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Canada-Ottawa/Convoi des camionneurs : « Il faisait trop froid, et c’était trop »

octobre 28, 2022

L’ex-chef de la police d’Ottawa, Peter Sloly, craque en plein interrogatoire devant la commission Rouleau.

Peter Sloly séchant ses larmes à la barre des témoins.

Sous le coup de l’émotion, l’ex-chef Peter Sloly a déclaré que les officiers du SPO « ont fait de leur mieux » pendant l’occupation du centre-ville d’Ottawa, l’hiver dernier, ajoutant qu’il était reconnaissant pour leur travail. Photo: Radio-Canada/Sean Kilpatrick

Même si le Service de police d’Ottawa (SPO) avait pris en considération tous les indices laissant entendre que la manifestation des camionneurs avait le potentiel de dégénérer et de se transformer en occupation prolongée, il aurait été incapable de l’empêcher par manque de ressources, estime son ancien chef, Peter Sloly.

Pour verrouiller la ville, fermer les bretelles d’autoroutes et bloquer les ponts interprovinciaux, le SPO aurait eu besoin d’au moins 2000 agents supplémentaires, a précisé M. Sloly vendredi matin devant la Commission d’enquête sur l’état d’urgence.

Il faisait trop froid, et c’était trop, a-t-il déclaré, ému, après avoir interrompu son témoignage pendant quelques secondes, le temps de reprendre ses esprits.

Dans le contexte, ses policiers ont fait de leur mieux, a insisté M. Sloly, déplorant du même souffle que l’opinion publique se soit rapidement retournée contre le SPO dans les jours ayant suivi le début de l’occupation du centre-ville d’Ottawa.

L’ex-chef de police, qui avait vite déclaré qu’il n’y aurait probablement pas de solution policière à la crise, a cependant convenu avoir contribué à l’impression que son service avait capitulé. Ça a pu donner l’impression qu’on avait baissé les bras, je ne remets pas cela en doute, a-t-il reconnu.

Avec le recul, M. Sloly – qui a quitté ses fonctions le 15 février, soit au lendemain de l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence – juge que les autorités fédérales auraient dû s’impliquer davantage dans la planification de la manifestation.

Les rapports sur la gestion de la menace à laquelle nous faisions face venaient de la Police provinciale de l’Ontario, a-t-il expliqué. À ce jour, j’ai encore une question : « Pourquoi n’ai-je pas reçu de telles informations, de la qualité de celles que je recevais de la PPO, mais de nos partenaires fédéraux, et ce, sur une base régulière? »

Dès le départ, il s’agissait, dit-il, d’un événement d’envergure nationale, puisque les camions arrivaient tout autant de l’Ouest canadien que du sud de l’Ontario, du Québec et des Maritimes.

Des agents entourés de manifestants bien emmaillotés.

Les policiers d’Ottawa, a souligné M. Sloly vendredi, ont travaillé dans des conditions particulièrement difficiles, l’hiver dernier, pendant l’occupation du centre-ville d’Ottawa. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Le gouvernement Trudeau a invoqué la Loi sur les mesures d’urgence le 14 février 2022 pour mettre fin à un rassemblement réunissant des camionneurs et d’autres manifestants opposés aux mesures sanitaires liées à la COVID-19, qui ont paralysé le centre-ville d’Ottawa du samedi 29 janvier au dimanche 20 février.

Cette loi – adoptée en 1988 pour succéder à la Loi sur les mesures de guerre – prévoit notamment qu’une enquête publique doit a fortiori se pencher sur les circonstances ayant mené les autorités à prendre une telle décision.

L’ex-chef Sloly, qui a été remplacé de façon intérimaire par Steven (Steve) Bell, devrait témoigner toute la journée et revenir à la barre lundi pour les contre-interrogatoires.

Sa comparution a été jusqu’ici l’occasion de souligner une fois de plus la confusion qui régnait à l’époque dans la structure de commandement du SPO et sur le manque de coordination entre l’équipe de liaison avec les manifestants et celle du maintien de l’ordre public.

Elle intervient après deux semaines d’audiences presque entièrement consacrées aux points de vue policiers sur la crise. Des organisateurs du convoi seront entendus après lui.

Le fil des événements de plus en plus clair

Les témoignages recueillis par la Commission jusqu’à maintenant ont notamment permis de comprendre que le service de police municipal n’a pas tenu compte des alertes lancées par les hôteliers et le service du renseignement de la PPO laissant entendre que le convoi pourrait rester à Ottawa plus longtemps que prévu.

Le SPO a effectivement erré dans sa lecture des événements, a reconnu la semaine dernière sa cheffe adjointe par intérim, Patricia (Trish) Ferguson, et les policiers ont été pris de court lorsque les camionneurs ont cessé de collaborer avec eux, a raconté lundi Steven Bell.

Résultat : la police locale a rapidement perdu la confiance du gouvernement Trudeau. Pour sortir de la crise, le fédéral a songé à rencontrer les organisateurs du convoi, mais cette rencontre n’a jamais eu lieu. La Loi sur les mesures d’urgence a finalement été invoquée le 14 février.

Des témoins, comme le chef surintendant à la retraite Carson Pardy, de la PPO, ont toutefois déclaré à la Commission qu’ils auraient pu s’en passer. Le convoi, qui a été démantelé à partir du 18 février, l’aurait été de toute façon, a renchéri un autre officier de la police provinciale, jeudi.

Encore quatre semaines d’audiences

Outre des policiers, la Commission présidée par le juge Paul Rouleau a entendu depuis le début des audiences, le 13 octobre, des résidents, des commerçants et des élus locaux, comme l’ex-maire Jim Watson.

Les travaux de la Commission se sont jusqu’ici déroulés uniquement en anglais, ce qui a mené dès le 14 octobre à un échange tendu entre l’ancien conseiller municipal Mathieu Fleury et l’un des avocats du convoi, Me Brendan M. Miller.

D’ici le 25 novembre, 68 témoins auront comparu. Justin Trudeau figure dans le lot, de même que sept ministres, dont Marco Mendicino (Sécurité publique), qui a réitéré en Chambre vendredi que le recours aux mesures d’urgence avait été une décision de dernier recours pour régler une situation sans précédent.

M. Mendicino debout en Chambre.

L’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence était « nécessaire », a une nouvelle fois plaidé Marco Mendicino, vendredi, aux Communes. Photo : La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Des représentants du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) seront également appelés à comparaître, tout comme la commissaire de la GRC Brenda Lucki, qui croyait le 14 février que les autorités n’avaient pas encore épuisé tous les moyens à leur disposition pour déloger les manifestants.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, et l’ex-solliciteure générale de la province Sylvia Jones ont reçu une citation à comparaître, mais ils s’y opposent pour toutes sortes de raisons, faisant notamment valoir qu’il s’agit, selon eux, d’une affaire exclusivement fédérale.

M. Ford et Mme Jones ont aussi rejeté cette semaine une assignation à comparaître devant les élus fédéraux du comité d’examen parlementaire sur l’état d’urgence, créé dans la foulée de l’invocation des mesures d’urgence fédérales. C’est ce que montre une lettre de l’avocat général du Bureau du conseil des ministres de l’Ontario, Don Fawcett, adressée le 27 octobre au comité en question pour décliner l’invitation à témoigner.

Avec Radio-Canada

Canada: Ottawa doit accueillir plus d’étudiants étrangers francophones, selon le Bloc québécois

août 25, 2022
Des étudiants dans une salle d'informatique

Le Bloc québécois estime que le gouvernement libéral de Justin Trudeau doit encourager l’obtention de visas pour les étudiants étrangers francophones. Photo : Getty Images/Istock/Michael Jung

Le Bloc québécois demande au gouvernement libéral d’accorder plus de visas aux étudiants étrangers francophones qui souhaitent venir étudier dans les institutions postsecondaires au Québec. Le parti souhaite ainsi assurer la pérennité de certains programmes scolaires et favoriser l’immigration francophone.

Les demandes de visas d’étudiants qui parlent français sont plus souvent déclinées que pour les anglophones, selon le Bloc québécois, qui indique que le pourcentage de visas d’étudiants étrangers refusés s’élève à 79 % à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), comparativement à 9 % à l’université anglophone McGill.

C’est une discrimination claire envers les étudiants africains, puisque leur taux de refus est anormalement élevé comparativement à des gens qui viennent d’autres pays, dénonce le porte-parole bloquiste en matière d’immigration, Alexis Brunelle-Duceppe.

Taux de refus des visas étudiants étrangers par institution en 2021

Institutions post-secondairesTaux de refus
Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)79 %
Université du Québec à Chicoutimi (UQAC)58 %
Cégep de Saint-Félicien56 %
Université McGill9 %

Source : Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Canada via le Bloc québécois

Ces étudiants se feraient refuser leur demande de visa, car les autorités ont peur qu’ils ne retournent pas dans leur pays à la suite de l’obtention de leur diplôme, selon le député bloquiste, qui trouve illogique de ne pas souhaiter que ces jeunes francophones éduqués restent au pays.

On n’aide certainement pas le déclin de la langue française en refusant majoritairement des étudiants francophones étrangers, a déclaré jeudi M. Brunelle-Duceppe, faisant référence au déclin du français au Québec, ainsi qu’ailleurs au pays.

Il ajoute que des jeunes d’ici sont aussi pénalisés par ces visas refusés. Il y a des programmes qui sont en péril dans certains cégeps parce que la majorité des étudiants proviennent de l’étranger, soutient le bloquiste, qui était de passage à Trois-Rivières, jeudi.

René Villemure debout derrière Alexis Brunelle-Duceppe debout au podium au centre des congrès.

Le porte-parole du Bloc québécois en matière de francophonie internationale et député dans la circonscription de Trois-Rivières, René Villemure, et le porte-parole en matière d’immigration, réfugiés et citoyenneté, Alexis Brunelle-Duceppe, ont tenu un point de presse jeudi à Trois-Rivières. Photo : Radio-Canada/Marie-Ève Trudel

Alexis Brunelle-Duceppe rappelle qu’en juin, le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration, dont il est vice-président, a formulé 35 recommandations au gouvernement pour améliorer le processus.

Que l’intention de s’établir au Canada ne nuise pas à l’obtention d’un permis d’étude est l’un des principaux points à corriger, selon le député de la circonscription de Lac-Saint-Jean.

Avec Radio-Canada

Le Sénégal accuse la police canadienne d’avoir « sauvagement » battu une diplomate

août 6, 2022
Une voiture du Service de police de la Ville de Gatineau.

Les faits se seraient produits le 2 août dernier. Photo : Radio-Canada/Christian Milette

La République du Sénégal affirme qu’une de ses diplomates en service à Ottawa a été battue à son domicile par la police en début de semaine. Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) soutient plutôt que ses membres ont maîtrisé et arrêté une personne qui s’était montrée violente envers les agents.

Vendredi après-midi, l’ambassade du Sénégal a publié sur sa page Facebook un communiqué de presse en français du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur au sujet de l’incident survenu mardi. Le communiqué ne mentionne pas le nom du service de police impliqué.

Au cours de cette opération, la police canadienne a exercé sur la diplomate une violence physique et morale humiliante devant témoins et en présence de ses enfants mineurs, selon le communiqué.

Malgré le rappel du statut de diplomate de la victime et de l’inviolabilité de son domicile, les éléments de la police canadienne l’ont menottée et sauvagement tabassée, au point qu’elle a eu du mal à respirer, ce qui a conduit à une évacuation par ambulance à l’hôpital, selon la version officielle du gouvernement sénégalais.

Le communiqué du ministère n’a pas nommé la diplomate ni précisé l’emplacement de sa maison.

CBC a communiqué avec l’ambassade et avec le ministère pour obtenir des commentaires, mais sans résultat.

Une personne agressive, selon les policiers

Dans son propre communiqué de presse publié tard vendredi soir, le SPVG explique que ses membres aidaient un huissier à exécuter une ordonnance et qu’ils sont arrivés sur les lieux vers 13 h 30 HAE mardi.

Un porte-parole de la police a par la suite confirmé que l’incident s’était produit à Gatineau.

Sur les lieux, les policiers ont vérifié que le document judiciaire était bel et bien valide et que l’officier de justice ayant autorisé l’ordonnance judiciaire avait été informé que la personne avait un statut diplomatique, précise le communiqué. Faisant face à une personne agressive et refusant de collaborer, les policiers sont intervenus afin d’expliquer la démarche et de s’assurer que tout se déroule dans le calme.

Le service de police n’a pas précisé si cette personne était un diplomate de l’ambassade.

Selon le communiqué de la police, une policière a reçu un coup de poing au visage pendant l’intervention, ce qui a incité ses collègues à arrêter cette personne pour la sécurité des personnes présentes.

« La personne a résisté à son arrestation et blessé par morsure un deuxième policier. La personne a alors été amenée au sol pour être maîtrisée. La personne a été détenue à l’arrière du véhicule de patrouille, sous supervision d’une policière, le temps que le huissier exécute son ordonnance et que la situation soit revenue au calme. En aucun temps la personne n’a mentionné avoir été blessée ou avoir des douleurs lorsque questionnée. »

Plus tard en journée, peu après 15 h, les paramédicaux ont appelé le SPVG en assistance alors qu’ils intervenaient auprès de cette personne et qu’une dizaine de personnes étaient présentes, explique le communiqué.

Appel à enquête

Dans son communiqué, le gouvernement du Sénégal dit avoir demandé qu’une enquête soit ouverte sans délai et que des poursuites soient menées contre les auteurs de cette agression inadmissible, qui constitue une atteinte grave à l’intégrité physique de la personne et à la dignité humaine.

Le gouvernement sénégalais a également qualifié l’incident de violation flagrante de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques.

Informé de ces faits inacceptables et injustifiables, [le gouvernement du Sénégal] a immédiatement convoqué la chargée d’affaires de l’ambassade du Canada à Dakar pour dénoncer vigoureusement et condamner fermement cet acte raciste et barbare, a déclaré le gouvernement dans son communiqué.

CBC News a soumis une demande d’entrevue à Affaires mondiales Canada, qui a accusé réception de la demande et promis une réponse dès que possible.

Conformément à la Loi sur la police de la province, le SPVG a demandé jeudi au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) du Québec de se prononcer au sujet de l’opportunité d’une enquête criminelle sur les actions des agents.

La direction du SPVG collaborera à toute démarche ou enquête subséquente en toute transparence, selon son communiqué.

Le SPVG a également demandé au DPCP de déterminer si des accusations de voies de fait contre un agent et d’obstruction à la police sont justifiées contre la personne impliquée.

Le ministère de la Sécurité publique du Québec a été alerté de l’incident, a indiqué le service de police.

Radio-Canada avec les informations de Guy Quenneville, CBC News

Canada: Des députés et des employés auraient été harcelés pendant le siège d’Ottawa

juin 21, 2022
Deux personnes sur une rue saluent une troisième personne dans un camion à 18 roues. Sur le camion, il est écrit: «True North Strong & Free ».

Le sergent d’armes a raconté également qu’une employée avait été abordée par un homme qui a tenté de lui jeter ce qui semblait être un sac d’excréments humains, avant qu’un autre employé n’arrive et ne pousse l’homme au sol (archives). Photo: La Presse Canadienne/Justin Tang

Le sergent d’armes de la Chambre des communes se dit « sidéré » par la façon dont la police d’Ottawa a permis que des députés et des employés de la colline du Parlement continuent à se faire harceler pendant les manifestations contre les restrictions sanitaires en février.

Patrick McDonell, qui travaille en étroite collaboration avec le chef du Service de protection parlementaire, a déclaré mardi à un comité des Communes que les députés et les employés étaient victimes de harcèlement presque tous les jours sur la rue Wellington, au centre-ville d’Ottawa, qui relève de la police municipale.

Le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre étudie l’opportunité d’élargir la compétence fédérale quant à la sécurité opérationnelle de la Cité parlementaire afin d’inclure des sections de la rue Wellington, où des véhicules avaient stationné durant trois semaines pendant le convoi, et de la rue Sparks, qui comprend un mail piétonnier.

Une vue lointaine de l'importance opération policière.

Une importante opération policière a permis de mettre fin à l’occupation qui a duré trois semaines (archives). Photo: AFP via Getty Images/Andrej Ivanov

Le sergent d’armes McDonell, qui est aussi directeur de la sécurité institutionnelle de la Chambre des communes depuis 2015, a indiqué mardi qu’il y avait une voiture de police tout à fait à portée de vue des incidents de harcèlement qu’il décrivait, et que des événements étaient signalés `tous les jours’ à la police d’Ottawa.

Il a raconté qu’une personne avait bloqué le passage de voitures de certains employés lorsqu’ils arrivaient sur un stationnement à proximité. Si l’employée était une femme, l’individu frappait sa voiture avant de s’écarter de sa route.

Le sergent d’armes a raconté également qu’une employée avait été abordée par un homme qui a tenté de lui jeter ce qui semblait être un sac d’excréments humains, avant qu’un autre employé n’arrive et ne pousse l’homme au sol.

Avec Radio-Canada

Des étudiants étrangers en Ukraine tentent de poursuivre leurs études au Canada

mars 26, 2022

Des étudiants étrangers en Ukraine qui ont réussi à fuir ce pays vers la Pologne espèrent maintenant pouvoir poursuivre leurs études au Canada. Sur la photo, Junior Nzoghe (en beige) souhaite compléter ses études en médecine à l’Université d’Ottawa. Photo : Mike Sabushimike

Depuis le début du conflit russo-ukrainien, l’Association afro-canadienne d’Ottawa (ACAO) s’est mise à la tête d’une coalition d’organismes internationaux pour faire sortir des étudiants africains qui se sont retrouvés coincés en Ukraine.

Plus de 1200 étudiants sont maintenant en sécurité grâce à ces efforts, estime l’Association des Africains Canadiens d’OttawaACAO. Si certains sont retournés dans leur pays d’origine, de nombreux autres tentent de poursuivre leurs études à l’étranger. Le Canada est une de leurs destinations de prédilection et plusieurs tentent de s’inscrire à l’Université d’Ottawa.

On a tout perdu, en fait. On a tout perdu et on est vraiment dans la merde, déplore Junior Nzoghe, originaire du Gabon, qui a passé près d’un mois caché dans son appartement à Kherson, où il étudiait avant que la guerre n’éclate.

Junior Nzoghe, étudiant étranger en Ukraine (au centre) Photo : Mike Sabushimike

« Toutes les nuits, on était sous les bombardements. »— Une citation de  Junior Nzoghe, étudiant étranger en Ukraine

Gwen Madiba, présidente de l’organisme Equal Chance à Ottawa, est celle qui a accompagné la délégation de la coalition dirigée par l’Association des Africains Canadiens d’OttawaACAO. Elle a pris tous les moyens nécessaires pour les sortir de là, explique Junior.

Mme Madiba a quitté la capitale fédérale il y a quelques jours pour rejoindre la Pologne afin de mieux coordonner l’évacuation d’étudiants étrangers en Ukraine.

On a vraiment travaillé fort ensemble pour trouver des personnes fiables, et même avec ces personnes fiables, les prix sont exorbitants, indique la présidente de l’organisme Equal Chance.

Gwen Madiba, présidente de l’organisme Equal Chance à Ottawa, enlace un étudiant étranger qui vient de fuir l’Ukraine. Photo : Mike Sabushimike

En effet, il a fallu 8000 $ pour évacuer 10 étudiants, dont Junior, avant de franchir les 1000 km qui relient Kherson à la Pologne.

On s’est dit qu’on allait laisser nos vies ici et qu’on allait mourir. Sans elle, on était vraiment à la rue, car on n’avait pas de soutien, témoigne Junior, dont le périple pour sortir de l’Ukraine a duré quatre jours.

Maintenant qu’il est en lieu sûr, le jeune homme souhaite reprendre ses études et réaliser son rêve de devenir médecin. Il a envoyé son dossier à l’Université d’Ottawa, tout comme une quarantaine d’autres étudiants récemment exfiltrés de Kherson.

Ils aimeraient être acceptés dans des universités canadiennes, notamment à l’Université d’Ottawa, qui est une université bilingue, ajoute Gwen Madiba.

Un processus accéléré comme pour les Ukrainiens?

À Ottawa, leurs candidatures sont passées entre les mains de Boulou Ebanda de B’Béri, un professeur et conseiller spécial antiracisme à l’Université d’Ottawa.

Le plus gros défi consiste à les faire accepter par Immigration Canada, mentionne M. Ebanda de B’Béri.

Boulou Ebanda de B’Béri, professeur et conseiller spécial antiracisme à l’Université d’Ottawa Photo : Radio-Canada

Il a écrit au premier ministre Justin Trudeau pour que les étudiants puissent profiter des programmes d’accueil accéléré mis en œuvre pour les Ukrainiens : J’ose croire que les étudiants noirs qui font partie du groupe des réfugiés ukrainiens pourront bénéficier de cette mesure.

Par contre, ce n’est actuellement pas le cas, a confirmé par courriel Immigration Canada, qui assure toutefois examiner des options pour accueillir les personnes qui fuient le conflit mais qui ne sont pas des citoyens ukrainiens.

Par Radio-C anada avec les informations de Nafi Alibert

Canada: Un nouveau convoi prépare son arrivée au centre-ville d’Ottawa samedi

mars 26, 2022

Le centre-ville d’Ottawa sera une fois de plus le théâtre d’une manifestation alors qu’un nouveau convoi prépare son arrivée (archives). Photo : The Canadian Press/Adrian Wyld

Un nouveau convoi en provenance de Québec fera son entrée à Ottawa samedi après-midi. Les organisateurs du convoi dit « pour les générations futures » ont donné leur itinéraire au Service de police d’Ottawa.

Les organisateurs réclament la fin des mesures sanitaires en plus de s’opposer au nouvel ordre mondial.

Patrick Tremblay, l’un des membres actifs du groupe Facebook, a confirmé qu’un convoi prendrait la route en direction du centre-ville d’Ottawa samedi. Il sera d’ailleurs présent.

Selon l’estimation des organisateurs, le convoi réunirait de 1000 à 2000 participants. Les manifestants doivent rentrer à la maison dimanche.

Sur la page Facebook du groupe, une carte a été publiée. Sur celle-ci, on retrouve une section quadrillée en orange dans laquelle il sera interdit de klaxonner, à la demande des organisateurs.

Dans les commentaires, les participants ne semblent toutefois pas très favorables à cette interdiction, car ils soulignent qu’ils se déplacent expressément pour déranger.

Le Service de police d’Ottawa (SPO) a confirmé être entré en contact avec les organisateurs du convoi. C’est une manifestation qui est considérée comme planifiée, ont indiqué les relations médias.

« C’est sur notre radar ainsi que sur celui de plusieurs autres corps policiers. »— Une citation de  Relations médias du SPO

Le Service de police d’OttawaSPO prévoit tenir la population au courant de possibles problèmes de circulation sur Twitter.

Le Centre des opérations du gouvernement a écrit, par courriel, qu’il ne prévoyait aucune incidence majeure sur les infrastructures essentielles.

L’itinéraire préapprouvé pour la manifestation comprend les rues Elgin, Rideau et Laurier, a-t-on également écrit. L’organisateur du convoi a indiqué que les manifestants n’avaient pas l’intention de passer devant le parlement.

La Gendarmerie royale du Canada, le Service de police d’Ottawa et le Service de protection parlementaire sont au courant et surveillent la situation, et disposent de ressources suffisantes pour intervenir si l’incident a une incidence sur les infrastructures essentielles, a-t-on précisé.

Radio-Canada avec les informations de Camille Boutin

Canada-Manifestation à Ottawa : la police d’Ottawa passe à l’action

février 18, 2022

Les policiers ont entamé leur intervention vers 8h, vendredi, à Ottawa. Photo : Radio-Canada

Le Service de police d’Ottawa (SPO) a commencé son intervention peu après 8 h, vendredi, afin de déloger les manifestants à Ottawa.

Le Service de police d’OttawaSPO a commencé son opération sur la rue Nicholas, selon ce qu’ont constaté les journalistes de Radio-Canada présents sur place. Avant d’intervenir, ils avaient conseillé une nouvelle fois aux manifestants de partir immédiatement.Un camion se fait remorquer.

Les premiers remorquages ont commencé à Ottawa, vendredi. Photo : Radio-Canada

Selon la police, certains manifestants se rendent et sont arrêtés, alors que de premiers camions et véhicules commencent à être remorqués, selon les images captées sur place. La police demande aux manifestants de rester pacifiques et de respecter la loi.

Faut-il y voir des représailles? Les lignes du 9-1-1 sont de nouveau surchargées pour des signalements d’affaires policières non-urgentes, selon la police.Des policiers devant des camions

La police d’Ottawa devant les camions. Photo : Radio-Canada

L’intervention de la police touche plusieurs secteurs de la ville. Après la rue Nicholas, les policiers semblent se diriger vers Rideau/Sussex.

Ces derniers jours, le Service de police d’OttawaSPO a multiplié les appels aux manifestants leur demandant de partir.Début du widget . Passer le widget?

MANIFESTANTS: Vous devez partir. Vous devez cesser toute activité illégale et retirer immédiatement votre véhicule et/ou vos biens de tous les sites de protestation illégaux. Toute personne se trouvant sur le site d’une manifestation illégale peut être arrêtée. pic.twitter.com/UiGcg5hIFj— Ottawa Police (@OttawaPolice) February 18, 2022

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Mais sur le terrain, cela semble avoir peu d’effet, notamment près du parlement où on pouvait encore voir, selon les caméramans de Radio-Canada présents sur place, des gens rassemblés.Des manifestants rassemblés avec des drapeaux du Canada.

Des manifestants près du parlement, à Ottawa, vendredi 18 février, en maitnée. Photo : Radio-Canada

Sur la page FacebookFreedom Convoy 2022, un concert est même annoncé entre 11 h et 18 h, vendredi.

Deux organisateurs devant la cour vendredi

Un manifestant croisé vendredi matin répétait les raisons qui l’ont conduit à rejoindre le mouvement à Ottawa.

C’est le respect des droits et libertés. On est là pour se tenir debout. Il y a une différence entre être violent et être droit et debout. Moi, je suis droit et debout, là pour défendre les droits et libertés. […] On est là pour que les gens rendent des comptes.Des personnes donnent une entrevue, dehors, en hiver.

Des manifestants en entrevue vendredi matin Photo : Radio-Canada/Gabriel Le Marquand Perreault

Déjà deux organisateurs du convoi des camionneurs, Tamara Lich et Christopher John Barber, ont été arrêtés, jeudi, sur la colline du Parlement, tandis que des camions continuaient d’ignorer les appels à mettre fin au barrage.

Vendredi, le Service de police d’Ottawa (SPO) a précisé que M. Barber, 46 ans, paraîtra en cour vendredi. Le Saskatchewanais fait face à trois accusations, notamment d’avoir conseillé à d’autres personnes de commettre un méfait, d’entrave et d’avoir conseillé de commettre une entrave.

Mme Lich apparaîtra elle aussi en cour vendredi. L’Albertaine de 49 ans devra répondre à une accusation d’incitation à commettre un méfait.Une femme entourée de deux policiers.

Tamara Lich, une des organisatrices du convoi de camionneurs, parle avec des policiers le 17 février 2022.

PHOTO : REUTERS / PATRICK DOYLE

Outre Mme Lich et M. Barber, plusieurs personnes ont été arrêtées jeudi en fin de journée.

Des perturbations à prévoir

Le chef par intérim du Service de police d’Ottawa (SPO), Steve Bell, avait indiqué jeudi qu’une intervention était imminente.

Les forces de l’ordre ont établi un périmètre de sécurité au centre-ville d’Ottawa et bloqué plusieurs sorties de l’autoroute 417 permettant d’accéder au centre-ville, entre le boulevard Saint-Laurent et la rue Parkdale.Un barrage de police.

La police d’Ottawa bloque plusieurs accès au centre-ville depuis l’autoroute 417. Photo: Radio-Canada/Francis Ferland

Le périmètre de sécurité va de la rue Bronson à l’ouest jusqu’au canal Rideau à l’est et du parlement au nord jusqu’à l’autoroute 417 au sud. Des points de contrôle ont été établis à plusieurs endroits de la capitale nationale afin de contrôler l’accès au centre-ville.Une carte où se trouve dessiné un périmètre.

La carte du périmètre de sécurité de trois kilomètres carrés qui a été mis sur pied à Ottawa.

PHOTO : GRACIEUSETÉ VILLE D’OTTAWA

La circulation était très difficile vendredi matin, notamment pour les personnes venant de Gatineau.Un embouteillage en hiver.

La circulation est perturbée vendredi matin sur le pont Cartier-Macdonald en direction d’Ottawa. Photo : Radio-Canada/Jean-François Poudrier

La Ville a également annoncé la fermeture des stations du centre-ville de la ligne 1 de l’O-Train, de la station Pimisi à la station Hurdman, à compter du début du service du vendredi matin. Le service ferroviaire n’est assuré que de la station Tunney’s Pasture à la station Pimisi, à l’ouest, et de la station Blair à la station Hurdman, à l’est.

Le service complet sera rétabli dès que possible, a précisé OC Transpo dans une mise à jour, jeudi.

Du côté des écoles du centre-ville, le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) a indiqué, dans une note transmise aux parents, que ses écoles Francojeunesse, Louise-Arbour et De La Salle demeurent ouvertes, vendredi, mais que le transport scolaire est annulé pour les élèves résidant dans le périmètre de sécurité établi par la police d’Ottawa.

Le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) maintient lui aussi ses écoles ouvertes, même si le transport scolaire a été annulé en raison des conditions météorologiques. Du côté anglophone, toutes les écoles du Ottawa Carleton District School Board sont fermées pour une journée pédagogique qui était déjà prévue, précise le conseil scolaire, par courriel.

Les Farfadaas trouvent un nouveau site

Par ailleurs, du côté de Gatineau, les manifestants et membres du groupe les Farfadaas ont établi un nouveau campement dans le stationnement de l’église Notre-Dame-du-Très-Saint-Rosaire, a-t-on pu observer vendredi matin.Des roulottes et des camions stationnés en hiver avec de la neige.

Des camions et drapeaux du groupe les Farfadaas sont visibles près de l’église Notre-Dame-du-Très-Saint-Rosaire, à Gatineau. Photo : Radio-Canada/Jean-François Poudrier

La Cour supérieure avait accepté une demande d’injonction, jeudi, déposée par le propriétaire du stationnement de Zibi afin de les expulser de son terrain du secteur de Hull, où ils étaient installés depuis plus de deux semaines.

La Chambre ne siégera pas

Alors que devait se poursuivre le débat sur la Loi sur les mesures d’urgence à la Chambre des communes, vendredi, les députés fédéraux ne siégeront finalement pas.

La Loi sur les mesures d’urgence a été invoquée en raison de la manifestation au centre-ville d’Ottawa. C’est la première fois depuis qu’elle a été adoptée, en 1988.

Le Parlement canadien a entrepris ce débat jeudi matin et un vote était prévu lundi soir.

Du côté du Sénat, un message envoyé aux sénateurs et au personnel vendredi matin indique qu’une opération policière est prévue sur la rue Wellington et à d’autres endroits du centre-ville d’Ottawa et qu’il leur est donc demandé de rester à l’écart du centre-ville jusqu’à nouvel ordre et, pour les personnes déjà dans l’enceinte du Sénat, de demeurer à l’intérieur de l’édifice et d’attendre les instructions des agents du Service de protection parlementaire (SPP).

La manifestation des camionneurs contre les mesures liées à la COVID-19 à Ottawa en est à son 22e jour, vendredi. Radio-Canada avec les informations de Claudine Richard et de La Presse canadienne

Canada: La Sûreté du Québec appelée en renfort à Ottawa

février 17, 2022
Un homme arrose un porc qui cuit sur une broche dans une rue.

Des manifestants occupent le centre-ville d’Ottawa depuis maintenant 21 jours. Photo : La Presse Canadienne/Justin Tang

Au 21e jour de l’occupation du centre-ville d’Ottawa par des manifestants contre les mesures sanitaires et la vaccination obligatoire, la Sûreté du Québec (SQ) se prépare à y envoyer un important contingent en renfort, selon ce qu’a appris Radio-Canada.

Selon nos informations, des pelotons du Groupe tactique d’intervention seront appelés à se déplacer en Ontario pour participer aux opérations policières sous le commandement de la Police provinciale de l’Ontario (PPO).

La Sûreté du QuébecSQ prévoit toutefois ériger un centre de commandement à Gatineau, du côté québécois de la rivière des Outaouais.

Le déploiement sera si important que la Sûreté du QuébecSQ estime qu’elle aura une plus grande présence du côté de l’Ontario que dans la Ville de Québec, où une autre manifestation contre les mesures sanitaires est prévue ce week-end.

On estime qu’il y aura des pelotons comprenant «  des dizaines » de policiers de la SQ formés pour le contrôle de foule.

RDI Matin

La SQ appelée en renfort à OttawaDes joueuses de hockey canadiennes avec une médaille d'or au coup.

Entrevue avec Pierre-Yves Bourduas, sous-commissaire à la retraite de la GRC

Jeudi matin, les forces de l’ordre ontariennes ont commencé à mettre en place des barrages au centre-ville d’Ottawa pour en rendre l’accès plus difficile.

Le Service de police d’Ottawa (SPO) a aussi prévenu les résidents de la ville que l’opération d’évacuation des manifestants allait se dérouler sur plus de 24 heures.

Mercredi déjà, le Service de police d’OttawaSPO avait intensifié la pression en distribuant des avertissements aux manifestants les sommant de quitter les lieux maintenant sous peine de sanctions.Une main tient un bout de papier qui comporte une entête de la police d'Ottawa.

L’avis d’évacuation distribué aux manifestants par la police dans le centre-ville d’Ottawa, le 16 février 2022

PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / ADRIAN WYLD

Par ailleurs, des manifestants québécois qui ont établi un camp de base du côté de Gatineau ont reçu un avis d’injonction de quitter le stationnement qu’ils occupent. La cour doit se prononcer sur cette question jeudi.

Même la situation du côté d’Ottawa a un impact sur les gens de l’Outaouais, a réagi André Fortin, leader parlementaire du Parti libéral du Québec et député de Pontiac, évoquant notamment les bouchons de circulation causés par les blocages.

Je m’attends à ce que tout le monde travaille avec la Ville de Gatineau, avec ses forces policières, pour s’assurer que le jugement qui sera pris par la cour soit respecté de tous, a-t-il fait savoir, disant également s’attendre à ce que les forces policières prennent les actions nécessaires si jamais le jugement n’était pas respecté.

Du côté de Québec solidaire, la députée Manon Massé a affirmé que les corps policiers québécois ont les outils pour agir. Selon elle, la police du Québec a les moyens, la SQ connaît ces tactiques-là. […] Moi, je leur fais confiance.

Risques de peines sévères

Rappelons que la Loi sur les mesures d’urgence donne le pouvoir aux autorités de saisir les véhicules utilisés pour occuper le centre-ville et d’interdire les déplacements dans certaines zones désignées.

Les manifestants qui persistent s’exposent à des amendes allant jusqu’à 5000 $ et à des peines de prison d’un maximum de cinq ans.

La motion concernant le recours à la Loi sur les mesures d’urgence a été déposée à la Chambre des communes mercredi soir, au lendemain de la publication des décrets nécessaires à l’application des dispositions de la législation.

Les débats entre les partis d’opposition et le gouvernement doivent avoir lieu jeudi. Justin Trudeau doit aussi prendre la parole en matinée.

Radio-Canada avec les informations de Pascal Robidas

Canada: L’étau se resserre, mais les manifestants d’Ottawa ne semblent pas vouloir céder

février 17, 2022

Des policiers devant les manifestants, à Ottawa, le 17 février 2022 Photo : Radio-Canada/Gabriel Le Marquand Perreault

Malgré les multiples signes d’une intervention policière imminente pour les déloger du centre-ville d’Ottawa, les manifestants ne semblent pas broncher pour l’instant. Une des organisatrices du mouvement appelle à ne pas céder.

Jeudi matin, des klaxons de camions ont de nouveau retenti au centre-ville d’Ottawa. Sur le terrain, Deidter Stadnyk, un des manifestants, reconnaît voir une différence au niveau de la présence policière et des mesures en place. Mais il ne s’en émeut pas outre mesure.

C’est différent. On voit que les choses bougent, mais je ne suis pas trop inquiet. Les policiers doivent bien faire quelque chose. On leur a dit de le faire, n’est-ce pas ? […] Mais [le site] reste accessible, assure-t-il.

Lui devra quitter Ottawa pour des raisons professionnelles, jeudi. Il se dit toutefois certain que d’autres manifestants viendront bientôt le remplacer.

C’est un long week-end. Je sais que de gros convois sont en chemin […] Aujourd’hui, on devrait voir beaucoup de gens arriver.Un homme en entrevue.

Deidter Stadnyk, un des manifestants à Ottawa Photo : Radio-Canada

Pour lui, la manifestation reste pacifique, et les manifestants n’ont donc rien à se reprocher.

On n’a rien fait de mal. […] On ne s’est jamais aussi bien comportés depuis le début de la manifestation [qu’en ce moment]. […] On a quitté les quartiers résidentiels et je pense que c’était la bonne chose à faire, c’était le plus respectueux.

Installé à Ottawa depuis plusieurs jours, Mike Wastle, de Toronto, assure que la manifestation est pacifique.

La raison pour laquelle ils érigent ce mur, c’est parce qu’ils essaient de transformer ça en bataille. Nous sommes ici avec nos enfants, nous ne sommes que des agneaux. On s’aime les uns les autres, on prend soin les uns des autres. Nous voulons juste que ces maudites lois retournent d’où elles viennent, c’est-à-dire de cet édifice. Les lois qu’ils essaient de mettre en place sont illégales, c’est de la tyrannie, lance-t-il.

Des signes d’une intervention prochaine?

Depuis jeudi matin, les signes d’une possible intervention policière à venir se multiplient. Au cours des dernières heures, les forces de l’ordre ont installé plusieurs nouveaux barrages autour du secteur de la manifestation afin d’en rendre l’accès difficile. Des clôtures sont également en cours d’installation autour des édifices gouvernementaux du centre-ville.Des personnes installent des clôtures autour d'un édifice.

Des clôtures sont en cours d’installation autour des édifices gouvernementaux du centre-ville, jeudi matin.

PHOTO : RADIO-CANADA / SÉBASTIEN ST-FRANCOIS

Autre indice que les choses bougent, la Sûreté du Québec a été appelée en renfort, selon les informations de Radio-Canada. Les agents québécois seront sous le commandement de la Police provinciale de l’Ontario (PPO).

Voilà maintenant 21 jours que le convoi de camionneurs s’est installé au centre-ville d’Ottawa en signe de protestation contre les mesures sanitaires liées à la COVID-19 et contre la vaccination obligatoire.Trois voitures, dont une voiture de police, bloquent une route.

Des véhicules de police bloquent davantage d’accès au centre-ville d’Ottawa, jeudi matin. Radio-Canada/Gabriel Le Marquand Perreault

Mercredi, le Service de police d’Ottawa (SPO) a intensifié la pression en distribuant aux manifestants des avertissements sur lesquels il leur était demandé de quitter les lieux maintenant en leur rappelant les risques de sanction encourus. Le Service de police d’OttawaSPO les a notamment avertis que la Loi sur les mesures d’urgence lui donne le pouvoir de saisir les véhicules qui participent à l’occupation depuis près de trois semaines et d’interdire aux gens de se déplacer au sein d’une certaine zone.

La pression s’accentue sur les manifestants à Ottawa

La pression s’accentue sur les manifestants à Ottawa. Un reportage de Christian Noël.

Jeudi, c’est le Service des règlements municipaux de la Ville d’Ottawa qui a adressé un message aux manifestants qui auraient des animaux.Début du widget . Passer le widget?

Attention aux propriétaires d’animaux

Si vous pouvez pas prendre soin de votre animal en raison d’application de loi, votre animal sera placé en soin de protection pendant 8 jours, à vos vrais. Si aucun arrangement n’est fait après 8 jour, votre animal sera considéré renoncer. pic.twitter.com/loD1ZsipBO— Règlements Municipaux Ottawa (@RegMunicip_Ott) February 17, 2022

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Autre signe potentiel d’une intervention imminente? L’Université d’Ottawa, dont les édifices se trouvent dans le quartier de la Côte-de-Sable, dans le centre-ville, a annoncé, mercredi, suspendre les activités en personne sur son campus principal compte tenu de l’évolution de la situation dans les environs du Parlement, et de les tenir plutôt en ligne jusqu’au 21 février en matinée.

Dès demain [jeudi], la sécurité sera renforcée, comme c’était déjà le cas ces dernières fins de semaine. Les patrouilles seront notamment augmentées autour des résidences et dans la section nord-ouest du campus. De plus, des aires de stationnement seront fermées et l’accès aux immeubles sera limité, indique l’Université d’Ottawa dans une note.

Une des organisatrices lance un appel

Certains manifestants souhaitent tenter le tout pour le tout et rester sur place malgré la Loi sur les mesures d’urgence.

Une des organisatrices du convoi, Tamara Lich, a publié une vidéo en direct sur la page Facebook Freedom Convoy 2022, mercredi soir, dans laquelle elle se dit fière de ce qui a été accompli et parle d’une expérience incroyable vécue au cours des trois dernières semaines.Tamara Lich devant un micro

Tamara Lich, qui a mis sur pied les campagnes de financement pour le convoi, lors d’une conférence de presse à Ottawa le 3 février 2022 (archives). Photo: Radio-Canada/Frédéric Pepin

Très émue, elle appelle les protestataires à rester forts et unisà répandre l’amour et à ne pas céder.

Elle leur demande également de rester pacifiques, notamment avec les journalistes et les policiers.

Mme Lich semble laisser entendre qu’elle est prête à se faire arrêter en cas d’intervention policière.

J’irai probablement quelque part demain où je prendrai trois repas par jour et ça me convient. Je veux que vous sachiez que je n’ai pas peur : je vais enfin pouvoir dormir un peu, dit-elle.

« Je veux que vous continuiez à vous battre pour cette bonne cause, que vous preniez soin les uns des autres et que vous vous souteniez mutuellement. »— Une citation de  Tamara Lich, une des organisatrices du convoi de camionneurs

Elle invite d’autres manifestants à rejoindre Ottawa.

Il est temps de se serrer les coudes. Si vous pouvez venir à Ottawa et vous joindre à nous, ce sera fantastique, et si vous ne pouvez pas, priez pour nous. […] Je ne peux pas vous dire à quel point les gens [ici] sont incroyables. Ils vont rester et se battre pour votre liberté aussi longtemps que possible.

Mme Lich termine en indiquant que demain est un autre jour et je suis prête. Je n’ai pas peur et nous n’allons pas céder.

Selon les données disponibles sur le réseau social, la vidéo a été visionnée plus de 245 000 fois.

Dans une autre vidéo en direct publiée jeudi matin sur le même réseau social, un autre organisateur du convoi, Pat King, demande aux manifestants de ne pas quitter leur camion en cas d’intervention.

Le chef intérimaire du Service de police d’Ottawa SPO promet de vider les rues

Le chef par intérim du Service de police d’OttawaSPO, Steve Bell, a affirmé que les policiers expulseront des rues de la capitale nationale les manifestants qui s’opposent au gouvernement et aux restrictions liées à la COVID-19 au cours des prochains jours. Il a demandé à ses troupes d’être prêtes à utiliser des méthodes que les gens ne sont pas habitués de voir à Ottawa.Steve Bell lors d'une conférence de presse en 2019.

Steve Bell, chef intérimaire du Service de police d’Ottawa (archives) Photo: La Presse Canadienne/Adrian Wyld

M. Bell a pris cet engagement devant le conseil municipal d’Ottawa lors d’une réunion virtuelle mercredi, au lendemain de la démission de l’ancien chef de police Peter Sloly.

De son côté, le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a déposé la motion sur les mesures d’urgence à la Chambre des communes mercredi soir.

Cette motion doit faire l’objet d’un débat à la Chambre des communes jeudi et le Sénat doit aussi discuter vendredi des pouvoirs que confère cette loi.

Les élus conservateurs et bloquistes disent qu’ils n’appuieront pas la motion tandis que le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, laisse planer le doute pour la suite des choses en qualifiant la situation de crise.

Le gouvernement libéral minoritaire de Justin Trudeau a indiqué que les blocages aux frontières et à Ottawa sont liés à une action criminelle coordonnée et ciblée contre des intérêts canadiens, partiellement financée par des intérêts canadiens.

Pra Radio-Canada avec les informations de Claudine Richard et de La Presse canadienne

Canada: Le chef de police d’Ottawa démissionne après 18 jours de manifestation

février 15, 2022
Le chef de police Peter Sloly devant une caméra.

Peter Sloly a démissionné de son poste de chef de police d’Ottawa. Photo : Radio-Canada/Guy Quenneville

Le chef de la police démissionne, emporté par le mouvement de protestation des camionneurs.

Peter Sloly a remis sa démission mardi matin. Le chef de la police d’Ottawa subissait d’intenses pressions en raison de l’enlisement du mouvement de protestation des camionneurs au centre-ville de la capitale. Le centre-ville d’Ottawa est occupé depuis maintenant 19 jours.

Peter Sloly réclamait du renfort depuis déjà plusieurs jours. Il affirmait ne pas pouvoir compter sur des ressources suffisantes au sein des forces policières de la capitale fédérale pour mettre un terme à l’occupation du centre-ville.

Le chef de la police d’Ottawa constatait qu’il était impossible pour ses agents de bloquer toutes les sources de ravitaillement. Peter Sloly affirmait avoir un plan pour mettre fin au mouvement de protestation, mais ce plan, disait-il, ne pourrait être mis en œuvre que lorsque le service de police d’Ottawa aurait reçu les ressources supplémentaires.

Il doit officiellement remettre sa démission plus tard mardi, après la réunion de la Commission des services policiers, selon des sources qui ont parlé à Canadian Broadcasting CorporationCBC.

Peter Sloly est entré en fonction dans ce poste en octobre 2019. Son contrat devait se terminer en 2024.

Avec Radio-Canada