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Malgré l’interdiction, le pangolin se vend à prix d’or à Hong Kong

mars 22, 2018

Photo non datée d’un pangolin roulé en boule fournie par Kadoorie Farm and BotanicalnGardens, une association de protection de l’environnement opérant à Hong-Kong / © Kadoorie Farm and Botanic Garden (KFBG)/AFP/Archives / Handout

Il est le mammifère le plus trafiqué du monde. Pourtant, malgré l’interdiction de son commerce, le pangolin peut encore s’acheter dans des échoppes de Hong Kong, où ses écailles, prisées par la pharmacopée chinoise, se vendent à prix d’or.

Ce petit fourmilier à longue queue est, pour son malheur, le seul mammifère recouvert d’écailles. Elles sont considérées traditionnellement utiles pour de multiples affections, de l’acné au cancer en passant par l’impuissance. La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) l’a interdit de vente en septembre 2016.

Mais ses écailles sont encore disponibles dans une rue de Hong Kong où s’alignent les commerces spécialisés dans la vente de tous types d’animaux séchés, entiers ou débités.

« Si vous en voulez pour votre santé, je vais voir si j’en trouve », déclare un commerçant, avant de grimper sur un escabeau à la recherche des précieuses écailles, dissimulées derrière un tas de boîtes en carton.

Le vieux monsieur en redescend avec un sac d’écailles frites, qui ressemblent un peu à des chips. Leur prix: 500 dollars de Hong Kong (52 euros) les 40 grammes.

L’homme dit ne rien comprendre aux efforts de protection de l’espèce.

« Il reste beaucoup de pangolins en Asie. On dit qu’ils sont en danger mais ça n’est pas vrai », bougonne-t-il.

Un million de pangolins ont été chassés dans les forêts d’Afrique et d’Asie au cours des dix dernières années, à mesure que l’appétit pour le quadrupède s’envolait en Chine ou au Vietnam. L’animal est sans défense: menacé, il se met en boule et les braconniers n’ont qu’à se pencher pour le ramasser.

Un peu plus loin, une autre commerçante vend ses écailles encore plus cher: 66 euros les 40 grammes. « Le pangolin aide à éliminer les toxines. C’est vraiment de la bonne qualité et le prix est justifié », assure-t-elle.

Un troisième marchand, qui n’a pas d’écailles en boutique, explique pouvoir en fournir « sur commande spéciale ».

– Made in Africa –

Hong Kong est une plaque tournante du commerce de pangolins, les trafiquants préférant débarquer leur marchandise dans l’ancienne colonie britannique, rendue à Pékin en 1997, où les sanctions sont moins sévères qu’en Chine continentale au cas où l’on se fait prendre.

La ville, qui jouit d’un statut d’autonomie et reste séparée par une frontière du reste de la Chine, est dans le collimateur des défenseurs de la nature pour son laxisme: la peine de deux ans de prison maximum pour trafic d’espèces en danger est rarement appliquée. Signe d’espoir: les tribunaux ont reçu des instructions pour monter à dix ans de prison à partir de mai prochain.

Les douanes ont aussi accru leurs inspections depuis la décision de la CITES. Quelque 7,7 tonnes d’écailles de pangolin ont été saisies l’an dernier, soit cinq fois plus qu’en 2016. Tous les pays d’origine se trouvaient en Afrique: Ghana, Mozambique, Nigeria et Afrique du Sud, selon des données officielles.

De l’autre côté de la frontière, en Chine continentale, la répression du trafic semble plus efficace.

Sur un marché de Canton, à une centaine de kilomètres de Hong Kong, certains vendeurs de médicaments traditionnels prennent la fuite lorsqu’on leur demande s’ils ont du pangolin.

« Je n’ai jamais entendu parler de ça », assure une vendeuse, alors qu’un de ses concurrents avait expliqué qu’on pourrait trouver chez elle des écailles de contrebande.

« C’est illégal et très difficile à trouver. On ne vous en donnera pas à moins que vous soyez déjà un bon client », explique un autre vendeur.

« Les autorités chinoises ont fait du bon boulot dernièrement pour démanteler les réseaux de contrebande et développer l’information sur la protection de ces animaux », déclare à l’AFP Alex Hofford, de l’association de protection de la faune WildAid.

Romandie.com avec(©AFP / 22 mars 2018 11h51)                

Conte : Le Pangolin et le Termite

août 25, 2010

Un Pangolin solitaire des savanes équatoriales revenait des champs avec un fagot de bois mort, contenant sa nourriture du soir, qu’il transportait secrètement et péniblement sur le dos de son corps recouvert d’écailles dures. Il rencontra un beau Termite, au cou jaune et potelé, avec qui ils firent route jusqu’au carrefour du quartier royal des termitières.

Fatigué de sa lourde charge, le Pangolin demanda au Termite de lui garder le fagot chez lui. Celui-ci lui répliqua ce qu’il devrait en faire. Il répondit qu’il servirait de feu de cuisine afin de préparer de l’eau chaude pour sa femme enceinte qui présente des œdèmes plantaires. Le Termite comprit la raison fondée et accepta de le lui garder. Il le déposa au pied de la termitière. Il rentra dans la maison et lui apporta de l’eau car il avait grand soif et transpirait à grosses gouttes. Il lui donna aussi une serviette en coton pour s’essuyer du ruissellement de sa transpiration. Il le remercia de son attention et de toutes les marques de sa sympathie. Il fit part au Termite qu’il alla appeler sa compagne, la Pangoline pour venir récupérer ensemble le fagot de bois.

Le Pangolin partit doucement, les membres endoloris, par la route escarpée conduisant à son village situé dans le bosquet, à perte de vue.

Au moment où il traversait la rivière Bitala, sur la peau du bois servant de passage, il glissa et tomba, à la renverse, dans l’eau. Il faillit se noyer mais fut retenu par une grosse pierre. Il regagna la rive en se faufilant entre les herbes fraîches, le corps trempé.

Dès qu’il arriva au village, il trouva sa femme affalée sur la natte qui l’attendait impatiemment. Celle-ci était enceinte de lui et sa grossesse tendait à son terme mensuel. La Pangoline demanda à son mari pourquoi il était mouillé et arrivait les mains vides. Il répondit avoir laissé le fagot en route car il était fatigué et que ses pieds l’abandonnèrent à la traversée de la rivière et se retrouva en plein dedans.

Quant au fagot, il le confia à un Termite avec qui il fit connaissance en chemin. Et qu’il était temps d’aller le chercher à la cité royale de l’autre côté de la rivière.

Le Termite qui avait la garde du fagot de bois était assis dessus. Il entendait momentanément, à l’intérieur du bois mort, un bruit qui lui était familier. Il chercha à nourrir sa curiosité et à en savoir davantage.

Soudain, il vit un Termite sortir du bois. Ce dernier lui demanda ce qu’il faisait là sur les branchages secs. Il lui dit devoir garder ce paquet appartenant au Pangolin, fatigué de le transporter et qu’il serait parti au village prendre le secours de sa femelle. Il lui dit qu’ils étaient nombreux dans le bois sec et sollicita une protection de sa part. Il alla d’abord informer la reine si l’on pouvait accueillir des étrangers dans leur termitière qui étaient exposés à un danger imminent. La reine accepta.

Aussitôt, il revint vers le Termite et lui donna l’avis favorable d’hospitalité. Et toute la colonie qui attendait dehors trouva refuge dans les loges reliées aux nombreuses galeries souterraines.

Le Pangolin et la pangoline revinrent sur le lieu du dépôt du fagot. A cet endroit, au pied de la termitière, dans la nuit chargée d’étoiles luisantes et des lucioles volantes, ils retrouvèrent leur paquet abandonné sans aucune garde. Le Pangolin inspecta son fagot, collant son oreille le long des branchages et n’entendait plus aucun bruit de son contenu. Tout était silencieux à l’intérieur du bois. Il fit aussi le test en promenant son fin museau capteur d’odorat malheureusement le bois ne sentait plus la friandise que dégage la présence des termites. Sa femme regretta sa compagnie malgré sa grossesse car l’enfant dans le ventre lui donnait des coups de pied de faim.

Face à ce constat de manque de provisions, le couple se querella. Le Pangolin cassa le bois pour vérifier. Toutes les parois étaient vides. Plus rien ! Il se gratta le nez, remua et roula sa queue pour exprimer son indignation. La Pangoline s’en moqua éperdument. Le vacarme du couple en discussion se fit entendre dans la termitière et dans toute la cité royale.

Scrutateur à l’ouïe fine, le Pangolin contourna la termitière et entendit le bruit d’une multitude de Termites qui s’égosillaient. Il proféra des menaces de destruction de la termitière. Confus et honteux devant sa femme – de ses pattes courtes terminées de cinq doigts griffus – il creusa le soubassement de l’architecture de la termitière et renversa le palais qui s’écroula. Les Termites étaient exposés à sa furie, devenus vulnérables, ceux qui n’arrivaient pas à s’échapper à sa vue, ils les dévorèrent avec sa femme, en projetant leur langue qui atteignait facilement leur proie.

Quand ils détruisirent le palais, ils découvrirent la reine entourée de sa dernière ceinture de sécurité bravant leur pince en l’air sans arrêter la colère du Pangolin. Celle-ci était assise sur de l’or qui brillait dans tout son éclat. Elle était reluisante de beauté et de charme. Dès que la Pangoline vit l’état de gestation dans lequel était la reine, elle stoppa son mari et l’attira de côté pour une négociation. Le compromis des deux femmes enceintes trouva leur règlement pacifique.

Le Pangolin se plia à la médiation de sa femme et rentra chez lui pour informer les autorités d’avoir découvert de l’or à l’intérieur d’une termitière. Il signa un protocole d’entente avec celles-ci de lui laisser manger les Termites, ouvriers et soldats leur donnant le droit d’exploiter l’or dans ces territoires, sources de richesse organique et minérale.

Depuis lors, le Pangolin fit des termites ses friandises préférées en plus des fourmis. Mais dans la violence ou la guerre, il est important d’épargner la femme enceinte car elle est porteuse de progéniture et sujet de reproduction de l’espèce.

© Bernard NKOUNKOU