Posts Tagged ‘ONU’

Avion abattu: l’Iran dénonce à l’ONU une action américaine «provocatrice»

juin 20, 2019

 

L’Iran a dénoncé jeudi une action américaine « provocatrice » et « très dangereuse » contre son « intégrité territoriale », après la destruction par son armée d’un drone américain dans son « espace aérien », dans une lettre au chef de l’ONU et au Conseil de sécurité.

Dans cette missive, l’Iran, qui s’abstient de demander une réunion en urgence du Conseil de sécurité, souligne ne pas « chercher la guerre » et demande aux Nations unies d’intervenir pour que les Etats-Unis « mettent un terme à leurs actions illégales et déstabilisatrices » dans le Golfe.

Par Le Figaro.fr avec AFP

 

 

Environ quatre millions de Vénézuéliens ont fui leur pays, indique l’ONU

juin 7, 2019

 

Quelque quatre millions de Vénézuéliens ont fui leur pays en proie à une crise économique et humanitaire qui ne cesse de s’aggraver depuis la décision des Etats-Unis en janvier d’imposer des sanctions dans l’espoir de provoquer la chute du président Nicolas Maduro. La grande majorité des candidats au départ ont fui le Venezuela depuis la fin de 2015 et la crise institutionnelle provoquée par la victoire de l’opposition lors des élections législatives; seuls 700.000 étaient partis avant cette date.

«Le rythme des départs du Venezuela est vertigineux», estiment le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans un communiqué commun diffusé à Genève. Le précédent décompte effectué par l’ONU s’établissait à 3,7 millions de personnes et la nouvelle estimation vient confirmer l’urgence d’un soutien aux pays voisins du Venezuela.

La Colombie a accueilli environ 1,3 million de Vénézuéliens parmi lesquels des familles fuyant la pénurie alimentaire et sanitaire qui touche leur pays. Le Pérou, le Chili, l’Equateur, le Brésil et l’Argentine sont également concernés par cet exode, précisent les deux organisations humanitaires. Le président péruvien, Martin Vizcarra, a répété ce jeudi que son pays continuerait aussi longtemps que cela serait nécessaire à renvoyer chez eux les Vénézuéliens ayant été condamnés par la justice de leur pays pour des infractions pénales.

Environ 3,2 millions d’enfants vénézuéliens, soit un sur trois, ont besoin d’une assistance humanitaire, a par ailleurs fait savoir l’Unicef dans un communiqué vendredi. Le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans a doublé, passant de 14 pour 1000 en 2010/2011 à 31 pour 1000 en 2017, a précisé Christophe Boulierac, porte-parole de l’Unicef, citant des estimations de l’ONU.

Des cas présumés de diphtérie et de rougeole ont été recensés cette années au Venezuela, a ajouté Christophe Boulierac, rappelant que la rougeole se traduisait par un affaiblissement du système immunitaire. L’Unicef a fourni cette année 55 tonnes d’aide médicale, dont des kits d’obstétrique, des antibiotiques et des traitements contre la malaria, à 25 hôpitaux de Caracas et d’autres Etats du pays cette année.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

Soudan : l’ONU appelle les forces de sécurité à l’arrêt «immédiat» des attaques

juin 3, 2019

 

La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a appelé lundi les autorités soudanaises à «immédiatement» cesser ses «attaques», après qu’une violente dispersion de manifestations a fait au moins 13 morts.

Dans un communiqué, Michelle Bachelet a déploré «l’usage excessif de la force», notamment de tirs à «balles réelles», sur les manifestants. «J’exhorte les forces de sécurité à mettre fin immédiatement à ces attaques et à garantir à tous un accès sûr et sans entrave aux soins médicaux», a-t-elle poursuivi. «Les informations selon lesquelles des balles réelles ont été utilisées par les forces de sécurité à proximité d’installations médicales, et même à l’intérieur de celles-ci, sont extrêmement alarmantes», a-t-elle ajouté.

Le face-à-face entre les généraux au pouvoir au Soudan et le mouvement de contestation a pris une tournure sanglante lundi avec la dispersion du sit-in des manifestants à Khartoum, qui a fait au moins 13 morts selon un comité de médecins. Le Conseil militaire a pris le pouvoir après le renversement par l’armée du président Omar el-Béchir, à la faveur d’un soulèvement populaire inédit. Les manifestants réclament désormais le transfert du pouvoir aux civils.

Ces derniers jours, la tension était montée autour du sit-in, sur fond de suspension le 21 mai des négociations entre le mouvement de contestation et les généraux, faute d’accord sur la transition politique. «Le recours excessif à la force doit faire l’objet d’enquêtes rapides et indépendantes et les responsables doivent être traduits en justice», a demandé Michelle Bachelet. «Les violations des droits humains qui ont marqué l’histoire du Soudan et déclenché les protestations soutenues au cours des six derniers mois ne doivent plus être tolérées. C’est un vrai revers», a-t-elle relevé.

Michelle Bachelet a souligné que «ceux qui exercent leur droit à la liberté de réunion et d’expression pacifiques doivent être protégés et non ciblés ou détenus. C’est un principe fondamental du droit international des droits humains».

Le Conseil militaire de transition a quant à lui démenti toute «dispersion par la force» du sit-in : si une opération de sécurité a eu lieu, elle a visé un secteur «dangereux» proche de ce site emblématique faisant face au QG de l’armée et occupé depuis près de deux mois, a-t-il argué.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Trois millions de personnes ont fui le Venezuela depuis 2015

mai 21, 2019

 

Trois millions de personnes ont quitté le Venezuela depuis 2015, fuyant la grave crise économique et politique que traverse le pays, a indiqué ce mardi l’ONU, qui considère désormais que la majorité d’entre elles doit bénéficier du système de protection internationale des réfugiés. «Chaque jour, nous voyons en moyenne entre 3.000 et 5.000 personnes quitter le Venezuela», a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), Liz Throssel, lors d’un point de presse à Genève. «Il y a environ trois millions de personnes qui ont quitté le Venezuela depuis 2015», a-t-elle ajouté.

Le HCR estime qu’au total 3,7 millions de Vénézuéliens sont recensés à l’étranger, dont 700.000 avaient migré avant 2015. Selon le HCR, à la fin de l’année dernière, quelque 460.000 Vénézuéliens avaient fait une demande d’asile, la majorité dans les pays voisins d’Amérique latine. Mais environ 1,4 million de personnes ont reçu divers permis ou visas – comme des visas humanitaires ou des visas de travail – pour séjourner légalement dans ces pays d’accueil de la région. «Compte tenu de l’aggravation de la situation politique, économique, humanitaire et des droits humains au Venezuela (…) le HCR considère maintenant que la majorité de ceux qui fuient le pays ont besoin du système de protection internationale des réfugiés», a expliqué Mme Throssel.

«Cela est dû aux menaces qui pèsent sur leur vie, leur sécurité ou leur liberté en raison de circonstances qui perturbent gravement l’ordre public au Venezuela», a-t-elle souligné. Le HCR a joint à cet appel un document destiné à aider les personnes et autorités en charge de statuer sur les demandes de protection internationale présentées par des demandeurs d’asile vénézuéliens. «Le HCR demande également aux Etats de veiller à ce que les Vénézuéliens, quel que soit leur statut juridique, ne soient pas expulsés ou renvoyés de force au Venezuela», a souligné la porte-parole de l’agence spécialisée de l’ONU. L’exode des Vénézuéliens fuyant cette situation économique désastreuse est considéré par l’ONU comme le déplacement de personnes le plus massif de l’histoire récente de l’Amérique latine.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Aux Fidji, le patron de l’ONU reconnaît «l’autorité morale» du Pacifique sur le climat

mai 15, 2019

 

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a estimé mercredi que les Nations du Pacifique avaient «une autorité morale unique» pour demander des solutions face aux défis lancés par le réchauffement climatique parce que ces îles étaient parmi les plus menacées. Le diplomate a rappelé que les petites îles du Pacifique étaient en première ligne, à l’occasion d’une étape aux Fidji dans le cadre d’une tournée en Océanie.

«Ici dans le Pacifique, l’élévation du niveau de la mer dans certains pays est quatre fois plus forte que la moyenne mondiale et constitue une menace existentielle pour certains Etats insulaires», a dit M. Guterres. Il a relevé l’injustice qu’il y avait dans le fait que les îles du Pacifique soient parmi les plus touchées par le réchauffement climatique alors que leur part dans les émissions de gaz à effet de serre est minime et qu’elles se sont mobilisées très tôt pour les réduire. «Votre expérience souligne l’urgence de la menace», a poursuivi le secrétaire général des Nations unies. «Le Pacifique a une autorité morale unique pour s’exprimer. Il est temps que le monde écoute».

Antonio Guterres a entamé dimanche en Nouvelle-Zélande cette tournée en prévenant que la planète n’était pas en passe d’atteindre ses objectifs de limitation de la hausse des températures. La tournée qu’effectue le patron de l’ONU avant le sommet sur le climat prévu pour septembre à New York le conduira aussi à Tuvalu et au Vanuatu, menacés par la montée des eaux consécutive au changement climatique.

Les membres du Forum des îles du Pacifique ont salué cette visite destinée à «voir la réalité quotidienne du changement climatique». Ils ont en même temps adressé un message fort en vue du sommet de New York en faisant état d’une «catastrophe mondiale sans précédent pour notre planète bleue». «Les platitudes et les engagements réitérés ne peuvent être la substance de nos délibérations», ont-ils dit dans un communiqué. «Nous avons besoin de changements de grande ampleur et de dirigeants courageux pour les porter.»

Par Le Figaro.fr avec AFP

Cameroun: situation humanitaire «urgente», selon l’ONU

mai 13, 2019

 

Au Cameroun, « il y a urgence » à accroître l’aide humanitaire et à la financer, a déclaré lundi le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires Mark Lowcock, lors d’une réunion informelle inédite du Conseil de sécurité sur ce pays.

« Un Camerounais sur six a besoin d’aide humanitaire, de protection », soit 4,3 millions de personnes, notamment des enfants et des femmes, a-t-il dit lors de cette session organisée par les Etats-Unis en dépit de l’opposition de Yaoundé et des membres africains du Conseil.

« Huit régions sur les dix du pays sont touchées par la crise humanitaire », a-t-il ajouté.

Il s’agit de la première réunion du Conseil de sécurité sur ce dossier alors que les grandes puissances avaient privilégié jusqu’alors les pressions bilatérales sur le président Paul Biya pour inverser le cours des choses.

La crise a débuté en 2016 avec des revendications pour davantage de représentativité anglophone dans ce pays à majorité francophone, avec un retour au fédéralisme. Une minorité de contestataires réclamait l’indépendance et la proclamation d’un nouvel Etat, l’Ambazonie.

Face à l’intransigeance de Yaoundé et à la répression des manifestations pacifiques, le conflit s’est durci. Fin 2017, une partie des séparatistes a pris les armes et des combats les opposent depuis à l’armée.

Aujourd’hui, « 500.000 personnes sont des déplacés internes, la plupart restant cachées dans des forêts » et « plus de 600.000 enfants sont privés d’éducation » dans les régions anglophones du nord et du sud concernées, a précisé Mark Lowcock.

Face à la dégradation de la situation humanitaire, « nous avons besoin d’une riposte plus globale », notamment de financement international, a-t-il souligné. Les besoins sont de 300 millions de dollars mais seulement 38 millions ont été mis à disposition, a indiqué le responsable de l’ONU.

Selon le centre d’analyses géopolitiques International Crisis Group, en vingt mois le conflit a fait 1.850 morts.

Le Nigeria accueille 35.000 réfugiés, pour la plupart des femmes et des enfants, selon l’ONU.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Trump envisage de nommer la porte-parole de sa diplomatie ambassadrice à l’ONU

novembre 1, 2018

La porte-parole du département d’Etat américain Heather Nauert à Washington le 29 mai 2018. / © AFP / Mandel Ngan

Donald Trump a confirmé jeudi qu’il envisageait de nommer la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert, ex-journaliste de sa chaîne préférée Fox News, comme ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU.

Alors que plusieurs médias américains ont rapporté qu’il lui avait proposé ce poste et qu’une annonce serait imminente, le président américain a déclaré que sa nomination était « sérieusement envisagée ».

« Elle est excellente, elle est à nos côtés depuis longtemps, elle nous soutient depuis longtemps », a-t-il ajouté devant la presse.

Il a précisé qu’il prendrait « probablement » sa décision la semaine prochaine sur la personnalité appelée à succéder à Nikki Haley, l’actuelle ambassadrice aux Nations unies qui a annoncé début octobre sa démission à la surprise générale. Cette dernière doit rester en poste jusqu’à la fin de l’année et celui ou celle qui la remplacera devra voir sa nomination confirmée par le Sénat.

« Nous avons beaucoup de personnes qui veulent ce boulot, beaucoup de gens bien », a assuré Donald Trump, qui avait par le passé cité les noms de Dina Powell, ex-membre du Conseil de sécurité nationale, et de sa propre fille et conseillère Ivanka Trump — tout en reconnaissant qu’il serait « accusé de népotisme » s’il la nommait.

Diplômée en journalisme de la Columbia University, Heather Nauert, 48 ans, a fait ses armes à la télévision sur la chaîne ABC et surtout à Fox News avant d’être nommée porte-parole de la diplomatie américaine en avril 2017, sans avoir aucune expérience politique.

Romandie.com avec(©AFP / (01 novembre 2018 22h32)

États-Unis: Nikki Haley, ambassadrice américaine à l’ONU, démissionne

octobre 9, 2018

Washington – L’ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, Nikki Haley, qui a un rang de ministre au sein du gouvernement américain, a présenté sa démission à Donald Trump, ont rapporté mardi des médias américains.

« Le président Trump et l’ambassadrice Nikki Haley vont se rencontrer dans le Bureau ovale à 10H30 ce matin (14H30 GMT) », a simplement dit à la presse la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders.

Donald Trump a de son côté tweeté qu’il allait faire une « grosse annonce » avec son « amie » Nikki Haley.

L’ex-gouverneure de Caroline du Sud, l’un des membres les plus populaires de l’administration républicaine, s’est distinguée en portant une ligne dure notamment contre la Corée du Nord et l’Iran, les deux principaux dossiers de politique étrangère de ce gouvernement.

Après l’arrivée à la Maison Blanche du milliardaire, novice en relations internationales, elle avait occupé le devant de la scène diplomatique américaine, profitant de l’effacement médiatique du secrétaire d’Etat de l’époque, Rex Tillerson. Elle est apparue davantage en retrait depuis que le département d’Etat a été confié à Mike Pompeo, un responsable politique très proche de Donald Trump.

Romandie.com avec(©AFP / 09 octobre 2018 14h34)                                                        

Élections en RDC: les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU à Kinshasa

octobre 5, 2018

Kinshasa – Les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont rencontré la commission électorale vendredi à Kinshasa au premier jour d’une visite en République démocratique du Congo à « un moment crucial de son histoire » avant les élections prévues le 23 décembre.

Emmenés par la France, les 15 ambassadeurs ou représentants des pays-membres pourraient rencontrer d’ici la fin de leur visite dimanche le président Joseph Kabila, en plus des rendez-vous avec des candidats de l’opposition et des membres de la société civile.

« La RDC est à un moment crucial de son histoire », a déclaré à l’AFPTV l’ambassadeur de France aux Nations unies, François Delattre.

« D’un côté, il existe une première opportunité historique d’une transmission démocratique et pacifique du pouvoir. D’un autre côté, la RDC est confronté à des risques politques et sécuritaires », a-t-il ajouté.

« Notre objectif prioritaire aujourd’hui, c’est bien qu’il y ait des élections le 23 décembre, que ces élections soient crédibles, qu’elles soient transparentes, qu’elles se tiennent dans un climat apaisé », a-t-il poursuivi après la rencontre avec la commission électorale.

« Nous souhaitons, nous, membres du Conseil de sécurité, mettre tout notre poids dans la balance », a conclu M. Delattre.

« Le gouvernement a pris l’option de ne pas solliciter d’autres appuis financiers ni logistiques des partenaires », a rappelé le président de la commission électorale Corneille Nangaa.

Selon M. Nangaa, le Conseil de sécurité a rappelé que la Mission des Nations au Congo « est toujours prête en cas de besoin »: « Nous sommes ouverts et les discussions vont se poursuivre dans ce sens », a-t-il dit.

Le président Kabila a réclamé la semaine dernière devant l’Assemblée générale annuelle des Nations unies « le début effectif et substantiel du retrait » des Casques bleus présents depuis 1999 son pays, affirmant le caractère « irréversible » du scrutin présidentiel prévu le 23 décembre.

La délégation est emmenée par trois co-présidents (France, chargée de l’élaboration des résolutions sur la RDC, Guinée-Equatoriale, désignée par l’Afrique, et Bolivie, présidente en exercice) et cinq ambassadeurs (France, Koweit, Pologne, Pays-Bas, Suède), précise la Monusco.

Jusqu’à présent, la commission électorale a respecté quasi au jour près le calendrier électoral, et les partis d’opposition se cherchent un candidat unique sans parler de boycotter ces élections qui doivent organiser le départ du président Kabila après 18 ans de pouvoir.

Mais des polémiques récurrentes pèsent sur le processus électoral: refus de la « machine à voter » par l’opposition et contestation du fichier électoral.

Romandie.com avec(©AFP / 05 octobre 2018 20h01)                                                        

Burundi: Pierre Nkurunziza accusé d' »appels récurrents à la haine » par des experts de l’ONU

septembre 5, 2018

 

La police patrouille dans le quartier de Musaga à Bujumbura, au Burundi, tirant à balles réelles pour disperser les manifestants protestant contre la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, le mercredi 20 mai 2015. © Jerome Delay/AP/SIPA

Des enquêteurs de l’ONU ont averti mercredi 5 septembre que de graves violations des droits de l’homme, dont des crimes contre l’humanité, se poursuivent sans relâche au Burundi. Ils dénoncent des « appels récurrents à la haine » de la part du président Pierre Nkurunziza.

« Ce climat attentatoire aux droits de l’homme continue à être favorisé par des appels récurrents à la haine et à la violence de la part d’autorités, dont le chef de l’État, et de membres du CNDD-FDD (parti au pouvoir, NDLR), ainsi que par une impunité générale », a indiqué dans un rapport la Commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi, établie en 2016 par le Conseil des droits de l’homme.

Il y a un an, elle avait indiqué avoir « des motifs raisonnables de croire que plusieurs de ces violations, commises en majorité par des membres du service national de renseignement, de la police et de l’armée ainsi que des Imbonerakure (ligue des jeunes du parti au pouvoir, qualifiée par les Nations unies de « milice », NDLR), constituent des crimes contre l’humanité ».

La commission assure dans son rapport que ces violations, « dont certaines sont constitutives de crimes contre l’humanité », se sont poursuivies en 2017 et 2018, citant des exécutions sommaires, des disparitions forcées, des détentions arbitraires, des tortures et autres traitements cruels, et des violences sexuelles.

Disparitions forcées

« Certaines pratiques, comme celles consistant à faire disparaître les corps ou à opérer de nuit, tendent à les rendre moins visibles, mais elles n’en sont pas moins réelles », a expliqué le président de la commission, Doudou Diène, dans un communiqué. La commission affirme notamment avoir « des motifs raisonnables de croire » que Léopold Habarugira, un homme d’affaires et cadre de l’opposition, appréhendé le 12 septembre 2017 par des individus dont au moins un en tenue policière, a été victime de disparition forcée.

Le rapport dénonce aussi le renforcement du rôle joué par les Imbonerakure et s’inquiète du rétrécissement de l’espace démocratique au Burundi, ainsi que de l’appauvrissement croissant de la population.

« Persécutions, menaces et intimidations »

Selon Doudou Diène, « le référendum constitutionnel organisé en mai 2018 et la campagne pour les élections à venir en 2020 ont en particulier donné lieu à des persécutions, menaces et intimidations à l’encontre des personnes soupçonnées de s’opposer au gouvernement ou de ne pas partager la ligne du parti au pouvoir, que cela soit avéré ou non ».

La commission qui dénonce l’impunité au Burundi a élaboré une liste confidentielle d’auteurs présumés de crimes contre l’humanité, qui pourra être partagée par l’ONU avec tout organe ou juridiction compétente qui « mènera des enquêtes indépendantes et crédibles ».

« Au lieu de faire respecter les lois, (…) les institutions judiciaires servent à couvrir les crimes et violations des droits de l’homme commis par la police, le SNR et les Imbonerakure, en leur offrant l’impunité », a estimé Doudou Diène.

Le Burundi est en crise depuis que le président Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Sa réélection en juillet de la même année a déclenché une crise qui a fait au moins 1 200 morts et déplacé plus de 400 000 personnes. Ces violences ont poussé la Cour pénale internationale (CPI) a ouvrir une enquête.

Le président burundais a toutefois surpris les observateurs en assurant qu’il ne se présenterait pas à sa succession en 2020, alors que la nouvelle Constitution le lui permet. Mais la communauté internationale s’est depuis montrée prudente quant à cette annonce,  disant attendre des actes concrets.

Jeuneafrique.com avec AFP