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Covid-19: l’OMS «inquiète» d’une possible aggravation de la pandémie pendant le ramadan

avril 14, 2021

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est dite «inquiète» mercredi 14 avril d’une possible aggravation de la pandémie de Covid-19 durant les célébrations du ramadan en Afrique du Nord et au grand Moyen-Orient.

Le nombre de cas a augmenté de 22% et le nombre de décès de 17% «la semaine dernière par rapport à la semaine précédente» dans la région, a dit le Dr Ahmed al-Mandhari, directeur du bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale.

S’exprimant lors d’une conférence de presse virtuelle au Caire, le Dr al-Mandhari a estimé que la situation dans cette vaste région qui va du Maroc au Pakistan traduit une «tendance inquiétante». «Nous sommes particulièrement inquiets que la situation actuelle puisse s’aggraver durant le ramadan si les gens ne suivent pas» les mesures sanitaires recommandées par l’OMS.

Le jeûne du mois de ramadan, durant lequel les musulmans s’abstiennent de manger, boire et fumer entre le lever et le coucher du soleil, a débuté mardi dans la plupart des pays musulmans. Les mesures, notamment de distanciation et de port du masque, doivent «être maintenues pour aider à contenir la pandémie», a plaidé le Dr al-Mandhari.

«Distanciation physique, ventilation» des mosquées

L’OMS souhaite que «les pays fassent une évaluation des risques afin de prévenir la dissémination de l’infection», a de son côté indiqué le Dr Dalia Samhouri, responsable pour la région de la préparation aux situations d’urgence. Elle a énuméré plusieurs mesures souhaitables selon l’OMS autour des mosquées pendant le mois de ramadan: «distanciation physique, ventilation, désinfection régulière». «Si je suis malade, je reste à la maison», a-t-elle dit avant d’ajouter que «les gens vulnérables (…) ceux atteints de maladies chroniques, doivent rester chez eux».

Parallèlement, Ahmed al-Mandhari a précisé que l’ensemble des pays de la région avaient reçu des vaccins, mais que ceux qui avaient l’accès le plus limité étaient le Yémen et la Syrie. La région comprend 21 pays outre et les Territoires palestiniens occupés, avec une population de près de 679 millions d’habitants. Selon lui, «il reste un déséquilibre choquant dans la distribution des vaccins» dans le monde. «C’est particulièrement vrai dans notre région où les soignants et les gens vivant dans des conditions de vulnérabilité comme en Syrie et au Yémen, ont l’accès le plus limité aux vaccins». Ainsi, au Yémen, où quelque 14 millions de doses ont été promises via le dispositif Covax, seules 360.000 ont été livrées.

Par Le Figaro avec AFP

Communautés bantoues : l’hypothèse d’une immense pandémie redessine leur trajectoire

avril 11, 2021
Village au bord du fleuve Lukenye, en RDC.

Depuis plus d’un siècle, les historiens s’accordaient sur le scénario d’une « expansion bantoue » qui, partie de l’Ouest de l’Afrique il y a plusieurs millénaires, aurait gagné toute la moitié sud du continent. Une toute nouvelle étude internationale remet en question cette version des faits.

C’est une histoire relativement connue, ou du moins que les amateurs d’histoire africaine croyaient connaître. À partir de 3000 avant Jésus-Christ et au long d’une période s’étirant sur plusieurs millénaires, le continent a vécu ce que les spécialistes ont appelé « l’expansion bantoue », un vaste mouvement migratoire prenant naissance aux confins du Cameroun et du Nigeria actuels et s’étirant ensuite vers l’est et le sud, jusqu’à s’étendre à la moitié du continent.

Des Grassfields aux Grands Lacs

Cette « expansion » est considérée comme le plus important événement migratoire de la préhistoire africaine et ses conséquences s’observent encore aujourd’hui. La communauté bantouphone, qui réunit toutes les populations parlant une langue issue de la même « proto-langue primordiale », regroupe pratiquement la moitié des Africains et est présente du Gabon aux Comores, du Soudan à l’Afrique du Sud.

Ce sont des linguistes européens qui, au XIXe siècle, ont théorisé l’existence de cette communauté linguistique, puis ont reconstruit le déroulement probable de son « expansion ». Les chercheurs allemands Wilhelm Bleek et Carl Meinhof, d’abord, ont mis en évidence la spécificité des idiomes issus du bantou, en les distinguant par exemple du xhosa en Afrique du Sud. L’Américain Joseph Greenberg, ensuite, a procédé à une classification des langues africaines appuyant l’idée d’une expansion géographique tandis que l’explorateur et administrateur colonial britannique Henry Hamilton Johnston, lui, établissait la première carte dessinant et datant les étapes de cette fameuse expansion.

C’est en partie sur les travaux de ces hommes que le scénario communément admis jusqu’à présent s’est bâti et affiné. Les « Bantous » (même si, on le verra, ce terme est impropre) se seraient d’abord développés à l’ouest de la forêt du bassin du Congo, autour de l’actuelle région camerounaise des Grassfields, et auraient commencé à se déplacer à partir de 3000 avant J.-C.

De 1500 avant J.-C. à 500 après J.-C., ils auraient atteint l’actuel Angola et le KwaZulu-Natal, au sud, la région des Grands Lacs à l’Est, traversant l’immense forêt équatoriale. À partir de l’an 500 environ, ils auraient rayonné dans toutes les directions depuis les Grands Lacs, gagnant le Soudan, s’enfonçant jusqu’au Kenya, à la Tanzanie, au Mozambique et au Zimbabwe. Un scénario qui repose sur l’idée d’une expansion lente, certes, mais continue.

Ni ethnie ni culture

Cette version du peuplement de la partie subsaharienne du continent, longtemps admise, pose pourtant quelques problèmes. D’abord parce qu’elle s’appuie sur une notion centrale mais controversée : celle de « Bantou ». Cela a été dit, écrit et répété, notamment dans Jeune Afrique : « Les Bantous n’existent pas. » Du moins pas dans le sens où certains l’entendent, c’est-à-dire celui d’une ethnie ou d’une culture.

Prudents, les chercheurs utilisent aujourd’hui plus volontiers l’expression de « communauté bantouphone », car c’est de cela qu’il s’agit : des populations très différentes les unes des autres mais qui parlent des langues – on en recense jusqu’à 680 – ayant une racine commune. Dans une certaine mesure, ces populations partagent aussi quelques spécificités génétiques, mais il ne s’agit pas d’une règle absolue : les Pygmées ont adopté les langues bantoues mais ne descendent pas des populations de l’Ouest ayant lancé la migration.

BLEEK, QUI A INVENTÉ LE NOM LUI-MÊME, ÉTAIT UN RACISTE AVÉRÉ ET MEINHOF AVAIT ADHÉRÉ AU PARTI NAZI

Le terme « Bantou », de plus, est très connoté, parfois de façon on ne peut plus fâcheuse. Bleek, qui a inventé le nom lui-même, était un raciste avéré et Meinhof avait adhéré au parti nazi. À l’époque de l’apartheid, « Bantou » était tout simplement synonyme de « noir » et le mot a gardé en Afrique du Sud un caractère très péjoratif. Au Rwanda, certains Hutu extrémistes ont aussi expliqué à la veille du génocide qu’ils étaient de « vrais Bantous » alors que les Tutsi, eux, étaient des « nilotiques » venus du nord, donc des étrangers.

Dans d’autres régions, la notion de « peuple bantou » est beaucoup plus valorisée. En témoigne la tentative gabonaise de créer à Libreville un Centre international des civilisations bantoues (Ciciba). L’entreprise s’est soldée par un échec mais des tentatives de lui redonner vie sont faites régulièrement.

Un « dépeuplement massif »

Mais surtout, et c’est la nouveauté apportée en ce début d’année par une équipe pluridisciplinaire comprenant archéologues, linguistes et généticiens et emmenée par le professeur Koen Bostoen, de l’Université de Gand (Belgique), l’idée d’une expansion spatiale continue de la population bantouphone est fausse.

Depuis 2018, les chercheurs tentent de faire parler les fragments de poterie trouvés sur 726 sites de la forêt équatoriale.

Depuis 2018, ces chercheurs ont étudié et daté des fragments de poteries (qui figurent parmi les rares objets résistant au temps sur de longues périodes) trouvées dans 726 sites répartis dans toute la forêt équatoriale. Ils en ont analysé les formes et les motifs et ont procédé à des datations au carbone 14. Ils ont aussi examiné le patrimoine génétique de restes humains et ont utilisé les techniques les plus modernes d’analyse des « fluctuations paléodémographiques » pour remonter 130 générations en arrière.

UNE RUPTURE DISTINCTE QUI CONFIRME L’EXISTENCE DE DEUX PHASES DE PEUPLEMENT DANS LA FORÊT DU BASSIN DU CONGO

Leur conclusion est la suivante : l’immense majorité des vestiges retrouvés remonte soit à une période ancienne située entre – 800 et + 400, soit à une autre, plus récente, débutant vers l’an 1000. Entre les deux, on constate une chute très nette, particulièrement marquée entre 400 et 600. La seule explication possible, selon Koen Bostoen et son équipe, est celle d’un « dépeuplement massif » entre ces deux dates. Spécialiste de la datation des poteries (c’est le sujet de sa thèse), l’archéologue Dirk Seidensticker évoque « une rupture distincte qui confirme l’existence de deux phases de peuplement dans la forêt du bassin du Congo ».

« C’est très net et cela concerne toute l’Afrique centrale, renchérit Koen Bostoen : on observe une quasi-disparition des fragments et il n’y a une vraie reprise qu’à partir de l’an 1000. Le deuxième point, c’est qu’entre les fragments des deux périodes, qui remontent respectivement à l’âge du fer ancien et à l’âge du fer récent, les styles sont tout à fait différents. »

Reste à tenter d’expliquer cette rupture brutale, et c’est là que les travaux de l’équipe deviennent réellement passionnants. « Nous observons une chute du nombre d’objets produits au milieu du premier millénaire, et nous en déduisons qu’il y a eu une chute démographique, précise le linguiste à Jeune Afrique. Ensuite, nous en cherchons la cause, et nous nous appuyons là sur ce que nous savons : à cette époque, il y a eu une période climatique plus sèche qui a provoqué une réduction relative de la forêt, puis un épisode beaucoup plus froid et humide. »

« L’année sans soleil »

C’est le fameux « petit âge glaciaire de l’antiquité tardive », une période de refroidissement climatique qui débute en 536, baptisée par les historiens « l’année sans soleil ». « Le phénomène est sans doute lié à des éruptions volcaniques, suppose l’historien américain Kyle Harper dans son livre Comment l’Empire romain s’est effondré. Il en a résulté une vague de froid comme il ne s’en produit que tous les mille ans, d’où une intensification des pluies, une réduction des récoltes, un affaiblissement des défenses immunitaires et, sans doute, l’ explosion des populations de rongeurs. »

Étape suivante : en 541 éclate l’une des pires pandémies de l’histoire de l’humanité, la peste de Justinien, ainsi nommée en référence à l’empereur romain qui régnait alors à Constantinople. Cette première grande peste bubonique – à ne pas confondre avec la peste noire qui a ravagé l’Occident aux XIVe et XVe siècles – , sans doute partie de Chine, a ravagé tout le pourtour méditerranéen, tuant, selon l’historien byzantin Procope de Césarée, contemporain de la pandémie, jusqu’à la moitié des populations des régions touchées.

Pour l’équipe du professeur Bostoen, il est très possible que ce soit cette peste de Justinien qui explique la brutale chute de la démographie observée en Afrique centrale. « C’est la partie la plus spéculative de notre étude, admet sans détours le scientifique, et nous ne prétendons pas que cela soit la vérité. Mais c’est plausible, même s’il faudrait des études génétiques plus poussées pour la valider. »

C’EST TOUTE L’HISTOIRE DU PEUPLEMENT DE LA MOITIÉ SUD DU CONTINENT QUI DOIT AUJOURD’HUI ÊTRE RÉVISÉE

Peste ou non, c’est toute l’histoire du peuplement de la moitié sud du continent qui doit aujourd’hui être révisée. L’expansion des populations de langue bantoue ne s’est pas faite en une fois, depuis la préhistoire, mais en deux périodes distinctes. Certains groupes ethniques parlant des langues apparentées et vivant dans des régions voisines n’ont sans doute pas, comme on l’imaginait auparavant, d’ancêtre commun. Certaines communautés qui se croyaient installées sur leurs terres depuis des millénaires sont en fait arrivées à une époque bien plus récente qu’elles ne l’imaginaient.

Qu’est-ce que ça change ? Beaucoup de choses, assure Koen Bostoen : « Cela modifie complètement notre vision de l’histoire précoloniale. Longtemps, on a considéré que l’Afrique n’avait pas d’histoire. Ensuite on a pensé que cette histoire était en quelque sorte une longue continuité qui n’aurait été interrompue que par l’arrivée des Européens, l’esclavage puis la colonisation. » C’est cette idée de continuité que les dernières découvertes battent en brèche, mais pas seulement.

L’ESCLAVAGE ET LA COLONISATION N’ÉTAIENT PAS LES PREMIÈRES GRANDES CRISES QUE L’AFRIQUE CENTRALE TRAVERSAIT

« L’étude montre aussi, poursuit le linguiste, que les grands royaumes d’Afrique centrale ne sont pas le résultat d’une évolution linéaire, que certains sont beaucoup plus récents qu’on le pensait et que donc, ce qui est remarquable, ils ont réussi à se développer après une crise profonde et un effondrement de la population. L’esclavage et la colonisation n’étaient pas les premières grandes crises que l’Afrique centrale traversait. Son histoire est mouvementée et riche. Elle a su trouver les ressources pour s’en remettre. »

Le professeur l’admet volontiers, ce n’est pas un hasard s’il a voulu mettre en avant l’idée d’une grande pandémie alors même que le monde se débat face au Covid-19 : « Nos recherches montrent que l’Afrique centrale a su se relever après une pandémie et un épisode de changement climatique brutal, ce que nous estimons bien sûr porteur d’espoir. C’est d’abord ça le message. »


La peste a-t-elle pu arriver au Congo ?

Que le monde ait connu une période froide à partir de 536 – et jusqu’en 575, selon les travaux du climatologue Ulf Büntgen –, cela n’est pas contesté. Que la bactérie Y. pestis, « tueur global dont le taux de mortalité est proche de 100 % », juge l’historien Kyle Harper, ait ravagé le monde et favorisé la chute de l’Empire romain à partir de 541 ne fait pas débat non plus. La question est de savoir si une maladie qui a frappé essentiellement la Péninsule arabique et le monde méditerranéen a pu se frayer un chemin jusqu’en Afrique centrale et décimer les populations bantouphones du premier millénaire.

Plusieurs indices permettent de le penser, estime Koen Bostoen : « La période est la même, on sait que la peste a également touché l’Afrique. Certains disent même qu’elle trouve son origine en Éthiopie. On sait, parce qu’on a trouvé des traces de pratique de la métallurgie et de la culture du mil, que dès cette époque il y avait des échanges entre l’Afrique du Nord et l’Afrique centrale. De plus, on trouve encore aujourd’hui au Congo ou en Zambie des variants de la peste noire du Moyen-Âge. »

« Afrique subsaharienne, un continent d’histoires », publié en janvier 2021.

Dans l’ouvrage collectif Afrique subsaharienne, un continent d’histoires, paru en ce début d’année, l’historienne Iwona Gajda ajoute que le puissant royaume aksoumite, qui occupait alors l’actuelle Éthiopie, commerçait avec l’Arabie du sud ainsi qu’avec les Romains dont les navires sillonnaient l’Océan indien et la Mer rouge. Aksoum, tout comme l’Égypte, a payé un lourd tribut à la peste de Justinien. Quelques siècles plus tard, écrivent François-Xavier Fauvelle et Bertrand Hirsch dans le même ouvrage, les routes de communication partant de l’Éthiopie et de l’Érythrée s’étendaient jusqu’à Mogadiscio, Mombasa, Zanzibar et le royaume de Zimbawe au Sud, le lac Tchad et Kano à l’Ouest. La peste a-t-elle suivi le même chemin ? On l’ignore encore mais comme le dit le Pr Bostoen, « c’est plausible ».

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

Pandémie: la vaccination connaît des ratés, contaminations record en Inde

avril 8, 2021
Pandemie: la vaccination connait des rates, contaminations record en Inde
Pandémie: la vaccination connaît des ratés, contaminations record en Inde© AFP/Pascal GUYOT

Défiance vis-à-vis du vaccin AstraZeneca et problèmes d’approvisionnement font patiner les campagnes de vaccination contre le coronavirus, qui continue sa progression mortelle, notamment en Inde avec un record de contaminations.

Jeudi, plusieurs pays ont annoncé limiter les injections du vaccin d’AstraZeneca au lendemain de rapports confirmant un lien avec de rares mais graves cas de caillots sanguins: les Philippines ont suspendu son utilisation pour les moins de 60 ans, l’Australie pour les moins de 50 ans.

La veille déjà, l’Italie et l’Espagne avaient choisi la prudence, annonçant réserver le vaccin du laboratoire anglo-suédois aux plus de 60 ans, tandis que la Belgique le destine désormais aux plus de 55 ans et le Royaume-Uni aux plus de 30 ans.

La région de Castille-et-Leon, dans le nord-ouest de l’Espagne, a elle totalement suspendu son utilisation, tout comme le Danemark, tandis que plusieurs autres pays de l’Union européenne avaient déjà décidé de ne plus administrer ce vaccin en-dessous d’un certain âge, comme la France et l’Allemagne.

Ces décisions ont été prises malgré l’appel de la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides aux 27 Etats membres de l’UE à « parler d’une seule voix », afin de ne pas nourrir la défiance contre ce vaccin sur lequel Bruxelles table pour mener à bien sa campagne, en retard par rapport aux Etats-Unis ou au voisin britannique.

L’Allemagne discute sur le Spoutnik V

L’Allemagne a annoncé jeudi vouloir discuter avec Moscou de possibles livraisons de son vaccin contre le Covid-19 Spoutnik V, sans attendre le feu vert de Bruxelles.

« J’ai expliqué au nom de l’Allemagne au Conseil des ministres de la Santé de l’UE, que nous discuterions de manière bilatérale avec la Russie, tout d’abord pour savoir quand et quelles quantités pourraient être livrées », a déclaré le ministre de la Santé Jens Spahn, selon qui la Commission européenne refuse de négocier au nom des Vingt-Sept l’achat de Spoutnik V.

Le commissaire européen Thierry Breton s’est montré très réservé sur l’utilité pour l’UE de recourir aux vaccins chinois ou russe, estimant qu’ils n’aideront pas l’UE « à atteindre (son) objectif d’immunité (de la population) d’ici l’été 2021 ».

L’UE n’est pas la seule à s’inquiéter des ratés de sa campagne: l’Australie n’a pas atteint son objectif de quatre millions de doses administrées (elle en est à un million) tandis que l’Indonésie a dénoncé jeudi des retards pris dans la livraison de plus de 100 millions de doses d’AstraZeneca, du fait notamment de restrictions aux exportations observées par l’Inde.

Ce dernier pays, qui abrite le plus grand fabricant de vaccins au monde (SII), a décidé de privilégier l’immunisation de sa propre population, alors qu’il connaît un record de contaminations. Plus de 126.000 nouvelles infections ont été enregistrées au cours des dernières 24 heures. Or seules 87 millions de doses ont été administrées jusqu’ici pour une population de 1,3 milliard d’habitants et selon les médias locaux, plusieurs Etats sont confrontés à une pénurie de sérum, comme le Maharashtra où se trouve la mégapole Bombay.

Le ministre de la santé de cet Etat a averti mercredi que les stocks risquaient d’être épuisés dans les trois jours. « Nous devons dire aux gens que, puisque les vaccins ne sont pas arrivés, ils doivent rentrer chez eux », a déclaré Rajesh Tope.

Au moins 708,4 millions de doses de vaccins anti-Covid ont été administrées dans le monde, selon un comptage réalisé jeudi par l’AFP à partir de sources officielles.

Inégalités d’accès

Mais de fortes inégalités subsistent entre pays à « revenu élevé » au sens de la Banque mondiale, qui concentrent près de la moitié des doses administrées, et pays à « faible revenu », où n’ont été administrées que 0,1 % des doses.

L’Afrique demeure « en marge », avec seulement « 2 % des vaccins administrés dans le monde », a déploré jeudi la directrice pour l’Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Matshidiso Moeti. Amnesty International a dénoncé le « quasi-monopole » des pays riches sur les vaccins face à une pandémie qui a fait plus de 2,89 millions de morts dans le monde, selon un bilan établi par l’AFP.

Aux Etats-Unis, la vaccination « est en pleine effervescence », s’est réjoui le président Joe Biden, assurant qu’à partir du 19 avril tous les adultes américains seraient éligibles.

Pays le plus endeuillé avec près de 560.000 morts, les Etats-Unis en sont à plus de trois millions d’injections quotidiennes en moyenne sur les sept derniers jours.

Pour autant, le nombre d’infections quotidiennes a recommencé à augmenter et reste à un niveau très élevé (plus de 74.000 nouveaux cas mercredi).

Des pays comme l’Argentine, l’Inde, le Qatar, Cuba ou encore la Tunisie ont annoncé un renforcement des restrictions en vigueur dans l’espoir d’enrayer la hausse des contaminations. L’Ontario, province la plus peuplée du Canada, se reconfine à partir de jeudi.

Au Brésil, plus de 4.000 personnes sont mortes du Covid-19 mardi et plus de 3.800 mercredi.

L’institut de référence en santé publique Fiocruz a estimé mardi « absolument nécessaire » le confinement pour faire face à la saturation des hôpitaux. Mais le président d’extrême droite Jair Bolsonaro l’a exclu.

La Pologne a annoncé jeudi 954 décès dus au Covid-19, un record journalier. L’Iran a elle franchi la barre des deux millions de cas confirmés.

Par Le Point avec AFP

Résurgence d’Ebola en pleine pandémie de Covid-19 : comment la Guinée compte faire face

février 16, 2021
Livraison de matériel logistique, le 16 février 2021, pour faire face à de nouveaux cas de fièvre hémorragique Ebola.

Plus de quatre ans après la fin de l’épidémie d’Ebola, la Guinée fait face à une nouvelle résurgence du virus, alors que les autorités affrontent plusieurs crises sanitaires au premier rang desquelles la pandémie de coronavirus.

Les autorités sanitaires guinéennes auront mis moins d’un mois, à compter du décès fin janvier de la première victime officielle, une infirmière inhumée le 1er février à Gouécké, pour déclarer la résurgence de la maladie. Lors de la dernière apparition d’Ebola en Guinée, en 2013, il s’était écoulé trois fois plus de temps avant que « les morts d’une maladie mystérieuse en Guinée forestière », comme le relayait alors la presse locale, ne soient réellement identifiés comme les victimes de la fièvre hémorragique. Entre temps, les échantillons avaient dû être acheminés aux instituts Pasteur de Dakar et de Lyon pour y être analysés. Cette fois, les tests ont eu lieu sur place.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), créée sur les cendres de la Coordination nationale de lutte contre Ebola et toujours pilotée par le docteur Sakoba Keïta, appuyé par le ministre de la Santé Rémy Lamah – déjà aux commandes lors de la première épidémie -, se sont rapidement réunis. Une mission mixte a dans la foulée été déployée à Nzérékoré, chef-lieu de la région du sud-est d’où est partie, comme en décembre 2013, la maladie.

Identifier la chaîne de contamination

Parmi les urgences : tenter d’établir la chaîne de contamination, alors que l’épidémie a déjà tué cinq personnes pour neuf cas identifiés au 16 février. L’infirmière de Gouécké pourrait-elle être le patient zéro ? Si cette première victime recensée a développé  des symptômes après l’hospitalisation de sa belle-mère, décédée courant janvier, cette dernière « a présenté une symptomatologie très pauvre, qui ne répond pas à 100 % à la définition de cas, explique le docteur Adama Kaba, directeur régional de la Santé de Nzérékoré, contacté par Jeune Afrique. « Aucune des femmes du village ayant procédé à la toilette funèbre de la vieille n’a développé la maladie, poursuit-il. En revanche, certaines personnes ayant participé aux funérailles de l’infirmière sont tombées malades. Pour le moment, et jusqu’à preuve contraire, l’infirmière est le patient zéro ».

De Gouécké où elle travaillait, cette dernière a été hospitalisée dans un établissement du centre-ville de Nzérékoré, puis à l’indigénat, où elle a rendu l’âme. Son corps a été ramené et inhumé à Gouécké. L’enjeu est désormais de recenser et suivre tous les cas contacts de ce trajet.

80 % DES CAS CONTACTS RÉSIDENT DANS LA SOUS-PRÉFECTURE DE GOUÉCKÉ

« Nous avons listé tous les cas contacts, une centaine, dont 80 % résident dans la sous-préfecture de Gouécké. Ils sont en train d’être suivis par les agents pour voir l’évolution de leur état de santé. Nous avons entamé la sensibilisation par l’intermédiaire des radios locales et fait appel à l’ANSS et aux autres partenaires qui sont en train d’arriver pour nous appuyer dans la riposte », poursuit le directeur régional de la Santé de Nzérékoré.

Regroupements proscrits, marchés fermés et vaccins attendus

Une série de mesures ont été annoncées. Dans un communiqué lu lundi soir sur les antennes des médias publics, le président Alpha Condé a interdit tout regroupement de plus de cinq personnes à Nzérékoré. Dans la sous-préfecture de Gouécké, les marchés seront par ailleurs fermés durant un mois. Parmi les autres dispositions, l’enterrement digne et sécurisé des cas suspects, probables ou confirmés, est désormais pris en charge par la Croix-Rouge ; des barrages de contrôle ont été mis en place, de même que des mesures de prise de température corporelle ; et les ménages isolés recevront des denrées alimentaires pour limiter les déplacements.

La riposte passera également par la vaccination, assurent les autorités. Alors qu’un vaccin expérimental existe notamment grâce à des recherches faites en Guinée, le stock constitué par la Guinée à la fin de la première épidémie, en 2016, s’est entretemps périmé. De nouvelles doses sont impatiemment attendues à Conakry, assure Georges Alfred Ki-Zerbo, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Guinée. « Nous sommes en contact avec le bureau régional à Brazzaville et le siège à Genève pour sécuriser les vaccins qui pourront renforcer la riposte », précise-t-il, assurant que l’OMS est également pleinement mobilisée.  « Les premières dispositions ont été prises pour activer le système de gestion des urgences, dans le cadre du programme de l’OMS mis en place suite aux précédents épidémies d’Ebola en Afrique de l’Ouest », explique-t-il.

Plusieurs fronts sanitaires

Si la réactivité des autorités guinéennes dans la gestion du Covid-19 prouvent qu’elles ont appris de l’expérience de la première épidémie d’Ebola, il convient de rester prudent, prévient le représentant de l’OMS. « La Guinée fait face à une situation sanitaire très complexe. Ces nouveaux cas d’Ebola viennent s’ajouter au contexte du Covid-19, et alors la fièvre jaune sévit à Koundara, près de la frontière du Sénégal, et que des flambées de poliomyélite sont en train d’être contenues grâce à des campagnes de vaccination, rappelle Georges Alfred Ki-Zerbo. Les problèmes sanitaires sont nombreux et le système de santé reste fragile. Il faut tirer toutes les leçons et ne surtout pas oublier celle relatives à l’engagement communautaire dans les premiers foyers infectés : nous devons nous assurer que la perception des communautés, leur sensibilité et leurs approches de solution sont prises en compte ».

Une approche inclusive d’autant plus importante que, lors de la première épidémie d’Ebola, les populations s’étaient d’abord montrées réticentes à observer certains gestes barrières. Les toilettes funèbres, traditionnellement assurées en famille, avaient parfois perduré, malgré le danger.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry – à Conakry

Guide de passage de la frontière canadienne en temps de pandémie

février 15, 2021

À partir d’aujourd’hui et de la semaine prochaine, les règles changent (encore) aux frontières. Pas facile de s’y retrouver, alors voici un petit guide pour vous aider à y voir plus clair.

L'Agence des services frontaliers du Canada.

© Jeff McIntosh/La Presse canadienne L’Agence des services frontaliers du Canada.

Qu’est-ce qui change à partir du 15 février?

Les règles aux frontières terrestres changent et s’alignent sur celles en place aux aéroports. Tous les voyageurs, à quelques exceptions près, devront fournir une preuve de test à la COVID-19 effectué aux États-Unis au cours des 72 heures précédant leur arrivée au Canada, sous peine de recevoir une amende allant jusqu’à 3000 $.

Ils peuvent aussi présenter un résultat positif obtenu de 14 à 90 jours avant l’arrivée, s’ils ont déjà contracté la COVID-19.

Il n’y a pas d’exemption pour ceux qui ont déjà été vaccinés.

Y a-t-il des exemptions?

Pour l’instant, les camionneurs et les travailleurs essentiels, qui représentent la grande majorité des quelque 23 000 passages frontaliers quotidiens, ne sont pas visés.

Mais le Canada travaille avec les États-Unis pour adapter des mesures symétriques afin que ceux-ci soient testés sur une base régulière, a indiqué en entrevue à Tout un matin, le ministre Jean-Yves Duclos vice-président du Comité de réponse à la COVID-19.

Qu’est-ce qui change à partir du 22 février?

Deux autres tests vont venir s’ajouter pour TOUS les voyageurs, qu’ils arrivent par voie terrestre ou aérienne. En plus du test effectué au cours des 72 heures précédant leur arrivée et de la présentation de leur plan de quarantaine, ils devront en effet se soumettre à :

  • un test à leur arrivée au pays
  • un autre test à la fin de leur quarantaine

Dans les quatre aéroports internationaux et dans cinq postes frontaliers (dont celui de Lacolle au Québec), des lieux ont déjà été prévus à cet effet. «On n’est pas obligé de passer par là, mais si on passe par là, le test se fait directement», a souligné le ministre Duclos.

Onze autres postes frontaliers terrestres s’ajouteront à la liste, le 4 mars. Au Québec, il s’agit des postes de Saint-Armand et de Stanstead. Les 117 points d’entrées ne seront pas tous équipés, puisque tous ne disposent pas des infrastructures adéquates.

Les voyageurs devront aussi se soumettre à un troisième test, à la fin de leur quarantaine. «On va leur remettre un petit kit et ils vont pouvoir se tester à la maison et faire parvenir le tout à Santé Canada», a expliqué en entrevue à RDI Matin, Jean-Pierre Fortin, président national du Syndicat des douanes et de l’immigration.

«À partir de la semaine prochaine, peu importe que l’on passe par les aéroports ou par la frontière terrestre, il va y avoir trois tests d’administrés : un avant l’entrée, un à l’entrée et un à la fin de la quarantaine», a résumé le ministre Duclos.

Qui devra rester trois jours à l’hôtel?

Ce sont les passagers arrivant par avion qui seront soumis à un début de quarantaine à l’hôtel, le temps d’obtenir les résultats de leur test. Ils seront dirigés vers l’hôtel supervisé qu’ils auront au préalable choisi. L’attente devrait durer entre deux à trois jours et coûter 2000 $.

Même si ce test est négatif, les voyageurs devront terminer leur quarantaine à la maison.

Cette mesure ne s’applique pas aux arrivées par voie terrestre. «La frontière terrestre compte 117 postes dont plusieurs très éloignés, en région rurale, très loin des hôtels, très loin de la capacité pour eux de se rendre à un hôtel supervisé», a mentionné M. Duclos. Il a en outre souligné que les voyages non essentiels ne représentent actuellement que 5 % des passages aux frontières terrestres

Avec CBC/Radio-Canada

Canada: La pandémie atteint un nouveau sommet au Québec

décembre 21, 2020

MONTRÉAL — Les jours se suivent et se ressemblent sur le front sanitaire au Québec: le nombre de nouveaux cas de COVID-19 a dépassé le cap des 2000 pour une deuxième journée d’affilée.

Selon les données publiées dimanche par le ministère de la Santé, on comptait 2146 nouveaux cas au Québec. La province n’avait jamais signalé autant de cas dans une seule journée.

La pandémie progresse notamment dans les milieux de travail où les autorités constatent 40,6 % des éclosions actives. Le milieu scolaire suit à 26,4 % et les milieux de vie et de soins à 23,5 %.

Les autorités ont déploré dimanche 21 nouveaux décès, dont deux survenus le 19 décembre et tous les autres à une date antérieure. Le bilan des victimes s’élève à 7736 morts.

Le nombre des hospitalisations avait augmenté de cinq par rapport à la veille. On recensait 1010 patients dans un centre hospitalier. 

Le ministère rapportait 146 patients aux soins intensifs, quatre de plus que la veille.

La campagne de vaccination s’est poursuivie: 719 doses de vaccin ont été administrées samedi pour un total de 4716.

La situation demeure inquiétante dans de nombreuses régions. 

Ainsi, le nombre de nouveaux cas atteint un nouveau pic sur l’île de Montréal à 786. Ailleurs, les autorités ont recensé 331 cas supplémentaires en Montérégie, 147 au Saguenay-Lac-Saint-Jean et dans la Capitale-Nationale, 121 à Laval, 119 dans les Laurentides, 115 en Estrie et 107 dans Lanaudière.

Un nouveau bilan sera annoncé lundi.

Avec La Presse Canadienne

Baisse «historique» des naissances en vue en raison de la pandémie

décembre 5, 2020

Chez nos voisins du Sud, on parle déjà d’un « baby bust », un recul des naissances de l’ordre de 15 % pour 2021, soit la plus importante baisse de natalité vécue en Amérique depuis l’épidémie de grippe espagnole de 1918 et la Grande Dépression.

La récession de 2008 aux États-Unis avait fait chuter de 10 % le nombre de naissances l’année suivante.

© Josep Lago Agence France-Presse La récession de 2008 aux États-Unis avait fait chuter de 10 % le nombre de naissances l’année suivante.

À titre de comparaison, le krach de 1929 avait entraîné un recul des grossesses de 15 %, alors que la grippe espagnole avait réduit de 13 % le nombre de bébés mis au monde. La dernière récession de 2008, elle, a fait chuter de 10 % le nombre de poupons nés aux États-Unis l’année suivante.

« Une baisse de 15 % en quatre mois, ça paraît peu, mais c’est immense. C’est historique, en termes démographiques », affirme Joshua Wilde, chercheur au Max Planck Institute for Demographic Research, auteur d’une étude qui prévoit une telle chute des naissances entre novembre 2020 et février 2021 aux États-Unis. Ses projections sont basées sur le déclin notable des requêtes faites pour certains mots-clés liés à la grossesse, observé depuis l’hiver dernier sur le moteur de recherche de Google.

Le modèle développé par le chercheur, basé sur les taux mensuels de naissance recensés pendant 15 ans aux États-Unis et les recherches les plus populaires faites six à huit mois plus tôt pour certains termes liés à la grossesse, permet de prédire avec acuité les naissances à venir. Le caractère prédictif des requêtes faites sur Internet est d’ailleurs souvent utilisé dans d’autres domaines de recherche, notamment pour mesurer la circulation du virus de l’influenza.

« Les associations observées entre 2004 et 2019 entre la popularité de certains mots et le taux de fertilité neuf mois plus tard sont extrêmement fortes. Nous avons confiance dans notre modèle », a expliqué au Devoir Joshua Wilde, joint en Allemagne.

Parmi les traces numériques les plus probantes, annonciatrices de bébés en route, on note les mots clés « Clear Blue » (marque de test de grossesse), ovulation, test de grossesse, nausées du matin, tous moins utilisés ces derniers mois. Par contre, la fréquence des mots « chômage » et « mise à pied » a bondi sur les moteurs de recherche, autre signe précurseur d’une baisse des naissances.

« Les recherches avec le mot “chômage” se sont multipliées par 20 au début du confinement aux États-Unis. Elles restent aujourd’hui dix fois plus élevées qu’en temps normal », explique M. Wilde. « Les couples craignent d’abord l’incertitude économique, plus que le virus », ajoute le chercheur.

Et cette courbe descendante pourrait frapper davantage certains États et certains sous-groupes plus touchés par le chômage, comme les Afro-Américains (près de 16 %), observe M. Wilde. À Hawaï, la baisse de la natalité pourrait atteindre 24 %.

Plusieurs autres chercheurs commencent aussi à mesurer le coût démographique de la COVID pour la société. Outre les milliers de morts, jusqu’à un demi-million de bébés pourraient ne pas voir le jour en 2021 aux États-Unis, selon une étude de l’Institut Brookings, un groupe de recherche indépendant basé à Washington.

Au contraire de l’épidémie de 1918, survenue sans crise économique, celle provoquée par la COVID, déjà qualifiée de « she-recession », frappe les femmes de plein fouet. Non seulement en raison des milliers d’emplois disparus dans les restaurants et l’hôtellerie, de la surcharge de travail vécue dans les emplois liés à la santé et à l’éducation, majoritairement occupés par des femmes, mais aussi en raison du casse-tête familial imposé à de nombreuses femmes par le télétravail.

« Les conditions actuelles vont probablement perdurer pour beaucoup de gens. Plusieurs de ces naissances ne seront pas reportées, mais n’arriveront jamais. Il y aura un “baby bust” COVID-19. Ce sera un autre des coûts de ce terrible épisode », écrit Melissa S. Kearney, coauteure de cette recherche, qui précise que chaque hausse de 1 % du taux de chômage réduit d’autant le taux de naissance.

Au Québec aussi

Le Québec, lui, affiche déjà une baisse significative des naissances depuis le mois d’avril. Effet COVID ? Difficile à dire, puisque les naissances du printemps et de l’été dernier découlent de grossesses amorcées avant la pandémie. Mais selon Chantal Lapointe, démographe à l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), la baisse observée, de l’ordre de 1700 naissances pour les second et troisième trimestres, pourrait s’expliquer par la chute importante du nombre d’immigrants admis au Québec depuis le début de la crise sanitaire. « Ça nous semble l’hypothèse la plus probable, car 33 % des bébés nés au Québec viennent de couples comptant un immigrant. Ce qui est clair, pour 2019, c’est qu’il y a une tendance à la baisse. »

Si on a noté 600 naissances de plus de janvier à avril 2020, la baisse des naissances est constante depuis mai. « Le nombre de femmes en âge de procréer n’a pas diminué, affirme la démographe, mais il se peut que la fécondité pour chaque femme, elle, diminue. Ça prendra plusieurs années pour mesurer l’effet réel de la COVID sur le taux de fertilité et voir si ces naissances seront reportées à 2022 ou 2023, ou carrément annulées. »

Chose certaine, durant la pandémie, le Québec a reçu de 13 000 à 18 000 immigrants de moins que prévu. Selon Statistique Canada, la fermeture des bureaux d’immigration, des cliniques de fertilité et la suspension des processus d’adoption devraient concourir à engendrer une baisse de la population partout au pays au quatrième trimestre de 2020.

Aux États-Unis, la violence actuelle de la deuxième vague pourrait faire durer ce « baby bust » au-delà de 2021, pense Joshua Wilde. Des données préliminaires colligées par ce chercheur laissent penser que certains pays d’Europe, comme l’Allemagne et le Royaume-Uni, seront davantage épargnés, avec des baisses de natalité projetées de 5 %. « Même si le taux de chômage reste élevé, des mesures sociales compensent et aident les individus, ce qui n’est pas le cas aux États-Unis. »

Pour les pays les plus touchés, ce recul démographique ne sera pas sans effet, affirme-t-il. Le vieillissement de la structure de la population aura des répercussions à long terme sur les revenus en taxes des États, ainsi que sur la capacité à financer plusieurs services publics, notamment les écoles, les hôpitaux et les caisses de retraite.

Avec Le Devoir par  Isabelle Paré

Canada: Une église sanctionnée pour le non-respect des restrictions sanitaires

novembre 29, 2020

Une église de Langley, en Colombie-Britannique, a reçu une contravention pour avoir accueilli des fidèles alors que les autorités sanitaires ont ordonné la suspension des services religieux afin d’endiguer la courbe de la pandémie.

L'église Riverside Calvary se trouve dans un petit centre commercial de Langley.© Jon Hernandez/Radio-Canada L’église Riverside Calvary se trouve dans un petit centre commercial de Langley.

Des agents de la Gendarmerie royale du Canada se sont rendus à l’église Riverside Calvary de la 96e Avenue dimanche matin pour demander aux croyants de quitter les lieux. Lorsqu’ils ont refusé, l’église a reçu une amende de 2300 $.

Deux fidèles, Tanya Gaw et Kari Simpson, se demandent pourquoi les magasins d’alcool ont le droit d’être déclarés des services essentiels et pas les lieux de culte. «Un mouvement se lève pour s’assurer que davantage d’églises commencent à défier les ordres de Bonnie Henry », a déclaré Mme Simpson.

La Charte des libertés

Par ailleurs, deux églises de Chilliwack, Free Grace Baptist et Free Reformed, devaient aussi accueillir des fidèles dimanche. Leurs responsables affirment que les restrictions ne respectent pas la Charte canadienne des droits et libertés.

«Notre constitution garantit la liberté de conscience et de religion, ce qui comprend le droit de se rassembler pour prier Dieu », estime John Koopman, le pasteur de l’église Free Reformed dans un commmuniqué.

M. Koopman et son homologue de l’église Free Grace Baptist n’a pas voulu donner d’entretien à CBC, mais tous deux ont confirmé par écrit qu’ils allaient continuer d’accueillir les fidèles.

Un « service essentiel »

Ils estiment que la présence de fidèles est un service essentiel et que comme cela est ordonné par Dieu, les croyants sont obligés de se joindre à un culte public.

À la mi-novembre, la médecin hygiéniste en chef, Bonnie Henry, a demandé à ce que les rassemblements religieux soient suspendus. Les restrictions s’appliquent aussi bien aux églises qu’aux synagogues, temples et mosquées.

D’après un porte-parole de la Gendarmerie royale du Canada, le caporal Mike Rail, les ordres de la santé publique ne sont pas «optionnels », mais que la police essaye d’éduquer les contrevenants de l’effet salutaire des ordres.

Avec CBC/Radio-Canada 

Canada-Québec: Plus de tricherie à l’université avec la pandémie

novembre 17, 2020

Thomas Marsollais-Leroux et Marianne Blouin commencent à peine leur parcours universitaire qu’ils constatent déjà, à regret, des cas de tricherie liés aux examens à distance – une situation qu’ils trouvent particulièrement frustrante.

La tricherie est en hausse dans les universités de Montréal, malgré les efforts de plusieurs établissements pour encadrer les examens en ligne© /iStock La tricherie est en hausse dans les universités de Montréal, malgré les efforts de plusieurs établissements pour encadrer les examens en ligne

Ces deux étudiants se questionnent sur la valeur du diplôme qu’ils décrocheront une fois leurs études terminées.

Ça sert à quoi de faire tant d’efforts quand tu sais que c’est facile de juste se fier à d’autres gens pour avoir des bonnes réponses?, demande Marianne.Publicitéx

En suivant ses cours en ligne, la jeune femme a constaté qu’il y [avait] beaucoup de plagiat avec les examens en ligne.

Il y a des étudiants qui font des groupes sur Facebook, qui s’envoient des réponses. Ou même récemment, on a été mis au courant d’une conférence téléphonique pendant un examen de plusieurs étudiants qui s’échangeaient les réponses.Marianne Blouin, étudiante

Écho similaire pour Thomas. Oui, malheureusement, il y en a plusieurs qui trichent, constate-t-il. Ça s’envoie des réponses pendant le temps de l’examen.

Nous, c’est sûr qu’on aimerait mieux que ça soit en présentiel, lâche le jeune homme.

Un tricheur raconte

Lors de nos entrevues, un jeune diplômé de l’UQAM a accepté de raconter comment il a triché durant la pandémie. Il a toutefois demandé de rester anonyme par peur de représailles.

Ce pouvait être simplement de sélectionner une question à laquelle je n’avais pas la réponse ou pour laquelle je n’étais pas certain, puis d’aller directement sur Messenger [et] envoyer un message à un ami ou une amie pour savoir si elle [pouvait] m’éclairer sur la question à ce moment-là.Un tricheur anonyme

Ce jeune diplômé raconte avoir participé, pendant des examens, à des groupes de discussion réunissant jusqu’à cinq personnes.

Ses professeurs n’exigeaient pas toujours des étudiants que leur caméra soit ouverte afin de les surveiller. Autrement, il s’agissait de coller des petits papiers autour de l’ordinateur pour être capable d’avoir les notes à portée de main tout en pouvant regarder sans avoir l’air d’avoir directement ses feuilles dans les mains.

Les risques de sanctions ne l’ont pas dissuadé. Je n’ai pas réellement de remords par rapport à ça, dit-il. Je ne me sens pas mal à l’aise. Le but, c’est d’avoir des bonnes notes, et puis des fois, on peut exploiter certaines failles dans le système pour le faire.

Modifier l’approche aux examens

La tricherie en ligne est un phénomène que les établissements universitaires tentent de contenir par divers moyens depuis que la pandémie de COVID-19 a chamboulé leurs habitudes d’enseignement.

À l’UQAM, le nombre total de cas avérés qui ont mené à une sanction s’est élevé à 90 pour la session d’hiver 2020 comparativement à une moyenne de 62 les deux années précédentes.

La directrice au service des communications Jenny Desrochers rappelle que des campagnes de sensibilisation et de prévention sont menées auprès des 39 000 étudiants de l’université.

De plus, nous avons formé les enseignants lors de deux écoles d’été sur le virage de la pédagogie à distance, incluant les modes d’évaluation à privilégier dans les circonstances, souligne-t-elle.

À l’Université de Montréal (UdeM), le nombre de cas avérés qui ont mené à une sanction est passé de 83 pour les sessions hiver-été 2019 à 154 pour la période similaire en 2020.

C’est vrai qu’à l’Université de Montréal comme ailleurs, on a vu une tendance à la hausse de la tricherie, mais on en attrape, des étudiants qui trichent, et il y a des conséquences, rappelle la vice-rectrice aux affaires étudiantes et aux études Louise Béliveau.

Cette dernière cite de nombreux outils mis à la disposition du personnel enseignant lors d’ateliers de formation mis sur pied l’été dernier.

On a des outils qui permettent par exemple aux professeurs de faire des examens différents pour chaque étudiant […]. Un prof peut avoir une banque de questions et puis générer aléatoirement des questions à partir de la banque pour différents étudiants, ou encore générer l’ordre des questions et l’ordre des réponses.Louise Béliveau, vice-rectrice aux affaires étudiantes et aux études de l’UdeM

L’usage d’un logiciel de télésurveillance demeure marginal. Ce n’est pas quelque chose vers quoi on veut aller, mais on le fait pour des examens importants à titre de projet pilote, affirme-t-elle. On parle de six cours sur les milliers de cours à l’université. L’UdeM compte plus de 45 000 étudiants.

À l’ÉTS, le nombre total d’audiences pour des constats d’infraction s’est élevé à 125 dossiers durant la session d’hiver et d’été 2020. Pour la période correspondante de 2019, le total était de 52 et, en 2018, de 74.

 Avec Radio-Canada par Jean-Philippe Robillard, Daniel Boily 

Canada-Québec/Camp de jour à Trois-Rivières: un succès malgré la pandémie

août 14, 2020

Les camps de jours avaient ouvert leurs portes le 22 juin.

© /Radio-Canada Les camps de jours avaient ouvert leurs portes le 22 juin.

Alors que les enfants et les animateurs ont dû changer complètement leurs habitudes au camp de jour en raison de la pandémie cet été, la Ville de Trois-Rivières révèle que l’exercice s’est déroulé sans trop de dérangement et surtout, sans contamination à la COVID-19 au sein de ses groupes.

Les 1 132 jeunes qui étaient inscrits ont dû respecter les consignes sanitaires au cours des derniers mois afin de profiter des activités du camp de jour. Malgré que la Ville qualifie ces démarches de «défi logistique important, aucun cas de COVID-19 n’a été enregistré.

Les autorités parlent même «de réussite sur toute la ligne!»

«La Direction de la culture, des loisirs et de la vie communautaire tient à souligner le travail formidable des 120 animateurs qui ont su être à l’écoute des jeunes, faire preuve de patience, de créativité, de dynamisme et d’engagement malgré la logistique supplémentaire que cela occasionnait sur le terrain», peut-on lire dans un communiqué de la Ville envoyé vendredi.

Rappelons que la Ville est passée à deux doigts de ne pas pouvoir tenir de camps de jour cette année.

Avec CBC/Radio-Canada