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Commerce international : l’Africaine Ngozi Okonjo-Iweala première femme à la tête de l’OMC

février 16, 2021

La Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala devient la première femme et la première africaine à diriger l’OMC, une institution dans la tourmente et en proie à l’inertie

Pour l’Organisation mondiale du commerce (OMC), c’est un « moment historique », l’élection de Ngozi Okonjo-Iweala, à la tête de l’institution. En 2012, la Nigériane échoue à diriger l’institution financière, face à l’Américano-coréenne Jim Yong Kim. Elle vient d’être élue grâce à un large consensus. Elle aura bénéficié du soutien de l’Union africaine (UA), de l’Union européenne (UE) et de l’appui des Etats-unis, dont elle vient d’acquérir la citoyenneté. La nouvelle administration américaine est pressée de tenir sa promesse de relancer la coopération internationale. Elle a levé l’hypothèque laissé par Donald Trump, qui pesait sur la candidature de l’Africaine.

Dans son premier message aux délégués par visioconférence, la nouvelle directrice de l’OMC a appelé à une remise en marche de l’institution. « Notre organisation est confrontée à de nombreux défis, mais en travaillant ensemble, nous pouvons collectivement rendre l’OMC plus forte, plus agile et mieux adaptée aux réalités d’aujourd’hui », a-t-elle souligné. En effet, l’OMC est dans la tourmente. La crise sanitaire du moment a mis à nu les fractures provoquées par la libéralisation du commerce mondial, de la grande dépendance à des chaînes de production éparpillées aux excè s de la délocalisation industrielle ou la fragilité des échanges commerciaux.

En octobre 2020, Ngozi Okonjo-Iweala, avait attiré l’attention de la communauté internationale sur les priorités indispensables pour l’OMC :

Présenter à la prochaine Conférence ministérielle de l’organisation un accord sur les subventions à la pêche pour démontrer que l’OMC peut encore produire des avancées multilatérales ;

  • Rebâtir l’organe de règlement des différends– le tribunal de l’OMC- qui a été torpillé par l’administration Trump.
  • Récemment, elle a appelé l’OMC à se concentrer sur la pandémie, au moment où ses 164 membres restent divisés à propos d’une exemption des droits de propriété intellectuelle sur les traitements et vaccins anti-Covid pour les rendre plus accessibles, au moment où la question de la facilité de l’accessibilité aux vaccins est posée. On espère que cette nomination mettra fin à des années de paralysie de l’institut, qui ne parvient plus à remplir ses missions. C’est une atmosphère de défiance au multilarisme qui attend la Nigériane. Pas de temps à perdre !

Ngozi Okonjo-Iweala, 66 ans, est économiste, nantie d’une longue et riche expérience des institutions internationales. Elle est polyglotte et a laissé ses marques au Nigeria son pays d’origine comme ministre des Finances et ministre des Affaires étrangères ; au sein de la Banque mondiale comme directrice générale, au GAVI Alliance, une organisation favorisant l’accès à la vaccination en Afrique comme présidente du conseil d’administration. Elle prend ses fonctions à la tête de l’OMC le 1er mars, après le retrait de sa concurrente la Sud-Coréenne Yoo Myung-hee début 2021.

Avec Adiac-Congo par Noël Ndong

Qui est Amina Mohamed la candidate africaine pour diriger l’OMC ?

mai 28, 2020

La Kényane Amina Mohamed est en lice pour remplacer Roberto Azevêdo à la tête de l'OMC.

La Kényane Amina Mohamed est en lice pour remplacer Roberto Azevêdo à la tête de l’OMC. © Flickr

 

Quelques semaines après que Roberto Azevêdo a annoncé sa démission, la diplomate et ministre kényane figure parmi les favoris pour le remplacer.

La décision de Roberto Azevêdo de quitter ses fonctions à l’OMC en août prochain, au lieu d’août 2021, a été suivie d’un intense lobbying pour le remplacer, en dépit du contexte marqué par une guerre commerciale et une pandémie.

« Nous avons besoin de quelqu’un ayant la bonne expérience, quelqu’un qui est attaché au système multilatéral… mais qui a également la stature politique pour être un facilitateur efficace et un constructeur de consensus, a indiqué Amina Mohamed dans une interview récente au Financial Times. « S’il se trouve que cette personne est Africaine ou que c’est une femme, je pense que ce sera tellement mieux ».

« Il est important d’être inclusif et de montrer que les membres savent que chaque partie du globe peut apporter une contribution positive à la fonctionnement de l’OMC », a-t-elle encore déclaré.

Un profil de diplomate aguerrie

Née en octobre 1961, Amina Mohamed a eu une longue carrière de diplomate avant de devenir ministre des Affaires étrangères, de l’Éducation et des Sports au cabinet du président Uhuru Kenyatta depuis 2013.

Après une formation juridique à l’Université de Kiev, Amina Mohamed a rejoint le gouvernement kényan en tant que juriste en 1985. Elle a passé la décennie suivante dans les rangs des postes diplomatiques du Kenya, à Genève et au Conseil de sécurité des Nations unies.

Entre 2000 et 2006, elle a été ambassadrice et représentante permanente auprès de la mission diplomatique du Kenya à Genève et a présidé le Groupe africain à la Commission des droits de l’homme de l’OMC. Elle a été la première femme à présider le Conseil général de l’OMC en 2005.

Son plus long mandat au sein de l’administration de Kenyatta a été ministre des Affaires étrangères de mai 2013 à février 2018. Après un passage dans l’administration du président Mwai Kibaki pendant son deuxième mandat, Amina Mohamed a été nommé directeur exécutif adjoint du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en 2011.

Soutenue par Nairobi

Ce n’est pas la première fois que le Kenya soutient Amina Mohamed pour prendre les rênes de l’OMC. Elle faisait partie des candidats qui ont perdu face à Roberto Azevêdo en 2013. En 2017, l’administration Kenyatta l’a également proposée à la présidence de l’Union africaine pour remplacer le Sud-africain Nkosazana Zuma. Elle a perdu contre le Tchadien Moussa Faki.

Juste avant la démission d’Azevêdo, il a été rapporté que le Royaume-Uni lui avait demandé de remplacer l’actuelle secrétaire générale Patricia Scotland.

Diplomate et politicienne accomplie, la vaste expérience d’Amina Mohamed à l’OMC – elle a été la première femme à présider les trois organes les plus importants de l’organisation – pourrait lui donner un avantage sur les autres candidats, mais les efforts pour lutter contre la pandémie de Covid-19 ont compliqué la politique internationale relative au choix du successeur d’Azevêdo.

Un contexte géopolitique complexe

L’OMC se trouve actuellement dans une situation précaire, le président américain Donald Trump bloquant la nomination des juges alors qu’il est en pleine guerre commerciale avec la Chine. Depuis 2017, le président Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de quitter l’organisation internationale qu’il accuse d’être injuste envers les États-Unis. Il a bloqué la nomination des juges à l’organe de recours de l’organisation, qu’il considère comme trop souple envers la Chine.

La position des États-Unis sur l’OMC, couplée à la pandémie, a paralysé l’organisation, alors que les pressions protectionnistes se répandaient. De nombreux observateurs y voient le bon moment pour un candidat africain pour de nombreuses raisons, parmi lesquelles le fait que ce serait la première fois qu’un Africain dirigerait l’OMC.

Amina Mohamed est en lice pour la position mondiale à un moment où l’OMC est en état de siège, non seulement en raison des effets du Covid-19 sur le commerce, mais aussi de la longue guerre tarifaire entre les États-Unis et la Chine.

«L’OMC n’est pas une question de dogme et de fragilité. Elle peut s’adapter et être flexible, et nous pouvons faire des compromis que nous devons faire pour nous assurer de créer des progrès, de répondre aux préoccupations et de saisir l’occasion », a-t-elle déclaré dans une interview en 2013.

L’ouverture de l’OMC intervient alors que le continent bloque les préparatifs de la plus grande zone de libre-échange du monde depuis la fondation de l’organisme mondial. Bien qu’il représente 35 % des pays en développement membres de l’OMC, aucun représentant de l’Afrique n’a jamais dirigé l’organisation.

Avec Jeune Afrique par Morris Kiruga

 

L’OMC, le FMI et la Banque mondiale exhortent à réformer les règles du commerce mondial

septembre 30, 2018

Washington – Le manque de réformes des règles du commerce international nourrit les tensions au risque de saper la croissance de l’économie mondiale et le recul de la pauvreté, mettent en garde dimanche l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.

Les échanges de services représentent les deux tiers du Produit intérieur brut (PIB) mondial et de l’emploi ainsi que près de la moitié du commerce mondial « mais les barrières douanières sur les services sont globalement aujourd’hui aussi élevées que celles qui étaient imposées aux biens (manufacturés) il y a 50 ans », constatent les trois organisations internationales dans un rapport conjoint.

Les changements dans la nature des échanges commerciaux n’ont ainsi pas été complètement pris en compte dans les évolutions de la réglementation internationale, ajoutent-elles.

Ce rapport est publié alors que les appels se sont multipliés ces derniers mois notamment en Europe, au Canada ou aux Etats-Unis pour réformer l’OMC, une institution basée à Genève.

Une intégration complète du commerce des biens et services « peut jouer un rôle bien plus grand en dynamisant la prospérité », poursuivent le FMI, l’OMC et la Banque mondiale sans toutefois faire de recommandations.

Elles ajoutent qu’il est nécessaire que les opportunités de commerce offertes par exemple par les technologies de l’information ou le commerce en ligne « se reflètent dans (…) la politique commerciale d’aujourd’hui ».

Ces organisations rappellent que l’ouverture du commerce international après la Seconde guerre mondiale et jusqu’au début des années 2000 a largement contribué à améliorer les modes de vie et à réduire la pauvreté dans le monde « mais celle-ci demeure incomplète » aujourd’hui.

Les taxes douanières ont diminué de manière drastique, en commençant dans les pays développés, puis dans les pays émergents et les économies en voie de développement. Elles sont passées en moyenne de 31% en 1980 à 9% en 2015 dans les pays émergents et de 10 à 4% dans les pays avancés, « grâce aux réformes » prises jusqu’au début des années 2000.

Les organisations rappellent en outre que le volume des échanges commerciaux a augmenté en moyenne de 7% pendant les années 90, un taux deux fois plus élevé que la croissance du PIB mondial mais a ensuite décéléré avec un ratio de 1,5% entre 2001 et 2007.

Ce ralentissement « est essentiellement dû à un rythme de réformes du commerce plus lent suivant les progrès remarquables réalisés à partir des années 80 jusqu’au début des années 2000 », insistent-elles.

Les organisations notent que les taxes douanières et certaines politiques nationales entravent aujourd’hui l’expansion du commerce international.

De leurs côtés, de plus en plus de pays notamment européens, le Canada et les Etats-Unis estiment que l’OMC ne répond pas de manière appropriée aux distorsions commerciales causées notamment par la Chine, accusée de subventionner massivement son économie.

Jeudi, l’OMC a abaissé sa prévision de croissance pour le commerce mondial en 2018 et 2019 (à +3,9% et 3,7%) en raison d’une « exacerbation des tensions commerciales ».

Les Etats-Unis et la Chine se livrent depuis des mois à une guerre commerciale à coups de taxes douanières supplémentaires.

Au-delà du duel entre Washington et Pékin, les Européens et d’autres grandes puissances économiques s’alarment d’une guerre commerciale généralisée alors que l’administration Trump a engagé un bras de fer avec tous les principaux partenaires des Etats-Unis.

Romandie.com avec(©AFP / 30 septembre 2018 13h11)                                                        

États-Unis: Trump menace de se retirer de l’OMC en l’absence de progrès dans les réformes

août 31, 2018

Le président américain Donald Trump s’en était déjà pris dans le passé aux organes de réglement des différends de l’OMC / © AFP/Archives / Nicholas Kamm

Le président américain Donald Trump a menacé de retirer les Etats-Unis de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en cas d’absence de progrès dans les réformes.

Ses propos, tenus jeudi dans une interview à l’agence Bloomberg News, sont les derniers d’une série de critiques adressées aux institutions internationales, que les Etats-Unis ont contribué à mettre sur pied après la Seconde guerre mondiale.

« S’ils ne font pas de progrès, je me retirerai de l’OMC », a averti Trump en qualifiant l’accord portant création de l’organisation « du pire accord commercial jamais conclu ».

Trump, qui s’en était déjà pris dans le passé aux organes de réglement des différends de l’OMC les accusant d’être défavorables aux Etats-Unis, a souligné que Washington avait « rarement gagné un recours » auprès de cette organisation bien que les choses aient commencé à changer l’an dernier.

« Au cours de l’année dernière, nous avons commencé à gagner beaucoup », a-t-il dit. « Vous savez pourquoi? Parce qu’ils savaient que si nous ne gagnions pas, je me retirerai », a-t-il poursuivi.

La Chine, engagée dans une guerre commerciale avec les Etats-Unis, a rejoint l’OMC en 2001, une adhésion qualifiée d »erreur » par le Représentant américain au Commerce Robert Lighthizer.

La menace de Trump intervient alors que son administration fait face à des pressions au sein de l’OMC de la part de ses partenaires commerciaux qui ont saisi l’organisation pour contester les nouveaux droits de douane imposés par Washington sur leurs importations.

Romandie.com avec(©AFP / (31 août 2018 11h10)

États-Unis: Donald Trump dément envisager sortir de l’OMC

juin 29, 2018

Washington – Le président américain Donald Trump a démenti vendredi avoir l’intention de retirer les États-Unis de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), qu’il a par le passé qualifiée d' »injuste ».

« Je n’envisage pas de retrait », a-t-il affirmé depuis l’avion présidentiel Air Force One, après avoir été interrogé sur des informations de presse selon lesquelles il examinait la possibilité de claquer la porte de l’organisation.

Plus tôt, son secrétaire au Trésor Steve Mnuchin avait déjà démenti la même information de presse.

« Il n’y a aucune information nouvelle. Donc toute personne reprenant l’histoire d’Axios a tort », a-t-il déclaré sur la chaîne Fox Business Network.

« Je n’utiliserai pas notre mot favori à ce sujet, c’est-à-dire +Fake news+ (information mensongère) mais ceci est une exagération. Le président a été clair avec nous et avec d’autres sur l’OMC. Il pense qu’il y a des aspects qui ne sont pas justes », a ajouté le ministre des Finances.

Le site d’information politique Axios, citant « des personnes impliquées dans les discussions avec le président américain », avait affirmé que Donald Trump avait souvent déclaré à ses conseillers qu’il voulait que les Etats-Unis quittent l’OMC.

Un tel départ pourrait avoir des conséquences graves pour le commerce international.

Selon une personne citée sous couvert d’anonymat par Axios, le président aurait dit à de nombreuses reprises: « Je ne sais pas pourquoi nous en faisons partie. L’OMC a été conçue par le reste du monde pour arnaquer les Etats-Unis ».

Par le passé, Donald Trump a régulièrement dénoncé publiquement le fonctionnement de l’organisation.

« La Chine, qui est une grande puissance économique, est considérée comme un pays en développement au sein de l’Organisation mondiale du commerce. Ils bénéficient donc d’énormes avantages, particulièrement par rapport aux Etats-Unis », avait-il ainsi tweeté le 6 avril.

« L’OMC est injuste envers les Etats-Unis », avait alors ajouté le président américain, coutumier des critiques envers les organisations multilatérales, de l’ONU à l’OTAN.

Donald Trump martèle qu’il préfère les discussions bilatérales aux discussions multilatérales.

Romandie.com avec(©AFP / 29 juin 2018 22h49)                                                        

Le G7 dénonce le protectionnisme mais appelle à réforme l’OMC (communiqué final)

juin 9, 2018

La Malbaie (Canada) – Les dirigeants du G7 ont signé samedi au Canada un texte de compromis sur le commerce négocié de haute lutte, qui ne règle toutefois pas le conflit actuel sur les droits de douane entre les Etats-Unis et ses six partenaires.

« Nous soulignons le rôle crucial d’un système commercial international fondé sur des règles et continuons à combattre le protectionnisme », peut-on lire dans le communiqué final de 28 points et huit pages. La mention de nécessaires « règles » collectives était une exigence des Européens, qui n’ont eu de cesse de dénoncer les menaces de guerre commerciale de Donald Trump.

La partie du texte consacrée au commerce, contrairement à celle sur le climat, a été signée par les sept pays du G7, donc y compris les Etats-Unis de Donald Trump, à la suite de pénibles négociations qui se sont poursuivies jusqu’à samedi.

Le communiqué répond à certaines exigences du président américain. Il reprend le mot de « réciproque » pour le libre-échange, qui se doit d’être également « libre, équitable et mutuellement avantageux ».

Et il précise : « Nous nous engageons à moderniser l’OMC (Organisation mondiale du commerce) afin de la rendre plus juste dès que possible. Nous ferons tout notre possible pour réduire les barrières tarifaires, les barrières non-tarifaires et les subventions ».

Abattre ces obstacles au commerce est l’un des points mentionnés par Donald Trump au cours du sommet.

Mais, signe que les tensions commerciale actuelles ne se sont pas apaisées, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, l’hôte du sommet, a confirmé que son pays appliquerait bien dès le 1er juillet des droits de douane en représailles à ceux imposés par Washington à l’acier et l’aluminium.

« Ces tarifs illégitimes doivent recevoir une réponse équivalente », a-t-il déclaré au cours de sa conférence de presse finale, précisant que ces représailles seraient mises en oeuvre « sans ciller ».

Emmanuel Macron, quant à lui, a également confirmé que les droits de douane décidés par l’Union européenne à l’encontre les Etats-Unis s’appliqueraient à partir de juillet. « Sur ce sujet il n’y a pas de changement, cela dépendra de si les Etats-Unis décident de revenir en arrière », a déclaré le président français au cours d’une conférence de presse.

Donald Trump lui-même, en quittant le sommet samedi matin, n’a pas adouci ses complaintes à l’égard de l’Union européenne et du Canada, tout en saluant les progrès réalisés pendant le sommet. Et il a tweeté plus tard : « Les Etats-Unis ne laisseront pas les autres pays imposer des tarifs massifs et des barrières tarifaires contre leurs agriculteurs, leurs travailleurs et leurs entreprises ».

Romandie.com avec(©AFP / 09 juin 2018 21h43)                                                        

L’UE porte plainte à l’OMC contre les USA et la Chine

juin 1, 2018

/ © AFP / Emmanuel DUNAND

L’UE « porte plainte vendredi à l’OMC contre les États-Unis et la Chine », a annoncé la Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, lors d’une conférence de presse vendredi à Bruxelles.

L’Union européenne proteste ainsi, comme elle l’avait annoncé, contre la décision américaine d’augmenter les droits de douane sur l’acier et l’aluminium en provenance de l’UE depuis le 1er juin.

En ce qui concerne Pékin, l’UE s’en prend « au transfert injuste de technologie » des entreprises européennes actives en Chine.

« Si les acteurs de ce monde ne respectent pas les règles, alors le système risque de s’effondrer. C’est pour cela que nous portons plainte aujourd’hui contre les Etats-Unis et la Chine devant l’OMC », a déclaré Mme Malmström.

« Et cela démontre que nous ne choisissons aucun camp. Nous défendons un système multilatéral pour un commerce mondial fondé sur des règles », a-t-elle plaidé.

« Et cela démontre également notre détermination à traiter les causes profondes des tensions actuelles dans le système commercial, mais nous devons le faire dans le cadre du système fondé sur des règles et de ses remèdes », a-t-elle ajouté.

Romandie.com avec (©AFP / 01 juin 2018 16h10)                  

OMC anti-dumping du Canada contre les États-Unis

janvier 10, 2018

Genève (awp/afp) – Le Canada a porté plainte contre les Etats-Unis devant l’Organisation mondiale du commerce, pour contester leurs pratiques protectionnistes se traduisant par l’imposition de « droits antidumping » et « droits compensateurs » sur des produits canadiens, selon des documents publiés mercredi par l’OMC.

La plainte a été déposée le 20 décembre. Concrètement, le Canada a demandé l’ouverture de consultations devant l’OMC avec Washington pour résoudre ce litige commercial « au sujet de certaines lois, réglementations et autres mesures maintenues par les Etats-Unis concernant leurs procédures en matière de droits antidumping et en matière de droits compensateurs ».

Ces droits, que les États-Unis ont imposé en particulier sur les importations d’avions CSeries de Bombardier et le bois de construction canadien, sont autorisés par l’OMC mais ils sont soumis à certaines conditions et font souvent l’objet de contestations devant l’OMC.

Les consultations constituent la première étape du processus de règlement des conflits commerciaux prévu par l’OMC, un processus qui peut durer des années.

Selon le document publié par l’OMC, le Canada juge que les procédures utilisées par Washington, en matière de droits antidumping et droits compensateurs à l’encontre de produits canadiens mais aussi de produits en provenance du Japon, de Chine ou encore de l’Inde, sont incompatibles avec les règles du gendarme du commerce mondial.

Le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer a fustigé le dépôt de plainte du Canada, estimant que les mesures américaines permettaient d’assurer un commerce équitable.

« Les plaintes du Canada sont infondées et ne peuvent que diminuer la confiance dans le fait que le Canada est engagé dans des échanges commerciaux mutuellement profitables », a-t-il commenté, estimant qu’Ottawa agissait à l’encontre de ses propres intérêts.

« Et quand bien même le Canada obtenait satisfaction, cela ne serait pas à son bénéfice principal », a-t-il ajouté.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient cesser d’acheter les produits listés dans la plainte du Canada. « Le flot d’importations de Chine et d’autres pays aurait (alors) des milliards de dollars d’impact négatif sur les exportations canadiennes vers les Etats-Unis, dont près de 9 milliards sur les exportations d’acier et de produits en aluminium et plus de 2,5 milliards sur les exportations de bois et de produits papiers ».

Le président américain Donald Trump dénonce toutefois fréquemment le déficit des Etats-Unis dans leurs échanges avec la Chine.

Les consultations à l’OMC durent en principe 60 jours. Si aucune solution n’est trouvée durant ce laps de temps, l’une ou l’autre partie peut demander la constitution d’un panel (tribunal d’arbitrage).

En novembre, le département du Commerce américain avait fixé en fonction des produits et des industriels du secteur du bois de construction canadiens des droits antidumping de 3,20% à 8,89%. A cela, il avait ajouté des droits compensateurs (« countervailing duties ») pouvant aller, en fonction des entreprises canadiennes, de 3,34% à 18,19% du prix.

Puis le 20 décembre, des taxes de près de 300% au total avaient été annoncé sur les importations aux Etats-Unis d’avions CSeries de l’avionneur canadien Bombardier. Le Canada avait alors annoncé son intention de contester cette décision devant une instance internationale.

Romandie.com avec (AWP / 10.01.2018 19h25)                                            

Hommages à Peter Sutherland, ex-patron de l’OMC décédé dimanche

janvier 8, 2018

Peter Sutherland, premier directeur général de l’OMC, lors d’une conférence de presse à Genève le 8 septembre 2015 / © AFP/Archives / Fabrice COFFRINI, Fabrice COFFRINI

Les hommages pleuvaient lundi en l’honneur de l’Irlandais Peter Sutherland, premier directeur général de l’OMC et fervent défenseur de la coopération internationale, décédé dimanche à Dublin.

Avocat de formation, Peter Sutherland, mort à 71 ans, était devenu homme politique, diplomate et patron de grandes entreprises au cours d’une carrière de plus de quarante ans dans les cénacles irlandais, européens et internationaux.

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a souligné lundi que Peter Sutherland avait constitué « un rouage essentiel de la création du système commercial multilatéral d’aujourd’hui ».

Il fut l’un des chefs d’orchestre de la transformation de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), qu’il a dirigé en 1993 et 1994. A l’issue des huit ans de négociations de l’Uruguay Round (Cycle d’Uruguay), ce système créé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale est devenu l’OMC le 1er janvier 1995 et Peter Sutherland fut son premier directeur général.

Fervent partisan du libre-échange et d’un rôle accru des institutions multilatérales, l’Irlandais n’avait de cesse de vilipender le protectionnisme qu’il avait surnommé « la meilleure recette de l’inefficacité ».

Peter Sutherland avait toutefois cédé les rênes de l’OMC quelques mois après sa création, et il fallut 18 années supplémentaires à l’organisation pour conclure un premier accord afin de réduire certains droits de douane et de faciliter les échanges internationaux.

Comme co-fondateur de l’OMC, l’Irlandais a été parfois considéré dans la presse comme l’un des « pères de la mondialisation », qui fait face désormais à des critiques de plus en plus bruyantes y compris de la part du président américain Donald Trump.

Avant le GATT et l’OMC, Peter Sutherland avait été le procureur général de la république d’Irlande au début des années 1980 –le gardien des lois– et commissaire européen à la Concurrence dans la deuxième moitié de cette décennie – un poste où il fut l’un des artisans du programme d’échanges étudiants Erasmus.

« Dans tous les sens du termes, Peter Sutherland fut un vrai Européen. Il croyait dur comme fer en l’Union européenne et en d’autres organisations internationales pour la coopération et le dialogue internationaux », a souligné le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Fin manoeuvrier, Peter Sutherland utilisa ses nombreux contacts pour débuter une seconde carrière comme haut dirigeant d’entreprises après son départ de l’OMC, présidant pendant de nombreuses années la banque d’investissement Goldman Sachs International et la major pétrolière britannique BP.

Il avait consacré ses dernières années de vie active auprès de l’ONU, comme conseiller spécial sur les migrations.

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a rendu hommage à « un homme d’Etat », « champion des libertés individuelles et économiques ».

Romandie.com avec(©AFP / 08 janvier 2018 13h14)                

USA: l’OMC prête à travailler avec la nouvelle administration

novembre 9, 2016

Genève (awp/afp) – L’Organisation mondiale du commerce est « prête à travailler » avec la nouvelle administration américaine, a écrit son directeur général Roberto Azevedo, dans un tweet de félicitations à Donald Trump.

Le rôle de leader des Etats-Unis dans « l’économie globale » et le système commercial multilatéral « reste vital », a ajouté M. Azevedo.

« Il est clair que beaucoup pensent que le commerce ne fonctionne pas à leur avantage, nous devons nous en préoccuper et s’assurer que le commerce apporte le maximum de bénéfices au maximum de personnes », a encore indiqué M. Azevedo.

Durant sa campagne électorale, Donald Trump avait évoqué une possible sortie des Etats-Unis de l’OMC.

« L’Organisation mondiale du commerce est un désastre », avait-il notamment déclaré sur NBC News, alors qu’il était interrogé sur sa vision de la politique commerciale.

L’OMC, créée en 1995 sur les bases du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) de 1947, rassemble 164 Etats membres engagés dans une politique de libre-échange, via notamment une réduction des droits de douane et un rapprochement des réglementations.

Romandie.com avec(AWP / 09.11.2016 14h58)