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Des étudiants étrangers en Ukraine tentent de poursuivre leurs études au Canada

mars 26, 2022

Des étudiants étrangers en Ukraine qui ont réussi à fuir ce pays vers la Pologne espèrent maintenant pouvoir poursuivre leurs études au Canada. Sur la photo, Junior Nzoghe (en beige) souhaite compléter ses études en médecine à l’Université d’Ottawa. Photo : Mike Sabushimike

Depuis le début du conflit russo-ukrainien, l’Association afro-canadienne d’Ottawa (ACAO) s’est mise à la tête d’une coalition d’organismes internationaux pour faire sortir des étudiants africains qui se sont retrouvés coincés en Ukraine.

Plus de 1200 étudiants sont maintenant en sécurité grâce à ces efforts, estime l’Association des Africains Canadiens d’OttawaACAO. Si certains sont retournés dans leur pays d’origine, de nombreux autres tentent de poursuivre leurs études à l’étranger. Le Canada est une de leurs destinations de prédilection et plusieurs tentent de s’inscrire à l’Université d’Ottawa.

On a tout perdu, en fait. On a tout perdu et on est vraiment dans la merde, déplore Junior Nzoghe, originaire du Gabon, qui a passé près d’un mois caché dans son appartement à Kherson, où il étudiait avant que la guerre n’éclate.

Junior Nzoghe, étudiant étranger en Ukraine (au centre) Photo : Mike Sabushimike

« Toutes les nuits, on était sous les bombardements. »— Une citation de  Junior Nzoghe, étudiant étranger en Ukraine

Gwen Madiba, présidente de l’organisme Equal Chance à Ottawa, est celle qui a accompagné la délégation de la coalition dirigée par l’Association des Africains Canadiens d’OttawaACAO. Elle a pris tous les moyens nécessaires pour les sortir de là, explique Junior.

Mme Madiba a quitté la capitale fédérale il y a quelques jours pour rejoindre la Pologne afin de mieux coordonner l’évacuation d’étudiants étrangers en Ukraine.

On a vraiment travaillé fort ensemble pour trouver des personnes fiables, et même avec ces personnes fiables, les prix sont exorbitants, indique la présidente de l’organisme Equal Chance.

Gwen Madiba, présidente de l’organisme Equal Chance à Ottawa, enlace un étudiant étranger qui vient de fuir l’Ukraine. Photo : Mike Sabushimike

En effet, il a fallu 8000 $ pour évacuer 10 étudiants, dont Junior, avant de franchir les 1000 km qui relient Kherson à la Pologne.

On s’est dit qu’on allait laisser nos vies ici et qu’on allait mourir. Sans elle, on était vraiment à la rue, car on n’avait pas de soutien, témoigne Junior, dont le périple pour sortir de l’Ukraine a duré quatre jours.

Maintenant qu’il est en lieu sûr, le jeune homme souhaite reprendre ses études et réaliser son rêve de devenir médecin. Il a envoyé son dossier à l’Université d’Ottawa, tout comme une quarantaine d’autres étudiants récemment exfiltrés de Kherson.

Ils aimeraient être acceptés dans des universités canadiennes, notamment à l’Université d’Ottawa, qui est une université bilingue, ajoute Gwen Madiba.

Un processus accéléré comme pour les Ukrainiens?

À Ottawa, leurs candidatures sont passées entre les mains de Boulou Ebanda de B’Béri, un professeur et conseiller spécial antiracisme à l’Université d’Ottawa.

Le plus gros défi consiste à les faire accepter par Immigration Canada, mentionne M. Ebanda de B’Béri.

Boulou Ebanda de B’Béri, professeur et conseiller spécial antiracisme à l’Université d’Ottawa Photo : Radio-Canada

Il a écrit au premier ministre Justin Trudeau pour que les étudiants puissent profiter des programmes d’accueil accéléré mis en œuvre pour les Ukrainiens : J’ose croire que les étudiants noirs qui font partie du groupe des réfugiés ukrainiens pourront bénéficier de cette mesure.

Par contre, ce n’est actuellement pas le cas, a confirmé par courriel Immigration Canada, qui assure toutefois examiner des options pour accueillir les personnes qui fuient le conflit mais qui ne sont pas des citoyens ukrainiens.

Par Radio-C anada avec les informations de Nafi Alibert

Canada: Un nouveau convoi prépare son arrivée au centre-ville d’Ottawa samedi

mars 26, 2022

Le centre-ville d’Ottawa sera une fois de plus le théâtre d’une manifestation alors qu’un nouveau convoi prépare son arrivée (archives). Photo : The Canadian Press/Adrian Wyld

Un nouveau convoi en provenance de Québec fera son entrée à Ottawa samedi après-midi. Les organisateurs du convoi dit « pour les générations futures » ont donné leur itinéraire au Service de police d’Ottawa.

Les organisateurs réclament la fin des mesures sanitaires en plus de s’opposer au nouvel ordre mondial.

Patrick Tremblay, l’un des membres actifs du groupe Facebook, a confirmé qu’un convoi prendrait la route en direction du centre-ville d’Ottawa samedi. Il sera d’ailleurs présent.

Selon l’estimation des organisateurs, le convoi réunirait de 1000 à 2000 participants. Les manifestants doivent rentrer à la maison dimanche.

Sur la page Facebook du groupe, une carte a été publiée. Sur celle-ci, on retrouve une section quadrillée en orange dans laquelle il sera interdit de klaxonner, à la demande des organisateurs.

Dans les commentaires, les participants ne semblent toutefois pas très favorables à cette interdiction, car ils soulignent qu’ils se déplacent expressément pour déranger.

Le Service de police d’Ottawa (SPO) a confirmé être entré en contact avec les organisateurs du convoi. C’est une manifestation qui est considérée comme planifiée, ont indiqué les relations médias.

« C’est sur notre radar ainsi que sur celui de plusieurs autres corps policiers. »— Une citation de  Relations médias du SPO

Le Service de police d’OttawaSPO prévoit tenir la population au courant de possibles problèmes de circulation sur Twitter.

Le Centre des opérations du gouvernement a écrit, par courriel, qu’il ne prévoyait aucune incidence majeure sur les infrastructures essentielles.

L’itinéraire préapprouvé pour la manifestation comprend les rues Elgin, Rideau et Laurier, a-t-on également écrit. L’organisateur du convoi a indiqué que les manifestants n’avaient pas l’intention de passer devant le parlement.

La Gendarmerie royale du Canada, le Service de police d’Ottawa et le Service de protection parlementaire sont au courant et surveillent la situation, et disposent de ressources suffisantes pour intervenir si l’incident a une incidence sur les infrastructures essentielles, a-t-on précisé.

Radio-Canada avec les informations de Camille Boutin

Canada-Manifestation à Ottawa : la police d’Ottawa passe à l’action

février 18, 2022

Les policiers ont entamé leur intervention vers 8h, vendredi, à Ottawa. Photo : Radio-Canada

Le Service de police d’Ottawa (SPO) a commencé son intervention peu après 8 h, vendredi, afin de déloger les manifestants à Ottawa.

Le Service de police d’OttawaSPO a commencé son opération sur la rue Nicholas, selon ce qu’ont constaté les journalistes de Radio-Canada présents sur place. Avant d’intervenir, ils avaient conseillé une nouvelle fois aux manifestants de partir immédiatement.Un camion se fait remorquer.

Les premiers remorquages ont commencé à Ottawa, vendredi. Photo : Radio-Canada

Selon la police, certains manifestants se rendent et sont arrêtés, alors que de premiers camions et véhicules commencent à être remorqués, selon les images captées sur place. La police demande aux manifestants de rester pacifiques et de respecter la loi.

Faut-il y voir des représailles? Les lignes du 9-1-1 sont de nouveau surchargées pour des signalements d’affaires policières non-urgentes, selon la police.Des policiers devant des camions

La police d’Ottawa devant les camions. Photo : Radio-Canada

L’intervention de la police touche plusieurs secteurs de la ville. Après la rue Nicholas, les policiers semblent se diriger vers Rideau/Sussex.

Ces derniers jours, le Service de police d’OttawaSPO a multiplié les appels aux manifestants leur demandant de partir.Début du widget . Passer le widget?

MANIFESTANTS: Vous devez partir. Vous devez cesser toute activité illégale et retirer immédiatement votre véhicule et/ou vos biens de tous les sites de protestation illégaux. Toute personne se trouvant sur le site d’une manifestation illégale peut être arrêtée. pic.twitter.com/UiGcg5hIFj— Ottawa Police (@OttawaPolice) February 18, 2022

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Mais sur le terrain, cela semble avoir peu d’effet, notamment près du parlement où on pouvait encore voir, selon les caméramans de Radio-Canada présents sur place, des gens rassemblés.Des manifestants rassemblés avec des drapeaux du Canada.

Des manifestants près du parlement, à Ottawa, vendredi 18 février, en maitnée. Photo : Radio-Canada

Sur la page FacebookFreedom Convoy 2022, un concert est même annoncé entre 11 h et 18 h, vendredi.

Deux organisateurs devant la cour vendredi

Un manifestant croisé vendredi matin répétait les raisons qui l’ont conduit à rejoindre le mouvement à Ottawa.

C’est le respect des droits et libertés. On est là pour se tenir debout. Il y a une différence entre être violent et être droit et debout. Moi, je suis droit et debout, là pour défendre les droits et libertés. […] On est là pour que les gens rendent des comptes.Des personnes donnent une entrevue, dehors, en hiver.

Des manifestants en entrevue vendredi matin Photo : Radio-Canada/Gabriel Le Marquand Perreault

Déjà deux organisateurs du convoi des camionneurs, Tamara Lich et Christopher John Barber, ont été arrêtés, jeudi, sur la colline du Parlement, tandis que des camions continuaient d’ignorer les appels à mettre fin au barrage.

Vendredi, le Service de police d’Ottawa (SPO) a précisé que M. Barber, 46 ans, paraîtra en cour vendredi. Le Saskatchewanais fait face à trois accusations, notamment d’avoir conseillé à d’autres personnes de commettre un méfait, d’entrave et d’avoir conseillé de commettre une entrave.

Mme Lich apparaîtra elle aussi en cour vendredi. L’Albertaine de 49 ans devra répondre à une accusation d’incitation à commettre un méfait.Une femme entourée de deux policiers.

Tamara Lich, une des organisatrices du convoi de camionneurs, parle avec des policiers le 17 février 2022.

PHOTO : REUTERS / PATRICK DOYLE

Outre Mme Lich et M. Barber, plusieurs personnes ont été arrêtées jeudi en fin de journée.

Des perturbations à prévoir

Le chef par intérim du Service de police d’Ottawa (SPO), Steve Bell, avait indiqué jeudi qu’une intervention était imminente.

Les forces de l’ordre ont établi un périmètre de sécurité au centre-ville d’Ottawa et bloqué plusieurs sorties de l’autoroute 417 permettant d’accéder au centre-ville, entre le boulevard Saint-Laurent et la rue Parkdale.Un barrage de police.

La police d’Ottawa bloque plusieurs accès au centre-ville depuis l’autoroute 417. Photo: Radio-Canada/Francis Ferland

Le périmètre de sécurité va de la rue Bronson à l’ouest jusqu’au canal Rideau à l’est et du parlement au nord jusqu’à l’autoroute 417 au sud. Des points de contrôle ont été établis à plusieurs endroits de la capitale nationale afin de contrôler l’accès au centre-ville.Une carte où se trouve dessiné un périmètre.

La carte du périmètre de sécurité de trois kilomètres carrés qui a été mis sur pied à Ottawa.

PHOTO : GRACIEUSETÉ VILLE D’OTTAWA

La circulation était très difficile vendredi matin, notamment pour les personnes venant de Gatineau.Un embouteillage en hiver.

La circulation est perturbée vendredi matin sur le pont Cartier-Macdonald en direction d’Ottawa. Photo : Radio-Canada/Jean-François Poudrier

La Ville a également annoncé la fermeture des stations du centre-ville de la ligne 1 de l’O-Train, de la station Pimisi à la station Hurdman, à compter du début du service du vendredi matin. Le service ferroviaire n’est assuré que de la station Tunney’s Pasture à la station Pimisi, à l’ouest, et de la station Blair à la station Hurdman, à l’est.

Le service complet sera rétabli dès que possible, a précisé OC Transpo dans une mise à jour, jeudi.

Du côté des écoles du centre-ville, le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) a indiqué, dans une note transmise aux parents, que ses écoles Francojeunesse, Louise-Arbour et De La Salle demeurent ouvertes, vendredi, mais que le transport scolaire est annulé pour les élèves résidant dans le périmètre de sécurité établi par la police d’Ottawa.

Le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) maintient lui aussi ses écoles ouvertes, même si le transport scolaire a été annulé en raison des conditions météorologiques. Du côté anglophone, toutes les écoles du Ottawa Carleton District School Board sont fermées pour une journée pédagogique qui était déjà prévue, précise le conseil scolaire, par courriel.

Les Farfadaas trouvent un nouveau site

Par ailleurs, du côté de Gatineau, les manifestants et membres du groupe les Farfadaas ont établi un nouveau campement dans le stationnement de l’église Notre-Dame-du-Très-Saint-Rosaire, a-t-on pu observer vendredi matin.Des roulottes et des camions stationnés en hiver avec de la neige.

Des camions et drapeaux du groupe les Farfadaas sont visibles près de l’église Notre-Dame-du-Très-Saint-Rosaire, à Gatineau. Photo : Radio-Canada/Jean-François Poudrier

La Cour supérieure avait accepté une demande d’injonction, jeudi, déposée par le propriétaire du stationnement de Zibi afin de les expulser de son terrain du secteur de Hull, où ils étaient installés depuis plus de deux semaines.

La Chambre ne siégera pas

Alors que devait se poursuivre le débat sur la Loi sur les mesures d’urgence à la Chambre des communes, vendredi, les députés fédéraux ne siégeront finalement pas.

La Loi sur les mesures d’urgence a été invoquée en raison de la manifestation au centre-ville d’Ottawa. C’est la première fois depuis qu’elle a été adoptée, en 1988.

Le Parlement canadien a entrepris ce débat jeudi matin et un vote était prévu lundi soir.

Du côté du Sénat, un message envoyé aux sénateurs et au personnel vendredi matin indique qu’une opération policière est prévue sur la rue Wellington et à d’autres endroits du centre-ville d’Ottawa et qu’il leur est donc demandé de rester à l’écart du centre-ville jusqu’à nouvel ordre et, pour les personnes déjà dans l’enceinte du Sénat, de demeurer à l’intérieur de l’édifice et d’attendre les instructions des agents du Service de protection parlementaire (SPP).

La manifestation des camionneurs contre les mesures liées à la COVID-19 à Ottawa en est à son 22e jour, vendredi. Radio-Canada avec les informations de Claudine Richard et de La Presse canadienne

Canada: La Sûreté du Québec appelée en renfort à Ottawa

février 17, 2022
Un homme arrose un porc qui cuit sur une broche dans une rue.

Des manifestants occupent le centre-ville d’Ottawa depuis maintenant 21 jours. Photo : La Presse Canadienne/Justin Tang

Au 21e jour de l’occupation du centre-ville d’Ottawa par des manifestants contre les mesures sanitaires et la vaccination obligatoire, la Sûreté du Québec (SQ) se prépare à y envoyer un important contingent en renfort, selon ce qu’a appris Radio-Canada.

Selon nos informations, des pelotons du Groupe tactique d’intervention seront appelés à se déplacer en Ontario pour participer aux opérations policières sous le commandement de la Police provinciale de l’Ontario (PPO).

La Sûreté du QuébecSQ prévoit toutefois ériger un centre de commandement à Gatineau, du côté québécois de la rivière des Outaouais.

Le déploiement sera si important que la Sûreté du QuébecSQ estime qu’elle aura une plus grande présence du côté de l’Ontario que dans la Ville de Québec, où une autre manifestation contre les mesures sanitaires est prévue ce week-end.

On estime qu’il y aura des pelotons comprenant «  des dizaines » de policiers de la SQ formés pour le contrôle de foule.

RDI Matin

La SQ appelée en renfort à OttawaDes joueuses de hockey canadiennes avec une médaille d'or au coup.

Entrevue avec Pierre-Yves Bourduas, sous-commissaire à la retraite de la GRC

Jeudi matin, les forces de l’ordre ontariennes ont commencé à mettre en place des barrages au centre-ville d’Ottawa pour en rendre l’accès plus difficile.

Le Service de police d’Ottawa (SPO) a aussi prévenu les résidents de la ville que l’opération d’évacuation des manifestants allait se dérouler sur plus de 24 heures.

Mercredi déjà, le Service de police d’OttawaSPO avait intensifié la pression en distribuant des avertissements aux manifestants les sommant de quitter les lieux maintenant sous peine de sanctions.Une main tient un bout de papier qui comporte une entête de la police d'Ottawa.

L’avis d’évacuation distribué aux manifestants par la police dans le centre-ville d’Ottawa, le 16 février 2022

PHOTO : LA PRESSE CANADIENNE / ADRIAN WYLD

Par ailleurs, des manifestants québécois qui ont établi un camp de base du côté de Gatineau ont reçu un avis d’injonction de quitter le stationnement qu’ils occupent. La cour doit se prononcer sur cette question jeudi.

Même la situation du côté d’Ottawa a un impact sur les gens de l’Outaouais, a réagi André Fortin, leader parlementaire du Parti libéral du Québec et député de Pontiac, évoquant notamment les bouchons de circulation causés par les blocages.

Je m’attends à ce que tout le monde travaille avec la Ville de Gatineau, avec ses forces policières, pour s’assurer que le jugement qui sera pris par la cour soit respecté de tous, a-t-il fait savoir, disant également s’attendre à ce que les forces policières prennent les actions nécessaires si jamais le jugement n’était pas respecté.

Du côté de Québec solidaire, la députée Manon Massé a affirmé que les corps policiers québécois ont les outils pour agir. Selon elle, la police du Québec a les moyens, la SQ connaît ces tactiques-là. […] Moi, je leur fais confiance.

Risques de peines sévères

Rappelons que la Loi sur les mesures d’urgence donne le pouvoir aux autorités de saisir les véhicules utilisés pour occuper le centre-ville et d’interdire les déplacements dans certaines zones désignées.

Les manifestants qui persistent s’exposent à des amendes allant jusqu’à 5000 $ et à des peines de prison d’un maximum de cinq ans.

La motion concernant le recours à la Loi sur les mesures d’urgence a été déposée à la Chambre des communes mercredi soir, au lendemain de la publication des décrets nécessaires à l’application des dispositions de la législation.

Les débats entre les partis d’opposition et le gouvernement doivent avoir lieu jeudi. Justin Trudeau doit aussi prendre la parole en matinée.

Radio-Canada avec les informations de Pascal Robidas

Canada: L’étau se resserre, mais les manifestants d’Ottawa ne semblent pas vouloir céder

février 17, 2022

Des policiers devant les manifestants, à Ottawa, le 17 février 2022 Photo : Radio-Canada/Gabriel Le Marquand Perreault

Malgré les multiples signes d’une intervention policière imminente pour les déloger du centre-ville d’Ottawa, les manifestants ne semblent pas broncher pour l’instant. Une des organisatrices du mouvement appelle à ne pas céder.

Jeudi matin, des klaxons de camions ont de nouveau retenti au centre-ville d’Ottawa. Sur le terrain, Deidter Stadnyk, un des manifestants, reconnaît voir une différence au niveau de la présence policière et des mesures en place. Mais il ne s’en émeut pas outre mesure.

C’est différent. On voit que les choses bougent, mais je ne suis pas trop inquiet. Les policiers doivent bien faire quelque chose. On leur a dit de le faire, n’est-ce pas ? […] Mais [le site] reste accessible, assure-t-il.

Lui devra quitter Ottawa pour des raisons professionnelles, jeudi. Il se dit toutefois certain que d’autres manifestants viendront bientôt le remplacer.

C’est un long week-end. Je sais que de gros convois sont en chemin […] Aujourd’hui, on devrait voir beaucoup de gens arriver.Un homme en entrevue.

Deidter Stadnyk, un des manifestants à Ottawa Photo : Radio-Canada

Pour lui, la manifestation reste pacifique, et les manifestants n’ont donc rien à se reprocher.

On n’a rien fait de mal. […] On ne s’est jamais aussi bien comportés depuis le début de la manifestation [qu’en ce moment]. […] On a quitté les quartiers résidentiels et je pense que c’était la bonne chose à faire, c’était le plus respectueux.

Installé à Ottawa depuis plusieurs jours, Mike Wastle, de Toronto, assure que la manifestation est pacifique.

La raison pour laquelle ils érigent ce mur, c’est parce qu’ils essaient de transformer ça en bataille. Nous sommes ici avec nos enfants, nous ne sommes que des agneaux. On s’aime les uns les autres, on prend soin les uns des autres. Nous voulons juste que ces maudites lois retournent d’où elles viennent, c’est-à-dire de cet édifice. Les lois qu’ils essaient de mettre en place sont illégales, c’est de la tyrannie, lance-t-il.

Des signes d’une intervention prochaine?

Depuis jeudi matin, les signes d’une possible intervention policière à venir se multiplient. Au cours des dernières heures, les forces de l’ordre ont installé plusieurs nouveaux barrages autour du secteur de la manifestation afin d’en rendre l’accès difficile. Des clôtures sont également en cours d’installation autour des édifices gouvernementaux du centre-ville.Des personnes installent des clôtures autour d'un édifice.

Des clôtures sont en cours d’installation autour des édifices gouvernementaux du centre-ville, jeudi matin.

PHOTO : RADIO-CANADA / SÉBASTIEN ST-FRANCOIS

Autre indice que les choses bougent, la Sûreté du Québec a été appelée en renfort, selon les informations de Radio-Canada. Les agents québécois seront sous le commandement de la Police provinciale de l’Ontario (PPO).

Voilà maintenant 21 jours que le convoi de camionneurs s’est installé au centre-ville d’Ottawa en signe de protestation contre les mesures sanitaires liées à la COVID-19 et contre la vaccination obligatoire.Trois voitures, dont une voiture de police, bloquent une route.

Des véhicules de police bloquent davantage d’accès au centre-ville d’Ottawa, jeudi matin. Radio-Canada/Gabriel Le Marquand Perreault

Mercredi, le Service de police d’Ottawa (SPO) a intensifié la pression en distribuant aux manifestants des avertissements sur lesquels il leur était demandé de quitter les lieux maintenant en leur rappelant les risques de sanction encourus. Le Service de police d’OttawaSPO les a notamment avertis que la Loi sur les mesures d’urgence lui donne le pouvoir de saisir les véhicules qui participent à l’occupation depuis près de trois semaines et d’interdire aux gens de se déplacer au sein d’une certaine zone.

La pression s’accentue sur les manifestants à Ottawa

La pression s’accentue sur les manifestants à Ottawa. Un reportage de Christian Noël.

Jeudi, c’est le Service des règlements municipaux de la Ville d’Ottawa qui a adressé un message aux manifestants qui auraient des animaux.Début du widget . Passer le widget?

Attention aux propriétaires d’animaux

Si vous pouvez pas prendre soin de votre animal en raison d’application de loi, votre animal sera placé en soin de protection pendant 8 jours, à vos vrais. Si aucun arrangement n’est fait après 8 jour, votre animal sera considéré renoncer. pic.twitter.com/loD1ZsipBO— Règlements Municipaux Ottawa (@RegMunicip_Ott) February 17, 2022

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Autre signe potentiel d’une intervention imminente? L’Université d’Ottawa, dont les édifices se trouvent dans le quartier de la Côte-de-Sable, dans le centre-ville, a annoncé, mercredi, suspendre les activités en personne sur son campus principal compte tenu de l’évolution de la situation dans les environs du Parlement, et de les tenir plutôt en ligne jusqu’au 21 février en matinée.

Dès demain [jeudi], la sécurité sera renforcée, comme c’était déjà le cas ces dernières fins de semaine. Les patrouilles seront notamment augmentées autour des résidences et dans la section nord-ouest du campus. De plus, des aires de stationnement seront fermées et l’accès aux immeubles sera limité, indique l’Université d’Ottawa dans une note.

Une des organisatrices lance un appel

Certains manifestants souhaitent tenter le tout pour le tout et rester sur place malgré la Loi sur les mesures d’urgence.

Une des organisatrices du convoi, Tamara Lich, a publié une vidéo en direct sur la page Facebook Freedom Convoy 2022, mercredi soir, dans laquelle elle se dit fière de ce qui a été accompli et parle d’une expérience incroyable vécue au cours des trois dernières semaines.Tamara Lich devant un micro

Tamara Lich, qui a mis sur pied les campagnes de financement pour le convoi, lors d’une conférence de presse à Ottawa le 3 février 2022 (archives). Photo: Radio-Canada/Frédéric Pepin

Très émue, elle appelle les protestataires à rester forts et unisà répandre l’amour et à ne pas céder.

Elle leur demande également de rester pacifiques, notamment avec les journalistes et les policiers.

Mme Lich semble laisser entendre qu’elle est prête à se faire arrêter en cas d’intervention policière.

J’irai probablement quelque part demain où je prendrai trois repas par jour et ça me convient. Je veux que vous sachiez que je n’ai pas peur : je vais enfin pouvoir dormir un peu, dit-elle.

« Je veux que vous continuiez à vous battre pour cette bonne cause, que vous preniez soin les uns des autres et que vous vous souteniez mutuellement. »— Une citation de  Tamara Lich, une des organisatrices du convoi de camionneurs

Elle invite d’autres manifestants à rejoindre Ottawa.

Il est temps de se serrer les coudes. Si vous pouvez venir à Ottawa et vous joindre à nous, ce sera fantastique, et si vous ne pouvez pas, priez pour nous. […] Je ne peux pas vous dire à quel point les gens [ici] sont incroyables. Ils vont rester et se battre pour votre liberté aussi longtemps que possible.

Mme Lich termine en indiquant que demain est un autre jour et je suis prête. Je n’ai pas peur et nous n’allons pas céder.

Selon les données disponibles sur le réseau social, la vidéo a été visionnée plus de 245 000 fois.

Dans une autre vidéo en direct publiée jeudi matin sur le même réseau social, un autre organisateur du convoi, Pat King, demande aux manifestants de ne pas quitter leur camion en cas d’intervention.

Le chef intérimaire du Service de police d’Ottawa SPO promet de vider les rues

Le chef par intérim du Service de police d’OttawaSPO, Steve Bell, a affirmé que les policiers expulseront des rues de la capitale nationale les manifestants qui s’opposent au gouvernement et aux restrictions liées à la COVID-19 au cours des prochains jours. Il a demandé à ses troupes d’être prêtes à utiliser des méthodes que les gens ne sont pas habitués de voir à Ottawa.Steve Bell lors d'une conférence de presse en 2019.

Steve Bell, chef intérimaire du Service de police d’Ottawa (archives) Photo: La Presse Canadienne/Adrian Wyld

M. Bell a pris cet engagement devant le conseil municipal d’Ottawa lors d’une réunion virtuelle mercredi, au lendemain de la démission de l’ancien chef de police Peter Sloly.

De son côté, le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a déposé la motion sur les mesures d’urgence à la Chambre des communes mercredi soir.

Cette motion doit faire l’objet d’un débat à la Chambre des communes jeudi et le Sénat doit aussi discuter vendredi des pouvoirs que confère cette loi.

Les élus conservateurs et bloquistes disent qu’ils n’appuieront pas la motion tandis que le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, laisse planer le doute pour la suite des choses en qualifiant la situation de crise.

Le gouvernement libéral minoritaire de Justin Trudeau a indiqué que les blocages aux frontières et à Ottawa sont liés à une action criminelle coordonnée et ciblée contre des intérêts canadiens, partiellement financée par des intérêts canadiens.

Pra Radio-Canada avec les informations de Claudine Richard et de La Presse canadienne

Canada: Le chef de police d’Ottawa démissionne après 18 jours de manifestation

février 15, 2022
Le chef de police Peter Sloly devant une caméra.

Peter Sloly a démissionné de son poste de chef de police d’Ottawa. Photo : Radio-Canada/Guy Quenneville

Le chef de la police démissionne, emporté par le mouvement de protestation des camionneurs.

Peter Sloly a remis sa démission mardi matin. Le chef de la police d’Ottawa subissait d’intenses pressions en raison de l’enlisement du mouvement de protestation des camionneurs au centre-ville de la capitale. Le centre-ville d’Ottawa est occupé depuis maintenant 19 jours.

Peter Sloly réclamait du renfort depuis déjà plusieurs jours. Il affirmait ne pas pouvoir compter sur des ressources suffisantes au sein des forces policières de la capitale fédérale pour mettre un terme à l’occupation du centre-ville.

Le chef de la police d’Ottawa constatait qu’il était impossible pour ses agents de bloquer toutes les sources de ravitaillement. Peter Sloly affirmait avoir un plan pour mettre fin au mouvement de protestation, mais ce plan, disait-il, ne pourrait être mis en œuvre que lorsque le service de police d’Ottawa aurait reçu les ressources supplémentaires.

Il doit officiellement remettre sa démission plus tard mardi, après la réunion de la Commission des services policiers, selon des sources qui ont parlé à Canadian Broadcasting CorporationCBC.

Peter Sloly est entré en fonction dans ce poste en octobre 2019. Son contrat devait se terminer en 2024.

Avec Radio-Canada

Canada-Manifestations et blocages : Ottawa invoquera la Loi sur les mesures d’urgence

février 14, 2022
Justin Trudeau en conférence de presse.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau (archives) Photo : La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Le premier ministre canadien va invoquer la Loi sur les mesures d’urgence pour mettre un terme aux manifestations qui bloquent le centre-ville d’Ottawa et des postes frontaliers du pays, a appris CBC.

Selon les sources du réseau anglais de Radio-Canada, Justin Trudeau informera ses homologues provinciaux de sa décision de s’arroger des pouvoirs extraordinaires lors d’une rencontre qui s’est mise en branle vers 10 h.

Le premier ministre a informé les députés libéraux de sa décision lors d’une réunion du caucus tenue exceptionnellement lundi matin. Il leur a indiqué qu’il n’est pas question de déployer l’armée pour le moment.

En conférence de presse, lundi, avant sa rencontre avec M. Trudeau, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a dit ne pas savoir ce que le premier ministre canadien allait proposer.

Je vais soutenir le gouvernement fédéral et toutes ses propositions pour ramener la loi et l’ordre dans notre province, pour stabiliser nos entreprises et nos liens commerciaux avec le monde, a-t-il cependant indiqué.

Les indices laissant croire que le gouvernement Trudeau entend intervenir pour mettre fin aux manifestations de Canadiens réclamant la fin des mesures sanitaires se multiplient depuis quelques heures.

La réunion avec les provinces, qui n’a été annoncée que lundi matin, se tiendra au lendemain d’une autre journée où l’horaire du premier ministre a été dominé par des discussions entourant ces manifestations.

De façon très inhabituelle, Justin Trudeau a réuni dimanche soir son Cabinet pour discuter à la fois de la situation en Ukraine et des manifestations d’opposants aux mesures sanitaires.

Plus tôt dimanche, le premier ministre avait aussi réuni le Groupe d’intervention en cas d’incident pour discuter d’autres mesures pour aider à mettre fin aux barrages et aux occupations.

On continue d’agir de toute urgence – pour protéger les emplois, la sécurité publique, nos quartiers et notre économie, a-t-il déclaré dans un gazouillis publié un peu avant minuit.

En entrevue à CBC, le ministre canadien de la Protection civile, Bill Blair, a admis dimanche que des discussions sur un recours à la Loi sur les mesures d’urgence ont eu lieu, tant au Cabinet qu’au sein du Groupe d’intervention.

M. Blair a affirmé au cours de la même entrevue que l’inaction des autorités à Ottawa était « inexplicable ».

Nous sommes prêts à utiliser tous les outils disponibles, y compris les pouvoirs d’urgence, a-t-il aussi affirmé en entrevue à CTV. C’est une situation critique pour le pays.

La Loi sur les mesures d’urgence, qui a remplacé l’ancienne Loi sur les mesures de guerre, permet au gouvernement fédéral de faire à peu près tout ce qu’il juge nécessaire pour venir à bout d’une crise nationale.

Le texte législatif précise qu’une telle crise résulte d’un concours de circonstances critiques à caractère d’urgence et de nature temporaire qui met gravement en danger la vie, la santé ou la sécurité des Canadiens et échappe à la capacité ou aux pouvoirs d’intervention des provinces.

La loi stipule que le gouvernement fédéral doit consulter les provinces concernées avant de déclarer l’état d’urgence. Cette déclaration doit s’accompagner d’une motion déposée dans les jours qui suivent devant les deux chambres du Parlement.

La motion doit préciser les motifs justifiant la déclaration de l’état d’urgence et inclure un compte rendu des consultations avec les provinces.

La Chambre des communes et du Sénat doivent approuver le recours à l’état d’urgence pour que celui-ci puisse demeurer en vigueur, pour une durée maximale de 30 jours. Si l’une des deux chambres s’oppose à la déclaration, l’état d’urgence est immédiatement abrogé.

La Loi sur les mesures d’urgence peut entraîner le déploiement de l’armée, mais cela n’est pas obligatoire. Ottawa pourrait plutôt décider de s’arroger un pouvoir de coordination des actions des forces de l’ordre.

Toutes les options sont sur la table; cette activité illégale doit cesser, et elle va cesser, a déclaré vendredi Justin Trudeau, après que le gouvernement de l’Ontario eut décidé de déclarer l’état d’urgence dans sa province.

Le premier ministre n’a pas exclu un recours à l’armée, mais sans cacher qu’il souhaite l’éviter. Cela ne doit se faire qu’en dernier, dernier recours, a-t-il insisté. On ne veut jamais déployer l’armée contre des civils.

Avec Radio-Canada

Canada: Les contre-manifestants plus nombreux cette fin de semaine à Ottawa

février 13, 2022

« Notre ville a été complètement abandonnée », déclare un contre-manifestant

Des manifestants marchent avec des pancartes.

Une coalition de syndicats locaux, d’organisations communautaires et de résidents a organisé un rassemblement, le 12 février 2022, en solidarité avec les travailleurs de première ligne et les résidents d’Ottawa touchés par la manifestation des camionneurs depuis le 28 janvier 2022. Photo: Radio-Canada/Julie Ireton

Alors que la manifestation en cours contre les mesures de santé publique liées à la COVID-19 en est à sa troisième fin de semaine, la réaction des résidents d’Ottawa semble s’accroître.

Environ 500 personnes se sont rassemblées, samedi, au parc Lansdowne, à moins de cinq kilomètres de la colline du Parlement, pour manifester contre les centaines de camions et autres véhicules qui sont installés au centre-ville depuis le 28 janvier.

La fin de semaine dernière déjà, un rassemblement similaire, bien plus petit, a eu lieu à l’hôtel de ville d’Ottawa.

Nous devions faire quelque chose pour montrer que nous ne sommes pas contents de la situation actuelle et de la façon dont notre ville a été complètement abandonnée par la police, l’administration municipale et la province. C’est choquant, lance un des contre-manifestants, Greg Morrow.

Résident de longue date d’Ottawa, M. Morrow rappelle que les résidents sont habitués aux manifestations, mais pas comme celle-ci.

Nous sommes habitués à ce que la police agisse, et c’est ça, pour moi, l’élément le plus choquant, ajoute-t-il, expliquant que les réponses des forces de police dans d’autres villes – où les manifestants n’ont pas réussi à s’installer pour de longs séjours – génèrent encore plus de frustration.

C’est très difficile de voir à quel point il aurait été simple d’empêcher tout cela de se produire. Donc, à l’avenir, j’espère qu’il y aura une sérieuse conversation sur le maintien de l’ordre et la façon d’éviter que de telles choses se reproduisent, dit-il.Une personne avec un masque porte une pancarte dans une manifestation sur laquelle on peut lire "Community care is freedom".

Ruva Gwekwerere était l’une des centaines de résidents d’Ottawa ayant pris part à une contre-manifestation contre le mouvement en cours au centre-ville, le 12 février 2022. Photo: Radio-Canada/Natalia Goodwin

Une autre contre-manifestante, Ruva Gwekwerere, raconte qu’elle voulait vraiment faire quelque chose.

Il est évident que notre communauté ne se sent plus en sécurité, a déclaré Mme Gwekerere. Je suis présente, ici, avec beaucoup de groupes différents, de tous les âges, qui disent : ‘Assez, c’est assez’.

Grève de la faim

Deux rassemblements ont en fait uni leurs forces, samedi, l’un organisé par des résidents, l’autre par des syndicats mécontents de la gestion par le gouvernement des mesures de soutien à la pandémie. Ils ont défilé dans le Glebe, sur la rue Bank.

Le contre-manifestant Nazim Khan est arrivé au Canada depuis le Pakistan, il y a 23 ans, en tant que réfugié politique. Il a décidé de ne plus manger tant que les manifestants n’auront pas quitté la ville. Un groupe de manifestants lui a récemment lancé de retourner dans [son] foutu pays, sur la rue Elgin, raconte-t-il.

Je préfère mourir que de voir cette anarchie s’installer dans la capitale de ce grand pays, dit M. Khan, ajoutant ne pas avoir mangé depuis vendredi soir.

Le Canada m’a donné une nouvelle vie, le Canada m’a accueilli et aujourd’hui, ces gens-là déshonorent ce même Canada, qui est devenu mon chez-moi.

Avec Radio-Canada

Canada: Les conservateurs demandent aux manifestants de lever leurs blocus

février 10, 2022
Une femme parle debout dans un grande salle.

Candice Bergen a demandé aux manifestants de lever les blocus qui font du tort à l’économie du pays.

Photo: La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

La chef intérimaire du Parti conservateur du Canada (PCC), Candice Bergen, enjoint les manifestants à lever leurs blocus et à rentrer chez eux pour éviter de créer davantage de dommages à l’économie du pays.

Mme Bergen s’est adressée directement aux manifestants et camionneurs aux Communes où elle prenait la parole pour apporter son soutien à une motion conservatrice demandant au gouvernement Trudeau de lever les restrictions sanitaires au pays.

« Il est temps de lever les barricades et les camions pour le bien de l’économie, parce que c’est la bonne chose à faire. […] L’économie que vous voulez voir réouverte est en train de souffrir.  »— Une citation de  Candice Bergen, chef intérimaire du Parti conservateur du Canada

Des agriculteurs, le secteur manufacturier, de petites entreprises, des familles… tous souffrent et je ne crois pas que ce soit là votre objectif. Nous devons tous travailler ensemble, a ajouté la chef de l’opposition en assurant les manifestants que leur message a été entendu et qu’ils pouvaient compter sur les conservateurs pour y faire écho au Parlement.

Ajoutant qu’il est temps pour le gouvernement de suivre les données et les preuves scientifiques, Candice Bergen a réclamé du gouvernement Trudeau un plan pour mettre rapidement fin aux restrictions sanitaires fédérales.

« Les provinces le font et le gouvernement libéral se doit d’emboîter le pas. »— Une citation de  Candice Bergen, chef intérimaire du Parti conservateur du Canada

Le premier ministre a utilisé la pandémie pour créer des divisions parmi les Canadiens et pour en stigmatiser d’autres. Il faut mettre fin à cette attitude, nous devons collaborer pour en arriver à une transition vers une société post-COVID le plus rapidement possible, a plaidé Mme Bergen en invitant les manifestants à rentrer chez eux.

Nous croyons en la science et aux données scientifiques, mais nous croyons aussi en nos concitoyens canadiens, a fait remarquer Mme Bergen à ses collègues parlementaires. Nous croyons qu’ils sont en mesure de se protéger de la façon dont ils estiment être nécessaire et non pas en suivant aveuglément le gouvernement.

« L’argument de la science ne peut être invoqué seulement que lorsqu’il sert des intérêts politiques du premier ministre. »— Une citation de  Candice Bergen, chef intérimaire du Parti conservateur du Canada

Changement de ton

Un homme marche dans la rue en tenant une pancarte près d'un camion.

Les manifestants bloquent le centre-ville d’Ottawa depuis le 29 janvier. Photo: Patrick Doyle/Reuters

Cette sortie de la chef conservatrice tranche avec la tiédeur de son parti démontrée ces dernières semaines face au comportement et aux motivations qui animent les manifestants qui contestent les mesures sanitaires en occupant la capitale depuis bientôt 15 jours.

Mme Bergen, qui avait réussi sous le gouvernement Harper à mener à terme la destruction du registre des armes d’épaule, en 2012, s’était elle-même illustrée récemment en soutenant publiquement les convois de camionneurs qui occupent Ottawa.

Depuis sa nomination à la tête du Parti conservateur du Canada PCC, la chef du parti n’avait pas officiellement positionné sa formation politique face à cette vague de contestation qui s’attaque maintenant aux voies routières qui relient les Canada et les États-Unis, dont le très névralgique pont Ambassador qui relie les villes de Windsor et de Détroit. Les points de passage de Coutts, en Alberta et d’Emerson, au Manitoba, sont aussi bloqués par des manifestants.

Avec Radio-Canada

Canada: La manifestation des camionneurs, une mauvaise publicité pour certaines entreprises

février 9, 2022

Plusieurs entreprises tentent de se dissocier de la manifestation des camionneurs à Ottawa, qui entame sa 13e journée, après qu’un site Internet eut été mis en place pour « identifier » les compagnies participantes et leur « faire honte ».

Des camions stationnés l'un à côté de l'autre lors d'une manifestation près du parlement du Canada.

La manifestation des camionneurs contre les restrictions sanitaires liées à la COVID-19 en est maintenant à sa 13e journée. Photo : Radio-Canada/Alexander Behne

Daniel Miousse raconte avoir été choqué de voir la photo d’un de ses véhicules commerciaux publiée en ligne parmi les manifestants du convoi de camionneurs installé au centre-ville d’Ottawa.

Propriétaire d’une entreprise de clôtures industrielles près de Montréal, M. Miousse assure qu’il n’avait aucune idée qu’un de ses véhicules ou de ses employés se trouvait dans la capitale nationale.

Un de nos employés a pris notre camion depuis, je pense, mercredi dernier, explique M. Miousse, qui se trouve actuellement en Floride. Ça m’a vraiment contrarié. J’ai donc envoyé quatre personnes, dimanche matin, pour récupérer notre camion.

Quant à son employé, il indique qu’il compte le congédier.

Je veux d’abord le rencontrer et le questionner. Pourquoi n’a-t-il pas demandé l’autorisation à quelqu’un dans l’entreprise? s’interroge M. Miousse.Des camions stationnés le long d'un trottoir.

Des images de la manifestation des camionneurs à Ottawa, le 8 février 2022 Photo: Radio-Canada/Simon Lasalle

La manifestation, qui visait au départ à demander la fin de l’obligation vaccinale contre la COVID-19 et du port du masque, en est désormais à sa 13e journée, forçant la fermeture de rues, de commerces et des musées du centre-ville d’Ottawa, tout en suscitant crainte et colère chez des résidents et des propriétaires d’entreprises.

Le 6 février, le site Internet convoytraitors.ca, lancé par un informaticien d’Ottawa, a commencé à afficher les noms des entreprises dont les camions se trouvaient dans la zone de manifestation, ainsi que des photos dans le but d’identifier celles qui sont impliquées et de leur faire honte.

Près de 200 entreprises étaient répertoriées comme soutenant ou ayant des camions dans le convoi, en date de mardi.

En identifiant et en étiquetant [ces entreprises], nous voulons nous assurer que toutes les futures recherches sur Internet révéleront la véritable nature de ces entreprises, indique le site.

Une carte sur le site Internet montre que ces entreprises de camionnage sont situées à travers le Canada, alors que d’autres ont leur siège social aux États-Unis. Les responsables du site racontent que le propriétaire d’une entreprise, qui soutient la manifestation, a envoyé un courriel au webmestre qualifiant le site de honteux.

Des entreprises prennent leurs distances

L’entreprise de camionnage néo-écossaise Seaboard Transport indique à CBC ne pas soutenir le convoi, même si l’un de ses camions a été photographié au milieu de la manifestation.

Le convoi et les manifestations qui y sont liées ne représentent pas les convictions ni les valeurs de Seaboard Transport, déclare le vice-président de la société, Ryan Conrod, à CBC dans un courriel.

Bon nombre des camions qui ont fait le déplacement jusqu’à d’Ottawa sont exploités par leur propre propriétaire, ce qui signifie qu’ils peuvent arborer le logo d’une entreprise de transport sans que le chauffeur ne soit un employé direct de l’entreprise. C’est le cas de Seaboard Transport, selon M. Conrod.

Nous avons contacté le propriétaire du camion pour lui demander de retirer [le véhicule] du convoi, indique-t-il.Des camions stationnés au milieu de la rue avec des affiches et des drapeaux lors d'une manifestation.

Pour certaines entreprises de camionnage, la manifestation fait une mauvaise publicité. Photo : Radio-Canada/Michael Charles Cole

Le même message a été partagé par Kimberly Biback de Sharp Transportation Systems à Cambridge, en Ontario.

Le camion qui a été vu à Ottawa porte le logo de Sharp, mais n’appartient pas à Sharp. C’est un camion indépendant, explique Mme Biback.

Le président-directeur général de Sharp a indiqué sur les réseaux sociaux que presque tous les chauffeurs de l’entreprise sont vaccinés et qu’aucun d’entre eux ne participe à la manifestation d’Ottawa.

Depuis le début, nous avons indiqué que nous respectons les droits constitutionnels de réunion pacifique, mais que nous ne soutenons pas les actions et les comportements qui enfreignent les droits d’autrui, a-t-il posté sur LinkedIn.

Lorsque nous avons entendu parler des actes répréhensibles qui ont eu lieu à Ottawa, nous avons immédiatement exprimé notre mépris à leur égard, a-t-il ajouté.Des manifestants et des camionneurs au milieu d'une rue.

Les camionneurs sont arrivés à Ottawa le 28 janvier dernier. Photo : Radio-Canada/Michael Charles Cole

Mardi, un résident d’Ottawa a envoyé une vidéo à la coopérative laitière Agropur se plaignant que des camions portant ce logo klaxonnent, agitent des drapeaux et participent à la manifestation. Le résident a averti la coopérative que cela ne la faisait pas bien paraître.

L’entreprise explique à CBC que les chauffeurs en question sont des sous-traitants, et non des employés, et que les camions n’appartiennent pas à Agropur.

Nous nous dissocions complètement de cet événement, a déclaré Mylène Dupéré, vice-présidente aux communications corporatives chez Agropur.

Les mains liées

Un autre directeur d’entreprise de camions de transport qui a parlé à CBC sous couvert de l’anonymat raconte que sa famille reçoit des menaces aussi bien de ceux qui sont en faveur de la manifestation que de ceux qui s’y opposent, depuis que des photos de ses véhicules ont été publiées sur le site des traîtres du convoi.

Il indique qu’il ne voulait pas que des camions arborant le logo de son entreprise soient impliqués dans la manifestation, mais qu’il n’a rien pu faire.

Les camions qui sont à Ottawa, ce sont des propriétaires-exploitants. Nous avons les mains liées. Ils ont le droit de conduire ces véhicules, mais ils ont notre logo sur leurs portières, dit-il.

L’un des camions avec le logo de son entreprise arborait le drapeau d’une organisation d’extrême droite, selon convoytraitors.ca.

Bien sûr que ça me dérange. Il ne devrait pas y avoir de racisme. Il n’y a pas de place pour ça. Il n’y a aucune place pour le racisme, quel qu’il soit, poursuit le directeur de l’entreprise.

Par Raduo-Canada avec les informations de Julie Ireton, CBC