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OMS : le Kenya, premier pays africain à soutenir la candidature de Tedros Ghebreyesus

septembre 25, 2021
Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS.

Le Kenya a annoncé vendredi 24 septembre son soutien à la candidature de l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus à sa propre succession à la tête de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), devenant le premier pays africain à se prononcer en sa faveur.

« Le Kenya soutient la continuité d’un leadership africain exemplaire à la tête de la cruciale Organisation mondiale de la Santé et travaillera à cette réalisation », a déclaré sur Twitter le premier secrétaire du ministère des Affaires étrangères, Macharia Kamau.

L’Éthiopien de 56 ans semblait être le seul candidat en lice à la clôture de la procédure jeudi – bien que ce dernier n’ait rien confirmé officiellement. Près d’une vingtaine de pays de l’Union européenne, emmenés par la France et l’Allemagne, ont proposé jeudi la candidature de Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui dirige l’OMS depuis 2017. Le soutien officiel d’un pays est indispensable pour postuler.

Surprise

Cet appui de pays européens est une surprise, beaucoup d’observateurs s’attendant plutôt à un soutien de pays africains, même s’il n’a pas celui de son pays, l’Éthiopie, qui lui reproche d’avoir utilisé la tribune de l’OMS pour condamner la répression dans sa région natale du Tigré.

Spécialiste du paludisme, diplômé en immunologie et docteur en santé communautaire, cet ancien ministre de la Santé et chef de la diplomatie éthiopienne était devenu en 2017 le premier Africain à prendre la tête de la puissante agence de l’ONU, en première ligne depuis le début de la pandémie.

Dans quelques semaines, la liste des candidats sera transmise aux États membres de l’OMS, avant d’être rendue publique fin octobre ou début novembre. Les États membres éliront, lors d’un scrutin à bulletin secret en mai, pendant l’Assemblée mondiale de la Santé, le prochain directeur général de l’OMS, dont le mandat débutera le 16 août 2022.

Par Jeune Afrique avec AFP

Coronavirus : L’OMS finalement pessimiste sur la vaccination pour venir à bout de la pandémie

septembre 11, 2021

VIRUS A cause des variants, l’Organisation mondiale de la santé pense qu’il nous faudra vivre avec la maladie tout en continuant à se faire vacciner

Le directeur de l'OMS en Europe s'est montré plus pessimiste vendredi 10 septembre 2021 sur la capacité d'un taux élevé de vaccination à stopper à lui seul la pandémie de Covid-19
Le directeur de l’OMS en Europe s’est montré plus pessimiste vendredi 10 septembre 2021 sur la capacité d’un taux élevé de vaccination à stopper à lui seul la pandémie de Covid-19 — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA

La probabilité que l’on parvienne à éradiquer complètement le Coronavirus paraît de moins en moins probable selon l’Organisation mondiale de la santé. En mai dernier pourtant, Hans Kluge, le directeur de l’OMS en Europe avait affirmé que « la pandémie serait terminée lorsque nous aurons atteint une couverture vaccinale minimale de 70 % » de la population mondiale.

Mais les nouveaux variants plus contagieux, principalement Delta, ont changé la donne et laissent désormais penser que la maladie restera de façon endémique. A l’époque, même si le variant détecté initialement en Inde sévissait déjà, « il n’y avait pas une telle émergence des variants plus transmissibles et plus viraux », a fait valloir le responsable sanitaire onusien lors d’une conférence de presse ce vendredi.

Un vaccin pour avant tout « empêcher les formes graves »

En conséquence, Hans Kluge a appelé à « anticiper pour adapter nos stratégies de vaccination », notamment sur la question des doses supplémentaires. « Je crois que cela nous amène au point où l’objectif essentiel de la vaccination est avant tout d’empêcher les formes graves de la maladie et la mortalité », a-t-il souligné.

« Si on considère que le Covid va continuer à muter et rester avec nous, comme la grippe, alors nous devons anticiper comment adapter progressivement notre stratégie de vaccination à la transmission endémique, et acquérir un savoir très précieux sur l’impact des doses supplémentaires », a-t-il ajouté.

La vaccination « pour réduire la pression sur nos systèmes de santé »

Selon des épidémiologistes, il semble désormais illusoire d’atteindre l’immunité collective uniquement grâce aux vaccins, mais ceux-ci restent tout de même cruciaux pour circonscrire la pandémie de Covid-19. Un niveau très élevé de vaccination reste aussi indispensable « pour réduire la pression sur nos systèmes de santé qui ont désespérément besoin de traiter les autres maladies que le Covid », a souligné Hans Kluge vendredi.

Désormais dominant, le variant Delta est jugé 60 % plus transmissible que le précédent (Alpha) et deux fois plus que le virus historique. Or, plus un virus est contagieux, plus élevé est le seuil nécessaire à l’immunité collective, c’est-à-dire le seuil de personnes immunisées au-delà duquel l’épidémie cesse. Celle-ci peut s’obtenir via les vaccins ou l’infection naturelle.

Avec 20 minutes par M.F avec AFP

Deux nouveaux variants du coronavirus sous la loupe des chercheurs à travers le monde

septembre 6, 2021

Le variant B.1.621, mieux connu sous le nom de Mu, a récemment été désigné comme « variant à suivre » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), puisqu’il pourrait résister aux anticorps, notamment ceux développés par les vaccins.

Le variant Delta reste largement prédominant et représente jusqu'à 90 % des nouvelles infections au pays, selon des données de la santé publique du Canada.

© Ben Nelms/ben nelms/cbc Le variant Delta reste largement prédominant et représente jusqu’à 90 % des nouvelles infections au pays, selon des données de la santé publique du Canada.

Un autre variant, encore connu sous le nom de C.1.2, inquiète des scientifiques en Afrique du Sud, qui étudient ses mutations pour tenter de comprendre comment il se comporte. Ces nouveaux variants représentent-ils une menace dans la lutte contre la COVID-19 au Canada?

Pour l’heure, le variant Delta, jugé extrêmement contagieux, reste largement prédominant et représente jusqu’à 90 % des nouvelles infections au pays, selon des données de la santé publique du Canada.

Ce qui ne veut pas dire que ces nouveaux variants ne méritent pas d’être soigneusement étudiés, disent les experts.

Ce que l’on sait du variant Mu

Le variant Mu a une constellation de mutations qui indiquent des propriétés potentielles d’évasion immunitaire», peut-on lire dans le bulletin épidémiologique du 30 août du l’OMS, qui catégorise le variant Mu comme variant à suivre».

Des tests préliminaires indiquent en effet que le variant Mu pourrait être résistant aux vaccins ou aux anticorps développés par les patients qui ont déjà contracté une souche antérieure du virus. L’OMS prévient toutefois que ces observations doivent être confirmées par d’autres études».

Mu a d’abord été détecté en janvier 2021 en Colombie. Il a depuis poursuivi sa progression, allant jusqu’à représenter 39 % des nouvelles infections, ce qui en fait la souche prédominante dans ce pays d’Amérique latine.

Or ce variant est pour l’instant quasiment absent du reste du globe. Pour le moment, 39 pays ont déclaré des cas liés à Mu.

Au Canada, sa présence est également à la baisse. S’il représentait à un moment un peu plus de 3 % des nouvelles infections, ce chiffre est récemment passé à 0,3 %. Il n’est pas possible de savoir pour l’instant ce qui explique cette perte de vitesse du variant.

C.1.2, le variant aux origines nébuleuses

C.1.2 n’est peut-être pas présentement sous haute surveillance par l’OMS, mais plusieurs chercheurs pressent l’organisation d’y porter une attention particulière.

Ce variant a été observé pour la première fois par des chercheurs en Afrique du Sud, mais son origine exacte reste pour l’instant indéterminée.

Richard Lessels, un spécialiste des maladies infectieuses et auteur d’une recherche préliminaire sur C.1.2 a affirmé à l’agence Reuters que le variant pourrait être encore plus résistant aux anticorps que le variant Delta.

Toutefois, on ne sait pas si C.1.2 est aussi contagieux, ou même s’il résiste autant aux vaccins qu’aux anticorps développés par une personne qui a déjà contracté la COVID-19.

Le Dr Zain Chagla, consultant en maladies infectieuses à St. Joseph's Healthcare Hamilton.

© /CBC/Craig Chivers Le Dr Zain Chagla, consultant en maladies infectieuses à St. Joseph’s Healthcare Hamilton.

Ces choses prennent du temps à étudier», affirme le docteur Zain Chagla, spécialiste en maladies infectieuses de l’Université McMaster de Hamilton. Delta est incroyablement fort et incroyablement contagieux. Il a aussi une bonne capacité à remplacer [les autres souches] de façon agressive. Rien n’indique que ce soit le cas encore [pour C.1.2].»

Doit-on s’inquiéter de ces variants?

Étant donné que le variant Delta représente la majorité des cas de COVID-19 au Canada et qu’il y a encore beaucoup d’inconnues à propos de Mu ou de C.1.2, les inquiétudes concernant ces nouveaux variants doivent être mises en contexte.

Pas besoin de s’inquiéter encore», résume Zain Chagla, qui insiste toutefois sur l’importance d’étudier et de garder à l’œil ces variants. À propos de C.1.2, il affirme qu’on a vu une hausse de transmission dans certains pays d’Afrique, mais qu’il est difficile de dire si son taux de contagion s’approche de celui de Delta.

De nombreux variants sont apparus durant cette pandémie, rappelle-t-il. Il cite par exemple les autres variants à suivre» comme Alpha, Beta, Lambda ou encore le nouveau venu Mu, et soutient qu’ils peuvent tous être supplantés par Delta ou alors s’épuiser d’eux-mêmes avec le temps».

Pour déterminer la fréquence à laquelle ces variants apparaissent au pays, l’Agence de la santé publique du Canada travaille avec les provinces, les territoires et le Réseau génomique du Canada (RCanGéCo) pour séquencer un certain pourcentage de tous les résultats de test positifs à la COVID-19.

Le séquençage dévoile le code génétique du virus et permet de savoir quel variant était à l’origine de l’infection.

Prévenir l’apparition de nouveaux variants

Depuis le début de la pandémie, de nouveaux variants apparaissent dans des populations durement touchées par une transmission non contrôlée de la COVID-19, notamment en Inde, en Amérique du Sud et en Afrique. Selon les experts, cette tendance devrait se poursuivre tant qu’une plus grande partie de la planète ne sera pas vaccinée.

[Ces nouveaux variants sont] un rappel crucial – même s’il peut s’agir de fausses alertes – de l’importance de l’équité et du partage des vaccins dans le monde», croit Zain Chagla.

Selon le chercheur, cette région du monde inquiète puisque les taux de vaccinations y sont bas, que les systèmes de santé en place sont souvent défaillants et qu’une partie importance de la population est immunosupprimée en raison du VIH, qui touche de 15 à 20 % des adultes dans certains pays.

Il s’agit en quelque sorte d’un cocktail de mauvais scénarios propice à l’émergence d’un variant… alors je ne crois pas que nous devrions être surpris de voir que quelque chose semble apparaître», avance Zain Chagla.

C’est ce que nous avons vu, et c’est ce que nous allons continuer de voir», croit-il.

Avec CBC/Radio-Canada à partir d’un texte de Lauren Pelley et Adam Miller, CBC

Covid-19 en Europe : l’OMS s’inquiète du nombre de morts

août 30, 2021

Face à la stagnation de la vaccination en Europe, l’OMS s’alarme et craint que les morts du Covid-19 explosent d’ici le mois de décembre.

Dans certains pays d'Europe, seul un soignant sur dix est vaccine.
Dans certains pays d’Europe, seul un soignant sur dix est vacciné.© CHRISTOPHE GATEAU / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Si le rythme de la vaccination n’accélère pas en Europe dans les jours et semaines à venir, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) craint de devoir compter encore plus de morts d’ici le mois de décembre. « La semaine dernière, le nombre de morts dans la région a augmenté de 11 %, avec une projection fiable prévoyant 236 000 morts en Europe d’ici au 1er décembre », s’ajoutant au 1,3 million de décès déjà provoqués par la pandémie sur le Vieux Continent, a déclaré le directeur de l’OMS Europe, Hans Kluge, lors d’une conférence de presse. Les pays de la région ont vu les taux d’infection augmenter à mesure que l’ancrage du variant Delta, plus contagieux, s’affirme, en particulier chez les personnes non vaccinées.

Sur les 53 États membres de la région, 33 ont signalé une hausse supérieure à 10 % de l’incidence des cas sur deux semaines, a souligné Hans Kluge. Outre la forte transmissibilité du variant Delta, un « assouplissement exagéré » des restrictions et une augmentation des voyages cet été sont à l’origine de la hausse du nombre de cas. D’autant que le rythme des vaccinations a ralenti. « Au cours des six dernières semaines, le taux a chuté de 14 %, en raison d’un manque d’accès aux vaccins dans certains pays et d’un manque d’acceptation des vaccins dans d’autres », a relevé Hans Kluge, appelant à augmenter la capacité de production et à dépasser les tentations nationalistes en partageant les doses.

Trop peu de soignants européens vaccinés

Si trois quarts des soignants dans l’ensemble de l’Europe sont vaccinés, dans certains pays européens ils ne sont qu’un sur dix, selon l’organisation onusienne. En Europe, seuls 6 % des habitants des pays à revenu faible et à revenu intermédiaire inférieur sont entièrement vaccinés, a-t-il indiqué, rappelant que l’OMS recommandait une couverture vaccinale de 80 % pour tourner la page de la pandémie. Selon des données de l’OMS, en huit mois, près de 850 millions de doses ont été administrées dans la région qui s’étend à l’Asie centrale. Dans la zone, au moins 413,26 millions de personnes sont complètement vaccinées (44,2 % de la population), d’après un comptage de l’AFP lundi.

Au niveau mondial, 5,239 milliards de doses ont été distribuées. Au total, au moins 216,3 millions de personnes ont été malades du Covid-19 dans le monde et au moins 4,5 millions sont décédées depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi lundi par l’AFP à partir de sources officielles. Sur le recours à un rappel ou troisième dose, proposé dans certains pays de la région, comme en Israël ou comme cela va l’être au Danemark – où il sera proposé à certaines personnes immunodéprimées –, l’OMS, qui a pour l’instant demandé un moratoire, ne l’exclut pas.

« L’administration d’une troisième dose pourrait être nécessaire à l’avenir pour des groupes de population spécifiques et/ou dans des contextes précis. Cependant, davantage de données sont nécessaires sur le moment optimal et le dosage des doses de rappel, qui peuvent différer selon les produits vaccinaux », explique un porte-parole de l’OMS Europe.

Hans Kluge presse les Européens d’accepter la vaccination

Pour Hans Kluge, « l’acceptation de la vaccination par la population est cruciale », en particulier alors que les mesures de santé publiques et sociales ont été assouplies dans de nombreux endroits. « Le scepticisme à l’égard des vaccins et le déni de la science nous empêchent de stabiliser cette crise. Ils ne servent à rien et ne sont bons pour personne. »

En cette période de rentrée scolaire, les États membres doivent mettre en place une stratégie vaccinale destinée à maintenir l’enseignement en présentiel, considéré comme vital. Il faudrait « proposer le vaccin contre le Covid-19 aux enseignants et aux autres membres du personnel scolaire en tant que groupe cible des plans de vaccination nationaux », ont indiqué l’OMS et l’Unicef Europe dans un communiqué publié plus tôt ce lundi.

À travers l’Europe, les restrictions sont disparates. Ainsi, l’instauration du pass sanitaire a franchi, lundi, une nouvelle étape en France, devenant obligatoire au travail pour 1,8 million de salariés en contact avec le public dans les restaurants, cinémas, musées, trains grandes lignes, là où il était déjà requis pour les clients.

Par Le Point avec AFP

Côte d’Ivoire : un cas de virus Ebola détecté

août 16, 2021
Un virion de la fièvre hémorragique Ebola.

Un cas de virus Ebola a été détecté à Abidjan, a annoncé samedi soir le ministre ivoirien de la Santé, Pierre N’Gou Dimba.

Les autorités sanitaires ivoiriennes « ont été informées ce jour (samedi) par l’Institut Pasteur d’un cas de maladie à virus Ebola après examen des échantillons prélevés » vendredi « sur une jeune fille âgée de 18 ans de nationalité guinéenne », a déclaré à la télévision nationale le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba. Il a précisé que cette jeune fille avait quitté la ville de Labé en Guinée par la route et « est arrivée en Côte d’Ivoire le 11 août ». « Il s’agit d’un cas isolé et importé », a-t-il assuré, ajoutant que la patiente était « actuellement en isolement et prise en charge au centre de traitement des maladies hautement épidémique du CHU de Treichville », à Abidjan.

RÉACTIVATION DU SYSTÈME DE SURVEILLANCE

Selon le ministre, la Côte d’Ivoire dispose de vaccins contre Ebola et « procèdera à la vaccination des groupes cibles, le personnel soignant qui a été en contact immédiatement avec la patiente et les forces de sécurité qui sont à nos frontières ». « Une réunion interministérielle d’urgence » s’est tenue samedi en fin d’après-midi sous la présidence du Premier ministre ivoirien Patrick Achi, a-t-il indiqué. Parmi les mesures prises figurent la réactivation du système de surveillance et de riposte au virus Ebola mis en place pendant la dernière épidémie en Guinée, « l’identification et la surveillance de tous les cas contacts identifiés » et la « collaboration frontalière intense avec la Guinée ».

« Le gouvernement rassure les populations et les invite à la sérénité », a déclaré Pierre N’Gou Dimba. « Toutes les dispositions sont prises pour faire face à cette situation ». Selon l’OMS, c’est le premier cas confirmé d’Ebola depuis 1994 en Côte d’Ivoire. « Il est extrêmement préoccupant que cette épidémie ait été déclarée à Abidjan, une métropole de plus de quatre millions d’habitants », a déclaré Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, dans un communiqué. « Cependant, l’essentiel de l’expertise mondiale en matière de lutte contre la maladie à virus Ebola se trouve ici, sur le continent, et la Côte d’Ivoire peut tirer parti de cette expérience pour accélérer la riposte », a-telle ajouté.

La Guinée et l’OMS ont officiellement annoncé le 19 juin la fin de la deuxième épidémie d’Ebola dans ce pays, quelques mois après la réapparition de cette maladie rapidement vaincue grâce à l’expérience accumulée en 2013-2016 où elle avait fait des milliers de morts.

Par Jeune Afrique avec AFP

Covid-19 dans le monde arabe : l’OMS s’inquiète des conséquences de l’Aïd

juillet 18, 2021
Un infirmier tunisien prodigue les premiers soins aux patients atteints de COVID-19 aux urgences de l’hôpital Charles Nicole de la capitale Tunis, le 16 juillet 2021.

La pandémie frappe durement la Tunisie et les cas repartent à la hausse dans d’autres pays du Maghreb et du Moyen-Orient. L’OMS s’inquiète du manque de respect des mesures barrières et des risques accrus de contamination en vue de l’Aïd.

Après un déclin du nombre de cas et de décès durant huit semaines, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’inquiète dans un communiqué de l’augmentation significative des cas de Covid-19 dans plusieurs pays du Maghreb (Libye et Tunisie), et du Moyen-Orient (Iran, Iraq). Et prévient que la courbe devrait également progresser dans les prochaines semaines au Liban et au Maroc, où l’état d’urgence a été prolongé jusqu’à 10 août face aux variants Alpha et Delta.

La Tunisie en première ligne

Le cas de la Tunisie, où le variant Delta se répand, est particulièrement préoccupant. Le petit pays recense 8 000 à 9 500 nouvelles contaminations par jour et a le plus haut taux de mortalité de toute la région Méditerranée orientale, mais aussi d’Afrique. Le nombre de décès y a d’ailleurs sensiblement augmenté en quelques jours, passant de 119 à 189 entre les 5 et 8 juillet. En deux mois, le nombre de cas quotidiens recensés a été multiplié par 10.

« LA SITUATION EST CRITIQUE DANS NOTRE RÉGION », A PRÉVENU LE 13 JUILLET AHMED AL-MANDHARI

Et les structures sanitaires pourraient arriver à saturation, étant donné que les lits de soins intensifs sont déjà occupés à 95 %, 90 % pour ceux disposant d’oxygène. Or, moins de 13 % de personnes ont reçu une première dose de vaccin, et moitié moins sont celles ayant à ce jour bénéficié d’un rappel.

Alors que le voisin libyen assure avoir fermé ses frontières terrestres et aériennes avec la Tunisie pour une semaine de manière préventive, il n’est pas non plus épargné. Les variants Alpha et Delta y circulent. Près de 1 300 cas quotidiens y sont identifiés depuis le 4 juillet. Mais seule 5,6 % de la population est partiellement vaccinée.

« La situation est critique dans notre région », a prévenu mercredi 13 juillet Ahmed Al-Mandhari, directeur régional de l’OMS.

L’AÏD AL-ADHA DEVRAIT ACCROÎTRE RÉUNIONS FAMILIALES ET CÉLÉBRATIONS DANS LA RÉGION, À PARTIR DU 19 JUILLET

Il met en garde contre une combinaison de facteurs de risque : l’apparition de variants (en particulier Delta), le faible accès aux vaccins et le manque d’adhésion des citoyens aux mesures barrières. L’organisation appelle donc à les encadrer strictement.

Craintes concernant l’Aïd

La vigilance devrait être de mise dans l’optique de l’Aïd al-Adha (ou grand Aïd), qui devrait accroître réunions familiales et célébrations dans la région, à partir du 19 juillet. Or à la faveur de ces rencontres, la recrudescence des cas pourrait avoir des conséquences catastrophiques, alerte encore le communiqué.

Car des festivités ont déjà laissé des traces ailleurs. En Iran, celles des vacances et rassemblements à l’occasion de la fête de Norouz, fin mars, sont pointées du doigt. Le pays connaît en effet une vague plus sévère depuis la mi-juin, entraînant un nombre de morts plus important ces deux dernières semaines.

Et l’organisation de souligner ce paradoxe d’une escalade nourrie par le manque de rigueur des populations, alors même que certains pays renforcent les restrictions aux voyageurs entrant sur leur territoire. Port du masque et distanciation physique doivent donc continuer à être de rigueur. Et la vaccination encouragée face aux forts déséquilibres mondiaux, préconise l’OMS.

Jusqu’à présent plus de 11 millions de cas et 223 000 décès ont été recensés dans la région Méditerranée Orientale regroupant trois pays du Maghreb (Libye, Tunisie, Maroc), douze pays du Moyen-Orient (Bahreïn, Égypte, Émirats arabes unis, Iran, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Palestine, Qatar, Syrie, Yémen), trois d’Afrique de l’Est (Djibouti, Somalie, Soudan) ainsi que le Pakistan. En Afrique, la barre des six millions de cas a été franchie le 13 juillet dernier.

Avec Jeune Afrique par Camille Lafrance

L’Afrique face au Covid-19 : la troisième vague accélère

juin 19, 2021

FLAMBÉE. L’OMS a confirmé le 17 juin qu’une troisième vague de Covid-19 était en train de frapper le continent.

L'Ouganda avait impose l'annee derniere des mesures drastiques alors qu'il n'avait enregistre qu'une poignee de cas.
L’Ouganda avait imposé l’année dernière des mesures drastiques alors qu’il n’avait enregistré qu’une poignée de cas. © BADRU KATUMBA / AFP

Àcontre-courant d’une tendance mondiale à la baisse depuis début mai, la pandémie de Covid-19 a accéléré en Afrique pour la cinquième semaine d’affilée. La trajectoire des cas de Covid en Afrique est « très, très inquiétante », a estimé vendredi le responsable des situations d’urgence à l’OMS, le docteur Michael Ryan, avec la diffusion de variants plus contagieux et un taux de vaccination dangereusement bas. Selon les données collectées par l’OMS, il y a eu en Afrique 116 500 nouvelles infections la semaine dernière, soit 25 500 de plus que la semaine précédente.

Le docteur Ryan a souligné que, vu dans son ensemble, le continent ne semblait pas si mal loti, ne comptant que pour un peu plus de 5 % des nouveaux cas enregistrés dans le monde la semaine dernière et pour 2,2 % des décès. Mais dans certains pays les infections ont doublé et elles s’affichent en hausse de plus de 50 % dans d’autres, s’approchant du pic atteint pendant la première vague à l’été 2020. La troisième vague des cas de Covid-19 « s’amplifie et s’accélère » en Afrique avec les variants, avait déjà alerté jeudi le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le continent, en réclamant une augmentation de l’approvisionnement en vaccins.

Des variants plus contagieux

Comme la Dre Matshidiso Moeti, directrice de l’OMS pour l’Afrique, le docteur Ryan a souligné que le continent est beaucoup plus vulnérable parce qu’il a reçu si peu de vaccins anti-Covid, quand l’Europe ou les États-Unis ont des taux de vaccination qui leur permettent de revenir à une vie plus normale avec une baisse spectaculaire des infections et des décès. « La réalité crue c’est que, dans une zone avec de multiples variants plus contagieux et qui ont potentiellement un impact plus fort, nous avons laissé de larges parts de la population et les populations vulnérables en Afrique privées de la protection des vaccins, alors que les systèmes de santé sont déjà fragiles », s’est indigné le docteur Ryan.

La République démocratique du Congo (RDC), la Namibie et l’Ouganda ont enregistré leur plus haut nombre de cas hebdomadaires depuis le début de la pandémie, souligne l’OMS. Selon l’OMS, cette hausse s’explique en grande partie par une météorologie saisonnière plus froide en Afrique australe et la propagation de variants plus contagieux. Le variant Delta, détecté en Inde, a été signalé dans 14 pays africains et les variants Beta et Alpha – identifiés au Royaume-Uni et en Afrique du Sud – ont été trouvés dans plus de 25 pays africains.

L’Ouganda et l’Afrique du Sud prennent des mesures

Le président ougandais Yoweri Museveni a annoncé vendredi de nouvelles mesures de restriction contre l’épidémie de Covid-19, dont la suspension des déplacements à l’intérieur du pays pendant au moins six semaines, alors que le taux de contamination a atteint un niveau record dans ce pays d’Afrique de l’Est. Les pénuries d’oxygène et de médicaments affectaient les hôpitaux alors que les cas quotidiens ont augmenté au cours des trois dernières semaines, passant de 100 à plus de 1 700. « Les hôpitaux sont pleins », a martelé le chef de l’État.

Officiellement pays du continent le plus touché par le virus, l’Afrique du Sud, durement frappée par une deuxième vague fin 2020, redoute depuis plusieurs semaines cette annonce. Quatre des neuf provinces du pays, dont celle du Gauteng, qui englobe Johannesburg ainsi que la capitale Pretoria, étaient déjà considérées fin mai comme touchées par la troisième vague. Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a annoncé fin mai un retour à des mesures plus strictes alors que les admissions à l’hôpital ont augmenté de près de 60 % au cours des deux dernières semaines. L’armée a été envoyée en renfort dans la province de Gauteng, province la plus peuplée – qui abrite la capitale administrative Pretoria et le centre financier de Johannesburg — et actuel l’épicentre de l’épidémie, représentant environ 60 % de la dernière augmentation quotidienne des cas.

La seule solution : vacciner

« C’est le résultat d’une distribution inique des vaccins », a-t-il martelé. C’est particulièrement vrai pour l’Afrique où seulement 1 % de la population est pleinement vaccinée.

L’Afrique avait jusque-là été frappée moins durement par la pandémie que d’autres régions, mais cela ne veut pas dire que cela restera le cas. « Il est totalement prématuré de penser que la prochaine vague en Afrique sera juste une courte pluie et pas une tempête », a dit le médecin. Et d’ajouter : « Je pense qu’il nous faut prendre ce qui se passe en Afrique très, très au sérieux. »

En retard par rapport au reste du monde, l’Afrique du Sud n’a vacciné qu’un peu plus de 1 % de sa population, alors que l’objectif fixé par l’OMS est de vacciner 10 % de la population de chaque pays d’ici à septembre. Largement critiqué pour avoir tardé à se lancer dans la course mondiale à l’acquisition des précieux vaccins, le gouvernement affirme avoir acheté assez de doses pour au moins 45 des quelque 59 millions de Sud-Africains. Cyril Ramaphosa a plusieurs fois dénoncé un « apartheid vaccinal » favorisant les pays riches pour l’accès aux vaccins. L’Afrique du Sud et l’Inde mènent une campagne pour une renonciation aux droits de propriété intellectuelle sur les vaccins contre le coronavirus, afin que chaque pays puisse produire des doses.

Signe que l’heure est grave, la Tanzanie s’est finalement résolue à rejoindre l’initiative Covax. Depuis le début de la pandémie en effet, le président John Magufuli, décédé le 17 mars dernier, avait adopté une position de défiance face à la pandémie et aux institutions comme l’OMS. Le chef d’État tanzanien minimisait l’impact du Covid-19, affirmant que son pays s’était « libéré du Covid » par la prière, il avait rejeté tout confinement ou mesure, comme le port du masque. Cette situation a entraîné l’augmentation du nombre de cas de contamination. Avec l’arrivée au pouvoir de Samia Suluhu Hassan, le pays a changé de stratégie et veut réagir.

Par Le Point Afrique

Guinée : fin de la deuxième épidémie d’Ebola

juin 19, 2021

BILAN. C’est l’OMS qui le déclare. La maladie a pu être jugulée en quelques mois, grâce à l’expérience acquise entre 2013 et 2016.

La decouverte d'une vingtaine de cas debut 2021 avait fait craindre le retour d'Ebola qui avait meurtri l'Afrique de l'Ouest entre 2013 et 2016.
La découverte d’une vingtaine de cas début 2021 avait fait craindre le retour d’Ebola qui avait meurtri l’Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016.© CAROL VALADE / AFP

Soulagement en Guinéela résurgence d’Ebola qui a surpris le pays fin janvier est déjà annoncée comme éradiquée. L’Organisation mondiale de la santé vient officiellement de déclarer la fin de la deuxième épidémie d’Ebola dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. La nouvelle a été annoncée depuis la très symbolique ville de Nzérékoré, en Guinée forestière dans le Sud-Est, d’où l’épidémie était partie en 2013 faisant des milliers de morts. Elle s’était propagée au Liberia et à la Sierra Leone voisins et avait touché dix pays au total. Pour l’OMS et les autorités guinéennes, il ne fait aucun doute que l’expérience accumulée entre 2013 et 2016 a servi. Il faut souligner que la Guinée a traversé la pire épidémie au monde depuis l’identification du virus en 1976, elle avait tué plus de 11 300 personnes, principalement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, trois des pays les plus pauvres du monde. Un bilan sous-évalué de l’aveu même de l’OMS.

Enseignements tirés

En 2021, un total de seize cas confirmés et sept cas probables ont été recensés lors de cette dernière épidémie en Guinée. Onze patients ont survécu et douze sont décédés, selon un communiqué de l’OMS publié samedi. Le communiqué ne donne pas le détail des morts parmi les cas confirmés et probables.

Un précédent bilan donné par l’organisation jeudi faisait état de cinq décès. « J’ai l’honneur de prendre la parole en ce jour de déclaration de la fin de la maladie à virus Ebola » en Guinée, a déclaré un responsable de l’OMS, Alfred Ki-Zerbo, lors d’une cérémonie officielle à Nzérékoré où la maladie était réapparue fin janvier. « Je voudrais, au nom du chef de l’État (le président Alpha Condé), déclarer la fin de la résurgence de la maladie à virus Ebola en République de Guinée », a pour sa part indiqué le ministre de la Santé, le médecin général Rémy Lamah.

La cérémonie a réuni environ 200 personnes, dont des chefs religieux.

Des règles internationales précises

Après avoir, suivant les règles internationales, officiellement déclaré l’état d’épidémie le 14 février, la Guinée a atteint vendredi les 42 jours sans nouveau cas, soit deux fois la durée maximale d’incubation, seuil fixé pour la déclaration de fin d’épidémie. Le dernier cas guéri déclaré remonte au 8 mai, a dit à l’AFP un responsable du ministère de la Santé.

Après la détection des premiers cas à Gouécké, dans la préfecture de Nzérékoré, « les autorités sanitaires nationales ont rapidement mis en œuvre la riposte, avec le soutien de l’OMS et ses partenaires, en s’appuyant sur l’expertise accumulée » dans la lutte contre Ebola dans le pays et en République démocratique du Congo, selon le communiqué de l’Organisation mondiale de la santé.

Communautés intégrées

« Il faut remercier aussi les communautés qui se sont engagées pour vaincre la maladie », a ajouté Alfred Ki-Zerbo. Les réticences dans la lutte anti-Ebola de communautés en Guinée avaient notamment causé la mort d’agents de l’État déployés en Guinée forestière durant la précédente épidémie. En 2021, grâce notamment à « une implication de la communauté, des mesures de santé publique efficaces et une utilisation équitable des vaccins, la Guinée a réussi à contrôler l’épidémie et à prévenir sa propagation au-delà des frontières », a renchéri le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans le communiqué.

L’OMS dit avoir aidé à expédier environ 24 000 doses de vaccin et avoir soutenu la vaccination de près de 11 000 personnes à haut risque parmi lesquelles plus de 2 800 travailleurs de santé en première ligne. « Nous avons vaincu Ebola mais restons vigilants », proclamait une banderole déployée lors de la cérémonie officielle.

Vigilance continue

La directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, Dre Matshidiso Moeti, a appelé dans un communiqué « à rester en alerte face à une possible réapparition du virus et nous assurer que l’expertise dans la lutte contre Ebola s’élargisse à d’autres menaces sanitaires telles que le Covid-19 ».

Sur Twitter, le directeur général de l’OMS a souligné que le « Covid-19 est une maladie différente qui se propage plus facilement qu’Ebola mais la démarche est la même ». Cependant, « l’utilisation inefficace des mesures de santé publique et sociale » et « les inégalités continuent de donner au Covid-19 une chance de muter, de se propager et de tuer ». La Guinée, relativement peu touchée par le coronavirus, a déclaré plus de 23 400 cas, dont 168 décès, selon un dernier bilan vendredi. Après la déclaration de fin d’épidémie d’Ebola, la Guinée devrait entrer dans une période de surveillance épidémiologique renforcée pendant 90 jours, selon l’OMS à Conakry.

Par Le Point Afrique

Covid-19 : des dizaines de pays incapables de poursuivre la vaccination

juin 18, 2021

Faute de doses suffisantes, ces pays se retrouvent dans l’incapacité d’administrer la seconde dose de vaccins, alerte l’OMS ce vendredi.

Dans la course à la vaccination, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Des dizaines d’entre eux sont incapables d’administrer la seconde dose de vaccins contre le Covid-19, faute de doses suffisantes. Une pénurie qui risque de déstabiliser durablement les campagnes vaccinales, a mis en garde l’OMS vendredi 18 juin. « Nous avons un grand nombre de pays qui ont dû suspendre leur campagne de vaccination pour la seconde dose – 30 ou 40 pays », a affirmé le docteur Bruce Aylward, chargé à l’OMS de superviser le système de distribution international Covax.

« L’intervalle (entre les deux injections) est maintenant plus long que ce que nous aimerions », a-t-il mis en garde, expliquant que Covax était en négociations directes avec AstraZeneca, mais aussi le Serum Institute of India, qui doit fabriquer l’essentiel des doses pour Covax, mais dont la production est interdite d’exportation face à l’urgence des besoins en Inde. Un intervalle trop long entre deux doses peut faciliter l’émergence de variants plus dangereux ou contagieux.

« Les dons sont une solution à court terme »

Selon Bruce Aylward, ces pays se trouvent particulièrement en Afrique sub-saharienne, mais aussi en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Asie du Sud, notamment les voisins de l’Inde, comme le Népal ou encore le Sri Lanka, qui doivent affronter une sévère vague d’infections. Pour l’instant, les partenaires de Covax essayent d’accéder à un maximum de doses qui sont cruciales pour la période de juin à septembre.

Il a noté que les États-Unis avaient promis 80 millions de doses pour la période juin-juillet, mais l’essentiel du milliard de doses promis par le G7 ne seront disponibles que plus tard dans l’année et surtout en 2022. « Les dons sont une solution à court terme face à un marché très imparfait où seuls les pays qui ont les moyens ou produisent des vaccins y ont accès », a-t-il rappelé.

Le docteur Aylward a tenu à souligner l’effet délétère de ces à-coups sur la confiance des populations dans la vaccination. « Quand on force des pays avec des systèmes moins robustes d’interrompre, de réorganiser, de rediriger leur programme », on rend « très difficile la mobilisation de la population », a souligné le docteur Aylward. « Nous l’entendons souvent de la part des responsables politiques qui souhaitent vivement mobiliser leur population mais qui craignent de le faire prématurément parce que les doses n’ont pas été livrées », a-t-il insisté. Au 17 juin, le système Covax avait fourni seulement 88 millions de doses dans 131 pays, bien en deçà de ce qui était initialement prévu.

Par Le Point avec AFP

« Les morts du Covid-19 en Afrique seraient trois à quatre fois plus nombreux », selon l’OMS

juin 10, 2021
Des infirmières kényanes montrent à la presse leurs équipements face au Covid-19 au Kenyatta National Hospital de Nairobi, le 6 mars 2020.

Sur le continent, la crise du coronavirus est probablement sous-estimée et a freiné les progrès sanitaires, souligne le dernier rapport statistique annuel de l’OMS. Entretien avec son directeur régional des opérations d’urgence.

La crise du Covid-19 a mis en lumière les difficultés d’accès aux soins de certaines populations. Elle a par ailleurs freiné les grands programmes mondiaux que sont les objectifs de développement durable (dont la santé est un maillon), ainsi que ceux du « triple milliard » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les cinq prochaines années. Ces derniers visent à faire bénéficier un milliard de personnes supplémentaires de la couverture sanitaire universelle (CSU), de mieux protéger un autre milliard face aux situations d’urgence, et de permettre encore à un milliard de personnes d’accéder à un meilleur état de santé et un plus grand bien-être.

L’Afrique n’est pas épargnée pas cette dégradation générale. Malgré une amélioration de l’espérance de vie et le recul d’un certain nombre de maladies, les inégalités ont sur le continent d’importantes conséquences sanitaires, souligne le dernier rapport de l’OMS. Tour d’horizon avec l’épidémiologiste et docteur en informatique sénégalais Abdou Salam Gueye, ancien membre du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies américain et fondateur de l’Institut mère enfant de Kaolack (Imek), qui dirige les opérations d’urgence au bureau régional pour l’Afrique de l’organisation internationale.

Jeune Afrique : Quels défis particulier le Covid-19 a-t-il posé pour l’Afrique ?

Abdou Salam Gueye : Cette pandémie augmente le retard déjà important de l’Afrique en matière d’indicateurs de bonne santé. D’autant plus qu’elle pourrait se prolonger du fait de la faible couverture vaccinale et que la crise économique qu’elle a entrainée risque de réduire la disponibilité des fonds prévus pour la santé. Enfin, les perturbations de chaînes d’approvisionnement persistent dans tous les pays africains, limitant la disponibilité des médicaments essentiels, des diagnostics et des équipements de protection individuelle nécessaires aux agents de santé.  

Les difficultés à récolter des données précises sont pointées du doigt partout dans le monde. Quels sont les obstacles en Afrique ?

Il est urgent de mettre en place des systèmes d’information sanitaire solides, actualisées et fiables, afin d’identifier les lacunes et les inégalités et de prendre des décisions ciblées, efficaces et rentables. Un système d’enregistrement des statistiques de l’état civil qui fonctionne bien est vital à la planification des services et à l’allocation des ressources. Or, en Afrique, moins de la moitié des naissances et seulement 10 % des décès sont enregistrés chaque année. Les causes de décès n’ont été déclarées que dans 8 % des cas enregistrés dans les pays à faible revenus.

LES PERTURBATIONS DES SERVICES DE SANTÉ PERSISTENT À UNE ÉCHELLE CONSIDÉRABLE

De nombreux gouvernements peinent d’ailleurs à établir un décompte précis des décès liés au Covid depuis le début de la pandémie. L’OMS met donc actuellement en place le World Health Data Hub – un guichet unique de collecte, de stockage et d’analyse des données sanitaires mondiales des régions et des États membres. 

Contrairement aux débuts de la pandémie, les cas des décès liés au Covid-19 touchent de plus en plus les pays à bas revenus. L’Afrique est-elle particulièrement concernée ?

Selon les estimations préliminaires de l’OMS, le nombre total de décès excédentaires attribuables au Covid-19 (tant directement qu’indirectement), s’élève à au moins trois millions en 2020, soit 1,2 millions de décès de plus que les 1,8 millions signalés. Cela révèle des lacunes dans les données, qui sont importantes notamment en Afrique. Selon les projections de l’Institut de mesure de la santé de Seattle, aux États-Unis, le nombre de décès dus au Covid-19 en Afrique est trois à quatre fois supérieur aux données rapportées.

Les efforts déployés face au Covid-19 l’ont-ils parfois été au détriment de la lutte contre d’autres fléaux ? 

Les perturbations des services de santé persistent à une échelle considérable. Cela affecte particulièrement la vaccination, la lutte contre les maladies tropicales, la tuberculose, le paludisme, le VIH et les hépatites B et C, la malnutrition, mais aussi le dépistage du cancer et d’autres maladies non transmissibles comme l’hypertension et le diabète ainsi que les soins dentaires urgents. L’accès aux planning familiaux et à la contraception est également touché. La majorité des pays mettent en œuvre des stratégies prévoyant des communications destinées aux communautés, l’identification de priorités (triage), le recrutement de personnel, la réorientation des patients vers d’autres sites de soins.

Pourquoi le continent est-il toujours aussi touché par les maladies infectieuses comme le paludisme, le sida, et la tuberculose ?

Le continent reste loin derrière la moyenne mondiale dans ces trois maladies, malgré des progrès spectaculaires au cours des deux dernières décennies. Par exemple, les progrès dans la lutte contre le paludisme sont au point mort dans la plupart des pays depuis 2014.

L’Afrique compte encore beaucoup d’États fragiles. Or, les États les plus fragiles comptent les deux tiers des cas de paludisme et moins d’un tiers des cas de VIH et de tuberculose. Ils ont pour points communs des régimes autoritaires, de faibles revenus, des conflits armés, des risques naturels et la mobilité de leur population. 

L’Afrique compte toujours le plus bas taux de médecins par habitant (environ 3 pour 10 000) et d’infirmières et sages-femmes (10 pour 10 000) dans le monde. Comment inverser la tendance ? 

L’OMS recommande d’accroître la disponibilité des agents de santé dans les régions éloignées et rurales en améliorant l’attraction, le recrutement et les moyens de conserver ce personnel. Pour garantir un déploiement équitable des agents de santé, il est essentiel de sélectionner les lieux de stage dans les zones rurales mal desservies, d’y dispenser des formations et d’offrir des incitations financières et non financières au personnel affecté dans ces zones.

SEULS 2 % DES ESSAIS CLINIQUES DE VACCINS ONT LIEU SUR LE CONTINENT, DANS TROIS PAYS SEULEMENT

Quelles sont les principales inégalités régionales sur le continent  ?

La pandémie a ouvert les esprits sur la nécessité de développer les capacités de recherche en Afrique face aux grandes maladies prioritaires. Or seuls 2 % des essais cliniques de vaccins ont lieu sur le continent, et la plupart d’entre eux sont réalisés dans trois pays seulement. Ce doit être une des priorités dans les années à venir.

En ce qui concerne l’Index de la couverture sanitaire, l’Algérie est en tête, tandis que Madagascar est à la traîne. Pour ce qui est des taux de mortalité des mères, le Soudan du Sud compte encore 1250 cas pour 100 000 naissances comparé à 53 cas pour les Seychelles, à l’autre bout du spectre. En ce qui concerne l’espérance de vie a la naissance, il y a une différence de plus de 28 ans entre l’Algérie (76,2 ans) et le Lesotho (47,7 ans).    

 L’espérance de vie augmente-t-elle de manière significative sur le continent ?

Des améliorations face à plusieurs maladies transmissibles ou non ont permis des avancées. L’espérance de vie a augmenté de onze ans en moyenne en Afrique entre 2000 et 2019 – les jeunes Malawiens, Rwandais et Éthiopiens ont même gagné plus de vingt ans. Mais bien qu’il ait enregistré les plus grands progrès parmi les régions de l’OMS au cours des deux dernières décennies, le continent comptait toujours l’espérance de vie (64,5 ans) et l’espérance de vie en bonne santé (56 ans) les plus faibles en 2019.

Avec Jeune Afrique par Camille Lafrance