Posts Tagged ‘Pakistan’

Au Pakistan, une erreur judiciaire jette une lumière sur les failles du système

mai 20, 2018

Asma Nawab, ancienne détenue, est libérée et retourne chez elle, à Karachi au Pakistan, le 7 avril 2018 / © AFP/Archives / RIZWAN TABASSUM

Asma Nawab a passé vingt ans derrière les barreaux, injustement emprisonnée pour le meurtre de sa famille. Récemment acquittée et libérée, elle tente à présent de reconstruire sa vie, mais son cas soulève des questions embarrassantes sur le système judiciaire pakistanais.

La jeune femme n’avait que 16 ans lorsque ses parents et son jeune frère ont péri la gorge tranchée lors d’une tentative de cambriolage à leur domicile dans la mégalopole portuaire de Karachi (sud) en 1998.

L’affaire avait fait grand bruit à l’époque, poussant les procureurs à exiger une justice éclair. Mme Nawab et son fiancé d’alors avaient été condamnés à la peine de mort lors d’un procès de douze jours.

Les vingt années qui suivirent, passées sous les verrous, furent « très douloureuses », raconte Mme Nawab, aujourd’hui âgée de 36 ans.

Initialement sceptiques, ses co-détenues avaient fini par croire à son innocence et par constituer à ses yeux une nouvelle « famille ».

Les prisonnières, dont certaines condamnées pour meurtre ou enlèvement, s’entraidaient lorsque leurs procédures semblaient s’enliser ou lorsque leurs familles les négligeaient.

« Nous pleurions pendant (la fête musulmane de) l’Aïd et pendant les autres célébrations (…) C’était très douloureux. Je ressentais avec intensité » l’absence de visites, relate tristement Mme Nawab. « Mon oncle n’est venu me rendre visite qu’une seule fois. »

Autant son procès avait été rapide, autant la procédure en appel de Mme Nawab fut interminable. Ce n’est qu’en 2015 que ses avocats saisirent la Cour Suprême à son sujet. Après trois ans d’auditions, elle a ordonné en avril que Mme Nawab soit relâchée, faute de preuves.

« Le verdict de cette affaire a été donné en 12 jours mais il a fallu 19 ans et six mois pour examiner les appels », souligne son avocat Javed Chatari.

L’acquittement fut un grand choc, raconte Mme Nawab. « Je n’arrivais vraiment pas à y croire », dit-elle à l’AFP. « Comment allais-je faire pour affronter le monde après avoir passé autant de temps en prison ? »

– Engorgement judiciaire –

Des drames comme celui de Mme Nawab sont courants au Pakistan où le système judiciaire est incapable de faire face au rapide accroissement de la population et à celui, parallèle, des procédures, d’où un énorme engorgement judiciaire.

Au cours de la seule année 2017, plus de 38.000 affaires étaient en attente auprès de la Cour Suprême, auxquelles s’ajoutent des centaines de milliers d’autres en attente de jugement dans des tribunaux, selon un rapport de la Commission pakistanaise des droits de l’homme rendu public en avril.

La corruption régnant au sein des forces de l’ordre signifie que les riches peuvent aisément contourner la loi, tandis la mentalité profondément patriarcale du pays place les femmes dans une situation encore plus difficile.

« Des structures de pouvoir inégalitaires permettent aux personnes avantagées -en termes d’argent ou de pouvoir- de se hisser au-dessus des lois. Pour les pauvres, le système est si lent et parfois si faible que l’on peut dire qu’il est pratiquement non-existant », estime l’avocate Benazir Jaoti, spécialisée dans les questions liées à la situation juridique et politique des femmes au Pakistan.

« Les femmes sont l’un des groupes de gens clairement désavantagés » dans ce qui est « une société patriarcale et un système patriarcal », selon elle.

Si au bout du compte le système finit par fonctionner, comme avec l’acquittement de Mme Nawab, cela s’arrête en général là et les victimes dont la vie a été mise en pièces se retrouvent avec peu ou pas d’aide pour s’en sortir.

– Hostilité –

Mme Nawab, à sa sortie de prison début avril, n’avait pas grand-chose sur quoi reconstruire sa vie. Son ancien domicile, déserté après la mort des siens, a été pillé, puis laissé à l’abandon. La police « n’a rien laissé » dans le logement, à présent en piteux état, a-t-elle constaté lorsqu’elle a finalement pu y retourner avec son avocat, qui ouvert la porte en brisant le cadenas à coups de marteau.

« J’ai perdu mes parents et à présent je ne vois aucun de leurs biens », souligne-t-elle.

Une compensation de la part de l’Etat reste hypothétique et prendra quoi qu’il en soit beaucoup de temps, note son avocat. Et Mme Nawab est pour l’heure sans emploi.

Deux décennies après son procès, elle juge les médias en partie responsables du traitement qu’elle a subi, pour l’avoir dépeinte injustement comme coupable du triple meurtre. Un téléfilm a même été réalisé sur le sujet.

Aujourd’hui encore, et bien qu’elle ait été blanchie, l’attitude du public à son égard reste hostile. Des inconnus lui font fréquemment des remarques malveillantes dans la rue, dit-elle.

« La société n’acceptera pas le verdict », admet Mohammad Farooq, avocat auprès de la Cour Suprême et Mme Nawab « ne pourra pas se débarrasser du stigmate ».

Mais celle-ci se dit déterminée à tourner la page et prévoit de reprendre ses études et de trouver un emploi.

Elle envisage de venir en aide à d’autres femmes emprisonnées injustement et son avocat a promis de l’aider à créer une ONG pour leur apporter l’assistance dont elle-même n’a pu bénéficier.

« Je ne veux pas que d’autres femmes aient à endurer ce que j’ai subi », dit Asma Nawab. « Je vais porter leur voix pour elles. »

Romandie.com avec (©AFP / 20 mai 2018 16h39)                

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Pakistan: le ministre de l’Intérieur blessé dans une tentative présumée d’assassinat

mai 6, 2018

Islamabad – Le ministre de l’Intérieur du Pakistan Ahsan Iqbal a été blessé par balles dimanche mais sa vie n’est pas en danger, a indiqué son assistant à l’AFP, alors que des élections législatives doivent se tenir dans quelques mois.

« Ahsan Iqbal a été visé et blessé à un bras », a déclaré Asim Khan, un assistant du ministre. « Il est hors de danger mais il a été transporté dans un centre médical à Lahore », a-t-il poursuivi, ajoutant que son assaillant avait été arrêté.

Aucun autre détail n’est pour l’instant disponible, a indiqué M. Khan.

Le Premier ministre Shahid Khaqan Abbasi a condamné l’attaque, qui s’est produite alors que le Pakistan se prépare à des élections législatives dans les mois à venir, même si leur date définitive n’est pas encore fixée.

D’après Malik Ahmed Khan, un porte-parole du gouvernement du Penjab, où la tentative d’assassinat présumée s’est tenue, Ahsan Iqbal assistait à un meeting électoral dans sa circonscription du district de Narowal quand on lui a tiré dans le bras droit.

« L’assaillant allait tirer une seconde fois quand la police et les participants au meeting l’ont neutralisé », a-t-il poursuivi, ajoutant que le ministre était en train d’être opéré et confirmant que sa vie n’était pas en danger.

L’attaque survient alors que le parti au pouvoir, la Ligue musulmane pakistanaise (PMLN), a fait face à de lourdes déconvenues.

La Cour suprême a destitué en juillet dernier pour corruption de l’ex-Premier ministre Nawaz Sharif, depuis lors interdit de diriger le PMLN, qu’il a créé, puis de participer à vie à tout scrutin.

La justice pakistanaise a ensuite démis en avril l’un de ses proches, le ministre des Affaires étrangères Khawaja Asif, pour violation des règles électorales.

Romandie.com avec(©AFP / 06 mai 2018 14h53)                                                        

Pakistan: deux chrétiens tués dans des tirs revendiqués par l’EI

avril 15, 2018

/ © AFP / BANARAS KHAN

Deux chrétiens ont été tués et trois autres blessés dimanche devant une église de Quetta, dans le sud du Pakistan, par des tirs à partir de motos, la deuxième attaque de ce type dans cette région depuis le début du mois.

La branche locale du groupe EI a revendiqué cette attaque dans la capitale du Balouchistan, selon SITE, une organisation spécialisée dans la surveillance des sites jihadistes.

« Quatre hommes sur deux motos ont ouvert le feu de manière non ciblée » sur un groupe de chrétiens, « tuant deux personnes et en blessant trois autres », a dit à l’AFP un responsable de la police locale, Abdul Razzaq Cheema.

Cette fusillade survient moins de deux semaines après une attaque du même type, également revendiquée par l’EI, et au cours de laquelle quatre chrétiens avaient péri.

En décembre, deux kamikazes se sont fait exploser dans une église de Quetta, tuant neuf personnes et en blessant une dizaine.

Les chrétiens représentent moins de 2% des 200 millions de Pakistanais, en très grande majorité musulmans, et sont victimes de discriminations et de violences.

Romandie.com avec(©AFP / 15 avril 2018 23h08)                

Les larmes de la Nobel de la Paix Malala, enfin de retour au Pakistan

mars 29, 2018

Une photographie officielle montre Malala aux côtés du Premier ministre pakistanais Shahid Khaqan Abbasi, le 29 mars 2018 à Islamabad / © PID/AFP / HANDOUT

La prix Nobel de la paix Malala Yousafzai a retrouvé dans les larmes jeudi son Pakistan natal, laissé derrière elle dans des circonstances dramatiques en 2012 et qu’elle a souhaité n’avoir jamais quitté.

« Je suis très heureuse. Je n’arrive toujours pas à croire que je suis ici », a-t-elle déclaré, bouleversée, dans un discours prononcé à la résidence du Premier ministre Shahid Khaqan Abbasi à Islamabad, quelques heures après une arrivée qui a pris le pays de court.

« Ces cinq dernières années j’ai toujours rêvé de pouvoir revenir dans mon pays », a-t-elle lancé devant le public.

« Si cela avait été possible, je ne (l)’aurais jamais quitté », a-t-elle ajouté, évoquant avec nostalgie la « beauté » de sa vallée natale de Swat, parfois comparée à la Suisse pour ses paysages verdoyants. Elle en avait été évacuée d’urgence vers la Grande-Bretagne en 2012 après avoir reçu une balle dans la tête lors d’un attentat la ciblant à son retour de l’école.

« Nous sommes vraiment ravis que notre fille, qui a fait beaucoup pour le nom du Pakistan, soit de retour à la maison », a déclaré de son côté le chef du gouvernement. « Vous recevrez un respect total ici ».

– Visite non annoncée –

La jeune femme et ses parents ont atterri au petit matin à l’aéroport d’Islamabad. Leur visite, qui doit durer quatre jours, n’avait pas été annoncée et leur programme n’a pas été rendu public « pour des raisons de sécurité », ont indiqué les autorités. La famille se déplace sous forte escorte policière.

On ignore ainsi si Malala, âgée aujourd’hui de 20 ans, entend se rendre dans son district natal de Shangla, ou dans la ville de Mingora, où s’est produit l’attentat, tous deux situés dans la vallée de Swat (nord-ouest).

Si elle est célébrée en Occident, son image est plus controversée dans son pays où certains la considèrent comme un « agent de l’étranger » manipulé ou payé pour nuire au Pakistan.

Outre les cercles islamistes radicaux opposés à l’émancipation des femmes, Malala est également critiquée par une partie de la classe moyenne pakistanaise qui lui reproche de ternir l’image du pays.

Nombre de ses compatriotes ont toutefois salué l’annonce de son arrivée, notamment dans sa vallée de Swat et sur les réseaux sociaux.

« Elle est un symbole de courage pour tous les Pakistanais et nous nous réjouissons de sa visite. Elle aurait dû revenir bien plus tôt », a jugé de son côté Ahmad Shah, un ami du père de la jeune femme et habitant de Swat.

« Chers Pakistanais, Malala n’est pas votre ennemie. Vos ennemis sont les monstres qui lui ont tiré dessus à bout portant sur le chemin de l’école », a plaidé une internaute, Shahira Lashari, sur Twitter.

« Certains pensaient que cela n’arriverait jamais. Certains ne voulaient pas que cela arrive », a commenté de son côté l’analyste Michael Kugelman, spécialiste de la région au Wilson Center à Washington, saluant « un grand moment pour le Pakistan ».

– 6 millions pour l’éducation –

C’est dans des circonstances dramatiques, entre la vie et la mort, que Malala avait dû quitter son pays en 2012 après sa tentative d’assassinat par des talibans pakistanais.

Elle n’avait plus foulé le sol pakistanais depuis lors. « C’est dur de ne pas voir sa maison, sa famille et ses amis pendant plus de cinq ans », avait-elle déclaré en janvier.

Soignée en Angleterre, où elle vit, elle est devenue une icône du droit des filles à l’éducation. C’est à ce titre qu’elle s’est vue décerner le Prix Nobel de la paix en 2014, conjointement avec l’Indien Kailash Satyarthi.

Après avoir vécu avec sa famille à Birmingham, dans le centre de l’Angleterre, elle poursuit aujourd’hui des études à Oxford.

Malala avait commencé son combat en 2007 lorsque les talibans imposaient leur loi sanglante dans sa vallée de Swat, autrefois paisible région touristique des contreforts de l’Himalaya.

Du haut de ses 11 ans, la fillette alimentait un blog sur le site de la BBC en ourdou, la langue nationale du Pakistan. Sous le pseudonyme de Gul Makai, elle y décrivait le climat de peur régnant dans sa vallée sous la férule des extrémistes.

L’attentat qui a failli lui coûter la vie n’a nullement entamé sa détermination.

« La nouvelle génération du Pakistan est l’avenir du Pakistan. Ce sont les gens. Donc nous devrions investir dans l’éducation de ces enfants », a-t-elle déclaré jeudi matin, soulignant que le Fonds qui porte son nom avait déjà contribué à hauteur de plus de 6 millions de dollars à l’éducation des filles dans le pays.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mars 2018 15h57)                

Pakistan: peine de mort pour le meurtrier et violeur d’une fillette

février 17, 2018

Lahore (Pakistan) – Le principal suspect du viol et du meurtre d’une fillette a été condamné à mort samedi, une affaire qui a bouleversé le Pakistan et alimenté la peur d’un tueur en série s’en prenant aux enfants de la ville de Kasur (est).

Imran Ali, 24 ans, a été reconnu coupable du meurtre de Zainab Fatima Ameen, 6 ans, dont le corps a été retrouvé début janvier. La petite Zainab était le douzième enfant assassiné ces deux dernières années dans un rayon de 2 kilomètres autour de Kasur, selon les autorités. Ali, dont l’ADN a été retrouvé sur Zainab et six autres victimes, a confessé huit crimes au total.

« La cour a prononcé quatre peines de mort contre ce tueur en série », l’une « pour avoir kidnappé Zainab », une autre « pour l’avoir violée », une troisième « pour l’avoir tuée » et une quatrième « pour d’autres inculpations terroristes », a déclaré à la presse le procureur général de la province du Pendjab, Ihtesham Qadir.

L’audience, qui ne s’intéressait pas aux autres victimes présumées d’Ali, s’est tenue à huis clos dans la prison Kot Lakhpat de Lahore pour des raisons de sécurité. Seuls les proches des victimes avaient accès à la salle d’audience, les journalistes étant retenus 500 mètres en amont.

La cour a aussi condamné Imran Ali à plusieurs autres peines, dont une de prison à perpétuité, ainsi qu’à plusieurs amendes, pour un total de 3,2 millions de roupies (environ 23.700 euros), pour avoir notamment « caché le cadavre dans des ordures », a poursuivi le procureur Qadir.

« C’était un procès juste », a commenté Mian Sultan Masood, l’avocat de l’accusé, qui a lui a été fourni par l’Etat, son précédent défenseur s’étant récusé. « L’accusé a admis son crime. Dans ce contexte, il est correct qu’il ait été condamné à mort », a-t-il poursuivi.

La mère de Zainab, Nusrat Bibi, a accueilli le verdict avec satisfaction. « Je veux qu’il soit pendu publiquement à l’endroit où il a pris Zainab », a-t-elle déclaré à des journalistes.

Le bâtonnier Ahmed Pansota, opposé à la pendaison publique car elle est selon lui inconstitutionnelle, a de son côté émis des réserves quant à la « justesse » du procès, dont le verdict a été rendu moins d’un mois après l’arrestation du suspect.

« La justice accélérée dans cette affaire est conforme à la constitution. Mais dans bien des cas similaires, la justice n’est pas rendue à cause de la pression médiatique, les circonstances atténuantes étant exclues » pour l’accusé, a rappelé cet avocat à la Haute cour.

Le viol et le meurtre de la fillette ont bouleversé l’opinion publique au Pakistan. Une violente manifestation contre l’inaction supposée de la police a fait deux morts à Kasur. Des célébrités, des hommes politiques de l’opposition et des anonymes ont exigé l’arrestation du coupable tandis que le hashtag #JusticeForZainab circulait sur les réseaux sociaux.

D’après le père de Zainab, Ameen Ansari, Ali, qui habitait à proximité, avait pris part aux manifestations ayant embrasé la ville après la mort de sa fille.

La colère des habitants a été alimentée par le fait que la région de Kasur est déjà tristement célèbre pour une affaire de crimes sexuels.

En 2015, un gigantesque scandale de pédophilie y avait été mis au jour. Des vidéos montrant au moins 280 enfants victimes d’abus sexuels par une bande qui faisait chanter les familles avaient été découvertes. A l’époque déjà, la police avait été accusée de fermer les yeux.

Romandie.com avec(©AFP / 17 février 2018 13h56)                                            

Attentat dans un hôtel de Kaboul: au moins 18 morts dont 14 étrangers

janvier 21, 2018

Un membre des forces de sécurité afghanes monte la garde devant l’hôtel Intercontinental de Kaboul, le 21 janvier 2018 / © AFP / WAKIL KOHSAR

Au moins 18 personnes, dont 14 étrangers, ont péri dans l’attaque dans la nuit de samedi à dimanche de l’hôtel Intercontinental à Kaboul, selon un nouveau bilan de cet attentat revendiqué par les talibans.

« Quatorze étrangers et quatre Afghans ont été tués », a déclaré un porte-parole du ministère de l’Intérieur, Najib Danish, à la chaîne Tolo news, sans préciser les nationalités. L’attentat, qui a duré une douzaine d’heures, a été revendiqué par les talibans.

« Plusieurs Ukrainiens » figurent parmi les victimes, a déclaré de son côté à l’AFP un responsable du ministère des Affaires étrangères à Kiev, Vasyl Kyrylych, sans donner de nombre exact. « D’autres informations seront annoncées lundi matin », selon un communiqué du même ministère.

Un précédent bilan de l’attentat faisait état de 5 morts, dontun ou deux ressortissants étrangers, mais les autorités avaient précisé ne pas avoir terminé de fouiller l’hôtel à la recherche de victimes.

La violence de l’attaque laissait d’emblée craindre un bilan beaucoup plus lourd avec des assaillants dépeints comme tirant à vue dans la salle à manger avant de forcer les chambres pour prendre des clients en otages, parfois immédiatement abattus. Ils avaient en outre déclenché un incendie au quatrième étage qui a duré une bonne partie de la nuit.

Selon M. Danish, le commando était composé de six hommes. L’attaque n’a pris fin que plus de douze heures plus tard, vers 09H30 dimanche (06H00 GMT), une fois les assaillants abattus par les unités afghanes avec le soutien de la coalition occidentale sous mandat de l’Otan – la Norvège notamment a annoncé avoir contribué au dénouement.

« L’attaque est terminée, tous les assaillants ont été tués, 126 personnes ont été secourues dont 41 étrangers », avait auparavant annoncé M. Danish. Il a précisé que six membres des forces spéciales afghanes, réputées pour leur excellence, ont été blessés.

Le porte-parole des taliban Zabiullah Mujahid a revendiqué l’opération dans un message affirmant que l’hôtel était « plein d’envahisseurs américains et d’autres nationalités » et que l’attaque a tué des « dizaines » d’entre eux.

– Equipages manquants –

La compagnie aérienne afghane Kam Air a déploré « seize disparus parmi les 42 membres de son personnel qui se trouvaient dans l’hôtel, dont des pilotes et membres d’équipage », a expliqué à l’AFP son PDG, le capitaine Samad Usman Samadi.

La compagnie a évoqué un peu plus tard « des morts et des blessés ».

Selon M. Danish, « le commando est arrivé par le nord pour entrer dans l’hôtel par la cuisine avant de gagner le hall où il a ouvert le feu sur les clients et les gardes de sécurité ».

L’électricité a été coupée dans le quartier et l’hôtel, situé sur une colline de l’ouest de Kaboul, plongé dans l’obscurité toute la nuit à l’exception de hautes flammes qui s’échappaient du toit.

« Je suis sorti, mais plus d’une centaine de mes collègues et amis sont toujours entre la vie et la mort. Priez pour eux s’il vous plaît », a écrit sur Facebook un client rescapé, Aziz Tayeb.

Sur Twitter, des proches angoissés demandaient des nouvelles des leurs séjournant dans l’établissement. De Washington, le département d’Etat appelait à signaler l’éventuelle présence d’Américains.

– Gardes inexpérimentés –

Au terme d’une nuit de cauchemar, le jour s’est levé sur la façade en partie noircie du bâtiment.

Un comptable de l’hôtel qui s’est échappé grâce à sa connaissance des lieux a mis en cause la sécurité de l’hôtel, affirmant à l’AFP que « les gardes se sont sauvés sans combattre, ils n’ont pas riposté, ils n’avaient aucune expérience ».

Selon M. Danish, une nouvelle compagnie privée était chargée depuis début janvier de la sécurité de l’hôtel, jusqu’alors assurée par les forces gouvernementales.

« Nos équipes enquêtent pour comprendre comment les terroristes se sont infiltrés. S’il y a eu des négligences, elles seront sanctionnées ».

L’Intercontinental de Kaboul, l’un des deux cinq étoiles de la ville, accueille fréquemment des mariages, des conférences et des réunions politiques. Sa terrasse illuminée dominant la ville est particulièrement prisée des classes aisées.

L’établissement, ouvert en 1969, avait déjà été visé en juin 2011 par une attaque des talibans qui avait fait 21 morts.

Des mises en garde précises avaient été lancées depuis 48 heures concernant le risque d’attaques contre des lieux fréquentés par les étrangers. Elles avaient conduit l’ONU et certaines ambassades à décréter l’état d’alerte.

La dernière attaque contre un grand hôtel, en mars 2014, avait visé l’autre cinq étoiles de Kaboul, le Serena. Neuf personnes avaient été tuées, dont un journaliste de l’AFP et sa famille.

La violence reste endémique en Afghanistan, seize ans après le débarquement des Occidentaux fin 2001. Dans le nord du pays, à Balkh, au moins 18 policiers ont été enlevés et abattus dans la nuit de samedi à dimanche par des insurgés talibans dans un village, selon le chef adjoint de la police, Abdul Raziq Qaderi.

A Herat (ouest), au moins huit civils ont péri dans l’explosion de leur véhicule qui a sauté sur une mine, imputée aux talibans par des responsables locaux.

Romandie.com avec(©AFP / 21 janvier 2018 16h13)

Nouveau bras-de-fer entre États-Unis et Pakistan après un tweet de Trump

janvier 2, 2018

Le président américain Donald Trump le 15 décembre 2017 lors d’un discours au siège du FBI à Quantico, Virginie. / © AFP / Nicholas Kamm

Islamabad a convoqué lundi l’ambassadeur américain au Pakistan, dans un geste de défiance rare après les menaces du président Donald Trump de supprimer l’aide fournie à ce pays accusé de ne pas en faire assez contre le terrorisme.

Alors que les relations entre les deux pays sont houleuses depuis des mois, l’ambassadeur David Hale a été invité à se rendre lundi soir au ministère des Affaires étrangères pakistanais. « Il y est allé et a rencontré des responsables », a déclaré un porte-parole de l’ambassade, sans plus de détails.

Le ministère pakistanais n’a pas souhaité faire de commentaire. Mais d’après un porte-parole, le Premier ministre Shahid Khaqan Abbasi a réuni un Conseil national de sécurité mardi après-midi, auquel des chefs de la puissante armée pakistanaise ont participé.

La convocation s’est tenue après un tweet de Donald Trump, très dur, contre le Pakistan lundi.

« Les Etats-Unis ont bêtement donné 33 milliards de dollars d’aide au Pakistan ces quinze dernières années et ils ne nous ont rien donné en retour si ce n’est des mensonges et de la duplicité, prenant nos dirigeants pour des idiots », a écrit le président américain.

« Ils abritent les terroristes que nous chassons en Afghanistan, sans grande aide. C’est fini! », a-t-il lancé.

Le Pakistan a rapidement rétorqué avoir aidé les Etats-Unis à « décimer » Al-Qaïda », pour n’obtenir en retour que « des invectives et de la méfiance », via son ministre de la Défense Khurram Dastgir-Khan.

Islamabad, allié des Etats-Unis depuis la guerre froide, dément de longue date les accusations américaines et reproche à Washington d’ignorer les milliers de Pakistanais tués dans la lutte contre le terrorisme.

Après les attentats du 11 septembre 2001, les deux pays avaient noué un partenariat stratégique pour défaire les groupes armés islamistes dans la région. Mais les Etats-Unis, tout comme l’Afghanistan, accusent le Pakistan de soutenir les talibans actifs dans ce pays voisin.

Le réseau Haqqani, qui pendant longtemps trouvait refuge au Pakistan tout en réalisant certaines des pires attaques contre les forces américaines en Afghanistan, a été qualifié de « véritable bras » des services secrets pakistanais par Mike Mullen, l’ancien chef d’état-major américain des armées.

– ‘Remarquable contribution’ –

Islamabad, après avoir lancé en 2014 une nouvelle campagne d’opérations militaires dans ses zones tribales, à la frontière afghane, affirme avoir désormais éradiqué toutes les bases arrière des groupes islamistes.

La Chine, très active dans un projet d’infrastructure massif au Pakistan, d’un coût total de 54 milliards de dollars, a ainsi préféré louer « la remarquable contribution » de son nouvel allié à « la cause globale du contre-terrorisme », via un porte-parole de son ministère des Affaires étrangères.

Fin décembre, Pékin, désormais actif diplomatiquement dans la région, avait accueilli un premier sommet tripartite contre la menace terroriste avec le Pakistan et l’Afghanistan.

L’administration Trump a indiqué au Congrès en août qu’elle examinait très sérieusement la possibilité de ne pas verser 255 millions de dollars d’aide, dont le versement a déjà été retardé.

Les relations américano-pakistanaises, déjà difficiles, pour les mêmes raisons, sous l’administration Obama, se sont encore dégradées avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Le président américain a accusé en août Islamabad de jouer un double jeu en Afghanistan et d’abriter sur son sol des « agents du chaos ». L’accueil de son secrétaire d’Etat Rex Tillerson avait été glacial fin octobre à Islamabad.

En décembre, Donald Trump avait déjà menacé le Pakistan. « Nous versons des sommes énormes chaque année au Pakistan. Il faut qu’ils nous aident », avait-il averti.

« Une coupe dans les aides, à un certain moment, devient inévitable », a réagi l’analyste Michael Kugelman, spécialiste du Pakistan, sur Twitter.

« Trump est habitué à faire des déclarations très dures que ne font que vicier l’atmosphère (…). Mais il n’y a aucune possibilité de réaction dure », comme « une coupure totale des aides », a de son côté estimé l’expert pakistanais Hassan Askari.

Selon lui, les Etats-Unis « ne prendront pas de mesure extrême car cela forcerait le Pakistan à interdire à leurs soldats et à leur ravitaillement de passer par (les postes-frontière de) Torkham et Chaman » vers l’Afghanistan.

Or l’armée américaine a besoin de l’aide logistique du Pakistan pour accéder à ses troupes basées en Afghanistan.

Romandie.com avec(©AFP / 02 janvier 2018 15h09)

Le Pakistan rend hommage à Benazir Bhutto, dix ans après son assassinat

décembre 27, 2017

Benazir Bhutto la veille de son assassinat, le 26 décembre 2007 / © AFP/Archives / TARIQ MAHMOOD

Des milliers de personnes se sont recueillies mardi autour du tombeau de l’ex-Première ministre pakitanaise Benazir Bhutto, dix ans jour pour jour après son assassinat, le 27 décembre 2007, dont les commanditaires n’ont pas été inquiétés par la justice.

Quelque 20.000 personnes se sont rendues à Garhi Khuda Baksh, le fief de la famille Buttho, situé à environ 450 km de la mégalopole de Karachi, ont montré des images télévisées.

« J’ai l’impression que nous sommes devenus des orphelins après qu’elle est tombée en martyre », a observé Allah Varayo, 45 ans, interrogé par téléphone par l’AFP alors qu’il se trouvait près du tombeau.

Autour de lui, la foule brandissait des drapeaux noirs, vert et rouge, les couleurs du Parti du peuple pakistanais (PPP), le parti des Bhutto, fondé par le grand-père de Benazir, Zulfikar Ali.

« Les gens sont plus enthousiastes, ils sont arrivés en plus grand nombre par rapport aux années précédentes », a estimé Ahsan Junejo, venu en voisin.

Mme Bhutto, deux fois élue Première ministre du Pakistan et première femme de l’ère contemporaine à avoir dirigé un pays musulman, a été assassinée dans un attentat-suicide à Rawalpindi le 27 décembre 2007.

Selon la version la plus communément acceptée, un assaillant lui a tiré dans le cou après un meeting avant de déclencher sa charge explosive à proximité de son convoi, tuant 24 autres personnes.

Le président d’alors, le général Pervez Musharraf, est soupçonné d’avoir pris part à une vaste conspiration afin de tuer sa rivale avant des élections.

« Assassin, assassin. Musharraf assassin », ont scandé la foule et Bilawal Bhutto, le fils de Benazir, juché sur un podium installé près du tombeau.

La justice pakistanaise, après l’avoir inculpé du meurtre de sa rivale en 2013, a déclaré « fugitif » Pervez Musharraf en août dernier. L’ex-président, qui vit désormais à Dubai, a aussi vu ses biens confisqués.

M. Musharraf dément avoir joué un rôle dans les évènements ayant entraîné l’attentat qui avait semé le chaos des mois durant dans le pays.

Après l’assassinat, son régime avait aussitôt accusé le chef des talibans pakistanais à l’époque, Baitullah Mehsud. Ce dernier, qui avait démenti toute implication, a été tué par un drone américain en 2009.

En 2010, l’ONU a accusé dans un rapport le gouvernement de Musharraf de ne pas avoir fourni une protection adaptée à Mme Bhutto, soulignant que sa mort aurait pu être évitée.

A ce jour, seuls deux personnes ont été condamnées par la justice dans cette affaire, deux policiers qui ont écopé chacun de 17 ans de prison pour « leur mauvaise gestion de la scène du crime », lavée au karcher deux heures après les faits et où très peu d’indices avaient été retrouvés.

Romandie.com avec(©AFP / 27 décembre 2017 14h27)                

Pakistan: cinq blogueurs disculpés des accusations de blasphème

décembre 22, 2017

Des militants pakistanais pour les droits de l’Homme manifestent le 12 janvier 2017 à Lahore / © AFP / Arif ALI

Cinq blogueurs pakistanais, connus pour leur soutien à la laïcité sur les réseaux sociaux et dont la disparition avait fait la Une en janvier, ont été disculpés des très lourdes accusations de blasphème qui pesaient contre eux, a indiqué vendredi un avocat du dossier.

Des responsables de l’Agence fédérale d’enquête (FIA), qui menait les investigations, « ont dit à la cour qu’il semblait que les cinq blogueurs n’étaient pas impliqués dans du blasphème », a déclaré à l’AFP Tariq Asad, l’un des avocats qui leur étaient opposés.

« Le juge a remarqué qu’aucun individu innocent ne peut être impliqué dans une fausse affaire de blasphème » et les a disculpés, a-t-il poursuivi.

Les cinq hommes, qui faisaient publiquement connaître leur opposition à l’islam radical, l’armée ou le gouvernement sur les réseaux sociaux, avaient disparu à quelques jours d’intervalle en janvier, faisant craindre une reprise en main sévère de l’Etat sur la toile. Des manifestations de soutien s’étaient alors tenues dans plusieurs villes du pays.

Face à cette mobilisation, une campagne avait été lancée sur les réseaux sociaux et dans des émissions télévisées, où les disparus avaient été accusés d’être des blasphémateurs, déclenchant un flot de menaces.

Le blasphème est un crime passible de la peine de mort au Pakistan, même si aucun condamné dans ce genre d’affaire n’a encore été exécuté. De simples accusations aboutissent régulièrement à des meurtres.

Quatre des blogueurs avaient été libérés fin janvier. Certains se sont plaints d’avoir été torturés. Le sort du cinquième n’est pas connu.

Aucun groupe n’a revendiqué leur kidnapping, auquel le gouvernement et la très puissante armée pakistanaise ont nié avoir pris part.

La décision de vendredi « a au moins questionné l’impunité totale dont bénéficient les agences » de renseignement pakistanaises, a toutefois déclaré à l’AFP Ahmad Waqass Goraya, l’un des blogueurs relâchés, qui vit aux Pays-Bas.

Les défenseurs des droits de l’Homme critiquent de longue date la loi punissant le blasphème, souvent détournée pour régler des conflits personnels. Des ONG et observateurs estiment que les campagnes d’accusations de blasphème sont orchestrées, afin de faire taire les voix libérales.

Le Pakistan est régulièrement classé comme l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes. Critiquer l’armée y est considéré comme particulièrement risqué. Les journalistes sont parfois détenus, frappés ou même tués.

Romandie.com avec(©AFP / 22 décembre 2017 18h34)

Pakistan: huit morts dans l’attaque d’une église par l’EI

décembre 17, 2017

Des secouristes prennent en charge une des blessés dans l’attentat d’une église à Quetta au Pakistant le 17 décembre 2017 / © AFP / BANARAS KHAN

Un attentat suicide revendiqué par le groupe Etat islamique et préparé pour provoquer un carnage, a fait au moins huit morts et 30 blessés pendant la messe dominicale dans une église de Quetta, au sud-ouest du Pakistan, pleine à une semaine de Noël.

L’attaque a impliqué au moins deux kamikazes, peut-être davantage, et visé l’Eglise méthodiste de la capitale de la très instable province du Balouchistan, bordée par l’Iran et l’Afghanistan.

Au moins deux hommes se sont présentés dimanche matin alors qu’environ 400 personnes étaient rassemblées pour l’office, munis de grenades et de vestes explosives. Mais l’un des assaillants a été abattu par la police sur le parvis, évitant un carnage encore pire, selon le ministre de l’Intérieur du Balouchistan, Sarfraz Bugti.

Le kamikaze a déclenché une veste piégée chargée d’au moins « 15 kg d’explosif » a rapporté à l’AFP un responsable de la défense civile, Aslam Tareen. Selon lui l’homme ainsi que son complice, « abattu d’une balle entre les deux yeux », détenaient aussi des grenades, pour causer le maximum de dégâts dans l’assemblée.

Un haut responsable de la police, Abdul Razzaq Cheema, a également évoqué la présence sur place de deux autres kamikazes qui auraient pris la fuite quand les forces de l’ordre sont intervenues.

Cette information était en cours de vérification dimanche soir par les enquêteurs qui fouillaient le secteur et visionnaient les images des caméras de surveillance à la recherche des deux autres kamikaze supposés.

– « la porte a volé en éclats » –

L’EI a revendiqué l’opération par un message de son organe de propagande sur Twitter, sans aucune précision.

Les rescapés rencontrés par l’AFP ont raconté l’irruption du chaos au milieu de leurs prières.

« J’ai d’abord entendu des coups de feu et j’ai tout de suite pensé que l’église était attaquée » a rapporté Kelvin Alexander Masih, un photographe de 44 ans qui se trouvait en famille. « Je me suis rué pour fermer la porte principale, criant aux gens de s’allonger (…) mais la porte a volé en éclats: tout ceux qui se trouvaient à proximité ont été tués et blessés, on entendait des pleurs de femmes et d’enfants ».

« J’étais en train de prier quand j’ai entendu des tirs. Quand j’ai levé la tête le prêtre avait interrompu la prière. Les gens paniqués essayaient de se cacher. J’ai entendu une énorme explosion et la porte a éclaté », a confié Zeenat Emmanuel, une quinquagénaire.

Un photographe de l’AFP sur place a vu les bancs de l’assistance renversés, des chaussures et des instruments de musiques éparpillés dans des mares de sang.

Le chef de la police provinciale, Moazzam Jah, a précisé à l’AFP que deux femmes figuraient parmi les huit morts. Plusieurs blessés sont dans un état grave.

« La police a été prompte à réagir, elle a empêché les assaillants de gagner la nef principale en les interceptant » avant.

D’ordinaire, environ 250 fidèles assistent au service du dimanche mais à l’approche de Noël l’affluence est bien supérieure et 400 personnes étaient présentes, selon le ministre de l’Intérieur.

« Dieu nous préserve, si les terroristes étaient parvenus à leurs fins, plus de 400 vies précieuses auraient été menacées », a indiqué M. Bugti sur Twitter.

Les chrétiens représentent environ 1,6% des 200 millions de Pakistanais. Ils sont quotidiennement victimes de discriminations dans le Pakistan à majorité musulmane, vivant dans la peur d’accusations de blasphème, souvent utilisées à tort contre les minorités pour régler des conflits personnels.

Cantonnés aux professions les plus mal payées, ils sont comme d’autres minorités religieuses, également la cible de violences islamistes.

En 2016, l’une des pires attaques survenues au Pakistan avait fait 75 morts, dont de nombreux enfants, dans un parc de Lahore le week-end de Pâques. Elle avait été revendiquée par le Jamaat-ul-Ahrarn, une faction des talibans pakistanais.

Le Balouchistan est une province riche en ressources naturelles mais secouée par une insurrection séparatiste et des violences islamistes. Ses sept millions d’habitants se plaignent depuis longtemps de ne pas recevoir une part équitable de ses richesses.

Ces dernières années, les autorités mènent campagne pour tenter de promouvoir la paix et le développement économique, ce qui a réduit considérablement le niveau des violences dans la province.

Romandie.com avec(©AFP / 17 décembre 2017 14h34)