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France : Pap Ndiaye, la surprise d’Emmanuel Macron à l’Éducation

mai 20, 2022

Ce spécialiste de l’histoire sociale des États-Unis et des minorités succède à Jean-Michel Blanquer à la tête du ministère de l’Éducation nationale, a annoncé Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée.

Pap Ndiaye devant le palais de la Porte Dorée, à Paris, en mars 2021 © DMITRY KOSTYUKOV/The New York Times-REDUX-REA

C’est la grosse surprise de ce nouveau gouvernement, dont la composition a finalement été annoncée ce vendredi 20 mai et dont les têtes d’affiche demeurent globalement inchangées : l’historien Pap Ndiaye, 56 ans, succède à Jean-Michel Blanquer à la tête de l’Éducation nationale, l’un des ministères les plus difficiles à gérer. Il se voit également confier le portefeuille de la Jeunesse.

Black studies

Né de père sénégalais et de mère française, Pap Ndiaye est titulaire d’un doctorat obtenu à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et a été maître de conférences, puis professeur à Sciences Po. Il est avant tout un spécialiste reconnu de l’histoire sociale des États-Unis et des minorités, qu’il a régulièrement chroniquée dans Jeune Afrique. Il a également été l’un des premiers chercheurs français à s’intéresser aux black studiesLa Condition noire : essai sur une minorité française, publiée en 2009 aux éditions Gallimard, en est l’un des ouvrages fondateurs en France.

Personnalité engagée à gauche, il assumait par exemple avoir appelé à voter pour François Hollande en 2012. Il revendique aussi un engagement antiraciste. Il s’était notamment montré critique à l’égard de la suppression en 2018 du mot « race » de la Constitution française, redoutant que cela n’affaiblisse ce combat. « Même s’il est évident que la “race” n’existe pas d’un point de vue biologique, force est de constater qu’elle n’a pas disparu dans les mentalités : elle a survécu en tant que catégorie imaginaire historiquement construite, avec de puissants effets sociaux », s’était-il justifié dans une interview au quotidien Le Monde.

Frère de la romancière, lauréate du prix Goncourt en 2009 pour Trois femmes puissantes, Marie NDiaye, il avait été nommé directeur général du palais de la Porte-Dorée, à Paris en mars 2021, et avait pris la tête du Musée de l’histoire de l’immigration, devenant ainsi la première personne ayant des origines africaines à diriger un grand musée national français.

Le voici donc propulsé à la tête du ministère de l’Éducation nationale, un défi de taille tant la crise du Covid-19 et la réforme du baccalauréat ont alimenté le mécontentement des élèves, des enseignants et des syndicats.

Avec Jeune Afrique

Diaspora : Pap Ndiaye, à la tête du musée de l’histoire de l’immigration en France

février 19, 2021

L’historien Pap Ndiaye, frère de l’écrivaine Marie Ndiaye (prix Goncourt en 2009 pour son roman « Trois femmes puissantes »), est nommé à la direction générale du Palais de la Porte Dorée, qui chapeaute le « Musée national de l’histoire de l’immigration », et « l’Aquarium Tropical », à Paris.

Photo1: Pap Ndiaye

Né en France en 1965, d’un père sénégalais et d’une mère française, cet intellectuel noir est agrégé d’histoire. Spécialiste de la condition noire et des minorités, il est aussi spécialiste de l’histoire sociale des États-Unis et de ses minorités. Ses travaux s’intéressent également à l’histoire et à la sociologie des populations noires en France. 

A propos de sa nomination, Pap Ndiaye, qui est l’auteur d’un essai publié en 2009 sur les minorités françaises intitulé : « La Condition noire »a déclaré à la presse : « Je suis honoré de cette nomination. Je suis très content de pouvoir travailler pour une question qui est d’importance »Même si ce dernier dévoilera les détails de son projet seulement lors de sa prise de fonction le mois prochain, on sait déjà qu’il souhaite faire du Musée national de l’histoire de l’immigration un lieu de débats, en lien avec les universités, développer les échanges internationaux avec d’autres lieux consacrés au thème de l’immigration, et renforcer la présence des questions coloniales au sein de l’exposition permanente.

Donner un nouveau départ au musée de l’immigration

Le musée de l’Histoire de l’immigration est le nom adopté depuis janvier 2012 pour désigner les instances de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI). Ce « musée des Migrations  français » est aménagé dans le palais de la Porte-Dorée à l’est de Paris et ouvert au public depuis octobre 2007. Crée sous la présidence de Jacques Chirac, il a été officiellement inauguré le 15 décembre 2014, par François Hollande, sept ans après son ouverture par Nicolas Sarkozy.

Tout d’abord « musée des Colonies » de 1931 à 1935 avec sa dédicace d’inauguration « À la France colonisatrice et civilisatrice », il change plusieurs fois de nom : « musée des Colonies et de la France extérieure » en 1932, « musée de la France d’outre-mer » en 1935, « musée des Arts africains et océaniens » en 1960 et « musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie » de 1990 à 2003, année au cours de laquelle le musée ferme ses portes. Ses collections partent rejoindre celles du musée du quai Branly qui sera inauguré par l’ancien président Jacques Chirac en juin 2006, tandis qu’en juillet 2004, Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre, affecte le palais de la Porte-Dorée à la future Cité nationale de l’histoire de l’immigration. De nouveaux travaux sont entamés en 2005 qui aboutiront à l’ouverture du musée de l’Histoire de l’immigration en 2007.

Selon ses statuts, ce dernier a pour mission de « rassembler, sauvegarder, mettre en valeur et rendre accessibles les éléments relatifs à l’histoire de l’immigration en France, notamment depuis le XIXe siècle ; contribuer ainsi à la reconnaissance des parcours d’intégration des populations immigrées dans la société française et faire évoluer les regards et les mentalités sur l’immigration en France ». Le musée de l’Histoire de l’immigration est le seul musée national français consacré à l’histoire et aux cultures de l’immigration en France. À travers l’exposition permanente « Repères », le musée présente deux siècles de l’histoire de l’immigration sous un angle neuf en croisant les points de vue historique, anthropologique et artistique. En complément, le musée propose régulièrement une programmation artistique et culturelle : expositions, conférences, concerts, cinéma, théâtre, ateliers, etc.

Avec Adiac-Congo par Boris Karl Ebaka