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États-Unis: Washington réintègre le Conseil des droits de l’homme de l’ONU

février 8, 2021

Les États-Unis ont annoncé lundi leur intention de « s’impliquer » à nouveau dans le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, marquant la rupture avec une administration Trump qui en avait claqué la porte en 2018 en l’accusant d’hypocrisie, particulièrement à l’égard d’Israël.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une allocution sous le dôme du Conseil des droits de l'homme, à Genève, en février 2020.

© DENIS BALIBOUSE/Reuters Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d’une allocution sous le dôme du Conseil des droits de l’homme, à Genève, en février 2020.

«Le président a donné instruction au département d’État de s’impliquer immédiatement et avec force» dans le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, a déclaré dans un communiqué le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken.

«Pour être en mesure de s’attaquer aux insuffisances du Conseil et s’assurer qu’il remplit son mandat, les États-Unis doivent être présents à la table et faire usage de tout le poids de notre rôle de fer de lance en matière de diplomatie», a souligné M. Blinken, marquant ainsi la rupture avec une administration Trump qui avait choisi plus souvent qu’à son tour la politique de la chaise vide.

«Nous le faisons parce que nous savons que le moyen le plus efficace de réformer et d’améliorer le Conseil est de travailler avec lui sur le plan des principes», avait expliqué plus tôt le chargé d’affaires américain Mark Cassayre, dans un message préenregistré diffusé lors d’une réunion du Conseil par visioconférence.

«Quand il fonctionne comme il se doit, le Conseil des droits de l’homme met en exergue les pays qui ont le pire bilan en matière des droits de l’homme et il peut être un forum important pour ceux qui combattent l’injustice et la tyrannie», a encore souligné M. Blinken.

Les États-Unis vont donc recommencer à jouer leur rôle avec leur statut d’observateur «et auront l’opportunité dans ce rôle de s’adresser au Conseil, de participer à des négociations et de s’allier à d’autres pour introduire des résolutions», a précisé le chef de la diplomatie.

«Nous sommes totalement convaincus que quand les États-Unis s’impliquent de manière constructive dans les travaux du Conseil, avec nos alliés et nos amis, des changements positifs sont à portée de main», a-t-il ajouté.

Le Conseil des droits de l’homme, basé à Genève, est «chargé de renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme dans le monde» et il a aussi pour mission de faire face «à des situations de violations des droits de l’homme et de formuler des recommandations à leur sujet».

Le Conseil est composé de 47 États membres – dont certains sont régulièrement dénoncés pour leurs atteintes aux droits de l’homme – qui sont élus par l’Assemblée générale des Nations Unies.

L’administration Trump avait annoncé avec fracas en juin 2018, qu’elle quittait le Conseil.

«Nous prenons cette mesure parce que notre engagement ne nous permet pas de continuer à faire partie d’une organisation hypocrite et servant ses propres intérêts, qui fait des droits de l’homme un sujet de moquerie», avait accusé Nikki Haley, qui était alors ambassadrice à l’ONU à New York, flanquée du secrétaire d’État de l’époque Mike Pompeo.

Elle avait accusé le Conseil de protéger «les auteurs de violations des droits de l’homme» et de constituer «un cloaque de partis pris politiques».

Si les États-Unis avaient insisté sur le fait qu’ils resteraient un héraut des droits de l’homme dans le monde, cette décision avait montré un peu plus la défiance de Donald Trump envers les organismes multilatéraux.

Son mandat a aussi été marqué par la sortie des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, le départ amorcé de l’Organisation mondiale de la santé, ou encore sa stratégie de paralysie de l’Organisation mondiale du commerce.

La nouvelle administration du président Joe Biden avait dès son premier jour annoncé le retour des États-Unis dans les accords sur le climat et au sein de l’OMS.

Avec  CBC/Radio-Canada 

RDC : des soldats rwandais et burundais sont intervenus dans l’Est, selon l’ONU

janvier 5, 2021
Soldats rwandais se retirant du territoire congolais, ici à Goma, le 25 février 2009 (illustration).

Le dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU mentionne des opérations menées par les forces armées rwandaises et burundaises dans l’est de la RDC de la fin de 2019 à octobre 2020. Ce que Kigali et Gitega démentent.

Des contingents étrangers sont-ils intervenus dans l’est de la RDC à partir de la fin de l’année 2019 ? C’est en tout cas l’une des principales conclusions du dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la RDC.

Rendu public le 23 décembre 2020, ce document de plus de 200 pages souligne que, « de la fin de 2019 au début d’octobre 2020, des membres des Forces de défense rwandaises (RDF) étaient présents dans le Nord-Kivu ».

À l’en croire, « l’armée burundaise, aux côtés de membres des Imbonerakure, a également lancé des incursions dans le Sud-Kivu entre novembre 2019 et juillet 2020 ». Ces interventions auraient été menées « en violation du régime de sanctions » car elles n’ont pas été notifiées au comité onusien chargé de veiller à son respect.

Preuves à l’appui

Pour étayer ces accusations, les auteurs du rapport disent se fonder sur plusieurs éléments de preuve (documents, photographies, images aériennes, etc.) et assurent que la présence des RDF a été confirmée dans les territoires de Nyiragongo, de Rutshuru et de Masisi.

SOIXANTE MEMBRES DES RDF PORTANT 18 MITRAILLEUSES PKM ET QUATRE LANCE-ROQUETTES AURAIENT ÉTÉ OBSERVÉS SUR LE MONT RUGOMBA

Ils citent notamment une lettre de Célestin Mbala, le chef d’état-major des Forces armées congolaises (FARDC), adressée le 22 avril 2020 au Mécanisme conjoint de vérification élargi de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Le dernier exemple en date mentionné par le groupe d’experts remonte au 2 octobre dernier.

« Soixante membres des RDF portant 18 mitrailleuses PKM et quatre lance-roquettes » auraient ce jour-là été observés sur le mont Rugomba, dans le territoire de Rutshuru.

L’intervention supposée de l’armée rwandaise alimente suspicions et rumeurs depuis des mois. À de nombreuses reprises, des élus congolais ainsi que des membres de la société civile du Nord-Kivu ont alerté sur cette présence.

LA MORT DE PLUSIEURS CHEFS DE GROUPES ARMÉS HOSTILES À KIGALI INTERROGE

Le Kivu Security Tracker, un « baromètre sécuritaire » mis en place par Human Rights Watch et le Groupe d’étude sur le Congo, rattaché à l’Université de New York, a également affirmé à de multiples reprises au cours des derniers mois que des militaires rwandais se trouvaient aux côtés des FARDC lors de diverses opérations.

La mort de plusieurs chefs de groupes armés hostiles à Kigali, dont Sylvestre Mudacumura, chef militaire des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) tué en septembre 2019, et Juvénal Musabimana, alias Jean-Michel Africa, abattu en novembre 2019, avait amené à s’interroger sur l’étendue de la collaboration entre le Rwanda et la RDC.

Échanges de renseignements

Interrogé à ce sujet par le groupe d’experts, le gouvernement rwandais a nié, dans une lettre, la présence de troupes de son pays en chez son voisin et a réaffirmé que les RDF n’avaient mené aucune opération conjointe avec les FARDC.

Sollicités à de nombreuses reprises, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont systématiquement contesté l’existence de telles opérations, assurant qu’il s’agissait d’échanges de renseignements.

En avril dernier, lors d’une conférence de presse, Paul Kagame s’était félicité de ce que le gouvernement congolais collaborait avec les pays de la région pour « résoudre le problème des groupes armés, qui court depuis plusieurs décennies ».

LE GOUVERNEMENT CONGOLAIS A COMMENCÉ À AGIR SUR LA BASE DE NOS INFORMATIONS

« Nous donnons des informations à nos partenaires de la région, dont les Nations unies et le gouvernement congolais, lequel a commencé à agir sur la base de certaines d’entre elles, car il a pu les vérifier et voir par lui-même ce qui grandissait dans le Nord-Kivu », avait en substance expliqué le chef de l’État rwandais.

Lors de cette même conférence de presse, Paul Kagame avait également nié toute présence de l’armée rwandaise dans le Sud-Kivu, assurant néanmoins que les forces armées burundaises se trouvaient dans cette province pour traquer les Red-tabara, un groupe armé hostile à Gitega. Des incursions dans les territoires de Fizi et Uvira que le groupe d’experts de l’ONU confirme et que la lettre du chef d’état-major des FARDC mentionne aussi.

Sollicitées par les experts onusiens, les autorités burundaises ont assuré qu’elles « ne déployaient des troupes à l’étranger que dans le cadre des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine et des Nations unies ».

Les autorités congolaises, elles, n’ont pas répondu aux auteurs du rapport avant sa publication

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

L’ONU condamne une nouvelle exécution d’un mineur délinquant en Iran

décembre 31, 2020

L’ONU a vivement condamné jeudi 31 décembre l’exécution en Iran d’un homme pour un crime qu’il aurait commis alors qu’il avait 16 ans, la quatrième d’un mineur délinquant cette année dans ce pays, appelant Téhéran à cesser cette pratique.

Selon l’ONU, Mohammad Hassan Rezaiee a été exécuté tôt jeudi. D’après Amnesty International, il avait été arrêté en 2007 dans le cadre d’une affaire où un homme avait été tué à coups de couteau lors d’une rixe et il a passé plus de douze ans dans le quartier des condamnés à mort.

«L’exécution de mineurs délinquants est catégoriquement prohibée par les lois internationales et l’Iran a l’obligation de respecter cette interdiction», a déclaré une porte-parole du Bureau des droits de l’homme des Nations unies à Genève, Ravina Shamdasani. La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, «condamne vivement cette exécution», a-t-elle ajouté.

Ravina Shamdasani a ajouté que le Bureau des droits de l’homme de l’ONU était consterné que l’exécution ait eu lieu en dépit de ses efforts pour un dialogue avec Téhéran sur cette question. «Il existe des allégations extrêmement troublantes selon lesquelles il a été condamné sur la base d’aveux extorqués sous la torture», a-t-elle dit, ajoutant qu’il y avait également «de nombreuses autres inquiétudes au sujet des violations de son droit à un procès équitable».

La porte-parole a souligné que l’exécution de Rezaiee est la quatrième d’un mineur délinquant en 2020 et intervient après une série d’exécutions récentes en Iran.L’exécution par Téhéran le 12 décembre d’un journaliste et dissident basé en France, Ruhollah Zam, avait provoqué un tollé international, des gouvernements occidentaux accusant l’Iran de l’avoir kidnappé à l’étranger avant de le juger.

Ravina Shamdasani a souligné qu’au moins huit personnes avaient été exécutées dans différentes prisons iraniennes pour la seule période entre le 19 et le 26 décembre. Elle a ajouté que selon des informations non confirmées, huit autres personnes couraient le risque d’une «exécution imminente». Plusieurs personnes condamnées pour des crimes qu’elles auraient commis alors qu’elles étaient mineures sont dans le couloir de la mort, d’après elle.

«L’ONU a appelé à plusieurs reprises l’Iran à cesser d’exécuter des mineurs délinquants, mais nous pensons qu’au moins 80 d’entre eux sont dans le couloir de la mort», a-t-elle dit. Elle a souligné que Michelle Bachelet «a exhorté les autorités iraniennes à arrêter toutes les exécutions de mineurs délinquants et à reconsidérer immédiatement leur cas conformément aux lois internationales sur les droits de l’homme.»

Par Le Figaro avec AFP

Centrafrique : Bangui reprend le contrôle de Bambari, selon l’ONU

décembre 24, 2020
Deux ex-Séléka à Bambari, en mai 2014.e

Les Casques bleus et les forces centrafricaines ont repris mercredi Bambari, la quatrième ville du pays, aux rebelles qui s’en étaient emparés la veille, à cinq jours des élections présidentielle et législatives.

La ville avait été prise par les rebelles, avait confirmé à l’AFP le maire, Abel Matchipata. « Il n’y a pas eu de violence contre les habitants, mais ils ont pillé le commissariat, la gendarmerie et les maisons des particuliers », avait-il ajouté. Mais mercredi matin, le porte-parole de la force de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca), Abdoulaziz Fall, a affirmé que « la situation est sous contrôle à Bambari ». « Les civils commencent à revenir. Les groupes armés ont été repoussés dans la brousse », a-t-il précisé.

Des attaques ont repris depuis la semaine dernière, à quelques jours des élections présidentielles et législatives. Trois autres groupes armés qui ont formé une coalition s’en sont pris mardi à des axes routiers vitaux pour l’approvisionnement de la capitale.  La tenue des scrutins dimanche est un enjeu majeur pour l’ONU et le pouvoir du président sortant Faustin Archange Touadéra, grand favori, qui exclut tout report malgré les attaques des groupes armés.

Des éléments de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), un des nombreux groupes armés qui se partagent plus des deux tiers du pays et parmi ceux entrés en rébellion à l’approche des élections, avaient lancé une attaque mardi matin contre Bambari.

À Boali, une ville située à environ 60 kilomètres de Bangui sur la route nationale 1, l’axe vital qui relie la ville au Cameroun, la population prenait peur. Et femmes et enfants se réfugiaient à six kilomètres de la ville. Quelques heures plus tard, plusieurs pick-ups arrivaient à l’hôpital communautaire de Bangui avec leur plateau arrière rempli de blessés, ont rapporté des journalistes de l’AFP.

L’inquiétude gagne également la capitale. « Il y a eu des paniques de la population ce matin » à Bangui, a déclaré mercredi à l’AFP le général Driss Oukaddour, Commandant de la Joint task force de Bangui (JTFB) de la Minusca.

Mais il a aussi tenu à rassurer, à présent « Bangui est calme, nous maitrisons la situation », a-t-il affirmé.

Soutien russe et rwandais

Le gouvernement a accusé le 19 décembre de « tentative de coup d’État » l’ex-président François Bozizé, dont la candidature à la présidentielle a été invalidée en raison de sanctions de l’ONU.

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda a appelé mardi « toutes les parties, tous les groupes armés, les acteurs politiques et leurs partisans au calme au calme et à la retenue » avant les élections, sous peine de poursuites.

Le président Touadéra, qui a reçu des renforts militaires du Rwanda et de la Russie, a également exclu de négocier avec les rebelles. « Négocier comment, sous quelle forme ? Vous voyez bien qu’il y a des attaques, on n’a pas le temps de négocier, on ne sait pas avec qui négocier », a-t-il affirmé lundi soir.

« Pour aider Bangui à renforcer les capacités défensives de la Centrafrique, la Russie a répondu rapidement à la demande du gouvernement et envoyé 300 instructeurs supplémentaires pour la formation de l’armée nationale », a indiqué mardi le ministère russe des Affaires étrangères, après avoir assuré la veille qu’il ne s’agissait pas d’envoi de « troupes ».

Transparence

Après cette annonce, les États-Unis ont réclamé mercredi de la transparence et la fin des violences. « Notre position a toujours été que les pays qui apportent leur assistance, militaire ou autre, doivent le faire de manière transparente et coordonnée, afin que cette assistance vienne soutenir le désir de bonne gouvernance et de stabilité du peuple centrafricain », a déclaré un porte-parole du département d’État américain au sujet du rôle de Moscou. « Nous appelons toutes les parties à cesser les hostilités et à garantir que le peuple centrafricain puisse exercer son droit à participer à des élections pacifiques le 27 décembre », a-t-il ajouté.

Par Jeune Afrique avec AFP

Congo-ONU : François Louceny Fall reçu à Brazzaville

novembre 19, 2020

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, François Louceny Fall, a été reçu le 18 novembre par le président Denis Sassou N’Guesso. Les deux personnalités ont échangé sur un certain nombre de questions liées à la situation politique nationale et sous-régionale.

Denis Sassou N’Guesso et François Louceny Fall lors de l’audience

L’émissaire onusien a précisé à l’issue de l’audience que leur entrevue a porté sur « les entretiens que nous avons eus avec les différentes composantes politiques concernant la tenue de la prochaine élection présidentielle, surtout aussi des consultations politiques qui seront organisées à Madingou ».

Hormis la présidentielle de 2021, le peuple congolais est également tenu d’aller aux urnes en 2022 dans le cadre des élections législatives.

« Nous avons reçu du chef de l’Etat des informations utiles qui nous rassurent que les élections vont se dérouler de manière apaisée », a déclaré François Louceny Fall.

Il a salué l’élection du chef de l’Etat congolais à la présidence tournante de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). Le président Denis Sassou N’Guesso va ainsi succéder à son homologue gabonais Ali Bongo Ondimba, à l’issue du sommet des chefs d’Etat de la communauté, prévu le 27 novembre à Libreville.

« Nous nous félicitons d’avance de la présidence congolaise en la personne du président Denis Sassou N’Guesso, qui a déjà donné beaucoup pour les réformes de la CEEAC, aussi du rôle particulier qu’il joue dans la résolution des crises dans la région des grands lacs, mais aussi en Centrafrique et en Libye », a indiqué François Louceny fall.

Avec Adiac-Congo par La Rédaction

L’ONU lance une collecte de 565 millions de dollars pour le Liban

août 14, 2020

Les Nations unies ont lancé vendredi un appel de fonds d'un montant de 565 millions de dollars en faveur du Liban.

Les Nations unies ont lancé vendredi un appel de fonds d’un montant de 565 millions de dollars en faveur du Liban. ALKIS KONSTANTINIDIS / REUTERS

Les Nations unies ont lancé vendredi un appel de fonds d’un montant de 565 millions de dollars en faveur du Liban, dix jours après l’explosion meurtrière qui a dévasté la ville de Beyrouth. Cette aide sera notamment destinée aux efforts de reconstruction succédant à la phase de première urgence dans la capitale. Il s’agit de financer la remise en état des hôpitaux et des écoles et de fournir un toit aux sinistrés, sans abri depuis l’énorme détonation au port, où étaient stockées des tonnes de nitrate d’ammonium.

«La tâche de reconstruire la vie des habitants et permettre la guérison d’une telle dévastation ne fait que commencer», a estimé à l’ONU Najat Rochdi, une coordinatrice de l’aide humanitaire à destination du Liban. Elle a appelé la communauté internationale à ne pas lésiner en mettant la main au portefeuille, en ayant particulièrement à l’esprit «l’incroyable générosité des Libanais vis-à-vis des réfugiés syriens et palestiniens».

L’explosion du 4 août, illustrant la corruption et la mauvaise gestion de responsables politiques libanais, a fait plus de 171 morts et 6.500 blessés et déclenché une colère de la rue face à laquelle le gouvernement du Premier ministre Hassan Diab a dû présenter sa démission.

Par Le Figaro avec AFP

Liban : les participants se sont engagés sur une aide de 250 millions d’euros

août 9, 2020

 

L’aide d’urgence collectée dimanche au cours d’une visioconférence coorganisée par la France et l’ONU pour le Liban après l’explosion qui a dévasté Beyrouth s’élève à un peu plus de 250 millions d’euros, a annoncé l’Elysée.

Le montant total de «l’aide d’urgence engagée ou mobilisable à brève échéance» est de 252,7 millions d’euros, dont 30 millions d’euros de la part de la France, a précisé la présidence française.

Par Le Figaro avec AFP

Liban: «la situation devient rapidement incontrôlable», alerte l’ONU

juillet 10, 2020

 

La situation au Liban, en proie à la pire crise économique de son histoire, «devient rapidement hors de contrôle», a alerté vendredi la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU.

Certains des Libanais les plus vulnérables «risquent de mourir de faim en raison de cette crise», a déclaré Michelle Bachelet dans un communiqué, ajoutant: «nous devons agir immédiatement avant qu’il ne soit trop tard».

Michèle Bachelet a lancé un appel au gouvernement et aux partis politiques libanais pour qu’ils mettent en oeuvre des «réformes urgentes» et répondent «aux besoins essentiels de la population tels que la nourriture, l’électricité, la santé et l’éducation». «La crise économique, couplée à l’épidémie de Covid-19, a touché toute la société. Beaucoup ont perdu leur travail, ont vu leur épargne disparaître sous leurs yeux, et ont perdu leurs maisons», a-t-elle rappelé. «Et comme souvent dans ce genre de situation, ce sont les plus pauvres et les plus vulnérables qui souffrent le plus», a-t-elle souligné.

Pire crise économique de son histoire

Le petit pays du Proche-Orient vit la pire crise économique de son histoire, aggravée par la pandémie mondiale de Covid-19 et un contexte politique délicat exacerbé par les tensions entre le Hezbollah, un allié de l’Iran qui domine la vie politique libanaise, et les Etats-Unis.

Ces derniers mois, des dizaines de milliers de Libanais ont été licenciés ou ont subi des coupes salariales. La monnaie nationale est en chute libre, de même que le pouvoir d’achat. Et les épargnants n’ont pas libre accès à leur argent, les banques ayant imposé des restrictions draconiennes sur les retraits et les transferts à l’étranger à cause de la pénurie du dollar.

Les dirigeants libanais eux-mêmes sont accusés de profiter d’un système gangréné par le clientélisme et la corruption. Parmi les plus fragiles se trouvent quelque 1,7 million de réfugiés, en majorité syriens, et 250.000 travailleurs immigrés, qui ont perdu leur emploi et se retrouvent sans abri, a rappelé Mme Bachelet. «Il est important en cette période difficile de réévaluer la façon dont nous traitons les migrants», a-t-elle déclaré, appelant à la protection de tous «quelle que soit leur origine ou leur statut».

Par Le Figaro avec AFP

Crimes de guerre et possibles crimes contre l’humanité à Idlib, selon l’ONU

juillet 7, 2020

De nombreux crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité, ont été commis dans la province d’Idlib, dernier bastion insurgé dans le nord-ouest de la Syrie soumis à une offensive du régime fin 2019 et début 2020, selon un rapport publié mardi par l’ONU.

«Des enfants ont été bombardés à l’école, des parents ont été bombardés au marché, des patients ont été bombardés à l’hôpital, et des familles entières ont été bombardées alors qu’elles fuyaient», a résumé Paulo Pinheiro, le président de la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie. Son rapport porte sur la période du 1er novembre au 30 avril, et documente 52 attaques en se basant sur près de 300 entretiens et du matériel photographique et vidéo.

Le régime syrien de Bachar al-Assad, appuyé par son allié russe, a relancé en décembre 2019 son offensive contre Idlib, dernier bastion aux mains de groupes rebelles et djihadistes, avant qu’une trêve précaire parrainée par la Russie et la Turquie entre en vigueur début mars. L’offensive a fait un million de déplacés et plus de 500 morts civils, selon l’ONU.

14 écoles bombardées

«Lors de cette campagne militaire, les forces pro-gouvernementales et les groupes désignés par l’ONU comme terroristes ont violé de façon flagrante les lois de la guerre et les droits des civils syriens», selon Paulo Pinheiro, cité dans le rapport. Selon la Commission Pinheiro, entre le 1er novembre et le 30 avril, 17 installations médicales, 14 écoles, 9 marchés et 12 maisons ont été bombardés, dans l’écrasante majorité des cas par les forces pro-gouvernementales et leur allié russe.

Certains de ces «bombardements indiscriminés», notamment sur Maaret al-Noomane dans la province d’Idleb et à Atarib (ouest d’Alep) en décembre et février «pourrait être constitutifs de crime contre l’humanité» selon le rapport. La Commission Pinheiro se penche aussi sur les exactions du principal groupe djihadiste dans la région, Hayat Tahrir al-Sham (HTS), accusé de «pillages, détention, torture et exécution de civils, y compris des journalistes».

HTS a également «bombardé de façon indiscriminée des zones densément peuplées, semant la terreur parmi les civils vivant dans les zones sous contrôle gouvernemental», selon le rapport. «Les femmes, hommes et enfants que nous avons interviewés avaient le choix entre être bombardés ou fuir plus avant dans les zones contrôlées par HTS où les droits de l’homme sont violés et où l’assistance humanitaire est très limitée», selon l’enquêtrice Karen Koning AbuZayd.

Par Le Figaro avec AF

Mariam, 15 ans, au Conseil de sécurité de l’ONU: «Prenez des décisions»

juin 23, 2020

Une jeune Malienne de 15 ans, Mariam, a demandé mardi au Conseil de sécurité de l’ONU d’agir pour protéger les enfants dans les zones de conflit afin qu’ils ne subissent pas des conséquences «énormes». «Prenez des décisions, agissez pour éviter que d’autres enfants ne se retrouvent dans la même situation que Mohamed», a-t-elle dit lors d’une visioconférence du Conseil, en détaillant l’histoire de ce dernier.

Natif de la région de Mopti dans le centre du Mali, Mohamed est devenu orphelin après le meurtre de ses parents et a été recruté de force par un groupe armé alors qu’il avait dix ans, avant d’être obligé d’assister au massacre d’une famille et de décider de fuir après ce nouveau traumatisme. «Les conséquences que les guerres et les conflits ont sur les enfants sont énormes», les faisant devenir violents, voleurs, alcooliques ou drogués, a insisté Mariam, à la voix forte et claire. Le témoignage d’enfants et d’adolescents est plutôt rare au Conseil de sécurité, présidé en juin par la France.

«Que faites-vous pour que (les) enfants enlevés soient retrouvés et rejoignent leurs familles?», a aussi demandé la jeune Malienne, en évoquant les viols dont sont victimes filles et garçons. «Il y a un besoin urgent de justice afin d’éviter que les victimes grandissent en voulant se faire justice elles-mêmes», a précisé Mariam, membre du Parlement des enfants au Mali et qui aspire à devenir avocate pour mieux lutter en faveur des droits des enfants.

La réunion du Conseil de sécurité a été l’occasion de discuter du dernier rapport controversé du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, sur les enfants dans les conflits. Sa décision de retirer la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ainsi que la Birmanie d’une liste noire de pays et groupes participant aux exactions sur des enfants est vivement critiquée par plusieurs dizaines d’ONG qui lui ont demandé lundi de revenir sur sa position.

Par Le Figaro avec AFP