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En Roumanie, voisine de l’Ukraine, les chars français renforcent la digue otanienne

décembre 10, 2022

Deux tirs d’obus de 120 mm font trembler le sol boueux du champ de tir : récemment arrivés dans le camp d’entraînement de Cincu en Roumanie, les chars Leclerc français font une démonstration de force dans ce pays voisin de l’Ukraine, où l’Otan ne cesse de consolider son dispositif.

« La crise ukrainienne nous montre que ce qui se passe à l’Est peut être une menace pour l’Europe. On montre donc que l’Otan est présente, unie et prête à toute éventualité », commente le colonel français Alexandre de Feligonde, qui commande un bataillon interallié à Cincu, dans le centre de la Roumanie.

Nation-cadre d’un groupement tactique de présence avancée de l’Otan en Roumanie, la France vient d’y renforcer sa présence en déployant des moyens plus lourds : une vingtaine de véhicules blindés d’infanterie (VBCI) et 13 chars Leclerc.

La guerre ayant refait surface sur le continent européen, avec l’agression russe contre l’Ukraine, ce déploiement se veut dissuasif : l’imposant char de 56 tonnes, dont l’armée de Terre française possède 200 exemplaires, a un canon d’une portée de 4.000 à 6.000 mètres et peut tirer jusqu’à six obus par minute tout en roulant. Un armement adapté à des conflits dits de « haute intensité ».

Des Leclerc avaient déjà été envoyés ces dernières années en Estonie et en Lituanie pour des missions de réassurance de l’Alliance atlantique. Mais le conflit en Ukraine a placé la Roumanie aux avant-postes, justifiant l’envoi de ces renforts blindés.

Le bataillon commandé par la France compte désormais 700 hommes, 620 Français et 80 fantassins néerlandais, soutenus par 300 militaires français. L’objectif est d’atteindre un total de 1.200 soldats dès que les capacités d’accueil en cours de construction seront suffisantes.

5.000 soldats alliés

Objectif : consolider la présence de l’Otan sur son flanc sud-est par solidarité envers ses membres est-européens, et travailler sur l’interopérabilité des militaires de différentes nationalités.

« Pour être crédibles, on a besoin de s’entraîner ensemble », fait valoir le colonel de Féligonde, observant à partir d’une colline les salves de tirs de ses Leclerc, déployés pour un exercice aux côtés de troupes néerlandaises et roumaines.

« Avec les Français, il y a la barrière de la langue, mais on a les mêmes procédures. C’est plus facile que ce que je pensais », confie le lieutenant néerlandais Wietse.

Au total, quelque 5.000 militaires étrangers sont aujourd’hui en Roumanie, soit le plus gros contingent de forces alliées sur le flanc sud-est de l’Otan.

Une partie d’entre eux se trouvent sur la base aérienne militaire de Constanta, sur les bords de la mer Noire, à 400 km à vol d’oiseau de la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014.

Parmi ces renforts, les soldats d’élite de la 101e brigade aéroportée américaine occupent tout un coin de la base. Dans leur secteur s’alignent des dizaines de blindés légers, des hélicoptères Chinook et d’attaque Apache.

Un peu plus loin au nord sur la côte, à une centaine de kilomètres seulement de la frontière ukrainienne, un détachement français renforce depuis le mois de mai les capacités antiaériennes de l’Otan.

« Feu en quelques secondes »

Au bout d’une petite route cahoteuse traversant les champs, dans le centre d’entraînement de Capu Midia, l’armée de l’Air française a installé un de ses systèmes sol-air de moyenne portée MAMBA – équivalent du système Patriot américain – pour protéger la région hautement stratégique du port de Constanta.

« Nous avons des systèmes de défense antiaérienne, mais pas assez pour défendre l’ensemble de notre territoire », fait valoir le lieutenant-colonel roumain Calin.

Avec le système MAMBA, son radar et ses lanceurs armés de huit missiles Aster d’une portée d’environ 100 km, « nous pouvons contrer un vaste éventail de menaces aériennes : missiles balistiques de courte portée, avions de chasse, hélicoptères, drones et même des salves de missiles de croisière avec des tirs multiples », souligne le commandant Christophe, le chef opérations du détachement.

Depuis le début de la guerre en Ukraine voisine, aucune alerte n’a été déclenchée en Roumanie, mais des missiles russes tirés de la mer Noire sur l’Ukraine ont survolé l’espace aérien de la Moldavie toute proche.

En cas d’agression russe contre la Roumanie, sur décision de l’Otan et avec l’accord de Bucarest, « nous pouvons engager le feu en quelques secondes », affirme l’officier français.

« L’Otan surveille tout ce qui se passe en mer Noire, rien ne s’y passe sans que nous le sachions », résume le colonel italien Michele Morelli, dont le détachement assure à Constanta la mission de l’Alliance de police du ciel au profit de la Roumanie. Sous les hangars, quatre Eurofighter se tiennent prêts à décoller en 15 minutes en cas d’alerte.

« Nous nous assurons que les Russes sont bien conscients de notre présence le long des frontières, comme nous sommes bien conscients de la leur. Nous n’avons pas l’intention d’user de nos armes mais nous sommes prêts à le faire en cas de besoin », prévient l’aviateur.

Par Le Point avec AFP

L’Ukraine appelle les pays de l’Otan à accélérer l’envoi d’aide

novembre 29, 2022
L'Ukraine appelle les pays de l'Otan a accelerer l'envoi d'aide
L’Ukraine appelle les pays de l’Otan à accélérer l’envoi d’aide© AFP/Andrei PUNGOVSCHI

L’Ukraine a appelé mardi les pays membres de l’Otan réunis à Bucarest à accélérer la livraison d’armes et d’équipements électriques afin d’aider le pays meurtri par plus de neuf mois de guerre à faire face aux dommages causés à son infrastructure énergétique par les bombardements russes.

« La dernière fois, j’avais dit trois mots: des armes, des armes, des armes. Cette fois, j’ai trois autres mots: plus vite, plus vite et plus vite », a lancé le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, peu avant une rencontre avec le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg.

Quels sont les besoins ukrainiens les plus pressants ? Des générateurs et des missiles Patriots de défense aérienne, a-t-il martelé.

Le président russe Vladimir Poutine veut utiliser l’hiver comme « une arme de guerre » contre l’Ukraine avec des « attaques délibérées » contre des infrastructures civiles pour priver le pays de chauffage, d’électricité et d’eau, avait dénoncé dans la journée le secrétaire général de l’Alliance atlantique en accueillant cette réunion de deux jours des chefs de la diplomatie de l’Otan dans l’immense palais qui abrite le parlement roumain.

L’objectif du Kremlin est d' »infliger autant de souffrances que possible aux civils ukrainiens pour essayer de briser leur engagement, leur unité dans la lutte contre l’invasion russe », a-t-il poursuivi.

Une réunion du G7 élargi, tenue sous présidence allemande en marge de l’Otan, a pour sa part plaidé la mobilisation face à la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine.

Arrivé lundi soir à Bucarest, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a annoncé une aide financière de 53 millions de dollars, qui s’ajoute à une autre enveloppe de 55 millions déjà débloquée pour l’achat de générateurs, afin de venir en aide à l’Ukraine.

Cette somme servira à acheter des équipements électriques (des transformateurs notamment), qui seront « rapidement » livrés à l’Ukraine, a-t-on précisé de source américaine.

Au total, l’administration Biden a budgété 1,1 milliard de dollars pour l’énergie en Ukraine et en Moldavie.

L’aide américaine s’inscrit dans la perspective d’une conférence internationale des bailleurs de fonds en « soutien à la résistance civile ukrainienne », qui se tiendra le 13 décembre en France.

« Envoyons des chars »

La Russie s’est engagée début octobre dans une campagne de frappes de missiles massives visant l’infrastructure énergétique de l’Ukraine. Selon des chiffres cités par le gouvernement ukrainien, entre 25 à 30 % de cette infrastructure a été endommagée.

« Ce que font les Russes, c’est de cibler spécifiquement des stations de transformation à haut voltage », et pas seulement les centrales électriques elles-mêmes, afin de perturber toute la chaîne énergétique, de la production à la distribution, a expliqué un responsable américain.

Pour le chef de l’Otan, qui a réitéré la politique de la « porte ouverte » de l’alliance à l’égard de l’Ukraine, « le message de nous tous sera qu’il nous faut en faire plus » pour aider Kiev, y compris en matière de défense aérienne.

« La Russie échoue sur le champ de bataille. En réponse, ils s’en prennent à des cibles civiles, à des villes car ils ne peuvent pas gagner des territoires », a-t-il ajouté.

« Cette tactique de cibler l’infrastructure civile, de l’énergie, est évidemment conçue pour essayer d’obtenir la soumission des Ukrainiens en les gelant », a dit pour sa part le ministre britannique James Cleverly. « Je ne pense pas que cela réussira ».

Mais l’inquiétude grandit quant à la possibilité de soutenir ces efforts à long terme alors que les stocks commencent à s’épuiser.

« Restons calmes et envoyons des chars », a lancé le Lituanien Gabrielius Landsbergis.

L’UE a pour sa part demandé à actionner le mécanisme de protection civile pour livrer quelque 500 générateurs à l’Ukraine ainsi que 2.000 tentes adaptées aux conditions hivernales, fruit d’une coopération entre 17 Etats membres.

La France a contribué de son côté via 100 générateurs arrivés au hub européen de Suceava, en Roumanie, qui seront remis prochainement à l’Ukraine, a-t-on indiqué de source française.

La Roumanie, ainsi que la Moldavie voisine, a été durement impactée par la guerre en Ukraine et plus de 2 millions de personnes y ont transité en fuyant ce pays. Bucarest accueille à ce jour près de 86.000 réfugiés.

Outre la guerre en Ukraine, les ministres de l’Otan ont fait un point d’étape sur l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’organisation, déjà ratifiée par 28 des 30 pays membres mais qui reste suspendue au feu vert de la Turquie et de la Hongrie.

Les ministres finlandais, suédois et turc se sont rencontrés mardi à Bucarest, en marge de la réunion, mais sans conclusion notable, le Turc Mevlut Cavusoglu se contentant dans un tweet d’assurer avoir fait part des « attentes » d’Ankara.

La Turquie bloque depuis mai l’entrée des deux pays nordiques dans l’Alliance atlantique, liant leur adhésion à leur lutte contre les mouvements kurdes et leurs partisans sur leur sol.

Par Le Point avec AFP

Un militaire français retrouvé mort en Roumanie

novembre 6, 2022

En mission en Roumanie dans le cadre de l’Otan, un soldat français a été retrouvé avec un ciseau planté dans le cou dans sa chambre d’hôtel.

La France a envoye des chars Leclerc en Roumanie dans le cadre de cette mission de l'Otan (photo d'illustration).
La France a envoyé des chars Leclerc en Roumanie dans le cadre de cette mission de l’Otan (photo d’illustration). © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

C’est une femme de chambre d’un hôtel de Bucarest, en Roumanie, qui a fait la macabre découverte. Un soldat français de 41 ans, envoyé en Roumanie dans le cadre d’une mission de l’Otan, a été découvert avec un ciseau planté dans le cou, selon les médias locaux. Il n’y avait aucun indice d’effraction. Une enquête a été ouverte, a précisé la police à l’Agence France-Presse (AFP). Les mêmes sources indiquent qu’il avait effectué, jeudi 3 novembre, avec d’autres militaires français son enregistrement à l’hôtel, où il devait rester jusqu’au 3 janvier.

La France dirige en Roumanie une mission lancée en réaction à l’invasion russe de l’Ukraine, visant à renforcer dans la durée la défense du flanc oriental de l’Otan. Les soldats français sont principalement déployés sur la base de Cincu, dans le centre du pays, où s’est rendu cette semaine le ministre français de la Défense, Sébastien Lecornu.

Par Le Point avec AFP

L’ex-directeur de la CIA assure que l’Otan «éliminerait» les «forces russes» en Ukraine si Poutine utilisait l’arme nucléaire

octobre 3, 2022

L’ex-général quatre étoiles David Petraeus s’est livré à un exercice de prospective sur la chaîne ABC dans l’éventualité où la Russie utiliserait la bombe nucléaire en Ukraine.

Que feraient les États-Unis si la Russie utilisait l’arme nucléaire en Ukraine ? «Nous répondrions en menant un effort de l’Otan qui éliminerait toutes les forces conventionnelles russes que nous pouvons voir» sur le champ de bataille ukrainien ainsi qu’en Crimée annexée. L’avertissement ne vient pas d’un responsable américain en poste mais d’un illustre retraité : l’ex-général quatre étoiles et ancien directeur de la CIA David Petraeus. «Tous les navires en mer Noire» seraient également détruits, a-t-il ajouté dimanche, interrogé par la chaîne ABC.

Réponse nécessaire des Etats-Unis et de l’OTAN

Cette analyse sans détour intervient quelques jours après que Vladimir Poutine a affirmé que toute frappe sur les nouveaux territoires annexés par la Russie serait considérée comme une agression. Si la menace nucléaire n’a pas été explicitement brandie par le président russe, celle-ci plane néanmoins dans l’air. Danger qui ne peut «en aucun cas être accepté», selon l’ex-dirigeant de la CIA, qui a tout de même rappelé qu’il s’exprimait en son nom et n’avait pas discuté avec le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan de la potentielle réponse américaine à une escalade nucléaire côté russe.

Même si l’emploi d’une arme nucléaire en Ukraine n’est a priori pas de nature à faire entrer l’Otan en guerre contre l’agresseur, Kiev ne faisant pas partie de l’Alliance, une «réponse des États-Unis et de l’Otan» serait tout de même nécessaire, a commenté l’ancien haut gradé.

«Cela ne peut rester sans réponse»

David Petraeus a reconnu que la probabilité que les radiations nucléaires s’étendent aux pays de l’OTAN pourrait être interprétée comme une attaque contre un pays membre, en vertu de l’article 5 du traité d’Atlantique nord. Celui-ci implique qu’une attaque contre un membre de l’Alliance est considérée comme une attaque dirigée contre tous les alliés. «On ne veut pas se lancer, une nouvelle fois dans une escalade nucléaire», a-t-il martelé, soulignant néanmoins qu’une telle menace ne saurait «rester sans réponse».

«Vladimir Poutine est désespéré», a expliqué David Petraeus. «La réalité du champ de bataille à laquelle il est confronté est irréversible», et aucune mobilisation, «aucune annexion, aucune menace nucléaire, même voilée, ne peut le sortir d’une telle situation». La solution ? «Il faudra bien qu’il y ait un début de négociations, comme l’a dit le président ukrainien Zelensky», préconise-t-il.

Le Figaro par Jeanne Durieux

Justin Trudeau à l’OTAN : des fissures dans l’Alliance atlantique

juin 28, 2022

L’adhésion éventuelle de la Suède et de la Finlande ainsi que l’avenir de l’opération militaire en Ukraine divisent les pays membres de l’OTAN.

Portrait du premier ministre Justin Trudeau, songeur.

Le principal dilemme auquel font face les dirigeants de l’OTAN : est-il suffisant d’aider l’Ukraine à ne pas perdre la guerre ou faut-il avoir un plan pour aider les Ukrainiens à la gagner? Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

La force de l’OTAN repose surtout sur son unité et sur sa puissance de dissuasion. L’une et l’autre sont mises à rude épreuve, quatre mois après le début de la guerre en Ukraine.

À l’ouverture du sommet de Madrid, les pays membres ne sont pas à l’unisson sur plusieurs questions fondamentales. Leur principal dilemme : est-il suffisant d’aider l’Ukraine à ne pas perdre la guerre ou faut-il avoir un plan pour aider les Ukrainiens à la gagner?

Au sein de l’OTAN, les différends existent et leurs conséquences sont réelles, estime Frédéric Mérand, professeur de science politique à l’Université de Montréal.

« Le danger, c’est que les nuances de position entre les pays soient exploitées par Moscou et finissent par devenir un facteur de paralysie pour l’OTAN. »— Une citation de  Frédéric Mérand, professeur à l’Université de Montréal

Parmi les décisions qui doivent être prises au sommet :

  • Quel genre d’armement supplémentaire sera acheminé au front?
  • Combien de troupes voudra-t-on envoyer dans les pays baltes, à la frontière de l’Ukraine, comme force de dissuasion contre la Russie?
  • Comment persuader la Turquie de ne pas bloquer l’adhésion de deux nouveaux membres, la Suède et la Finlande, à l’OTAN?
  • Comment préparer la reconstruction de l’Ukraine?

Il est vital que l’OTAN dégage un consensus sur ces enjeux, selon Stéfanie von Hlatky, professeure d’études politiques à l’Université Queen’s.

« Montrer que l’OTAN est unie envoie un message politique et diplomatique beaucoup plus convaincant envers la Russie, au-delà des capacités militaires de ses 30 États membres. »— Une citation de  Stéfanie von Hlatky, professeure à l’Université Queen’s

L’avenir de l’opération

Certains dirigeants, comme le président français Emmanuel Macron, croient qu’il faut laisser une porte de sortie à Vladimir Poutine afin qu’il ne perde pas la face. Cette option signifierait probablement une entente avec l’Ukraine pour céder une partie de son territoire dans l’est du pays.

Une idée à laquelle le président ukrainien Volodymyr Zelensky oppose une fin de non-recevoir, avec l’appui du Canada et des États-Unis.

Pour le Canada, une victoire de l’Ukraine se concrétisera par un retrait total des forces russes du territoire ukrainien, affirme le professeur Frédéric Mérand. Alors que pour la France, l’Italie et l’Allemagne, l’Ukraine devra probablement accepter d’avoir perdu une partie de sa souveraineté pour, un jour, signer un traité avec la Russie.

La position commune qui se dégagera sur cet enjeu dictera en partie les prochaines étapes de l’OTAN dans son soutien à l’Ukraine.

Plus de troupes dans les pays baltes?

Le Canada pourrait être appelé à augmenter sa présence militaire ou ses missions de formation en Lettonie. L’OTAN souhaite augmenter sa présence militaire dans les pays baltes pour consolider sa position défensive et avoir un effet dissuasif sur la Russie.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, fait pression pour que les pays membres s’engagent à hausser leur contribution en Lettonie, en Lituanie et en Estonie. Et il annonce qu’il veut tripler la taille de sa force d’intervention rapide, pour atteindre 300 000 soldats.

C’est sûr que le Canada pourrait toujours en faire plus, estime Stéfanie von Hlatky. Surtout que les dépenses militaires du pays n’ont toujours pas atteint la cible de 2 % de son PIB, contrairement à d’autres alliés comme l’Allemagne. Ça met plus de pression sur le Canada, croit Mme von Hlatky.

L’adhésion de la Suède et de la Finlande

Justin Trudeau apporte déjà son soutien sans équivoque à l’adhésion de la Suède et de la Finlande, un sujet chaud qui sera discuté au sommet de Madrid.

Si la Suède et la Finlande étaient acceptées au sein de l’OTAN, l’Alliance atlantique étendrait son influence jusqu’aux frontières de la Russie.

Ce serait un signe d’échec pour Vladimir Poutine, selon le professeur Frédéric Mérand. Avant la guerre en Ukraine, la Russie luttait contre l’influence accrue de l’OTAN dans la région. Maintenant, l’OTAN pourrait être à la porte de la Russie, dit M. Mérand.

Mais ce n’est pas chose faite. L’OTAN doit accepter les nouveaux membres à l’unanimité. Or, la Turquie s’oppose à l’adhésion de la Suède et de la Finlande, notamment parce qu’elle les accuse (surtout la Suède) de ne pas adopter la ligne dure envers des éléments extrémistes kurdes considérés comme terroristes.

L’objection de la Turquie est surtout un prétexte, croit cependant Stéfanie von Hlatky, dans le but de soutirer des concessions sur d’autres enjeux, notamment l’achat d’avions de chasse américains.

La Turquie est toujours un fauteur de troubles au sein de l’Alliance, explique Frédéric Mérand, surtout parce qu’elle entretient des liens étroits avec la Russie, entre autres pour l’achat d’énergie et d’armement.

Pour Stéfanie von Hlatky, l’adhésion des deux pays est une question de temps. La Suède et la Finlande ont décidé de présenter leur demande ensemble. Le message que ça envoie, c’est que ce ne sera pas une sans l’autre. Ça met un peu plus de pression sur l’OTAN.

De plus, pour la première fois, les premiers ministres du Japon, de l’Australie et de la Corée du Sud ont été invités à l’OTAN. Devant l’agressivité de la Russie et, aussi, la montée en force de la Chine, l’Alliance atlantique se cherche de nouveaux alliés.

Avec Radio-Canada par Christian Noël

La Finlande favorable à une adhésion « sans délai » à l’OTAN

mai 12, 2022

Le Kremlin considère ce développement comme une menace et entend prendre des mesures « pour équilibrer la situation ».

Une enseigne s'élève devant le quartier général de l'Alliance.

Les drapeaux des pays membres de l’OTAN sont hissés devant le quartier général de l’Alliance, à Bruxelles, en Belgique. Photo : Reuters/Pascal Rossignol

Le président et la première ministre de la Finlande se sont dits favorables jeudi à une adhésion « sans délai » du pays nordique à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), en annonçant une conférence de presse sur la décision du pays nordique pour dimanche.

Être membre de l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord renforcerait la sécurité de la Finlande. En tant que membre de l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord, la Finlande renforcerait l’alliance dans son ensemble. La Finlande doit être candidate à l’adhésion à l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord sans délai, ont affirmé le président Sauli Niinistö et la première ministre Sanna Marin dans un communiqué commun.

Une conférence de presse du tandem exécutif sur les décisions concernant la politique de sécurité de la Finlande est prévue dimanche, indique la présidence.

Nous espérons que les étapes nationales encore nécessaires à cette décision seront prises rapidement dans les tout prochains jours, ont indiqué M. Niinistö, interlocuteur régulier de Vladimir Poutine ces dernières années, et Sanna Marin, plus jeune première ministre d’Europe.Sanna Marin s'adresse aux médias en conférence de presse.

La première ministre de la Finlande, Sanna Marin, estime que son pays doit être candidat pour adhérer à l’OTAN sans délai. Photo : Reuters

Cette adhésion de la Finlande à l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord serait assurément une menace pour la Russie, a réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d’une conférence de presse.

« L’élargissement de l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord et le rapprochement de l’Alliance de nos frontières ne rendent pas le monde et notre continent plus stable et plus sûr. »— Une citation de  Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin

La réponse de la Russie dépendra des retombées pratiques de ce processus, de l’avancée des infrastructures militaires vers nos frontières, a-t-il ajouté. Tout cela constituera les éléments d’une analyse spécifique et pour l’élaboration des mesures nécessaires afin d’équilibrer la situation.

Le secrétaire général de l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord, le Norvégien Jens Stoltenberg, a salué jeudi la volonté des dirigeants finlandais d’intégrer l’Alliance atlantique.

Il s’agit d’une décision souveraine de la Finlande […] Si la Finlande décidait de postuler, elle serait chaleureusement accueillie au sein de l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord et le processus d’adhésion se déroulerait sans heurts et rapidement, a-t-il assuré dans une déclaration.

Une décision historique

La prise de position officielle de l’exécutif marque la bascule de la ligne finlandaise, qui partage une frontière de 1300 kilomètres avec la Russie et un passé douloureux avec son puissant voisin.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février a fait basculer rapidement l’opinion et les responsables politiques finlandais, tout comme en Suède, qui pourrait également annoncer rapidement une candidature.

Pas moins de 76 % des 5,5 millions de Finlandais sont désormais pour l’adhésion, selon un sondage publié lundi, soit le triple de son niveau d’avant-guerre.

Une très large majorité des 200 députés au Parlement est acquise, avec des opposants tombés autour d’une dizaine, et la plupart des partis sont désormais favorables. Le parti social-démocrate de Sanna Marin doit prendre position en dernier ce samedi.Sauli Niinistö parle lors d'une conférence de presse.

Le président de la Finlande, Sauli Niinistö, en conférence de presse mercredi. Photo: AP/Frank Augstein

Adhérer à l’OTAN ne serait contre personne, avait affirmé mercredi soir le président finlandais, en réponse aux mises en garde russes contre une entrée d’Helsinki dans l’alliance.

Pour le chef de l’État finlandais, longtemps un avocat du dialogue Est-Ouest, la Russie ne peut s’en prendre qu’à elle-même de voir son voisin rejoindre l’alliance.

« Si nous adhérions [à l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord], ma réponse [à la Russie] serait : « C’est vous qui avez fait cela, regardez-vous dans le miroir. » »— Une citation de  Sauli Niinistö, président de la Finlande

Mercredi, la commission de la défense du Parlement finlandais avait conclu que l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord était la meilleure option pour la sécurité du pays après l’invasion russe de l’Ukraine.

Soumise à une forme de neutralité forcée par Moscou durant la guerre froide, la Finlande, ancienne province russe (1809-1917) et envahie par l’Union soviétique en 1939, avait adhéré à l’Union européenne et au Partenariat pour la paix de l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord après la chute de l’Union soviétique, mais était restée non membre de l’alliance.

Tout en menant d’importantes consultations intérieures et internationales, le président Niinistö et la première ministre Marin s’étaient abstenus jusqu’ici d’exprimer publiquement leur préférence dans ce dossier.

Si le président Niinistö, qui est peut-être le leader d’opinion avec le plus d’influence dans le pays, avait fait connaître son choix plus tôt, cela aurait pu étouffer le débat, souligne à l’AFP Iro Särkkä, professeure de sciences politiques à l’Université d’Helsinki.

La décision formelle sur l’adhésion doit être prise par un Conseil sur la sécurité et la politique étrangère, réunissant le chef de l’État, la première ministre et plusieurs ministres.

Inquiètes de la réaction de la Russie à leurs probables demandes d’adhésion à l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord, la Suède et la Finlande ont déjà cherché à obtenir des assurances de protection pendant les mois nécessaires à leur entrée formelle dans l’Alliance atlantique.

À l’occasion d’une visite de Boris Johnson dans les deux pays mercredi, le Royaume-Uni a ainsi signé des déclarations de protection mutuelle avec la Suède ainsi qu’avec la Finlande.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

La Russie met en garde la Suède et la Finlande contre une adhésion à l’OTAN

avril 14, 2022

Moscou a réitéré jeudi qu’une adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN aurait des conséquences « hautement indésirables ».

Le ministre adjoint des Affaires étrangères de la Russie a averti qu’une telle décision mènerait la Russie à renforcer ses moyens de défense dans la mer Baltique et mettrait fin aux discussions pour en faire une région dénucléarisée.

En effet, le vice-président du Conseil de sécurité de Russie et ancien président, Dmitri Medvedev, a affirmé que Moscou pourrait envisager de stationner des armes nucléaires dans la région.

Il ne peut plus y avoir de discussions sur le statut dénucléarisé de la Baltique. L’équilibre doit être rétabli », a déclaré Dmitri Medvedev.

Ces avertissements surviennent alors que la Suède et la Finlande, pays traditionnellement neutres, envisagent publiquement de devenir membres de l’OTAN, option de plus en plus populaire auprès de leur population selon les derniers sondages.

En visite à Stockholm hier, la première ministre finlandaise Sanna Marin a déclaré qu’une décision à ce sujet serait prise dans les prochaines semaines» , alors que le Parlement finlandais doit lancer un débat sur la question dès mercredi prochain.

© TT NEWS AGENCY/via reuters La première ministre suédoise Magdalena Andersson rencontrait son homologue finlandaise Sanna Marin à Stockholm, le 13 avril 2022.

Tout en se montrant un peu plus prudente, son homologue suédoise Magdalena Andersson a affirmé qu’une réévaluation rapide et complète » de l’environnement sécuritaire de la Suède s’avérait nécessaire en raison de l’invasion russe de l’Ukraine.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré à plusieurs reprises ces dernières semaines que la porte de l’Alliance était ouverte aux deux pays nordiques.

La Finlande et la Suède entretiennent déjà des liens étroits avec l’OTAN, participant régulièrement à des exercices militaires avec ses pays membres.

© Yves Herman/Reuters 30 000 soldats des pays membres de l’OTAN ainsi que de la Finlande et de la Suède ont participé à l’exercice militaire « Cold Response 2022 », à Setermoen dans le cercle polaire arctique, en Norvège.

Mais seule une adhésion complète leur permettrait de bénéficier de la protection du célèbre article 5 de l’Alliance, selon lequel une attaque contre un de ses membres est considérée comme une attaque contre chacun de ses signataires.

Avec CBC/Radio-Canada

Des armes « maintenant » ou « ce sera trop tard », implore l’Ukraine

avril 7, 2022

Severodonetsk, dans la région de Louhansk, a été la cible d’importants bombardements russes mercredi. La ville est sur la ligne de front dans le Donbass ukrainien, où l’armée russe concentre désormais ses opérations après s’être retirée du nord du pays. Photo : Getty Images/Fadel Senna

L’Ukraine a besoin des armes des pays de l’OTAN « maintenant », ou « ce sera trop tard », a déclaré jeudi le ministre ukrainien des Affaires étrangères au terme d’une réunion avec ses homologues des pays membres de l’Alliance, à Bruxelles.

Je ne doute pas que l’Ukraine aura les armes nécessaires pour combattre. La question c’est quand, a insisté Dmytro Kouleba lors d’une conférence de presse au siège de l’OTAN. Il a aussi réclamé avec la même urgence que les Occidentaux cessent d’acheter du pétrole et du gaz russes.

Nous avons besoin d’avions, de véhicules blindés, de défense antiaérienne , avait plaidé le ministre Kouleba avant la rencontre. J’appelle tous les alliés à mettre de côté leurs hésitations, leur réticence à fournir à l’Ukraine tout ce dont elle a besoin.

« Je viens demander trois choses : des armes, des armes et des armes. Plus rapidement elles seront livrées, plus de vies seront sauvées et de destructions évitées. »— Une citation de  Dmytro Kouleba, ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, avant la rencontre

« Nous savons nous battre. Nous savons comment gagner, mais sans un approvisionnement durable et suffisant de toutes les armes demandées par l’Ukraine, cette victoire imposera d’énormes sacrifices, avait ajouté le chef de la diplomatie ukrainienne.

L’Ukraine a le droit de se défendre. Nous allons écouter les besoins que va nous soumettre Dmytro Kouleba et discuter comment répondre, avait commenté le secrétaire général de l’Alliance transatlantique, Jens Stoltenberg.

Ce dernier doit s’adresser à la presse vers 9 h 30 (HNE) pour communiquer les résultats de la rencontre.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, en conférence de presse après sa rencontre avec ses homologues des pays de l’OTAN Photo : La Presse Canadienne/AP/Olivier Matthys

La requête de M. Kouleba est faite au moment où Kiev craint des villes de l’est ukrainien ne subissent le même sort que Marioupol, où des milliers de personnes vivent dans des conditions extrêmement précaires en raison du siège des troupes russes.

Les prochains jours sont peut-être la dernière chance pour partir. Toutes les villes libres de la région de Louhansk sont sous le feu ennemi, a alerté sur Facebook le gouverneur de la région, Serguiï Gaïdaï, indiquant que les Russes étaient en train de couper toutes les voies possibles de sortie.

La situation à Roubijne et Popasna, deux villes de la région de Louhansk, se détériore, a-t-il ajouté. Les évacuations sont compliquées et il n’y a pas un hôpital de la région qui soit toujours intact.

Le G7 s’engage à fournir une assistance accrue à Kiev

Avant la réunion des pays membres de l’OTAN, le ministre Kouleba a pu présenter ses arguments à ses homologues des pays du G7 et au chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, réunis au quartier général de l’Alliance.

Dans un communiqué publié au terme de la rencontre, les pays les plus industrialisés de la planète l’ont assuré de leur volonté de fournir une assistance accrue, notamment en termes de matériel militaire et de moyens financiers pour permettre à l’Ukraine de contrer l’agression russe et de se reconstruire.

Le G7 affirme par ailleurs condamn(er) dans les termes les plus vifs les atrocités commises par les forces armées russes à Boutcha et dans d’autres villes ukrainiennes.

Les auteurs de ces massacres […] devront rendre des comptes et seront poursuivis, ont-ils fait valoir, quelques jours après que des dizaines de corps de civils eurent été retrouvés dans cette banlieue de Kiev après le retrait des troupes russes.

Nous continuerons de lutter contre l’impunité de tous les complices de cette guerre choisie par Moscou, et notamment du régime d’Alexandre Loukachenko au Bélarus , assure en outre le G7.

L’Ukraine propose un accord équitable : le monde nous fournit le soutien que nous demandons, nous nous chargeons de combattre et de vaincre (le président russe Vladimir) Poutine en Ukraine, a écrit M. Kouleba sur Twitter après cette réunion.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, et le secrétaire d’État américain Antony Blinken, en discussion avec le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, jeudi, au siège de l’OTAN, à Bruxelles. Photo: Getty Images/AFP/Pool/Evelyn Hockstein

L’objectif de la réunion d’aujourd’hui au sein du G7 est de s’assurer que nous maintenons la pression sur la Russie, avait déclaré avant la rencontre la chef de la diplomatie canadienne, Mélanie Joly.

« Nous voulons aussi nous assurer qu’il n’y a pas de failles, qu’au sein de l’Occident, nous sommes coordonnés, et que chaque juridiction peut imposer des sanctions fortes sur les gens, en particulier Vladimir Poutine et ses oligarques, mais aussi sur des entreprises très importantes, qui alimentent la machine de guerre. »— Une citation de  Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères du Canada

Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 ont par ailleurs demandé jeudi la suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, dans une déclaration commune.

Nous sommes convaincus que le moment est venu de suspendre l’adhésion de la Russie au Conseil des droits de l’Homme, ont-ils déclaré.

Cette proposition doit être soumise au vote jeudi de l’Assemblée générale de l’ONU.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

L’OTAN volontaire pour aider Kiev, mais pas au prix d’un affrontement avec Moscou

mars 24, 2022

Dans un discours aux dirigeants de l’alliance transatlantique, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie d’avoir utilisé des bombes au phosphore.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a accueilli le président américain Joe Biden à son arrivée au quartier général de l’OTAN, à Bruxelles Photo : Getty Images/FP/Pool/Evan Vucci

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est « déterminée à faire tout ce qu’elle peut » pour aider l’Ukraine à se défendre contre l’invasion russe, mais en s’assurant d’éviter toute « escalade » susceptible d’entraîner les alliés dans une « guerre totale » contre la Russie, a annoncé jeudi son secrétaire général, Jens Stoltenberg.

Nous saluons les offres concrètes [de soutien] faites par les alliés aujourd’hui, a dit Jens Stoltenberg au terme du sommet extraordinaire de l’OTAN, à Bruxelles. En même temps, nous avons la responsabilité de nous assurer qu’il n’y a pas d’escalade dans ce conflit. Ce serait encore plus dangereux et dévastateur.

Selon lui, les pays membres l’OTAN ont déjà fourni à l’Ukraine des armes antitanks, des systèmes de défense antiaérienne et des drones, ainsi que de l’aide financière et humanitaire depuis le début de l’invasion russe, il y a exactement un mois, et ils continueront de le faire. De l’aide contre de potentielles cyberattaques sera offerte.

L’alliance transatlantique va notamment fournir à l’Ukraine des équipements de protection contre les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires. Il pourrait s’agir de détection, d’équipement, de protection et de soutien médical, ainsi que de formation à la contamination et à la gestion des crises, a dit M. Stoltenberg.

Nous améliorons également l’état de préparation des forces alliées, a-t-il ajouté. Le commandant suprême des forces militaires de l’Alliance, le général Walters, a activé les éléments de défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire de l’OTAN et nos alliés déploient des moyens de défense pour renforcer les forces des groupements tactiques.

Dans un discours prononcé par visioconférence dans le cadre du sommet, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie d’avoir utilisé des bombes au phosphore, selon la traduction en français fournie par son bureau. Cette accusation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.

« Ce matin, soit dit en passant, il y a eu des bombes au phosphore. Des adultes ont été tués à nouveau et des enfants ont été tués à nouveau.  »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Interrogé à ce sujet, M. Stoltenberg a éludé la question, se contentant de dire que l’OTAN disposait d’informations crédibles d’utilisation de force militaire contre des civils en Ukraine, ce qui pourrait constituer des crimes de guerre.

Un nouveau concept stratégique de défense présenté en juin

M. Stoltenberg a par ailleurs confirmé que quatre nouveaux groupements tactiques seront déployés sur le flanc est de l’OTAN, soit en Bulgarie, en Roumanie, en Hongrie et en Slovaquie, ce qui portera à huit le nombre de ces groupements déployés en Europe de l’Est. Les autres se trouvent en Pologne et dans les pays baltes.

À l’heure actuelle, a-t-il noté, plus de 100 000 militaires américaines sont présents en Europe, et 40 000 autres sont sous commandement direct de l’OTAN sur le flanc est. C’est du jamais vu.

Il a aussi réitéré que l’alliance va accroître ses efforts de dissuasion pour faire face à la nouvelle réalité engendrée par la guerre, en augmentant le niveau de préparation de ses forces terrestres, aériennes et navales. Un nouveau concept stratégique de défense devrait être adopté lors du prochain sommet, en juin, à Madrid, a-t-il dit.

Lors de ce sommet, certains pays devraient également présenter leur plan pour accroître leurs dépenses militaires, a-t-il précisé, sans les nommer. En vertu d’une entente conclue en 2014, les membres de l’alliance doivent consacrer 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) aux dépenses militaires d’ici 2024.

« La sécurité, ce n’est pas gratuit. En faire plus coûtera plus. Alors les dirigeants de l’OTAN ont accepté de redoubler leurs efforts. »— Une citation de  Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN

Le Canada fait partie des pays qui ne respectent pas encore cet engagement, avec des dépenses militaires qui atteignent 1,4 % du PIB. Le premier ministre canadien Trudeau, qui était présent au sommet jeudi, a récemment avancé qu’il était prêt à augmenter les dépenses militaires du pays, mais sans s’engager formellement.

Zelensky a réclamé 1 % du matériel de l’OTAN

Lors de son discours aux dirigeants des pays de l’OTAN, le président Zelensky a déploré ne pas avoir eu de réponse claire de l’OTAN à la requête de l’Ukraine pour que l’organisation impose une zone d’exclusion aérienne au-dessus de son territoire, ni en ce qui concerne des demandes pour obtenir des chasseurs ou des tanks.

Le pire pendant la guerre, c’est de ne pas avoir de réponses claires aux demandes d’aide, a-t-il lancé aux dirigeants des pays de l’Alliance, après avoir indiqué qu’il souhaite obtenir 1 % des appareils qu’ils détiennent, dont 500 de leurs 20 000 chars.

« Je veux juste que vous sachiez que l’Alliance peut encore empêcher la mort d’Ukrainiens à cause des frappes russes, de l’occupation russe, en nous fournissant toutes les armes dont nous avons besoin. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Vous pouvez nous donner 1 % de tous vos avions, 1 % de tous vos réservoirs. 1 %! Nous ne pouvons pas simplement l’acheter. Un tel approvisionnement ne dépend directement que des décisions de l’OTAN, des décisions politiques, a plaidé M. Zelensky.

« Vous avez des milliers d’avions de chasse, mais on ne nous en a pas encore donné un. […] Vous avez au moins 20 000 chars. L’Ukraine a demandé un pourcentage, 1 %. Donnez-nous ou vendez-nous. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Interrogé à ce sujet, Jens Stoltenberg n’a donné aucune indication que les pays membres de l’alliance sont disposés à agir de la sorte, en réitérant simplement qu’ils feront ce qu’ils peuvent pour aider l’Ukraine à se défendre, mais en évitant une guerre totale avec la Russie. Il faut être honnête par rapport à ça, a-t-il admis.

Le mandat de Stoltenberg prolongé

Les dirigeants des pays membres de l’OTAN ont par ailleurs profité du sommet pour annoncer la prolongation du mandat de M. Stoltenberg à la tête de l’Alliance en raison de la guerre en Ukraine. L’ancien premier ministre norvégien restera ainsi en poste jusqu’au 30 septembre 2023, a-t-il lui-même annoncé sur Twitter.

« Alors que nous sommes confrontés à la plus grande crise de sécurité depuis une génération, nous sommes unis pour maintenir notre Alliance forte et nos citoyens en sécurité. »— Une citation de  Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN

En poste depuis 2014, le secrétaire général de l’OTAN devait originalement quitter son poste à l’automne pour prendre la tête de la banque centrale de Norvège à compter du 1er décembre. L’institution avait fait l’annonce de cette nomination le mois dernier. L’invasion russe de l’Ukraine est toutefois venue bousculer cet agenda.

Peu avant l’annonce de la décision, l’actuel premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store, avait dit soutenir la prolongation du mandat de M. Stoltenberg. Pour la Banque de Norvège, des solutions transitoires, avec un possible intérim de la vice-présidente à la tête de l’institution, sont à l’étude, selon le gouvernement norvégien.

Le monde doit arrêter la guerre, dit Zelensky

Avant de prononcer son discours à l’OTAN, le président Zelensky a lancé un appel enflammé aux citoyens du monde entier à manifester contre l’invasion russe de son pays, un mois après le début de la guerre.

Allez-y avec des symboles ukrainiens pour défendre l’Ukraine, pour défendre la liberté, pour défendre la vie! a lancé M. Zelensky dans la nuit de mercredi à jeudi dans un message vidéo en anglais. Retrouvez-vous sur les places, dans la rue, montrez-vous et faites-vous entendre!

Exprimez-vous, manifestez depuis vos bureaux, vos maisons, vos écoles et vos universités, manifestez au nom de la paix!, a martelé le président. Le monde doit arrêter la guerre.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a soutenu dans une entrevue avec une chaîne télévisée espagnole que les Russes ne veulent rien négocier actuellement. Tout ce qu’ils veulent, c’est occuper le territoire.

La Russie veut encercler la côte jusqu’à la frontière avec la Moldavie et isoler l’Ukraine de la mer. La Russie voudra négocier seulement lorsqu’elle aura obtenu une position de force, a ajouté Josep Borrell.

M. Borrell a déclaré que l’Union européenne et ses alliés continueront à fournir une aide militaire à l’armée ukrainienne.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France Presse, Associated Press, BBC, Reuters et The Guardian

L’OTAN se renforce à l’Est

mars 23, 2022

Quelque 1400 soldats américains sont déployés en Lettonie pour renforcer la présence de l’OTAN à proximité de l’Ukraine. Photo : Getty Images/AFP/Gints Ivuskans

Alors que les leaders de l’OTAN se préparent pour leur rencontre jeudi, le secrétaire général de l’organisation, Jens Stoltenberg, a annoncé l’envoi de renforts militaires sur son flanc oriental ainsi qu’une aide accrue à l’Ukraine pour faire face aux cyberattaques russes et à une éventuelle attaque chimique, biologique ou nucléaire.

La Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie bénéficieront de l’arrivée de quatre nouveaux groupements tactiques, ce qui portera à huit le nombre de groupements tactiques déployés en Europe de l’Est.

Au total, l’OTAN compte désormais 40 000 soldats placés directement sous sa direction, qui s’ajoutent aux 100 000 soldats américains déployés en Europe et aux forces des autres États membres, a-t-il précisé.

« Nous sommes déterminés à faire tout ce que nous pouvons pour soutenir l’Ukraine, a assuré le secrétaire général. Mais l’OTAN n’est pas partie au conflit (et) n’enverra pas de troupes en Ukraine. »— Une citation de  Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN.

En ce qui concerne les menaces de guerre chimique, biologique ou nucléaire, le secrétaire général n’a pas voulu entrer dans les détails avant la rencontre de demain.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a, par ailleurs, affirmé sur CNN que Moscou n’utilisera l’arme nucléaire en Ukraine qu’en cas de menace existentielle contre la Russie.

Nous avons une doctrine de sécurité intérieure; cela est public, vous pouvez y lire toutes les raisons pour l’utilisation des armes nucléaires. Et s’il s’agit d’une menace existentielle pour notre pays, alors elles peuvent être utilisées en accord avec notre doctrine, a-t-il dit.

Marathon diplomatique

Le président américain, Joe Biden, et le premier ministre canadien, Justin Trudeau, sont d’ailleurs en Europe pour participer au sommet de l’OTAN, ainsi qu’à une réunion des chefs d’État et de gouvernement du G7.

Les attentes sont grandes en prévision de ces rencontres qui ont pour but de présenter un front uni et renforcer la pression sur les Russes.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Photo : La Presse Canadienne/AP/Bureau de la Présidence Ukrainienne

Les alliés ont déjà rejeté les demandes du président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine, ainsi que celles de fournir des avions de combat à Kiev.

Ils tentent de renforcer les défenses ukrainiennes sans entrer directement en conflit avec Moscou.

Selon Reuters, les Américains tentent notamment de convaincre la Turquie d’envoyer ses systèmes de défense antimissile S-400 russes à l’Ukraine.

Il sera également question d’ajustements à long terme concernant la présence de l’OTAN en Europe de l’Est ainsi que d’une action commune pour renforcer la sécurité énergétique de l’Europe, selon le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Jake Sullivan.

La Commission européenne planche sur la mise en marche d’un plan pour réduire sa dépendance au gaz russe en le remplaçant notamment par du gaz naturel liquéfié du Qatar et des États-Unis.

De nouvelles sanctions contre la Russie sont également sur la table, a également précisé M. Sullivan.

Appels à l’exclusion du G20

Les États-Unis ont indiqué qu’ils consulteraient leurs alliés sur la possibilité d’exclure la Russie de certaines organisations internationales, y compris le G20, dont la rencontre doit se tenir en novembre à Bali, en Indonésie.

L’ambassade russe en Indonésie a indiqué que le président Vladimir Poutine avait été invité et avait l’intention d’y participer.

La Chine s’est prononcée contre une telle exclusion. La Russie est un important pays membre (du G20), aucun membre n’a le droit d’expulser un autre pays, a estimé un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin.

La Russie avait été suspendue du G8 après l’annexion de la Crimée en 2014.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Photo : Reuters

En ce qui concerne les négociations russo-ukrainiennes, Moscou a accusé les États-Unis de les entraver.

Les négociations sont difficiles, la partie ukrainienne change constamment sa position. Il est difficile de se débarrasser de l’impression que nos collègues américains les tiennent par la main, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans un discours devant des étudiants.

Il a reproché aux Occidentaux d’abreuver l’Ukraine en armes, destinées à garder le plus longtemps possible les deux pays en situation de combats.

M. Lavrov s’est dit frappé par l’ampleur des sanctions occidentales adoptées à l’encontre de Moscou et estimé qu’elles étaient destinées à supprimer la Russie en tant qu’obstacle à un monde unipolaire.

« Tout ceci n’est pas à propos de l’Ukraine, mais à propos de l’ordre mondial que les États-Unis veulent dominer. »— Une citation de  Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères de la Russie.

Du côté humanitaire, M. Lavrov, va rencontrer jeudi à Moscou Peter Maurer, le chef du Comité international de la Croix-Rouge (CICR),  selon ce qu’a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

Avec Radio-Canada