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La production mondiale d’opium et cocaïne a explosé (rapport ONU)

juin 26, 2018

Un Afghan récolte la sève de pavot en avril 2018 près de Mazar-i-Sharifnn / © AFP / FARSHAD USYAN

La production mondiale de cocaïne, essentiellement en provenance de Colombie, et d’opium, principalement issu d’Afghanistan, a explosé pour atteindre son plus haut niveau historique en 2016-2017, s’alarme l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans son rapport annuel publié mardi.

L’agence onusienne s’inquiète aussi de voir les médicaments antidouleurs à base d’opiacés, détournés à usage de drogue, devenir « une menace majeure pour la santé publique mondiale », en Amérique du nord mais aussi en Afrique.

– Production record d’opium et de cocaïne –

La production mondiale d’opium a bondi de 65% de 2016 à 2017, à 10.500 tonnes, chiffre « le plus élevé » depuis les premières estimations de l’ONUDC au début des années 2000. L’Afghanistan se taille la part du lion avec une production de 9.000 tonnes, soit 87% de plus qu’en 2016.

Les surfaces de culture de pavot à opium ont progressé de 37% au niveau mondial entre 2016 et 2017, atteignant 420.000 hectares, dont plus des trois quarts se trouvent en Afghanistan où cette manne contribue à financer l’insurrection qui déstabilise le pays.

Un Afghan récolte la sève de pavot dans la province de Nangarhar en avril 2018n / © AFP / NOORULLAH SHIRZADA

En Afghanistan, cette évolution est à mettre sur le compte de l’instabilité politique, du manque de contrôle par les autorités, du manque de perspectives en termes d’emploi et d’éducation, et des hausses du rendement agricole, selon ce rapport de l’agence onusienne qui a son siège à Vienne.

La fabrication mondiale de cocaïne en 2016 « a atteint son niveau le plus élevé »: 1.410 tonnes, soit 25% de plus qu’en 2015. En Colombie, premier producteur mondial, la hausse de production a été de plus d’un tiers entre 2015 et 2016, à 866 tonnes.

La culture de feuille de coca, ingrédient de base de la cocaïne, couvre 213.000 hectares au niveau mondial dont 69% se trouvent en Colombie. Il s’agit d' »un défi à la mise en oeuvre de l’accord de paix » avec l’ex-guérilla des Farc, impliquée dans le trafic de drogue, souligne l’ONUDC.

Conséquences: une hausse, déjà perceptible, de l’offre sur les marchés traditionnels de consommation en Amérique du Nord et en Europe occidentale ainsi que la création prévisible de nouveaux marchés ciblant notamment « la classe moyenne en expansion des grandes économies d’Asie ».

Un homme récolte les feuilles de coca en septembre 2017 dans le département de Guaviare, en Colombien / © AFP/Archives / Raul Arboleda

– Crise des opiacés en Amérique, menace sur l’Afrique –

Les médicaments antidouleurs à base d’opiacés, détournés à usage de drogue, sont désormais « une menace majeure pour la santé publique mondiale », avertit l’ONUDC. L’ensemble des opiacés représentent 76% des décès liés à la consommation de stupéfiants.

Née d’une surprescription médicale de ces molécules, la crise des opiacés qui ravage les Etats-Unis depuis quelques années ne montre pas de signe d’apaisement. En 2016, 63.632 personnes sont décédées d’une surdose de drogue aux États-Unis, un record et une augmentation de 21% par rapport à l’année précédente.

Les dégâts de ces « drogues sur ordonnance » ont également contribué à la diminution de l’espérance de vie enregistrée aux Etats-Unis en 2015 et 2016, une première. L’Europe reste pour l’instant globalement épargnée par ce phénomène.

De la pate de coca en septembre 2017 dans une ferme clandestine du département de Guaviare, en Colombien / © AFP/Archives / Raul Arboleda

Alors que le fentanyl, un opioïde synthétique 50 fois plus puissant que l’héroïne, constitue le principal opiacé sur ordonnance des marchés américain et canadien, l’ONUDC s’inquiète de « l’expansion rapide » en Afrique de la consommation et du trafic de tramadol, un puissant antalgique.

Si le tramadol est encore essentiellement perçu comme une molécule aux usages récréatifs prisée par les jeunes Africains, l’agence appelle à se saisir de cette menace qui « met une pression supplémentaire sur les systèmes de santé déjà fragiles » des pays en développement concernés.

L’Afrique a concentré en 2016 87% des saisies mondiales d’opiacés pharmaceutiques, notamment en raison de l’essor du tramadol.

– Les baby-boomers, seniors de la drogue –

L’ONUDC relève la fréquence de la consommation de drogues chez les plus de 50 ans, émettant l’hypothèse que parmi les « baby-boomers » ayant goûté aux stupéfiants dans leur jeunesse, une partie n’ont pas abandonné ces addictions.

En Europe, les morts par surdose ont ainsi augmenté chez les plus de 40 ans entre 2006 et 2013 alors qu’elles baissaient chez les moins de 40 ans. Au niveau mondial, les plus de 50 ans qui comptaient pour 27% des décès liés à la drogue en 2000, représentaient 39% du total en 2015.

Romandie.com avec(©AFP / 26 juin 2018 17h32)

Afghanistan: La culture d’opium de nouveau en plein essor

octobre 23, 2016

La culture d’opium en Afghanistan, premier producteur d’héroïne au monde, a atteint cette année son 3e niveau de production le plus élevé depuis 20 ans, a annoncé dimanche l’ONU. Avec en corollaire, l’insécurité qui s’étend dans le pays.

Dans son rapport annuel, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) estime que la surface cultivée a augmenté d’environ 10% par rapport à 2015 pour couvrir 201’000 hectares. Cette augmentation des cultures serait en partie attribuée « aux meilleures conditions climatiques ».

« L’enquête met en lumière une inversion préoccupante des efforts pour combattre le problème persistant des drogues illégales et leur impact sur le développement, la santé et la sécurité », souligne le directeur exécutif de l’ONUDC, Youri Fedotov, dans un communiqué.

Le recul des forces gouvernementales dans de nombreuses régions sous la pression des attaques des talibans a entraîné l’effondrement des programmes d’éradication de la culture d’opium mis en place après l’invasion de l’Afghanistan par les forces américaines en 2001.

Pour la ministre afghane chargée de la lutte anti-drogue, Salamat Azimi, « la cause principale de cette hausse est l’insécurité aggravée et le manque de fonds dédiés » à l’éradication.

L’opium s’étend parallèlement à travers le pays, puisque sur les 34 provinces, 21 en cultivent, soit une de plus qu’en 2015. « Il est très perturbant de voir la culture du pavot s’étendre dans les provinces du nord » où il était presque inexistant, a relevé le responsable de l’ONUDC à Kaboul, Andrey Avetisyan.

Le rapport de l’ONUDC note en outre une forte augmentation des rendements cette année, estimée à + 30%, ce qui pourrait faire de 2016 l’une des sept plus grosses années de production de l’histoire du pays, en hausse de 43% par rapport à 2015. L’agence de l’ONU précise toutefois que ces estimations en matière de récolte sont moins fiables que celles concernant la surface cultivée.

Amertume
Si M. Avetisyan refuse de parler d’échec, en rapportant les performances de 2016 à la moyenne des dernières années, les responsables afghans de la lutte anti-drogue n’ont pas caché leur amertume à l’énoncé de ces données qui promettent davantage de violence et d’insécurité, les talibans finançant leur insurrection par le prélèvement de taxes sur les cultivateurs de pavot.

La province de Helmand, frontalière du Pakistan, compte par exemple parmi les provinces les plus troublées avec l’Uruzgan voisin et échappe largement au contrôle du gouvernement.

Romandie.com avec(ats / 23.10.2016 12h19)

La proie des barbus

septembre 30, 2010

Je suis la proie des barbus
et
de ces yeux qui refusent de dormir
soumis à l’opium depuis l’aube de la
guerre
suspendue au zénith de la conscience
dans un relent cynique
et
titanesque
Je suis la curiosité négligeable
d’un combat de refus de colonisation
de la condition étrangère
la cause perdue du désert
où je ne croise aucun regard
depuis ma terre de départ
Je suis loin de l’espoir
emmurée dans les sables du
désert
dans la misère
des soldats en lambeaux
plongés dans une guerre
inlassable
enragés comme des scorpions
à venin
prêts à mordre le moindre
mouvement ennemi
Je suis la victime des combats
dans un front qui ne décline
point l’échine vespérale de sa
fin.

Bernard NKOUNKOU