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Congo-Politique nationale : Guy Romain Kinfoussia veut accompagner Denis Sassou N’Guesso

avril 10, 2021

Présentant, à l’occasion d’une conférence de presse le 10 avril à Brazzaville, le mode opératoire du dialogue de bonne intelligence, le président de l’Union pour la démocratie et la République (Udr-Mwinda), Guy Romain Kinfoussia, a relevé que son plaidoyer correspond aux propositions faites par le candidat Denis Sassou N’Guesso dans son projet de société intitulé : « Ensemble, poursuivons la marche ».

Guy Romain Kinfoussia délivrant son mot liminaire

Nous avons découvert avec satisfaction la primauté du vivre-ensemble dans le projet du président de la République, a-t-il déclaré dès l’entame de sa conférence de presse. Ce projet doté de neuf axes, a-t-il poursuivi, a comme clef de voûte le premier intitulé : « la consolidation des fondements du vivre-ensemble » qui conditionne la réussite des huit autres axes.

« C’est ici l’occasion de féliciter le président de la République pour sa nouvelle démarche qui remet le souverain primaire au cœur du développement de notre pays. Ce qui rejoint nos préoccupations contenues dans notre plaidoyer du dialogue de bonne intelligence. Nous voici donc au pied du mur pour bâtir le nouvel édifice congolais dont le socle reposera sur le vivre-ensemble en paix qui a comme instrument le dialogue de bonne intelligence », a noté Guy Romain Kinfoussia.

A la question de savoir si le dialogue de bonne intelligence qui promeut la démocratie participative va mettre fin à la démocratie représentative, Guy Romain Kinfoussia a indiqué que les deux modes de fonctionnement de l’Etat vont coexister. Selon lui, le peuple souverain est consulté pour des questions de santé, d’éducation, du sport, d’environnement, de culture, d’agriculture, de l’élevage, d’érection des passerelles et autres. L’Etat, quant à lui, garde son monopole dans les réalisations structurantes, c’est-à-dire les grands travaux.

Par ailleurs, le conférencier a évoqué la nécessité de former des délégués capables de mener des campagnes de sensibilisation au dialogue de bonne intelligence. A propos de la question sur la date exacte du début de ces consultations, Guy Romain Kinfoussia a indiqué qu’il ne formule que des propositions au chef de l’Etat, seul maître du calendrier national et unique personne habilitée par la Constitution à décider de l’organisation d’un tel dialogue.

En outre, il a rendu un hommage mérité au candidat à l’élection présidentielle des 17 et 21 mars, Guy Brice Parfait Kolelas, décédé au lendemain du scrutin. « Cet excellent virtuose de la politique pour qui j’avais une affection paternelle s’en est allé précocement au moment où sa famille, ses amis et son parti politique étaient pleins d’espoir pour le combat qu’il menait », a-t-il conclu.

Avec Adiac-Congo par Roger Ngombé

CONGO-BRAZZAVILLE : Selon Nathalie Kolelas, Sassou a fait tuer son mari dans l’avion (au Bourget)

avril 5, 2021

Alors que l’autopsie (déjà effectuée) se fait toujours attendre, une lettre envoyée par quatre députés français lève le voile sur les conditions du décès de celui qui a, réellement, gagné l’élection présidentielle au Congo-Brazzaville. Il s’agit de Bertrand Pancher (Meuse), de Sébastien Nadot (Haute-Garonne), de Jean-Michel Clément (Vienne) et de Frédéric Dumas (Hauts-de-Seine), tous membres du Groupe « Libertés et Territoires » à l’Assemblée nationale française.

Dans cette lettre à Emmanuel Macron, datée 3 avril et dont copie nous a été envoyée à Afrique Education, les quatre députés écrivent ceci noir sur blanc : « Les conditions d’arrivée de M. Kolelas sur le sol français sont entourées d’importantes zones d’ombres. A son atterrissage à l’aéroport du Bourget, un médecin dépêché par le gouvernement congolais, depuis Brazzaville, a exigé que Mme Kolelas sorte de l’appareil. Elle finit par obtempérer. Son mari est vivant. Cinq minutes plus tard, le médecin ressort : son mari est décédé ».

Ce témoignage poignant qui fait froid au dos a été recueilli par le député, Sébastien Nadot, lors du long échange, par téléphone, qu’il a eu avec celle qui est désormais appelée « Veuve » Nathalie Kolelas.

Toujours dans leur courrier (qui est une véritable bombe) qu’ils envoient au président, Emmanuel Macron, les quatre députés précisent : « A l’heure où nous écrivons ce courrier, la famille du défunt attend toujours les conclusions détaillées de l’autopsie effectuée par l’Institut médico-légal de Paris. Mme Kolelas, comme la grande majorité des Congolais, soupçonne un empoisonnement et ne croit pas dans la théorie officielle d’un décès dû à la Covid-19. A la suite de ces événements, le parquet de Bobigny a d’ailleurs annoncé l’ouverture d’une enquête criminelle ».

Pour terminer, les quatre députés assomment Emmanuel Macron en lui demandant de faire ce qu’il redoute depuis plusieurs jours : « Dans l’attente des conclusions de cette enquête, et dans le respect du principe de séparation des pouvoirs, nous vous demandons, au regard des nombreux liens d’amitiés qui unissent les peuples français et congolais, d’oeuvrer pour que toute la lumière soit faite sur les causes du décès de M. Kolelas. Ce dernier disposait de la double nationalité congolaise et française » (fin du courrier envoyé à Emmanuel Macron).

Autrement dit, ils demandent au président de la République de rien cacher au nom des liens de la Françafrique qui l’unit au président congolais, et de tout faire pour que tout soit su. C’est-à-dire livrer Sassou à la justice française (même s’il bénéficie d’une immunité) dont c’est le énième assassinat impuni dans son pays.

Il y va du bien du président français lui-même. Car à l’allure où vont les choses, alors que l’autopsie traînerait sur sa table dans le seul souci de protéger le tueur de Kolelas, il n’est pas exclu que ce dossier (explosif) soit exploité, dans les prochains jours, par les amis du défunt qui se recrutent dans les états majors de certaines grandes formations politiques françaises. L’affaire deviendrait alors nationale. Ce qui d’ailleurs ne serait pas plus mal.

Cela dit, au même moment, certains députés LREM souhaitent (vivement) que leur chef coupe (définitivement) le cordon ombilical et les liens incestueuses qu’il entretient, actuellement, avec le dictateur 5 étoiles de Brazzaville, s’il veut une préparation sereine, c’est-à-dire, non tumultueuse, de l’élection présidentielle de 2022.

Avec Afriqueeducation, publié le Lundi 5 avril 2021 à 16:11

Congo-Diaspora: Hommage de Jean Vital Kolelas à son frère et combattant Parfait Kolelas (In Causa Nostrae Laetitiae !)

avril 1, 2021

L'opposant congolais Guy-Brice Parfait Kolélas est décédé ce lundi 22 mars des suites du Covid-19 lors de son évacuation sanitaire vers la France.

Ton dernier souffle a produit de puissants sanglots

Déchirant d’un trait les fibres de nos cœurs sans repos

Comme un tonnerre d’après minuit qui éclatait sur le toit

Emportant notre sûr abri et l’espoir vivant de notre foi

Tu es parti en nous laissant ton dernier message

Avec ta voix de vaillant combattant à la fin de ton âge

Lorsque nos regards rivés et accrochés sur tes paroles

Nous étions subjugués d’assister à l’adieu de ton envol

Ce message testamentaire depuis ton lit de douleurs marquera pour une éternité

Les peuples d’Afrique et du monde épris de paix, de justice et de liberté

Car l’histoire reconnaîtra ta place de martyr dans le concert des Nations

Pour avoir sacrifié ta vie pour la défense de la démocratie avec conviction

Ô cher frère de la Nation, scolarisé et instruit comme un bel élu

Les empreintes de tes pas de l’école primaire de l’Armée du Salut

Résonnent encore dans la poussière de celle de Kongo-dia-Moukouba

Avant de poursuivre ta marche au CEG d’Etoumbi aux côtés de notre papa

Ô digne fils de notre chère patrie, après ton retour à Brazzaville

 Où sous mon admiration et la volonté de nos chers parents

Tu fréquentais avec vivacité et assiduité le CEG Raphaël Bouboutou

À quelques encablures de la maison paternelle et de l’entrée de Bacongo

Après l’obtention de ton diplôme, des études collégiales à la clé

Tu t’offrais joyeusement la grande entrée du lycée Savorgnan de Brazza

Où tu goûtais avec fierté aux premières orientations de ta scolarité

Savourant avec appétit la série scientifique comme un bon repas

Parfait, avec ton parfait cursus universitaire depuis Marien Ngouabi

Jusqu’en France dans la ville du grand Victor Hugo à Besançon

Ta soif d’apprendre jusqu’à Mulhouse dans la ville d’Alfred Dreyfus

Fût sanctionné par un doctorat dans la ville de Gustave Eiffel à Dijon.

Parfait, nos pensées, nos chants et nos pleurs t’accompagnent à ta dernière demeure

Tu as vécu et vivra dans nos cœurs à travers le legs de ton combat qui nous murmure

Tes paroles de chevet comme un hymne devant résonner dans notre conscience

Pour l’avenir de nos enfants, l’avenir de notre beau pays le Congo dans sa mouvance

Cher combattant de la politique congolaise, trop tôt parti à la croisée des chemins

Voilà qu’en ce mois de mars, tu y associais comme de nombreux autres ton destin

Passe à travers l’arche mémorable et trouve ta place auprès des pères de la nation

Comme un bon fils qui a laissé à ses compatriotes l’expression de sa belle exhortation

Dans l’éternel regret de ta chère âme

Repose en paix dans la terre des Hommes

In Causa Nostrae Laetitiae !

(Dans la cause de notre joie)

Jean Vital Fructueux Kolélas-Kouka, ton grand frère qui ne t’oubliera jamais

Diffusé le 01 avril 2021, par http://www.congo-liberty.com

Congo: la mort de l’opposant Kolélas conforte le pouvoir absolu de Sassou Nguesso

mars 22, 2021
Congo: la mort de l'opposant Kolelas conforte le pouvoir absolu de Sassou Nguesso
Congo: la mort de l’opposant Kolélas conforte le pouvoir absolu de Sassou Nguesso© AFP/Archives/MARCO LONGARI

La mort lundi de l’opposant Guy-Brice Parfait Kolélas, principal rival du sortant Denis Sassou Nguesso à la présidentielle au Congo-Brazzaville, conforte le pouvoir absolu du maître de Brazzaville, dont la réélection s’annonce déjà comme un plébiscite d’après les premières tendances officielles lundi.

Le président sortant, 36 ans au pouvoir, obtient entre 90 et 100 % des voix dans de nombreux centres de vote aux quatre coins du pays, selon les résultats provisoires dans 35 villes ou quartiers présentés par le président de la commission électorale, Henri Bouka. Les résultats provisoires définitifs devraient être connus mardi ou mercredi, a-t-il ajouté.

En 2016, M. Sassou Nguesso avait été réélu au premier tour avec 60 % des voix, devant M. Kolélas (15 %), selon des résultats violemment contestés.

Testé positif au Covid-19, Kolélas, 61 ans, est décédé en France lundi aux premières heures juste après l’arrivée de l’avion médicalisé venu le chercher à Brazzaville dimanche après-midi, avant la fermeture des bureaux de vote.

« L’avion a atterri au Bourget (aéroport au nord de Paris pour les vols privés) à 02H35 environ, il est décédé à 02H40″, a déclaré un ami proche à l’AFP.

Le parquet de Bobigny (nord-est de Paris) a annoncé à l’AFP l’ouverture d’une enquête, confiée à la section criminelle, sur la recherche des causes de la mort de l’opposant, dont le corps n’a pas encore été rapatrié.

« Je l’ai eu au téléphone lundi (15 mars), je l’avais trouvé très fatigué », a repris son ami joint à Paris, effondré. « Il m’avait dit: +C’est la campagne, j’ai le palu+. Quand il est allé à l’hôpital, ils ont découvert que c’était le Covid et c’était trop tard ».

L’opposant avait publié une vidéo samedi, à quelques heures du scrutin et de la coupure de tout accès internet décidée par les autorités, comme souvent en Afrique centrale pour éviter la diffusion des procès verbaux des résultats à la sortie des bureaux de vote.

« Mes chers compatriotes, je me bats contre la mort, mais cependant, je vous demande de vous lever. Allez voter pour le changement. Je ne me serai pas battu pour rien », affirmait-il dans cette vidéo, alité et affaibli.

« Vous aussi, battez-vous, pour votre changement. Il en va de l’avenir de vos enfants », ajoutait Guy-Brice Parfait Kolélas avant de remettre son masque d’assistance respiratoire et de se rallonger.

« Qui peut le remplacer »

Après sa mort, l’autre principal candidat de l’opposition, l’ex-ministre Mathias Dzon, a annoncé un recours auprès de la Cour constitutionnelle pour l’annulation du premier tour.

Sa mort laisse l’opposition encore plus affaiblie. Deux autres opposants, candidats en 2016, le général Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, purgent une peine de 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

Le principal parti d’opposition, l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UDAPS), avait boycotté l’élection de 2021.

Dans les quartiers sud de Brazzaville, son fief, l’ambiance était normale, la population reprenant ses activités quotidiennes au lendemain du vote.

Quelques tensions ont été enregistrés autour du siège du parti de M. Kolélas, de la part d’une frange excitée de ses partisans. C’est ici qu’un correspondant congolais de TV5 Monde, Berdy Pambou, a été agressé avec son caméraman, a-t-il indiqué. La police a dû intervenir.

« Guy-Brice Parfait Kolélas était un grand leader politique congolais. Avec lui on espérait le changement. La population congolaise est très émue. Pour le moment, on n’imagine pas qui peut le remplacer », a déclaré à l’AFP un sympathisant, Wilfrid Raoul, rencontré au marché Total, aux portes de la région du Pool, son fief.

Opposant historique, il apparaissait comme le seul vrai rival de M. Sasssou Nguesso, 77 ans, dont 36 au pouvoir, de 1979 à 1992, puis depuis 1997, à l’issue d’une guerre civile dont il est sorti victorieux.

Ce dernier lui avait souhaité un « prompt rétablissement » dimanche, avant de se féliciter de la bonne tenue du scrutin.

Aucun incident majeur n’a été enregistré lors du vote sous haute surveillance, selon les éléments que l’AFP a pu collecter sur le terrain et par SMS (également coupés dans la journée).

L’Eglise catholique a émis des réserves sur la transparence du scrutin. Ses observateurs électoraux n’ont pas obtenu d’accréditations.

En 2015, M. Sassou Nguesso a fait sauter le verrou constitutionnel qui imposait une limite d’âge et un maximum de deux mandats présidentiels.

En 2016, sa réélection contestée avait déclenché une violente rébellion dans la région du Pool.

Source AFP avec Le Point

Le principal opposant congolais est décédé

mars 22, 2021

BRAZZAVILLE, République du Congo — Le principal opposant congolais est décédé, a annoncé lundi un porte-parole.

© Fournis par La Presse Canadienne

Guy Brice Parfait Kolelas avait été hospitalisé dimanche, le jour du scrutin présidentiel dans son pays, en raison de complications liées à la COVID-19.

L’homme de 61 ans avait été envoyé vers la France par avion pour recevoir des soins, mais il est mort peu de temps après l’atterrissage à Paris.

On l’avait vu pour la dernière fois samedi dans une vidéo mise en ligne et dans laquelle il prévenait ses partisans qu’il luttait pour sa vie.

Son porte-parole Justin Nzoloufoua a confirmé son décès à l’Associated Press lundi. On tente maintenant de rapatrier son corps à Brazzaville.

M. Kolelas avait reçu 15 % du vote lors du dernier scrutin présidentiel. On s’attendait à ce qu’il termine deuxième derrière le président Denis Sassou N’Guesso, qui gouverne la République du Congo depuis plus de 36 ans.

M. Sassou N’Guesso a assuré lundi que le vote de la veille s’est bien déroulé.

«Je peux donc affirmer que la démocratie fonctionne dans notre pays», a dit le président, qui a reçu 60 % des votes la dernière fois.

M. Kolelas avait raté le dernier événement de sa campagne vendredi, après avoir dit aux journalistes un peu plus tôt qu’il craignait souffrir du paludisme.

La vidéo mise en ligne samedi le montrait portant un masque d’oxygène et un brassard pour la pression artérielle, allongé dans un lit d’hôpital.

«Mes chers compatriotes, je ne vais pas bien. Je lutte pour ma vie, avait-il d’une voix faible. Je vous demande toutefois de vous tenir debout et de voter pour le changement. Je ne veux pas m’être battu en vain.»

L’opposant tirait à boulets rouges sur le président Sassou N’Guesso depuis quelques jours, affirmant que la République du Congo s’est transformée en «État policier».

M. Sassou N’Guesso détient le troisième règne le plus long en Afrique, ayant gouverné entre 1979 et 1992, et étant au pouvoir depuis 1997. Son pays est souvent éclipsé par le gigantesque Congo voisin.

La République du Congo compte environ 5,4 millions d’habitants. On y recense moins de 10 000 infections confirmées et 134 décès depuis le début de la pandémie.

Avec La Presse Canadienne par Louis Okamba, The Associated Press

Présidentielle au Congo : décès de l’opposant Guy-Brice Parfait Kolélas

mars 22, 2021
Guy Brice Parfait Kolelas, en 2017.

L’opposant congolais Guy-Brice Parfait Kolélas, principal rival de Denis Sassou Nguesso à la présidentielle de dimanche, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi.

Guy-Brice Parfait Kolélas est mort dans la nuit de dimanche à lundi des suites du Covid-19 lors de son évacuation sanitaire vers la France, a annoncé son directeur de campagne. « Il est décédé dans l’avion médicalisé qui était venu le chercher à Brazzaville », a déclaré Christian Cyr Rodrigue Mayanda.

« On va continuer à compter les bulletins. Il était en tête dans un certain nombre de localités », a ajouté le directeur de campagne, qui a appelé les partisans de Guy-Brice Parfait Kolélas à un rassemblement, ce lundi à 11h00 (10h00 GMT).

Dimanche, après avoir voté à Ouenzé, Denis Sassou Nguesso avait laissé entendre que la présidence avait pris en charge son évacuation et lui avait souhaité un prompt rétablissement.

« Je me bats contre la mort »

L’opposant avait été testé positif au Covid-19 vendredi après-midi et n’avait pu animer son dernier meeting de campagne à Brazzaville. À quelques heures du scrutin, il avait publié une vidéo dans laquelle il affirmait « se battre contre la mort ».

« Mes chers compatriotes, je me bats contre la mort, mais cependant, je vous demande de vous lever. Allez voter pour le changement. Je ne me serais pas battu pour rien », avait affirmé dans cette vidéo Kolélas, alité, affaibli, juste après avoir retiré un masque d’assistance respiratoire.

« Levez-vous comme un seul homme. Faites-moi plaisir. Je me bats sur mon lit de mort. Vous aussi, battez-vous, pour votre changement. Il en va de l’avenir de vos enfants », avait-il ajouté avant de remettre son masque.

Opposant historique, Guy-Brice Parfait Kolélas, 60 ans, est apparu cette année comme le principal adversaire du président sortant, Denis Sasssou Nguesso, 77 ans dont 36 au pouvoir, qui ne cachait pas sa volonté de se faire réélire dès le premier tour dimanche. Les résultats du scrutin ne sont pas attendus avant plusieurs jours.

Par Jeune Afrique avec AFP

Congo : le principal opposant, positif au Covid-19, évacué en France

mars 21, 2021

PRÉSIDENTIELLE. Son absence lors de son meeting à Brazzaville avait secoué ses partisans, Guy-Brice Parfait Kolelas est apparu malade, mais motivé dans une vidéo.

Guy-Brice Parfait Kolelas est le fils de Bernard Kolelas, ancien Premier ministre en 1997, en pleine guerre civile.
Guy-Brice Parfait Kolélas est le fils de Bernard Kolélas, ancien Premier ministre en 1997, en pleine guerre civile.© MARCO LONGARI / AFP

L’opposant Guy-Brice Parfait Kolelas, principal rival du président sortant Denis Sassou Nguesso ce dimanche à l’élection au Congo-Brazzaville, a été testé positif au Covid-19 et affirme « se battre contre la mort » dans un message vidéo diffusé samedi, la veille du scrutin. « Mes chers compatriotes, je me bats contre la mort, mais cependant, je vous demande de vous lever. Allez voter pour le changement. Je ne me serais pas battu pour rien », affirme Kolelas ou (« Pako », pour les intimes), alité, affaibli, juste après avoir retiré un masque d’assistance respiratoire. « Levez-vous comme un seul homme. Faites-moi plaisir. Je me bats sur mon lit de mort. Vous aussi, battez-vous, pour votre changement. Il y va de l’avenir de vos enfants », ajoute-t-il, avant de remettre son masque, à la fin de cette vidéo datée de vendredi.

« Levez-vous comme un seul homme »

Guy-Brice Parfait, 60 ans, « a été testé positif au Covid-19 hier (vendredi) après-midi », a indiqué son directeur de campagne Cyr Mayanda. Un avion a décollé de France pour son évacuation vers Paris qui devrait avoir lieu « dimanche matin », a-t-il ajouté. Vendredi, le candidat n’avait pas pu animer son dernier meeting de campagne à Brazzaville, avait constaté des journalistes sur place dont l’AFP.

Opposant historique, Guy-Brice Parfait Kolelas, 60 ans, économiste entré en politique sur les conseils de son père, Bernard Kolélas, disparu en 2009 après avoir lutté contre le colonialisme et tous les régimes qui ont dirigé le Congo après son indépendance en 1960, est arrivé deuxième du scrutin de 2016 derrière le président Sassou Nguesso, selon des résultats contestés par une violente rébellion dans son fief du Pool (sud de Brazzaville) à l’époque. Il est apparu cette année comme le seul vrai rival du président sortant, 77 ans, dont 36 au pouvoir, qui ne cache pas sa volonté de se faire réélire dès le premier tour dimanche. Ses adversaires et la société civile ont déjà mis en cause la transparence du scrutin, même si la campagne s’est déroulée dans le calme. Kolélas s’est largement appuyé sur sa « base électorale » constituée des membres de la communauté lari habitant la région du Pool (Sud) et les quartiers sud de Brazzaville.

Kolélas, l’opposant qui rêve d’ « alternance » au Congo

Parfait Kolélas a fait de hautes études et a obtenu en 1987 un diplôme de troisième cycle d’études supérieures spécialisées (DESS) en économie et gestion des transports internationaux à Mulhouse-Colmar (université de Mulhouse) en France. En 1993, il obtient un doctorat en économie. Il a ensuite enseigné dans les universités françaises avant de rentrer au pays où il a travaillé au ministère de l’Administration du territoire. En 1997, son père Bernard Kolélas est nommé Premier ministre par Pascal Lissouba, et sa milice prête main-forte à celle du chef de l’État qui affronte dans Brazzaville les miliciens de Denis Sassou Nguesso. Soutenu notamment par l’Angola, Sassou Nguesso remporte la guerre et s’installe au pouvoir. Bernard Kolélas est contraint à l’exil au Mali avec sa famille, dont Guy-Brice Parfait Kolélas, son quatrième fils. « C’est en plein exil que mon père m’a demandé de poursuivre le combat politique. Il ne l’a dit qu’à moi, pas aux autres, alors que nous [étions] douze frères et sœurs », a affirmé Parfait Kolélas lors d’un récent meeting.

Parfait Kolélas retourne au pays en 2005 après la mort de sa mère, dont le pouvoir de Denis Sassou Nguesso a autorisé l’inhumation à Brazzaville. En 2007, le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCCDI), parti créé par Kolélas père en 1990, signe un accord de gouvernement avec le Parti congolais du travail (PCT) de Denis Sassou Nguesso. Profitant de cet accord, Parfait Kolélas intègre le gouvernement en 2009 comme ministre de la Pêche avant d’occuper le portefeuille de la Fonction publique et de la Réforme de l’État jusqu’en 2015.

Les prises de position du ministre Parfait Kolélas dérangent ses partenaires du pouvoir lorsqu’il s’oppose publiquement en 2015, mais en vain, à la réforme de la Constitution qui permet au président de se représenter après deux mandats. Sassou Nguesso est proclamé vainqueur de la présidentielle contestée de 2016, à laquelle Parfait Kolélas avait pris part après avoir créé son parti, l’Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki). Soutenu par l’ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, M. Kolélas est officiellement classé deuxième avec 15 % de suffrages.

« J’ai juste pris acte des résultats de l’élection, mais je ne les ai jamais reconnus. Parce qu’il y avait logiquement un deuxième tour entre moi et le général Jean-Marie Michel Mokoko », autre candidat malheureux, répète souvent Kolélas qui a promis, en cas de victoire dimanche, de libérer celui-ci, condamné à 20 ans de travaux forcés au côté de l’ex-ministre André Okombi Salissa – également battu – pour « pour atteinte à la sécurité de l’État », après avoir contesté la victoire électorale du président Sassou Nguesso. L’élection est « sans espoir d’alternance », estiment cependant des analystes politiques. Quant à la conférence épiscopale du Congo, elle a émis de sérieuses réserves sur la transparence du scrutin.

Rappelons que la Constitution congolaise stipule dans son article 70 qu’une élection peut être reportée si un candidat décède ou est incapable de participer au vote.

Par Le Point Afrique (avec AFP)

Congo-Brazzaville: Guy-Brice Parfait Kolélas hospitalisé à la veille de la présidentielle

mars 20, 2021

Guy-Brice Parfait Kolelas, leader de l'Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki) lors d'un point de presse le 3 janvier 2021 à Brazzaville
Guy-Brice Parfait Kolelas, leader de l’Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki) lors d’un point de presse le 3 janvier 2021 à Brazzaville © Loïcia Martial / RFI

Guy-Brice Parfait Kolélas hospitalisé au Congo-Brazzaville, à la veille de l’élection présidentielle à laquelle il est candidat. Selon son directeur de campagne, il a été diagnostiqué positif au Covid 19, vendredi 19 mars. Il est l’un des principaux adversaires du président Denis Sassou-Nguesso dans cette élection. Ses proches travaillent ce samedi soir à sa possible évacuation vers la France.

Guy-Brice Parfait Kolélas est apparu affaibli au cours de ses meetings de campagne cette semaine. Son entourage évoquait alors une crise de paludisme aigu.

Vendredi, il était même absent de son meeting de clôture, contraint d’être hospitalisé dans une clinique privée de Brazzaville. Et c’est donc là qu’il a été diagnostiqué vendredi après-midi au Covid-19 selon Cyr Mayanda son directeur de campagne.

Dans une vidéo qui circule ce soir sur les réseaux sociaux, et dont cette même source confirme à RFI l’authenticité, l’opposant apparaît sur son lit d’hôpital. Il est assisté d’un respirateur qu’il éloigne de sa bouche pour dire  quelques mots : « Je suis en difficulté, je me bats contre la mort… », dit-il, avant d’appeler les Congolais à se rendre aux urnes ce dimanche.

De sources concordantes, il est question que Guy-Brice Parfait Kolélas soit évacué ce samedi soir vers la France pour y être soigné. Aucune confirmation ni réaction officielle des autorités congolaises pour le moment.

Avec RFI

Tchad : ce que les autorités reprochent à l’opposant Yaya Dillo Djerou

mars 1, 2021
L’ancien chef rebelle tchadien Yaya Dillo Djerou à N’Djamena, le 10 novembre 2007.

Le domicile de Yaya Diallo Djerou était encore encerclé par les forces de l’ordre tchadiennes le matin du lundi 1er mars. Une tentative d’arrestation de l’opposant y a fait au moins deux morts la veille. 

Selon les autorités tchadiennes, au moins deux personnes ont été tuées et cinq autres blessées dimanche 28 janvier à N’Djamena, dans des échanges de tirs au cours d’une tentative d’interpellation au domicile de l’opposant et ancien ministre Yaya Dillo Djerou.

« Il y a eu deux morts et cinq blessés dont trois parmi les forces de l’ordre, a indiqué Chérif Mahamat Zene, porte-parole du gouvernement. Les forces de défense et de sécurité […] ayant essuyé des tirs d’armes », elles « n’ont pas eu d’autre choix que de riposter ».

« Le gouvernement condamne avec la dernière énergie cette rébellion armée au cœur de la capitale, qui n’est qu’une tentative de déstabilisation des institutions de l’État fomentée de longue date », a accusé le porte-parole.

Confrontation avec Hinda Déby Itno…

« Ils viennent de tuer ma mère et plusieurs de mes parents », a quant à lui affirmé Yaya Dillo Djerou, qui s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle du 11 avril. « Un blindé a enfoncé ma porte principale. La lutte pour la justice doit continuer pour sauver notre pays. […] Mes chers compatriotes, levons-nous ! » a-t-il ajouté dimanche 28 février dans la soirée.

Yaya Dillo Djerou est sous le coup de deux mandats d’arrêt à la suite d’une plainte déposée en mai 2020 par la première dame, Hinda Déby Itno, et sa fondation Grand Cœur pour diffamation et injures. L’opposant avait dénoncé sur les réseaux sociaux une convention signée entre Grand Cœur et le gouvernement dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

Ancien ministre des Mines et de l’Énergie et ex-conseiller à la présidence de la République, il avait parlé de « conflit d’intérêts » à propos de cet accord dans une vidéo qui était par la suite devenue virale. Selon Dillo Djerou, la fondation s’attribue de façon abusive les prérogatives de certains ministères, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

… et candidature à la présidentielle

À la suite de cette plainte, l’ancien conseiller du président avait été suspendu, le 11 mai 2020, de ses fonctions de représentant tchadien à la Commission économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) pour « manque de neutralité et violation du droit de réserve ». Sous la pression de N’Djamena, et notamment de la vice-présidente de la Commission, Fatima Haram Acyl, sœur d’Hinda Déby Itno, il en avait été licencié le 6 juillet.

Selon nos informations, plusieurs convocations ont été émises depuis mai 2020 par la justice tchadienne pour entendre Yaya Dillo Djerou, lequel ne s’est pas présenté, mettant en avant jusque début juillet l’immunité que lui conférait son rôle au sein de la Cemac.

La police a aussi tenté de se présenter à son domicile à au moins deux reprises, mais a rebroussé chemin face aux partisans présents sur les lieux.

INTERROGÉ EN PLACE PUBLIQUE DEVANT UNE FOULE DE SPECTATEURS FILMANT LA SCÈNE

L’ancien ministre a toutefois été entendu début juillet par des agents de la police judiciaire, lors d’un séjour privé dans son village d’Iriba, dans la province de Wadi Fira (frontalière avec le Soudan). Une scène étonnante puisque l’ancien rebelle du Socle pour le changement, l’unité et la démocratie (Scud), rallié en 2007 à Idriss Déby Itno, y a été interrogé en place publique devant une foule de spectateurs filmant la scène.

« De la barbarie pure et simple », selon Saleh Kebzabo

Le 26 février, Yaya Dillo Djerou avait déposé son dossier de candidature pour la présidentielle du 11 avril prochain, lors de laquelle le président Idriss Déby Itno briguera un sixième mandat. Il avait été désigné mi-février par le Parti socialiste sans frontières (PSF), à l’issue d’un congrès extraordinaire organisé sur le thème « L’heure du changement a sonné ».

Ce 1er mars, Saleh Kebzabo, autre opposant ayant déclaré sa candidature à la magistrature suprême, a annoncé suspendre sa participation au processus électoral. Il a qualifié les événements au domicile de Yaya Dillo Djerou de « barbarie pure et simple » de la part de « dirigeants indignes ». Succès Masra, autre prétendant ayant déposé son dossier de candidature pour la présidentielle, a réclamé la démission d’Idriss Déby Itno.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Tensions postélectorales au Niger : l’opposant Hama Amadou s’est rendu à la police

février 26, 2021
Mahamane Ousmane et Hama Amadou lors d’une rencontre de l’opposition à Niamey, le 5 octobre 2014.

Alors que les tensions se poursuivent après l’annonce des résultats de la présidentielle, Hama Amadou s’est présenté de lui-même à la police, à Niamey. Depuis le 23 février, 468 personnes ont été arrêtées et deux autres sont décédées dans des échauffourées dans la capitale.

Hama Amadou s’est rendu à la police, en début d’après-midi le 26 février. Soupçonné par les autorités d’incitation à la violence et d’avoir appelé ses partisans à manifester dans les rues de Niamey, l’opposant, principal soutien de Mahamane Ousmane, s’est présenté de lui-même à un commissariat de Niamey pour y être entendu, a appris Jeune Afrique. Il est accompagné de deux de ses avocats.

Depuis deux jours, les tensions se sont peu à peu intensifiées à Niamey, considérée comme un bastion de l’opposition. Les manifestations ont fait suite à l’annonce des résultats provisoires de la présidentielle, lesquels ont donné Mohamed Bazoum vainqueur avec 55,75% des suffrages. Mais Mahamane Ousmane a rejeté ce verdict et revendique lui aussi la victoire, affirmant avoir comptabilisé 50,3 % des voix, selon les comptes de l’opposition.

Hama Amadou soupçonné d’ »appel au meurtre »

À Niamey, plusieurs bâtiments ont notamment été incendiés et les échauffourées entre les manifestants et la police – qui a répliqué à grand renfort de gaz lacrymogène – ont fait deux morts, selon le ministère de l’Intérieur. Ce dernier a également annoncé jeudi 25 février avoir procédé à 468 arrestations depuis le 23 février, « y compris certains hommes politiques », selon les mots du ministre Alkaché Alhada.

D’après les autorités, l’une des personnes décédées a été victime d’une crise d’épilepsie pendant une manifestation, l’autre, un garde de corps de l’ancien Premier ministre Seini Oumarou, ayant été tuée par balle. Il y a eu « des dégâts, destructions d’infrastructures, de biens publics et privés », a précisé le ministre de l’Intérieur, qui avait pointé du doigt Hama Amadou, « principal responsable » et coupable selon lui d’ »appel au meurtre, à la violence », de « propos racistes inacceptables » et de « xénophobie ».

La France, la Cedeao et l’ONU appelle au dialogue

Parmi les personnes arrêtées figure l’ancien chef d’état-major des armées Moumouni Boureima, proche de Amadou Hama, accusé d’être un des « meneurs » des troubles qui ont émaillé l’annonce des résultats. Le 25 février, le domicile du correspondant de RFI, a également été incendié. La direction de RFI a estimé que son correspondant « a été visé en tant que journaliste » et « condamne cet acte liberticide et continuera de défendre la liberté d’informer ».

La France, la Cedeao et l’ONU ont quant à elles appelé au dialogue. Condamnant ces violences, Paris a appelé l’ensemble des parties au « dialogue » et « à recourir aux voies légales pour régler tout différend ». Dans un communiqué commun, la Cedeao et l’ONU « condamnent fermement les actes de violence » et « appellent toutes les parties prenantes à la retenue ». Lors d’une rencontre à Niamey avec les diplomates étrangers et les représentants des organisations internationales, le Premier ministre nigérien Brigi Rafini leur a demandé d’aider son pays au dialogue avec l’opposition « pour un Niger uni et sans fractures ».

Par Jeune Afrique avec AFP