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États-Unis: Un juge de Pennsylvanie sceptique sur la plainte de Trump

novembre 18, 2020

UN JUGE DE PENNSYLVANIE SCEPTIQUE SUR LA PLAINTE DE TRUMP© Reuters/LEAH MILLIS UN JUGE DE PENNSYLVANIE SCEPTIQUE SUR LA PLAINTE DE TRUMP

(Reuters) – Un juge s’est montré sceptique mardi sur la plainte de la campagne de Donald Trump pour empêcher la Pennsylvanie de valider la victoire de Joe Biden dans cet Etat lors de l’élection présidentielle américaine, mettant en exergue les difficultés du président sortant pour contester les résultats du scrutin.

Matthew Brann, juge de district à Williamsport, a déclaré lors d’une audience qu’interdire la validation des résultats reviendrait à priver l’ensemble des électeurs de Pennsylvanie de leur droit de vote. « Pouvez-vous me dire comment cette issue peut être justifiée ? », a-t-il déclaré.

Le juge a indiqué qu’il ne rendrait pas immédiatement sa décision, demandant des documents écrits de la part des plaignants et de la défense qui devraient être soumis dans les prochains jours.

La secrétaire d’Etat de Pennsylvanie, Kathy Boockvar, doit certifier les résultats lundi prochain.

Rudy Giuliani, l’avocat de Donald Trump, a déclaré que l’élection présidentielle du 3 novembre avait donné lieu à une « fraude électorale massive, à l’échelle nationale », faisant écho aux propos du président sortant, mais n’a pas fourni de preuves durant l’audience.

Un avocat représentant plusieurs comtés de Pennsylvanie mis en cause a déclaré que Rudy Giuliani vivait « dans un monde imaginaire ». « Rejetez la plainte afin que nous puissions nous occuper de vraies affaires dans ce pays. Finissons-en », a dit Mark Aronchick en s’adressant au juge.

La campagne Trump a déposé de multiples plaintes dans des Etats décisifs où le président sortant a été devancé par Joe Biden dans l’espoir d’annuler la victoire de celui-ci.

Elle a annoncé mardi avoir déposé un recours dans le Nevada pour que Donald Trump y soit « déclaré vainqueur » ou, alternativement, que les résultats y soient annulés et aucun vainqueur déclaré. Joe Biden a devancé Donald Trump de 33.596 voix, d’après le secrétariat d’Etat du Nevada.

Des recours de la campagne Trump ont été rejetés dans le Michigan et en Géorgie. Un rejet de la plainte en Pennsylvanie mettrait probablement fin aux espoirs déjà minces de Donald Trump de modifier l’issue du scrutin.

Avec Reuters par (Jan Wolfe et Brad Heath; version française Jean Terzian)

Plainte contre Nicolas Sarkozy: la CPI prise au piège ?

octobre 13, 2017
L’œil de Glez. © Glez / J.A.

Que peut bien espérer le Front international de la société civile panafricaine, quand il dépose une plainte contre un ancien président français ? Peut-être plus qu’une inculpation…

Hasard de calendrier ou happening particulièrement bien orchestré ? Quelques heures après la publication, notamment sur le site de Mediapart, de révélations embarrassantes sur la Cour pénale internationale, un regroupement d’organisations de la société civile mettait à l’épreuve l’institution porteuse – en théorie – de justice universelle. Ainsi, en même temps que la presse giflait la Cour, les associations lui mordaient le mollet. Réuni samedi à Bamako, le Front international de société civile panafricaine (FISPA) coalise une dizaine d’organisations maliennes ainsi que des associations des pays voisins, comme le « Balai Citoyen » du Burkina, « Y’en a marre » du Sénégal ou encore « Le Peuple n’en veut plus » de Guinée. La cible du jour n’était pas tel ou tel régime vermoulu du continent, mais cette Cour de La Haye que les Don Quichotte africains accusent d’afrophobie.

Pour ne pas nier que nombre d’inculpés africains sont largement indéfendables, la stratégie associative consiste à montrer que d’autres aussi infréquentables – occidentaux ceux-là – ne sont pas inquiétés par le glaive de la CPI. Il fallait donc déposer une plainte contre l’ancien leader d’un pays du Nord, stratégie qui ne saurait totalement échouer, quelle qu’en soit l’issue. Si la plainte était suivie d’inculpation, il faudrait se réjouir de voir l’afrophobie lézardée. Si celle-ci devait être jugée irrecevable, les OSC seraient confortées dans leur campagne contre une afrophobie subitement « confirmée ». Comme l’a indiqué le parrain de la FISPA, Ticken Jah Fakoly, une absence de réaction de la CPI signifierait « qu’il y a des gens qui peuvent être arrêtés et des gens qui ne peuvent pas être arrêtés ».

« Un règlement de compte personnel »

Il restait à trouver le présumé coupable pour déployer le test. Si la cible idéale fut longtemps l’ancien président américain George Bush, celui-ci ne convient guère à cette coalition afro-africaine. Le voilà donc aujourd’hui déclassé par un ancien chef d’État français dont le ressort du crime supposé serait de même nature : « un règlement de compte personnel ». Si la décision de Bush d’intervenir en Irak n’est peut-être pas étrangère à l’issue de la Guerre du Golfe menée par son père, les options militaires prises par Nicolas Sarkozy, vis-à-vis de la Libye, sont-elles indépendantes de son passif diplomatique et/ou financier avec Mouammar Khadafi ?

Une plainte officielle a donc été déposée, samedi à 4 heures 5 minutes sur le site internet de la cour pénale internationale pour « crime de guerre et crime contre l’humanité » en rapport avec l’intervention de 2011 qui a abouti à la mort du « Guide » libyen. En réalité, il ne s’agit pas que du décès spectaculaire d’une personnalité largement ambiguë, mais aussi de la déstabilisation durable de son pays et des conséquences sur la situation sécuritaire du Sahel. Pris au piège médiatique de cette plainte, la procureure de la CPI sera certainement gênée aux entournures. Immorale ou pas, l’opération « Harmattan » de 2011 brandissait la légitimité de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies et de l’opération « Unified Protector » de l’OTAN. Pas sûr que Nicolas Sarkozy devienne compagnon de cellule de Laurent Gbagbo. Lui aussi, pourtant, aurait un passif à purger…

Jeuneafrique.com par Damien Glez, dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè