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La guerre en Ukraine risque de créer une crise alimentaire mondiale sans précédent

avril 2, 2022

Les coûts opérationnels ont explosé pour le Programme alimentaire mondial. L’organisme avertit qu’il ne pourra pas réussir à nourrir toutes les personnes au bord de la famine, comme en Éthiopie. Photo: AP

La guerre entre l’Ukraine et la Russie – deux pays qui jouent un rôle majeur dans l’exportation de nombreuses céréales et cultures – commence à avoir un impact négatif sur la sécurité alimentaire mondiale. Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui achetait 50 % de son blé en Ukraine, a dû commencer à couper les rations offertes aux plus démunis dans d’autres pays.

Le chef du Programme alimentaire mondialPAM, David Beasley, a par ailleurs déclaré mercredi au Conseil de sécurité des Nations unies que l’invasion de l’Ukraine pourrait entraîner la pire crise alimentaire mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale.

Julie Marshall, porte-parole canadienne du Programme alimentaire mondialPAM, un organisme associé à l’Organisation des Nations uniesONU, précise qu’avant même la guerre en Ukraine, il y avait environ 44 millions de personnes au bord de la famine dans le monde.

Donc il s’agit déjà d’une période de besoins humanitaires sans précédent. Nous avons plusieurs conflits, les impacts des changements climatiques, la pandémie et la hausse du prix des aliments causée par l’inflation. Tout cela pousse de plus en plus de gens vers la faim. Le conflit en Ukraine va aggraver la situation et toucher les personnes les plus affamées du monde.

Un système d’exportation perturbé

Rappelons d’abord que l’Ukraine et la Russie sont parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux de blé et de maïs. Ensemble, les deux pays fournissent 30 % du blé et 20 % du maïs aux marchés mondiaux. Normalement, les producteurs agricoles ukrainiens nourrissent plus de 400 millions de personnes dans le monde.

Mais depuis le début du conflit, des millions de tonnes de grains demeurent stockés dans des silos en Ukraine et en Russie; les combats et les sanctions imposées à la Russie font en sorte que cette nourriture ne peut plus être exportée. Le Programme alimentaire mondialPAM estime que 13,5 millions de tonnes de blé et 16 millions de tonnes de maïs sont retenues en Russie et en Ukraine, soit 23 % et 43 % de leurs exportations prévues en 2021-2022.

De nombreux agriculteurs ukrainiens ne pourront pas planter leurs cultures ce printemps en raison des combats. Ici, un agriculteur ukrainien laboure sa terre à Husakiv dans l’ouest du pays. Photo : AP/Nariman El-Mofty

La guerre a non seulement mis un frein à la majorité des exportations ukrainiennes et russes, mais les combats auront un impact majeur sur la saison des semences en Ukraine, qui doit commencer sous peu. De plus, il faut rappeler que la Russie – sous le coup de sanctions internationales – est le plus gros exportateur mondial d’engrais. Selon M. Beasly, sans engrais, les récoltes ukrainiennes pourraient être réduites de moitié.

Par ailleurs, en ce moment, il est extrêmement difficile d’exporter quoi que ce soit par le biais de la mer Noire, puisque les assureurs exigent désormais des primes de guerre de plusieurs centaines de milliers de dollars pour assurer les navires.

Si la situation n’était pas assez compliquée, le prix des grains, qui était déjà à des niveaux records en raison de l’inflation et des contrecoups de la pandémie, continue de monter en flèche. Et tout cela a un impact direct sur le PAM et les millions de personnes sans nourriture, dit Mme Marshall.

Le PAM évalue maintenant où il trouvera des ressources si le conflit perdure.

« L’effet à long terme [de la guerre en Ukraine] est que nous devrons acheter les récoltes ailleurs. Cela coûtera plus d’argent de les faire venir de plus loin. »— Une citation de  Julie Marshall, porte-parole canadienne du PAM

Par exemple, exporter du blé du Canada vers l’autre côté de l’océan serait probablement une option trop coûteuse.

D’ailleurs, le PAM fait désormais face à des coûts supplémentaires de 71 millions de dollars par mois pour ses opérations mondiales par rapport à 2019, soit une augmentation de 50 %.

Quelles régions seront les plus touchées?

Distribution de pains à Kharkiv dans une station de métro en Ukraine. Photo: PAM

Le PAM estime que 45 % des habitants de l’Ukraine craignent de ne pas trouver suffisamment à manger. L’organisme a d’ailleurs déployé suffisamment de vivres pour aider 3 millions de personnes à l’intérieur de l’Ukraine pendant un mois. D’ici le mois de juin, nous pourrons aider jusqu’à 4 millions d’Ukrainiens, précise Mme Marshall.

Au-delà de l’Ukraine, les régions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord seront particulièrement touchées par cette crise alimentaire, parce que de nombreux pays dépendent fortement de la Russie et de l’Ukraine pour leurs importations de grains. Par exemple, en 2021, 80 % des importations de blé de l’Égypte provenaient de la Russie et de l’Ukraine. La situation est également très fragile au Liban et en Libye, des pays qui dépendent de l’Ukraine pour environ 50 % de leur approvisionnement total en blé.

L’Afghanistan, l’Éthiopie, la Syrie et le Yémen – qui sont déjà aux prises avec des conflits majeurs et un niveau de pauvreté élevé – sont aussi très dépendants des importations de blé.

Au Yémen et en Syrie, plus de 29 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire et le PAM soutient près de 19 millions de personnes dans ces deux pays. Le PAM ne dispose actuellement que de 24 % du financement nécessaire en Syrie et de 31 % de ce dont il a besoin au Yémen.

Dans les 40 pays où opère le PAM, 30 % de l’énergie alimentaire de la population provient de l’importation de céréales comme le blé et le maïs.Un homme portant un masque offre un bon de nourriture
à un homme.

Des Afghans attendent de recevoir des rations alimentaires organisées par le Programme alimentaire mondial à Pul-e-Alam, la capitale de la province de Logar, dans l’est du pays. Environ 9 millions d’Afghans sont au bord de la famine, estime l’ONU. Photo : AP/Zubair Abassi

Puisque les prix des aliments grimpent sans que l’aide financière augmente, le PAM a dû réduire les rations alimentaires dans ces deux pays.

L’indice des prix alimentaires de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) avait déjà atteint un niveau record en février 2022.

Depuis l’invasion russe, les prix mondiaux du blé ont augmenté d’environ 21 %, l’orge de 33 % et certains engrais jusqu’à 40 %. Le prix de l’huile de cuisson est en hausse de 36 % au Yémen et de 39 % en Syrie. Le prix de la farine de blé est en hausse de 47 % au Liban, de 15 % en Libye et de 14 % en Palestine.

De nouvelles réductions des rations, combinées à une explosion du coût de la vie, risquent de pousser les gens vers la famine et vers la migration, craint Mme Marshall.

Le PAM aidait 13 millions [de personnes au Yémen]. Mais à cause du manque de financement, nous avons dû réduire les rations à 8 millions de personnes. Et ça, c’était avant le début du conflit en Ukraine. Cela signifie donc que les enfants auront droit à moins d’un bol de céréales par jour, dit Mme Marshall, qui ajoute que le PAM devra probablement couper davantage les rations si l’aide financière n’augmente pas.

« Même si les pays ont été plus généreux au cours des dernières années, l’écart entre les besoins et les ressources se creuse de plus en plus. »— Une citation de  Julie Marshall, porte-parole du PAM

M. Beasly a par ailleurs déclaré au Conseil de sécurité de l’ONU que si le conflit en Ukraine perdure, le monde paiera un prix élevé. La dernière chose que nous voulons faire au PAM est de prendre de la nourriture à des enfants affamés pour la donner à d’autres enfants affamés.

Les conflits au cœur des famines

Le conflit reste le principal moteur de la faim, affirme Julie Marshall. En fait, 60 % des personnes souffrant de la faim dans le monde vivent dans des régions touchées par la guerre et la violence.

Nous n’allons pas arriver à éradiquer les famines tant que nous n’arrêterons pas les conflits, comme ceux en Ukraine, dans le Soudan du Sud, au Yémen, en Afghanistan. Là où il y a de l’insécurité et des conflits, c’est là où il y a de la faim. Sans guerre, les gens n’auraient pas aussi faim, dit Julie Marshall. Son organisme plaide auprès de pays comme le Canada afin qu’ils utilisent leur influence et leurs ressources pour en finir avec les conflits à travers le monde.

Mme Marshall ajoute qu’il y a suffisamment de nourriture sur la planète pour nourrir tout le monde. Le problème est l’accès et l’argent.

Elle ajoute que si le monde ignore ces crises alimentaires, il verra des migrations de masse dans les prochains mois.

Avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

RDC-Alimentation : cinq communes kinoises en situation de crise

septembre 15, 2021

Masina, Matete, Ndjili, Ngaba et Ngaliema sont arrivés à la phase trois du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM). Entre 20 à 25 % de leurs habitants respectifs sont en phase trois ou plus. Comme l’explique l’institution onusienne, ce niveau vient juste avant la famine.

Le rapport IPC du PAM, paru dans la presse le 14 septembre, révèle une situation alimentaire très difficile dans certaines communes peuplées de Kinshasa et même quelques provinces congolaises. Cinq des vingt-quatre communes kinoises sont touchées par la crise alimentaire. Pour atteindre ces résultats, les enquêteurs ont recouru à un ensemble d’outils et de processus qui leur ont permis d’analyser et de classifier la sévérité de l’insécurité alimentaire suivant des normes scientifiques internationales.

Situation difficile à Kinshasa

Selon le rapport, plus de 1,5 million de personnes affichent un besoin d’assistance humanitaire pour sauver leur vie et protéger leurs moyens d’existence sur la période courant de février à juillet 2021. Dans les cinq communes les plus touchées, 20 à 25 % de la population est en phase 3 de l’IPC ou plus. Par ailleurs, d’autres zones urbaines comme les communes de Bumbu et Kimbanseke se trouvent dans la même situation.

Quelques grandes villes touchées

Pour la situation des provinces, le rapport IPC s’étend sur des zones urbaines jadis présentées comme le grenier du pays en raison de leur vocation hautement agricole. Il s’agit des villes de Kindu (Maniema), Beni (Nord-Kivu), Kananga (Kasaï central), Kalemie (Tanganyika), Mbuji-Mayi (Kasaï oriental), Uvira (Sud-Kivu) et Gemena (Sud-Ubangui). Selon le PAM, elles se trouvent également dans la phase 3 dite « situation de crise ». Là aussi, entre 20 à 40 % de leurs habitants respectifs approchent de la famine.

Causes

Après la publication de ces chiffres alarmants, le rapport va plus loin en présentant les principaux facteurs responsables de l’insécurité alimentaire en milieu urbain. Il y a bien entendu les effets directs de la pandémie de la covid-19, mais également d’autres facteurs comme le faible accès à l’emploi, les revenus des ménages et la hausse des prix des denrées alimentaires. Le but ultime de cette étude est de permettre aux décideurs de disposer d’une analyse rigoureuse de l’insécurité alimentaire dans les contextes d’urgence, de transition et de développement, ainsi que des objectifs clés pour mieux coordonner les interventions, conclût le rapport.

Avec Adiac-Congo par Laurent Essolomwa

Congo/Bouenza : Le Pam et le Canada lancent la production de Mbala Pinda

juin 19, 2020

 

Le représentant du Pam au Congo, M. Jean-Martin Bauer, et l’ambassadeur du Canada au Congo, M. Nicolas Simard, ont lancé le 16 juin à Madingou, dans le département de la Bouenza, un groupement de femmes expertes dans la fabrication de mbala pinda, dans le cadre du démarrage d’un nouveau projet pour répondre aux conséquences socio-économiques de la crise sanitaire de la Covid-19, indique un communiqué de presse du Pam parvenu à l’Agence congolaise de l’information (Aci).

Selon le communiqué, le projet, dont le but est d’accompagner 16 groupements de femmes de Loudima et de Madingou pendant 10 mois et de leur distribuer des équipements de transformation du manioc, grâce au financement du Canada, va renforcer la capacité de production des groupements féminins qui fabriquent le mbala pinda, un encas nutritifs local à base de manioc et de l’arachide.

Le programme prévoit une répercussion de ses activités sur plus de 8.000 bénéficiaires locaux. Parmi eux, 3.000 élèves de l’école primaire, bénéficiant de cantines scolaires, recevront ces encas nutritifs pour compléter leur repas. Une partie de la production du mbala pinda produit par ces groupements de femmes sera également achetée et distribuée par le Pam pour soutenir l’état de santé nutritionnelle des personnes vulnérables dans les centres de santé, telles que les femmes enceintes et allaitantes et les jeunes enfants, souligne le communiqué.

Intégré au plan de riposte du ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche pour la relance de l’activité agricole post-confinement, ce projet sera mis en œuvre par le Pam, avec l’appui des autorités locales. Il va soulager les impacts de la crise sanitaire sur l’économie, la nutrition et la santé des populations en soutenant l’autonomisation du système alimentaire local. La crise sanitaire de la Covid-19 a déjà eu d’importants impacts sur les producteurs,  notamment les productrices agricoles de la zone, qui représentent 60% des actifs agricoles locaux.
Madi

Le représentant du Pam lors du lancement de cette production

A cette occasion, M. Bauer, qui s’est dit heureux de pouvoir compter sur le gouvernement canadien dans ce projet, a rappelé que son institution travaille depuis 2019 avec de nombreux partenaires pour soutenir la chaîne de valeur du manioc au Congo.

De son côté, M. Simard a fait savoir que pour son pays, l’urgence sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19 doit être traitée en même temps que l’urgence alimentaire qu’elle provoque. «C’est ce que nous faisons en appuyant les autorités congolaises dans les domaines de la santé et de la sécurité alimentaire» a-t-il dit.

Par Sacer-infos par Stany Franck et (Marlyce Tchibinda Batchi avec ACI/)

 

L’OMS déplore « un énorme écart » entre les besoins et le matériel disponible en Afrique

avril 3, 2020

Matshidiso Moeti, directrice Afrique de l'OMS, à Genève, le 1er février 2019.

Matshidiso Moeti, directrice Afrique de l’OMS, à Genève, le 1er février 2019. © Salvatore Di Nolfi/AP/SIPA

 

Alors que la pandémie de coronavirus prend une nouvelle dimension en Afrique, les experts de l’OMS et du Programme alimentaire mondial s’inquiètent de la pénurie d’équipements médicaux adaptés.

La pandémie en Afrique est à un tournant. C’est le message principal que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a voulu faire passer lors d’une communication organisée le 2 avril, conjointement avec le Programme alimentaire mondial (PAM). Alors que le cap du million de malades est sur le point d’être franchi au plan mondial, le continent n’en compte encore que quelques milliers.

Mais le nombre augmente vite, comme il l’a fait dans d’autres régions du monde touchées plus tôt par le coronavirus. Cette situation nouvelle soulève de nouvelles questions, l’une des principales étant le sous-équipement chronique du continent en respirateurs, nécessaires pour maintenir en vie les personnes les plus sévèrement atteintes par la maladie.

Voici les principaux sujets de préoccupation identifiés par les experts de ces organisations.

  • Une progression de l’épidémie en Afrique « comparable à celle d’autres régions »

Selon Michel Yao, le responsable des opérations d’urgence de l’OMS en Afrique, le continent a mis longtemps à atteindre les 1 000 cas mais, ces dix derniers jours, ce nombre a été multiplié par quatre (et même plus de six à ce jour, ndlr). C’est une progression rapide, « qui correspond à ce qui a été observé en Chine et en Europe ». L’augmentation est liée à la fois au plus grand nombre de tests effectués et à la propagation de la maladie et, bien sûr, elle est « préoccupante ».

Quant à savoir si ce nombre de cas est sous-estimé et si certains malades échappent à la détection, Matshidiso Moeti, la directrice régionale de l’OMS en Afrique, ne le croit pas : « Nous n’identifions pas 100 % des cas, mais je ne crois pas que nous en rations beaucoup. Même si bien sûr nous aimerions tester beaucoup plus de personnes, comme cela a été fait en Corée ».

  • Le confinement, une solution plus difficile à mettre en œuvre

Le Dr Matshidiso Moeti observe qu’un nombre croissant de pays imposent des mesures de confinement total ou partiel : Afrique du Sud, Botswana, Nigeria, Congo… Mais elle reconnaît que la question de la faisabilité se pose, notamment pour les familles vivant dans de petits espaces ou les personnes dont la survie dépend d’une activité quotidienne. Elle plaide donc pour des mesures adaptées susceptibles, au moins, de limiter la propagation : garder ses distances, fournir aux populations de quoi se laver les mains…

Quant à l’idée selon laquelle le confinement porterait déjà ses fruits en Afrique du Sud, où certains notent un ralentissement de la propagation, le Dr Moeti estime qu’il est « bien trop tôt pour le dire ».

Pulvérisation de désinfectant devant une école de Dakar, le 1er avril 2020.
Pulvérisation de désinfectant devant une école de Dakar, le 1er avril 2020. © Sylvain Cherkaoui/AP/SIPA

  • Permettre la circulation des denrées alimentaires

Lola Castro, directrice régionale du PAM pour l’Afrique australe, travaille sur les questions alimentaires au sud du continent et souligne deux catégories de problèmes. D’abord, le fait que le virus frappe des régions et des populations déjà en état d’insécurité alimentaire. Ensuite, les difficultés rencontrées par les agriculteurs et les producteurs de produits alimentaires. Son équipe est basée en Afrique du Sud et, grâce aux autorités qui ont ouvert des corridors humanitaires depuis l’aéroport de Durban, le PAM parvient à fournir le Botswana, le Zimbabwe, le Mozambique, le Malawi ou la Zambie.

Pour elle, le plus important est de permettre la circulation des semences et des produits agricoles, de laisser certains marchés ouverts, de ne fermer ni les ports ni les frontières… Les populations urbaines sont souvent les plus touchées, comme à Brazzaville où le PAM a identifié 20 000 personnes à qui fournir une aide alimentaire dès qu’il sera possible de l’acheminer.

  • Pas de respirateurs made in Africa

La question du nombre de respirateurs et de lits de réanimation disponibles est cruciale, car ces équipements permettent de limiter la mortalité des patients atteints de formes sévères du coronavirus. Mais Matshidiso Moeti est franche : il est très difficile d’obtenir des données fiables : « Nous y travaillons. Ce qui est sûr c’est qu’il y a un écart énorme entre les besoins et ce dont nous disposons, d’autant que la demande est mondiale et que les transports sont perturbés ».

Le problème, ajoute Michel Yao, c’est que l’Afrique ne fabrique pas de respirateurs : « Nous sommes en relation avec les pays et les entreprises qui en produisent, mais il faut que la répartition mondiale se fasse de façon solidaire. Ce qui est très difficile quand certains pays comptent actuellement plus de 3 000 patients en soins intensifs. »

  • Quand la rumeur prend le pas sur l’information

À chaque jour sa rumeur : ici, on dit que les personnes vaccinées contre la tuberculose avec le BCG se montreraient résistantes au Covid-19, là on répète que des premiers cas de réinfection auraient été observées, ou encore que les pays très touchés par le paludisme seraient mystérieusement moins victimes du virus…

Réponse commune à toutes ces questions : rien ne vient confirmer ces rumeurs pour le moment. Pour ce qui est du paludisme, le Dr Moeti souligne que « certains pays comme le Nigeria, le Sénégal ou le Burkina Faso ont beaucoup de cas de paludisme, et les cas de coronavirus s’y développent malheureusement comme ailleurs ».

Avec Jeuneafrique par Olivier Marbot

Libération d’une Française employée de l’ONU enlevée en Haïti

février 28, 2020

 

Une employée française du Programme alimentaire mondial a été libérée jeudi après avoir été enlevée mardi soir dans la capitale haïtienne, a indiqué l’agence onusienne vendredi 28 février.

La victime, dont l’identité n’a pas été rendue publique, «a été libérée en toute sécurité le 27 février après avoir été enlevée à Port-au-Prince par un groupe d’individus non identifiés le 25 février», selon les précisions apportées à l’AFP par Greg Barrow, en charge de la communication au Programme alimentaire mondial (PAM).

Présents en Haïti pour «fournir une assistance humanitaire et une aide au développement aux pauvres, affamés et vulnérables», les employés du PAM «devraient toujours bénéficier de la sécurité nécessaire pour mener leur travail», précise le communiqué.

Par Le Figaro avec AFP

Sécheresse en Afrique: 45 millions de personnes menacées d’insécurité alimentaire

octobre 31, 2019

 

Un total de 45 millions de personnes vont se retrouver en situation de grave insécurité alimentaire dans les six mois en Afrique australe à cause de la «pire sécheresse» affectant la région en trente-cinq ans, a annoncé jeudi 31 octobre le Programme alimentaire mondial (PAM).

A ce jour, plus de 11 millions de personnes sont déjà en situation de très grave insécurité alimentaire dans neuf pays de la région (Angola, eSwatini, Lesotho, Madagascar, Malawi, Namibie, Mozambique, Zambie et Zimbabwe), selon un communiqué du PAM. Et la situation devrait se dégrader dans les prochains mois avec un «chiffre record de 45 millions de personnes» qui vont avoir besoin d’aide alimentaire dans l’ensemble de la région, met en garde l’agence onusienne. Au cours des cinq dernières années, l’Afrique australe a connu une seule année de précipitations normales, selon le PAM. La sécheresse persistante, les cyclones et les inondations ont détruit les récoltes, a expliqué l’agence. «Nous avons affaire à la pire sécheresse en trente-cinq ans dans les régions centrales et ouest» de l’Afrique australe, a souligné Margaret Malu, directrice régionale du PAM pour l’Afrique australe.

Cette crise alimentaire est aggravée par un chômage croissant, les pertes de bétail à grande échelle et l’augmentation du prix des denrées alimentaires, selon le PAM. «Des pluies tardives, suivies de longues périodes de sécheresse, deux cyclones majeurs et les défis économiques se sont révélés catastrophiques pour la sécurité alimentaire» en Afrique australe, a ajouté Alain Onibon de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Cette année, la région – le Mozambique en tête – a été frappée par deux cyclones meurtriers, qui ont fait des centaines de milliers de sinistrés. «Nous devons répondre aux besoins urgents de nourriture de millions de personnes mais aussi investir pour mettre en place des moyens de résilience pour ceux menacés par des sécheresses, des inondations et des tempêtes de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves», a ajouté Margaret Malu.

Les températures en Afrique australe augmentent deux fois plus que la moyenne sur Terre, selon le PAM, qui précise que le Malawi, le Mozambique, la République démocratique du Congo (RDC), la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe seront les pays les plus touchés dans la région dans les années à venir par cette crise climatique

Par Le Figaro.fr avec AFP

Cuba: aide d’urgence de 5,7 millions de dollars du PAM après Irma

septembre 17, 2017

La quartier de Cojimar à La Havane, à Cuba, dévasté par l’ouragan Irma, le 10 septembre 2017 / © AFP/Archives / YAMIL LAGE

Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a annoncé samedi qu’il allait accorder une aide d’urgence de 5,7 millions de dollars à Cuba, très affecté par le passage de l’ouragan Irma.

Au cours d’une visite samedi à La Havane, le directeur exécutif du PAM David Beasley a annoncé l’octroi d’une aide immédiate de 1,5 million de dollars en aide alimentaire, dans le cadre d’un « soutien logistique » de quatre mois d’une valeur totale de 5,7 millions de dollars.

Le PAM « est au côté des victimes de l’ouragan Irma à Cuba et prêt à soutenir le gouvernement cubain dans ses efforts de redressement », a-t-il ajouté.

« L’opération débutera immédiatement avec la distribution gratuite de rations de riz et de haricots dans les zones prioritaires » à quelque 664.000 personnes, a indiqué par ailleurs un communiqué de cet organisme des Nations unies.

Le bilan des dommages causés par le passage d’Irma à Cuba il y a une semaine est encore en cours d’évaluation, mais ONG et agences onusiennes prédisent déjà des mois délicats pour l’île, qui aura besoin de l’aide internationale pour s’en sortir. L’ouragan a fait dix morts sur la grande île caribéenne, dont 13 des 15 provinces et été affectées.

« L’importance de la dévastation provoquée par Irma requiert que nous travaillions ensemble pour garantir un redressement immédiat et que la population puisse à nouveau disposer d’eau, d’aliments et d’un toit, et que l’économie puisse repartir », a ajouté M. Beasley.

Romandie.com avec(©AFP / 17 septembre 2017 09h22

Soudan du Sud: plus de 30.000 personnes risquent de mourir de faim

octobre 22, 2015

Plus de 30’000 personnes « vivent dans des conditions extrêmes et risquent mourir de faim » dans les régions du Soudan du Sud les plus ravagées par la guerre civile, a averti jeudi l’ONU. Des dizaines de milliers d’autres sont également au bord de la famine.

Bien que l’état de famine n’y ait pas été officiellement déclaré, le pays traverse sa pire phase en 22 mois d’une guerre marquée par de nombreuses atrocités, rappellent le Programme alimentaire mondial (PAM), le fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et l’Organisation pour l’agriculture et l’alimentation (FAO).

Les zones les plus touchées par le confit qui se traduit notamment par un blocage de l’aide se situent dans l’Etat d’Unité, dans le nord riche en pétrole. En dépit d’un accord de paix signé fin août, des combats intenses s’y déroulent, accompagnés d’enlèvements en grand nombre et de viols de femmes et d’enfants, écrivent les trois agences de l’ONU dans un communiqué commun.

« Sans un accès illimité à l’aide humanitaire, l’insécurité alimentaire peut s’aggraver et se transformer en famine dans certaines parties de l’Etat d’Unité », avertissent-elles.

Le Soudan du Sud est le théâtre depuis décembre 2013 d’une guerre opposant l’armée fidèle au président Salva Kiir à une rébellion dirigée par son ex-vice-président Riek Machar. Le conflit, marqué par des massacres et des atrocités d’une violence inouïe attribués aux deux camps, a fait des dizaines de milliers de morts et chassé quelque 2,2 millions de Sud-Soudanais de leurs foyers.

Enfants touchés
« Depuis le début des combats il y a près de deux ans, des enfants sont victimes du conflit, de la maladie, de la peur et de la faim », rapporte notamment le responsable de l’Unicef pour le Soudan du Sud, Jonathan Veitch.

« Leurs familles se sont montrées exemplaires dans leur soutien mais elles ont épuisé aujourd’hui tous les mécanismes pour faire face. Les agences peuvent leur venir en aide mais seulement si nous avons un accès complet (aux zones affectées). Sinon, de nombreux enfants risquent de mourir », ajoute-t-il.

Une famine n’avait pu être évitée il y a un an que grâce à une intervention massive des organisations humanitaires.

Romandie.com

Madagascar: Au moins 200.000 personnes épuisées par la faim

mars 9, 2015

Madagascar: Au moins 200.000 personnes épuisées par la faim
Madagascar: Au moins 200.000 personnes épuisées par la faim © AFP

Haova Toboha, six ans, tient fermement d’une main son petit sachet en plastique rempli de grains de maïs. De l’autre main, elle repousse les autres enfants et tente de grappiller dans la terre sablonneuse les grains tombés pendant une distribution de vivres effectuée par le Programme alimentaire mondial (PAM).

« J’ai ramassé ces grains, et je vais les ajouter à ceux que mes parents ont obtenu » durant la distribution du PAM, explique la petite fille, rencontrée dans le village de Berano, dans le Sud de Madagascar.

Le PAM, dont les rations permettent actuellement à 120. 000 personnes de survivre, a lancé un appel à l’aide internationale. Dans la région, une exceptionnelle sécheresse d’octobre à février a détruit les récoltes.

La nourriture s’est raréfiée, et les responsables locaux ont fait état de plusieurs cas d?enfants décédés, épuisées par la faim.

Au-delà de l’urgence, le PAM souhaiterait que des donateurs envoient immédiatement de quoi reconstituer les réserves alimentaires. « Les interventions, c’est maintenant qu’il faut les faire  » indique à l’AFP la représentante adjointe du PAM à Madagascar Fatima Sow Sidibe.

Les populations, exlique-t-elle, « sont en train de puiser dans leurs réserves alimentaires, et sont même en train de puiser dans les réserves de leurs corps ».

Pour l’heure, la situation n’est pas qualifiée de « famine », comme en 1991, lorsque plusieurs centaines de personnes étaient mortes de faim dans la région. « A l’époque, des gens ont quitté leur village pour rejoindre les points d’eau et sont morts en cours de route », raconte à l’AFP Bertrand Randrianarivo, originaire de la région, qui travaille depuis 2001 avec les divers ONG intervenant dans cette partie de l’île.

« La sécheresse frappe tous les cinq ou six ans » le sud de Madagascar, explique-t-il, suggérant la mise en place d’un système de drainage de l’eau, et un désenclavement de la région.

Beaucoup de bailleurs ont envisagé d’investir dans un tel système, mais ils ont été découragés par le manque de volonté des dirigeants successifs à Madagascar.

– Aucun signe de maladie –

Cette année, le PAM ne parle pas de « famine », mais de « difficulté alimentaire aigue ». Mais quel que soit le nom du fléau qui les frappe, les habitants sont épuisés.

Raharisoa, 25 ans, est assise par terre, terriblement maigre. Sa fille de deux ans est morte de faim en décembre. « Nous n’avons pas pu nous occuper de notre enfant », soupire-t-elle: « A cause de la famine, les grandes personnes sont affaiblies et ne peuvent pas prendre soin des petits ».

« En décembre, quatre enfants sont morts dans notre village à cause de la famine », confirme Masy, une femme agent communautaire de santé à Berano.

Dans le village voisin d’Imongy, le responsable du centre de Santé pour la zone, Marc Andriakotonindrina, a recensé une douzaine d’enfants morts de faim en décembre, selon des données collectées auprès des agents de santé villageois.

« Ces enfants n’ont présenté aucun signe de maladie, ils ont juste perdu du poids progressivement, jusqu’à leur mort », explique-t-il.

La sècheresse a détruit toutes les cultures dans le sud de Madagascar. Et les tentatives des paysans de replanter n’ont fait qu’épuiser leur réserve de semences et de nourritures. La pluie, tombée en février, est arrivée trop tard pour sauver la saison.

Selon des chiffres gouvernementaux, entre 200. 000 à 350. 000 personnes souffrent de la faim. Depuis quelques semaines, les rations du PAM permettent à 120. 000 d’entre eux de manger régulièrement.

« Les choses ont changé depuis que le PAM nous a donné du maïs depuis février », assure Madame Masy.

Le ministre de l’Agriculture Roland Ravatomanga a promis des aides alimentaires pour les régions touchées. Une charge qui s’ajoutera aux efforts de ce pays pauvre pour aider les victimes des inondations et glissements de terrain, qui ont déjà fait 22 morts et 63. 037 sinistrés à Antananarivo.

Jeuneafrique.com avec AFP

Ebola: un million de personnes menacées par la faim en Afrique

décembre 17, 2014

Ebola: un million de personnes menacées par la faim en Afrique
Ebola: un million de personnes menacées par la faim en Afrique © AFP

Plus d’un million de personnes sont menacées par la faim dans les trois pays d’Afrique de l’Ouest les plus touchés par l’épidémie d’Ebola qui a gravement perturbé les récoltes et réseaux d’approvisionnement, selon les agences alimentaires de l’ONU.

L’épidémie de fièvre hémorragique a fait 6. 900 morts au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, où l’insécurité alimentaire sévissait déjà de manière chronique rappellent mercredi l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM).

Jeuneafrique.com