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A Bahreïn, le pape appelle à l’unité face à la logique des « blocs opposés »

novembre 4, 2022
A Bahrein, le pape appelle a l'unite face a la logique des "blocs opposes"
A Bahreïn, le pape appelle à l’unité face à la logique des « blocs opposés »© AFP/Marco BERTORELLO

Le pape François a appelé vendredi à l’unité face à la logique des « blocs opposés » entre l’Est et l’Ouest, au deuxième jour d’une visite inédite à Bahreïn en grande partie consacrée au dialogue interreligieux.

Premier pape à visiter le royaume majoritairement musulman du Golfe, le souverain pontife a également prôné la fraternité et la lutte contre les extrémismes lors d’une rencontre avec des dignitaires musulmans et le grand imam d’Al-Azhar, haute institution du sunnisme, cheikh Ahmed al-Tayeb.

Cette visite de quatre jours est l’occasion pour le pape d’insister sur le « dialogue » entre les religions et les civilisations, lui qui craint un retour à la « guerre froide » dans un monde de plus en plus divisé.

« Des puissants se concentrent dans une lutte résolue pour des intérêts partisans (…) en redessinant des zones d’influence et des blocs opposés », a déploré le jésuite argentin en clôture d’un sommet interconfessionnel à Awali (centre).

Selon lui, cette logique s’exprime notamment par une opposition entre « l’Orient et l’Occident », qui « ressemblent de plus en plus à deux mers opposées », une allusion au conflit en Ukraine dénoncé sans relâche par François depuis l’invasion du pays par Moscou fin février.

« On joue avec le feu avec des missiles et des bombes, avec des armes qui provoquent des pleurs et des morts », a déploré François, qui n’a cessé de dénoncer le recours à la force et la menace nucléaire.

« Importance symbolique »

Pour le pape, « l’homme religieux, l’homme de paix, s’oppose aussi à la course au réarmement, aux affaires de la guerre, au marché de la mort », une allusion au patriarche orthodoxe russe Kirill, proche soutien de Vladimir Poutine qui soutient l’offensive de Moscou tandis que Jorge Bergoglio s’est toujours refusé à prendre partie.

En milieu d’après-midi, le souverain pontife s’est entretenu en privé avec le grand imam d’Al-Azhar. Les deux hommes, qui avaient signé à Abou Dhabi un document fondateur sur la fraternité humaine, se sont salués par une accolade chaleureuse.

« Cette rencontre est d’une grande importance symbolique, tant au niveau local qu’international, pour promouvoir les racines de la paix et les principes de la coexistence pacifique entre les différentes religions et civilisations », a déclaré à l’AFP Hala Ramze Fayez, députée bahreïnie chrétienne.

Devant les dignitaires sunnites et chiites du « Conseil des sages musulmans » réuni à la Mosquée du palais royal, le pape a défendu la « réconciliation » face à « l’instrumentalisation » des croyances religieuses.

Venu « comme un frère », il a appelé à ne pas céder « aux raisons de la force, qui alimentent la violence, la guerre, le marché des armes et le commerce de la mort ».

« Droit à la vie »

François devait ensuite présider une prière œcuménique à la cathédrale Notre-Dame d’Arabie, la plus grande église catholique de la péninsule, inaugurée fin 2021.

Cette visite, la deuxième du pape dans la péninsule arabique depuis son voyage historique aux Emirats arabes unis en 2019, intervient sur fond d’appels d’ONG qui dénoncent la répression politique et les discriminations visant la communauté chiite de ce pays insulaire de 1,4 million d’habitants, dirigé par une dynastie sunnite.

Devant les autorités jeudi, le chef des 1,3 milliard de catholiques a appelé à ce « que les droits humains fondamentaux ne soient pas violés, mais promus » et défendu « le droit à la vie », alors que la peine de mort est toujours en vigueur dans le royaume.

Bahreïn, qui a formalisé ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège en 2000, « dispose des protections des droits humains et de la justice pénale parmi les plus solides et larges de la région », a fait valoir à l’AFP le ministre de l’Economie et des Finances, Salmane ben Khalifa Al-Khalifa.

Lors du vol l’emmenant à Bahreïn, le pape a confié aux journalistes avoir « très mal au genou », une douleur chronique qui l’oblige à se déplacer en chaise roulante depuis mai.

Il s’agit du 39e voyage à l’étranger du souverain pontife argentin. Depuis son élection en 2013, il s’est rendu dans une dizaine de pays à majorité musulmane, notamment en Egypte, en Turquie et en Irak.

Par Le Point avec AFP

Emmanuel Macron en visite à Rome pour voir le pape… et Giorgia Meloni ?

octobre 22, 2022

Le chef de l’État est attendu dimanche à Rome où il pourrait s’entretenir avec la nouvelle Première ministre italienne, s’il juge que c’est « utile ».

Emmanuel Macron est attendu a Rome dimanche et lundi pour rencontrer le pape Francois et peut-etre la nouvelle Premiere ministre italienne Giorgia Meloni.
Emmanuel Macron est attendu à Rome dimanche et lundi pour rencontrer le pape François et peut-être la nouvelle Première ministre italienne Giorgia Meloni.© MOHAMMED BADRA / POOL / AFP

Le président français Emmanuel Macron se rend dimanche 23 et lundi 24 octobre à Rome pour voir le pape François et prononcer un discours sur la paix, sur fond de conflit en Ukraine. Le chef de l’État pourrait également devenir le premier dirigeant étranger à rencontrer la nouvelle Première ministre italienne, Giorgia Meloni.

Emmanuel Macron a été invité à s’exprimer à l’ouverture, dimanche, du forum international pour la paix organisé par la communauté catholique italienne Sant’Egidio, l’un des canaux de la diplomatie de l’ombre du Vatican. Selon l’Élysée, il devrait s’inscrire dans la lignée de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU, en septembre, lorsqu’il avait dénoncé « un retour de l’âge des impérialismes et des colonies » imposé par l’invasion russe de l’Ukraine.

À Rome, Emmanuel Macron insistera sur le multilatéralisme pour affronter les « crises qui parcourent notre planète » climat, inégalités et guerre en Ukraine ainsi que « sur l’importance d’éviter la création de fractures artificielles » entre le Nord et le Sud, a expliqué la présidence française.

Une troisième rencontre avec le pape François

Le chef de l’État français assume depuis le début du conflit ukrainien en février de continuer à parler à son homologue russe Vladimir Poutine, à la différence d’autres dirigeants occidentaux, notamment du président américain, Joe Biden. Il a encore plaidé, vendredi à Bruxelles, pour que Kiev et Moscou reviennent « autour de la table » lorsque ce sera « acceptable » pour le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, mais aussi « le plus tôt possible ».

Ce sommet interreligieux de trois jours intitulé « Le Cri de la paix » se clôturera mardi en présence du pape. Le souverain pontife recevra Emmanuel Macron lundi matin en audience au Vatican, pour la troisième fois depuis qu’il est président, la précédente rencontre remonte à il y a moins d’un an, en novembre 2021.

Il devrait aussi être question d’Ukraine, d’autres sujets internationaux, ainsi que des débats de société qui agitent la France, comme l’accueil des réfugiés et peut-être la fin de vie. Le pape François s’est élevé vendredi contre l’euthanasie lors d’un discours devant des élus français, au moment même où Paris s’apprête à lancer une convention citoyenne sur cette question délicate pour aboutir à un éventuel changement de la loi.

Des tensions diplomatiques entre la France et l’Italie

La visite à Rome n’a donc, initialement, aucune dimension bilatérale publique avec l’Italie. Mais elle s’inscrit dans un contexte politique qu’Emmanuel Macron peut difficilement ignorer : l’entrée en fonction ce week-end du gouvernement de Giorgia Meloni, dont le parti postfasciste Fratelli d’Italia a remporté les élections législatives à la tête d’une coalition dominée par l’extrême droite.

Le président français peut-il venir à Rome sans la rencontrer ? Cela pourrait être perçu comme un affront, alors même que les relations franco-italiennes, au beau fixe tant que Mario Draghi dirigeait la péninsule, risquent de traverser une zone de turbulences avec l’eurosceptique et souverainiste Meloni.

Un avant-goût de ces tensions a eu lieu avant même sa nomination, lorsque la secrétaire d’État française aux Affaires européennes, Laurence Boone, a prévenu début octobre que la France serait « très vigilante sur le respect des valeurs et des règles de l’État de droit » en Italie. « Menace inacceptable d’ingérence », s’était aussitôt insurgée celle qui est depuis devenue la première femme Première ministre dans son pays. Emmanuel Macron a tenté de calmer le jeu en assurant être « tout à fait prêt à travailler avec elle ».

Et Giorgia Meloni a donné des gages à ses partenaires européens en martelant son attachement à l’Otan et sa détermination à soutenir l’Ukraine, tout en nommant des personnalités qu’ils peuvent juger rassurantes aux postes clés des Affaires étrangères et de l’Économie. Le chef de l’État français, qui s’entretiendra avec le président de la République italienne, Sergio Mattarella, lundi lors d’un déjeuner privé, a expliqué qu’il prendrait le pouls de ce garant des subtils équilibres institutionnels italiens avant de décider d’un éventuel tête-à-tête avec Giorgia Meloni, si c’est « utile » et « respectueux « des » usages diplomatiques ».

Par Le Point avec AFP

Au Kazakhstan, le pape défend le multilatéralisme face à la logique de « blocs »

septembre 13, 2022
Au Kazakhstan, le pape defend le multilateralisme face a la logique de "blocs"
Au Kazakhstan, le pape défend le multilatéralisme face à la logique de « blocs »© AFP/Filippo MONTEFORTE

Le pape François s’est livré mardi à un éloge du multilatéralisme face à la logique de « blocs » accentuant le risque de nouveaux conflits, au premier jour de son voyage au Kazakhstan, sur fond de tensions liées à la guerre en Ukraine.

Arrivé mardi après-midi pour une visite de trois jours, Jorge Bergoglio, 85 ans, qui se déplace en fauteuil roulant en raison de douleurs au genou, a appelé à « éviter d’accentuer les rivalités et de renforcer les blocs opposés ».

« Nous avons besoin de dirigeants qui, au niveau international, permettent aux peuples de se comprendre et de dialoguer, et engendrent un nouvel +esprit d’Helsinki+ », a-t-il déclaré devant les autorités et le corps diplomatique, en référence aux accords de 1975 ayant consacré la détente entre Occidentaux et Soviétiques.

Quelques minutes plus tôt, le pape avait reçu les honneurs militaires et s’était entretenu avec le président Kassym-Jomart Tokaïev, qui s’est dit « honoré » de le recevoir.

Pour son 38e voyage à l’étranger depuis son élection en 2013, François prendra part mercredi à un sommet inter-religieux à Nur-Sultan, en présence d’une centaine de délégations d’environ 50 pays.

Interrogé lors du vol sur une éventuelle rencontre avec le président chinois Xi Jinping, qui sera au même moment à Nur-Sultan, le pape a répondu n’avoir « aucune information ». « Je suis toujours prêt à aller en Chine », a-t-il toutefois ajouté.

Hasard du calendrier, la présence de M. Xi – qui doit rencontrer le lendemain le président russe Vladimir Poutine en Ouzbékistan – a nourri les spéculations quant à une possible action de la diplomatie vaticane sur le conflit en Ukraine.

« Dialoguer avec tous »

Les habitants de Nur-Sultan interrogés par l’AFP mardi se félicitaient qu’une telle visite mette le Kazakhstan sur le devant de la scène internationale.

« L’autorité du Kazakhstan grandira, il s’agit de faire savoir aux autres pays qu’il existe un tel Etat », a déclaré Joumach, entrepreneur de 58 ans.

Le principal absent au congrès inter-religieux auquel doit prendre part le pape François sera le patriarche orthodoxe russe Kirill, proche soutien de Vladimir Poutine, qui a annulé sa participation sans en préciser la raison.

Si le pape a dénoncé l’invasion de l’Ukraine comme une « guerre cruelle et insensée », Kirill, lui, a défendu « l’opération militaire » de M. Poutine et la lutte contre les « ennemis extérieurs et intérieurs » de la Russie.

Redoutée par Kiev, sa possible participation avait d’abord nourri l’attente d’une nouvelle rencontre avec François, six ans après une entrevue historique à Cuba, la première depuis le schisme de 1054 entre Eglises d’Orient et d’Occident.

La guerre en Ukraine devrait rester un enjeu majeur de cette visite au Kazakhstan, traditionnel allié de Moscou mais qui a refusé de soutenir l’invasion de l’Ukraine.

Mardi, François a insisté sur la nécessité de dialoguer « avec tous » afin de « renforcer le multilatéralisme », dans une allusion implicite à la Russie alors que le Saint-Siège s’efforce depuis février de maintenir un contact diplomatique avec Moscou.

« Processus de démocratisation »

Mercredi matin, le souverain pontife – qui apparaît de plus en plus marqué physiquement – s’exprimera lors de l’ouverture de la session plénière du septième Congrès des religions mondiales et traditionnelles avant de célébrer une messe dans l’après-midi.

En marge du Congrès, François rencontrera également des responsables religieux en tête à tête, a annoncé le Vatican sans donner plus de détails.

Plus grand pays d’Asie centrale riche en ressources naturelles, le Kazakhstan compte 18,7 millions d’habitants dont 70 % de musulmans sunnites et 26 % de chrétiens mais moins de 1 % de catholiques.

Après son arrivée au pouvoir, M. Tokaïev a entamé une série de réformes, mais le pays a été secoué début 2022 par des émeutes meurtrières qui ont brisé son image de stabilité. Les ONG de défense des droits humains continuent d’y dénoncer la répression de toute opposition.

Le pape a toutefois salué le « processus de démocratisation » en cours dans ce « pays de la rencontre » entre de nombreux groupes ethniques, au « carrefour d’importants noeuds géopolitiques ».

Le jésuite argentin est le deuxième pape à se rendre au Kazakhstan après la visite de Jean Paul II en septembre 2001.

Le Point avec AFP

Les affaires d’agressions sexuelles sont des « monstruosités » selon le pape

septembre 4, 2022

Le pape François réaffirme ainsi son souhait d’une « tolérance zéro » face à ces affaires : « Un prêtre ne peut continuer d’être prêtre s’il est un agresseur. »

Le Pape Francois a reaffirme vouloir une tolerance zero contre les agressions sexuelles au sein de l'Eglise.
Le Pape François a réaffirmé vouloir une tolérance zéro contre les agressions sexuelles au sein de l’Église. © LORENZO DI COLA / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Le pape François intransigeant sur les affaires d’agressions sexuelles, qu’il qualifie de « monstruosités » selon lui selon des extraits d’un entretien accordé à une chaîne de télévision portugaise. « C’est très clair. C’est la tolérance zéro. Un prêtre ne peut continuer d’être prêtre s’il est un agresseur. Il ne le peut pas car il est, soit malade, soit un criminel », a dit le pape lors de cet entretien à TVI/CNN Portugal, dont des extraits ont été publiés sur le site internet de la chaîne.

« C’est monstrueux, car cela détruit des vies », a-t-il ajouté dans cette interview en deux parties qui sera diffusée dimanche et lundi soir. À l’instar de la France, une commission indépendante, dont les travaux ont débuté en début d’année, est chargée d’enquêter sur les agressions sexuelles au sein de l’Église au Portugal, un pays à forte tradition catholique. Cette commission, créée à initiative de l’Église, a déjà recueilli quelque 400 témoignages, dont 17 ont été communiqués à la justice, a récemment indiqué Pedro Stretch, le pédopsychiatre qui dirige ce groupe de travail dont les conclusions doivent être présentées à la fin de l’année.

« Je ne nie pas les abus. Un seul abus ce serait déjà monstrueux », a reconnu le pape dans cet entretien à la télévision portugaise. Le pape a indiqué en outre qu’il comptait se rendre au Portugal, lors des prochaines Journées mondiales de la jeunesse, rendez-vous mondial des jeunes catholiques qui se dérouleront du 1er au 6 août 2023. « Je pense m’y rendre. En tout cas, le pape ira », a-t-il affirmé. Initialement prévues pour le mois d’août 2022, les JMJ avaient été reportées d’un an en raison de la pandémie de Covid-19.

Par Le Point avec AFP

Le pape François prépare sa succession et crée 20 cardinaux

août 27, 2022

Parmi eux, 16 « électeurs ». Une nomination particulièrement surveillée par les observateurs, à l’affût d’indications sur le futur souverain pontife.

Le pape François prépare sa succession. Il crée ce samedi 20 nouveaux cardinaux proches de sa ligne, des hommes de terrain, de différents continents et sensibles aux « périphéries ». Ce consistoire, le huitième du pontificat de François depuis son élection en 2013, intervient sur fond de spéculations sur l’état de santé du pape de 85 ans, contraint depuis plusieurs mois de se déplacer en fauteuil roulant en raison de douleurs au genou et qui a laissé « ouverte » la possibilité de renoncer un jour à son ministère.

À 16 heures (14 heures GMT) samedi, sous les dorures de la basilique Saint-Pierre de Rome, le pape créera 20 nouveaux cardinaux, parmi lesquels 16 « électeurs » – ceux qui sont âgés de moins de 80 ans – pourront participer au futur conclave.

La nomination de ces hauts prélats chargés d’assister le pape est scrutée par les observateurs qui y voient une indication sur la possible ligne du futur chef spirituel du 1,3 milliard de catholiques. Sensible aux communautés minoritaires, à la fibre sociale et à l’évangélisation, le jésuite argentin s’est affranchi du choix traditionnel d’archevêques de grandes villes, préférant des profils moins attendus.

Giorgio Marengo, cardinal le plus jeune au monde

À l’issue de ce consistoire, le premier depuis novembre 2020, le pape François aura ainsi choisi 83 cardinaux sur le total actuel de 132 électeurs, soit près des deux tiers, la proportion nécessaire pour élire un nouveau pape, même si ce choix est toujours imprévisible.

Avec 40 % des électeurs, l’Europe reste ainsi le continent le plus représenté, devant l’Amérique du Sud et l’Asie (16 % chacune), l’Afrique (13 %) et l’Amérique du Nord (12 %).

Parmi les personnalités notables figure l’Américain Robert McElroy, évêque de San Diego en Californie, considéré comme progressiste pour ses positions sur les catholiques homosexuels, notamment.

À noter également, le choix inattendu du missionnaire italien Giorgio Marengo, préfet apostolique d’Oulan-Bator (Mongolie), qui deviendra à 48 ans le plus jeune cardinal du monde. « Avec simplicité et humilité, je me mets à l’écoute de personnes beaucoup plus expérimentées que moi », a-t-il déclaré samedi à la presse, confiant avoir été « surpris » et « honoré » par sa nomination. « C’est un signe d’attention pour ces réalités qui sont généralement considérées comme minoritaires (…) on sait à quel point la marginalité est importante dans le cœur du Saint-Père », a-t-il ajouté en référence à son pays de mission.

Gérald Darmanin pour représenter la France

Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille particulièrement engagé dans le dialogue interreligieux, devient quant à lui le sixième Français du collège cardinalice.

Autres hommes de terrain à endosser la robe pourpre, le Nigérian Peter Okpaleke, le Brésilien Leonardo Ulrich Steiner ou encore Virgilio Do Carmo Da Silva, archevêque de Dili (Timor oriental). Trois futurs cardinaux occupent déjà des postes à responsabilité dans la Curie, le « gouvernement » du Vatican : le Britannique Arthur Roche, le Sud-Coréen Lazzaro You Heung-sik et l’Espagnol Fernando Vérgez Alzaga.

Comme de coutume, tous s’agenouilleront devant le pape pour recevoir leur barrette (coiffe carrée) rouge et leur anneau cardinalice. La cérémonie, où la France sera représentée par son ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, sera suivie de la traditionnelle « visite de courtoisie » au Vatican, qui permet au public de saluer les nouveaux « princes de l’Église ».

Dans la foulée, lundi et mardi, se tiendra une réunion avec 197 cardinaux et responsables religieux du monde entier, que le pape a tenu à réunir pour évoquer la nouvelle « Constitution » du Vatican, entrée en vigueur en juin, et l’avenir de l’Église. Une réunion qui, indirectement, permettra de préparer le prochain conclave.

Ce sera l’occasion « d’apprendre à mieux se connaître, car nous venons des quatre coins du monde », ainsi que d’évoquer la « réorientation de la Curie », a confié Mgr McElroy.

Par Le Point avec AFP

Allégations d’agressions : le pape exclut une nouvelle enquête contre Marc Ouellet

août 18, 2022
Le pape François marche avec le cardinal Ouellet.

Le pape François en compagnie du cardinal Ouellet, lors de la tenue du symposium sur le sacerdoce, à Rome en 2022. Photo : Getty Images/Tiziana Fabi

Le pape François exclut l’ouverture d’une nouvelle enquête par l’Église catholique contre le cardinal Marc Ouellet, qui fait l’objet d’allégations d’agressions sexuelles.

Dans une déclaration relayée par le Vatican jeudi, le souverain pontife affirme que les preuves sont insuffisantes pour que l’Église catholique lance une telle investigation à l’endroit de l’influent cardinal québécois.

Le pape François déclare qu’il n’y a pas d’éléments suffisants pour ouvrir une enquête canonique pour agression sexuelle de la part du cardinal Ouellet, a affirmé le porte-parole du Vatican Matteo Bruni dans un bref communiqué.

Le cardinal Ouellet s’est retrouvé sur la sellette deux jours plus tôt : son nom est cité dans de nouveaux documents déposés en Cour supérieure dans le cadre d’une action collective, autorisée en mai dernier, visant l’ensemble des agressions sexuelles qui auraient été commises par des personnes sous l’autorité du diocèse de Québec depuis 1940.

Près de 80 membres du clergé sont ciblés par la requête, des prêtres pour la plupart, pour des gestes qui remonteraient généralement aux années 1950 et 1960 et qui toucheraient plus d’une centaine de victimes, dont la plupart étaient des personnes mineures au moment des faits.

Pressenti pour succéder au pape François, le cardinal Ouellet est de loin la personne la plus connue de la liste et dont les fonctions sont les plus élevées. Il ne fait face à aucune accusation criminelle. C’est la première fois que son nom apparaît dans ces procédures.

Dans son cas, la requérante, dont l’identité se résume à la lettre F dans les documents, faisait un stage comme agente de pastorale, de 2008 à 2010, au moment où les faits se seraient produits, lors d’événements publics.

À différentes occasions, le cardinal Ouellet l’aurait serrée contre lui, aurait massé ses épaules ou lui aurait caressé vigoureusement le dos jusqu’à l’endroit où se mélangent les fesses, provoquant chaque fois un profond malaise chez la jeune stagiaire, qui a confié s’être sentie pourchassée par l’homme.

Marc Ouellet, âgé de 78 ans, est actuellement préfet de la Congrégation pour les évêques, l’une des fonctions les plus importantes du gouvernement du Vatican. Au moment des faits allégués, il était archevêché de Québec.

Une première enquête bâclée?

Lorsque la plaignante a relaté les faits au comité-conseil sur les abus sexuels du diocèse de Québec en 2020, on l’a invitée à transmettre l’affaire directement au pape, puisque c’est ce que les règles prévoient.

La plainte doit aller à l’évêque du diocèse où se trouve la personne, le prêtre, actuellement. Alors comme le cardinal Ouellet est à Rome, l’évêque du cardinal Ouellet, c’est le pape, explique le théologien Jean-Guy Nadeau.

À la suite de cette démarche, c’est le père Jacques Servais qui a été mandaté par le pape, en 2021, pour enquêter sur les allégations d’agressions sexuelles visant le cardinal Ouellet.

Mon premier réflexe a été de faire une recherche pour voir c’est qui. Quand j’ai vu tout de suite d’emblée les relations avec Marc Ouellet, ça m’a inquiétée au niveau de son indépendance et de sa neutralité, confie la plaignante.

Des règles bafouées?

Le Vatican a-t-il enfreint ses propres règles dans le traitement de la plainte contre le cardinal Marc Ouellet? Les allégations d’inconduite sexuelle apparues hier dans l’action collective contre le diocèse de Québec avaient fait l’objet d’une enquête au préalable par le Vatican. Or, les circonstances laissent planer un doute sur l’intégrité du processus. Voici ce qu’a appris Sylvie Fournier de l’équipe d’Enquête.

Marc Ouellet et le père Servais se connaissent, ils font notamment partie d’un même comité et ont collaboré à différentes publications de même qu’à l’organisation d’événements à Rome.

Ce lien entre les deux hommes contrevient à un décret formulé par le pape lui-même, qui stipule qu’un enquêteur est tenu d’agir avec impartialité et doit être exempt de conflits d’intérêts, sans quoi il a l’obligation de s’abstenir.

Une situation que le théologien Jean-Guy Nadeau qualifie de troublanteOn est un peu estomaqués. Il y a d’autres personnes à Rome qui auraient pu faire enquête.

Plus encore, la plaignante affirme que, rapidement, le père Servais lui a directement admis ne pas être un enquêteur, n’avoir jamais vraiment agi dans ce genre de dossier et qu’il ne savait pas quoi faire des allégations.

Toujours selon le décret du pape, le père Servais avait 90 jours pour rendre une décision concernant les allégations contre Marc Ouellet. La plaignante attend toujours cette décision, un an et demi plus tard.

Jacques Servais n’a pas répondu aux demandes d’entrevue formulées par l’équipe d’Enquête.

Pas de raison de poursuivre, assure le père Servais

C’est sur la base des éléments réunis par le père Servais dans le cadre de cette enquête que le pape a décidé d’exclure l’ouverture d’une nouvelle enquête contre Mgr Ouellet. C’est du moins ce qu’a fait savoir le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, jeudi.

M. Bruni précise dans son communiqué que le père Servais a été de nouveau contacté par le pape, qui a reçu l’assurance de sa part qu’il n’y avait pas de raison de poursuivre la procédure.

Cité dans le communiqué du Vatican, Jacques Servais affirme qu’il n’y a aucun motif fondé pour ouvrir une enquête pour agression sexuelle de la personne F. de la part du Card. M. Ouellet.

Ni dans son rapport écrit [de F.] envoyé au Saint-Père ni dans le témoignage via Zoom que j’ai recueilli par la suite en présence d’un membre du Comité diocésain ad hoc, cette personne n’a porté une accusation qui fournirait matière à une telle enquête, assure le père Servais, toujours cité par le Vatican.

Les allégations contre le cardinal Marc Ouellet surviennent trois semaines après la visite du pape au Canada, au cours de laquelle il s’est excusé pour les agressions sexuelles perpétrées par des membres de l’Église et pour le traitement infligé aux Autochtones dans les pensionnats.

En février, Marc Ouellet avait lui-même fustigé le drame des agressions sexuelles commises par des clercs et les comportements criminels trop longtemps dissimulés pour protéger l’institution, lors d’un important colloque au Vatican en présence du pape François.

En 2013, le cardinal était cité parmi les favoris du dernier conclave à l’issue duquel le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio a été élu pape.

Radio-Canada avec les informations de Sylvie Fournier, d’Enquête, et de l’Agence France-Presse

Vatican: Le pape dit avoir reçu comme une « gifle » les témoignages d’Autochtones canadiens

août 3, 2022
Un Autochtone portant une tenue traditionnelle munie de plumes s'adresse au pape qui est assis devant l'auditoire.

De nombreux enfants autochtones ont été victimes de violences dans les pensionnats gérés par l’Église. Photo : Radio-Canada/Olivia Laperrière-Roy

Le pape François a confié mercredi avoir reçu comme une « gifle » les témoignages d’Autochtones victimes de violences dans des pensionnats gérés par l’Église, lors de son voyage au Canada la semaine dernière.

Le souverain pontife est revenu samedi d’un voyage de six jours où il a rencontré des représentants des Premières Nations, des Métis et des Inuit, auxquels il a demandé pardon pour ce qu’il a appelé le mal commis dans ces pensionnats, mis en place par les gouvernements de l’époque, mais administrés en majorité par l’Église catholique.

Je vous assure que lors de ces réunions, en particulier la dernière, j’ai reçu comme une gifle la douleur de ces gens, a déclaré le pape François lors de l’audience générale hebdomadaire au Vatican.

Entendre des personnes âgées qui ont perdu des enfants, qui ne savent pas où ils sont a été un moment douloureux, a-t-il souligné.

Dans son discours, le pape n’a pas fait référence à la doctrine de la découverte, en vertu de laquelle les peuples qui n’étaient pas chrétiens – comme les Autochtones– pouvaient, selon l’Église, lui être assujettis.

Cette doctrine a permis de justifier, juridiquement et moralement, la dépossession coloniale des Premières Nations, Inuit et Métis, selon l’Assemblée des Premières Nations (APN).

Dans son discours, mercredi, le pape François a néanmoins évoqué la mentalité de colonisation […] encore présente aujourd’hui, qui se manifeste sous différentes formes.

Elle menace les traditions, l’histoire et les liens religieux des gens en gommant les différences, en se concentrant seulement sur le présent et en négligeant les plus faibles et les plus fragiles, a-t-il déclaré.

Le pape a conclu son voyage canadien vendredi à Iqaluit, capitale du vaste territoire du Nunavut dans l’archipel arctique, où il a de nouveau demandé pardon pour les violences dans les 139 pensionnats où environ 150 000 enfants autochtones ont été envoyés de la fin du 19e siècle aux années 1990.

De nombreux enfants y ont été victimes de violences et au moins 6000 y sont morts de maladie, de malnutrition ou de négligence dans ce que le souverain pontife a qualifié de « génocide » après son voyage.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

Les peuples autochtones ont subi un « génocide » dans les pensionnats, dit le pape

juillet 30, 2022
Plan rapproché sur le pape qui se recueille devant le tombeau de saint François de Laval.

Le pape lors de sa visite à la basilique Notre-Dame de Québec. Photo : Radio-Canada

« J’ai présenté mes excuses, demandé pardon pour ce processus qui est un génocide », a déclaré vendredi le pape François aux médias, évoquant les abus subis par les peuples autochtones alors qu’ils étaient forcés de fréquenter les pensionnats.

Le souverain pontife a fait cette déclaration à bord de l’avion qui le ramenait à Rome au terme d’une tournée de six jours au Canada.

Le pape s’est excusé à plusieurs reprises au cours de la semaine pour le rôle de l’Église catholique romaine dans les institutions. Il a demandé pardon pour les abus commis par certains membres de l’Église ainsi que pour la destruction culturelle et l’assimilation forcée.

Cela n’est pas assez aux yeux de certains Autochtones qui se sont dits déçus que le pape n’ait pas nommé les crimes et les abus que les pensionnaires et les survivants ont subis. Ils lui ont également reproché de ne pas avoir utilisé le terme « génocide ».

Cependant, lorsqu’on lui a demandé s’il l’utiliserait désormais , François a répondu que oui.

« Enlever des enfants, changer leur culture, leur état d’esprit, leurs traditions – changer une race, une culture entière, oui, j’utilise le mot  »génocide ». »— Une citation de  Le pape François

Dans son rapport rendu public en 2015, la Commission de vérité et réconciliation avait qualifié les pensionnats pour Autochtones de forme de génocide culturel. Depuis, des groupes autochtones estiment qu’il s’agit bel et bien d’un génocide.

La députée néo-démocrate du Manitoba Leah Gazan a déposé une motion à la Chambre des communes l’année dernière demandant au gouvernement fédéral de reconnaître ce qui s’est passé dans les pensionnats comme un génocide, mais elle n’a pas obtenu le consentement unanime.

L’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a également conclu que la violence contre les femmes et les filles était une forme de génocide.

La négligence et les abus physiques et sexuels étaient endémiques dans les écoles, alors que l’Église catholique dirigeait 60 % des établissements.

À une question sur la doctrine de la découverte ou les déclarations officielles pour justifier la colonisation des Amériques, le pape a répondu : La colonisation, c’est mal. C’est injuste.

Soyons conscients que la colonisation n’est pas terminée. La même colonisation est là aussi aujourd’hui, a ajouté le souverain pontife.

Ralentir le rythme ou se retirer

Le pape François.

Le pape François lors d’une conférence de presse à bord de l’avion le ramenant à Rome après sa tournée au Canada. Photo : Getty Images/Guglielmo Mangiapane

À 85 ans, diminué par des douleurs au genou le contraignant à se déplacer en fauteuil roulant, le pape a confié aux journalistes qu’il devrait réduire le rythme de ses déplacements.

Pour soulager sa gonalgie, le pape reçoit régulièrement des infiltrations et suit des séances de kinésithérapie, selon le Vatican. Il a toutefois écarté la possibilité d’une intervention chirurgicale, car il garde des séquelles de l’anesthésie subie en juillet 2021 lors de son opération au colon.

Le souverain pontife a déjà subi l’ablation d’une partie d’un poumon dans sa jeunesse et il souffre d’une sciatique chronique.

Le pape a aussi évoqué la possibilité de se mettre de côté.

« Je dois me ménager pour pouvoir servir l’Église, ou au contraire penser à la possibilité de me mettre de côté.  »— Une citation de  Le pape François

En toute honnêteté, ce n’est pas une catastrophe. On peut changer de pape. Ce n’est pas un problème. Je crois que je dois me limiter un peu, avec ces efforts, a ajouté le souverain pontife.

Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas poussé cette porte. Comme on dit, je ne l’ai pas senti, mais cela ne veut pas dire qu’après-demain je ne vais pas commencer à y penser, a-t-il confié.

En 2013, le pape Benoît XVI a quitté ses fonctions, expliquant que ses forces et son âge avancé n’étaient plus compatibles avec l’exercice de son rôle.

C’était le troisième pape à démissionner dans l’histoire de l’Église catholique. Avant lui, Grégoire XII avait abdiqué en juillet 1415, et Célestin V, en décembre 1294.

Radio-Canada avec les informations de La Presse canadienne et Agence France-Presse

Canada: Le pape demande pardon aux victimes d’abus sexuels de l’Église

juillet 28, 2022
Assis sur son siège, devant l'autel, le pape François écoute les mots de bienvenue de Mgr Raymond Poisson.

Le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, Mgr Raymond Poisson (à gauche), a accueilli le pape avec des mots de bienvenue à l’intérieur de la basilique-cathédrale de Notre-Dame-de-Québec. Photo : Radio-Canada

Le pape François a demandé pardon jeudi à toutes les victimes d’abus sexuels commis par des membres de l’Église catholique au Canada. Il a également invité le clergé canadien à se montrer humble et crédible dans le processus de réconciliation avec les Autochtones en rejetant notamment tout sentiment de supériorité ou de malveillance à leur égard.

Devant des membres du clergé canadien et des agents pastoraux laïcs réunis à la basilique-cathédrale de Notre-Dame-de-Québec, le souverain pontife a mentionné que l’Église au Canada avait commencé un nouveau parcours après avoir été blessée et choquée par le mal perpétré par certains de ses enfants.

Je pense en particulier aux abus sexuels commis contre des mineurs et des personnes vulnérables, des scandales qui appellent des actions fortes et un combat irréversible, a déclaré le pape, avant de demander pardon aux victimes.

« Je voudrais, avec vous, demander à nouveau pardon à toutes les victimes. La douleur et la honte que nous ressentons doivent devenir une occasion de conversion : plus jamais ça! »— Une citation de  Extrait de l’homélie du pape François

Un homme vêtu d'une coiffe à plumes assiste à la messe.

Le pape a invité le clergé canadien à s’inspirer de saint François de Laval dans ses relations avec les Autochtones. Photo : Radio-Canada/Olivia Laperrière-Roy

Le chef du Saint-Siège a immédiatement enchaîné en fustigeant l’exclusion de toute culture au nom d’une prétendue supériorité, une référence directe à la participation de l’Église aux politiques d’assimilation des Autochtones, dont le système des pensionnats.

En pensant au parcours de guérison et de réconciliation avec nos frères et sœurs autochtones, que la communauté chrétienne ne se laisse plus jamais contaminer par l’idée qu’il existe une supériorité d’une culture par rapport à une autre et qu’il soit légitime d’utiliser des moyens de coercition contre les autres, a insisté le pape.

S’inspirer de François de Laval

Il a enjoint aux responsables de l’Église catholique au Canada de s’inspirer de son premier évêque, saint François de Laval, qui fulminait contre ceux qui exploitent les Autochtones en les incitant à consommer des boissons pour les arnaquer.

« Ne permettons à aucune idéologie d’aliéner et de confondre les styles et les modes de vie de nos peuples pour tenter de les soumettre et de les dominer. »— Une citation de  Extrait de l’homélie du pape François

Pour mettre fin à cette culture de l’exclusion, il faut commencer par nous, a poursuivi le pape, qui a exhorté les pasteurs et les agents pastoraux à ne pas se sentir supérieurs et à ne pas voir leur service comme un pouvoir.

Le pape devant le tombeau de Saint François de Laval.

Le pape François et le cardinal archevêque de Québec, Gérald Cyprien Lacroix, se sont recueillis près du tombeau de saint François de Laval. Photo : Radio-Canada

Comme il le fait lors de la plupart de ses visites à l’étranger, le pape tenait à rencontrer des représentants locaux de l’Église catholique à l’occasion de la prière du soir, également appelée vêpres.

Il s’agissait de la dernière action liturgique à être célébrée par le pape durant son voyage apostolique au Canada.

Le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, Raymond Poisson, et le cardinal archevêque de Québec, Gérald Cyprien Lacroix, étaient sur place.

Message attendu

Comme prévu, le chef du Saint-Siège a donc profité de son homélie pour faire part de ses observations, préoccupations et attentes à l’égard des évêques canadiens et de leurs collaborateurs.

Des fidèles assistent à la messe célébrée par le pape, accompagné d'autres membres de l'Église.

En matinée, le pape a célébré une messe à la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré. Photo : Radio-Canada/Olivia Laperriere-Roy

Selon Alain Bouchard, chargé de cours à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval, en évoquant les abus sexuels commis par des membres de l’Église, le pape a lancé un message clair au clergé canadien.

Il y a un mot d’ordre. Il termine en disant : plus jamais, mais ça prend un combat irréversible, ça prend des actions fortes. Alors ça, c’est un message qu’il passe au clergé, c’est-à-dire qu’à partir de maintenant, le clergé canadien a comme mandat, face à cette question-là, d’agir et de poser des gestes, a analysé M. Bouchard en entrevue au Téléjournal Québec.

Des abus nommés

La sénatrice Michèle Audette, membre de la communauté innue, était émue après avoir entendu le pape évoquer enfin les abus sexuels de l’Église devant des membres du clergé.

Celle qui a été commissaire à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées de 2016 à 2019 avait une pensée particulière pour les victimes qui ont assisté à la messe du pape François à Sainte-Anne-de-Beaupré, jeudi matin, au cours de laquelle les abus sexuels n’ont pas été mentionnés.

Michèle Audette lors des travaux de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Michèle Audette s’est réjouie de ce que le pape évoque les abus sexuels commis par des membres de l’Église (archives). Photo : The Canadian Press/David Lipnowski

C’est notre vie, c’est mes amis, c’est tout le monde qui est dehors, que vous ne voyez pas, qui ont été touchés, qui ont été affectés et qui ne l’ont pas entendu aujourd’hui, mais qui ont accepté pareil cette messe-là. Ils l’ont trouvée belle, a indiqué Mme Audette à l’animateur Bruno Savard lors d’une émission spéciale sur les ondes de RDI.

Alors, comprenez-vous que, quand je vais vous dire bye-bye tout à l’heure, bien, je vais leur dire : vous pouvez lire ce que le pape a dit ce soir à d’autres Autochtones, à d’autres leaders puis à la planète au complet, a ajouté la sénatrice.

Le pape François partira de Québec vendredi pour se rendre à Iqaluit, dernière étape de son pèlerinage au Canada.

Avec Radio-Canada par Louis Gagné

Canada: Le pape a omis des éléments importants dans ses excuses, croit Marc Miller

juillet 27, 2022
Marc Miller en point de presse devant des drapeaux du Canada.

Le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, estime que le pape François n’a pas mentionné les abus sexuels dans ses excuses aux Autochtones du pays et qu’il ne s’est pas excusé au nom de l’Église en tant qu’institution (Archives). Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Le pape François a omis certains éléments importants qui ne peuvent pas être ignorés lors de ses excuses aux survivants des pensionnats, estime le ministre fédéral des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller.

Le ministre a souligné en entrevue avec La Presse canadienne que le discours prononcé par le pape en début de semaine près d’Edmonton, en Alberta, a une signification particulière pour les Autochtones qui doivent maintenant se l’approprier dans leur processus de guérison.

C’est un moment très émotif, a-t-il mentionné.

M. Miller pense que c’est aux personnes concernées de décider si elles acceptent ou non les excuses pour le rôle que l’Église catholique a joué dans le système des pensionnats. Il a toutefois relevé des différences entre les excuses faites au Canada et celles que le Vatican a présentées aux victimes d’abus sexuels en Irlande, il y a quelques années.

Deux critiques principales ont fait surface depuis les excuses de lundi : le pape n’a jamais mentionné les abus sexuels dans les pensionnats du Canada et il ne s’est pas excusé au nom de l’Église en tant qu’institution, préférant plutôt demander pardon pour le mal commis par de nombreux chrétiens.

« Il y a une énorme différence entre les deux, a rappelé le ministre. Le choix qu’il a fait parle de lui-même. »— Une citation de  Marc Miller, ministre des Relations Couronne-Autochtones

Le ministre Miller a rappelé que la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui a fait une enquête sur les pensionnats, avait précisément demandé que les excuses papales soient similaires à celles offertes par le Vatican en 2010 aux victimes en Irlande.

Selon le ministre, ces excuses – présentées par le pape Benoît XVI dans une lettre – faisaient directement référence aux abus sexuels subis par les enfants irlandais et au rôle joué par l’Église catholique.

L’organisme Keewatinowi Okimakanak du Manitoba, qui représente les Premières Nations du Nord, a indiqué par voie de communiqué qu’il est heureux d’avoir reçu des excuses, mais a aussi déploré l’absence de référence aux abus sexuels.

Demander pardon et reconnaître les torts causés n’est que la première de plusieurs étapes qui doivent être franchies. Il y a encore beaucoup de travail qui doit être fait.

Avec La Presse canadienne