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Maroc : le maintien de la fermeture des frontières inquiète les opérateurs du tourisme

décembre 10, 2021
Les liaisons aériennes avec le Maroc ne devraient pas reprendre avant janvier 2022. © Laurent GRANDGUILLOT/REA

Après la décision du Royaume de prolonger la suspension des liaisons aériennes, le secteur touristique, touché de plein fouet par la crise, désespère de voir le bout du tunnel.

À l’issue du conseil de gouvernement qui s’est tenu le 9 décembre, le Maroc a annoncé la prorogation de la fermeture des frontières, entrée en vigueur le 29 novembre et prévue initialement jusqu’au 12 décembre. « Tous les vols vers et depuis le Maroc sont donc suspendus du 9 décembre jusqu’au 31 décembre minimum », a précisé la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).

Cette décision intervient au lendemain d’une série de manifestations, les 7 et 8 décembre, devant les ministères du Tourisme et du Transport, à l’initiative de la Fédération nationale du transport touristique (FNTT).

Depuis plusieurs mois, les professionnels du tourisme réclamaient des mesures d’ampleur pour faire face à la crise liée au Covid-19. Un communiqué de la FNTT faisait état d’une « incapacité du gouvernement à prendre des mesures pour sortir le secteur du transport touristique de la crise », ainsi que d’une « absence de réponse aux demandes de la fédération d’ouvrir la porte au dialogue pour étudier la crise et les solutions possibles ».

Pourtant, avant la pandémie, le tourisme avait le vent en poupe. En 2019, le nombre d’entrées sur le territoire avait crû de 5,2 %, mais la crise du coronavirus est venue bousculer un secteur en pleine expansion. Pour la seule année 2021, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a évalué les pertes à 2 000 milliards de dollars à l’échelle planétaire.

En avril 2020, Abdellatif Kabbaj, le patron de la Confédération nationale du tourisme (CNT), déclarait à JA : « L’année 2020 étant compromise, il faut commencer à préparer la saison 2021 avec de gros moyens aussi bien étatiques que privés. »

LA FERMETURE DES FRONTIÈRES A PERTURBÉ LA STRATÉGIE DES ACTEURS TOURISTIQUES, QUI PENSAIENT VOIR ENFIN LE BOUT DU TUNNEL.

C’était compter sans l’arrivée de la cinquième vague de Covid-19 et l’émergence du variant Omicron, le Maroc ayant décidé, le 25 novembre, de suspendre ses vols avec la France, avant de fermer totalement ses frontières aériennes et maritimes pour une durée de deux semaines.

Alors que le Royaume avait mis en place un plan pour maintenir son attractivité, cette annonce est venue perturber la stratégie des acteurs touristiques, qui pensaient voir enfin le bout du tunnel.

Sonnette d’alarme

Dans une lettre datée du 29 novembre adressée au chef du gouvernement Aziz Akhannouch, le président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH), Lahcen Zelmat, tire la sonnette d’alarme : « En l’absence de mesures d’accompagnement urgentes et spécifiques, nous craignons une difficulté grandissante à envisager l’avenir de notre industrie, et in fine, une implosion du tissu socio-économique de notre pays. Toutes les réservations ont été annulées et la plupart des hôtels devront fermer, sachant que la moitié d’entre eux le sont depuis le début de la pandémie [en mars 2020]. »

Même son de cloche du côté de la Fédération nationale des agences de voyage du Maroc (FNAVM). « Quelque 80 % des agences de voyages sont déjà à l’arrêt et les récentes décisions vont aggraver notre situation », a regretté son président, Mohamed Semlali.

En 2019, le tourisme représentait 11 % du PIB et 5 % des emplois. Sur les 13 millions de touristes venus visiter le pays l’année précédant l’apparition du coronavirus, plus de 30 % étaient français, suivis par les Espagnols et les Anglais. Les recettes se chiffraient alors à 80 milliards de dirhams (7,5 milliards d’euros), contre 28 milliards seulement au début de 2021, soit une baisse de 65 % sur l’année 2020.

L’optimisme était revenu après les chiffres encourageants du troisième trimestre de 2021 – 15,9 milliards de dirhams (1,5 milliard d’euros) de recettes –, même si ce montant reste inférieur de 40 % à ce que réalise en temps normal le Maroc sur cette période.

Des mesures jugées insuffisantes

Lors de la présentation de son budget devant la commission des secteurs productifs – réalisée avant la nouvelle fermeture des frontières –, la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, avait annoncé une augmentation de 8 % du budget de son ministère, passé de 626,59 millions  à 679,8 millions de dirhams.

Une mesure louable mais insuffisante au regard de la baisse du nombre de touristes. Ainsi, au cours de l’été 2020, ce sont 165 000 visiteurs qui ont été comptabilisés par le ministère de l’Économie, contre… 2 millions l’année précédente.

CONTRAIREMENT À L’ANNÉE DERNIÈRE, OÙ NOUS POUVIONS FAIRE DES ESTIMATIONS POUR 2021, NOUS NE SOMMES PAS EN MESURE D’IMAGINER DES SCÉNARIOS POUR L’ANNÉE QUI ARRIVE »

Pour faire face à la crise, Fatim-Zahra Ammor a récemment annoncé le retour de l’aide mensuelle de 2 000 dirhams, déjà mise en place au début de la crise sanitaire pour accompagner les salariés des entreprises en difficulté.

« Contrairement à l’année dernière, où nous pouvions faire des estimations pour 2021, nous ne sommes pas en mesure d’imaginer des scénarios pour l’année qui arrive », a déclaré, le 7 décembre, Wissal El Gharbaoui, secrétaire générale de la Confédération nationale du tourisme (CNT), sur le plateau de Medi1 TV. « La subvention ne sert qu’à rester debout le temps d’y voir un peu plus clair. Or, à l’heure actuelle, nous n’avons aucune visibilité », abonde Saïd Tahiri, spécialiste du secteur, lui aussi présent sur le plateau.

« Plan Marshall »

À l’unisson, ils ont réclamé un « plan Marshall » pour sauver le secteur et dénoncé une « absence totale de visibilité », rappelant, à titre d’exemple, que l’économie d’une ville comme Marrakech repose entièrement sur le tourisme. Afin d’atténuer l’impact négatif que cette décision devrait avoir sur les opérateurs touristiques, qui seront privés des recettes de la période des fêtes de fin d’année, le porte-parole du gouvernement Mustapha Baitas a annoncé l’adoption d’un projet de décret qui vise à étendre l’indemnisation des professionnels du tourisme affiliés à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale jusqu’au 31 décembre.

Avec Jeune Afrique Soufiane Khabbachi

Jean-Louis Billon: L’Afrique noire veut un redémarrage !

juillet 17, 2011

Monsieur le Premier Ministre de la République Française,
Monsieur le Premier Ministre de la République de Côte d’Ivoire
Messieurs les Ministres,
Messieurs les sénateurs,
Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Honorables et distingués invités,
Mesdames, Messieurs,

La Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire, en sa qualité d’organisateur de cet évènement, a le privilège d’ouvrir cette cérémonie d’accueil à travers la traditionnelle allocution de bienvenue.

Permettez-moi donc de m’acquitter de cet agréable devoir et de vous souhaiter, au nom de l’ensemble des acteurs économiques et des Membres Elus de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire, la cordiale « Akwaba » en terre ivoirienne. Bienvenue !

Messieurs les premiers Ministres, honorables invités,

Je serai sans doute un peu long, mais, vu l’occasion qui m’est donnée ce jour, il aurait été dommage de se priver de la parole ! En effet, c’est la première visite d’un Premier Ministre Français sur le sol ivoirien depuis de longues années et la première dans l’enceinte de notre institution, exceptionnellement reconstituée ce jour dans cet immeuble (la place manquait à notre siège), et cela mérite d’être souligné.

Croyez bien, Monsieur le Premier Ministre, que c’est un honneur pour notre Institution d’accueillir aujourd’hui une aussi prestigieuse délégation. Sachez également qu’il s’agit pour moi, pour l’ensemble des Elus de l’Institution et tous les agents permanents de la CCI-CI, d’une visite aussi marquante que celle effectuée par la Mission Parlementaire d’Information Franco-Européenne le 11 avril 1957, alors qu’à l’aube de l’indépendance, les membres de l’institution consulaire, précurseurs de l’Eurafrique, tentaient de faire intégrer l’Association des pays et territoires d’outre-mer au marché commun.

Aujourd’hui, nous sortons à peine de la pire crise jamais vécue en Côte d’Ivoire, qui a fortement ébranlé les fondements de son économie, l’état lui-même, mais aussi les opérateurs français, dont certains sont à nos côtés depuis plus de 40 ans. Ces opérateurs ont subi des dommages significatifs, parfois au dépend de leur vie !

La Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Côte d’Ivoire a enregistré 180 millions d’euros de pertes pour les seules entreprises françaises touchées par la crise postélectorale. Ces entreprises paient donc à elle seules un lourd tribut alors que déjà, en novembre 2004, d’autres évènements, des émeutes programmées, organisées contre la communauté française nous avaient laissés dans un profond malaise. Nous avons encore en mémoire les pertes des entreprises françaises qui ont été, au sein de la communauté d’affaires, parmi les plus sinistrées. Ces comportements ne reflétaient en rien la véritable image de la Côte d’Ivoire, habituellement terre d’amitié et d’hospitalité.

Le rôle de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Côte d’Ivoire vis-à-vis de ses adhérents depuis bientôt une vingtaine d’années, et ce n’est pas parce que leur premier représentant est là que je le souligne ; ce rôle, disais-je, est important puisque les entreprises françaises représentent le ¼ des investissements en Côte d’Ivoire mais comptent pour 50 % des recettes fiscales. Ce sont donc les plus formelles, le type d’entreprises sur lesquelles on peut véritablement baser un développement ; celles sur lesquelles beaucoup devraient s’inspirer !

La récente crise en Côte d’Ivoire a connu son dénouement en avril dernier. Contribuant à la conclusion du conflit, d’importants moyens humains, matériels et financiers, la France doit être remerciée par nous tous, ici-présents. (temps d’arrêt). Mais…imaginez si ces mêmes efforts, cette même contribution, servait non pas à l’effort militaire, mais plutôt à la reconstruction et au développement. Imaginez ce que pourraient représenter pour notre économie, pour notre pays, autant de ressources utilisées dans le développement, seul garant d’une paix durable ?

Aujourd’hui, une page se tourne et nous voici au seuil d’une aube nouvelle, où le secteur privé ivoirien, conscient de sa valeur et ses capacités, veut recréer un climat de confiance, jeter les bases d’une coopération nouvelle et enrichissante pour tous.

Messieurs les premiers Ministres, honorables invités,

L’importance de la présence des opérateurs français et du MEDEF dans cette salle, aux cotés du Patronat ivoirien démontre que malgré les difficultés socio-politiques et même diplomatiques auxquels nos pays ont été confrontés, et qui ont conduit ces 10 dernières années à une réduction de l’engagement des entreprises françaises en Côte d’Ivoire, la France n’a jamais cessé d’être le partenaire commercial privilégié de la Côte d’Ivoire. Votre présence démontre également combien nous avions raison lorsqu’en 2008 nous déclarions que le continent africain, serait le théâtre des futurs enjeux économiques mondiaux et la Côte d’Ivoire en serait l’une des clés de voute. Vous nous confortez aujourd’hui dans l’idée que notre potentiel économique, malgré la guerre, est resté important et que l’intérêt de la France pour notre pays demeure considérable.

Notre continent représente aujourd’hui une véritable opportunité pour le monde industriel, pour l’Europe dont l’économie est la plus puissante du monde avec la deuxième monnaie internationale la plus importante, et singulièrement pour la France dont il n’est plus nécessaire de rappeler les liens historiques qui nous rassemblent sur bien des sujets.

Lorsque je dis que le secteur privé ivoirien souhaite désormais un nouveau mode de partenariat, ce n’est pas seulement pour des motifs économiques, c’est aussi parce qu’aujourd’hui le monde répond plus à une logique de coopération qu’à une logique d’affrontement. La Côte d’Ivoire comprend bien qu’elle ne peut et ne pourra se développer toute seule. Nous, les acteurs économiques, devrons avec pragmatisme nous adapter à un monde interdépendant en perpétuelle évolution pour contribuer à son développement.

Cette logique de coopération, nous en avons besoin puisque les enjeux, les défis auxquels nous aurons à faire face dans le futur sont bien plus complexes que ceux que nos parents rencontraient au moment des indépendances. Il s’agit en effet aujourd’hui de faire face aux mêmes défis de développement, car 50 ans après les indépendances, nous restons des pays sous-développés, tout en assurant un niveau de vie enfin acceptable pour nos populations et en gérant les problématiques modernes que sont la question de l’eau, la gestion et la préservation de notre environnement et du développement durable, la gestion de nos ressources naturelles, la lutte contre la pauvreté, l’augmentation de la population, l’assurance de notre approvisionnement en énergie tout en nous dotant dès à présent d’énergies renouvelables, mais aussi les menaces sécuritaires avec le terrorisme international, les narcotraficants et les cybercriminels.

Mal partie il ya quelques décennies, l’Afrique Noire veut un redémarrage ! Mais nous sommes fragiles, et avouons-le, nous n’avons pas les moyens de lutter contre ces fléaux en même temps que nous voulons faire face à tous ces défis ! Le monde industrialisé, l’Europe, et notamment la France, ont donc tout intérêt à nous accompagner dans les défis de développement, aptes à nous assurer la paix non seulement en Côte d’Ivoire mais également dans la sous-région, voire sur tout le continent africain. Relever ensemble ces défis assurerait bien sûr la croissance, l’emploi et le développement, mais également la croissance de l’Europe en général et de la France en particulier, puisque nous faisons partie du même espace économique francophone.

Tout est réuni aujourd’hui pour que l’on se retrouve pour relever ces défis ensemble. L’Europe affiche sa maturité, l’Afrique est riche de sa jeunesse. La croissance européenne est moins dynamique tandis que le besoin de croissance en Afrique n’est même pas quantifiable. Ce continent en construction ne peut que connaître une croissance durable pour les décennies à venir.

Monsieur le Premier Ministre Français,

Accompagnez-nous dans cette formidable aventure qu’est le développement pour fixer notre jeunesse, ici, en Côte d’Ivoire. Nous avons un destin commun au niveau de la francophonie et je crois profondément à la francophonie économique ; c’est un atout pour nos pays, dont la France aurait tout intérêt à prendre le leadership et entraîner dans son sillage tous les états au sud de la Méditerranée et œuvrer à un développement plus harmonieux sur le plan économique, social et politique ; en clair à une véritable démocratie dans des états de droit. Ne laissez pas les états africains, et notamment la Côte d’Ivoire, se détourner vers d’autres destinations simplement parce que vous avez une politique en inadéquation avec les enjeux économiques que nous avons pourtant en commun !

Si je vous parle de ces difficultés, c’est pour mieux aborder les relations qui doivent maintenant nous régir et qui justifient le forum de ce jour, dont les deux questions essentielles concernent le partenariat renouvelé entre NOS entreprises et les moyens d’avoir une croissance à deux chiffres. Il est évident que cette rencontre, contrairement à ce qu’en pensent certains, n’est pas celle de l’ancien colonisateur qui viendrait à nouveau asservir de « pauvres ivoiriens ». Non, il s’agit de partenaires qui viennent échanger avec des opérateurs ivoiriens responsables et dans une démarche proactive. Il s’agit d’investisseurs potentiels, de véritables partenaires d’affaires, qui nous rencontrent dans le cadre d’une relation décomplexée, franche, transparente, pour accompagner notre pays, notre économie et nos opérateurs, dans une démarche visant à améliorer le niveau de vie et créer des emplois, en encourageant à plus de démocratie, de transparence, de bonne gouvernance, et de ce fait, au développement et à la création de richesse.

Le monde économique ivoirien ne peut se soustraire à la mondialisation et doit se persuader qu’il est apte à « compétir » partout où il pense avoir des marchés. Si la France et ses acteurs économiques peuvent nous permettre d’élargir nos activités et d’en tirer des avantages, dans le cadre de partenariat gagnant/gagnant ; ce ne sera que positif et nous sommes preneurs !

Il fût un temps, de mémoire de tous, où ce partenariat gagnant/gagnant entre la France et la Côte d’Ivoire nous avait par des efforts conjugués conduits au bout de 25 ans à ce que l’on avait appelé au début des années 80 le miracle ivoirien. Ce miracle économique ivoirien, nous l’avions construit ensemble. Nous n’avions pas de pétrole, mais ensemble nous avions des idées ! La Côte d’Ivoire, très tôt, était le pays d’Afrique le plus avancé économiquement. Certains l’ont trop vite oublié. Nous avions atteint des standards de développement bien supérieur à ce que nous avons aujourd’hui et ce que connaissent bien des pays africains latino américains et même asiatique qui aujourd’hui sont des champions. Rappelons-nous que nous avions des usines de montage automobiles, des armements de navires à équipages entièrement ivoiriens, des usines de montage en électronique, un chemin de fer moderne pour l’époque, avec de splendides gares ferroviaires. Nous « compétissions » au niveau mondial dans de nombreux domaines agro-industriels et notamment contre les Etats-Unis notamment dans l’ananas, quand nous étions deuxième derrière Hawaï.

Nous avions un système éducatif du primaire au supérieur également aux standards mondiaux. Et tous les ivoiriens qui partaient parfaire leur éducation à l’étranger, et essentiellement en France, revenaient se mettre au service de leur pays car un empli les y attendait. A cette époque-là, le Premier Ministre de Singapour disait au Président Félix Houphouët Boigny « je rêve que Singapour un jour ressemble à Abidjan ! ». Voilà où nous étions, et pour diverses raisons qu’il n’est pas utile de débattre ici aujourd’hui, nous avons fait machine arrière alors que nous étions en droit d’attendre le basculement de notre pays à un niveau supérieur. Ensemble, nous devons rêver à nouveau et être capables de réaliser un autre miracle ivoirien pour le plus grand bien de tous.

Monsieur le Premier Ministre Français,

Nous ne sommes pas différents de vous.
Notre jeunesse n’est pas différente des autres jeunesses du monde.
Notre peuple n’est pas différent des autres peuples.

Nous aspirons à plus de démocratie, nous aspirons à plus de liberté, nous aspirons à plus d’équité, nous aspirons à plus de développement. Nous ne voulons plus que notre jeunesse s’aventure dans des embarcations de fortune, pour l’Europe ou ailleurs, à la recherche de réponses à ses préoccupations quotidiennes ! C’est ici, et maintenant, que nous devons lui apporter des solutions.

Nous comptons sur les échanges de ce matin pour entamer une nouvelle coopération avec les investisseurs français, mais aussi pour entamer un travail de communication de grande ampleur qui doit à terme nous permettre de nous extraire de ces représentations caricaturales du continent. Nous sommes créatifs, nous avons des élites, nous avons une jeunesse forte et disponible, nous avons des richesses et nous voulons nous développer sans compromis ni atteinte au droit des peuples.

Notre niveau d’organisation économique ne peut pas vous échapper et notre capacité de mobilisation pour combiner nos efforts pour la reconstruction non plus. Il importe maintenant de défendre nos intérêts communs, sans complexe et en toute fraternité. Votre présence et votre engagement aujourd’hui à nos côtés est pour nous la preuve que nous nous sommes compris.

Avant de clore mon adresse, je tenais à exprimer au nom de tous les Elus de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire et du secteur privé en général toute ma gratitude et toute ma reconnaissance pour la confiance accordée à notre Institution dans l’organisation de cette rencontre. Merci aux équipes de l’Ambassade de France d, de la CGECI et de la Chambre de Commerce Française qui nous ont épaulés depuis le début.

Je voudrais également saluer la présence du Premier Ministre SORO Kigbafori Guillaume, dont les services n’ont ménagé aucun effort pour permettre la réussite de ce forum. La volonté affichée du Gouvernement d’apporter rapidement des solutions aux préoccupations de l’entreprise est appréciée à sa juste valeur.

Je me réjouis également de ce que les acteurs des pouvoirs publics nationaux sont bel et bien présents. C’est pour le monde économique une occasion formelle de mieux leur faire appréhender ses attentes et d’étudier ensemble les mécanismes favorables à un développement du secteur privé, sous-tendu par la mise en place d’une véritable volonté de gouvernance économique.

Je ne saurai terminer cette allocution sans saluer les personnalités qui ont accepté de rehausser de leur présence ces « retrouvailles économiques» qui ont concouru à sa réussite.

Je vais m’arrêter maintenant, Monsieur Fillon car des indiscrétions nous ont fait part que vous arrivez avec d’excellentes nouvelles pour notre pays et nous avons hâte de vous entendre !

Je vous remercie.

Jean-Louis Billon