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Justin Trudeau à l’OTAN : des fissures dans l’Alliance atlantique

juin 28, 2022

L’adhésion éventuelle de la Suède et de la Finlande ainsi que l’avenir de l’opération militaire en Ukraine divisent les pays membres de l’OTAN.

Portrait du premier ministre Justin Trudeau, songeur.

Le principal dilemme auquel font face les dirigeants de l’OTAN : est-il suffisant d’aider l’Ukraine à ne pas perdre la guerre ou faut-il avoir un plan pour aider les Ukrainiens à la gagner? Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

La force de l’OTAN repose surtout sur son unité et sur sa puissance de dissuasion. L’une et l’autre sont mises à rude épreuve, quatre mois après le début de la guerre en Ukraine.

À l’ouverture du sommet de Madrid, les pays membres ne sont pas à l’unisson sur plusieurs questions fondamentales. Leur principal dilemme : est-il suffisant d’aider l’Ukraine à ne pas perdre la guerre ou faut-il avoir un plan pour aider les Ukrainiens à la gagner?

Au sein de l’OTAN, les différends existent et leurs conséquences sont réelles, estime Frédéric Mérand, professeur de science politique à l’Université de Montréal.

« Le danger, c’est que les nuances de position entre les pays soient exploitées par Moscou et finissent par devenir un facteur de paralysie pour l’OTAN. »— Une citation de  Frédéric Mérand, professeur à l’Université de Montréal

Parmi les décisions qui doivent être prises au sommet :

  • Quel genre d’armement supplémentaire sera acheminé au front?
  • Combien de troupes voudra-t-on envoyer dans les pays baltes, à la frontière de l’Ukraine, comme force de dissuasion contre la Russie?
  • Comment persuader la Turquie de ne pas bloquer l’adhésion de deux nouveaux membres, la Suède et la Finlande, à l’OTAN?
  • Comment préparer la reconstruction de l’Ukraine?

Il est vital que l’OTAN dégage un consensus sur ces enjeux, selon Stéfanie von Hlatky, professeure d’études politiques à l’Université Queen’s.

« Montrer que l’OTAN est unie envoie un message politique et diplomatique beaucoup plus convaincant envers la Russie, au-delà des capacités militaires de ses 30 États membres. »— Une citation de  Stéfanie von Hlatky, professeure à l’Université Queen’s

L’avenir de l’opération

Certains dirigeants, comme le président français Emmanuel Macron, croient qu’il faut laisser une porte de sortie à Vladimir Poutine afin qu’il ne perde pas la face. Cette option signifierait probablement une entente avec l’Ukraine pour céder une partie de son territoire dans l’est du pays.

Une idée à laquelle le président ukrainien Volodymyr Zelensky oppose une fin de non-recevoir, avec l’appui du Canada et des États-Unis.

Pour le Canada, une victoire de l’Ukraine se concrétisera par un retrait total des forces russes du territoire ukrainien, affirme le professeur Frédéric Mérand. Alors que pour la France, l’Italie et l’Allemagne, l’Ukraine devra probablement accepter d’avoir perdu une partie de sa souveraineté pour, un jour, signer un traité avec la Russie.

La position commune qui se dégagera sur cet enjeu dictera en partie les prochaines étapes de l’OTAN dans son soutien à l’Ukraine.

Plus de troupes dans les pays baltes?

Le Canada pourrait être appelé à augmenter sa présence militaire ou ses missions de formation en Lettonie. L’OTAN souhaite augmenter sa présence militaire dans les pays baltes pour consolider sa position défensive et avoir un effet dissuasif sur la Russie.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, fait pression pour que les pays membres s’engagent à hausser leur contribution en Lettonie, en Lituanie et en Estonie. Et il annonce qu’il veut tripler la taille de sa force d’intervention rapide, pour atteindre 300 000 soldats.

C’est sûr que le Canada pourrait toujours en faire plus, estime Stéfanie von Hlatky. Surtout que les dépenses militaires du pays n’ont toujours pas atteint la cible de 2 % de son PIB, contrairement à d’autres alliés comme l’Allemagne. Ça met plus de pression sur le Canada, croit Mme von Hlatky.

L’adhésion de la Suède et de la Finlande

Justin Trudeau apporte déjà son soutien sans équivoque à l’adhésion de la Suède et de la Finlande, un sujet chaud qui sera discuté au sommet de Madrid.

Si la Suède et la Finlande étaient acceptées au sein de l’OTAN, l’Alliance atlantique étendrait son influence jusqu’aux frontières de la Russie.

Ce serait un signe d’échec pour Vladimir Poutine, selon le professeur Frédéric Mérand. Avant la guerre en Ukraine, la Russie luttait contre l’influence accrue de l’OTAN dans la région. Maintenant, l’OTAN pourrait être à la porte de la Russie, dit M. Mérand.

Mais ce n’est pas chose faite. L’OTAN doit accepter les nouveaux membres à l’unanimité. Or, la Turquie s’oppose à l’adhésion de la Suède et de la Finlande, notamment parce qu’elle les accuse (surtout la Suède) de ne pas adopter la ligne dure envers des éléments extrémistes kurdes considérés comme terroristes.

L’objection de la Turquie est surtout un prétexte, croit cependant Stéfanie von Hlatky, dans le but de soutirer des concessions sur d’autres enjeux, notamment l’achat d’avions de chasse américains.

La Turquie est toujours un fauteur de troubles au sein de l’Alliance, explique Frédéric Mérand, surtout parce qu’elle entretient des liens étroits avec la Russie, entre autres pour l’achat d’énergie et d’armement.

Pour Stéfanie von Hlatky, l’adhésion des deux pays est une question de temps. La Suède et la Finlande ont décidé de présenter leur demande ensemble. Le message que ça envoie, c’est que ce ne sera pas une sans l’autre. Ça met un peu plus de pression sur l’OTAN.

De plus, pour la première fois, les premiers ministres du Japon, de l’Australie et de la Corée du Sud ont été invités à l’OTAN. Devant l’agressivité de la Russie et, aussi, la montée en force de la Chine, l’Alliance atlantique se cherche de nouveaux alliés.

Avec Radio-Canada par Christian Noël

La Finlande favorable à une adhésion « sans délai » à l’OTAN

mai 12, 2022

Le Kremlin considère ce développement comme une menace et entend prendre des mesures « pour équilibrer la situation ».

Une enseigne s'élève devant le quartier général de l'Alliance.

Les drapeaux des pays membres de l’OTAN sont hissés devant le quartier général de l’Alliance, à Bruxelles, en Belgique. Photo : Reuters/Pascal Rossignol

Le président et la première ministre de la Finlande se sont dits favorables jeudi à une adhésion « sans délai » du pays nordique à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), en annonçant une conférence de presse sur la décision du pays nordique pour dimanche.

Être membre de l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord renforcerait la sécurité de la Finlande. En tant que membre de l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord, la Finlande renforcerait l’alliance dans son ensemble. La Finlande doit être candidate à l’adhésion à l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord sans délai, ont affirmé le président Sauli Niinistö et la première ministre Sanna Marin dans un communiqué commun.

Une conférence de presse du tandem exécutif sur les décisions concernant la politique de sécurité de la Finlande est prévue dimanche, indique la présidence.

Nous espérons que les étapes nationales encore nécessaires à cette décision seront prises rapidement dans les tout prochains jours, ont indiqué M. Niinistö, interlocuteur régulier de Vladimir Poutine ces dernières années, et Sanna Marin, plus jeune première ministre d’Europe.Sanna Marin s'adresse aux médias en conférence de presse.

La première ministre de la Finlande, Sanna Marin, estime que son pays doit être candidat pour adhérer à l’OTAN sans délai. Photo : Reuters

Cette adhésion de la Finlande à l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord serait assurément une menace pour la Russie, a réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d’une conférence de presse.

« L’élargissement de l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord et le rapprochement de l’Alliance de nos frontières ne rendent pas le monde et notre continent plus stable et plus sûr. »— Une citation de  Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin

La réponse de la Russie dépendra des retombées pratiques de ce processus, de l’avancée des infrastructures militaires vers nos frontières, a-t-il ajouté. Tout cela constituera les éléments d’une analyse spécifique et pour l’élaboration des mesures nécessaires afin d’équilibrer la situation.

Le secrétaire général de l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord, le Norvégien Jens Stoltenberg, a salué jeudi la volonté des dirigeants finlandais d’intégrer l’Alliance atlantique.

Il s’agit d’une décision souveraine de la Finlande […] Si la Finlande décidait de postuler, elle serait chaleureusement accueillie au sein de l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord et le processus d’adhésion se déroulerait sans heurts et rapidement, a-t-il assuré dans une déclaration.

Une décision historique

La prise de position officielle de l’exécutif marque la bascule de la ligne finlandaise, qui partage une frontière de 1300 kilomètres avec la Russie et un passé douloureux avec son puissant voisin.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février a fait basculer rapidement l’opinion et les responsables politiques finlandais, tout comme en Suède, qui pourrait également annoncer rapidement une candidature.

Pas moins de 76 % des 5,5 millions de Finlandais sont désormais pour l’adhésion, selon un sondage publié lundi, soit le triple de son niveau d’avant-guerre.

Une très large majorité des 200 députés au Parlement est acquise, avec des opposants tombés autour d’une dizaine, et la plupart des partis sont désormais favorables. Le parti social-démocrate de Sanna Marin doit prendre position en dernier ce samedi.Sauli Niinistö parle lors d'une conférence de presse.

Le président de la Finlande, Sauli Niinistö, en conférence de presse mercredi. Photo: AP/Frank Augstein

Adhérer à l’OTAN ne serait contre personne, avait affirmé mercredi soir le président finlandais, en réponse aux mises en garde russes contre une entrée d’Helsinki dans l’alliance.

Pour le chef de l’État finlandais, longtemps un avocat du dialogue Est-Ouest, la Russie ne peut s’en prendre qu’à elle-même de voir son voisin rejoindre l’alliance.

« Si nous adhérions [à l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord], ma réponse [à la Russie] serait : « C’est vous qui avez fait cela, regardez-vous dans le miroir. » »— Une citation de  Sauli Niinistö, président de la Finlande

Mercredi, la commission de la défense du Parlement finlandais avait conclu que l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord était la meilleure option pour la sécurité du pays après l’invasion russe de l’Ukraine.

Soumise à une forme de neutralité forcée par Moscou durant la guerre froide, la Finlande, ancienne province russe (1809-1917) et envahie par l’Union soviétique en 1939, avait adhéré à l’Union européenne et au Partenariat pour la paix de l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord après la chute de l’Union soviétique, mais était restée non membre de l’alliance.

Tout en menant d’importantes consultations intérieures et internationales, le président Niinistö et la première ministre Marin s’étaient abstenus jusqu’ici d’exprimer publiquement leur préférence dans ce dossier.

Si le président Niinistö, qui est peut-être le leader d’opinion avec le plus d’influence dans le pays, avait fait connaître son choix plus tôt, cela aurait pu étouffer le débat, souligne à l’AFP Iro Särkkä, professeure de sciences politiques à l’Université d’Helsinki.

La décision formelle sur l’adhésion doit être prise par un Conseil sur la sécurité et la politique étrangère, réunissant le chef de l’État, la première ministre et plusieurs ministres.

Inquiètes de la réaction de la Russie à leurs probables demandes d’adhésion à l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord, la Suède et la Finlande ont déjà cherché à obtenir des assurances de protection pendant les mois nécessaires à leur entrée formelle dans l’Alliance atlantique.

À l’occasion d’une visite de Boris Johnson dans les deux pays mercredi, le Royaume-Uni a ainsi signé des déclarations de protection mutuelle avec la Suède ainsi qu’avec la Finlande.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

La Russie met en garde la Suède et la Finlande contre une adhésion à l’OTAN

avril 14, 2022

Moscou a réitéré jeudi qu’une adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN aurait des conséquences « hautement indésirables ».

Le ministre adjoint des Affaires étrangères de la Russie a averti qu’une telle décision mènerait la Russie à renforcer ses moyens de défense dans la mer Baltique et mettrait fin aux discussions pour en faire une région dénucléarisée.

En effet, le vice-président du Conseil de sécurité de Russie et ancien président, Dmitri Medvedev, a affirmé que Moscou pourrait envisager de stationner des armes nucléaires dans la région.

Il ne peut plus y avoir de discussions sur le statut dénucléarisé de la Baltique. L’équilibre doit être rétabli », a déclaré Dmitri Medvedev.

Ces avertissements surviennent alors que la Suède et la Finlande, pays traditionnellement neutres, envisagent publiquement de devenir membres de l’OTAN, option de plus en plus populaire auprès de leur population selon les derniers sondages.

En visite à Stockholm hier, la première ministre finlandaise Sanna Marin a déclaré qu’une décision à ce sujet serait prise dans les prochaines semaines» , alors que le Parlement finlandais doit lancer un débat sur la question dès mercredi prochain.

© TT NEWS AGENCY/via reuters La première ministre suédoise Magdalena Andersson rencontrait son homologue finlandaise Sanna Marin à Stockholm, le 13 avril 2022.

Tout en se montrant un peu plus prudente, son homologue suédoise Magdalena Andersson a affirmé qu’une réévaluation rapide et complète » de l’environnement sécuritaire de la Suède s’avérait nécessaire en raison de l’invasion russe de l’Ukraine.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré à plusieurs reprises ces dernières semaines que la porte de l’Alliance était ouverte aux deux pays nordiques.

La Finlande et la Suède entretiennent déjà des liens étroits avec l’OTAN, participant régulièrement à des exercices militaires avec ses pays membres.

© Yves Herman/Reuters 30 000 soldats des pays membres de l’OTAN ainsi que de la Finlande et de la Suède ont participé à l’exercice militaire « Cold Response 2022 », à Setermoen dans le cercle polaire arctique, en Norvège.

Mais seule une adhésion complète leur permettrait de bénéficier de la protection du célèbre article 5 de l’Alliance, selon lequel une attaque contre un de ses membres est considérée comme une attaque contre chacun de ses signataires.

Avec CBC/Radio-Canada

Des armes « maintenant » ou « ce sera trop tard », implore l’Ukraine

avril 7, 2022

Severodonetsk, dans la région de Louhansk, a été la cible d’importants bombardements russes mercredi. La ville est sur la ligne de front dans le Donbass ukrainien, où l’armée russe concentre désormais ses opérations après s’être retirée du nord du pays. Photo : Getty Images/Fadel Senna

L’Ukraine a besoin des armes des pays de l’OTAN « maintenant », ou « ce sera trop tard », a déclaré jeudi le ministre ukrainien des Affaires étrangères au terme d’une réunion avec ses homologues des pays membres de l’Alliance, à Bruxelles.

Je ne doute pas que l’Ukraine aura les armes nécessaires pour combattre. La question c’est quand, a insisté Dmytro Kouleba lors d’une conférence de presse au siège de l’OTAN. Il a aussi réclamé avec la même urgence que les Occidentaux cessent d’acheter du pétrole et du gaz russes.

Nous avons besoin d’avions, de véhicules blindés, de défense antiaérienne , avait plaidé le ministre Kouleba avant la rencontre. J’appelle tous les alliés à mettre de côté leurs hésitations, leur réticence à fournir à l’Ukraine tout ce dont elle a besoin.

« Je viens demander trois choses : des armes, des armes et des armes. Plus rapidement elles seront livrées, plus de vies seront sauvées et de destructions évitées. »— Une citation de  Dmytro Kouleba, ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, avant la rencontre

« Nous savons nous battre. Nous savons comment gagner, mais sans un approvisionnement durable et suffisant de toutes les armes demandées par l’Ukraine, cette victoire imposera d’énormes sacrifices, avait ajouté le chef de la diplomatie ukrainienne.

L’Ukraine a le droit de se défendre. Nous allons écouter les besoins que va nous soumettre Dmytro Kouleba et discuter comment répondre, avait commenté le secrétaire général de l’Alliance transatlantique, Jens Stoltenberg.

Ce dernier doit s’adresser à la presse vers 9 h 30 (HNE) pour communiquer les résultats de la rencontre.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, en conférence de presse après sa rencontre avec ses homologues des pays de l’OTAN Photo : La Presse Canadienne/AP/Olivier Matthys

La requête de M. Kouleba est faite au moment où Kiev craint des villes de l’est ukrainien ne subissent le même sort que Marioupol, où des milliers de personnes vivent dans des conditions extrêmement précaires en raison du siège des troupes russes.

Les prochains jours sont peut-être la dernière chance pour partir. Toutes les villes libres de la région de Louhansk sont sous le feu ennemi, a alerté sur Facebook le gouverneur de la région, Serguiï Gaïdaï, indiquant que les Russes étaient en train de couper toutes les voies possibles de sortie.

La situation à Roubijne et Popasna, deux villes de la région de Louhansk, se détériore, a-t-il ajouté. Les évacuations sont compliquées et il n’y a pas un hôpital de la région qui soit toujours intact.

Le G7 s’engage à fournir une assistance accrue à Kiev

Avant la réunion des pays membres de l’OTAN, le ministre Kouleba a pu présenter ses arguments à ses homologues des pays du G7 et au chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, réunis au quartier général de l’Alliance.

Dans un communiqué publié au terme de la rencontre, les pays les plus industrialisés de la planète l’ont assuré de leur volonté de fournir une assistance accrue, notamment en termes de matériel militaire et de moyens financiers pour permettre à l’Ukraine de contrer l’agression russe et de se reconstruire.

Le G7 affirme par ailleurs condamn(er) dans les termes les plus vifs les atrocités commises par les forces armées russes à Boutcha et dans d’autres villes ukrainiennes.

Les auteurs de ces massacres […] devront rendre des comptes et seront poursuivis, ont-ils fait valoir, quelques jours après que des dizaines de corps de civils eurent été retrouvés dans cette banlieue de Kiev après le retrait des troupes russes.

Nous continuerons de lutter contre l’impunité de tous les complices de cette guerre choisie par Moscou, et notamment du régime d’Alexandre Loukachenko au Bélarus , assure en outre le G7.

L’Ukraine propose un accord équitable : le monde nous fournit le soutien que nous demandons, nous nous chargeons de combattre et de vaincre (le président russe Vladimir) Poutine en Ukraine, a écrit M. Kouleba sur Twitter après cette réunion.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, et le secrétaire d’État américain Antony Blinken, en discussion avec le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, jeudi, au siège de l’OTAN, à Bruxelles. Photo: Getty Images/AFP/Pool/Evelyn Hockstein

L’objectif de la réunion d’aujourd’hui au sein du G7 est de s’assurer que nous maintenons la pression sur la Russie, avait déclaré avant la rencontre la chef de la diplomatie canadienne, Mélanie Joly.

« Nous voulons aussi nous assurer qu’il n’y a pas de failles, qu’au sein de l’Occident, nous sommes coordonnés, et que chaque juridiction peut imposer des sanctions fortes sur les gens, en particulier Vladimir Poutine et ses oligarques, mais aussi sur des entreprises très importantes, qui alimentent la machine de guerre. »— Une citation de  Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères du Canada

Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 ont par ailleurs demandé jeudi la suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, dans une déclaration commune.

Nous sommes convaincus que le moment est venu de suspendre l’adhésion de la Russie au Conseil des droits de l’Homme, ont-ils déclaré.

Cette proposition doit être soumise au vote jeudi de l’Assemblée générale de l’ONU.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

L’OTAN volontaire pour aider Kiev, mais pas au prix d’un affrontement avec Moscou

mars 24, 2022

Dans un discours aux dirigeants de l’alliance transatlantique, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie d’avoir utilisé des bombes au phosphore.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a accueilli le président américain Joe Biden à son arrivée au quartier général de l’OTAN, à Bruxelles Photo : Getty Images/FP/Pool/Evan Vucci

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est « déterminée à faire tout ce qu’elle peut » pour aider l’Ukraine à se défendre contre l’invasion russe, mais en s’assurant d’éviter toute « escalade » susceptible d’entraîner les alliés dans une « guerre totale » contre la Russie, a annoncé jeudi son secrétaire général, Jens Stoltenberg.

Nous saluons les offres concrètes [de soutien] faites par les alliés aujourd’hui, a dit Jens Stoltenberg au terme du sommet extraordinaire de l’OTAN, à Bruxelles. En même temps, nous avons la responsabilité de nous assurer qu’il n’y a pas d’escalade dans ce conflit. Ce serait encore plus dangereux et dévastateur.

Selon lui, les pays membres l’OTAN ont déjà fourni à l’Ukraine des armes antitanks, des systèmes de défense antiaérienne et des drones, ainsi que de l’aide financière et humanitaire depuis le début de l’invasion russe, il y a exactement un mois, et ils continueront de le faire. De l’aide contre de potentielles cyberattaques sera offerte.

L’alliance transatlantique va notamment fournir à l’Ukraine des équipements de protection contre les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires. Il pourrait s’agir de détection, d’équipement, de protection et de soutien médical, ainsi que de formation à la contamination et à la gestion des crises, a dit M. Stoltenberg.

Nous améliorons également l’état de préparation des forces alliées, a-t-il ajouté. Le commandant suprême des forces militaires de l’Alliance, le général Walters, a activé les éléments de défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire de l’OTAN et nos alliés déploient des moyens de défense pour renforcer les forces des groupements tactiques.

Dans un discours prononcé par visioconférence dans le cadre du sommet, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie d’avoir utilisé des bombes au phosphore, selon la traduction en français fournie par son bureau. Cette accusation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.

« Ce matin, soit dit en passant, il y a eu des bombes au phosphore. Des adultes ont été tués à nouveau et des enfants ont été tués à nouveau.  »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Interrogé à ce sujet, M. Stoltenberg a éludé la question, se contentant de dire que l’OTAN disposait d’informations crédibles d’utilisation de force militaire contre des civils en Ukraine, ce qui pourrait constituer des crimes de guerre.

Un nouveau concept stratégique de défense présenté en juin

M. Stoltenberg a par ailleurs confirmé que quatre nouveaux groupements tactiques seront déployés sur le flanc est de l’OTAN, soit en Bulgarie, en Roumanie, en Hongrie et en Slovaquie, ce qui portera à huit le nombre de ces groupements déployés en Europe de l’Est. Les autres se trouvent en Pologne et dans les pays baltes.

À l’heure actuelle, a-t-il noté, plus de 100 000 militaires américaines sont présents en Europe, et 40 000 autres sont sous commandement direct de l’OTAN sur le flanc est. C’est du jamais vu.

Il a aussi réitéré que l’alliance va accroître ses efforts de dissuasion pour faire face à la nouvelle réalité engendrée par la guerre, en augmentant le niveau de préparation de ses forces terrestres, aériennes et navales. Un nouveau concept stratégique de défense devrait être adopté lors du prochain sommet, en juin, à Madrid, a-t-il dit.

Lors de ce sommet, certains pays devraient également présenter leur plan pour accroître leurs dépenses militaires, a-t-il précisé, sans les nommer. En vertu d’une entente conclue en 2014, les membres de l’alliance doivent consacrer 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) aux dépenses militaires d’ici 2024.

« La sécurité, ce n’est pas gratuit. En faire plus coûtera plus. Alors les dirigeants de l’OTAN ont accepté de redoubler leurs efforts. »— Une citation de  Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN

Le Canada fait partie des pays qui ne respectent pas encore cet engagement, avec des dépenses militaires qui atteignent 1,4 % du PIB. Le premier ministre canadien Trudeau, qui était présent au sommet jeudi, a récemment avancé qu’il était prêt à augmenter les dépenses militaires du pays, mais sans s’engager formellement.

Zelensky a réclamé 1 % du matériel de l’OTAN

Lors de son discours aux dirigeants des pays de l’OTAN, le président Zelensky a déploré ne pas avoir eu de réponse claire de l’OTAN à la requête de l’Ukraine pour que l’organisation impose une zone d’exclusion aérienne au-dessus de son territoire, ni en ce qui concerne des demandes pour obtenir des chasseurs ou des tanks.

Le pire pendant la guerre, c’est de ne pas avoir de réponses claires aux demandes d’aide, a-t-il lancé aux dirigeants des pays de l’Alliance, après avoir indiqué qu’il souhaite obtenir 1 % des appareils qu’ils détiennent, dont 500 de leurs 20 000 chars.

« Je veux juste que vous sachiez que l’Alliance peut encore empêcher la mort d’Ukrainiens à cause des frappes russes, de l’occupation russe, en nous fournissant toutes les armes dont nous avons besoin. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Vous pouvez nous donner 1 % de tous vos avions, 1 % de tous vos réservoirs. 1 %! Nous ne pouvons pas simplement l’acheter. Un tel approvisionnement ne dépend directement que des décisions de l’OTAN, des décisions politiques, a plaidé M. Zelensky.

« Vous avez des milliers d’avions de chasse, mais on ne nous en a pas encore donné un. […] Vous avez au moins 20 000 chars. L’Ukraine a demandé un pourcentage, 1 %. Donnez-nous ou vendez-nous. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Interrogé à ce sujet, Jens Stoltenberg n’a donné aucune indication que les pays membres de l’alliance sont disposés à agir de la sorte, en réitérant simplement qu’ils feront ce qu’ils peuvent pour aider l’Ukraine à se défendre, mais en évitant une guerre totale avec la Russie. Il faut être honnête par rapport à ça, a-t-il admis.

Le mandat de Stoltenberg prolongé

Les dirigeants des pays membres de l’OTAN ont par ailleurs profité du sommet pour annoncer la prolongation du mandat de M. Stoltenberg à la tête de l’Alliance en raison de la guerre en Ukraine. L’ancien premier ministre norvégien restera ainsi en poste jusqu’au 30 septembre 2023, a-t-il lui-même annoncé sur Twitter.

« Alors que nous sommes confrontés à la plus grande crise de sécurité depuis une génération, nous sommes unis pour maintenir notre Alliance forte et nos citoyens en sécurité. »— Une citation de  Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN

En poste depuis 2014, le secrétaire général de l’OTAN devait originalement quitter son poste à l’automne pour prendre la tête de la banque centrale de Norvège à compter du 1er décembre. L’institution avait fait l’annonce de cette nomination le mois dernier. L’invasion russe de l’Ukraine est toutefois venue bousculer cet agenda.

Peu avant l’annonce de la décision, l’actuel premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store, avait dit soutenir la prolongation du mandat de M. Stoltenberg. Pour la Banque de Norvège, des solutions transitoires, avec un possible intérim de la vice-présidente à la tête de l’institution, sont à l’étude, selon le gouvernement norvégien.

Le monde doit arrêter la guerre, dit Zelensky

Avant de prononcer son discours à l’OTAN, le président Zelensky a lancé un appel enflammé aux citoyens du monde entier à manifester contre l’invasion russe de son pays, un mois après le début de la guerre.

Allez-y avec des symboles ukrainiens pour défendre l’Ukraine, pour défendre la liberté, pour défendre la vie! a lancé M. Zelensky dans la nuit de mercredi à jeudi dans un message vidéo en anglais. Retrouvez-vous sur les places, dans la rue, montrez-vous et faites-vous entendre!

Exprimez-vous, manifestez depuis vos bureaux, vos maisons, vos écoles et vos universités, manifestez au nom de la paix!, a martelé le président. Le monde doit arrêter la guerre.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a soutenu dans une entrevue avec une chaîne télévisée espagnole que les Russes ne veulent rien négocier actuellement. Tout ce qu’ils veulent, c’est occuper le territoire.

La Russie veut encercler la côte jusqu’à la frontière avec la Moldavie et isoler l’Ukraine de la mer. La Russie voudra négocier seulement lorsqu’elle aura obtenu une position de force, a ajouté Josep Borrell.

M. Borrell a déclaré que l’Union européenne et ses alliés continueront à fournir une aide militaire à l’armée ukrainienne.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France Presse, Associated Press, BBC, Reuters et The Guardian

L’OTAN se renforce à l’Est

mars 23, 2022

Quelque 1400 soldats américains sont déployés en Lettonie pour renforcer la présence de l’OTAN à proximité de l’Ukraine. Photo : Getty Images/AFP/Gints Ivuskans

Alors que les leaders de l’OTAN se préparent pour leur rencontre jeudi, le secrétaire général de l’organisation, Jens Stoltenberg, a annoncé l’envoi de renforts militaires sur son flanc oriental ainsi qu’une aide accrue à l’Ukraine pour faire face aux cyberattaques russes et à une éventuelle attaque chimique, biologique ou nucléaire.

La Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie bénéficieront de l’arrivée de quatre nouveaux groupements tactiques, ce qui portera à huit le nombre de groupements tactiques déployés en Europe de l’Est.

Au total, l’OTAN compte désormais 40 000 soldats placés directement sous sa direction, qui s’ajoutent aux 100 000 soldats américains déployés en Europe et aux forces des autres États membres, a-t-il précisé.

« Nous sommes déterminés à faire tout ce que nous pouvons pour soutenir l’Ukraine, a assuré le secrétaire général. Mais l’OTAN n’est pas partie au conflit (et) n’enverra pas de troupes en Ukraine. »— Une citation de  Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN.

En ce qui concerne les menaces de guerre chimique, biologique ou nucléaire, le secrétaire général n’a pas voulu entrer dans les détails avant la rencontre de demain.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a, par ailleurs, affirmé sur CNN que Moscou n’utilisera l’arme nucléaire en Ukraine qu’en cas de menace existentielle contre la Russie.

Nous avons une doctrine de sécurité intérieure; cela est public, vous pouvez y lire toutes les raisons pour l’utilisation des armes nucléaires. Et s’il s’agit d’une menace existentielle pour notre pays, alors elles peuvent être utilisées en accord avec notre doctrine, a-t-il dit.

Marathon diplomatique

Le président américain, Joe Biden, et le premier ministre canadien, Justin Trudeau, sont d’ailleurs en Europe pour participer au sommet de l’OTAN, ainsi qu’à une réunion des chefs d’État et de gouvernement du G7.

Les attentes sont grandes en prévision de ces rencontres qui ont pour but de présenter un front uni et renforcer la pression sur les Russes.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Photo : La Presse Canadienne/AP/Bureau de la Présidence Ukrainienne

Les alliés ont déjà rejeté les demandes du président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine, ainsi que celles de fournir des avions de combat à Kiev.

Ils tentent de renforcer les défenses ukrainiennes sans entrer directement en conflit avec Moscou.

Selon Reuters, les Américains tentent notamment de convaincre la Turquie d’envoyer ses systèmes de défense antimissile S-400 russes à l’Ukraine.

Il sera également question d’ajustements à long terme concernant la présence de l’OTAN en Europe de l’Est ainsi que d’une action commune pour renforcer la sécurité énergétique de l’Europe, selon le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Jake Sullivan.

La Commission européenne planche sur la mise en marche d’un plan pour réduire sa dépendance au gaz russe en le remplaçant notamment par du gaz naturel liquéfié du Qatar et des États-Unis.

De nouvelles sanctions contre la Russie sont également sur la table, a également précisé M. Sullivan.

Appels à l’exclusion du G20

Les États-Unis ont indiqué qu’ils consulteraient leurs alliés sur la possibilité d’exclure la Russie de certaines organisations internationales, y compris le G20, dont la rencontre doit se tenir en novembre à Bali, en Indonésie.

L’ambassade russe en Indonésie a indiqué que le président Vladimir Poutine avait été invité et avait l’intention d’y participer.

La Chine s’est prononcée contre une telle exclusion. La Russie est un important pays membre (du G20), aucun membre n’a le droit d’expulser un autre pays, a estimé un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin.

La Russie avait été suspendue du G8 après l’annexion de la Crimée en 2014.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Photo : Reuters

En ce qui concerne les négociations russo-ukrainiennes, Moscou a accusé les États-Unis de les entraver.

Les négociations sont difficiles, la partie ukrainienne change constamment sa position. Il est difficile de se débarrasser de l’impression que nos collègues américains les tiennent par la main, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans un discours devant des étudiants.

Il a reproché aux Occidentaux d’abreuver l’Ukraine en armes, destinées à garder le plus longtemps possible les deux pays en situation de combats.

M. Lavrov s’est dit frappé par l’ampleur des sanctions occidentales adoptées à l’encontre de Moscou et estimé qu’elles étaient destinées à supprimer la Russie en tant qu’obstacle à un monde unipolaire.

« Tout ceci n’est pas à propos de l’Ukraine, mais à propos de l’ordre mondial que les États-Unis veulent dominer. »— Une citation de  Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères de la Russie.

Du côté humanitaire, M. Lavrov, va rencontrer jeudi à Moscou Peter Maurer, le chef du Comité international de la Croix-Rouge (CICR),  selon ce qu’a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

Avec Radio-Canada

Ukraine: plus de 500 soldats s’envolent de France vers la Roumanie

mars 1, 2022
Ukraine: plus de 500 soldats s'envolent de France vers la Roumanie
Ukraine: plus de 500 soldats s’envolent de France vers la Roumanie© AFP/Nicolas TUCAT

Plus de 500 soldats sont partis mardi de la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône), près de Marseille, à destination de la Roumanie, afin de renforcer le dispositif de l’Otan dans la région, a-t-on appris auprès de l’armée.

L’avion a décollé vers 15h d’Istres, selon la porte-parole de la base d’Istres.

Parmi les militaires déployés, des soldats du 27e bataillon de chasseurs alpins (BCA) d’Annecy, un escadron de cavalerie du 4e régiment de chasseurs (RCH) de Gap, une compagnie du 126e régiment d’infanterie de Brive et une compagnie de lanciers belges, représentant au total quelque 550 soldats, a indiqué l’armée.

« Notre présence doit rassurer nos alliés sur place, c’est le sens stratégique de notre déploiement », a assuré le général Paul Sanzey, commandant de la 27e brigade d’infanterie de montagne (BIM), qui regroupe toutes les troupes de montagne, habituées à des terrains similaires à celui de la Roumanie en hiver.

La centaine de soldats du 126e régiment d’infanterie ont quitté Brive (Corrèze) mardi en convoi routier. « On a plutôt l’impression de retomber en Guerre froide. Donc de faire ce qu’ont fait nos anciens, les vieux adjudants chefs, les vieux colonels. On a l’impression de refaire un petit peu la même chose », a commenté devant la presse le lieutenant Thomas, leur commandant.

« On va dans une base de l’Otan et donc on n’a pas pour mission de mettre un pied en Ukraine. Pour l’instant on ne va pas être sur le front du tout. On fera notre mission de présence », a-t-il ajouté.

Ce déploiement de soldats français dans le cadre d’opérations de l’Otan a été annoncé avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, dès le 19 janvier, par Emmanuel Macron. Vendredi à Bruxelles, le président français a annoncé qu’il allait l' »accélérer ».

Il doit permettre de « prédisposer des forces aux frontières de l’Otan: évidemment face à l’Est, et pour répondre à la situation qui d’une manière ou d’une autre menace l’Europe », a commenté le capitaine Frédéric, du 27e bataillon de chasseurs alpins.

Interrogé sur la mission des soldats en Roumanie, le général Sanzey a répondu: « j’ai dit aux soldats avec une pointe de sourire qu’on n’est pas là pour distribuer des couvertures (…) on est plutôt là pour faire parler les armes si nécessaire ».

Dans un rare message aux armées lundi soir, Emmanuel Macron avait dit « compter » sur leur « grande vigilance » et leur « retenue nécessaire lors des possibles interférences » dans le conflit russo-ukrainien.

Au sixième jour de l’invasion russe de l’Ukraine, Kiev faisait face à une nouvelle offensive des forces ennemies mardi.

Par Le Point avec AFP

La Russie ne peut pas « imposer ses vues » à l’Otan, selon la ministre allemande de la Défense

décembre 19, 2021
La Russie ne peut pas "imposer ses vues" a l'Otan, selon la ministre allemande de la Defense
La Russie ne peut pas « imposer ses vues » à l’Otan, selon la ministre allemande de la Défense© AFP/PETRAS MALUKAS

La Russie ne peut pas « imposer ses vues » à l’Otan sur la sécurité régionale, a déclaré dimanche la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, alors que la tension grimpe entre Moscou et les Occidentaux à propos de l’Ukraine.

Mme Lambrecht s’exprimait durant une visite en Lituanie –son premier déplacement à l’étranger– où elle a inspecté des unités militaires présentes dans ce pays membre de l’Otan. Le déploiement de dizaines de milliers de soldats par la Russie à sa frontière avec l’Ukraine inquiète la Lituanie, comme les autres pays baltes, l’Estonie et la Lettonie.

« Nous devons résoudre cette situation tendue dans laquelle nous sommes actuellement, à la fois diplomatiquement et avec une dissuasion crédible », a-t-elle déclaré aux journalistes sur la base militaire de Rukla. « Nous devons nous parler, ce qui signifie discuter des propositions que la Russie a avancées. Cela est juste et important ».

« Mais il n’est pas possible que la Russie impose ses vues aux partenaires de l’Otan », a ajouté la social-démocrate, ministre de la Défense de la nouvelle coalition au pouvoir en Allemagne.

Mme Lambrecht a rencontré son homologue lituanien Arvydas Anusauskas, lequel a noté que « les forces mobilisées par la Russie dans la région de Kaliningrad sont dix fois supérieures au bataillon déployé à Rukla » par l’Otan.

Demandes « impossibles »

« Dans cette situation, les demandes de la Russie qui affaiblissent la sécurité de nos pays sont tout simplement impossibles à mettre en oeuvre. Je pense qu’elles doivent être rejetées », a déclaré aux journalistes M. Anusauskas.

Environ 550 soldats allemands sont déployés sur la base de Rukla en Lituanie, pays où l’Allemagne est à la tête du bataillon international de l’Otan.

Des unités militaires similaires avaient été envoyées dans d’autres États baltes et en Pologne en 2017 pour dissuader les Russes d’une éventuelle agression après l’annexion de la Crimée trois ans auparavant par Moscou, qui a également aidé les séparatistes à s’emparer de certaines régions de l’Est de l’Ukraine.

Après avoir massé quelque 100.000 soldats près de l’Ukraine, la Russie a fait la semaine dernière des propositions visant à contenir le rôle des États-Unis et de l’Otan dans l’ancienne Union soviétique et en Europe de l’Est, appelant à des négociations d’urgence avec Washington.

Moscou demande que l’Alliance atlantique n’accueille pas de nouveaux membres et n’établisse pas de bases dans les ex-républiques soviétiques. Les Occidentaux ont menacé la Russie de fortes sanctions si ses soldats pénétraient en Ukraine.

Avant son départ pour la Lituanie, Mme Lambrecht a appelé à des sanctions renforcées contre la Russie. Les responsables d’une agression quelconque doivent subir « des conséquences personnelles », a-t-elle déclaré à l’hebdomadaire allemand Bild am Sonntag, ajoutant que l’Allemagne et ses alliés devaient « avoir dans le viseur » le président russe Vladimir Poutine et son entourage.

« Nous devons épuiser toutes les possibilités de sanctions diplomatiques et économiques », a-t-elle également dit à Bild am Sonntag. « Et chaque pas supplémentaire doit être effectué en accord avec nos alliés ».

Jeudi, l’Otan et un sommet de l’Union européenne ont mis en garde Moscou contre de « lourdes conséquences » en cas d’intervention militaire après avoir rejeté la volonté de veto de la Russie sur la possible adhésion de Kiev à l’Alliance.

Le sommet européen a reconduit pour six mois les sanctions économiques imposées à la Russie après l’annexion de la Crimée en 2014. Sur les nouvelles sanctions envisagées, aucun détail n’a été communiqué.

Le président lituanien Gitanas Nauseda a estimé après ce sommet que la situation sécuritaire régionale était « probablement (….) la plus dangereuse depuis trente ans ».

Par Le Point avec AFP

Canada: un avion militaire fait demi-tour pour cause de coronavirus

juillet 5, 2020

 

Un avion militaire canadien, qui volait jeudi vers la Lettonie dans le cadre d’une mission de l’OTAN, a été forcé de faire demi-tour par crainte que les troupes à bord aient été exposées au Covid-19. La décision a été prise lorsque les forces armées canadiennes ont appris qu’un individu à la base militaire de Trenton (Ontario), d’où avait décollé l’avion, avait été testé positif au coronavirus, a expliqué dimanche 5 juillet Jessica Lamirande, une porte-parole du ministère de la Défense. L’individu en question aurait pu entrer en contact avec les 70 passagers et membres d’équipages qui se trouvaient à bord de l’avion, a-t-elle souligné.

«La santé et le bien-être de nos membres, et de nos alliés et partenaires en Lettonie, sont une priorité», a écrit Jessica Lamirande dans un e-mail envoyé à l’AFP. «La décision a été prise de faire demi-tour plutôt qu’atterrir en Lettonie pour éviter le risque de propager la maladie.» Les soldats vont devoir passer 14 jours en isolement à Trenton avant de pouvoir être à nouveau déployés, a-t-elle dit, précisant que l’incident n’aurait pas d’effet majeur sur la mission canadienne en Lettonie. Le Canada a environ 540 soldats déployés en Lettonie où ils dirigent, depuis 2017, un groupement tactique de l’OTAN.

Par Le Figaro avec AFP

L’Otan suspend la mission de formation que dirige le Canada en Irak

janvier 4, 2020

 

© Fournis par La Presse canadienne
 

Le ministre canadien de la Défense nationale a indiqué samedi que la mission de formation de l’OTAN que dirige le Canada en Irak a été temporairement suspendue à la suite du meurtre du général iranien Ghassem Soleimani.

Harjit Sajjan a confirmé une déclaration de l’OTAN publiée plus tôt mentionnant que la sécurité du personnel était une question «primordiale».

Cette mission de formation, dirigée par la major générale Jennie Carignan, est sous le commandement canadien depuis le tout début en octobre 2018. Elle a été lancée à la demande du gouvernement irakien.

Le ministère de la Défense nationale a aussi fait savoir que la décision de suspendre les opérations s’appliquait aux 250 militaires canadiens travaillant au sein de la mission de formation et aux dizaines de membres des forces spéciales stationnées dans le nord du pays.

«Le mandat de la mission de l’OTAN et de l’Operation IMPACT reste le même, mais toutes les activités d’entraînement en Irak sont suspendues temporairement tandis que nous continuons d’évaluer la sécurité de l’environnement, a déclaré M. Sajjan. Nous prenons toutes les précautions nécessaires pour la sécurité de la population civile et du personnel militaire.»

«Nous continuons de prendre toutes les précautions nécessaires, a déclaré le porte-parole de l’OTAN, Dylan White. La mission de l’OTAN se poursuit, mais les activités de formation sont temporairement suspendues.»

La mission irakienne se compose de plusieurs centaines de membres du personnel des pays alliés et des pays non membres de l’OTAN. Parmi les autres pays qui y participent figurent l’Australie, la Finlande et la Suède.

Dans sa déclaration, le ministre Sajjan indique aussi que le Canada «continue de surveiller et d’évaluer la situation et nous sommes en étroite collaboration avec nos partenaires internationaux».

Le général Soleimani était le chef des Forces al-Qods des gardiens de la révolution iraniens et le cerveau derrière la stratégie régionale du gouvernement iranien. Il a été tué vendredi près de l’aéroport international de Bagdad avec des militants irakiens de haut rang lors d’une frappe aérienne ordonnée par le président Donald Trump. L’attaque a fait monter les tensions régionales et mis à l’épreuve l’alliance des États-Unis avec l’Irak.

Il est parvenu à mobiliser des milices armées en Irak, en Syrie et au Liban. Les Américains le considéraient responsable des attaques commes des troupes américaines et alliées depuis plusieurs des décennies.

Les États-Unis ont placé al-Quods sur la liste des organisations terroristes en 2007. Le Canada les a imités en 2012, une décision que le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne a réitérée vendredi quelques heures après la mort du général Soleimani.

«Le Canada est depuis longtemps préoccupé par la Brigade al-Qods des Gardiens de la révolution islamique, dirigée par [Ghassem] Soleimani, dont les actions agressives ont eu un effet déstabilisateur dans la région et au-delà», avait déclaré M. Champagne.

La Presse canadienne