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Bénin : face à Patrice Talon, Iréné Agossa, opposant isolé ?

septembre 18, 2021

Iréné Agossa, ex-candidat à la vice-présidence du Bénin.

Le « ticket » qu’il formait avec Corentin Kohoué à la présidentielle a été accusé de n’avoir été qu’un faire-valoir de la candidature de Patrice Talon. Iréné Agossa s’impose pourtant aujourd’hui comme le représentant de « l’opposition réelle » au président béninois. Mais aura fort à faire pour convaincre de sa bonne foi.

À défaut de la vice-présidence de la République, il se contente aujourd’hui de la présidence de son parti, « Restaurer la confiance », qu’il a porté sur les fonts baptismaux en juin dernier. Bâtie sur les cendres du mouvement qu’il avait constitué pour porter le « ticket » qu’il présentait aux côtés de Corentin Kohoué à la présidentielle d’avril dernier face à Patrice Talon, la jeune formation devra jouer des coudes pour se faire une place sur la scène politique béninoise. Surtout, il va falloir à Iréné Agossa déployer des trésors de persuasion pour convaincre ses contempteurs qu’il n’est pas le traître qu’ils dépeignent.

Rêve d’alternance

Dans le vaste bureau blanc où il accueille ses visiteurs, aucune photo, pas un tableau n’orne les murs. Irénée Agossa, fils de paysan de 52 ans qui a fait ses premières armes dans les syndicats étudiants au sein de l’Union nationale des étudiants du Bénin (UNEB), entretien une image d’ascète. C’est ici que l’opposant élabore la stratégie de son parti avec, affirme-t-il, un objectif en tête : les législatives de 2023. « Le parti Restaurer la confiance, est la suite logique de la dynamique lancée lors de la campagne présidentielle », assure-t-il. « Le peuple n’a plus confiance en ses institutions », estime celui qui se présente comme un « opposant républicain » et plaide pour un « sursaut démocratique ». Ses cibles récurrentes ? « La corruption et l’accaparement de l’économie nationale par une minorité » et « la logique ultra capitaliste à l’œuvre depuis 2016 ». Et il n’hésite pas à se fixer un horizon pour le moins ambitieux : « Nous pouvons parvenir à une alternance. »

Il y a loin de la coupe aux lèvres. Et l’opposant le sait. Les premiers qu’il devra convaincre figurent parmi ses anciens alliés au sein de l’opposition. Jusqu’aux derniers jours précédant le dépôt de leur candidature commune pour la présidentielle d’avril dernier – à l’issue de laquelle ils n’ont recueillis que moins de 3% des voix – Agossa et Kohoué comptaient parmi les principaux cadres du parti Les Démocrates, créé par l’ancien président Thomas Boni Yayi, tout entier lancé dans sa croisade anti-Patrice Talon.

TANDIS QUE LES DISCUSSIONS SUR LA DÉSIGNATION DES CANDIDATS BATTAIENT SON PLEIN, AGOSSA ET KOHOUÉ S’ÉPANCHAIENT DANS LA PRESSE

Tandis que les discussions sur la désignation des candidats battaient son plein, les deux hommes s’épanchaient dans la presse et critiquaient la tournure prises par les débats internes. Les deux hommes sont exclus. Et lorsque le parti désigne Réckya Madougou et Patrick Djivo  pour porter ses couleurs, Agossa et Kohoué se précipitent à la Commission électorale nationale autonome pour déposer leur dossier de candidature. Au sein des Démocrates, on accuse le duo de félonie, d’autant que les deux hommes, à la différence du duo dûment désigné, a pu présenter les précieux parrainages exigés.

Les candidatures de Réckya Madougou, ainsi que celles de Joël Aïvo sont rejetées. Seuls restent en lice, face à Patrice Talon et sa colistière Mariam Chabi Talata, les duos Kohoué-Agossa et Alassane Soumanou-Paul Hounkpè, pour les Forces cauris pour un Bénin émergent. Au terme d’une campagne atone, à l’issue de laquelle Patrice Talon a réalisé le « coup KO » tant annoncé par ses partisans, Kohoué et Agossa finissent bon dernier, avec un tout petit 2,25% des voix.

Ligne de crête

Paul Hounkpè hérite du rôle de « chef de file de l’opposition », créé à la faveur de la dernière réforme constitutionnelle. Agossa, abandonné par Corentin Kohoué qui a décidé de ne pas poursuivre l’aventure politique à ses côtés, se retrouve bien seul. Et si l’homme prend un plaisir évident à user de sa voix de velours pour tenter de convaincre ses interlocuteurs, il peine encore à trouver la tonalité sur laquelle jouer sa partition au sein d’une opposition en pleine recomposition. Entre la frange « dure », dont certains des représentants sont actuellement incarcérés (à l’image de Madougou et Aïvo, quand d’autres ont choisi l’exil après avoir été condamnés par la justice de leur pays), et un chef de file qui entend occuper la place « d’opposant ouvert au dialogue », la ligne de crête est fine.

IL REJETTE LA « RUPTURE DÉMOCRATIQUE » QU’IL ACCUSE PATRICE TALON D’INCARNER

Le quinquagénaire a déjà une longue carrière politique derrière lui. Après ses premiers pas dans le syndicalisme estudiantin, il va créer son premier parti en 1998, le Front pour la République, avant de cofonder l’Union pour la relève, en 2004. Après un passage au sein de la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication, où il siège en tant que représentant de l’Assemblée nationale, il se verra confier par Thomas Boni Yayi les rênes de la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers. Un passage en tant que directeur général de la Sonacop dont il sera suspendu sur fond de soupçons de mauvaise gestion, en 2016, devenant ainsi le premier protégé de Thomas Boni Yayi à « sauter » quelques jours seulement après que Patrice Talon ne prenne ses quartiers au Palais de La Marina.

Aujourd’hui, cet ancien allié de Lionel Zinsou tente de jouer la carte « républicaine ». D’un côté, il rejette la « rupture démocratique » qu’il accuse Patrice Talon d’incarner. Un président « venu par les urnes, mais qui a tout fait pour que le Parlement soit géré uniquement par sa tendance politique, qui fait passer des lois qui s’imposent à tous sans qu’il soit possible d’entendre un autre son de cloche sur la gestion des affaires publiques ». De l’autre, il dénonce « ceux qui appellent à la violence » et se défie des appels au boycott. « Nous respectons les lois de la République, même si nous ne sommes pas d’accord avec elles. Nous ne pourrons les rectifier qu’en passant par les urnes », insiste-t-il.

PARTISAN D’UN « RETOUR DES OPPOSANTS EXILÉS »

En attendant de (re)constituer une base militante à même de lui permettre d’envoyer d’éventuels députés à l’Assemblée, le patron de « Restaurer la confiance » se dit partisan d’un « retour des opposants exilés » et affirme être prêt à discuter avec Paul Hounkpè, en vue de la mise en place d’une « plateforme commune de l’opposition »… Tout en affirmant tout de go qu’il a un « problème de principe » avec le chef de file de ladite opposition qu’il accuse d’avoir « un problème de légitimité ».

Avec Jeune Afrique par Maurice Thatan

Coup d’État en Guinée : Retour de l’ancien Premier ministre Sidya Touré

septembre 12, 2021

Avec CGTC

Vidéo d’archives sur l’assassinat d’un opposant historique en Suisse

septembre 3, 2021

Avec Les Archives D’Afrique

[Tribune] Cameroun : Christian Penda Ékoka, mort d’un soldat de la résistance

août 10, 2021
Christian Penda Ékoka.

Allié de l’opposant Maurice Kamto et ex-conseiller économique du président Biya, le chef du mouvement Agir est décédé le 8 août, à l’âge de 69 ans.

J’ai du mal à y croire. Mon esprit refuse d’assimiler cette nouvelle. Je ne perds pas espoir, persuadé que quelqu’un m’appellera et me dira que c’est une fake news. Ce n’est pas ce qui manque, au Cameroun, où il y a davantage de « fake » que de « news »… Malheureusement, le démenti tarde à venir. Je commence à me dire qu’il va falloir que je m’y fasse : Christian Penda Ékoka est mort, ce dimanche 8 août 2021, au Canada. Tonton Christian – comme j’aimais à l’appeler – ne reviendra plus. Je n’entendrai plus sa voix posée, assurée et rassurante. L’optimisme, la foi et la conviction : voilà ce que je retiendrai de ce grand homme.

Discours moderne et novateur

Nous nous étions rencontrés pour la première trois mois avant l’élection présidentielle d’octobre 2018. Christian Penda Ékoka créait son mouvement, Agir, et recrutait des jeunes pour l’animer. Un ami m’avait invité à assister aux réunions organisées à cet effet, et nous avait présentés.

QUAND IL PRÉSENTAIT SA VISION D’UN CAMEROUN IDÉAL, IL PARLAIT AVEC SON CŒUR. »

En bon pédagogue, l’économiste nous avait exposé la philosophie qui sous-tendait son action. J’étais fasciné par la modernité de son discours. La plupart des gens de son âge se cramponnent à de vieux logiciels. Lui avançait des idées novatrices, qu’il voulait voir porter par des jeunes à qui il mettrait le pied à l’étrier. Il émanait de lui cette simplicité propre aux grands hommes, qui n’ont pas besoin de trop en faire.

Christian Penda Ékoka parlait avec son cœur, y compris quand il présentait sa vision d’un Cameroun idéal. Il élaborait des théories et suggérait des solutions pour les concrétiser. De temps à autre, il s’autorisait des digressions, laissant ainsi poindre ses regrets de n’être pas parvenu, lui l’ex-conseiller du président Paul Biya, à infléchir la politique économique de ce dernier.

Pot de fleurs

Au cours de ces réunions, par pudeur et par respect, mais aussi – je le confesse – par lâcheté, je m’étais toujours abstenu de lui demander ce qu’il était allé chercher au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). J’étais pourtant curieux de découvrir les causes de sa rupture avec le parti présidentiel. Il m’avait répondu en substance que le RDPC était une terre aride, où plus rien ne poussait, pas même les graines fertiles du développement.

Comme à la présidence de la République, où il avait ses bureaux, il avait le sentiment de servir de pot de fleurs. Les notes et rapports enfouis au fond des tiroirs auront été l’une de ses plus grandes frustrations. Sans doute est-ce qui l’a rapproché de Maurice Kamto. Tous deux avaient en commun le regret d’avoir occupé des fonctions dans les cercles du pouvoir sans être parvenus ni à donner la pleine mesure de leur talent, ni à contribuer à insuffler une dynamique au pays.

Tonton Christian aura néanmoins marqué son temps les trois dernières années de sa vie, en prenant des décisions dont la plus importante l’a conduit et maintenu en prison pendant dix longs mois, en 2019 : soutenir la candidature de Maurice Kamto à la présidentielle de 2018 et accompagner le plan national de résistance visant à libérer le Cameroun d’une dictature vieille de plus de quarante ans.

“ÇA VA ALLER, VALS, NOUS NOUS EN SORTIRONS”, ME RÉPÉTAIT-IL QUAND NOUS ÉTIONS EN PRISON. »

Pendant notre séjour dans les geôles de la prison centrale de Yaoundé, nous avions pour seule sujet de discussion un Cameroun imaginaire, le Cameroun de nos rêves, dans lequel prévaudrait l’État de droit. Ce séjour carcéral aura été pour moi une période de formation. Avec Maurice Kamto, Christian Penda Ékoka m’a appris le sens du mot « droit ». D’abord, le droit comme discipline. À ma sortie de prison, j’aurais pu réussir haut la main l’examen du barreau tant nous potassions notre procès à venir.

« Droit dans ses bottes »

Puis, l’expression « se tenir droit dans ses bottes », sans courber l’échine malgré le poids de l’injustice. Quand il m’arrivait de flancher, d’avoir envie de hurler ma rage en donnant des coups de poing dans le mur, Tonton Christian me redisait sans cesse : « Ça va aller, Vals, nous nous en sortirons ! » Preuve de sa détermination à rester debout vaille que vaille, il avait exigé de son épouse qu’elle ne vienne jamais lui rendre visite à la prison. Sans doute, aussi, pour lui épargner les traitements humiliants qu’on faisait subir aux nôtres.

Ce sont ces décisions majeures, payées au prix fort, qui font de lui un être exceptionnel et qui lui garantissent une place d’honneur dans l’histoire de notre pays. Depuis l’annonce de son décès, les hommages se succèdent, à la hauteur de l’homme qu’il représente pour nous, combattants de la liberté dont il était l’un des piliers.

Je voudrais retenir ces flots de témoignages d’amour, de reconnaissance et de compassion qui déferlent sur les réseaux sociaux. Certes, le temps des détracteurs et des récupérateurs viendra. Payés pour distraire les abrutis, ils font leur « job ». Sont-ils efficaces pour autant ?

Nous avons perdu un soldat de la résistance. Il ne verra pas le pays que nous avons reconstruit des heures durant pendant nos longs mois d’incarcération. Il ne verra pas cet État démocratique, souverain et développé, dont nous parlions. Il ne verra pas cet État où les tribus et les sous-tribus se placent au-dessus de l’identité nationale. Avait-il vraiment prévu de le voir ? Je ne saurais le dire avec exactitude. Je reste persuadé, en revanche, qu’il s’en va heureux d’avoir contribué à faire germer les graines de la liberté dans le cœur de la jeunesse camerounaise.

Il est mort.  L’héritage est lourd. L’objectif est le même : nous continuerons, aussi, pour qu’il soit fier de nous.
À très bientôt, Tonton Christian.

Avec Jeune Afrique par  Valsero

Rappeur camerounais

Mort suspecte de l’opposant biélorusse Vitali Chychov, retrouvé pendu dans un parc de Kiev

août 3, 2021

Le corps de ce responsable d’une ONG aidant les réfugiés biélorusses a été retrouvé mardi. Ses collègues accusent le régime de Minsk, et la police ukrainienne soupçonne un « meurtre camouflé en suicide ».

Photo non datée de Vitali Chychov, fournie par l’organisation de défense des droits humains Viasna. M. Chychov, 26 ans, responsable d’une ONG biélorusse aidant celles et ceux qui ont fui le régime d’Alexandre Loukachenko, a été retrouvé mort à Kiev, le 3 août.
Photo non datée de Vitali Chychov, fournie par l’organisation de défense des droits humains Viasna. M. Chychov, 26 ans, responsable d’une ONG biélorusse aidant celles et ceux qui ont fui le régime d’Alexandre Loukachenko, a été retrouvé mort à Kiev, le 3 août. AP

Vitali Chychov, responsable d’une ONG biélorusse qui apporte son aide à celles et à ceux qui ont fui le régime d’Alexandre Loukachenko, a été retrouvé pendu dans un parc de Kiev, en Ukraine, mardi 3 août.

Selon la police locale, le ressortissant biélorusse était porté disparu depuis qu’il était sorti faire un jogging, la veille. « Vitali Chychov a été retrouvé pendu (…) à proximité du lieu où il habitait », dit-elle dans un communiqué. Une enquête pour meurtre a été ouverte, car, aux yeux des enquêteurs, il pourrait s’agir d’un « meurtre camouflé en suicide ».about:blankclose

Selon des membres de son ONG, Maison biélorusse en Ukraine, « il ne fait aucun doute » que Vitali Chychov, âgé de 26 ans et exilé en Ukraine depuis les manifestations massives d’opposants en 2020, a été assassiné par le régime biélorusse. Sur la chaîne Telegram de l’ONG, consultée par l’Agence France-Presse, on peut lire :

« Il s’agit d’une opération planifiée par les membres du service de sécurité pour liquider [une personne] véritablement dangereuse pour le régime biélorusse. Vitali était surveillé et la police [ukrainienne] en avait été notifiée. Nous avions été avertis à plusieurs reprises, à la fois par des sources locales et par des personnes en Biélorussie, de toutes sortes d’opérations allant jusqu’à l’enlèvement et la liquidation. »

Un militant biélorusse, Oleg Ovtchinnikov, a fait savoir à l’AFP que le visage du défunt présentait des hématomes et que son nez était cassé.
Un membre de Maison biélorusse à Kiev, interrogé par Associated Press, a confirmé que « rien n’a[vait] été volé (…), il n’avait que son téléphone sur lui. » « On nous avait prévenus qu’il fallait d’être plus vigilants, car un réseau d’agents du KGB biélorusse opérait ici. Vitali m’avait demandé de prendre soin de ses proches, il avait un mauvais pressentiment », a-t-il ajouté.

La chef de l’opposition biélorusse, en exil, Svetlana Tsikhanovskaïa, a exprimé ses condoléances aux proches de M. Chychov. « Les Biélorusses ne sont pas en sécurité, même à l’étranger, tant qu’il y aura ceux qui tentent de se venger et de cacher la vérité en se débarrassant des témoins », a-t-elle lancé sur Telegram. Les Nations unies ont appelé mardi Kiev à mener une enquête « minutieuse, impartiale et efficace » sur sa mort.

La police a ouvert une enquête pour homicide avec préméditation, mais elle étudie également la piste d’un geste volontaire. « Un suicide et un meurtre déguisé en suicide sont les principales hypothèses », a précisé le chef de la police nationale.

Perquisitions, arrestations et emprisonnements à un rythme effréné

L’Ukraine, comme la Pologne et la Lituanie, a historiquement accueilli les exilés biélorusses – opposants, membres d’ONG, journalistes ou militants – fuyant cette ex-république soviétique. Le cinquième mandat présidentiel d’Alexandre Loukachenko, remporté frauduleusement en 2020, et la répression massive des manifestations contestataires ont accéléré ce phénomène. Vitali Chychov avait lui-même quitté son pays pour l’Ukraine après avoir participé à la contestation dans la ville de Gomel.

Ces derniers mois, perquisitions, arrestations parfois spectaculaires et emprisonnements se sont succédé à un rythme effréné.

Les dernières cibles du régime sont celles qu’Alexandre Loukachenko appelle les « sales ONG » cultivant « la terreur »Plusieurs dizaines d’entre elles ont été liquidées sur ordre du gouvernement biélorusse. Selon l’ONG Viasna, elle-même concernée, il s’agit d’organisations de défense des droits humains, d’enseignement des langues, d’aide aux handicapés ou d’aide à l’emploi pour les jeunes, ainsi que de l’Association des journalistes biélorusses et le bureau biélorusse de PEN, l’association de défense des écrivains.

Au printemps, l’Union européenne et les Etats-Unis ont pris de nouvelles sanctions, économiques et individuelles, visant de hauts responsables biélorusses et des hommes d’affaires, ainsi que des secteurs-clés de l’économie. La Biélorussie a riposté en annonçant, le 28 juin, la suspension de sa participation au Partenariat oriental de l’UE et le rappel de son ambassadeur à Bruxelles.

Le Monde avec AFP, AP et Reuters

Bénin : le procès de l’opposant Joël Aïvo renvoyé après une première audience agitée

juillet 16, 2021
Joël Aïvo, premier candidat officiel à l’élection présidentielle béninoise de 2021.

Le procès de l’opposant béninois Joël Aïvo s’est ouvert jeudi 15 juillet devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Mais à l’issue de cette première journée d’audience, le procès a été renvoyé au 5 août.

Trois mois après son arrestation, Joël Aïvo a comparu pour la première fois. Le célèbre constitutionnaliste et opposant est apparu à la barre jeudi, peu après 8h, drapé d’un costume bleu sur mesure. Malgré trois mois de détention, l’universitaire n’a rien perdu de l’aisance orale qui a fait sa réputation dans les amphithéâtres. À ses côtés, deux autres co-accusés dans le même dossier. Un troisième, absent du procès, est toujours recherché.

Joël Aïvo et ses deux co-accusés ont plaidé non coupable des charges pesant à leur encontre. Arrêté le 15 avril 2021, Joël Aïvo est poursuivi pour « blanchiment de capitaux et atteinte à la sûreté de l’État ». L’universitaire était devenu l’un des farouches opposants au pouvoir du président Patrice Talon. Il s’était même déclaré candidat à la présidentielle du 11 avril 2021.

Demande de liberté provisoire

De leur côté, les avocats de Joël Aïvo n’ont cessé de dénoncer un dossier et une procédure vides. « Le procureur spécial a fondé sa demande non pas sur la base des faits, mais sur ses propres qualifications », a dénoncé Me Achille Dideh, autre avocat de la défense. Me Robert Dossou, qui coordonne les avocats de la défense de l’universitaire, a ainsi demandé la liberté provisoire pour son client.

Une requête que le procureur spécial de la Criet estime pour sa part « prématurée ». Mario Mètonou juge que les charges pesant contre Joël Aïvo et ses co-accusés sont trop « graves » pour leur accorder une liberté provisoire. Mario Mètonou a plaidé pour que la Criet se déclare incompétente et que le dossier soit renvoyé en instruction, estimant que la présence du troisième co-accusé est indispensable à la tenue du procès.

Réponse le 5 août

La tension est rapidement montée entre les avocats de la défense et le procureur spécial. Les premiers ont dénoncé une tentative de détournement de la procédure. « Il y a beaucoup de passions dans le dossier », a rétorqué le magistrat.

Le président de la Criet a décidé de renvoyer le procès au 5 août 2021. À cette date, la Cour devra trancher les requêtes des deux parties : elle décidera soit du renvoi de l’affaire en instruction, soit de la liberté provisoire pour Joël Aïvo et ses co-accusés.

Avec Jeune Afrique par Maurice Thantan – à Cotonou

France- Décès de PAKO : COMMUNIQUÉ de Maître William BOURDON, Avocat des membres de la famille de Monsieur Guy Brice Parfait KOLELAS

avril 23, 2021

Le 22 avril 2021 – L’avocat soussigné informe avoir sollicité ce jour le Parquet de BOBIGNY, après avoir pris connaissance des conclusions du premier rapport d’autopsie, et du rapport toxicologique qui lui ont été communiqués, pour demander une contre-autopsie.

En effet, les membres de la famille de Monsieur KOLELAS estiment que les conclusions du premier rapport d’autopsie ne permettent pas d’être parfaitement et précisément éclairés sur les raisons du décès de leur parent, survenu il y a exactement 1 mois, le 21 mars 2021.

En l’état, les conclusions de ce premier rapport concluent à une mort par défaillance cardiorespiratoire.
D’autres questions se posent, qui devront trouver réponse auprès du nouveau collège d’experts notamment s’agissant de l’heure de décès et des liens éventuels entre le décès et les pathologies dont était affecté Monsieur KOLELAS.

En outre, l’avocat soussigné rappelle qu’il est incontestable que les choix faits à Brazzaville s’agissant de la mise en œuvre l’évacuation sanitaire de Monsieur Guy Brice Parfait KOLELAS vers la FRANCE ont été absolument désastreux. En effet, l’avion choisi et son équipement médical étaient d’évidence totalement inadaptés à l’état de santé extrêmement dégradé de Monsieur Guy Brice Parfait KOLELAS.

Il est par ailleurs acquis que les pilotes de l’avion, arrivés de FRANCE, ont demandé à attendre 5 à 6 heures sur place avant de repartir, cela constituant une perte de temps injustifiable eu égard à l’urgence vitale dans laquelle se trouvait Monsieur Guy Brice Parfait KOLELAS.

Enfin, dès lors que l’avion a été obligé de se ravitailler deux fois pendant le vol, cette circonstance n’a pu que compromettre encore plus la possibilité de sauver Monsieur Guy Brice Parfait KOLELAS.

Avec Brazzanews

Congo-Politique nationale : Guy Romain Kinfoussia veut accompagner Denis Sassou N’Guesso

avril 10, 2021

Présentant, à l’occasion d’une conférence de presse le 10 avril à Brazzaville, le mode opératoire du dialogue de bonne intelligence, le président de l’Union pour la démocratie et la République (Udr-Mwinda), Guy Romain Kinfoussia, a relevé que son plaidoyer correspond aux propositions faites par le candidat Denis Sassou N’Guesso dans son projet de société intitulé : « Ensemble, poursuivons la marche ».

Guy Romain Kinfoussia délivrant son mot liminaire

Nous avons découvert avec satisfaction la primauté du vivre-ensemble dans le projet du président de la République, a-t-il déclaré dès l’entame de sa conférence de presse. Ce projet doté de neuf axes, a-t-il poursuivi, a comme clef de voûte le premier intitulé : « la consolidation des fondements du vivre-ensemble » qui conditionne la réussite des huit autres axes.

« C’est ici l’occasion de féliciter le président de la République pour sa nouvelle démarche qui remet le souverain primaire au cœur du développement de notre pays. Ce qui rejoint nos préoccupations contenues dans notre plaidoyer du dialogue de bonne intelligence. Nous voici donc au pied du mur pour bâtir le nouvel édifice congolais dont le socle reposera sur le vivre-ensemble en paix qui a comme instrument le dialogue de bonne intelligence », a noté Guy Romain Kinfoussia.

A la question de savoir si le dialogue de bonne intelligence qui promeut la démocratie participative va mettre fin à la démocratie représentative, Guy Romain Kinfoussia a indiqué que les deux modes de fonctionnement de l’Etat vont coexister. Selon lui, le peuple souverain est consulté pour des questions de santé, d’éducation, du sport, d’environnement, de culture, d’agriculture, de l’élevage, d’érection des passerelles et autres. L’Etat, quant à lui, garde son monopole dans les réalisations structurantes, c’est-à-dire les grands travaux.

Par ailleurs, le conférencier a évoqué la nécessité de former des délégués capables de mener des campagnes de sensibilisation au dialogue de bonne intelligence. A propos de la question sur la date exacte du début de ces consultations, Guy Romain Kinfoussia a indiqué qu’il ne formule que des propositions au chef de l’Etat, seul maître du calendrier national et unique personne habilitée par la Constitution à décider de l’organisation d’un tel dialogue.

En outre, il a rendu un hommage mérité au candidat à l’élection présidentielle des 17 et 21 mars, Guy Brice Parfait Kolelas, décédé au lendemain du scrutin. « Cet excellent virtuose de la politique pour qui j’avais une affection paternelle s’en est allé précocement au moment où sa famille, ses amis et son parti politique étaient pleins d’espoir pour le combat qu’il menait », a-t-il conclu.

Avec Adiac-Congo par Roger Ngombé

CONGO-BRAZZAVILLE : Selon Nathalie Kolelas, Sassou a fait tuer son mari dans l’avion (au Bourget)

avril 5, 2021

Alors que l’autopsie (déjà effectuée) se fait toujours attendre, une lettre envoyée par quatre députés français lève le voile sur les conditions du décès de celui qui a, réellement, gagné l’élection présidentielle au Congo-Brazzaville. Il s’agit de Bertrand Pancher (Meuse), de Sébastien Nadot (Haute-Garonne), de Jean-Michel Clément (Vienne) et de Frédéric Dumas (Hauts-de-Seine), tous membres du Groupe « Libertés et Territoires » à l’Assemblée nationale française.

Dans cette lettre à Emmanuel Macron, datée 3 avril et dont copie nous a été envoyée à Afrique Education, les quatre députés écrivent ceci noir sur blanc : « Les conditions d’arrivée de M. Kolelas sur le sol français sont entourées d’importantes zones d’ombres. A son atterrissage à l’aéroport du Bourget, un médecin dépêché par le gouvernement congolais, depuis Brazzaville, a exigé que Mme Kolelas sorte de l’appareil. Elle finit par obtempérer. Son mari est vivant. Cinq minutes plus tard, le médecin ressort : son mari est décédé ».

Ce témoignage poignant qui fait froid au dos a été recueilli par le député, Sébastien Nadot, lors du long échange, par téléphone, qu’il a eu avec celle qui est désormais appelée « Veuve » Nathalie Kolelas.

Toujours dans leur courrier (qui est une véritable bombe) qu’ils envoient au président, Emmanuel Macron, les quatre députés précisent : « A l’heure où nous écrivons ce courrier, la famille du défunt attend toujours les conclusions détaillées de l’autopsie effectuée par l’Institut médico-légal de Paris. Mme Kolelas, comme la grande majorité des Congolais, soupçonne un empoisonnement et ne croit pas dans la théorie officielle d’un décès dû à la Covid-19. A la suite de ces événements, le parquet de Bobigny a d’ailleurs annoncé l’ouverture d’une enquête criminelle ».

Pour terminer, les quatre députés assomment Emmanuel Macron en lui demandant de faire ce qu’il redoute depuis plusieurs jours : « Dans l’attente des conclusions de cette enquête, et dans le respect du principe de séparation des pouvoirs, nous vous demandons, au regard des nombreux liens d’amitiés qui unissent les peuples français et congolais, d’oeuvrer pour que toute la lumière soit faite sur les causes du décès de M. Kolelas. Ce dernier disposait de la double nationalité congolaise et française » (fin du courrier envoyé à Emmanuel Macron).

Autrement dit, ils demandent au président de la République de rien cacher au nom des liens de la Françafrique qui l’unit au président congolais, et de tout faire pour que tout soit su. C’est-à-dire livrer Sassou à la justice française (même s’il bénéficie d’une immunité) dont c’est le énième assassinat impuni dans son pays.

Il y va du bien du président français lui-même. Car à l’allure où vont les choses, alors que l’autopsie traînerait sur sa table dans le seul souci de protéger le tueur de Kolelas, il n’est pas exclu que ce dossier (explosif) soit exploité, dans les prochains jours, par les amis du défunt qui se recrutent dans les états majors de certaines grandes formations politiques françaises. L’affaire deviendrait alors nationale. Ce qui d’ailleurs ne serait pas plus mal.

Cela dit, au même moment, certains députés LREM souhaitent (vivement) que leur chef coupe (définitivement) le cordon ombilical et les liens incestueuses qu’il entretient, actuellement, avec le dictateur 5 étoiles de Brazzaville, s’il veut une préparation sereine, c’est-à-dire, non tumultueuse, de l’élection présidentielle de 2022.

Avec Afriqueeducation, publié le Lundi 5 avril 2021 à 16:11

Congo-Diaspora: Hommage de Jean Vital Kolelas à son frère et combattant Parfait Kolelas (In Causa Nostrae Laetitiae !)

avril 1, 2021

L'opposant congolais Guy-Brice Parfait Kolélas est décédé ce lundi 22 mars des suites du Covid-19 lors de son évacuation sanitaire vers la France.

Ton dernier souffle a produit de puissants sanglots

Déchirant d’un trait les fibres de nos cœurs sans repos

Comme un tonnerre d’après minuit qui éclatait sur le toit

Emportant notre sûr abri et l’espoir vivant de notre foi

Tu es parti en nous laissant ton dernier message

Avec ta voix de vaillant combattant à la fin de ton âge

Lorsque nos regards rivés et accrochés sur tes paroles

Nous étions subjugués d’assister à l’adieu de ton envol

Ce message testamentaire depuis ton lit de douleurs marquera pour une éternité

Les peuples d’Afrique et du monde épris de paix, de justice et de liberté

Car l’histoire reconnaîtra ta place de martyr dans le concert des Nations

Pour avoir sacrifié ta vie pour la défense de la démocratie avec conviction

Ô cher frère de la Nation, scolarisé et instruit comme un bel élu

Les empreintes de tes pas de l’école primaire de l’Armée du Salut

Résonnent encore dans la poussière de celle de Kongo-dia-Moukouba

Avant de poursuivre ta marche au CEG d’Etoumbi aux côtés de notre papa

Ô digne fils de notre chère patrie, après ton retour à Brazzaville

 Où sous mon admiration et la volonté de nos chers parents

Tu fréquentais avec vivacité et assiduité le CEG Raphaël Bouboutou

À quelques encablures de la maison paternelle et de l’entrée de Bacongo

Après l’obtention de ton diplôme, des études collégiales à la clé

Tu t’offrais joyeusement la grande entrée du lycée Savorgnan de Brazza

Où tu goûtais avec fierté aux premières orientations de ta scolarité

Savourant avec appétit la série scientifique comme un bon repas

Parfait, avec ton parfait cursus universitaire depuis Marien Ngouabi

Jusqu’en France dans la ville du grand Victor Hugo à Besançon

Ta soif d’apprendre jusqu’à Mulhouse dans la ville d’Alfred Dreyfus

Fût sanctionné par un doctorat dans la ville de Gustave Eiffel à Dijon.

Parfait, nos pensées, nos chants et nos pleurs t’accompagnent à ta dernière demeure

Tu as vécu et vivra dans nos cœurs à travers le legs de ton combat qui nous murmure

Tes paroles de chevet comme un hymne devant résonner dans notre conscience

Pour l’avenir de nos enfants, l’avenir de notre beau pays le Congo dans sa mouvance

Cher combattant de la politique congolaise, trop tôt parti à la croisée des chemins

Voilà qu’en ce mois de mars, tu y associais comme de nombreux autres ton destin

Passe à travers l’arche mémorable et trouve ta place auprès des pères de la nation

Comme un bon fils qui a laissé à ses compatriotes l’expression de sa belle exhortation

Dans l’éternel regret de ta chère âme

Repose en paix dans la terre des Hommes

In Causa Nostrae Laetitiae !

(Dans la cause de notre joie)

Jean Vital Fructueux Kolélas-Kouka, ton grand frère qui ne t’oubliera jamais

Diffusé le 01 avril 2021, par http://www.congo-liberty.com