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Le pape François viendra au Canada malgré ses douleurs au genou

juin 23, 2022
Le pape muni d'une canne est aidé par un cardinal.

Le pape François doit limiter ses déplacements en raison d’un problème de santé récurrent avec l’un de ses genoux. Photo : AP/Gregoria Borgia

Le Vatican a confirmé que le pape François viendra au Canada fin juillet malgré ses douleurs au genou. Son voyage prévu du dimanche 24 au vendredi 29 juillet l’amènera à Edmonton, Québec et Iqaluit.

Il s’agit d’une visite très attendue par les Premières Nations, les Métis et les Inuit qui avaient demandé au pape de venir s’excuser en sol canadien pour le rôle de l’Église catholique dans la gestion des pensionnats pour Autochtones et les mauvais traitements infligés par des religieux dans ces établissements.

De premières excuses ont été prononcées par le pape devant trois délégations autochtones au Vatican. Le pape n’a toutefois pas présenté d’excuses pour le rôle de l’Église dans l’entreprise globale des pensionnats pour Autochtones au Canada, des excuses toujours réclamées par bon nombre de Métis, d’Inuit et de membres des Premières Nations.

Le Vatican avait annoncé cette visite le mois dernier. La santé du pape inquiétait toutefois et laissait planer le doute sur le nombre d’événements publics qu’il pourrait y avoir.

L’itinéraire confirme bien le passage du Saint-Père dans les trois villes canadiennes avec des arrêts de plusieurs jours à Edmonton et Québec. La venue du pape au Nunavut ne durera que quelques heures.

Aucune mention n’est toutefois faite de ces excuses demandées et si elles se dérouleront en public ou en privé lors des nombreuses rencontres organisées avec des membres des Peuples Autochtones.

Premier arrêt en Alberta

Selon l’itinéraire publié jeudi sur le site du Vatican, le Saint-Père sera accueilli officiellement à l’aéroport d’Edmonton en matinée le dimanche 24 juillet. 

Sa première journée complète au Canada sera consacrée à des rencontres avec les peuples autochtones. Le pape, qui a des problèmes de mobilité, se rendra à Maskwacis, à une heure de route au sud d’Edmonton, une communauté qui abrite plusieurs Premières Nations cries.

Ce même jour, une rencontre aura lieu à l’Église Sacré-Coeur d’Edmonton avec des Autochtones et des membres de la communauté paroissiale.

Le grand public aura l’occasion de voir le pape lors d’une messe au stade Commonwealth de la capitale albertaine.

Le Saint-Père participera ensuite au pèlerinage de Lac Sainte-Anne, un endroit de grande importance à la fois pour les catholiques, les Premières Nations et les Métis de la province.

Deuxième arrêt : Québec

Le pape François quittera ensuite l’Alberta pour se rendre le mercredi 27 juillet à Québec, où il sera accueilli par la gouverneure générale du Canada à la Citadelle.

Il y rencontrera également le premier ministre Justin Trudeau ainsi que des représentants autochtones et du corps diplomatique.

Le jeudi 28 juillet sera consacré à des événements accessibles au grand public avec notamment une messe au Sanctuaire national de Sainte-Anne-de-Beaupré. Les vêpres seront ensuite célébrées à la Cathédrale Notre-Dame de Québec.

Quelques heures au Nunavut

Le pape conclura sa visite au Canada le vendredi 29 juillet en rencontrant le matin des membres de la compagnie de Jésus et une délégation d’Autochtones.

Il se rendra ensuite au Nunavut, mais sa visite à Iqaluit ne durera que quelques heures. Selon l’itinéraire, le pape François y rencontrera quelques anciens élèves des pensionnats pour autochtones.

Il s’agit de la seule mention dans l’itinéraire de cette page de l’histoire canadienne pour laquelle le pape a présenté ses excuses pour les sévices perpétrés dans ces établissements par des membres de l’Église catholique.

La dernière rencontre du pape en sol canadien sera avec des jeunes et des personnes âgées à l’école primaire d’Iqaluit avant son départ le soir même vers Rome.

Avec Radio-Canada

RDC : le pape François annule sa visite à Kinshasa et Goma

juin 10, 2022

Ce devait être une première après trente-sept ans. Pour des raisons de santé, le souverain pontife vient d’annuler sa venue en RDC, prévue du 2 au 5 juillet. L’hypothèse de sa démission est évoquée avec de plus en plus de sérieux.

La bannière annonçant la venue du pape François, à Goma, est devenue caduque ce vendredi 10 juin. © Moses Sawasawa/AP/SIPA

« Je suis triste », confie Mgr Donatien Nshole, le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), quelques heures après avoir appris que le pape François annulait sa visite en RDC, qui devait se dérouler du 2 au 5 juillet. Peu avant que la nouvelle soit rendue publique, l’épiscopat congolais avait été averti par le Saint-Siège.

Dans un communiqué, le directeur du service de presse du Vatican annonce qu’à « la demande de ses médecins et afin de ne pas compromettre les résultats des thérapies du genou encore en cours, le Saint-Père, à son grand regret, est contraint de reporter son voyage ». Des termes repris par le gouvernement congolais.

Problèmes de santé

Le pape souffre de douleurs au genou droit et se déplace dans un fauteuil roulant depuis un mois. « Cela fait un moment que je suis dans cet état, je n’arrive plus à marcher », avait-il confié en mai dans une interview au quotidien italien Il Corriere della sera. Il a également des douleurs à la hanche et a dû être opéré du colon en juillet 2021.

En juin, il avait déjà annulé sa visite au Liban, et ne se rendra pas non plus à Juba, au Soudan du Sud, où il devait aller juste après avoir quitté la RDC.

La visite du pape François devait être un évènement. C’était la première fois depuis trente-sept ans et la venue de Jean-Paul II que le patron de l’Église catholique faisait le déplacement dans ce pays. Le souverain pontife devait célébrer des offices à Kinshasa mais aussi à Goma, dans l’est, chef-lieu d’une région meurtrie par la guerre et au cœur d’une récente recrudescence des tensions entre la RDC et son voisin rwandais.

« Nous attendons énormément de cette visite. Nous voulons qu’elle nous permette de nous regarder en face et de nous réconcilier, notamment avec notre voisin, confiait il y a encore quelques jours à Jeune Afrique le cardinal Fridolin Ambongo, chef de l’Église catholique dans le pays. Qui sait si l’Église ne peut pas réussir là où la politique échoue ? »

Malgré la déception, Mgr Nshole reste optimiste. « Ce n’est qu’un report. Si cela permet que le pape vienne dans des conditions meilleures, alors cela nous sera bénéfique », affirme-t-il.

Une démission prochaine ?

François en aura-t-il le temps ? Parmi les spécialistes du Vatican, l’hypothèse d’une démission du pape argentin, âgé de 85 ans, est évoquée avec de plus en plus de vigueur. Certains pronostiquent même un abandon de ses charges dès la fin août. Il suivrait alors l’exemple de son prédécesseur, Benoît XVI, qui avait annoncé sa démission en 2013, alors qu’il avait lui aussi 85 ans. Il était le premier souverain pontife à le faire depuis 600 ans.

Si jamais le pape François démissionne, les 133 cardinaux électeurs participeraient à un conclave pour choisir son successeur. Parmi eux siègerait Fridolin Ambongo, régulièrement cité comme l’un des prétendants sérieux à la tête de l’Église catholique.

Avec Jeune Afrique par Anna Sylvestre-Treiner

Le pape visitera Edmonton, Québec et Iqaluit en juillet

mai 13, 2022
Le pape François.

Le pape François lors de la célébration de la messe de Pâques, sur la place Saint-Pierre, au Vatican. Photo : Getty Images/Tiziana Fabi

Le pape François s’arrêtera à Edmonton, Québec et Iqaluit lors d’une visite au Canada qui aura lieu du 24 au 30 juillet, a confirmé le Vatican.

Le voyage apostolique du souverain pontife a été dévoilé dans un communiqué du directeur du service de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni.

L’archevêque Richard Smith d’Edmonton, coordinateur général du voyage pour la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), dit que ce sera une autre étape importante pour la guérison et la réconciliation.

Pour sa part, le président de la CECCConférence des évêques catholiques du Canada, Mgr Raymond Poisson, a affirmé dans un communiqué que les évêques sont ravis que le Saint-Père ait accepté l’invitation à poursuivre le chemin de la guérison et de la réconciliation avec les peuples autochtones du Canada.

Une visite applaudie

Il a souligné en entrevue que ce voyage ne devait pas être une répétition de la visite de la délégation autochtone à Rome. Cette étape-là est faite. Elle a permis à l’audience finale un message fort du Saint-Père qui s’est uni aux évêques du Canada pour des excuses. En revenant ici, c’est le même processus qui se continue, a conclu Mgr Raymond Poisson sur les ondes de RDI.

« Nous voulons être axés sur aujourd’hui et demain. »— Une citation de  Mgr Raymond Poisson, président de la CECC

Dans un communiqué, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a salué l’annonce de cette visite et le courage des communautés autochtones qui l’ont rendue possible. Sans le courage et la détermination des Survivants, des dirigeants autochtones et des jeunes qui ont raconté leur histoire, la visite prochaine de Sa Sainteté ne serait pas possible, a-t-il déclaré.

Justin Trudeau a insisté sur la nécessité que des excuses de l’Église catholique se déroulent au Canada comme la Commission de vérité et réconciliation du Canada l’a recommandé. Le communiqué ne précise pas si le premier ministre rencontrera le pape François.

C’est une très bonne nouvelle, s’est aussi félicité Jean-Charles Piétacho, chef de la communauté d’Ekuanitshit, sur la Côte-Nord, et ancien pensionnaire à Mani-utenam. Cela vient raviver l’espoir dans notre processus de guérison.L'homme et la femme de la nation innue.

Le chef Jean-Charles Piétacho du Conseil des Innus de Ekuanitshit et son épouse, Béatrice Michel Photo : Radio-Canada/Maria-Louise Nanipou

Il a indiqué sur les ondes de RDI que sa communauté s’organisait déjà pour aller voir le pape lors de son passage à Québec.

« C’est un événement historique qui va rester dans la mémoire de nos membres. »— Une citation de  Jean-Charles Piétacho, chef de la communauté d’Ekuanitshit

Une visite en collaboration avec les peuples autochtones

Les lieux de visite du pape François ont été choisis par le Vatican, et le CECCConférence des évêques catholiques du Canada signale que les problèmes de mobilité et de santé du chef de l’Église catholique ont dû être pris en compte. Le souverain pontife, qui a 85 ans, est apparu en fauteuil roulant la semaine dernière.

L’itinéraire spécifique n’a pas été dévoilé, mais les endroits visités seront choisis en collaboration avec les partenaires autochtones. Il pourrait s’arrêter au lieu historique du Pèlerinage-au-Lac-Ste. Anne, situé à 75 km au nord-ouest d’Edmonton, et visiter la Première Nation crie d’Ermineskin, à 100 km au sud de la capitale albertaine.

Edmonton compte le deuxième plus grand nombre d’Autochtones vivant dans les centres urbains au Canada. La province a par ailleurs hébergé 25 pensionnats autochtones, soit le plus grand nombre parmi les provinces et les territoires du Canada.

Iqaluit regroupe pour sa part le plus grand nombre d’Inuit au Canada. Le pape François a été personnellement invité par les délégués inuit à visiter le Nord lors de leur rencontre à la fin du mois de mars au Vatican.

La CECCConférence des évêques catholiques du Canada a ajouté que l’arrêt à Québec permettra aux Autochtones de l’est du Canada de pouvoir se déplacer plus facilement. La ville de Sainte-Anne-de-Beaupré, à une trentaine de kilomètres de Québec, est aussi un lieu de pèlerinage très populaire.

On va couvrir ainsi dans les deux sites à Sainte-Anne les rencontres possibles entre des pèlerins qui sont autochtones et non autochtones. C’est ce qu’on vise dans la réconciliation, être ensemble, a indiqué Mgr Poisson en entrevue à RDI.

Le président de la CECCConférence des évêques catholiques du Canada a évoqué le fait que la visite pourrait se dérouler dans l’ordre annoncé dans le communiqué, à savoir Edmonton en premier, puis Québec et Iqaluit en dernier. Le souverain pontife partira du Canada le 29 juillet et arrivera à Rome le 30.

Des excuses demandées en terre canadienne

Le pape avait évoqué cette visite le 1er avril durant des rencontres avec la délégation autochtone au Vatican. Il s’était alors excusé pour les gestes commis par certains membres de l’Église catholique romaine dans les pensionnats autochtones du Canada.Le pape tient dans une main un écrin contenant une sculpture et serre de l'autre main celle d'une femme.

Le pape François a remis un cadeau à la déléguée inuk Rosemary Lundrigan lors du voyage de la délégation autochtone au Vatican. Photo : Vatican via Reuters

Le pape avait également exprimé sa volonté de se rendre au Canada aux alentours de la Sainte-Anne, célébrée le 26 juillet et qui occupe une place importante dans les cultures autochtones. Il souhaitait ainsi exprimer sa proximité avec ces peuples.

Les délégués autochtones avaient, eux, rappelé qu’ils souhaitaient que le pape s’excuse lors de sa venue au Canada. C’est un premier pas historique, mais ce n’est qu’un premier pas. Le prochain est qu’il s’excuse à nos familles sur leurs terres, avait alors demandé Gerald Antoine, le chef de la délégation des Premières Nations.

Radio-Canada par Tiphanie Roquette

AFRIQUE/CONGO – Nomination de l’évêque de Dolisie

mai 11, 2022

Cité du Vatican (Agence Fides) – Le Saint-Père François a nommé Évêque du diocèse de Dolisie (République du Congo) le Père Toussaint Ngoma Foumanet, C.S.Sp., jusqu’à présent Supérieur provincial de la Congrégation du Saint-Esprit au Congo et Coordinateur de l’Union des Circonscriptions spiritainnes d’Afrique Centrale (UCSAC).

Son Excellence Mgr Toussaint Ngoma Foumanet, C.S.Sp, est né le 1er novembre 1975 à Sibiti, alors diocèse de Nkayi. En 1988, il rejoint la Congrégation du Saint-Esprit (Spiritani). De 1999 à 2002, il a étudié la philosophie à Libreville, au Gabon, de 2002 à 2003 il a fait son noviciat à Mbalmayo, au Cameroun, et de 2004 à 2008 il a étudié la théologie à Saint Cyprien à Douala. Il a prononcé ses vœux perpétuels le 14 septembre 2007 à Ngoya, au Cameroun, et a été ordonné prêtre le 26 juillet 2008 à Pointe-Noire, au Congo Brazzaville.

Après son ordination sacerdotale, il a exercé les ministères suivants : Conseiller du Supérieur régional, vicaire paroissial (2008-2009) et curé (2009-2011) du Saint-Esprit à Pissa, diocèse de Mbaïki, République centrafricaine ; doyen de Mbaïki et études de droit à l’Université de Bangui (2009-2011) ; curé de Notre-Dame d’Afrique, dans l’Archidiocèse métropolitain de Bangui, République centrafricaine ; premier assistant provincial et responsable des frères (2011-2016) ; doyen de Notre-Dame d’Afrique (2013-2016). De 2016 à aujourd’hui, il a été provincial de la Congrégation du Saint-Esprit (spiritains) au Congo et coordinateur de l’Union des circoncisions spiritainnes d’Afrique centrale (UCSAC).

Il a également été : président de la Conférence des Supérieurs d’Afrique et de Madagascar (2017-2019) ; curé de Saint Kisito Makélékélé (2018-2019), vicaire de la paroisse Saint Grégoire de Massengo (2019-2020) et vicaire de la paroisse Notre-Dame des Victoires de Ouenzé à Brazzaville (2020-2021).

Avec (SL) (Agence Fides 11/5/2022)

Ukraine: le pape appelle à « entendre le cri de paix » en cette « Pâques de guerre »

avril 17, 2022
Ukraine: le pape appelle à « entendre le cri de paix » en cette « Pâques de guerre »© AFP/Tiziana FABI

Le pape François a appelé dimanche les dirigeants à « entendre le cri de paix des gens » en cette « Pâques de guerre », en évoquant à nouveau l’Ukraine « martyrisée ».

« Nous avons vu trop de sang, trop de violence (…) Que l’on arrête de montrer les muscles pendant que les gens souffrent », a lancé le souverain pontife lors de sa traditionnelle bénédiction « Urbi et Orbi », devant quelque 50.000 fidèles réunis sur la place Saint-Pierre à Rome.

« S’il vous plaît, ne nous habituons pas à la guerre, engageons-nous tous à demander la paix (..) Que ceux qui ont la responsabilité des Nations entendent le cri de paix des gens », a-t-il exhorté, provoquant les applaudissements de la foule.

Le chef spirituel des 1,3 milliard de catholiques a longuement insisté sur la nécessité de paix pour « l’Ukraine martyrisée, si durement éprouvée par la violence et par la destruction de la guerre cruelle et insensée dans laquelle elle a été entraînée » avec l’invasion russe qui a début le 24 février.

Le souverain pontife a dit penser aux « nombreuses victimes ukrainiennes », citant « les millions de réfugiés et de déplacés internes, les familles divisées, les personnes âgées restées seules, les vies brisées et les villes rasées. » « J’ai dans les yeux le regard des enfants devenus orphelins », a-t-il ajouté.

Il a cependant salué les « signes encourageants » comme « les portes ouvertes de nombreuses familles et communautés qui accueillent des migrants et des réfugiés dans toute l’Europe« , y voyant « une bénédiction pour nos sociétés, parfois dégradées par tant d’égoïsme et d’individualisme ».

Après avoir consacré une large part de son message à ce conflit, le pape s’est livré à son traditionnel tour d’horizon des conflits dans le monde, évoquant tour à tour la Libye, le Yémen, l’Afghanistan, l’Ethiopie, la Birmanie ou encore la République démocratique du Congo (RDC), où il doit se rendre début juillet.

Avant cette bénédiction, le pape de 85 ans, apparu diminué par ses douleurs au genou ces derniers jours, s’est offert un long bain de foule auprès des pèlerins du monde entier à bord de sa « Papamobile » dans les allées de la place Saint-Pierre.

Le Point avec AFP

Vatican-Les excuses du pape saluées : « une étape nécessaire » d’un long chemin à faire

avril 1, 2022

« C’est un moment important pour les peuples autochtones » a souligné Murray Sinclair, ancien sénateur anichinabé qui a présidé la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Le pape François, lors d’une audience rassemblant les représentants des peuples autochtones au Vatican Photo: Reuters/Vatican Media

Longtemps attendues, « sur des générations » même, les excuses du pape prononcées vendredi ont été immédiatement saluées au Canada par des représentants politiques autochtones et allochtones. Des excuses outre-Atlantique en forme de préambule, en somme, avant la visite officielle du pape sur le territoire canadien cet été.

C’est une étape importante, a reconnu d’emblée le premier ministre Justin Trudeau, en assurant que le gouvernement va continuer de soutenir les communautés autochtones à travers le pays avec les ressources nécessaires pour poursuivre les recherches des tombes anonymes, dévoiler la vérité, et continuer à guérir.

Dans une déclaration écrite, le premier ministre a rappelé l’incroyable démonstration de courage des membres de la délégation qui se sont rendus au Vatican cette semaine pour continuer à demander des excuses de la part de l’Église catholique au sujet des atrocités commises dans les pensionnats pour Autochtones.

« Ces excuses n’auraient pas eu lieu si les Survivants n’avaient pas raconté leur vérité directement à l’une des institutions responsables, et s’ils n’avaient pas relaté et vécu à nouveau leurs souvenirs douloureux. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre

Seule une visite du pape sur le territoire pour obtenir des excuses in situ permettraient de répondre spécifiquement à l’appel à l’action no58 de la Commission de vérité et réconciliation, a toutefois indiqué le premier ministre.

Si plusieurs années de négociations diplomatiques ont été nécessaires pour aboutir à cet acte de reconnaissance par le Vatican, la question de l’imputabilité de l’Église reste en suspens aux yeux de nombreux observateurs autochtones.

Assumer [ses] responsabilités

L’ancien président de cette commission d’enquête qui a longuement documenté l’affaire des pensionnats a lui aussi reconnu que les excuses papales représentaient un moment important pour les peuples autochtones, pour le Canada et pour les catholiques du monde entier.

« Il est grand temps que l’Église commence à assumer la responsabilité de son rôle dans le système des pensionnats. Il s’agit d’un chapitre sombre de l’histoire colonialiste du Canada, dont l’Église a été l’un des principaux co-auteurs. »— Une citation de  Murray Sinclair, ancien sénateur anichinabé qui a présidé la Commission de vérité et réconciliation

Aujourd’hui, le pape a mis l’Église sur une meilleure voie, estime M. Sinclair. Ces excuses s’alignent sur les valeurs catholiques, dit-il, elles permettront aux croyants autochtones de revenir à la force de leur foi avec l’espoir qu’un chemin vers la réconciliation est possible.

Certains représentants autochtones émettent des réserves plus appuyées pour accompagner les formulations de gratitude usuelles.

En tant que survivant, il faut reconnaître, cette journée est importante pour l’ensemble des Premières Nations au pays, admet Jean-Charles Pietacho, chef du Conseil des Innus d’Ekuanitshit sur la Côte-Nord, même s’il déplore le fait que ces excuses interviennent trop tard pour des aînés qui ne sont plus de ce monde.

Son analyse du discours du pape? C’est un monologue qui dit ‘je m’excuse’ […], mais la réconciliation, on est encore à des kilomètres. 

Ce qui me préoccupe aussi, c’est la suite des choses, partage sans ambages l’ancien survivant innu qui prône désormais des actions concrètes.

« L’accès aux archives est important. Pourquoi nous a-t-on refusé d’accéder à ces archives? […] Qu’est-ce qu’on fait de ceux et celles qui ont commis des crimes?  »— Une citation de  Jean-Charles Pietacho, chef du Conseil des Innus d’Ekuanitshit

La seule façon de reconnaitre les torts, c’est de dire la vérité, abonde Richard Kistabish, ancien chef de la Première Nation abitibiwinni. Ce survivant du pensionnat de Saint-Marc-de-Figuery, en Abitibi-Témiscamingue, se dit tout bonnement très déçu[ par le discours du pape François.

Il a oublié certains détails importants dont la découverte des corps d’enfants à Kamloops, pointe-t-il. C’est quand même l’Église catholique qui a été partie prenante à ce massacre.

Au Vatican, ces excuses ont été plus que bien accueillies par les trois délégations présentes sur place.

Avec Radio-Canada par Maud Cucchi

Canada: Une Autochtone de la Première Nation d’Eel River Bar rencontrera le pape François

mars 27, 2022

Rosalie LaBillois, co-présidente de l’Assemblée jeunesse des Premières Nations. Photo: Linkdin/Rosalie Labillois

Rosalie LaBillois, une Autochtone de la Première Nation d’Eel River Bar au Nouveau-Brunswick, s’envolera pour le Vatican dans quelques jours pour y rencontrer le pape François.

La rencontre historique au Vatican entre le pape François, des évêques catholiques canadiens et 30 membres des Premières Nations du Canada va se tenir du 28 mars au 1er avril.

Déléguée du Nouveau-Brunswick et aussi co-présidente de l’Assemblée jeunesse des Premières Nations, Rosalie LaBillois sera de la délégation d’aînés, de gardiens du savoir, de jeunes et de survivants des pensionnats.

L’objectif du groupe est simple : obtenir pour la première fois, des excuses officielles de l’Église catholique pour sa gestion des pensionnats autochtones.

Source de traumatisme pour bien des Autochtones et leur fréquentation devenue obligatoire en 1894, ces écoles d’assimilation ont été le site d’abus physiques, sexuels et psychologiques.

Les restes de milliers d’enfants ont d’ailleurs été retrouvés près de plusieurs anciens pensionnats au cours de la dernière année.

Des excuses sincères

Rosalie LaBillois ne veut pas que de simples excuses, mais plutôt des excuses sincères. C’est quelque chose qui doit venir du cœur, clame-t-elle.

La déléguée du Nouveau-Brunswick estime que la rencontre avec le pape François doit permettre de lui faire comprendre la souffrance des peuples autochtones.

Le pape François s’est engagé à venir au Canada en 2022. Photo: AFP via Getty Images/Filippo Monteforte

Nous voulons que le Vatican comprenne que ces histoires sont vraies et que l’Église catholique y a joué un rôle important. Cela doit être reconnu, affirme-t-elle.

Rosalie LaBillois croit que le pape François pourrait attendre une visite au Canada plus tard cette année avant d’exprimer ses excuses officielles.

Avec Radio-Canada d’après le reportage de Frédéric Cammarano

Vatican: Le pape souffrant annule des engagements mais se rend à l’ambassade russe pour dire sa préoccupation

février 25, 2022

Le pape François, 85 ans, a annulé plusieurs engagements en raison d’une douleur « aiguë » au genou, mais s’est néanmoins rendu vendredi à l’ambassade de Russie pour exprimer sa « préoccupation » après l’invasion de l’Ukraine, a annoncé le Vatican.Le pape François au Vatican le 23 février 2022

© Alberto PIZZOLI Le pape François au Vatican le 23 février 2022

« En raison d’une gonalgie aiguë, pour laquelle le médecin a prescrit une période de plus grand repos pour sa jambe, le pape François ne pourra pas se rendre à Florence le dimanche 27 février, ni présider les célébrations du mercredi des Cendres le 2 mars », a indiqué le Vatican dans un communiqué.

Le souverain pontife s’est toutefois rendu vendredi matin à l’ambassade de Russie près le Saint-Siège, à Rome, où il est resté « un peu plus d’une demi-heure », afin d' »exprimer sa préoccupation » face à la guerre en Ukraine, a annoncé le service de presse du Vatican. 

Mercredi, il avait appelé à faire du 2 mars, mercredi des Cendres marquant le début du Carême pour les catholiques, jour de « prière et de jeûne » pour la paix en Ukraine, quelques heures avant le début de l’invasion du pays par Moscou.

Fin janvier, François avait déjà confié souffrir d’un « problème au genou » qui l’avait empêché de descendre saluer les fidèles à la fin de son audience générale hebdomadaire au Vatican.

Le souverain pontife devait se rendre dimanche matin dans la capitale toscane pour la clôture d’une rencontre des maires et évêques de la Méditerranée avec pour thème « Méditerranée, frontière de paix ». 

Selon le programme diffusé par le Saint-Siège, il devait notamment prononcer un discours, rencontrer des familles de réfugiés puis célébrer la messe dans la basilique Santa Croce de Florence et réciter la prière de l’Angélus.

Ce déplacement devait être le premier de l’année pour le pape, qui est attendu à Malte les 2 et 3 avril pour son premier voyage hors d’Italie en 2022.

– Opération du colon –

Mercredi, lors de l’audience générale hebdomadaire, le Saint Père était apparu légèrement diminué mais avait toutefois salué les pèlerins présents dans la salle Paul VI, comme à son habitude.

François, qui bouclera en mars neuf ans de pontificat, souffre aussi de douleurs chroniques à la hanche qui le font boiter et a été hospitalisé dix jours en juillet après avoir subi une délicate opération au colon sous anesthésie générale, alors qu’il souffrait d’une inflammation potentiellement douloureuse des diverticules, hernies ou poches qui se forment sur les parois de l’appareil digestif.

Son état de santé fait régulièrement l’objet de rumeurs au Vatican, notamment chez ses détracteurs.

Je suis « toujours en vie. Bien que certaines personnes veuillent ma mort », avait-il lancé en septembre lors d’une rencontre avec une cinquantaine de jésuites slovaques. 

Jorge Mario Bergoglio a été élu pape en 2013 après la démission surprise de son prédécesseur Benoît XVI, premier pape à renoncer au trône de saint Pierre depuis le Moyen-Âge. Le théologien allemand, aujourd’hui âgé de 94 ans, vit dans un monastère au Vatican, où il continue de recevoir des visites malgré un état de santé fragile.

Début septembre, François avait balayé en riant les rumeurs courant sur sa propre démission. « Cela ne m’a même pas traversé l’esprit », avait-il assuré à la radio catholique espagnole Cope.

Avec AFP par cmk/gab/ljm/bow

Vatican: le pape François a appelé à la fraternité et au respect de la liberté de chaque pays

février 16, 2022

Le pape François a rappelé les racines chrétiennes communes de l’Europe et a exhorté à ne pas oublier la fraternité, la réconciliation et le respect de la liberté de chaque pays. C’est ce qu’a déclaré mercredi le souverain pontife lors d’une audience générale.

« Lundi, nous avons célébré la journée en hommage aux saints Cyrille et Méthode, apôtres des Slaves et patrons de l’Europe. Prions pour leur engagement pour les pays de ce continent, pour que la mémoire de leurs racines chrétiennes communes éveille l’esprit de réconciliation, de fraternité et de solidarité, ainsi que le respect de chaque pays et la liberté de chaque pays », a déclaré le pape François.

Il a également exhorté à rechercher « un signe de réconciliation dans un monde plein de contradictions et de maux, dans les paroles de l’Évangile ».

À l’appel du pape François, le 26 janvier était la Journée de prière pour la paix en Ukraine. Le chef de l’Église catholique romaine a appelé à plusieurs reprises à un règlement diplomatique de la crise autour de l’Ukraine dans ses sermons.

Avec Adiac-Congo

Eglise catholique romaine : Donatien Nshole élevé au rang de monseigneur

décembre 14, 2021

Le pape François vient de faire du secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco) chapelain de sa sainteté le pape.

L’abbé Nshole/DR

Le secrétaire général de la Cénco, l’abbé Donatien Nshole, est élevé au rang de monseigneur par le pape François. Cette information a été certifiée par un communiqué de presse de la Cénco signé par son  deuxième secrétaire général adjoint, l’abbé Georges Kalenga. « Le Secrétariat général de la Cénco est heureux de vous informer que le pape François a élevé monsieur l’abbé Donatien Nshole Babula, secrétaire général de la Cénco, au rang de chapelain de sa Sainteté le pape. En cette qualité, il porte désormais le titre de monseigneur », peut-on lire dans ce communiqué publié le 14 décembre. Rendant grâce à Dieu, le Secrétariat général de la Cénco a également remercié le saint-père pour sa sollicitude à l’égard de la République démocratique du Congo, tout en présentant ses vives et sincères félicitations à l’heureux promu.

Wikipédia note, en effet, qu’un chapelain de sa Sainteté est un prêtre à qui le pape a accordé ce titre honorifique. « Il est appelé monseigneur  (Monsignore) et a certains privilèges, comme en ce qui concerne robe et vêtements ecclésiastiques », a précisé cette encyclopédie. A l’en croire, chapelain de sa Sainteté est le premier (plus bas) des trois rangs de monseigneur.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza