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Irak: Simba le lion et Lula l’ours évacués du zoo de Mossoul en guerre

avril 10, 2017

Mossoul (Irak) – Ils étaient les derniers survivants du zoo ravagé de Mossoul en Irak. Simba le lion et Lula l’ours brun ont finalement été évacués vers la Jordanie au terme d’une mission ardue en zone de guerre.

« Nous sommes dans l’avion avec les animaux et nous partons maintenant », a déclaré à l’AFP Amir Khalil, le vétérinaire qui dirige la mission pour sauver Lula et Simba.

 « Nous avons encore eu des problèmes à la douane, mais maintenant tout va bien. Je suis soulagé », a-t-il ajouté.

Avec ses collègues de l’organisation « Four Paws » (Quatre Pattes), qui vient en secours aux animaux en détresse partout dans le monde, ce vétérinaire était venu en Irak dans un but: transférer les deux bêtes loin des combats entre forces gouvernementales et jihadistes.

En février, il avait découvert Simba et Lula le pelage recouvert de boue et d’excréments, tournant en rond dans le zoo de Mossoul.

Depuis plus de cinq mois, la deuxième ville d’Irak est le théâtre d’une bataille sans merci entre soldats et jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Après avoir repris Mossoul-Est fin janvier, les forces gouvernementales tentent de reconquérir la partie occidentale de la ville tombée aux mains de l’EI en juin 2014.

« Je suis un vétérinaire, je me dois de m’occuper de ces animaux. Ce sont des réfugiés. C’est notre devoir de les emmener dans un sanctuaire sécurisé », martèle le vétérinaire égypto-autrichien de 52 ans pour expliquer sa détermination.

Mais sa mission s’est révélée pleine d’obstacles.

Il y a deux semaines, il avait tenté un premier transfert.

Dans le parc animalier al-Morour, le Dr. Khalil avait alors anesthésié Simba et Lula avant de les transporter hors de leur cage sur une civière verte. Les animaux avaient été ensuite hissés dans un camion à l’aide d’une grue.

Au loin, le grondement de l’artillerie rappelait que les combats font rage de l’autre coté de la rivière Tigre, qui coupe Mossoul en deux.

Ahmed Manhel avait observé la scène en silence. « Moi aussi j’aimerais bien recevoir des soins », avait lâché ce résident de Mossoul en prenant appui sur ses deux béquilles en bois.

En novembre, l’explosion d’un obus a sectionné sa jambe droite. « Je veux partir d’ici. J’ai besoin d’une jambe artificielle », avait expliqué le jeune homme de 18 ans.

– Nouvelle vie –

Une fois les animaux à bord du camion, le convoi avait foncé à toute allure en direction d’Erbil, la capitale de la région autonome kurde, où se trouve l’aéroport.

Mais à un check-point, les soldats avaient refusé de laisser passer les animaux.

Deux jours plus tard, une deuxième exfiltration échouait encore. Pendant neuf jours, le lion et l’ours ont été retenus par l’armée irakienne en attendant que Four Paws obtienne une permission définitive pour les évacuer.

Si le zoo de Mossoul n’était pas approprié, la route poussiéreuse est pire encore: le lion souffre désormais de problèmes respiratoires.

« Cela a sans aucun doute été notre mission la plus compliquée », assure Yavor Gechev, membre de la mission Four Paws.

L’organisation était pourtant déjà intervenue en Irak en 2003, en Libye et en Egypte pendant le Printemps arabe mais aussi dans l’enclave palestinienne de Gaza après la guerre de 2014.

« C’est le début d’une nouvelle vie pour les animaux », se réjouit Amir Khalil à l’aéroport d’Erbil avant d’embarquer. « A partir de maintenant, ils n’auront plus à faire partie de cette guerre ».

Romandie.com avec(©AFP / 10 avril 2017 21h05) 

Conte : Le Bûcheron et le Cerf

juin 18, 2011

Il était une fois, Tâ Samba dia Nkouni, un Bûcheron, aux biceps arrondis, aux mollets de bouteille ventrue, à l’allure robuste et fort, vivait dans l’hémisphère boréal avec sa femme Mâ Oumba dia Pandou.

Samba dia Nkouni avait pour activité principale celle de couper le bois de pin avec sa hache fabriquée aux Forges de Saint-Maurice, à Trois-Rivières, au Québec, au Canada. Il prenait ses dispositions de chauffage à l’automne pour affronter l’hiver rude, âpre et dur.

Fort réputé dans l’abattage, il était connu de tout le monde dans sa communauté. Chaque ménage passait la commande chez lui au point où son nom était devenu une grande référence inoubliable et mémorable. Sa grande et belle maison qu’il avait construite dans la localité était facilement repérée de loin car du haut de sa cheminée s’échappait toujours en l’air de la fumée du bois combustible.

Travailleur assidu, consciencieux, organisé et infatigable, il rassemblait ses coupes et les entreposait dehors dans un hangar soutenu par de nombreux pieux solidement enfouis dans le sol.

Il ne craignait rien dans sa terre d’accueil. Il ne se reprochait d’aucun cas de conscience dans sa patrie d’adoption. Il voulait juste s’affirmer, prendre sa place dans la société et avoir de la considération humaine.

Un soir pendant qu’ils étaient autour du feu, mangeant des pommes de terre et des topinambours enfouis sous la cendre, sa femme Oumba dia Pandou entendait un troupeau de cerfs qui bramait.

Des cris d’animaux qui leur étaient familiers pour ces ruminants nomades venant des massifs résineux vers des montagnes peuplées de sapin car c’était leur heure préférée du crépuscule somnolent dans le bois vert pour se promener, manger des bourgeons, des jeunes pousses des arbres et arbustes mais aussi du maïs et des pommes pendant la nuit.

Après avoir partagé des heureux moments dans le crépitement des étincelles du bois torchant leur singulier visage qui brillait de jais. Ils dormirent, rêvèrent des paysages d’Afrique, des parties de chasse, de pêche et des travaux champêtres.

Le lendemain matin, dans les prémisses des bulles de la rosée qui avaient formé des cristaux de glace, au moment où elle descendait au puits pour prendre l’eau de la journée, elle vit un gros Cerf qui, après avoir traîné des paquets de bois assemblés, s’était accroché à un morceau d’arbre coupé la veille qui le retenait dans sa marche pendant un long moment.

Surprise de la découverte, elle déposa précipitamment son récipient par terre et courut avertir son mari qu’elle venait de voir un voleur avec un fagot de bois de son hangar en disant : « Tata Samba, Tata Samba voumbounka, Mwivi wu bahoukiri na nkouta nkouni (Monsieur Samba, Monsieur Samba, réveille-toi, un voleur s’est fait prendre avec un fagot de bois).

Le Bûcheron portant son pantalon attaché avec une écorce d’arbre sous forme de ceinture, prit sa chemise en peau d’ours et se rendit en toute vitesse au lieu de la capture par la nature. Là il trouva le voleur. C’était un grand Cerf élancé, au poitrail massif et au cou allongé d’un beau brun des feuilles mortes de l’automne. L’animal était fatigué. Sa respiration était haletante et s’était recroquevillé sur ses pattes, les yeux ampoulés et le regard vide de sens, transpirant à grosses gouttes. A force de chercher d’avancer avec sa lourde charge, il avait creusé un gros trou à l’endroit de son immobilisation. Le propriétaire alla informer le service des eaux et forêts qui vint constater l’infraction. Le Cerf fut conduit au tribunal situé à la place publique du marché central – noir de monde – pour soustraction frauduleuse de bois pendant la nuit, à l’insu et sans autorisation du propriétaire.

Interrogé par un grand Ours qui faisait, à la fois, office de président et de procureur de la couronne; il avoua qu’il avait posé son acte parce qu’il avait besoin de bois pour préparer de l’eau chaude de sa femme, une belle Biche aux oreilles effilées et aux pattes fines qui attendait maternellement dans les prochains jours un faon qui naîtrait de leur rut.

L’Ours était très sévère sur la sentence qui serait appliquée contre le Cerf consistant de lui couper les pattes afin de l’empêcher de marcher et de se rendre encore d’aventure dans un quelconque lieu pour voler le bois. Mais Tâ Samba dia Nkouni regardant la Biche en gestation qui était venue soutenir son mari, le Cerf, et assise à côté de sa femme Oumba dia Pandou, plongea dans une pitié lamentable de la dure sanction de la couronne et réclama contre le malfaiteur puisqu’il aime voler le bois de le condamner seulement à porter son fagot sur la tête sans le lui enlever. Cette peine fut acceptée et arrêtée à l’audience.

Dès lors on chargea sur la tête du Cerf qui avait à l’époque de petites cornes, un branchage de bois qui est devenu désormais ses cornes pouvant pousser à partir du 9e mois sur la tête du mâle et tombant chaque année en début du printemps chez les jeunes et en fin de l’hiver chez les cerfs âgés.

L’Ours leva la séance, Tâ Samba dia Nkouni et sa femme Oumba dia Pandou rentrèrent chez-eux dans la joie de l’application de la peine.

Quant à la Biche, elle sanglotait s’essuyant entre les pattes, éternuant tout en consolant son mari le Cerf qui bavait et marchait en petits bonds de seconde nature avec son fardeau.

C’est pourquoi depuis lors le Cerf d’Amérique du nord et celui d’Europe porte un branchage de cornes sur la tête – contrairement à celui d’Afrique – pour avoir volé du bois chez Tâ Samba dia Nkouni.

La faute des pères peut avoir des conséquences sur la vie des enfants, la postérité et les générations futures.

© Bernard NKOUNKOU