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Huit millions de personnes menacées de famine au Soudan du Sud, selon l’ONU

novembre 3, 2022
Huit millions de personnes menacees de famine au Soudan du Sud, selon l'ONU
Huit millions de personnes menacées de famine au Soudan du Sud, selon l’ONU© AFP/Archives/TONY KARUMBA

Près de huit millions de personnes au Soudan du Sud, soit les deux tiers de la population, sont menacées d’insécurité alimentaire et de famine, a averti l’ONU dans un rapport publié jeudi.

« La faim et la malnutrition sont en hausse dans les zones du Soudan du Sud touchées par les inondations, la sécheresse et les conflits, et certaines communautés risquent de connaître la famine si l’aide humanitaire n’est pas maintenue et si les mesures d’adaptation au climat ne sont pas renforcées », indique le rapport.

Le rapport conjoint de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et du Programme alimentaire mondial (PAM) indique que la proportion de personnes confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire et de malnutrition « n’a jamais été aussi élevée », dépassant les niveaux observés même pendant le conflit en 2013 et 2016.

Selon le rapport, 7,76 millions de personnes risquent une insécurité alimentaire aiguë pendant la période de soudure d’avril à juillet 2023, tandis que 1,4 million d’enfants souffriront de malnutrition.

Le rapport blâme une combinaison de conflits, de mauvaises conditions macroéconomiques, d’événements climatiques extrêmes et une spirale des coûts de la nourriture et du carburant, ainsi qu’une baisse du financement des programmes humanitaires.

« Nous avons été en mode prévention de la famine toute l’année et avons évité les pires résultats, mais cela ne suffit pas », affirme Makena Walker, directrice de pays par intérim du PAM au Soudan du Sud, dans un communiqué.

« Le Soudan du Sud est en première ligne de la crise climatique et, jour après jour, des familles perdent leurs maisons, leur bétail, leurs champs et leur espoir à cause de conditions météorologiques extrêmes », ajoute Mme Walker.

« Sans l’aide alimentaire humanitaire, des millions d’autres se retrouveront dans une situation de plus en plus désastreuse et dans l’incapacité de fournir la nourriture la plus élémentaire à leurs familles ».

« Si nous pouvons réellement parvenir à la paix à travers le pays, y compris dans les zones actuellement en tension, (…) nous serons à mi-chemin pour résoudre les problèmes de sécurité alimentaire, donc la consolidation de la paix est primordiale », a déclaré jeudi la ministre sud-soudanaise de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Joséphine Lagu, lors de la présentation du rapport.

La famine a été déclarée au Soudan du Sud en 2017 dans les comtés de Leer et de Mayendit dans l’État d’Unity, des régions qui ont souvent été un point chaud des violences.

Le mois dernier, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) a estimé qu’environ 909.000 personnes avaient été affectées par des inondations au Soudan du Sud, alors que des pluies torrentielles ravagent les cultures et détruisent les maisons.

Plus jeune pays au monde, le Soudan du Sud est aux prises avec des conflits meurtriers, des catastrophes naturelles, un malaise économique et des luttes politiques incessantes depuis qu’il a obtenu son indépendance du Soudan en 2011.

Il a passé plus de la moitié de sa vie en guerre, avec près de 400.000 personnes décédées pendant une guerre civile de cinq ans qui s’est terminée en 2018.

Par Le Point avec AFP

Des régions entières deviendront invivables au cours des prochaines décennies

octobre 10, 2022

Si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites de manière radicale, le monde fera face à des niveaux de chaleur extrême inimaginables, indique un rapport.

Un oiseau vole dans le ciel au moment où le soleil se couche.

L’ONU et la Croix-Rouge soulignent qu’il existe des limites au-delà desquelles les personnes exposées à une chaleur et à une humidité extrêmes ne peuvent survivre. Photo : Getty Images/AFP/Patrick T. Fallon

Des régions entières du globe vont devenir invivables au cours des prochaines décennies en raison des vagues de chaleur qui seront plus fréquentes et plus intenses sous l’effet du changement climatique, ont averti l’ONU et la Croix-Rouge lundi.

À moins d’un mois de la COP27, qui doit se dérouler en novembre en Égypte, l’ONU et la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) appellent dans un rapport conjoint à se préparer aux vagues de chaleur à venir pour éviter un nombre important de morts.

Ces organisations soulignent qu’il existe des limites au-delà desquelles les personnes exposées à une chaleur et à une humidité extrêmes ne peuvent survivre et qu’il y a par ailleurs des limites au-delà desquelles les sociétés ne peuvent plus s’adapter.

« Selon les trajectoires actuelles, les vagues de chaleur pourraient atteindre et dépasser ces limites physiologiques et sociales au cours des prochaines décennies, notamment dans des régions telles que le Sahel, l’Asie du Sud et l’Asie du Sud-Ouest. »— Une citation de  Extrait du rapport de l’ONU et de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Une telle situation va se traduire par des souffrances et des pertes de vies humaines à grande échelle, des mouvements de population et une aggravation des inégalités, avertissent les deux organisations.

Un garçon prend un bain pendant une vague de chaleur.

Un garçon prend un bain pendant une vague de chaleur au Pakistan. Photo : Getty Images/AFP /Aamir Qureshi

Phénomène météorologique le plus meurtrier

Selon le rapport, presque partout où on a accès à des statistiques fiables, les canicules constituent le danger météorologique le plus meurtrier.

Elles tuent déjà des milliers de personnes chaque année et vont devenir de plus en plus mortelles à mesure que le changement climatique s’accentuera, indiquent dans le document Martin Griffiths, chef de l’agence humanitaire de l’ONU, et Jagan Chapagain, secrétaire général de la FICR.

Les vagues de chaleur sont à l’origine de certaines des catastrophes les plus meurtrières jamais enregistrées. Le rapport rappelle le lourd bilan de la canicule de 2003 en Europe, qui avait fait plus de 70 000 morts, et d’une vague de chaleur en Russie en 2010 qui avait tué plus de 55 000 personnes.

Selon le document, les experts prévoient des taux de mortalité très élevés en lien avec la chaleur extrême, comparables en magnitude, d’ici la fin du siècle, à tous les cancers.

Cette année, des régions ou des pays entiers d’Afrique du Nord, d’Australie, d’Europe, d’Asie du Sud et du Moyen-Orient ont suffoqué sous des températures records, mais aussi la Chine et l’ouest des États-Unis.

Un médecin transporte des glaçons afin de soulager des patients.

En 2003, les hôpitaux de toute la France ont été envahis par des patients âgés cherchant un traitement pour des plaintes liées à la chaleur. Photo : Getty Images/AFP/Thomas Coex

Appel à des investissements importants

Le rapport rappelle que la chaleur extrême est un tueur silencieux dont les effets vont s’amplifier, posant d’énormes défis au développement durable tout en créant de nouveaux besoins humanitaires.

« Le système humanitaire n’a pas les moyens de résoudre seul une crise d’une telle ampleur. Nous manquons déjà de fonds et de ressources pour répondre à certaines des pires crises humanitaires en cours cette année. »— Une citation de  Martin Griffiths, chef de l’agence humanitaire de l’ONU

Les organisations appellent à réaliser de façon urgente des investissements importants et durables pour atténuer l’impact du changement climatique et soutenir l’adaptation à long terme des populations les plus vulnérables.

Selon une étude citée par le rapport, le nombre de pauvres vivant dans des conditions de chaleur extrême en zone urbaine va bondir de 700 % d’ici à 2050. Les augmentations les plus élevées devraient se produire en Afrique de l’Ouest et en Asie du Sud-Est.

La crise climatique intensifie les urgences humanitaires dans le monde entier. Pour éviter ses effets les plus dévastateurs, nous devons investir de manière égale dans l’adaptation et l’atténuation, en particulier dans les pays les plus à risque, a déclaré M. Chapagain.

Des enfants s'amusent dans les jets d'eau d'une fontaine à Nice.

L’ONU recommande des solutions écologiques pour faire face au réchauffement climatique. Photo : Reuters/Eric Gaillard

L’ONU et la Croix-Rouge soulignent qu’il est tout aussi important de reconnaître que l’adaptation à la chaleur extrême comporte des limites.

Certaines des mesures prises, comme l’augmentation de la climatisation à forte consommation d’énergie, sont coûteuses, ne sont pas viables sur le plan écologique et contribuent elles-mêmes au changement climatique.

Si les émissions des gaz à effet de serre qui sont responsables du changement climatique ne sont pas réduites de manière radicale, le monde va faire face à des niveaux de chaleur extrême inimaginables jusqu’à présent, mettent en garde les deux organisations.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Abdoulaye Maïga : le président Bazoum qualifié d’étranger, la junte joue avec le feu

septembre 28, 2022

L’ex-ministre centrafricain Adrien Poussou considère que le discours incendiaire du Premier ministre malien par intérim contre le président nigérien, porte les germes d’un prochain affrontement fratricide entre les deux pays.

Le Premier ministre de la République du Mali, Abdoulaye Maiga, à la 77e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 24 septembre 2022. © Eduardo Munoz/Reuters

« Tout ce qui est excessif est insignifiant. » Voilà ce que l’on pourrait rétorquer au Premier ministre malien par intérim, Abdoulaye Maïga, qui a multiplié les critiques virulentes à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, notamment à l’égard du président nigérien, Mohamed Bazoum.

Le colonel Abdoulaye Maïga n’a pas été tendre avec ceux qui exigent un calendrier raisonnable pour la fin de la transition et indiquent la porte de sortie à la junte malienne. Il a ainsi tenu un discours au lance-flammes contre le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, auquel il a dénié la qualité de « chef d’État » ; contre le président bissau-guinéen et président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Umaro Sissoco Embaló ; et contre le président ivoirien Alassane Ouattara. Mais le Premier ministre malien a réservé sa charge la plus violente au président nigérien, Mohamed Bazoum, qualifié « d’étranger qui se réclame du Niger ». Un comble.

Son seul péché est d’avoir exhumé un secret de polichinelle : la montée en puissance des jihadistes depuis le retrait du Mali de la force française Barkhane, et le risque, réel, de voir la ville de Ménaka, frontalière de son pays, passer sous le contrôle des terroristes. À mots à peine couverts, Mohamed Bazoum a pointé l’incapacité de la junte malienne à obtenir des résultats probants en matière de sécurité, laquelle a servi de prétexte au double coup d’État. Il a également fustigé l’inefficacité des mercenaires de Wagner dans la lutte contre le terrorisme, en dépit de leur déploiement sur le terrain aux côtés des Forces armées maliennes (FAMA).

Surenchère langagière

On se souvient qu’en juillet 2021, le président nigérien avait vertement critiqué la propension des colonels maliens à renverser les régimes démocratiquement élus, après des revers militaires. « Il ne faut pas permettre que les militaires prennent le pouvoir parce qu’ils ont des déboires sur le front […], que les colonels deviennent des ministres ou des chefs d’État », avait-il déclaré lors d’une conférence de presse commune avec son homologue français Emmanuel Macron. Des propos qui avaient suscité la « vive protestation » des autorités maliennes.

Manifestement, les critiques du président nigérien leur sont restées en travers de la gorge, et elles cherchaient l’occasion de lui rendre la pareille. En le qualifiant « d’étranger qui se réclame du Niger », Abdoulaye Maïga persiste dans la surenchère langagière à laquelle il nous a habitués, au mépris des sacro-saintes règles de bienséance qui caractérisent les relations entre les pays « frères » d’Afrique. Au-delà du fait que ce discours incendiaire va malheureusement à l’encontre des « solides relations d’amitié et de fraternité » entre les peuples nigérien et malien, il porte surtout les germes d’un prochain affrontement fratricide entre les deux pays.

Pseudo-nationalistes

On s’étonne que des gens qui se proclament panafricanistes à longueur de discours en soient réduits à traiter d’autres Africains « d’étrangers ». En vérité, le panafricanisme bruyant dont se targuent les militaires maliens, ainsi que leurs soutiens stipendiés par les Russes, se heurte ainsi à leur véritable nature : ce sont de pseudo-nationalistes assoiffés de pouvoir.

Nous sommes d’autant moins surpris que des sources bien informées nous ont indiqué qu’en prenant connaissance du communiqué final publié à l’issue du sommet extraordinaire de la Cedeao, le 22 septembre dernier à New York, le chef de la junte malienne, Assimi Goïta, aurait exulté. Comme un caïd de cours de récréation, le président de la transition aurait été manifestement content d’apprendre l’annonce de la venue prochaine de trois chefs d’État pour tenter d’obtenir la libération des 46 soldats ivoiriens toujours détenus à Bamako.

Instabilité chronique

Ni la condamnation, « avec fermeté », de l’incarcération de ces militaires ivoiriens par la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement de la Cedeao, ni la dénonciation du « chantage » exercé par les Maliens dans cette affaire, n’ont gâché son plaisir. Bien au contraire : le plus important pour lui, c’est que de vrais chefs d’État, qui n’ont pas eu besoin d’usurper la souveraineté nationale chez eux, feront le déplacement de Bamako pour le supplier de libérer les « militaires otages », selon la terminologie des officiels ivoiriens. Lui qui entend troquer son uniforme militaire contre un costume respectable de président élu à la faveur d’une farce électorale qu’il compte organiser à l’issue de la transition.

Les militaires au pouvoir au Mali oublient une chose : les pays de la Cedeao auxquels ils ont pris l’habitude de s’attaquer avec virulence ont suffisamment de leviers pour créer, et entretenir, une instabilité chronique au Mali. Parce que des  millions de Maliens vivent dans ces pays-là, le pouvoir malien aurait tort de considérer le refus de l’escalade des autres chefs d’État comme une faiblesse. Personne n’a intérêt à ce que la situation dégénère, ou se transforme en une guerre de pauvres.

Avec Jeune Afrique

Adrien Poussou

Par Adrien Poussou

Ancien ministre centrafricain de la Communication.

Des « crimes de guerre ont été commis » en Ukraine, selon les enquêteurs de l’ONU

septembre 23, 2022
Des "crimes de guerre ont ete commis" en Ukraine, selon les enqueteurs de l'ONU
Des « crimes de guerre ont été commis » en Ukraine, selon les enquêteurs de l’ONU© AFP/Fabrice COFFRINI

Nul doute que des crimes de guerre ont été perpétrés en Ukraine depuis l’invasion russe en février, ont soutenu vendredi des enquêteurs de l’ONU, loin de la prudence habituelle de l’organisation.

Cette commission d’enquête de l’ONU a présenté au Conseil des droits de l’homme (CDH) les premières conclusions de son investigation sur les graves violations des droits humains commises par les forces russes dans les régions de Kiev, Tcherniguiv, Kharkiv et Soumy.

« Sur la base des preuves recueillies par la Commission, celle-ci a conclu que des crimes de guerre ont été commis en Ukraine », a affirmé le président de la commission, Erik Mose, énumérant les bombardements russes sur des zones civiles, de nombreuses exécutions, la torture et les mauvais traitements ainsi que les violences sexuelles.

Ces accusations sans appel ont été saluées par de nombreux diplomates, alors que Moscou avait laissé sa chaise vide.

Lors d’une intervention en ligne, le représentant de l’Ukraine, Anton Korynevych, a qualifié la présentation des enquêteurs de « jalon important » vers l’établissement des responsabilités devant la justice et a rappelé que son pays réclame la création d’un tribunal spécial pour juger les crimes russes en Ukraine.

« Votre récit donne à réfléchir sur la portée et l’ampleur de ces atrocités et de leur impact durable sur la vie de dizaines ou de centaines de milliers de civils innocents, y compris des enfants », a affirmé pour sa part l’ambassadeur britannique Simon Manley.

La commission a été lancée en mars par le Conseil des droits de l’homme, à la demande de Kiev. Le Conseil a par la suite approuvé en mai une nouvelle résolution demandant à la commission d’enquêter spécifiquement sur les violations commises par les troupes russes dans les régions de Kiev, Tcherniguiv, Kharkiv et Soumy.

Au cours des enquêtes dans ces quatre régions, la commission a visité 27 villes et localités et a interrogé plus de 150 victimes et témoins, a expliqué M. Mose.

« Nous avons été frappés par le grand nombre d’exécutions dans les régions que nous avons visitées. La Commission enquête actuellement sur ces décès dans 16 villes et lieux. Nous avons reçu des allégations crédibles concernant de nombreux autres cas d’exécutions, que nous sommes en train de documenter », a-t-il déclaré.

Les corps retrouvés ont pour caractéristiques communes d’avoir des signes visibles d’exécutions, tels que des mains attachées derrière le dos, des blessures par balle à la tête ou des gorges tranchées.

Torture et viols

M. Mose a également dénoncé l’utilisation par la Russie d' »armes explosives à large rayon d’impact » sur des zones civiles.

En outre, les témoins, a-t-il indiqué, ont fourni des récits concordants de mauvais traitements et de torture, qui ont été perpétrés pendant leur détention illégale.

Certaines des victimes ont rapporté qu’après une première détention par les forces russes en Ukraine, elles ont été transférées en Russie et détenues pendant des semaines dans des prisons.

« Les interlocuteurs ont décrit des passages à tabac, des chocs électriques et une nudité forcée, ainsi que d’autres types de violations dans ces lieux de détention », a souligné M. Mose, qui note également qu’après avoir été transférées en détention en Russie, certaines victimes auraient disparu.

Des cas de violences sexuelles ont également été rapportés aux enquêteurs de l’ONU. Dans certains cas, des proches ont été contraints d’être témoins de ces crimes.

Dans les cas sur lesquels la commission a enquêté, l’âge des victimes de violences sexuelles ou fondées sur le genre allait de quatre à 82 ans.

La commission a également documenté des cas où des enfants ont été violés, torturés et enfermés illégalement. « Des enfants ont également été tués et blessés lors d’attaques aveugles à l’arme explosive », a dénoncé M. Mose.

Il a par ailleurs brièvement indiqué que la commission avait eu à traiter deux cas de mauvais traitements infligés à des soldats russes par les forces ukrainiennes.

« Bien que peu nombreux, ces cas continuent de faire l’objet de notre attention », a-t-il assuré.

Le Point avec AFP

RDC-Rwanda, Côte d’Ivoire-Mali… Des médiations dans les coulisses de l’ONU

septembre 22, 2022

Les chefs d’État et de gouvernement du monde entier sont réunis cette semaine à New York, où se tient la 77e Assemblée générale de l’ONU. Les dossiers les plus brûlants du moment y font l’objet d’intenses médiations.

Alassane Ouattara à la tribune de la 77ème Assemblée générale des Nations unies à New York, le 21 septembre 2022. © DR

Aux Nations unies, il y a les grandes déclarations et les petits apartés. Paradoxalement, les seconds sont souvent plus stratégiques que les premières.

Du côté des grandes déclarations, ce 21 septembre, le ballet millimétré des chefs d’État s’est poursuivi à la tribune. Après le Gabonais Ali Bongo Ondimba, dont l’intervention était scrutée de près après la propagation de rumeurs selon lesquelles il aurait fait un malaise, ou encore le Kenyan nouvellement élu William Ruto, l’Ivoirien Alassane Ouattara a pris la parole.

Sommet de crise de la Cedeao

Il a appelé à la « libération sans délai » des 46 soldats ivoiriens « injustement détenus » par le Mali. « [Ils sont] déployés en qualité de 8e détachement de l’Élément de soutien national au sein de la Minusma [Mission des Nations unies au Mali] », a-t-il martelé, en réponse à Bamako qui les accuse d’être des mercenaires venus pour déstabiliser le pays.

Alors que depuis deux mois et demi les négociations patinent, Alassane Ouattara est venu à New York dans l’espoir de voir la pression s’accentuer, et les pourparlers s’accélérer. Après avoir diné, le 20 septembre, avec son homologue français Emmanuel Macron, il devait rencontrer le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le lendemain, avant que ne se tienne, le 21 septembre un sommet de la Cedeao convoqué en urgence par le président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embaló.

Nouvelles sanctions ?

Alassane Ouattara va-t-il appeler à de nouvelles sanctions pour faire plier Bamako ? Si le Mali, dont la délégation à New York est conduite par Abdoulaye Maïga, ne devrait pas être convié à cette réunion de crise, il doit faire entendre sa voix à peu près au même moment. Le Premier ministre malien par intérim est annoncé à la tribune des Nations unies, et doit lui aussi s’entretenir avec Antonio Guterres.

Des discussions qui se tiennent loin de Bamako, où Assimi Goïta a reçu ce 21 septembre, pour sa première visite à l’étranger son homologue guinéen, Mamadi Doumbouya, lui aussi sous la menace de nouvelles sanctions ouest-africaines.

Kagame et Tshisekedi autour de Macron

Quelques heures avant Alassane Ouattara, c’est le Rwandais Paul Kagame qui s’était exprimé devant ses pairs réunis à New York. « Il est urgent qu’il y ait la volonté politique de s’attaquer enfin aux causes profondes de l’instabilité dans l’est de la RDC. Le jeu des reproches ne résout pas les problèmes », a-t-il déclaré.

Une réponse aux accusations formulées par Félix Tshisekedi la veille. « L’implication du Rwanda et sa responsabilité dans la tragédie que viventt mon pays et mes compatriotes des zones occupées par l’armée rwandaise et ses alliés du M23, ne sont plus discutables », avait-il martelé, en quête de soutiens internationaux plus évidents.

Mais à côté de ces prises de parole musclées, les médiations pour tenter de trouver une issue à la crise qui oppose les deux voisins se sont accélérées. Dans l’après-midi de ce 21 septembre, les deux chefs d’État se sont réunis durant une petite heure autour d’Emmanuel Macron – une réunion remarquable alors que les deux voisins n’ont plus de contact direct.

Accolade entre premières dames

Selon un communiqué de l’Élysée, le Rwanda et la RDC « sont convenus d’agir de concert pour obtenir au plus vite l’application des dispositions du processus de Luanda, le retrait du M23 et le cantonnement de ses combattants hors de la zone de Bunagana.»

Paris semble désormais vouloir jouer un rôle d’entremetteur de premier plan dans le conflit. Comme le révélait Jeune Afrique, plus tôt cette semaine, les responsables des services de renseignement congolais, rwandais et ougandais s’étaient retrouvés à Paris, à l’initiative de la Direction générale des renseignements extérieurs de la France (DGSE).

Enfin, ce 21 septembre, une rencontre d’un autre ordre a suscité des commentaires à New York : celles des premières dames congolaise et rwandaise. Denise Nyakeru Tshisekedi et Jeanette Kagame ont été photographiées tout sourire, se laissant aller à une franche accolade.

Avec Jeune Afrique par Anna Sylvestre-Treiner – envoyée spéciale à New York

Début de l’Assemblée générale de l’ONU dans un monde assiégé par les crises

septembre 20, 2022
Des membres de l'Assemblée générale de l'ONU observent une minute de silence, la tête baissée.

Durant une rencontre de l’Assemblée générale de l’ONU à New York le 15 septembre, une minute de silence a été observée pour souligner la mort de la reine Élisabeth II. Photo : Getty Images/AFP/Ed Jones

Guerre en Ukraine, catastrophes climatiques, insécurité alimentaire. Dans un monde assiégé par les crises, les dirigeants de la planète se succèdent à partir de mardi à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU éprouvée par des divisions profondes.

Pendant près d’une semaine, quelque 150 chefs d’État et de gouvernement du monde entier vont prendre la parole à cette grand-messe diplomatique annuelle qui reprend en personne après deux années perturbées par la COVID-19.

Traditionnellement, cette première journée fait la part belle au discours du président des États-Unis, qui en tant que dirigeant du pays hôte du siège des Nations unies s’exprime dans les premiers. Mais exceptionnellement – comme à de très rares occasions par le passé –, ce ne sera pas le cas. Joe Biden, qui était lundi aux funérailles de la reine Élisabeth II, a décalé son intervention à mercredi.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres sera au rendez-vous avec un discours d’ouverture de cette 77e Assemblée générale qui ne va pas édulcorer les choses, a promis son porte-parole Stéphane Dujarric, évoquant un tableau posé, réel et axé sur les solutions d’un monde où les divisions géopolitiques nous mettent tous en danger.

Nous nous réunissons à un moment de grand péril pour le monde, a souligné Antonio Guterres lundi, énumérant conflits et catastrophes climatiquesméfiance et divisionpauvreté, inégalité et discrimination.

Côté dangers, l’invasion de l’Ukraine par la Russie sera au cœur de cette semaine diplomatique de haut niveau, avec une intervention mercredi du président ukrainien Volodymyr Zelensky par vidéo grâce à une autorisation spéciale votée la semaine dernière par les États membres, puis un Conseil de sécurité jeudi avec les ministres des Affaires étrangères.

Les pays du Sud énervés

Les pays du Sud s’agacent de plus en plus que les Occidentaux focalisent leur attention sur l’Ukraine. Nous ne voulons pas seulement parler de mettre un terme au conflit en Ukraine. Nous voulons que les conflits prennent fin au Tigré. Nous voulons que les conflits prennent fin en Syrie. Nous voulons que les conflits prennent fin où qu’ils pointent leur nez dans le monde, a ainsi martelé lundi la première ministre de la Barbade Mia Mottley lors d’une journée préliminaire axée sur l’éducation et les objectifs de développement.

Pour tenter de répondre aux inquiétudes de certains pays, Américains et Européens organisent mardi une réunion de haut niveau sur la sécurité alimentaire, conséquence de cette guerre dont souffre toute la planète.

Et le président français Emmanuel Macron, qui sera à la tribune mardi en milieu de journée, va insister sur la nécessité de prévenir la fracturation entre pays du Nord et du Sud, indique-t-on à l’Élysée, précisant que le chef de l’État organisera un dîner sur ce thème avec plusieurs autres dirigeants.

Ces tensions provoquées par la guerre en Ukraine font écho au ressentiment Nord-Sud dans la lutte contre les changements climatiques.

Les pays pauvres, en première ligne des impacts dévastateurs d’un réchauffement dont ils ne sont pas responsables, se battent notamment pour que les pays riches tiennent enfin leurs promesses d’aide financière.

Vladimir Poutine et Xi Jinping absents

À deux mois de la conférence sur le climat de l’ONU COP27 en Égypte, il serait étonnant que cette crise climatique ne soit pas en bonne place dans l’allocution d’Antonio Guterres qui a fait de la lutte pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, en particulier celles des producteurs d’énergies fossiles, une de ses priorités.

Mardi doivent se succéder également à la tribune les présidents brésilien Jair Bolsonaro et turc Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre japonais Fumio Kishida ou encore le chancelier allemand Olaf Scholz.

Le président iranien Ebrahim Raïssi est également à New York cette semaine pour sa première Assemblée générale et le dossier nucléaire pourrait une nouvelle fois se retrouver au centre des discussions.

Même si les négociations pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 ont officiellement lieu à Vienne, la ministre française des Affaires étrangères n’a par exemple pas exclu une rencontre entre les présidents Macron et Raïssi.

Cette semaine de haut niveau compte en revanche quelques absents de marque, en particulier les présidents russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Libye : Abdoulaye Bathily nommé émissaire de l’ONU

septembre 3, 2022

Annoncée dès le 15 août, la nomination du diplomate sénégalais au poste de représentant spécial des Nations unies avait d’abord été refusée par Tripoli. Elle a finalement été entérinée le 2 septembre.

Abdoulaye Bathily, le 16 décembre 2014 © Bruno Levy pour JA

Après des mois de vacance du poste, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a nommé le diplomate sénégalais Abdoulaye Bathily émissaire de l’ONU en Libye, où deux gouvernements se disputent le pouvoir, ont annoncé les services de l’organisation le 2 septembre. L’ancien ministre sénégalais a précédemment été représentant de l’ONU en Afrique centrale, conseiller spécial du secrétaire général pour Madagascar ou encore représentant spécial adjoint pour la mission de l’ONU au Mali. Proposé dès le 15 août, comme l’avait révélé Jeune Afrique, le Sénégalais avait vu sa nomination rejetée par la Libye dans un premier temps.

Son prédécesseur, le Slovaque Jan Kubis, avait abruptement démissionné en novembre dernier. Depuis, le poste était vacant, le Conseil de sécurité, dont l’aval est nécessaire, ayant rejeté plusieurs propositions du secrétaire général António Guterres. Il y a quelques jours, des sources diplomatiques avaient indiqué que les membres du Conseil étaient désormais d’accord sur le nom d’Abdoulaye Bathily.

Deux gouvernements

Le gouvernement libyen avait en revanche indiqué ses « réserves ». La nomination d’un nouvel émissaire était particulièrement attendue alors que l’ONU est en première ligne pour organiser une médiation entre les deux parties rivales qui briguent Tripoli, pour parvenir à un cadre constitutionnel permettant la tenue d’élections, et que de nouvelles violences secouent la capitale.

En raison de la vacance du poste de représentant spécial en Libye, depuis l’automne, la mission politique de l’ONU (Manul) n’est renouvelée que pour des périodes de quelques mois, la Russie réclamant un nouvel émissaire avant un renouvellement plus long. Le dernier renouvellement a eu lieu en juillet pour trois mois, jusqu’au 31 octobre.

Deux gouvernements se disputent le pouvoir dans le pays pétrolier, plongé dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011: l’un est basé à Tripoli (ouest) et est dirigé par Abdulhamid Dabaiba depuis début 2021, et l’autre est conduit depuis mars par Fathi Bachagha, soutenu par le camp du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est.

Jeune Afrique avec AFP

L’ONU alerte sur la situation au Xinjiang, Pékin s’énerve

septembre 1, 2022

Le rapport de l’ONU sur des violations présumées des droits humains dans le Xinjiang a fait réagir Pékin, qui dénonce un « outil politique ».

Une manifestation a Istanbul en soutien a la population musulmane dans le Xinjiang, en Chine.
Une manifestation à Istanbul en soutien à la population musulmane dans le Xinjiang, en Chine.© MUHAMMED ENES YILDIRIM / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

L’ONU a publié mercredi 31 août un rapport très attendu sur les violations présumées des droits humains dans la région chinoise du Xinjiang (Nord-Ouest), notamment contre des minorités musulmanes. Ce qui n’a pas plu à la Chine, qui avait déjà émis des réserves avant même la publication dudit document. Pékin a dénoncé jeudi les conclusions de l’ONU, considérant ce rapport comme un « outil politique » utilisé, donc, contre la Chine.

« Ce rapport est un ramassis de désinformation et un outil politique au service de la stratégie des États-Unis et de l’Occident, qui vise à utiliser le Xinjiang pour entraver (le développement) de la Chine », a déclaré lors d’un point presse régulier Wang Wenbin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Malgré les pressions de Pékin, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme (HCDH) a publié mercredi soir son rapport, très attendu, sur le Xinjiang.

Des positions anti-chinoises ?

Mélange d’entretiens réalisés par ses soins et d’informations directes ou de seconde main, il évoque la possibilité de « crimes contre l’humanité » dans la région, mais ne reprend pas le terme de « génocide » utilisé, notamment, par les États-Unis.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé jeudi la Chine à « suivre les recommandations » du rapport de sa haute commissaire aux droits de l’homme, qui évoque des crimes contre l’humanité dans la région chinoise du Xinjiang, a indiqué son porte-parole.

Le rapport publié mercredi « confirme ce que le secrétaire général dit depuis un moment sur le Xinjiang : que les droits de l’homme doivent être respectés et que la communauté ouïghoure doit être respectée », a déclaré Stéphane Dujarric lors d’un point presse.

« Le HCDH a créé de toutes pièces ce rapport, s’appuyant sur la conspiration politique de certaines forces anti-chinoises à l’étranger, a dénoncé Wang Wenbin. Cela prouve une fois de plus que le HCDH est devenu le sbire et le complice des États-Unis et de l’Occident pour punir un grand nombre de pays en développement. »

Des études occidentales accusent depuis plusieurs années la Chine d’avoir interné plus d’un million de Ouïghours et de membres d’autres groupes ethniques musulmans dans des « camps de rééducation », voire d’imposer du « travail forcé » ou des « stérilisations forcées ».

La Chine dénonce des rapports biaisés et parle de « centres de formation professionnelle » destinés à développer l’emploi et à éradiquer l’extrémisme au Xinjiang, longtemps frappé par des attentats sanglants attribués à des séparatistes et des islamistes ouïghours.

Berlin met Pékin en garde

De son côté, l’Allemagne a également réagi au rapport de l’ONU et a appelé la Chine « à accorder immédiatement à tous les habitants du Xinjiang le plein exercice de leurs droits humains » après le rapport de l’ONU.

Selon Berlin, ce rapport « confirme qu’il y a lieu de s’inquiéter au plus haut point ». « Toutes les personnes détenues arbitrairement doivent être libérées immédiatement », ajoute la diplomatie allemande qui appelle aussi Pékin « à autoriser une nouvelle enquête indépendante sur ces allégations de graves violations des droits humains en Chine ».

Par Le Point avec AFP

ONU : la Libye s’oppose à la nomination d’Abdoulaye Bathily

août 17, 2022

Le gouvernement libyen s’est opposé à la nomination de l’ancien ministre sénégalais Abdoulaye Bathily au poste d’envoyé spécial de l’ONU.

Abdoulaye Bathily, le 16 décembre 2014 à Paris. © Bruno Levy/JA

Abdoulaye Bathily ne devrait donc pas devenir le premier Africain à occuper le poste très sensible de représentant spécial de l’ONU en Libye. Candidat d’António Guterres, comme Jeune Afrique l’annonçait ce dimanche 14 août, l’ex-ministre sénégalais n’a finalement pas été nommé. La session du Conseil de sécurité des Nations unies qui s’est tenue sur cette question, lundi 15 août à New York, a donné lieu à un véritable tir de barrage de la part du gouvernement d’unité nationale basé à Tripoli.

Les autorités libyennes ont fait part de leurs « réserves » et de leurs « objections ». Tout en affirmant souhaiter qu’un Africain soit désigné, elles ont affirmé, en substance, que le diplomate sénégalais manquait d’expérience. « Nous pensons que nous méritons un représentant qui soit mieux sélectionné », a notamment déclaré Taher El Sonni, le représentant libyen.

Mission impossible ?

Le revers est sérieux pour le secrétaire général de l’ONU. « Il existe un processus par lequel les personnes sont nommées à la tête des missions de maintien de la paix ou des missions politiques qui sont mandatées par le Conseil de sécurité », a précisé son porte-parole, Stéphane Dujarric. « Nous trouverons un candidat qui soit acceptable pour toutes les parties », a-t-il encore ajouté.

L’exercice semble pour le moins compliqué. Depuis la crise qui a suivi la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, pas moins de sept représentants spéciaux se sont succédé. Le dernier à occuper ce poste a été le Slovaque Jan Kubis, qui a démissionné en novembre dernier. L’Américaine Stephanie Williams assure depuis l’interim, en tant que « conseillère spéciale » du secrétaire général des Nations unies.

Le choix d’un candidat qui recueille l’adhésion de l’ensemble des parties semble relever de la mission impossible. Il faut en effet qu’il convienne aux différents acteurs libyens, mais aussi à l’Union européenne, aux États-Unis, à l’Algérie, à l’Égypte et aux monarchies du Golfe…

Par Jeune Afrique

RDC-Rwanda : des experts de l’ONU confirment des attaques de l’armée rwandaise

août 4, 2022

Un rapport d’experts missionnés par les Nations unies, transmis au Conseil de sécurité, affirme que l’armée rwandaise est intervenue dans l’est de la RDC, directement et en soutien à des groupes armés, depuis novembre 2021.

Le président rwandais Paul Kagame et son homologue congolais Félix Tshisekedi. © Paul Kagame/Flickr

L’armée rwandaise a « lancé des interventions militaires contre des groupes armés congolais et des positions des Forces armées congolaises » depuis novembre 2021 et jusqu’en juin 2022, selon ce rapport transmis au Conseil de sécurité. Les experts indiquent que Kigali a également « fourni des renforts de troupes au M23 pour des opérations spécifiques, en particulier lorsque celles-ci visaient à s’emparer de villes et de zones stratégiques ». Les auteurs du rapport affirme avoir des preuves de l’implication directe du Rwanda « unilatéralement ou conjointement avec les combattants du M23 » dans l’est de la RDC.

Le M23, pour « Mouvement du 23 mars », ancienne rébellion à dominante tutsi vaincue en 2013, a repris les armes en fin d’année dernière pour demander l’application d’un accord signé avec Kinshasa. Depuis fin mars, la fréquence et l’intensité des combats ont augmenté drastiquement et le M23 s’est emparé de pans du territoire de Rutshuru, jusqu’à une dizaines de kilomètres au nord de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu.

« Pas de doute », pour Tshisekedi

Les autorités congolaises accusent Kigali de soutenir ces rebelles, tandis que le Rwanda n’a cessé de démentir son implication. « Il n’y a pas de doute, le Rwanda a soutenu le M23 pour venir agresser la RDC », avait notamment affirmé Félix Tshisekedi, début juin. Le président rwandais Paul Kagame dénonce pour sa part une coopération entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Dans un entretien accordé à Jeune Afrique en juin dernier, Vincent Biruta, le ministre rwandais des Affaires étrangères, avait notamment affirmé que ces accusations relevait « d’un agenda politique intérieur » à la RDC et considéré que « le Rwanda sert de bouc émissaire ».

Par Jeune Afrique (Avec AFP)