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La canicule a fait au moins 15 000 victimes en Europe

novembre 7, 2022

Selon une estimation dévoilée par l’OMS à l’occasion de la COP27, les décès liés aux vagues de chaleur devraient augmenter dans le futur.

Selon l'OMS, les vagues de chaleur auraient fait environ 4 500 morts en Allemagne en 2022.
Selon l’OMS, les vagues de chaleur auraient fait environ 4 500 morts en Allemagne en 2022.© Vincent Isore / MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié une estimation, toujours incomplète, lundi à l’occasion de la COP27 sur le climat. Celle-ci affirme qu’au moins 15 000 décès en Europe sont directement liés aux graves vagues de chaleur ayant affecté le continent durant l’été 2022. Ce bilan, qui inclut 4 500 morts en Allemagne, près de 4 000 en Espagne, plus de 3 200 au Royaume-Uni et un millier au Portugal, « devrait augmenter, plusieurs pays ayant rapporté des surmortalités liées à la chaleur », indique la directeur de la branche européenne de l’OMS, Hans Kluge, dans un communiqué.

L’OMS souligne ainsi que l’Institut français de la statistique, l’Insee, a enregistré une surmortalité de 11 000 personnes durant l’été 2022 par rapport à l’été 2019 précédant la pandémie de Covid, « probablement » expliquée par les très fortes chaleurs enregistrées en juin et en juillet, notamment. Selon les données de l’OMS, les températures extrêmes sont responsables de 148 000 décès en Europe depuis 50 ans. Avec 15 000 morts et sans doute plus en une seule année, 2022 représenterait à elle seule plus de 10 % de ce total.

« Le changement climatique nous tue déjà, mais une action forte aujourd’hui peut éviter davantage de morts », souligne l’organisation onusienne de la santé, au moment où se tient la COP27 en Égypte. Selon un rapport de l’ONU publié la semaine dernière, le continent européen est celui qui se réchauffe le plus rapidement, enregistrant une hausse des températures plus de deux fois supérieure à la moyenne planétaire au cours des trente dernières années.

Par Le Point avec AFP

La fin de la pandémie de COVID-19 est en vue, affirme le patron de l’OMS

septembre 14, 2022
Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'une conférence de presse à Genève.

Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, estime que la pandémie de COVID-19 tire à sa fin. Photo : Reuters/Fabrice Coffrini

Le monde n’a jamais été en aussi bonne position pour mettre fin à la pandémie de COVID-19, qui a tué des millions de personnes depuis la fin 2019, a affirmé mercredi le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La semaine dernière, le nombre de décès hebdomadaires de la COVID-19 est tombé au plus bas depuis mars 2020. Nous n’avons jamais été dans une meilleure position pour mettre fin à la pandémie, a dit le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’un point de presse à Genève.

Il a toutefois mis en garde : Nous n’y sommes pas encore, mais la fin est à portée de main.

Quelqu’un qui court un marathon ne s’arrête pas quand il aperçoit la ligne d’arrivée. Il court plus vite, avec toute l’énergie qui lui reste. Et nous aussi, a souligné le chef de l’OMS.

« Nous pouvons tous voir la ligne d’arrivée, nous sommes en passe de gagner, mais ce serait vraiment le plus mauvais moment de s’arrêter de courir. »— Une citation de  Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l’OMS

Si nous ne saisissons pas cette opportunité, nous courrons le risque d’avoir plus de variants, plus de morts, plus de perturbations et plus d’incertitude, souligne le Dr Tedros, en appelant à saisir cette opportunité.

Selon le dernier rapport épidémiologique publié par l’OMS et consacré à la COVID-19, le nombre de cas a baissé de 12 % durant la semaine du 29 août au 4 septembre par rapport à la semaine précédente, s’établissant à quelque 4,2 millions de nouvelles infections déclarées.

Le nombre d’infections est sans doute beaucoup plus élevé, notamment parce que les cas bénins ne sont pas forcements déclarés, mais aussi parce que de très nombreux pays ont plus ou moins démantelé leur capacité de tests.

Au 4 septembre, l’OMS comptabilisait plus de 600 millions de cas officiellement confirmés – là aussi un nombre sans doute très inférieur à la réalité tout comme celui des morts officiellement répertoriés de 6,4 millions de personnes décédées.

Une étude de l’organisation basée sur des projections et des évaluations publiée en mai faisait état de 13 à presque 17 millions de décès supplémentaires à cause de la COVID à la fin 2021.

L’outil clé de la vaccination

En même temps que le Dr Tedros lançait son message d’espoir, l’OMS a publié six guides destinés aux États membres afin de leur permettre de rapidement mettre derrière eux cette crise sanitaire qui a aussi coûté des milliers de milliards d’euros en termes de croissance, paralysé pendant de longs mois des pans entiers de l’économie mondiale et mis à nue les inégalités dans le monde, notamment en matière de vaccination.

Les pays riches se sont accaparé les doses disponibles et, dans nombre de pays pauvres, les taux de vaccination restent encore insuffisants.

Ces recommandations sont un appel urgent aux gouvernements de se pencher sérieusement sur leurs politiques, de les renforcer contre la COVID-19 et les pathogènes futurs qui pourraient avoir le potentiel de provoquer une pandémie, a souligné le patron de l’organisation onusienne.

Parmi ces recommandations, des messages que l’OMS répète depuis presque deux ans et l’arrivée des vaccins : vacciner 100 % des personnes vulnérables et des personnels de santé, poursuivre les programmes de tests et de séquençage génique, qui permet notamment de suivre à la trace de nouveaux variants potentiellement dangereux. Nous pouvons mettre un terme à cette pandémie ensemble, mais seulement si les pays, les entreprises, les communautés et les individus se mobilisent et saisissent l’opportunité, a martelé le Dr Tedros.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Variole simienne : l’OMS déclenche son plus haut niveau d’alerte

juillet 23, 2022
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur de l’OMS, a affirmé que la variole simienne peut être maitrisée. Photo : AP/Johanna Geron

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché samedi son plus haut niveau d’alerte pour tenter de juguler la flambée de variole simienne, qui a frappé près de 17 000 personnes dans 74 pays, a annoncé son directeur général.

J’ai décidé de déclarer une Urgence de santé publique de portée internationale pour ce qui concerne l’éruption de variole simienne, a déclaré le patron de l’Organisation Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’un point de presse, précisant que le risque dans le monde était relativement modéré à part en Europe où il est élevé.

Le Dr Tedros a expliqué que le comité d’experts n’avait pas réussi à atteindre un consensus, restant divisé sur la nécessité de déclencher le plus haut niveau d’alerte. In fine, c’est au directeur général de trancher.

C’est un appel à l’action, mais ce n’est pas le premier, a souligné Mike Ryan, le responsable des situations d’urgence de l’OMS, qui dit espérer que cela va mener à une action collective contre la maladie.

Depuis début mai, quand elle a été détectée en dehors des pays africains où elle est endémique, la maladie a frappé plus de 16 836 personnes dans 74 pays, selon le tableau de bord du Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) à la date du 22 juillet.

La variole simienne n’est pas une maladie sexuellement transmissible, mais, en dehors des zones endémiques, elle touche des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes à de rares exceptions près.

Si les autorités sanitaires ont fait état d’une baisse du rythme de contagion, le nombre de cas augmente rapidement.

La qualification d’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) est utilisée dans des situations graves, soudaines, inhabituelles ou inattendues.

Elle est définie par l’OMS comme un événement extraordinaire dont la propagation constitue un risque pour la santé publique dans d’autres États et pouvant nécessiter une action internationale coordonnée.

C’est seulement la septième fois que l’OMS a recours à ce niveau d’alerte.

Lors d’une première réunion le 23 juin, la majorité des experts du Comité d’urgence avaient recommandé au Dr Tedros de ne pas prononcer l’urgence d’USPPI.

L’Europe particulièrement affectée

Détectée début mai, la recrudescence inhabituelle de cas de variole simienne, en dehors des pays d’Afrique centrale et de l’Ouest où le virus est endémique, s’est depuis étendue dans le monde entier, avec comme épicentre l’Europe.

Décelée pour la première fois chez l’humain en 1970, la variole simienne est moins dangereuse et contagieuse que sa cousine la variole humaine, éradiquée en 1980.

Dans la plupart des cas, les malades sont des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, relativement jeunes, et vivant essentiellement en ville, selon l’OMS.

Une étude publiée jeudi dans la revue scientifique New England Journal of Medicine, la plus large réalisée sur le sujet et basée sur des données de 16 pays différents, confirme que dans la vaste majorité – 95 % – des cas récents, la maladie a été transmise lors d’un contact sexuel et 98 % des personnes touchées étaient des hommes homosexuels ou bisexuels.

Ce mode de transmission représente à la fois une opportunité pour mettre en place des interventions de santé publique ciblées, et un défi, car dans certains pays, les communautés affectées sont face à des discriminations qui menacent leur vie, avait relevé jeudi le Dr Tedros devant le comité d’experts.

Il y a une réelle inquiétude que les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes puissent être stigmatisés ou blâmés pour la flambée de cas, la rendant beaucoup plus difficile à tracer et à stopper, avait-il averti.

Les autorités sanitaires américaines ont annoncé vendredi que deux cas de variole simienne ont été détectés chez deux enfants, a rapporté USA Today.

L’un est un petit enfant de la Californie et l’autre un nourrisson qui n’est pas un résident américain, mais qui a été testé à Washington D.C., selon le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).

Les enfants ont été décrits comme étant en bonne santé et recevant des soins. La façon dont ils ont contracté la maladie fait l’objet d’une enquête, mais les responsables pensent que c’est par transmission familiale.

L’utilisation du vaccin

Vendredi, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a déclaré avoir approuvé l’utilisation d’un vaccin contre la variole humaine pour étendre son utilisation contre la propagation de la variole simienne.

Ce vaccin est de fait déjà utilisé à cette fin dans plusieurs pays, dont la France.

Le vaccin Imvanex, de la société danoise Bavarian Nordic, est approuvé dans l’UE depuis 2013 pour la prévention de la variole.

L’OMS recommande de vacciner les personnes les plus à risque ainsi que les personnels de santé susceptibles d’être confrontés à la maladie.

À New York, ce sont des milliers de personnes qui ont déjà été vaccinées avec le vaccin Jynneos.

Avec Radio-Canada par Agence France-Presse

Variole du singe : un premier cas suspect en France

mai 19, 2022

Un communiqué de la direction générale de la Santé, rapporté par nos confrères du « Figaro », annonce qu’un premier cas suspect a été détecté en France.

Maladie virale rare, endémique de l’Afrique de l’Ouest, la « monkeypox » inquiète. Plusieurs dizaines de cas suspects ou confirmés de variole du singe ont été détectés depuis début mai en Europe et en Amérique du Nord, laissant craindre un début de propagation. Le Royaume-Uni, qui a le premier signalé des cas, détectés depuis le 6 mai, a indiqué dans un communiqué mercredi soir en avoir identifié deux nouveaux, ce qui porte à neuf le nombre total de personnes infectées. À l’exception du premier individu infecté, qui avait récemment voyagé au Nigeria, ces malades ont été contaminés au Royaume-Uni, selon l’agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA). « Ces derniers cas, ainsi que les informations faisant état de cas dans divers pays européens, confirment ce que nous craignions initialement, à savoir qu’il puisse y avoir une transmission de la variole du singe au sein de nos communautés », a expliqué Susan Hopkins, médecin et principale conseillère médicale de l’UKHSA, citée dans le communiqué. Jeudi soir, selon un communiqué de la direction générale de la Santé relayé par nos confrères du Figaro, un premier cas suspect a été recensé en France, dans la région Ile-de-France. « Des cas suspects sont en cours d’investigation dans de nombreux pays », rappelle l’organisme, qui considère qu’il s’agit d’un « phénomène inhabituel ».

Les symptômes recouvrent fièvre, mal de tête, douleurs musculaires, mal de dos, ganglions lymphatiques enflés, frissons et fatigue. Des éruptions cutanées peuvent survenir, souvent sur le visage, et se répandre à d’autres parties du corps, dont les parties génitales. Il n’existe pas de traitement pour la variole du singe, qui se transmet par contact avec une personne atteinte ou ses liquides organiques, dont la salive. Cette infection virale se guérit d’elle-même.

Peu contagieuse entre humains

Mercredi, l’Espagne, le Portugal, le Canada et les États-Unis ont, tour à tour, signalé avoir repéré la présence de la variole du singe, ou ce qui semble l’être, sur leur territoire. Les deux pays de la péninsule ibérique ont rapporté avoir recensé une quarantaine de cas suspects ou confirmés de cette maladie, ce qui a conduit les autorités espagnoles et portugaises à déclencher une alerte sanitaire nationale.

Au Canada, plus d’une dizaine de cas suspects étaient mercredi en cours d’examen à Montréal, selon la chaîne publique Radio-Canada, qui cite les autorités sanitaires de la ville. Et aux États-Unis, un homme qui s’était récemment rendu au Canada a été dépisté positif à cette maladie dans l’État du Massachusetts. Les autorités se veulent globalement rassurantes, soulignant ainsi en Espagne et au Portugal que la maladie est peu contagieuse entre humains.

La multiplication des foyers apparents inquiète néanmoins, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué lundi s’intéresser de près au fait que certains des cas au Royaume-Uni semblent avoir été transmis au sein de la communauté homosexuelle. « Nous observons des transmissions parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes », ce qui est « une nouvelle information que nous devons étudier convenablement pour mieux comprendre la dynamique » de transmission, a ainsi déclaré Ibrahima Socé Fall, directeur général adjoint de l’OMS pour les interventions d’urgence, à Genève.

Mais « n’importe qui, quelle que soit son orientation sexuelle, peut propager la variole du singe », ont souligné aux États-Unis les centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence sanitaire fédérale du pays.

Par Le Point avec AFP

L’OMS et l’UNICEF signalent une explosion des cas de rougeole dans le monde

avril 27, 2022
Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus Photo: Getty Images/Fabrice Coffrini

Les cas signalés de rougeole ont explosé de près de 80 % dans le monde au cours des deux premiers mois de l’année, ont annoncé mercredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’UNICEF.

L’OMSOrganisation mondiale de la santé n’a eu de cesse ces derniers mois de sonner l’alarme sur le risque de catastrophe absolue si le dangereux retard pris dans la vaccination des enfants à cause de la pandémie de COVID-19 n’est pas rattrapé et si les restrictions sanitaires sont levées trop vite.

Le résultat est vertigineux : le nombre de cas a bondi de 79 % au cours des deux premiers mois de 2022, en comparaison avec la même période l’an dernier, selon l’OMSOrganisation mondiale de la santé et l’UNICEF. Les deux agences de l’ONUOrganisation des Nations unies craignent désormais l’apparition de graves épidémies de rougeole, une maladie virale hautement contagieuse qui pourrait toucher des millions d’enfants en 2022.

Pour l’instant, 17 338 cas de rougeole ont été signalés dans le monde en janvier et février 2022, contre 9665 au cours des deux premiers mois de 2021. Les chiffres sont probablement plus élevés, car la pandémie a perturbé les systèmes de surveillance.

La meilleure protection contre la rougeole, qui tire son nom des plaques rouges caractéristiques sur tout le corps, est une couverture vaccinale très étendue.

Il y a eu 21 épidémies de rougeole importantes au cours des 12 derniers mois (jusqu’en avril), la plupart en Afrique et dans la région de la Méditerranée orientale.

Les pays qui ont connu les plus grandes épidémies de rougeole depuis l’année dernière sont la Somalie, le Yémen, le Nigeria, l’Afghanistan et l’Éthiopie.

La rougeole étant très contagieuse, les cas ont tendance à apparaître lorsque les niveaux de vaccination diminuent. Les deux agences onusiennes craignent que les épidémies de rougeole soient un signe avant-coureur d’épidémies d’autres maladies qui se propagent plus lentement.

La rougeole est plus qu’une maladie dangereuse et potentiellement mortelle. C’est aussi un des premiers signes qu’il y a des lacunes dans la couverture vaccinale mondiale, a souligné la directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell.

Un problème de vaccination

Selon l’OMSOrganisation mondiale de la santé et l’UNICEF, un nombre trop élevé d’enfants n’ont pas pu bénéficier de vaccins contre la rougeole en raison notamment des perturbations des systèmes de santé liées à la pandémie de COVID-19.

En 2020, 23 millions d’enfants dans le monde n’ont pas reçu les vaccins infantiles de base par l’intermédiaire des services de santé de routine. C’est le nombre le plus élevé depuis 2009 et 3,7 millions de plus qu’en 2019, selon l’OMSOrganisation mondiale de la santé et l’UNICEF.

La pandémie de COVID-19 a interrompu les services de vaccination, les systèmes de santé ont été débordés et nous assistons maintenant à une résurgence de maladies mortelles, dont la rougeole. Pour de nombreuses autres maladies, l’impact de ces interruptions des services de vaccination se fera sentir pendant des décennies, a averti le chef de l’OMSOrganisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le moment est venu de remettre sur les rails les programmes de vaccination essentiels et de lancer des campagnes de rattrapage afin que tout le monde puisse avoir accès à ces vaccins vitaux, a-t-il demandé.

Le risque d’épidémies importantes augmente à mesure que les pays assouplissent les mesures préventives prises pour lutter contre la COVID-19, telles que le respect de la distanciation physique.

Il est encourageant de constater que les habitants de nombreuses communautés commencent à se sentir suffisamment protégés contre le COVID-19 pour reprendre davantage d’activités sociales. Mais le faire dans des endroits où les enfants ne reçoivent pas de vaccination de routine crée les conditions parfaites pour qu’une maladie comme la rougeole se propage, a averti Mme Russell.

Le déplacement de millions de personnes en raison des conflits et des crises en Ukraine, en Éthiopie, en Somalie et en Afghanistan, entre autres, augmente également le risque d’épidémies chez des populations déjà très affaiblies.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

« Cette pandémie est loin d’être terminée » met en garde l’OMS

mars 9, 2022
"Cette pandemie est loin d'etre terminee" met en garde l'OMS
« Cette pandémie est loin d’être terminée » met en garde l’OMS© AFP/Archives/AHMAD AL-RUBAYE

« Cette pandémie est loin d’être terminée », a mis en garde mercredi le patron de l’OMS, deux ans presque jour pour jour après avoir prononcé le mot qui a fait réaliser au monde entier la gravité de la crise sanitaire provoquée par le Covid-19.

« Ce vendredi marquera deux ans depuis que nous avons dit que le Covid-19 se répandant dans le monde entier pouvait être qualifié de pandémie », a rappelé le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’un point de presse à Genève, toujours en virtuel.

Il n’a pas manqué de rappeler que six semaines plus tôt, « quand il n’y avait que 100 cas recensés en dehors de Chine et pas de mort », il avait déclenché le niveau d’alerte sanitaire le plus élevé de l’OMS – une urgence de santé publique de portée internationale.

Mais cette qualification n’avait pas frappé les esprits et il a été reproché plus tard à l’organisation d’avoir trop tardé à prendre la mesure de la catastrophe à venir.

« Deux ans plus tard, plus de 6 millions de personnes sont mortes », a-t-il déclaré.

Même si l’OMS note depuis quelque temps que le nombre d’infections et le nombre de mort baissent, « cette pandémie est loin d’être terminée et elle ne sera finie nulle part si elle n’est pas finie partout », a souligné le patron de l’organisation.

L’OMS a noté une croissance très forte dans la région du pacifique occidental, même si au niveau mondial le nombre de nouvelles infections et de décès ont baissé respectivement de 5 et 8 %, selon le rapport épidémiologique hebdomadaire.

« Le virus continue d’évoluer et nous continuons à faire face à des obstacles majeurs dans la distribution des vaccins, des tests et des traitements partout où le besoin s’en ressent », insiste le Dr. Tedros.

Les tests -qui permettent de détecter les nouveaux variants- sont une source d’inquiétude pour l’OMS, son patron notant que « plusieurs pays ont drastiquement réduit leurs tests ».

« Cela nous empêche de voir où se trouve le virus, comment ils se répand et comment il évolue », a-t-il mis en garde.

La stratégie de tests en Afrique du sud avait ainsi permis de détecter très vite le variant Omicron à la fin novembre 2021. Il est aujourd’hui ultra-dominant.

Maria Van Kerkhove, qui pilote la lutte contre le Covid-19 de l’OMS, a elle aussi mis en garde contre la baisse du nombre de tests qui peut donner une fausse impression sur le nombre réel d’infections.

« Le virus continue de se répandre à un niveau d’intensité bien trop élevé, alors que cette pandémie est dans sa troisième année », a-t-elle lancé.

« Bien que nous voyions des tendances à la baisse, nous avons quand même répertorié 10 millions de cas confirmés au niveau mondial la semaine dernière », a-t-elle rappelé.

« Il faut rester vigilant », a-t-elle mis en garde, à un moment où de nombreux pays -en Europe en particulier ou aux Etats-Unis– ont abandonné l’essentiel des restrictions sanitaires destinées à contrôler la maladie.

Avec Le Point par AFP

Le variant Omicron se propage à un rythme inédit, juge l’OMS

décembre 14, 2021

On dénombre « un peu plus de 130 cas du variant Omicron » en France, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, mardi.

Le premier ministre, Jean Castex, visite le centre de vaccination du parc Chanot, à Marseille, lundi 13 décembre 2021.
Le premier ministre, Jean Castex, visite le centre de vaccination du parc Chanot, à Marseille, lundi 13 décembre 2021. CHRISTOPHE SIMON / AFP

Si le variant Omicron du coronavirus progresse inexorablement, le gouvernement n’a pas prévu, à ce stade, de changer les règles de la lutte contre l’épidémie de Covid-19 en France, malgré les inquiétudes suscitées par la propagation de ce nouveau variant.

« S’agissant des règles en France, aujourd’hui, il n’est pas prévu de [les] changer », a dit le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, mardi sur Franceinfo« On est à un peu plus de 130 cas du variant Omicron », a-t-il encore déclaré. Le gouvernement compte poursuivre l’application de la stratégie déjà définie, en encourageant encore la vaccination. « Vraiment, la clé, c’est de poursuivre la vaccination, le rappel ; il y a désormais plus de quinze millions de Français qui ont reçu un rappel de vaccination, il faut évidemment poursuivre, aller plus loin », a ajouté M. Attal.

  • Le variant Omicron se propage à un rythme inédit, selon l’OMS

Aucun variant du virus responsable du Covid-19 ne s’est jusqu’à présent propagé aussi rapidement qu’Omicron, a fait savoir mardi le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, estimant que tous les pays sont désormais touchés :

« Soixante-dix-sept pays ont maintenant signalé des cas d’Omicron, mais la réalité est qu’Omicron se trouve probablement dans la plupart des pays même s’il n’a pas encore été détecté. Omicron se propage à un rythme que nous n’avons jamais vu avec aucun autre variant. »

  • « Les variants finissent toujours par s’imposer »

Au deuxième jour de son déplacement à Marseille, interrogé mardi matin sur France Bleu Provence au sujet de la cinquième vague de Covid-19, le premier ministre, Jean Castex, a déclaré :

« La vérité, c’est qu’on ne sait pas exactement encore quand ce variant [Omicron] va se déployer, mais l’expérience nous conduit à dire qu’il faut s’y préparer car finalement les variants finissent toujours par s’imposer. »

« Même si la circulation [d’Omicron] aujourd’hui en France demeure faible, notre devoir c’est d’anticiper sur la base de ce qu’on sait », a plaidé le premier ministre. « Les Anglais disent qu’il est beaucoup plus contagieux que Delta, qui lui-même était plus contagieux que ses prédécesseurs, mais qu’il n’entraîne pas nécessairement des formes plus graves et qu’il ne résiste pas à la troisième injection. » et de l’efficacité des vaccins

Le chef du gouvernement s’est cependant voulu rassurant sur la rentrée scolaire après les vacances de fin d’année : « Il faudrait que la situation sanitaire soit catastrophique pour recourir à la fermeture des écoles, ce n’est pas nos intentions, (…) nous ne devrions pas avoir à prendre ce type de mesures », a-t-il insisté, en soulignant que « le taux de reproduction (du virus) commence à décélérer ».

  • Le vaccin de Pfizer protège à 70 % des cas graves d’Omicron

Le vaccin du laboratoire américain Pfizer est globalement moins efficace contre Omicron, mais protège à 70 % contre les cas sévères, selon une étude présentée mardi et menée en Afrique du Sud, qui a détecté le nouveau variant en novembre. De nombreuses incertitudes planent sur la nature de cette nouvelle forme du Covid-19. Selon les premières observations des scientifiques, elle est plus contagieuse, mais le nombre inhabituellement élevé de mutations qu’elle présente soulève de nombreuses craintes sur sa capacité à résister aux vaccins. L’étude élaborée par la première assurance maladie privée du pays, Discovery, avec les scientifiques du conseil sud-africain de la recherche médicale (SAMRC), se base sur les résultats de 78 000 tests PCR obtenus entre le 15 novembre et le 7 décembre.

« La double dose du vaccin de Pfizer montre une efficacité de 70 % dans la réduction des hospitalisations », a déclaré lors d’une conférence de presse en ligne le président de Discovery, Ryan Noach. Le vaccin était auparavant efficace à 93 % contre les cas sévères. De manière générale, « l’efficacité du vaccin est sensiblement réduite avec un nombre élevé de contaminations brèves chez les personnes vaccinées », a-t-il poursuivi. L’étude montre une efficacité à 33 % contre le risque de contamination, avec un nombre élevé de réinfections, contre 80 % contre le précédent variant dominant Delta. Mais « la gravité des cas est 25 % inférieure à ceux de la première vague » de pandémie l’an dernier, a souligné le docteur Cheryl Cohen, de l’Institut national des maladies transmissibles (NICD), qui a participé à l’étude.

Par Le Monde avec AFP

Ce que nous savons du nouveau variant Omicron

novembre 27, 2021

Bien que seulement quelques centaines de cas aient été identifiés jusqu’à présent, l’annonce de la détection d’un nouveau variant en Afrique du Sud préoccupe la communauté scientifique.

Illustration représentant le corps d'un homme mettant en évidence des poumons infectés par le SRAS-CoV-2, le virus qui cause la COVID-19.

© angelhell/iStock Illustration représentant le corps d’un homme mettant en évidence des poumons infectés par le SRAS-CoV-2, le virus qui cause la COVID-19.

Où a-t-il été détecté pour la première fois?

Le variant Omicron (B.1.1.529) a été détecté pour la première fois le 9 novembre dans la province de Gauteng, la plus urbanisée d’Afrique du Sud, qui comprend les villes de Pretoria et Johannesburg. Il a été signalé officiellement» à l’OMS le 24 novembre. Il a ensuite été détecté chez des voyageurs en Belgique, à Hong Kong et au Botswana.

Comment le nouveau variant a-t-il été détecté?

Les autorités de santé publique d’Afrique du Sud l’ont détecté dans des échantillons de virus alors qu’elles tentaient d’expliquer une hausse soudaine du nombre de cas dans le pays, qui sont passés d’environ 200 nouveaux cas confirmés par jour la semaine dernière à 2465 jeudi.

D’où vient-il?

Si la première infection confirmée par Omicron provient d’Afrique du Sud, le variant ne trouve pas nécessairement sa source dans ce pays. Des informations publiées dans le journal The Guardian montrent qu’un échantillon du variant a été collecté au Botswana le 11 novembre. Il était donc présent dans les deux pays à la même période. L’analyse des données récoltées dans les dernières semaines permettra peut-être d’établir l’origine du variant d’ici les prochaines semaines.

Pourquoi ce variant inquiète-t-il autant?

Le variant Omicron est jugé préoccupant parce qu’il présente une trentaine de mutations sur sa protéine S, ce qui est environ le double des mutations observées sur la protéine S du variant Delta. Il faut savoir que cette protéine facilite l’infection des cellules du corps par le virus.

Si les anticorps d’une personne provenant d’infections ou de vaccinations antérieures ne reconnaissent pas le nouveau variant du virus, celui-ci pourrait réussir à infecter, ou à réinfecter, les personnes déjà immunisées contre les variants antérieurs.

Si c’est le cas, cela pourrait avoir un impact sur la transmission du virus entre humains, mais aussi sur la gravité de la maladie qu’il cause.

Est-ce qu’il est plus transmissible que les autres variants?

Ce n’est pas clair pour le moment, mais les données préliminaires en provenance d’Afrique du Sud semblent l’indiquer. Selon les informations disponibles, le taux de reproduction du variant (le nombre moyen de personnes infectées par une personne infectée) est estimé à 1,93 à Gauteng, alors qu’il est à 1,47 pour l’ensemble de l’Afrique du Sud.

Les vaccins actuels vont-ils être efficaces?

C’est la grande question. Si les scientifiques sont préoccupés par le nombre de mutations que le variant a subies, il ne devrait pas échapper complètement aux anticorps développés à la suite d’une vaccination ou d’une autre infection. Toutefois, sa protection pourrait s’en trouver diminuée.

Et les médicaments antiviraux?

Les médicaments oraux conçus par Merck et Pfizer, actuellement en cours d’approbation par les agences nationales de santé publique, seront aussi efficaces contre le variant Omicron parce qu’ils ne ciblent pas la protéine S. Ils empêchent plutôt le virus de se répliquer.

Que font les autorités sanitaires internationales?

L’Organisation mondiale de la santé, qui qualifie le variant de préoccupant», a créé un groupe d’experts pour analyser la situation. Des équipes sont déjà en train de tester l’efficacité des vaccins actuels contre le nouveau variant.

L’apparition de ce nouveau variant rappelle, selon l’OMS, toute l’importance de rendre la vaccination accessible aux pays pauvres. Car plus le virus circule, plus il a d’occasions d’évoluer et plus on verra de mutations», a prévenu l’une des responsables de l’OMS, Maria Van Kerkhove.

Repères

  • Ce n’est pas la première fois que le SRAS-CoV-2 responsable de la COVID-19 change au fil du temps. À ce jour, des centaines de variants du coronavirus ont été identifiés et répertoriés dans le monde depuis janvier 2020, dont le Delta.
  • Un variant apparaît lorsque le matériel génétique d’un virus se réplique et qu’il subit de petites modifications appelées mutations». Ce sont ces mutations qui donnent naissance aux nouveaux variants» du virus initial.
  • Plusieurs de ces variants n’ont que peu ou pas d’incidence sur les propriétés du virus.

Avec CBC/Radio-Canada

Covid : Nu, nouveau variant d’Afrique australe au cœur de toutes les inquiétudes

novembre 26, 2021
Laboratoire de traitement des tests PCR, en Afrique du Sud. © A technician uses a single channel pipette dropper at an on-site laboratory processing PCR tests in the hospital at Anglo American Platinum Ltd.’s Tumela mine in Amandelbult, South Africa, on Thursday, Aug. 12, 2021. Its at sites such as these, a three-hour drive northwest of Johannesburg, where South African companies are playing a crucial role in helping the government counter the ravages of the pandemic among remote communities. © Waldo Swiegers/Bloomberg via Getty Images

Alors que l’OMS se réunit en urgence ce vendredi pour évaluer la dangerosité du variant, plusieurs pays, inquiets des mutations inédites de celui-ci, ont déjà fermé leurs frontières aux voyageurs arrivant du sud du continent.

Jeudi 25 novembre en milieu de journée, l’OMS ne cachait déjà plus son inquiétude. Lors de son briefing hebdomadaire, Matshidiso Moeti, la directrice régionale de l’OMS, expliquait qu’après « presque quatre mois d’une baisse soutenue, le nombre de cas de Covid-19 se stabilisait en Afrique. » En particulier dans la partie australe du continent où, « pour la première fois depuis le pic de la troisième vague en août, le nombre de cas avait augmenté, bondissant de 48 % au cours de la semaine qui s’est achevée le 21 novembre. »

Quelques heures à peine après cette première mise en garde, une équipe de scientifiques sud-africains, emmenée par le virologue Tulio de Oliveira, directeur du Center for Epidemic Response and Innovation, rattaché à l’université du Kwazulu-Natal, enfonçait le clou. L’emballement actuel du nombre de cas en Afrique du Sud, et dans les pays voisins, était sans doute lié à l’identification d’un tout nouveau variant du Covid, nom de code Nu, identifié pour la toute première fois au Botswana le 11 novembre. Jeudi 25 novembre, les chercheurs recensaient 22 cas confirmés en Afrique du Sud, un au Botswana (le premier patient testé) et un à Hong Kong, ce dernier cas étant un voyageur en provenance d’Afrique du Sud.

Caractéristiques surprenantes

Ce vendredi 26 au matin, le bilan était passé à 77 cas dans la province sud-africaine de Gauteng (la plus peuplée du pays, où se trouvent les villes de Pretoria et de Johannesburg), 4 au Botswana, toujours un seul à Hong Kong et un en Israël, arrivé par avion du Malawi. Les chiffres restent donc très modestes, même s’ils progressent vite. Pourtant, le variant Nu fait peur. Prenant la parole aux côtés du virologue Julio de Oliveira, le ministre de la Santé sud-africain Joe Phaahla (nommé à ce poste en remplacement de Zweli Mkhize au début du mois d’août) parlait déjà d’une « menace majeure ».

LES ÉVOLUTIONS DE CETTE VERSION DU VIRUS TOUCHENT LA FAMEUSE PROTÉINE SPIKE

La nature du nouveau variant inquiète en effet les chercheurs. Il serait « très différent » de toutes les formes de coronavirus observées ces derniers mois, variant Delta inclus, et présenterait des caractéristiques « surprenantes ». Le principal sujet d’inquiétude concerne les mutations qu’il a subies. Certes, les virus mutent en permanence, mais le nombre d’évolutions observées sur celui-ci est sans précédent, et beaucoup touchent la fameuse protéine Spike, l’élément extérieur de la cellule qui lui permet de se fixer dans l’organisme du patient. Or la plupart des vaccins développés à ce jour ciblent précisément cette protéine, et les mutations font craindre une baisse de leur niveau d’efficacité. Selon le professeur Richard Lessells, qui travaille également sur le sujet, le variant Nu présenterait aussi « un potentiel de propagation très rapide ».

La menace est jugée suffisamment sérieuse pour que l’OMS ait décidé de se réunir ce vendredi pour discuter de la dangerosité du variant et échanger sur les mesures à prendre afin de freiner sa dissémination. Dans les prochains jours, selon la procédure habituelle de l’agence onusienne, elle décidera de le classer soit parmi les « variants préoccupants » (VOC) soit parmi les « variants d’intérêt » (VOI), ce qui conditionnera le niveau d’alerte et l’ampleur des moyens déployés.

Les scientifiques très partagés

Sans attendre, de nombreux pays ont déjà adopté des mesures de précaution, parfois drastiques. Moins de 24 heures après l’annonce des scientifiques sud-africains, le Royaume-Uni, la France (où les autorités prédisent l’arrivée imminente d’une cinquième vague), l’Italie, l’Allemagne et Singapour ont refermé leurs frontières aux voyageurs arrivant d’Afrique australe. Et ce vendredi matin, les bourses asiatiques plongeaient toutes de 2 à 3 %, bientôt imitées par les places européennes à mesure qu’elles ouvraient leurs cotations. La crainte des financiers : que le variant mutant provoque de nouveaux confinements, synonymes de ralentissement de l’activité économique.

LES MUTATIONS DU VARIANT NU SONT PEUT-ÊTRE LIÉES À LA SANTÉ DÉGRADÉE DU PATIENT DÉCOUVERT AU BOTSWANA

À cette heure pourtant, la communauté scientifique reste très partagée sur la dangerosité réelle du variant. Si certains postent déjà sur Twitter des messages parlant d’un virus « horrible » ou du « pire variant jamais observé », d’autres rappellent que certaines mutations observées depuis le début de la pandémie, en particulier le variant Beta, n’ont finalement pas eu l’impact dévastateur annoncé, et que rien ne permet encore de préjuger du potentiel de propagation du nouveau virus, si ce n’est des extrapolations. Certains estiment même que le nombre exceptionnel de mutations constatées est peut-être lié à l’état de santé très dégradé du patient découvert au Botswana.

La principale inquiétude tient, à vrai dire, à une possible diminution de l’efficacité des vaccins face à cette nouvelle forme du coronavirus. Le 24 novembre, Tedros Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, déclarait déjà qu’avec l’émergence du variant Delta, l’efficacité moyenne des vaccins était tombée à 40 % (sans doute beaucoup plus pour les sérums à ARN-messager mais probablement encore moins pour quelques autres…), et qu’il était plus crucial que jamais de continuer à porter le masque et à respecter l’ensemble des mesures barrières instituées depuis le début de la pandémie. L’organisation a aussi précisé le 26 novembre qu’à ce stade, les restrictions de voyages ne se justifiaient pas encore, visiblement sans être entendue.

Mais pour les responsables Afrique de l’OMS, la cause semble entendue : ils estiment déjà qu’une quatrième vague de contaminations, aggravée par les nombreux déplacements qui auront lieu à l’occasion des fêtes de fin d’année, va déferler sur le continent au début de 2022.

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

Vaccin Mosquirix : « Le paludisme ne sera plus la première cause de décès chez les enfants »

octobre 12, 2021
Vaccination antipaludique à Yala, au Kenya, en octobre 2021 © A health worker prepares a malaria vaccination for a child at Yala Sub-County hospital, in Yala, Kenya, on October 7, 2021. – World Health Organization (WHO) approved using the malaria vaccine, Mosquirix, on children between 5-month to 5-year old in sub-Saharan Africa and other parts with moderate to high malaria transmission after the malaria vaccine implementation programme (MVIP) in Ghana, Kenya, and Malawi since 2019. © BRIAN ONGORO/AFP

Le 6 octobre, l’OMS a décidé de recommander l’administration d’un premier vaccin antipaludique aux enfants du continent. Entretien avec le Pr Alassane Dicko, qui a dirigé les tests au Mali.

C’est un moment qualifié d’ « historique » par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanon Ghebreyesus. Ce 6 octobre, son organisation a décidé de recommander l’administration du vaccin antipaludique « Mosquirix » aux enfants du continent. Dès 2015, l’Agence européenne des médicaments (EMA) avait délivré un « avis scientifique positif » sur le vaccin RTS,S/AS01, sur lequel les laboratoires GlaxoSmithKline (GSK) travaillaient depuis plusieurs décennies, après qu’une étude clinique avait été réalisée dans sept pays africains et que les résultats avaient été publiés dans The Lancet. Mais a l’époque, l’OMS avait jugé les éléments en sa possession insuffisants, demandant aux promoteurs du sérum des données complémentaires sur la façon optimale d’utiliser le vaccin.

Une phase de vaccination « pilote » a donc été menée, à partir de 2017, au Kenya, au Ghana et au Malawi, tandis qu’une autre série de tests était menée au Burkina Faso et au Mali, en collaboration avec la London School of Hygiène and Tropical Médecine. Et les résultats observés ont été publiés en août dernier dans la revue The New England Journal of Medecine, motivant la décision de l’OMS.

Au Mali, les recherches étaient centralisées au Malaria Research and Training Center (MRCT), de renommée mondiale, dont les équipes installées à Bougouni et à Ouelessebougou, dans la région de Sikasso, étaient dirigées par Alassane Dicko, assisté de Issaka Sagara. Le professeur, lauréat en 2017 de l’Africa Prize pour ses recherches sur le paludisme, a répondu aux questions de Jeune Afrique sur cette découverte qui devrait sauver des milliers de vie chaque année sur le continent.

COMME LE COVID-19, LE PALUDISME MÉRITE DES DÉCISIONS URGENTES

Jeune Afrique : Comment avez-vous accueilli la décision de l’OMS de donner une recommandation pour l’utilisation du vaccin antipaludique ?

Pr Alassane Dicko : Nous étions convaincus de la qualité des résultats. L’OMS semble avoir tiré les leçons du Covid-19 : on a rapidement trouvé un vaccin, les mécanismes pour le déployer et des décisions politiques appropriées ont été prises aussitôt. Le paludisme mérite aussi des décisions urgentes. On ne doit pas laisser les enfants africains mourir s’il y a une solution qui est disponible, comme celle que nous venons de trouver. Il faut désormais déployer ce vaccin.

Les résultats sont-ils conformes à ce que vous espériez ?

Les résultats vont au-delà des espérances. On ne s’attendait pas à un impact aussi important. Le vaccin permet une réduction de l’ordre de 70 % des formes sévères et de 73 % des décès si on le combine avec la chimio-prévention. C’est extraordinaire, on n’a pas eu de progrès aussi importants en vingt ans de lutte. Malgré tous les outils que nous avons largement déployés – le CTA [combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine], les moustiquaires imprégnées d’insecticides, la CPS –, le paludisme continue à être la première cause d’hospitalisation et de décès des enfants en Afrique. Selon les résultats que nous venons de produire, cela ne sera plus le cas grâce à ce vaccin.

Le vaccin a une certaine efficacité pendant quelques mois, puis celle-ci baisse. Nous aurons donc le maximum d’impact en l’administrant au début de la saison de transmission du paludisme – près de 80% des cas surviennent entre juillet et novembre. C’est comme cela qu’on aura le maximum d’impact.

CERTAINS PARTENAIRES CESSENT DE SOUTENIR LES CAMPAGNES DE LUTTE AU MALI, NOTAMMENT DANS LE NORD DU PAYS

Quelle est l’efficacité du vaccin par rapport à la chimio-prévention ?

Avec le RTS,S, les accès de paludisme sont réduits de 63% par rapport à la CPS. C’est important pour le continent. Il y a une bande en Afrique australe où la CPS ne fonctionne pas parce que les parasites sont résistants aux médicaments. Il faut introduire une vaccination saisonnière dans ces régions. Mais il faut toujours maintenir la chimio-prévention. Car nous n’avons pas encore le vaccin idéal. Les recherches continuent pour trouver des améliorations.

Avez-vous déjà une visibilité sur ces possibles améliorations ?

À Bougouni et Ouelessebougou, on est en train de tester un autre vaccin, qui s’appelle R21, un « cousin proche » de RTS,S. Nous sommes à la phase 3 d’évaluation et nous espérons que ce vaccin va venir s’ajouter à l’arsenal disponible. Comme on l’a vu avec le Covid-19, c’est important d’avoir plusieurs sources de vaccin contre le paludisme.

Quels sont les défis que doit aujourd’hui relever le Mali dans la lutte contre le paludisme ?

Le combat contre les maladies comme le paludisme est une course de fonds et non de vitesse. Le problème, c’est que certains de nos partenaires cessent de soutenir les campagnes de lutte, notamment dans le nord du pays. Avec le Programme national de lutte contre paludisme, nous avons initié une rencontre pour voir comment engager certaines sociétés privées susceptibles de collaborer avec nous. Si nous ne faisons pas ça, nous reviendrons à la case départ. Parce que c’est une maladie infectieuse, qui va continuer à se propager.

Avec jeune Afrique par Bokar Sangaré