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Angola: João Lourenço congédie le fils de l’ex-président Dos Santos de la direction du fonds souverain

janvier 11, 2018

João Lourenço, président de l’Angola. © Bruno Fonseca/AP/SIPA

João Lourenço a congédié mercredi le fils de l’ex-président dos Santos de la direction du fonds souverain. Celui-ci a notamment été mis en cause dans les Paradise Papers.

Selon l’agence de presse angolaise, le président João Lourenço a limogé le mercredi 10 janvier le fils d’Eduardo dos Santos, José Filomeno dos Santos, surnommé Zénu, de la présidence du « Fundo Soberano de Angola », le fonds souverain angolais. Il a également renouvelé son conseil d’administration, en nommant à sa tête un ancien ministre des Finances, Carlos Alberto Lopes. Ce départ fait suite à l’ouverture d’une enquête sur sa gestion de l’institution, après que le fils dos Santos ait été mis en cause dans les Paradise Papers.

Au 30 septembre 2017, le Fundo Soberano de Angola gérait 5 milliards de dollars d’actifs, dont 48 % étaient dédiés à l’Afrique subsaharienne, d’après les résultats financiers publiés fin décembre 2017.

Le « liquidateur implacable »

Depuis qu’il a remplacé Eduardo dos Santos à la tête du pays en septembre 2017, Lourenço a congédié un certain nombre de proches de son prédécesseur, au premier rang duquel ses enfants, gagnant au passage le surnom de « liquidateur implacable ».

Il a ainsi démis de ses fonctions Isabel dos Santos à la tête de la Sonangold, et arrêté le contrat entre la télévision d’État et deux autres enfants dos Santos. Lourenço a également remplacé le gouverneur de la banque centrale et le directeur de la compagnie diamantaire nationale Endiama.

D’après un communiqué de la présidence angolaise, João Lourenço a tenu une première conférence de presse, lundi 8 janvier à l’occasion de ses 100 premiers jours au pouvoir. Il a ainsi rappelé sa détermination à lutter contre la corruption, annonçant notamment la mise en place d’appel d’offres ouverts et concurrentiels pour les projets de construction financés par l’État angolais.

Jeuneafrique.com

« Paradise Papers » les personnalités et groupes cités

novembre 8, 2017

Paradise papers / © AFP / Vincent LEFAI

Apple, Bono, Shakira, le milliardaire Bernard Arnault, plusieurs personnalités et grands groupes sont épinglés par l’enquête des « Paradise papers » sur les pratiques l’optimisation fiscale à l’échelle mondiale.

Ils rejettent toute irrégularité et affirment avoir eu recours à des montages légaux.

– Des personnalités politiques –

– Elizabeth II disposerait, via le Duché de Lancaster, domaine privé de la souveraine et source de revenus, d’une dizaine de millions de livres sterling d’avoirs dans des fonds aux Iles Caïmans et aux Bermudes. Ils sont, d’après les révélations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), investis dans de nombreuses sociétés dont Brighthouse, une entreprise de location-vente d’électroménager accusée de profiter de la misère via des remboursements à taux d’intérêt prohibitifs.

– Son fils, le prince Charles aurait fait campagne pour que certains accords sur le changement climatique soient modifiés, sans révéler que le Duché de Cornouailles, une de ses sources de revenus, venait d’investir dans une société basée aux Bermudes qui profiterait de ses propositions.

– Le secrétaire d’Etat au Commerce américain, Wilbur Ross, contrôlerait 31% d’une société de transport maritime, Navigator Holdings, via des sociétés offshore. L’un des principaux clients de cette entreprise est, selon l’ICIJ, la société gazière russe Sibur, contrôlée par des proches du président Vladimir Poutine, dont un oligarque sanctionné par Washington après l’annexion de la Crimée.

– Au Canada, le milliardaire Stephen Bronfman, ami du Premier ministre Justin Trudeau et trésorier de son parti lors de sa campagne en 2015, aurait placé 52 millions d’euros dans une société offshore aux Iles Caïmans.

– Des célébrités –

– Le chanteur Bono est, selon l’enquête, actionnaire d’une entreprise maltaise qui aurait investi dans un centre commercial lituanien, via une holding qui aurait recouru à des techniques d’optimisation fiscale illégales.

– Le champion du monde de Formule 1, le Britannique Lewis Hamilton, aurait utilisé une société-écran sur l’île de Man pour économiser la TVA sur l’achat d’un nouveau jet privé de plus de 18 millions d’euros, selon le Guardian.

– La chanteuse américaine Madonna aurait investi, selon Radio France, dans une société bénéficiant de taxes sur la plus-value quasiment inexistantes.

– La chanteuse colombienne Shakira, qui vit à Barcelone, serait domiciliée aux Bahamas pour des raisons fiscales et aurait transféré à Malte et au Luxembourg ses droits d’auteur, environ 31,6 millions d’euros, d’après Le Monde.

– De grands groupes –

– Les filiales d’Apple en Irlande ont, selon l’ICIJ, profité d’un vide dans le droit fiscal irlandais, leur permettant un temps de ne payer aucun impôt dans le monde. Le groupe a ensuite déménagé à Jersey où le taux d’imposition pour les entreprises est nul.

– Nike aurait utilisé une série de montages aux Pays-Bas et aux Bermudes pour échapper au paiement de plusieurs milliards d’euros d’impôts.

– La société de VTC Uber, le fabricant du Botox, le laboratoire pharmaceutique Allergan, auraient eu recours à des montages semblables.

– Le milliardaire français Bernard Arnault et son groupe LVMH auraient placé « des actifs dans six paradis fiscaux », selon Le Monde, dont un yacht détenu par une société maltaise, battant pavillon aux Caïmans.

– Le géant pétrolier Total utiliserait des filiales aux Bermudes à des fins d’optimisation fiscale, selon le site de France Info.

– Le groupe Dassault Aviation aurait joué un « rôle actif » dans des montages destinés à éviter à ses clients d’acquitter la TVA sur les jets privés, via l’île de Man, selon Le Monde.

– Les « Paradise papers » ont par ailleurs révélé que des sociétés russes, proches du Kremlin, avaient investi des centaines de millions de dollars dans Twitter et Facebook. Les géants de l’internet sont actuellement sous le feu des critiques sur l’utilisation de leurs plateformes dans la propagation de rumeurs russes pendant la campagne présidentielle américaine de 2016.

Romandie.com avec(©AFP / 08 novembre 2017 15h28)                

Paradise Papers: « On a affaire à des gens intelligents »

novembre 6, 2017

Jean-Baptiste Chastand, reporter au « Monde » et membre de l’équipe d’enquête sur les Paradise Papers, décrypte sur Europe 1 les mécanismes du cabinet d’avocats au cœur du scandale.

Dix-huit mois après les « Panama papers », place aux « Paradise papers ». Ces révélations, qui ont commencé à être publiées dès dimanche soir, lèvent le voile sur les stratégies d’optimisation employées pour échapper à l’impôt, qui ne sont, elles, pas forcément illégales, comme l’explique sur Europe 1 Jean-Baptiste Chastand, reporter au Monde, qui a participé à cette enquête colossale.

Des pratiques légales, « au moins en apparence ».

« Contrairement aux Panama Papers, Appleby, le cabinet dont les documents ont fuité et qui opère dans dix juridictions off-shore du monde entier, s’évertue à respecter la légalité, au moins en apparence. Mais toujours avec un objectif ultime : faire baisser la facture d’impôts de leurs clients », détaille le journaliste, qui a écumé avec 400 confrères près de 13 millions de documents confidentiels pendant un an.

Il y a des gens qui passent leur vie à essayer de chercher de nouvelles failles

« Cela permet que ces failles soient fermées par les autorités ».

« On a affaire à des gens très intelligents », continue Jean-Baptiste Chastand. « C’est-à-dire qu’à chaque fois qu’on fait de nouvelles révélations, les failles en question sont souvent fermées dans les mois ou les années qui suivent par les gouvernements du monde entier, mais en face, il y a des gens qui passent leur vie à essayer de chercher de nouvelles failles. Et avec la mondialisation, c’est très difficile de tout surveiller en continue. C’est là l’importance de ces leaks, qui ne sont pas forcément faits pour révéler des choses parfaitement illégales, mais quand on les révèle, cela permet que ces failles soient fermées par les autorités. »

De nouvelles révélations à venir.

Il faut dire que cette optimisation fiscale représente 350 milliards d’euros chaque année, dont 20 milliards pour la France. Apple, Nike, la reine d’Angleterre ou encore le pilote de Formule 1 Lewis Hamilton ont déjà été épinglés. En attendant de nouvelles révélations. Notamment sur « des multinationales qui ont eu un impact en France », promet le reporter.