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Pakistan: tollé après des propos d’Imran Khan liant viol et tenue vestimentaire

juin 24, 2021
Pakistan: tolle apres des propos d'Imran Khan liant viol et tenue vestimentaire
Pakistan© AFP/Aamir QURESHI

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a suscité jeudi l’indignation des organisations de defense des droits des femmes après avoir affirmé que les victimes de viols étaient « très peu vêtues ».

Dans une interview à l’émission de télévision Axios, l’ancien champion de cricket a établi un lien entre le comportement des hommes et la tenue vestimentaire des femmes, des propos jugés « dangereusement simplistes » par une dizaine d’ONG qui lui ont demandé de s’excuser.

« Si une femme est très peu vêtue, cela produira un effet sur les hommes à moins qu’ils ne soient des robots. C’est une question de bon sens », a déclaré Imran Khan interrogé sur l’épidémie de violences sexuelles et de viols qui sévit au Pakistan. Il n’a pas précisé de quels vêtements il parlait, dans un pays où l’immense majorité des femmes porte une tenue traditionnelle très couvrante.

Plus d’une dizaine d’organisations de défense des droits des femmes dont la Commission pakistanaise des droits humains, un organe indépendant, ont demandé au Premier ministre de s’excuser pour ces propos.

Les déclarations du Premier ministre « sont dangereusement simplistes et ne font que renforcer l’opinion générale selon laquelle les femmes sont des victimes « conscientes » et les hommes des agresseurs « démunis », ont estimé ces organisations.

Elles « octroient l’impunité à ceux qui sont coupables de viol, actes de sodomie et agressions », a déclaré à l’AFP Karamat Ali, responsable de l’Institut pakistanais pour le travail, l’éducation et la recherche, signataire de la déclaration.

« Je frémis à l’idée que bien des violeurs se sentent cautionnés aujourd’hui (par les propos du) Premier ministre approuvant leur crime », a tweeté Kanwal Ahmed, membre d’une organisation de défense des droits des femmes.

Début avril, Imran Khan avait déjà déclenché la polémique pour avoir établi un lien entre le viol et la manière dont les femmes s’habillent.

Il avait ensuite expliqué que la raison pour laquelle les femmes se voilent dans l’islam est de se soustraire à la tentation.

Les victimes de viols sont souvent considérées avec suspicion au Pakistan et les plaintes pour agression sexuelle y font rarement l’objet d’enquêtes sérieuses.

Une grande partie du Pakistan vit sous un code patriarcal, basé sur la notion d' »honneur », qui systématise l’oppression des femmes.

Mais le mécontentement gagne du terrain face à la manière dont les cas d’abus sexuels sont traités.

Des manifestations de protestation massives avaient eu lieu en 2020 après le viol d’une mère en présence de ses enfants qui s’était retrouvée à court de carburant sur une route.

Un responsable de la police lui avait reproché de conduire seule la nuit sans la présence d’un conjoint.

Par Le Point avec AFP

Une dissidente pakistanaise morte au Canada est enterrée chez elle

janvier 25, 2021

QUETTA, Italie — Une dissidente et militante pakistanaise des droits de la personne morte en exil au Canada le mois dernier a été enterrée chez elle, dans le sud-ouest du Baloutchistan, sous haute sécurité, ont indiqué des militants lundi.

© Fournis par La Presse Canadienne

Seule la famille immédiate de Karima Baloch a pu assister à ses funérailles dimanche, dans le village de Tump.

Les partisans de la femme de 37 ans affirment que les forces pakistanaises avaient bouclé le village pour les empêcher de prendre part à la cérémonie. Ses restes étaient arrivés au Pakistan depuis le Canada plus tôt pendant la journée.

Le corps de Mme Baloch avait été retrouvé au centre-ville de Toronto le 22 décembre, près des rives du lac Ontario, quelques heures après qu’elle eût été portée disparue. Il s’agissait d’un endroit qu’elle connaissait bien et qu’elle appréciait. La police ne considère pas qu’il s’agisse d’une mort suspecte, même si ses partisans prétendent qu’elle a été assassinée.

Mme Baloch dénonçait fréquemment et fortement les agences secrètes pakistanaises qui kidnapperaient des militants au Baloutchistan et ailleurs. Elle avait obtenu l’asile au Canada en 2016. Sa mort a éveillé les soupçons des militants des droits de la personne, qui ont condamné lundi la décision des autorités d’organiser ses funérailles en secret.

«Il est dégoûtant de voir comment le corps de Karima Baloch a été traité», a dit le parlementaire Mohsin Dawar, qui lui aussi compte parmi les détracteurs des agences pakistanaises.

«On comprend facilement comment ça va accentuer les divisions et alimenter le séparatisme, a-t-il dit sur Twitter. Est-ce que c’est ça la stratégie pour gérer l’insurrection baloutche, de saupoudrer du sel sur les blessures baloutches?»

Le gouvernement n’a pas immédiatement commenté, mais une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux montre des soldats qui refoulent plusieurs personnes qui disent vouloir rendre un dernier hommage à Mme Baloch.

Irrité par la situation, un groupe nationaliste baloutche — le Comité de solidarité baloutche — a lancé un appel à une grève générale à travers le Baloutchistan lundi. Le groupe a affirmé par voie de communiqué que des soldats pakistanais se sont emparés du cercueil de Mme Baloch dès son arrivée du Canada et qu’ils ont empêché ses partisans d’organiser ses funérailles à Karachi, transférant plutôt sa dépouille vers son village natal.

Plus tard dimanche, des centaines de militants baloutches se sont rassemblés à Karachi pour dénoncer la décision du gouvernement de ne pas permettre la tenue de ses funérailles dans la ville.

Ils ont scandé des slogans antigouvernementaux et demandé justice pour Mme Baloch, qui était selon eux «une voix du peuple baloutche» qui a été «réduite au silence». Les militants maintiennent qu’elle n’est pas morte de causes naturelles, mais ils n’ont fourni aucune preuve à l’effet contraire.

Le Baloutchistan est le théâtre depuis plusieurs années d’une insurrection de faible intensité par de petits groupes séparatistes et nationalistes qui se disent victimes de discrimination et réclament un partage plus équitable des ressources et de la richesse de leur province.

Certains groupes militants attaquent parfois des soldats au Baloutchistan, ce qui mène à des rafles de la part des forces de sécurité. Les militants des droits de la personne dénoncent fréquemment des détentions illégales. Ceux qui sont arrêtés sont souvent emprisonnés sans jamais comparaître devant un tribunal.

– Par Abdul Sattar, The Associated Press avec La Presse Canadienne

Pakistan : Farah, chrétienne de 12 ans, enlevée, violée et réduite en esclavage

janvier 23, 2021
WEB2-Farah Shaheen-ACN

Aid to the Church in Need Farah Shaheen

Farah Shaheen, une fillette chrétienne de 12 ans, a été libérée fin décembre 2020 après avoir passé cinq mois d’une violence indicible. Enlevée, mariée et convertie de force à l’islam, elle a été violée à de nombreuses reprises et enchaînée dans un enclos à bétail.

C’est un effroyable témoignage qu’a livré le pakistanais Asif Masih à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) sur le calvaire qu’a subi sa fille, Farah Shaheen, chrétienne âgée de 12 ans, pendant cinq mois. Cinq mois de souffrance, de torture et de désespoir auquel il a réussi à mettre un terme fin décembre après de nombreuses alertes auprès de la police.

Farah Shaheen a été enlevée le 12 juin 2020 par un homme âgé de 45 ans, Khizar Ahmed Ali. Ce dernier, après l’avoir forcé à se convertir à l’islam, l’a épousé. Commence alors une vie de terreur pour la fillette. « Elle a été agressée sexuellement par son ravisseur et violée à plusieurs reprises par d’autres hommes », rapporte son père. Tout au long de ces cinq mois, Farah Shaheen est enchaînée et forcée à travailler toute la journée dans un enclos à bétail.

Trois mois pour enregistrer sa disparition

Après une première alerte lors de son enlèvement en juin, Asif Masih n’a eu de cesse de se battre pour retrouver sa fille. L’affaire est finalement enregistrée après trois mois et il aura fallu attendre cinq mois pour que la police intervienne. « Quand j’ai signalé à la police que Farah avait été enlevée, on m’appelait ‘churrah’, ce qui signifie sale, un terme de réprimande souvent utilisé contre les chrétiens », a-t-il expliqué à l’AED. Il a également dénoncé un rapport médical réclamé par la justice pakistanaise affirmant que la jeune fille est âgée de 17 ou 18 ans… alors que son certificat de naissance délivré par l’état civil ne laisse aucun doute sur ses 12 ans.PUBLICITÉ

D’après plusieurs ONG dont le Mouvement pour la Solidarité et la Paix, une organisation de défense des droits de l’Homme dans le pays, environ 1.000 femmes et filles chrétiennes et hindoues sont enlevées chaque année au Pakistan.

Avec Alitea par Agnès Pinard Legry

La militante pakistanaise Karima Baloch retrouvée morte à Toronto

décembre 23, 2020

La famille et un collègue de Karima Baloch ont du mal à croire la thèse de mort non-criminelle mise de l’avant par la police de Toronto, qui ont retrouvé celle-ci morte dans les eaux près du centre-ville de Toronto.

Karima Baloch avait fui le Pakistan en 2016.© Fournie par le Service de police de Toronto Karima Baloch avait fui le Pakistan en 2016.

Lateef Johar, un ami proche et collègue militant de Mme Baloch affirme qu’elle avait récemment reçu des menaces de mort et que la famille de la victime était profondément méfiante à l’égard de ce qui lui était arrivé.

«Son mari a reçu des messages d’inconnus disant qu’ils vont offrir un cadeau de Noël à Karima qu’elle n’oubliera jamais», a affirmé M. Johar.

«Nous respectons tout ce que dit la police, mais nous ne croirons jamais que c’est un accident», affirme M. Johar, «C’était une femme courageuse».

Le mari de Mme Baloch, qui selon M. Johar, arrivé du Royaume-Uni pour une visite il y a deux semaines, n’a pas pu être rejoint pour des commentaires.

Karima Baloch était à la tête de l’organisation d’étudiants qui milite pour l’indépendance des régions pakistanaises d’origine baloutche au sud-ouest du pays.

Le groupe accuse les autorités pakistanaises d’atrocités en matière de droits de l’homme dans la région, où des groupes armés baloutches ont mené pendant des années une guerre contre les forces de sécurité du Pakistan sur fond de séparatisme.

L’armée et le gouvernement pakistanais nient fermement toute violation des droits de la personne.

Mme Baloch a fui le Pakistan en 2015 sur fond d’accusations de terrorisme et de menaces de mort arrivant en novembre 2015 au Canada, où elle a demandé avec succès le statut de réfugié.

Un jour de l’évaluation de sa demande d’asile, selon M. Johar, son oncle que l’on croit avoir été enlevé par l’armée 18 mois plus tôt, a été retrouvé mort au Pakistan.

La section Asie du sud d’Amnistie internationale a qualifié la mort de Mehrab de «profondément choquante».

Dans une déclaration écrite, la police de Toronto indique que la mort de Mme Baloch «fait actuellement l’objet d’une enquête en tant que mort non criminelle et il n’y aurait pas de circonstances suspectes.»

Lundi matin vers 7 h, la police avait signalé la disparition de Mme Baloch, en indiquant s’inquiéter pour sa sécurité. Son corps a été retrouvé environ 2 h plus tard.

Son corps aurait été repêché près du centre-ville mardi.

Elle avait été vue pour la dernière fois dimanche vers 15 h près de l’intersection des rues Bay et Queens Quay West, dans le quartier Harbourfront.

Une partie des soupçons concernant la mort de Mehrab sont nés du fait qu’elle était la deuxième militante baloutche retrouvée morte cette année.

En mai, le journaliste et réfugié Sajid Hussain a été retrouvé mort dans une rivière en Suède, des semaines après sa disparition.

La police de l’époque aurait déclaré que sa mort aurait pu d’un accident ou d’un suicide, bien qu’ils ne puissent pas statuer avec certitude de l’acte criminel.

La BBC avait placé Mme Baloch dans sa liste annuelle des 100 femmes les plus inspirantes et influentes en 2016.

Avec CBC/Radio-Canada 

Pakistan : 100.000 cas de coronavirus, les hôpitaux commencent à manquer de place

juin 8, 2020

Certains hôpitaux ont dû refuser d’accueillir des patients.

Le Pakistan a dépassé officiellement le cap des 100.000 malades du nouveau coronavirus, ont annoncé les autorités lundi 8 juin, un chiffre bien en-deçà de la réalité, alors que les hôpitaux commencent à être saturés dans le pays.

Lundi matin, le gouvernement faisait état de 103.671 cas positifs au Covid-19. Il avait annoncé dimanche que la pandémie avait franchi la barre des 2000 morts dans le pays. Le nombre de personnes infectées est toutefois largement sous-estimé, faute d’un dépistage suffisant. Fin mai, le ministre de la Santé du Khyber-Pakhtunkhwa avait indiqué à l’AFP que le niveau de contamination était dix fois supérieur aux chiffres officiels dans cette province du Nord-Ouest.

Début juin, un rapport des autorités de la province du Pendjab (Est) avait fuité dans les médias, estimant que plus de 670.000 malades vivaient à Lahore, ville de plus de 11 millions d’habitants. Officiellement, le nombre de cas positifs n’était alors que de 72.000 personnes pour tout le Pakistan, qui compte plus de 200 millions d’habitants. La létalité de la maladie, en forte accélération, reste toutefois faible dans ce pays aux infrastructures sanitaires en déshérence. Mais alors que sont désormais recensés près de 1400 patients dans un état critique, nombre d’hôpitaux arrivent à saturation.

Les hôpitaux refusent des patients

«Les hôpitaux manquent de lits. Il n’y a pas assez de respirateurs artificiels», s’est inquiété Khizer Hayat, le président de l’Association des jeunes médecins du Pendjab, interrogé par l’AFP. «Alors que les cas augmentent, un nombre croissant de travailleurs de santé sont aussi victimes du virus», a déploré le Dr Farooq Sahil, médecin hospitalier à Lahore.

À Karachi (Sud), les hôpitaux ont commencé à refuser les patients. Devant l’hôpital Indus, une banderole exprimait «les regrets» de la direction de l’établissement car le centre dédié au Covid-19 est «complètement saturé». «La crise se développe maintenant que nous avons cessé d’observer les mesures d’isolement», a déclaré à l’AFP Sikander Ali Memon, a en charge de la lutte contre le nouveau coronavirus pour la province du Sindh, dont Karachi est la capitale.

Le Premier ministre Imran Khan s’est depuis le début de la pandémie opposé à un confinement des villes qui, selon lui, permet de «sauver les gens du coronavirus, mais les fait mourir de faim». Début juin, il a annoncé la levée complète du confinement entamé fin mars au Pakistan.

Par Le Figaro avec AFP

Inde: expulsion de deux employés de l’ambassade pakistanaise accusés d’espionnage

juin 1, 2020

 

Deux employés de l’ambassade du Pakistan ont été expulsés d’Inde lundi 1er juin, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la représentation diplomatique, après les accusations d’espionnage formulées par New Delhi et démenties par Islamabad.

Le gouvernement de Narendra Modi a annoncé dimanche soir avoir interpellé ces deux responsables et leur avoir intimé de quitter l’Inde dans les 24 heures «pour s’être livrés à des activités d’espionnage».

Les deux Pakistanais sont retournés dans leur pays lundi matin en passant par le poste-frontière de Wagah, au Penjab (nord de l’Inde), a annoncé à l’AFP le porte-parole de l’ambassade pakistanaise en Inde.

Islamabad a convoqué le chargé d’affaires indien au Pakistan pour lui signifier sa «condamnation» de cette expulsion. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères pakistanais a affirmé que les accusations d’espionnage sont «sans fondements» et a estimé que l’expulsion des deux employés constitue une «violation claire» de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

Selon la presse indienne, les deux employés de l’ambassade tentaient de se procurer des informations sur la sécurité nationale indienne en échange d’argent.

Par Le Figaro avec AFP

L’Inde prépare un «bain de sang» au Cachemire, affirme le Pakistan à l’ONU

septembre 27, 2019

 

Le premier ministre pakistanais Imran Khan a accusé vendredi 27 septembre, à la tribune de l’ONU, l’Inde de préparer un «bain de sang» au Cachemire.

«Quand le couvre-feu sera levé, ce sera un bain de sang», a-t-il lancé devant l’Assemblée générale de l’organisation mondiale, alors que l’Inde maintient la région himalayenne disputée sous une chape de plomb depuis qu’elle a révoqué début août l’autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu’elle contrôle. New Delhi a imposé un intense déploiement sécuritaire, coupé les communications et restreint les déplacements, tout en arrêtant ou en plaçant en résidence surveillée de nombreuses personnes. «Il y a 900.000 soldats sur place, ils ne sont pas venus, pour citer Narendra Modi, pour la prospérité du Cachemire. Ces 900.000 soldats, que vont-ils faire?», a demandé Imran Khan. «Il y aura un bain de sang», a-t-il insisté.

Son homologue indien Narendra Modi avait pris la parole peu avant lui à la même tribune, sans évoquer la question explosive du Cachemire. Il a toutefois assuré que son pays, porteur d’un «message de paix», voulait «mettre en garde le monde contre des réseaux terroristes», dans une apparente allusion à Islamabad qu’il accuse régulièrement de soutenir des groupes extrémistes. Le chef du gouvernement pakistanais a dit redouter de nouveaux affrontements entre les deux puissances nucléaires rivales si l’Inde mettait en cause le Pakistan pour d’éventuelles attaques de groupes locaux, en réponse à la répression dans ce territoire à majorité musulmane. «Si une guerre conventionnelle commence entre nos deux pays, tout peut arriver», a-t-il prévenu, tout en soulignant que le Pakistan, «sept fois plus petit que son voisin», aurait un choix difficile: «soit la reddition, soit la lutte pour la liberté jusqu’à la mort».

«Que ferons-nous? Je me pose ces questions. Nous nous battrons», «et quand un pays nucléaire se bat jusqu’au bout, cela peut avoir des conséquences bien au-delà de ses frontières», a-t-il mis en garde lors de son long discours enflammé. «Cela peut avoir des conséquences pour le monde entier et c’est pour cela, je vous le répète, que je suis venu vous alerter, pas pour proférer des menaces.»

Par Le Figaro.fr avec AFP

«Intenses» tirs transfrontaliers indo-pakistanais au Cachemire

août 17, 2019

 

L’Inde et le Pakistan échangeaient samedi d’«intenses» tirs transfrontaliers au Cachemire, a indiqué le gouvernement indien. La tension restant vive après la décision début août de New Delhi de priver la région de son autonomie.

Les deux rivaux tirent régulièrement des coups de feu au-dessus de la ligne de contrôle (LdC) dans le territoire himalayen contesté et divisé entre les deux pays.

Mais samedi, «des échanges de tirs» qualifiés d’«intenses» se poursuivaient dans l’après-midi, selon un haut responsable du gouvernement indien.

Un soldat indien aurait été tué mais ce décès n’a pas été rapporté officiellement. De son côté, le Pakistan n’a pour l’heure fait aucun commentaire sur les violences en cours.

Révocation du statut d’autonomie

New Delhi a annoncé le 5 août la révocation du statut d’autonomie du Cachemire indien, un territoire à majorité musulmane revendiqué par le Pakistan, et pour lequel les deux pays se sont déjà livrés deux guerres.

Vendredi soir, le Pakistan et la Chine avaient réussi à convaincre le Conseil de sécurité de l’ONU de discuter à huis clos de la situation au Cachemire, une première depuis la guerre Indo-Pakistanaise de 1971.

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a salué la tenue de la réunion, déclarant qu’il incombe à l’ONU de prendre soin des souffrances du peuple cachemiri et d’assurer le règlement du conflit.

«Nous n’avons pas besoin que des fouineurs internationaux viennent nous dire comment agir. Nous sommes un pays de plus d’un milliard d’habitants», s’est insurgé l’ambassadeur d’Inde aux Nations unies, Syed Akbaruddin.

Des déclarations conformes à la position traditionnelle de New Delhi, qui s’oppose aux discussions à l’ONU sur le Cachemire, considérant qu’il s’agit de ses affaires intérieures.

Samedi, New Delhi a progressivement rétabli les lignes téléphoniques dans la vallée du Cachemire à majorité musulmane. Dix-sept des quelque 100 centraux téléphoniques ont été restaurés, a indiqué le chef de la police locale à l’AFP. Internet et la téléphonie mobile restaient cependant coupés.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Pakistan: un hashtag appelle à «arrêter» les journalistes trop critiques sur Twitter

juillet 4, 2019

 

Un hashtag appelant à l’arrestation de journalistes critiques du gouvernement et de l’armée est devenu brièvement le plus utilisé sur Twitter jeudi au Pakistan, aggravant les inquiétudes quant à un accroissement de la censure des médias dans le pays. #ArrestAntiPakJournalists (Arrêtez les journalistes anti-Pakistan), a chuté à la deuxième place des tendances sur Twitter dans la soirée, après avoir été employé plus de 32.000 fois à 17h30 heure française.

De nombreux utilisateurs l’ont accompagné d’une photo de journalistes et de présentateurs de télévision éminents, dont certains critiquent régulièrement le parti Tehreek-e-Insaf (PTI) du premier ministre Imran Khan et la puissante armée. Les journalistes «aboient continuellement contre l’armée et il est temps de les pousser aussi en prison», a tweeté un internaute, tandis que d’autres les qualifiaient de «voleurs», de «prostituées» ou «d’ennemis de l’Etat», un utilisateur appelant à les «pendre tous».

Critiquer les militaires est perçu comme un ligne rouge au Pakistan, journalistes et blogueurs se plaignant d’intimidations s’ils la franchissent. Des cas d’enlèvements, de passages à tabac et même d’assassinats ont été recensés. L’année dernière, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a déclaré dans un rapport que l’armée avait «discrètement, mais efficacement, imposé des restrictions à l’information», ce que celle-ci nie.

Le hashtag #ArrestAntiPakJournalists a été «fabriqué» par des groupes pro-PTI et ne reflète pas «la véritable opinion publique», a estimé Shahzad Ahmed, dirigeant du groupe de défense des droits numériques Bytes for All. «Il y a des groupes organisés qui sont à l’origine de ces tendances… ce qui est un phénomène très dangereux dans notre pays pour la liberté d’expression et la liberté individuelle», a-t-il déclaré à l’AFP.

Le présentateur Hamid Mir était particulièrement visé sur Twitter, où il s’était indigné il y a deux jours de «restrictions croissantes à la liberté d’expression», après que son interview avec l’ex-président Asif Zardari, aujourd’hui leader de l’opposition, eut été brutalement interrompue peu après son lancement. «C’est facile de comprendre qui l’a arrêtée, non ?», avait-il écrit. «Nous ne vivons pas dans un pays libre».

Hamid Mir avait été grièvement blessé en 2014 lors d’une attaque par balles qu’il avait à l’époque imputée à l’ISI, la plus puissante des agences de renseignement militaires.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Pakistan: près de 700 patients dont des enfants contaminés au VIH

mai 26, 2019

 

Près de 700 personnes, pour la plupart des enfants, ont récemment contracté le virus du sida dans le sud du Pakistan, dont certaines ont été contaminées par des seringues usagées, ont indiqué ce dimanche les autorités.

«681 personnes, dont 537 enfants âgés de deux à 12 ans, ont été testées positives au VIH jusqu’à hier à Ratodero», un sous-district de la province du Sindh, a déclaré Zafar Mirza, conseiller à la santé auprès du premier ministre Imran Khan, lors d’une conférence de presse diffusée par la télévision publique. «L’utilisation de seringues usagées pourrait être une des causes de la propagation de la maladie», a-t-il poursuivi, ajoutant que plus de 21.000 personnes avaient été testées dans cette zone.

«Le premier ministre Imran Khan va dévoiler des mesures drastiques pour prévenir la maladie une fois que nous aurons déterminé la cause (exacte) de sa propagation», a annoncé Zafar Mirza, ajoutant que cette contamination était un sujet de «grave préoccupation» pour le gouvernement. Les enquêteurs affirment qu’un pédiatre, lui-même séropositif, pourrait être à l’origine de la contamination de Ratodero. Emprisonné, il nie avoir inoculé sciemment le virus aux patients.

Le Pakistan a longtemps été considéré comme un pays où la prévalence du VIH était faible. Mais le virus se propage désormais à un rythme inquiétant, en particulier chez les toxicomanes et les travailleurs du sexe. Avec quelque 20.000 nouveaux cas de séropositivité recensés pour la seule année 2017, le rythme de propagation de la maladie au Pakistan est le 2e plus rapide en Asie, selon des statistiques de l’ONU.

Par Le Figaro.fr avec AFP