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Libye: l’ONU se félicite de la création d’une Commission de réconciliation

avril 6, 2021

Les autorités libyennes ont annoncé la création d’une commission de réconciliation nationale chargée de rétablir la paix sociale dans ce pays déchiré par des guerres fratricides depuis dix ans, une décision saluée mardi 6 avril par l’ONU.

L’envoyé spécial de l’ONU en Libye, Jan Kubis, s’est félicité de «l’annonce par le Conseil présidentiel de la création d’une Haute commission de réconciliation nationale», lit-on dans un communiqué de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul). Cette commission, dont la création a été annoncée lundi par le nouveau président du Conseil présidentiel libyen Mohamed el-Manfi, sera chargée «de jeter les bases d’un processus de réconciliation nationale pour promouvoir l’unité, la tolérance, la justice et les droits de l’Homme», selon la Manul.

Il s’agira notamment de «restaurer le tissu social parmi les composantes de la société libyenne» dans le cadre d’un «processus de réconciliation inclusif», dans le respect des droits humains, pour «garantir une paix, une stabilité, une unité et une prospérité durables», a souligné Jan Kubis. L’ONU est prête à «soutenir les autorités libyennes» dans ce sens, a-t-il ajouté.

Mohamed al-Manfi a annoncé lors d’une conférence de presse lundi à Tripoli la création de cette commission, «une étape que nous attendions tous (…) pour rassembler Libyens, pour réparer et rendre justice dans le respect des lois et des droits humains». Selon des médias libyens, les équipes de cette commission travailleront sur le terrain, dans les villes qui ont été le théâtre d’opérations militaires.

La Libye tente de s’extraire d’une décennie de conflit, depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, un chaos marqué par l’existence ces dernières années de pouvoirs rivaux, en Tripolitaine (Ouest) et Cyrénaïque (Est). Le Conseil présidentiel, composé de trois membres, a été désigné en février par 75 responsables libyens de tous bords réunis à Genève, qui ont également choisi Abdelhamid Dbeibah comme chef du gouvernement d’unité nationale.

Ensemble, ils devront oeuvrer à réunifier les institutions libyennes, lancer un processus de réconciliation nationale et, enfin, amener le pays à des élections présidentielles et législatives en décembre

Par Le Figaro avec AFP

Mahamat Saleh Annadif, nouveau patron de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest

mars 15, 2021
Mahamat Saleh Annadif.

Le diplomate tchadien quitte Bamako et la Minusma pour devenir le chef du bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.

La double information circulait depuis un mois dans les couloirs du siège de l’ONU à New York. Elle est désormais presque officielle depuis l’adoption début mars, par le Conseil de sécurité, des propositions de nominations soumises par le secrétaire général, António Guterres.

Le Tchadien Mahamat Saleh Annadif, âgé de 64 ans, cédera le 1er avril son poste bamakois de représentant spécial et de chef de la Minusma au Mauritanien El Ghassim Wane et occupera, à compter de cette date, celui de représentant spécial, chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, basé à Dakar.

Un bilan salué

Natif d’Arada, ancien ministre des Affaires étrangères et ex-secrétaire général de la présidence sous Idriss Déby Itno, Annadif dirigeait la Minusma depuis un peu plus de cinq ans. Un exercice complexe et exposé pour lequel il n’aura pas démérité, son action étant régulièrement saluée tant par les partenaires extérieurs du Mali que par la classe politique locale.

À Dakar, Annadif succédera au diplomate ghanéen Mohamed Ibn Chambas, 70 ans, ancien secrétaire exécutif de la Cedeao qui, depuis six ans, a eu à gérer des crises électorales (Togo, Guinée, Côté d’Ivoire…) avec des résultats mitigés.

Outre ses responsabilités en matière de diplomatie préventive, de médiation et de facilitation, le Tchadien devra faire avancer des dossiers aussi divers que la bonne gouvernance, la lutte contre le terrorisme et la criminalité, l’état de droit ou le contentieux frontalier entre le Nigeria et le Cameroun. Last but not least : il sera rejoint au Sénégal par ses proches – le poste de représentant spécial au Mali est lui « sans famille » pour des raisons de sécurité.

De l’UA à la Minusma

Son successeur à Bamako, El Ghassim Wane, 61 ans, a effectué l’essentiel de sa carrière au sein de la Commission de l’Union africaine (UA), notamment au département Paix et sécurité, puis auprès du président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, dont il a dirigé le cabinet avec le titre de conseiller en chef de 2017 à 2019.

Auparavant, ce natif d’Aleg avait effectué une brève incursion au poste de sous-secrétaire général de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix. Depuis juin 2019, El Ghassim Wane enseignait à l’université George Washington, aux États-Unis, et au King’s College de Londres, en attendant une nouvelle affectation.

En concurrence pour la tête de la Minusma avec la Guinéenne Bintou Keita et avec l’Américain David Gressly, le diplomate mauritanien avait la voie libre depuis la nomination de la première en RDC et du second au Yémen.

Avec Jeune Afrique

Libye : le Conseil de sécurité de l’ONU réclame « le retrait des forces étrangères et des mercenaires »

mars 13, 2021
Les forces loyales au gouvernement d’accord national libyen (GNA) reconnu par l’ONU font défiler un camion de système de défense aérienne Pantsir de fabrication russe dans la capitale Tripoli le 20 mai 2020, après sa capture à la base aérienne d’Al-Watiya (base aérienne d’Okba Ibn Nafa) par les forces loyales à l’homme fort libyen Khalifa Haftar, basé dans l’est du pays.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a réclamé vendredi dans une déclaration approuvée à l’unanimité « le retrait sans plus tarder de toutes les forces étrangères et des mercenaires de Libye », en saluant la validation mercredi par le Parlement du nouveau gouvernement unifié.

« Le Conseil de sécurité appelle toutes les parties à appliquer pleinement l’accord de cessez-le-feu (du 23 octobre) et exhorte les États membres à respecter et à soutenir la pleine application de l’accord », précise cette déclaration.

Selon l’ONU, environ 20 000 militaires et mercenaires se trouvaient encore fin 2020 en Libye et aucun mouvement de retrait n’a été constaté à ce jour. « Le Conseil de sécurité appelle au plein respect de l’embargo des Nations unies sur les armes par tous les États membres, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité », indique aussi le texte.

Embargo violé

Cet embargo imposé depuis 2011 est violé régulièrement depuis des années selon les experts de l’ONU chargés de son contrôle. Leur prochain rapport annuel est attendu dans les jours à venir. Dans le passé, ces experts ont notamment dénoncé la présence en Libye de mercenaires russes, de troupes turques, et de groupes armés composés de Syriens, Tchadiens ou de Soudanais.

« Le Conseil de sécurité reconnaît la nécessité de planifier le désarmement, la démobilisation et la réintégration des groupes armés, la réforme du secteur de la sécurité et de mettre en place une architecture de sécurité inclusive et dirigée par des civils pour l’ensemble de la Libye », ajoute la déclaration.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC/Meurtre des experts de l’ONU : la Cour militaire autorise la comparution de Sonia Rolley

mars 2, 2021

Cette Cour dit attendre de la journaliste de la Radio France internationale (RFI), d’«aider l’humanité en mettant à la disposition de la justice congolaise des éléments dont elle aurait des preuves » au sujet de cet assassinat.

Sonia Rolley /RFI

La Cour militaire de l’ex-Kasaï-Occidental vient d’autoriser la comparution de la journaliste du service Afrique de RFI, Sonia Rolley, comme renseignant dans le procès des présumés meurtriers des experts de l’ONU au Kasaï. Cette autorisation, note radiookapi.net, a été demandée par le ministère public, qui pense que la journaliste pourrait « éclairer » la Cour militaire sur ce qu’elle sait de ce meurtre.

Dans sa sollicitation, le ministère public, le général Muwau a, en effet, rappelé que le journaliste de RFI, accréditée à Kinshasa au moment du meurtre des deux experts de l’ONU, de Zaida Catalan et Michael Sharp, tués en mars 2017 au Kasaï, avait réalisé beaucoup de reportages relatifs à ce meurtre.

Et de faire savoir que la journaliste avait également discuté avec l’une des personnes accusées d’avoir participé à ce meurtre, Jean Bosco Mukanda. «Sonia Rolley a fait beaucoup de reportages sur ce meurtre. Elle a parlé avec Jean Bosco Mukanda. Au lieu de dire des choses en dehors du prétoire, qu’elle vienne le dire ici », a-t-il argumenté. Pour lui, « ne pas vérifier ce que Sonia Rolley dit, on dira que la justice militaire a évité d’affronter la vérité ».

Accédant à la demande du ministère public, le président de céans a indiqué que la Cour s’était fait le devoir d’inviter la journaliste « afin qu’elle puisse aider l’humanité en mettant à la disposition de la justice congolaise des éléments dont elle aurait des preuves ». La source indique qu’en plus de Sonia Rolley, la Cour a également autorisé la comparution de Gabriel Ilunga et  pasteur Charles Boniface, responsable d’une radio émettant de Kananga.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza 

États-Unis: Washington réintègre le Conseil des droits de l’homme de l’ONU

février 8, 2021

Les États-Unis ont annoncé lundi leur intention de « s’impliquer » à nouveau dans le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, marquant la rupture avec une administration Trump qui en avait claqué la porte en 2018 en l’accusant d’hypocrisie, particulièrement à l’égard d’Israël.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une allocution sous le dôme du Conseil des droits de l'homme, à Genève, en février 2020.

© DENIS BALIBOUSE/Reuters Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d’une allocution sous le dôme du Conseil des droits de l’homme, à Genève, en février 2020.

«Le président a donné instruction au département d’État de s’impliquer immédiatement et avec force» dans le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, a déclaré dans un communiqué le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken.

«Pour être en mesure de s’attaquer aux insuffisances du Conseil et s’assurer qu’il remplit son mandat, les États-Unis doivent être présents à la table et faire usage de tout le poids de notre rôle de fer de lance en matière de diplomatie», a souligné M. Blinken, marquant ainsi la rupture avec une administration Trump qui avait choisi plus souvent qu’à son tour la politique de la chaise vide.

«Nous le faisons parce que nous savons que le moyen le plus efficace de réformer et d’améliorer le Conseil est de travailler avec lui sur le plan des principes», avait expliqué plus tôt le chargé d’affaires américain Mark Cassayre, dans un message préenregistré diffusé lors d’une réunion du Conseil par visioconférence.

«Quand il fonctionne comme il se doit, le Conseil des droits de l’homme met en exergue les pays qui ont le pire bilan en matière des droits de l’homme et il peut être un forum important pour ceux qui combattent l’injustice et la tyrannie», a encore souligné M. Blinken.

Les États-Unis vont donc recommencer à jouer leur rôle avec leur statut d’observateur «et auront l’opportunité dans ce rôle de s’adresser au Conseil, de participer à des négociations et de s’allier à d’autres pour introduire des résolutions», a précisé le chef de la diplomatie.

«Nous sommes totalement convaincus que quand les États-Unis s’impliquent de manière constructive dans les travaux du Conseil, avec nos alliés et nos amis, des changements positifs sont à portée de main», a-t-il ajouté.

Le Conseil des droits de l’homme, basé à Genève, est «chargé de renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme dans le monde» et il a aussi pour mission de faire face «à des situations de violations des droits de l’homme et de formuler des recommandations à leur sujet».

Le Conseil est composé de 47 États membres – dont certains sont régulièrement dénoncés pour leurs atteintes aux droits de l’homme – qui sont élus par l’Assemblée générale des Nations Unies.

L’administration Trump avait annoncé avec fracas en juin 2018, qu’elle quittait le Conseil.

«Nous prenons cette mesure parce que notre engagement ne nous permet pas de continuer à faire partie d’une organisation hypocrite et servant ses propres intérêts, qui fait des droits de l’homme un sujet de moquerie», avait accusé Nikki Haley, qui était alors ambassadrice à l’ONU à New York, flanquée du secrétaire d’État de l’époque Mike Pompeo.

Elle avait accusé le Conseil de protéger «les auteurs de violations des droits de l’homme» et de constituer «un cloaque de partis pris politiques».

Si les États-Unis avaient insisté sur le fait qu’ils resteraient un héraut des droits de l’homme dans le monde, cette décision avait montré un peu plus la défiance de Donald Trump envers les organismes multilatéraux.

Son mandat a aussi été marqué par la sortie des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, le départ amorcé de l’Organisation mondiale de la santé, ou encore sa stratégie de paralysie de l’Organisation mondiale du commerce.

La nouvelle administration du président Joe Biden avait dès son premier jour annoncé le retour des États-Unis dans les accords sur le climat et au sein de l’OMS.

Avec  CBC/Radio-Canada 

RDC : des soldats rwandais et burundais sont intervenus dans l’Est, selon l’ONU

janvier 5, 2021
Soldats rwandais se retirant du territoire congolais, ici à Goma, le 25 février 2009 (illustration).

Le dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU mentionne des opérations menées par les forces armées rwandaises et burundaises dans l’est de la RDC de la fin de 2019 à octobre 2020. Ce que Kigali et Gitega démentent.

Des contingents étrangers sont-ils intervenus dans l’est de la RDC à partir de la fin de l’année 2019 ? C’est en tout cas l’une des principales conclusions du dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la RDC.

Rendu public le 23 décembre 2020, ce document de plus de 200 pages souligne que, « de la fin de 2019 au début d’octobre 2020, des membres des Forces de défense rwandaises (RDF) étaient présents dans le Nord-Kivu ».

À l’en croire, « l’armée burundaise, aux côtés de membres des Imbonerakure, a également lancé des incursions dans le Sud-Kivu entre novembre 2019 et juillet 2020 ». Ces interventions auraient été menées « en violation du régime de sanctions » car elles n’ont pas été notifiées au comité onusien chargé de veiller à son respect.

Preuves à l’appui

Pour étayer ces accusations, les auteurs du rapport disent se fonder sur plusieurs éléments de preuve (documents, photographies, images aériennes, etc.) et assurent que la présence des RDF a été confirmée dans les territoires de Nyiragongo, de Rutshuru et de Masisi.

SOIXANTE MEMBRES DES RDF PORTANT 18 MITRAILLEUSES PKM ET QUATRE LANCE-ROQUETTES AURAIENT ÉTÉ OBSERVÉS SUR LE MONT RUGOMBA

Ils citent notamment une lettre de Célestin Mbala, le chef d’état-major des Forces armées congolaises (FARDC), adressée le 22 avril 2020 au Mécanisme conjoint de vérification élargi de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Le dernier exemple en date mentionné par le groupe d’experts remonte au 2 octobre dernier.

« Soixante membres des RDF portant 18 mitrailleuses PKM et quatre lance-roquettes » auraient ce jour-là été observés sur le mont Rugomba, dans le territoire de Rutshuru.

L’intervention supposée de l’armée rwandaise alimente suspicions et rumeurs depuis des mois. À de nombreuses reprises, des élus congolais ainsi que des membres de la société civile du Nord-Kivu ont alerté sur cette présence.

LA MORT DE PLUSIEURS CHEFS DE GROUPES ARMÉS HOSTILES À KIGALI INTERROGE

Le Kivu Security Tracker, un « baromètre sécuritaire » mis en place par Human Rights Watch et le Groupe d’étude sur le Congo, rattaché à l’Université de New York, a également affirmé à de multiples reprises au cours des derniers mois que des militaires rwandais se trouvaient aux côtés des FARDC lors de diverses opérations.

La mort de plusieurs chefs de groupes armés hostiles à Kigali, dont Sylvestre Mudacumura, chef militaire des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) tué en septembre 2019, et Juvénal Musabimana, alias Jean-Michel Africa, abattu en novembre 2019, avait amené à s’interroger sur l’étendue de la collaboration entre le Rwanda et la RDC.

Échanges de renseignements

Interrogé à ce sujet par le groupe d’experts, le gouvernement rwandais a nié, dans une lettre, la présence de troupes de son pays en chez son voisin et a réaffirmé que les RDF n’avaient mené aucune opération conjointe avec les FARDC.

Sollicités à de nombreuses reprises, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont systématiquement contesté l’existence de telles opérations, assurant qu’il s’agissait d’échanges de renseignements.

En avril dernier, lors d’une conférence de presse, Paul Kagame s’était félicité de ce que le gouvernement congolais collaborait avec les pays de la région pour « résoudre le problème des groupes armés, qui court depuis plusieurs décennies ».

LE GOUVERNEMENT CONGOLAIS A COMMENCÉ À AGIR SUR LA BASE DE NOS INFORMATIONS

« Nous donnons des informations à nos partenaires de la région, dont les Nations unies et le gouvernement congolais, lequel a commencé à agir sur la base de certaines d’entre elles, car il a pu les vérifier et voir par lui-même ce qui grandissait dans le Nord-Kivu », avait en substance expliqué le chef de l’État rwandais.

Lors de cette même conférence de presse, Paul Kagame avait également nié toute présence de l’armée rwandaise dans le Sud-Kivu, assurant néanmoins que les forces armées burundaises se trouvaient dans cette province pour traquer les Red-tabara, un groupe armé hostile à Gitega. Des incursions dans les territoires de Fizi et Uvira que le groupe d’experts de l’ONU confirme et que la lettre du chef d’état-major des FARDC mentionne aussi.

Sollicitées par les experts onusiens, les autorités burundaises ont assuré qu’elles « ne déployaient des troupes à l’étranger que dans le cadre des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine et des Nations unies ».

Les autorités congolaises, elles, n’ont pas répondu aux auteurs du rapport avant sa publication

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

L’ONU condamne une nouvelle exécution d’un mineur délinquant en Iran

décembre 31, 2020

L’ONU a vivement condamné jeudi 31 décembre l’exécution en Iran d’un homme pour un crime qu’il aurait commis alors qu’il avait 16 ans, la quatrième d’un mineur délinquant cette année dans ce pays, appelant Téhéran à cesser cette pratique.

Selon l’ONU, Mohammad Hassan Rezaiee a été exécuté tôt jeudi. D’après Amnesty International, il avait été arrêté en 2007 dans le cadre d’une affaire où un homme avait été tué à coups de couteau lors d’une rixe et il a passé plus de douze ans dans le quartier des condamnés à mort.

«L’exécution de mineurs délinquants est catégoriquement prohibée par les lois internationales et l’Iran a l’obligation de respecter cette interdiction», a déclaré une porte-parole du Bureau des droits de l’homme des Nations unies à Genève, Ravina Shamdasani. La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, «condamne vivement cette exécution», a-t-elle ajouté.

Ravina Shamdasani a ajouté que le Bureau des droits de l’homme de l’ONU était consterné que l’exécution ait eu lieu en dépit de ses efforts pour un dialogue avec Téhéran sur cette question. «Il existe des allégations extrêmement troublantes selon lesquelles il a été condamné sur la base d’aveux extorqués sous la torture», a-t-elle dit, ajoutant qu’il y avait également «de nombreuses autres inquiétudes au sujet des violations de son droit à un procès équitable».

La porte-parole a souligné que l’exécution de Rezaiee est la quatrième d’un mineur délinquant en 2020 et intervient après une série d’exécutions récentes en Iran.L’exécution par Téhéran le 12 décembre d’un journaliste et dissident basé en France, Ruhollah Zam, avait provoqué un tollé international, des gouvernements occidentaux accusant l’Iran de l’avoir kidnappé à l’étranger avant de le juger.

Ravina Shamdasani a souligné qu’au moins huit personnes avaient été exécutées dans différentes prisons iraniennes pour la seule période entre le 19 et le 26 décembre. Elle a ajouté que selon des informations non confirmées, huit autres personnes couraient le risque d’une «exécution imminente». Plusieurs personnes condamnées pour des crimes qu’elles auraient commis alors qu’elles étaient mineures sont dans le couloir de la mort, d’après elle.

«L’ONU a appelé à plusieurs reprises l’Iran à cesser d’exécuter des mineurs délinquants, mais nous pensons qu’au moins 80 d’entre eux sont dans le couloir de la mort», a-t-elle dit. Elle a souligné que Michelle Bachelet «a exhorté les autorités iraniennes à arrêter toutes les exécutions de mineurs délinquants et à reconsidérer immédiatement leur cas conformément aux lois internationales sur les droits de l’homme.»

Par Le Figaro avec AFP

Centrafrique : Bangui reprend le contrôle de Bambari, selon l’ONU

décembre 24, 2020
Deux ex-Séléka à Bambari, en mai 2014.e

Les Casques bleus et les forces centrafricaines ont repris mercredi Bambari, la quatrième ville du pays, aux rebelles qui s’en étaient emparés la veille, à cinq jours des élections présidentielle et législatives.

La ville avait été prise par les rebelles, avait confirmé à l’AFP le maire, Abel Matchipata. « Il n’y a pas eu de violence contre les habitants, mais ils ont pillé le commissariat, la gendarmerie et les maisons des particuliers », avait-il ajouté. Mais mercredi matin, le porte-parole de la force de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca), Abdoulaziz Fall, a affirmé que « la situation est sous contrôle à Bambari ». « Les civils commencent à revenir. Les groupes armés ont été repoussés dans la brousse », a-t-il précisé.

Des attaques ont repris depuis la semaine dernière, à quelques jours des élections présidentielles et législatives. Trois autres groupes armés qui ont formé une coalition s’en sont pris mardi à des axes routiers vitaux pour l’approvisionnement de la capitale.  La tenue des scrutins dimanche est un enjeu majeur pour l’ONU et le pouvoir du président sortant Faustin Archange Touadéra, grand favori, qui exclut tout report malgré les attaques des groupes armés.

Des éléments de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), un des nombreux groupes armés qui se partagent plus des deux tiers du pays et parmi ceux entrés en rébellion à l’approche des élections, avaient lancé une attaque mardi matin contre Bambari.

À Boali, une ville située à environ 60 kilomètres de Bangui sur la route nationale 1, l’axe vital qui relie la ville au Cameroun, la population prenait peur. Et femmes et enfants se réfugiaient à six kilomètres de la ville. Quelques heures plus tard, plusieurs pick-ups arrivaient à l’hôpital communautaire de Bangui avec leur plateau arrière rempli de blessés, ont rapporté des journalistes de l’AFP.

L’inquiétude gagne également la capitale. « Il y a eu des paniques de la population ce matin » à Bangui, a déclaré mercredi à l’AFP le général Driss Oukaddour, Commandant de la Joint task force de Bangui (JTFB) de la Minusca.

Mais il a aussi tenu à rassurer, à présent « Bangui est calme, nous maitrisons la situation », a-t-il affirmé.

Soutien russe et rwandais

Le gouvernement a accusé le 19 décembre de « tentative de coup d’État » l’ex-président François Bozizé, dont la candidature à la présidentielle a été invalidée en raison de sanctions de l’ONU.

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda a appelé mardi « toutes les parties, tous les groupes armés, les acteurs politiques et leurs partisans au calme au calme et à la retenue » avant les élections, sous peine de poursuites.

Le président Touadéra, qui a reçu des renforts militaires du Rwanda et de la Russie, a également exclu de négocier avec les rebelles. « Négocier comment, sous quelle forme ? Vous voyez bien qu’il y a des attaques, on n’a pas le temps de négocier, on ne sait pas avec qui négocier », a-t-il affirmé lundi soir.

« Pour aider Bangui à renforcer les capacités défensives de la Centrafrique, la Russie a répondu rapidement à la demande du gouvernement et envoyé 300 instructeurs supplémentaires pour la formation de l’armée nationale », a indiqué mardi le ministère russe des Affaires étrangères, après avoir assuré la veille qu’il ne s’agissait pas d’envoi de « troupes ».

Transparence

Après cette annonce, les États-Unis ont réclamé mercredi de la transparence et la fin des violences. « Notre position a toujours été que les pays qui apportent leur assistance, militaire ou autre, doivent le faire de manière transparente et coordonnée, afin que cette assistance vienne soutenir le désir de bonne gouvernance et de stabilité du peuple centrafricain », a déclaré un porte-parole du département d’État américain au sujet du rôle de Moscou. « Nous appelons toutes les parties à cesser les hostilités et à garantir que le peuple centrafricain puisse exercer son droit à participer à des élections pacifiques le 27 décembre », a-t-il ajouté.

Par Jeune Afrique avec AFP

Congo-ONU : François Louceny Fall reçu à Brazzaville

novembre 19, 2020

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, François Louceny Fall, a été reçu le 18 novembre par le président Denis Sassou N’Guesso. Les deux personnalités ont échangé sur un certain nombre de questions liées à la situation politique nationale et sous-régionale.

Denis Sassou N’Guesso et François Louceny Fall lors de l’audience

L’émissaire onusien a précisé à l’issue de l’audience que leur entrevue a porté sur « les entretiens que nous avons eus avec les différentes composantes politiques concernant la tenue de la prochaine élection présidentielle, surtout aussi des consultations politiques qui seront organisées à Madingou ».

Hormis la présidentielle de 2021, le peuple congolais est également tenu d’aller aux urnes en 2022 dans le cadre des élections législatives.

« Nous avons reçu du chef de l’Etat des informations utiles qui nous rassurent que les élections vont se dérouler de manière apaisée », a déclaré François Louceny Fall.

Il a salué l’élection du chef de l’Etat congolais à la présidence tournante de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). Le président Denis Sassou N’Guesso va ainsi succéder à son homologue gabonais Ali Bongo Ondimba, à l’issue du sommet des chefs d’Etat de la communauté, prévu le 27 novembre à Libreville.

« Nous nous félicitons d’avance de la présidence congolaise en la personne du président Denis Sassou N’Guesso, qui a déjà donné beaucoup pour les réformes de la CEEAC, aussi du rôle particulier qu’il joue dans la résolution des crises dans la région des grands lacs, mais aussi en Centrafrique et en Libye », a indiqué François Louceny fall.

Avec Adiac-Congo par La Rédaction

L’ONU lance une collecte de 565 millions de dollars pour le Liban

août 14, 2020

Les Nations unies ont lancé vendredi un appel de fonds d'un montant de 565 millions de dollars en faveur du Liban.

Les Nations unies ont lancé vendredi un appel de fonds d’un montant de 565 millions de dollars en faveur du Liban. ALKIS KONSTANTINIDIS / REUTERS

Les Nations unies ont lancé vendredi un appel de fonds d’un montant de 565 millions de dollars en faveur du Liban, dix jours après l’explosion meurtrière qui a dévasté la ville de Beyrouth. Cette aide sera notamment destinée aux efforts de reconstruction succédant à la phase de première urgence dans la capitale. Il s’agit de financer la remise en état des hôpitaux et des écoles et de fournir un toit aux sinistrés, sans abri depuis l’énorme détonation au port, où étaient stockées des tonnes de nitrate d’ammonium.

«La tâche de reconstruire la vie des habitants et permettre la guérison d’une telle dévastation ne fait que commencer», a estimé à l’ONU Najat Rochdi, une coordinatrice de l’aide humanitaire à destination du Liban. Elle a appelé la communauté internationale à ne pas lésiner en mettant la main au portefeuille, en ayant particulièrement à l’esprit «l’incroyable générosité des Libanais vis-à-vis des réfugiés syriens et palestiniens».

L’explosion du 4 août, illustrant la corruption et la mauvaise gestion de responsables politiques libanais, a fait plus de 171 morts et 6.500 blessés et déclenché une colère de la rue face à laquelle le gouvernement du Premier ministre Hassan Diab a dû présenter sa démission.

Par Le Figaro avec AFP