommet de l’Union africaine, de quitter le pays tant qu’elle n’avait pas étudié la demande de son arrestation émise par la CPI.

La justice sud-africaine n’entend pas laisser Omar el-Béchir quitter le pays. Dimanche 14 juin au matin, un tribunal de Pretoria, saisi par une ONG, a rendu un jugement demandant au gouvernement d’empêcher Omar el-Béchir de quitter le territoire national tant que la justice ne se sera pas prononcé sur la demande d’arrestation du président soudanais formulée par la Cour pénale internationale (CPI). Attendue dans l’après-midi, la décision du tribunal a finalement été reportée à lundi matin. El-Béchir est, entre-temps, interdit de quitter l’Afrique du Sud.

Accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité durant le conflit au Darfour, ce dernier est visé par un mandat d’arrêt international depuis 2009. Invité par l’Union africaine (UA), il est arrivé samedi soir vers 22h00 à Johannesburg pour participer au 25è sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation panafricaine.

Béchir sur la photo de famille de l’Union africaine

De leur côté, les autorités sud-africaines ont d’abord affirmé n’être pour rien dans la présence d’el-Béchir sur leur sol, déclarant qu’il est à Johannesburg dans le cadre du sommet de l’UA. Un communiqué de l’African national congress (ANC), le parti au pouvoir, a ensuite salué, dans l’après-midi, la décision gouvernementale d’appliquer l’obligation d’immunité accordée aux participants de ce genre de sommets, en conformité avec les normes internationales. « Le comité national exécutif du parti considère que la Cour pénale internationale ne répond plus aux objectifs pour lesquels elle a été créée : être une cour de dernier ressort pour juger les crimes contre l’humanité », ajoute ce communiqué.

Omar el-Béchir, lui, était donc bel et bien présent à l’ouverture de ce 25è sommet de l’UA. « Pourquoi voulez-vous qu’il s’en aille ? Il ne craint rien », lâche, confiant, un membre de sa délégation. Comme ses homologues, le président soudanais a posé à la mi-journée pour la traditionnelle photo de famille du sommet. Visiblement à l’aise, il était même au premier rang, à quelques mètres à peine de Jacob Zuma. Une photo officielle qui ne manquera pas d’alimenter la polémique en Afrique du Sud, mais aussi de relancer le débat sur les relations tendues entre l’UA et la CPI.

Jeuneafrique.com par – envoyé spécial à Johannesburg

La CPI appelle l’Afrique du Sud à arrêter le président soudanais Omar el-Béchir

juin 14, 2015

La Haye – La Cour pénale internationale (CPI) a appelé les autorités sud-africaines à arrêter le président soudanais Omar el-Béchir, qui doit participer dimanche et lundi à un sommet de l’Union africaine à Johannesburg.

Le président de l’Assemblée des Etats parties (ASP) à la CPI Sidiki Kaba appelle l’Afrique du Sud, qui a toujours contribué à renforcer la Cour, à n’épargner aucun effort pour assurer l’exécution des mandats d’arrêt contre el-Béchir, indique un communiqué de l’ASP publié dans la nuit de samedi à dimanche.

Deux mandats ont été lancés par la CPI contre le président soudanais, en 2009 pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité et en 2010 pour génocide, les deux en lien avec le Darfour, région de l’ouest en proie depuis 2003 à des violences ayant fait plus de 300.000 morts, selon l’ONU.

M. Kaba a exprimé sa profonde inquiétude quant aux conséquences négatives pour la Cour dans le cas d’une non-exécution des mandats, selon le communiqué.

Dans une décision rendue publique dimanche, la CPI indique avoir rappelé le 28 mai à l’Afrique du Sud son obligation statutaire, en tant qu’Etat membre de la Cour, d’arrêter et de lui remettre el-Béchir si celui-ci se rendait sur son territoire.

Selon le document, l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux Pays-Bas a rétorqué vendredi à la CPI, qui siège à La Haye, que son pays se trouvait face à des obligations concurrentes et que la loi manquait de clarté.

Mais la CPI ne l’entend pas de cette oreille : il n’existe aucune ambiguité ou incertitude quant à l’obligation incombant à la République d’Afrique du Sud d’arrêter et de remettre immédiatement Omar el-Béchir à la Cour, a-t-elle soutenu dans sa décision.

Les autorités sud-africaines ont refusé de confirmer l’arrivée en Afrique du Sud du président soudanais, mais la radio-télévision sud-africaine SABC a indiqué dans un tweet qu’el-Béchir avait été accueilli par des responsables sud-africains et des diplomates soudanais.

L’agence officielle d’information soudanaise Suna avait annoncé samedi le départ du président soudanais pour Johannesburg à la tête de la délégation soudanaise prenant part au sommet de l’Union africaine qui se tient dimanche et lundi.

Le président el-Béchir, 71 ans, au pouvoir depuis un coup d’Etat en 1989 et réélu en avril avec 94% des voix pour un nouveau mandat de cinq ans, a depuis 2009 considérablement limité ses déplacements à l’étranger, privilégiant les pays n’ayant pas rejoint la CPI.

La CPI est le premier tribunal pénal international permanent chargé de poursuivre les plus hauts responsables de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocides commis depuis 2002. Elle est entrée en fonction à La Haye en 2003.

Jusqu’à présent, 123 pays à travers le monde ont ratifié le Statut de Rome, dont l’Afrique du Sud. La Russie, les Etats-Unis et la Chine, trois membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ne figurent pas dans cette liste.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juin 2015 11h49)

La justice sud-africaine interdit provisoirement à el-Bechir de quitter le pays

juin 14, 2015

Johannesburg – Un tribunal sud-africain saisi par une ONG a interdit au président soudanais Omar el-Béchir de quitter le pays tant que la justice n’aura pas statué sur une demande d’arrestation formulée par la CPI, indique un jugement publié dimanche.

Le jugement stipule que les autorités sud-africaines doivent empêcher le président Omar el-Béchir de quitter le pays jusqu’à ce qu’une décision soit rendue par cette Cour.

L’affaire devait être examinée en urgence dimanche après-midi.

Omar el-Béchir est en Afrique du Sud pour participer à un sommet de l’Union africaine, mais la Cour pénale internationale (CPI) a appelé Pretoria à l’arrêter, dans le cadre des poursuites engagées contre lui en 2009 pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité et en 2010 pour génocide.

Les deux mandats d’arrêt sont liés aux événements au Darfour, région de l’ouest en proie aux violences depuis 2003. Plus de 300.000 personnes sont mortes dans ce conflit selon l’ONU.

Dans une décision rendue publique dimanche, la CPI indique avoir rappelé le 28 mai à l’Afrique du Sud son obligation statutaire, en tant qu’Etat membre de la Cour, d’arrêter et de lui remettre el-Béchir si celui-ci se rendait sur son territoire.

Selon le document, l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux Pays-Bas a rétorqué vendredi à la CPI, qui siège à La Haye, que son pays se trouvait face à des obligations concurrentes et que la loi manquait de clarté.

Mais la CPI ne l’entend pas de cette oreille : Il n’existe aucune ambiguïté ou incertitude quant à l’obligation incombant à la République d’Afrique du Sud d’arrêter et de remettre immédiatement Omar el-Béchir à la Cour, a-t-elle soutenu dans sa décision.

C’est sur cette base que l’organisation de défense du droit Southern Africa Litigation Center a saisi la justice en urgence pour tenter d’obtenir une décision sur le sort du chef d’Etat soudanais.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juin 2015 13h21)

Présidentielle au Soudan : pourquoi Omar el-Béchir va être réélu

avril 10, 2015

Le président soudanais, 71 ans.
Le président soudanais, 71 ans. © Abd Raouf/AP/Sipa

Les élections générales soudanaises, présidentielle et législatives, se déroulent les 13, 14 et 15 avril. Quelque 13 millions d’électeurs, pour une population estimée à près de 38 millions de personnes, sont appelés aux urnes. Au pouvoir depuis 25 ans, le chef de l’État Omar el-Béchir est assuré d’être réélu face à 15 concurrents peu connus, alors que la plupart des partis de l’opposition boycottent l’élection.

Omar el-Béchir, ses 71 ans, sa canne et son turban… Une figure célèbre qui devrait continuer de diriger le Soudan, au moins pour cinq années supplémentaires. Pour celui qui est à la tête du pays depuis 25 ans, peu importe que les élections présidentielle et législatives (qui se déroulent les 13, 14, 15 avril, et dont les résultats seront connus à la fin du mois) soient jugées inéquitables ou pas crédibles par la communauté internationale, qui ne devrait pas les valider. Ni qu’elles soient boycottées par une coalition regroupant le Front révolutionnaire du Soudan (FRS, formé des groupes insurgés des régions en guerre du Nil bleu, du Sud-Kordofan et du Darfour), l’Oumma (l’une des trois principales formations du pays), quelques petits partis d’opposition et des organisations de la société civile. Ni même que ses adversaires soient au nombre de 14 : ce sont d’illustres inconnus qui lui laissent un véritable boulevard pour sa réélection.

Répression

« Omar el-Béchir bénéficie de l’omniprésence du Congrès national, son parti politique, de la capacité de ce dernier à mobiliser les électeurs, ainsi que d’une certaine popularité parmi une frange de la population qui craint que sa succession n’entraîne des conflits, y compris au sein du parti au pouvoir, » explique Jérôme Tubiana, chercheur spécialiste du Soudan et auteur de Chroniques du Darfour (Glénat).

Depuis le début de l’année, tout a été fait pour assurer la réélection du chef de l’État. Lui a parcouru le pays faisant campagne sur ces thèmes qu’il affectionne tant, jouant sur la fibre nationaliste, tapant sur la communauté internationale. Dans le même temps, son régime durcissait sa répression contre l’opposition officielle, la société civile et les médias. Le 6 décembre à leur retour d’Éthiopie après la signature d’un accord baptisé « l’Appel du Soudan » unifiant les rangs de l’opposition, Farouk Abou Issa et Amine Makki Madani, deux militants des droits de l’homme et opposants d’Omar el-Béchir, étaient arrêtés. Ils ont été libérés quatre jours avant le début du scrutin…

Concentration des pouvoirs

En difficulté depuis septembre 2013 et les émeutes contre la vie chère (dont la répression a fait plus de 200 morts), Omar el-Béchir n’a rien lâché, recentrant davantage le pouvoir autour de sa personne et des « faucons » des services de sécurité et de l’armée, comme Bakri Hassan Saleh, son vieux frère d’armes, devenu vice-président en décembre de la même année. « Une plus grande concentration des pouvoirs validée par des amendements constitutionnels et par un remaniement ministériel qui lui a permis d’écarter ses rivaux, notamment certains idéologues islamistes comme le vice-président Ali Osman Mohammed Taha », ajoute Jérôme Tubiana.

Omar el-Béchir a également été renforcé par la décision de Fatou Bensouda, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI), de suspendre fin décembre les enquêtes sur les crimes contre l’humanité qu’il est accusé d’avoir commis au Darfour. Mais une nouvelle élection le protégerait tout de même du couperet de la justice internationale pour cinq années supplémentaires.

Nouveaux alliés

El-Béchir a par ailleurs réussi à se défaire un tant soit peu de son isolement diplomatique. L’Égypte d’Abdel Fattah al-Sissi lui tourne le dos, mais le Soudan peut toujours compter sur les pétrodollars qataris, le soutien de la Chine et de la Russie, tous deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Béchir espère bien récolter les fruits de sa participation à la coalition menée par l’Arabie Saoudite au Yémen pour sauver le régime du président Abd-Rabbou Mansour Hadi.

Même les États-Unis ont récemment desserré leur étau en modifiant légèrement l’embargo économique pour permettre à Khartoum d’importer du matériel informatique et des logiciels. Car, si le Soudan est toujours sur la liste américaine des États terroristes, Washington sait que les connaissances des services de renseignement soudanais en la matière ne sont pas négligeables. En février, Ibrahim Ghandour, un proche conseiller d’Omar el-Béchir, était reçu par l’administration américaine. Quelques semaines plus tard, Steven Feldstein, secrétaire d’État adjoint américain du Bureau pour la démocratie, les droits de l’homme et le travail, effectuait le chemin inverse…

Jeuneafrique.com par Vincent Duhem

RDC : pourquoi Kinshasa ne peut pas arrêter Omar el-Béchir sur son sol

février 26, 2014
 Omar el-Béchir, le président soudanais. Omar el-Béchir, le président soudanais. © AFP


Omar el-Béchir, le président soudanais. © AFP

Profitant de la présence d’Omar el-Béchir à Kinshasa du 26 au 27 février, 88 ONG congolaises des droits humains exigent « l’arrestation immédiate du président soudanais », poursuivi pour crimes contre l’humanité. Une démarche qui met les autorités de la RDC dans une « situation bien délicate » dans sa coopération avec la CPI.

Omar el-Béchir a-t-il pris un risque en se rendant à Kinshasa ? Depuis l’annonce de l’arrivée du président soudanais dans la capitale congolaise pour participer au XVIIe sommet du Comesa (Marché commun de l’Afrique orientale et australe, NDRL) du 26 au 27 février, les ONG congolaises des droits humains se mobilisent pour demander « l’arrestation immédiate » de celui qui est poursuivi depuis 2009 pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide.

La Cour pénale internationale (CPI) a en effet déjà émis deux mandats d’arrêts internationaux – en 2009 et en 2010 – contre Omar el-Béchir pour sa responsabilité « en tant que coauteur ou auteur indirect » des crimes graves commis notamment au Darfour, dans l’ouest du Soudan. La procureure Fatou Bensouda l’a rappelé, le 25 février, en demandant à la chambre de la Cour de rappeler à la RDC son « obligation permanente » de coopérer en vue de l’arrestation des personnes poursuivies par l’institution pénale internationale.

« Une situation bien délicate » pour la RDC

Souvent classée parmi les « bons élèves » de la CPI, la RDC – qui a arrêté et remis à la Cour encore récemment un député poursuivi pour « subornation des témoins » – va-t-elle exécuter les deux mandats émis contre Omar el-Béchir ?

La RDC est tenue à respecter la position de l’UA sur les mandats d’arrêt émis contre les chefs d’États en exercice.

Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais

« C’est une situation bien délicate », admet Lambert Mende. Contacté par Jeune Afrique, le porte-parole du gouvernement congolais demande aux ONG qui réclament l’arrestation d’Omar el-Béchir de « comprendre que la RDC a non seulement des obligations auprès de la CPI, mais également auprès du Comesa qui a invité le président soudanais dans la capitale congolaise ». Décodage : Kinshasa ne va pas arrêter Omar el-Béchir. Mais « cela ne veut pas dire que les autorités congolaises refusent de coopérer avec la CPI », tente de nuancer Lambert Mende. La RDC s’aligne seulement derrière « une position claire de l’Union africaine par rapport aux mandats d’arrêts émis contre les chefs d’État en exercice ». « C’est un cas spécifique », insiste-t-il.

La Monusco appelée à « intervenir »

Une position qui ne surprend pas les ONG. Elles s’y attendaient même. »Nous avons prévu de rencontrer Martin Kobler, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, pour lui demander d’intervenir, en cas du refus des autorités congolaises », explique Me Georges Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice. Et de rappeler : « En vertu de la résolution 2098 du Conseil de sécurité, la Monusco (Mission de l’Onu pour la stabilisation de la RDC) se doit d’appuyer les initiatives qui visent à arrêter et à traduire en justice les personnes responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, notamment en coopération avec la CPI ». Pour l’instant, silence radio du côté de la Monusco.

En attendant, « une grande banderole sera déroulée pour appeler à l’arrestation immédiate d’Omar el-Béchir à Kinshasa », annonce Germain Kapiamba. Les ONG, elles, comptent également déposer une plainte devant le parquet général de la république pour demander au procureur congolais d’exécuter les mandats de la Cour. Pas gagné.
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Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

Soudan : Omar el-Béchir affirme avoir armé le CNT

octobre 27, 2011

Lors d’un discours télévisé, le président soudanais Omar el-Béchir a affirmé avoir armé les combattants du CNT lors de leur lutte contre Mouammar Kaddafi. Selon lui, l’ex-« Guide » aurait soutenu pendant des années des rebelles dans la région du Darfour.

« Une partie de l’armement des forces qui sont entrées à Tripoli était soudanaise à 100% », a affirmé sans détour Omar el-Béchir, mercredi dans un discours. Si ses propos sont justes, les ex-rebelles du CNT auraient bénéficié d’une aide considérable lors de la guerre civile qui les a vu affronter les soldats de Mouammar Kaddafi. L’Otan d’un côté, Omar el-Béchir de l’autre… Le Conseil national de transition libyen (CNT) avait donc plus d’un atout dans sa manche.

« Un soutien humanitaire mais aussi en armes »

« Le peuple soudanais a apporté un soutien, humanitaire mais aussi en armes, qui est parvenu à tous les révolutionnaires libyens à Misrata, dans les montages de l’Ouest, à Zawiyah et dans toutes les régions de la Libye », a précisé Omar el-Béchir. Pourquoi un tel soutien au CNT ? Selon le chef d’État soudanais, Mouammar Kaddafi a armé pendant des années le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), un groupe de rebelles de la région du Darfour. L’ancien « Guide » y avait pour objectif d’accroître son influence, comme ailleurs dans le Sahel.

Jeuneafrique.com avec AFP