Posts Tagged ‘Park Geun-Hye’

La Corée du Nord veut exécuter l’ex-présidente sud-coréenne Park

juin 28, 2017

/ © POOL/AFP/Archives / JUNG YEON-JE

La Corée du Nord a menacé mercredi d' »infliger la peine de mort » à la présidente sud-coréenne destituée Park Geun-Hye, l’accusant d’avoir ourdi un complot pour assassiner son leader Kim Jong-Un.

Dans un communiqué diffusé par l’agence officielle KCNA, le ministère de la Sécurité et le parquet de Corée du Nord ont accusé Mme Park, actuellement incarcérée et jugée pour corruption en Corée du Sud, d’avoir donné son feu vert à un plan des services secrets sud-coréens pour liquider Kim Jong-Un.

« Nous faisons savoir, chez nous et à l’étranger, que nous infligerons la peine de mort à la traîtresse Park Geun-Hye », affirme ce communiqué.

Pyongyang a également menacé de tuer l’ex-directeur des services de renseignement sud-coréens Lee Byung-Ho.

« A partir de cet instant, ils pourront faire face à une mort misérable comme des chiens n’importe quand, n’importe où et de n’importe quelle façon », avertit le communiqué.

Pyongyang a exigé de la Corée du Sud qu’elle lui livre Mme Park et M. Lee en les accusant d' »infâme terrorisme d’Etat contre la magistrature suprême » de Corée du Nord.

En mai dernier, le ministère de la Sécurité nord-coréen avait affirmé avoir découvert un complot fomenté, selon lui, par les serices secrets américains et sud-coréens pour assassiner Kim Kong-Un à l’aide d’une arme biochimique.

Mme Park a été destituée en décembre 2017 par l’Assemblée nationale sud-coréenne, et a vu son immunité levée en mars dernier. Elle a été incarcérée et est actuellement jugée pour pour 18 chefs, y compris corruption, coercition et abus de pouvoir. Elle risque la prison à vie.

En février 2017, le demi-frère en disgrâce du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-Nam, avait été assassiné dans l’aéroport de Kuala Lumpur par deux femmes qui lui avaient jeté au visage un agent neurotoxique, le VX, une version hautement mortelle du gaz sarin. Séoul avait immédiatement accusé Pyongyang d’avoir orchestré cet assassinat.

Romandie.com avec(©AFP / 28 juin 2017 16h08)                

Corée du Sud: première journée en prison pour l’ex-présidente

mars 31, 2017

La présidente sud-coréenne destituée Park Geun-Hye (c), le 31 mars 2017 à Séoul / © POOL/AFP / Chung Sung-Jun

La présidente sud-coréenne destituée Park Geun-Hye passait vendredi sa première journée en prison en vertu d’un mandat d’arrêt délivré par la justice, nouvelle descente aux enfers qui réjouit ses opposants mais sème la consternation dans son camp.

L’ancienne chef de l’Etat de 65 ans a regardé droit devant elle, tentant apparemment de rester impassible, tandis qu’elle était conduite peu avant l’aube au Centre de détention de Séoul sous les flashes des photographes.

Après une audience marathon jeudi, le tribunal du district central de Séoul a délivré un mandat d’arrêt contre l’ex-présidente emportée par un retentissant scandale de corruption.

Le parquet ne l’a pas encore inculpée mais a déjà fait savoir qu’elle était soupçonnée de corruption, d’abus de pouvoir, de coercition et d’avoir livré des secrets d’Etat.

« Il est justifié et nécessaire d’arrêter (Mme Park), étant donné que des accusations clé sont étayées et qu’existe un risque de destruction de preuves », a expliqué le tribunal.

Mme Park est le troisième ancien chef de l’Etat à être arrêté dans une affaire de corruption en Corée du Sud. Les anciens hommes forts Chun Doo-Hwan et Roh Tae-Woo ont purgé des peines de prison pour ce motif dans les années 1990.

Le président Roh Moo-Hyun, élu démocratiquement, s’était suicidé en 2009 durant une enquête pour corruption le visant lui et sa famille.

– Drapeaux –

Le placement en détention provisoire de Mme Park est une pas de plus dans la disgrâce de celle qui fut la première femme à accéder à la fonction suprême en Corée du Sud.

La présidente sud-coréenne destituée Park Geun-Hye, le 30 mars 2017 à Séoul / © POOL/AFP / Song Kyong-Seok

Le Parti démocratique, formation progressiste dont le candidat — pas encore officiel– est donné favori pour la présidentielle anticipée du 9 mai, a jugé que cet événement démontrait que « tous sont égaux devant la loi ».

« Espérons que cette décision historique apportera un nouvel élan à la manifestation de la vérité sur ce scandale d’une portée sans précédent ».

Mais le parti conservateur de l’ex-présidente, Liberté Corée, qui vient de changer de nom pour tenter de prendre ses distances par rapport au scandale, a parlé de décision « regrettable ».

Le député loyaliste, Kim Jin-Tae, candidat à la présidentielle, est furieux. « C’est le glas de l’Etat de droit », a-t-il lancé.

Mme Park a été emprisonnée aux petites heures du matin mais cela n’a pas empêché une cinquantaine de ses partisans de l’attendre au Centre de détention en agitant des drapeaux sud-coréens et en entonnant des slogans réclamant sa libération.

Si la procédure normale est respectée, l’administration pénitentiaire devrait prendre les empreintes de l’ex-chef de l’Etat ainsi que sa photo. Elle devrait revêtir un uniforme avec son numéro d’écrou sur la poitrine, et entrer en cellule.

Aux termes de la loi sud-coréenne, le parquet a désormais jusqu’à 20 jours pour l’inculper.

– « Principe d’équité » –

Arrestation de l’ancienne présidente sud-coréenne Park / © YONHAP NEWS AGENCY/AFP / –

Celle par qui tout est arrivé, Choi Soon-Sil, la sulfureuse confidente de l’ombre de Mme Park, ainsi que l’héritier de l’empire Samsung, Lee Jae-Yong, sont détenus au même endroit.

M. Choi est déjà en procès pour notamment avoir profité de sa proximité avec la présidente afin de soutirer près de 70 millions de dollars de « dons » à des conglomérats sud-coréens. M. Lee a été inculpé de corruption.

Les magistrats du parquet avaient remis au tribunal un dossier d’accusation de 120.000 pages, estimant qu’il serait « contraire aux principes d’équité » que l’ex-présidente ne soit pas placée en détention alors que Mme Choi est derrière les barreaux.

L’ex-présidente rejette toutes les accusations et accuse son amie d’avoir abusé de sa confiance.

Alors que le scandale faisait rage depuis de longs mois dans un contexte de frustrations économiques et sociales croissantes, Mme Park avait été destituée le 9 décembre par l’Assemblée nationale. Cette destitution a été validée le 10 mars par la Cour constitutionnelle, permettant du même coup la levée de son immunité présidentielle.

Selon le quotidien Chosun Ilbo, qui cite un de ses avocats, Mme Park est « restée sans voix » en apprenant que le parquet réclamait son arrestation. Depuis qu’elle a quitté la présidence, elle passe « des nuits blanches », disait un autre.

L’ex-présidente est soupçonnée d’avoir octroyé des faveurs politiques aux capitaines d’industrie qui s’étaient montrés généreux envers son amie, dont l’héritier de Samsung.

Elle est aussi accusée d’avoir laissé Mme Choi, qui n’a pas été plus loin que le lycée et n’avait aucune habilitation de sécurité, mettre son nez dans certaines affaires d’Etat comme les nominations au sommet.

Romandie.com avec(©AFP / 31 mars 2017 13h43)

La fille de la Raspoutine sud-coréenne arrêtée au Danemark

janvier 2, 2017

Copenhague – La fille de Choi Soon-Sil, la femme au cœur du retentissant scandale de corruption qui menace d’emporter la présidente sud-coréenne, a été incarcérée lundi au Danemark, où elle avait été arrêtée en situation irrégulière.

Chung Yoo-Ra, 20 ans, est aussi un personnage-clé de cette affaire retentissante de trafic d’influence. Sa mère, surnommée Raspoutine par les médias, est soupçonnée d’avoir profité de ses relations privilégiées avec la présidente Park Geun-Hye pour extorquer des millions de dollars aux conglomérats du pays.

La police danoise a arrêté Mme Chung dimanche soir car son visa était expiré, a indiqué le parquet de Séoul, qui avait émis un mandat d’arrêt contre elle.

Lundi, un tribunal d’Aalborg (nord du Danemark) a ordonné sa mise en détention pendant quatre semaines, le temps de se prononcer sur une extradition vers la Corée.

Lors de l’audience, la jeune femme a nié toute implication dans le scandale, expliquant que sa mère lui avait signer quelques documents, a rapporté l’agence de presse Ritzau.

En pleurs, elle a supplié les juges de la laisser libre, et dit son inquiétude pour son fils de 19 mois confié à une nourrice, a ajouté Ritzau.

Dans une des ramifications de ce scandale à tiroirs, qui a entraîné des manifestations de masse en Corée du Sud pour exiger la démission de Mme Park, Mme Choi est accusée d’avoir utilisé ses relations pour faire admettre sa fille dans une grande université du pays.

Dans une société qui se veut méritocratique, et où la pression sur les lycéens pour réussir le bon concours est extrême, un tel coup de piston est intolérable.

Or, à en croire un audit officiel, Chung Yoo-Ra a été favorisée quand elle a postulé en 2014 à la prestigieuse Université pour femmes Ewha, au détriment de candidates plus qualifiées. Elle avait la meilleure appréciation pour ce qui était de son assiduité alors qu’elle avait manqué des cours, et ses notes ne reflétaient pas ses résultats scolaires.

Plusieurs professeurs et un ancien président de cette université ont été entendus. Un enseignant a même été arrêté lors du week-end pour avoir donné à Mme Chung une bonne note à un cours où elle n’avait jamais mis les pieds et contraint ses adjoints à falsifier ses résultats.

Le scandale a également éclaboussé les grands groupes du pays. Samsung est soupçonné d’avoir versé des millions de dollars à une société-écran en Allemagne au prétexte de financer la formation équestre de Mme Chung.

Cette dernière et sa mère concentrent aujourd’hui la haine d’une partie de la population, qui a redécouvert à la lumière du scandale les anciennes provocations de la fille.

L’argent fait partie de votre talent. Si vous n’avez pas de talent, prenez-vous-en à vos parents, écrivait-elle en 2014 sur Facebook.

De son côté, Mme Park est accusée de collusion avec celle qui fut pendant des années sa confidente.

Le parlement a voté le 9 décembre une motion de destitution de la présidente qui doit encore être entérinée par la Cour constitutionnelle.

Romandie.com avec(©AFP / 02 janvier 2017 18h41)             

Corée du sud: Nouvelle manifestation à Séoul pour le départ de la présidente

décembre 17, 2016

Séoul – Des dizaines de milliers de Coréens ont manifesté samedi à Séoul pour la huitième semaine consécutive afin d’obtenir le départ rapide de la présidente Park Geun-Hye, après le vote de sa destitution en raison d’un vaste scandale de corruption.

Les organisateurs ont affirmé avoir réuni 600.000 manifestants dans le centre de Séoul. La police a de son côté estimé leur nombre à 60.000.

Ils réclamaient le départ de la présidente, après l’adoption par les députés d’une motion de destitution la semaine dernière.

La manifestation s’est scindée en trois colonnes, l’un se dirigeant vers la Maison bleue, la résidence présidentielle, une autre vers les bureaux du Premier ministre, et la troisième vers la Cour constitutionnelle.

Celle-ci a 180 jours pour valider la motion de destitution, mais les manifestants réclament une décision rapide et des poursuites contre Mme Park.

Celle-ci a d’ores et déjà été privée de l’essentiel de ses pouvoirs, mais reste autorisée à résider à la Maison Bleue et à porter le titre de présidente.

Ses avocats ont rejeté vendredi, dans un document de 24 pages, les accusations de complicité de corruption, affirmant qu’elles n’avaient aucun fondement juridique.

Les partisans de Mme Park, au nombre de 30.000 selon la police, avaient auparavant manifesté samedi près du palais de justice, réclamant à l’inverse l’annulation de la motion de destitution.

Brandissant des drapeaux sud-coréens et des roses rouges, les partisans de Mme Park, pour la plupart admirateurs de son père le dictateur défunt Park Chung-Hee, ont dénoncé un complot fomenté par des gauchistes.

La présidente est accusée d’être mêlée à un scandale de corruption avec sa confidente Choi Soon-Sil, elle même poursuivie pour avoir extorqué des millions de dollars à des conglomérats sud-coréens. Mme Park est visée par des accusations de violations de la Constitution et de délits pénaux (complicité de corruption, abus de pouvoir).

Le Coréen Ban Ki-moon, qui doit quitter à la fin de l’année le poste de secrétaire général de l’ONU, a laissé la porte ouverte vendredi à une éventuelle candidature à la présidentielle coréenne.

Je vais vraiment réfléchir sérieusement à la manière dont je pourrais être le plus utile à mon pays, a-t-il déclaré lors de sa dernière conférence de presse au siège des Nations unies, vendredi à New York.

Romandie.com avec(©AFP / 17 décembre 2016 14h40)

La présidente sud-coréenne Park Geun-Hye destituée par les députés

décembre 9, 2016

Les députés sud-coréens ont adopté vendredi une motion de destitution contre la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye. Elle est ainsi privée de ses pouvoirs exécutifs en raison d’un vaste scandale de corruption.

La motion a été adoptée par l’Assemblée nationale par 234 voix contre 56. Mme Park conserve son titre de présidente, le temps que la Cour constitutionnelle valide ou non cette destitution, ce qui pourrait prendre jusqu’à six mois. En attentant, le Premier ministre assurera l’intérim de la présidence.

Park Geun-Hye a annoncé cette semaine qu’elle pourrait attendre la décision de la Cour constitutionnelle pour démissionner.

La présidente s’est excusée pour le « chaos » politique dans son pays dans une adresse à la télévision peu après l’adoption de la motion de destitution. « Je suis tellement désolée pour tous les Sud-Coréens d’avoir créé ce chaos national par ma négligence alors que notre pays fait face à tant de difficultés, allant de l’économie à la défense nationale », a-t-elle dit.

Romandie.com avec(ats / 09.12.2016 10h35)             

Corruption: les grands patrons sud-coréens sur la sellette

décembre 6, 2016

Les capitaines d’industrie sud-coréens, y compris celui du géant Samsung, comparaissaient mardi devant une commission d’enquête parlementaire sur un retentissant scandale de corruption qui fascine le pays. Ils peinaient à défendre leurs pratiques entrepreneuriales.

D’ordinaire réticents à toute publicité, les huit plus grands patrons sud-coréens ont été interrogés sans merci par des députés pugnaces. Les auditions sont diffusées en direct par les principales chaînes de télévision, devant des millions de téléspectateurs.

Ils étaient questionnés en particulier au sujet de leurs donations à deux fondations douteuses contrôlées par Choi Soo-Sil, amie proche de la présidente Park Geun-Hye. Des moments très inconfortables pour des chefs d’entreprise peu habitués à répondre aux questions ou à se justifier.

Mme Choi attend son procès pour extorsion et abus de pouvoir. Quant à la présidente sud-coréenne, elle doit affronter vendredi une motion de destitution qui semble assurée d’être adoptée. Plus de 30 députés rebelles de son propre parti conservateur – le Saenuri – sont désormais favorables au texte.

Surnommée « Raspoutine » par la presse, Mme Choi est accusée d’avoir utilisé ses relations d’amitié avec la présidente pour forcer les groupes industriels à verser de l’argent aux fondations en question, et de s’en être servie comme tirelire personnelle. La présidente est suspectée de complicité.

« Réponses et excuses ridicules »
« Vous êtes au courant de quelque chose? », s’est moqué un député après des propos du patron de facto de Samsung. Lee Jae-Yong venait de dire qu’il ignorait qui au sein du groupe avait autorisé les transferts de liquide pour financer la formation équestre de la fille de Mme Choi en Allemagne.

« Vous croyez faire du bon travail à la tête d’une compagnie mondiale comme Samsung en prétendant que vous ne savez pas' », a lancé le député. Le vice-président de Samsung Electronics et héritier présomptif de l’empire Samsung a semblé très mal à l’aise.

Il a cherché à détourner les questions en énonçant des regrets généraux à coups de réponses toutes faites. « J’ai tant de faiblesses et Samsung a des choses à corriger », a-t-il répondu comme on lui demandait s’il était d’accord pour considérer que les entreprises étaient en collusion avec la confidente de l’ombre, en connaissance de cause.

« Cette crise m’a fait prendre conscience que nous avons besoin de changer pour répondre aux attentes du public », a-t-il dit. Ce qui n’a pas manqué de susciter l’exaspération d’un député: « Arrêtez vos réponses et vos excuses ridicules! »

« Difficile de dire non »
Premier conglomérat du pays, Samsung est celui qui s’est montré le plus généreux en donnant aux fondations de Mme Choi 20 milliards de wons (17,1 millions de francs), suivi par Hyundai, SK, LG et Lotte. Les conglomérats familiaux géants, les « chaebols », dominent depuis des décennies la marche d’une économie portée par les exportations, la quatrième d’Asie.

Leurs capitaines d’industrie ont démenti avoir troqué de l’argent contre des faveurs. Mais ils ont laissé entendre qu’ils étaient régulièrement l’objet de pressions de la part du sommet du pouvoir. « C’est difficile pour des entreprises de refuser une demande de la Maison bleue », la présidence sud-coréenne, a dit Huh Chang-Soo, président de GS Group et de la Fédération des industries coréennes.

« Les entreprises n’ont d’autre choix que de suivre la politique gouvernementale », a renchéri Koo Bon-Moo, patron de LG. Samsung reçoit de nombreuses demandes de financements, a expliqué M. Lee. « Mais nous n’apportons jamais notre soutien ou nos financements en échange de quelque chose ».

Romandie.com avec(ats / 06.12.2016 12h15)             

Corée du Sud: Des milliers de citoyens réclament la démission de leur présidente

novembre 5, 2016

Des milliers de Sud-Coréens ont manifesté samedi à Séoul sous une étroite surveillance policière pour exiger la démission de leur présidente Park Geun-Hye. La cheffe d’Etat est visée par un vaste scandale politico-financier.

Les manifestants ont scandé des appels à la démission et ont brandi des pancartes, cherchant à se diriger vers la Maison-Bleue, siège de la présidence, encadrés par 20’000 policiers. Malgré une allocution télévisée vendredi empreinte d’émotion lors de laquelle Mme Park a reconnu avoir été imprudente et s’est dite prête à être entendue par le parquet sur ce scandale de corruption, quelque 40’000 manifestants étaient attendus samedi dans le centre de Séoul.

Park Geun-Hye est accusée d’avoir été sous la coupe d’une sulfureuse conseillère de l’ombre, Choi Soon-Sil, qui aurait profité de son ascendant pour spolier des groupes industriels. Mme Choi a été arrêtée jeudi pour fraude et abus de pouvoir. Mme Park, dont la côte de popularité a chuté à 5%, a reconnu vendredi être responsable du scandale qui implique sa confidente et amie de 40 ans, en ayant été, par amitié, « négligente » et insuffisamment vigilante.

Démission peu probable
Mais elle a démenti des informations selon lesquelles elle aurait participé, sous l’influence de celle que les médias sud-coréens surnomment « Raspoutine », à un culte religieux d’inspiration chamanique. Mais l’opinion publique s’inquiète aussi de savoir si Mme Choi s’est ingérée dans les affaires de l’Etat et a eu accès à des documents confidentiels alors qu’elle n’avait ni fonction officielle ni habilitation de sécurité.

Après l’intervention de la présidente à la télévision, le Parti démocratique, principale formation de l’opposition sud-coréenne, a réclamé des changements substantiels. Il a aussi averti qu’il lancerait s’il ne les obtenait pas un mouvement pour que Mme Park quitte le pouvoir.

Il est toutefois peu probable que Mme Park démissionne. Les analystes estiment généralement qu’elle terminera tant bien que mal son mandat avec une légitimité très diminuée, affaiblie, outre le scandale Choi, par le ralentissement de la croissance sud-coréenne, la montée du chômage et les tensions militaires avec la Corée du Nord.

Romandie.com avec(ats / 05.11.2016 11h40)

La présidente sud-coréenne perd sa majorité absolue au Parlement

avril 13, 2016

Le parti conservateur Saenuri de la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye a perdu sa majorité absolue au parlement lors des législatives de mercredi, selon les sondages effectués à la sortie des bureaux de vote. Ce résultat, s’il se confirme, est une surprise.

Les sondages avaient auparavant annoncé que le Saenuri conforterait sa majorité absolue, en profitant de la division de l’opposition de gauche. Le vote de mercredi n’aura toutefois que peu d’impact sur la conduite des affaires de ce pays où l’essentiel du pouvoir est aux mains du chef de l’Etat. Le mandat unique de cinq ans de Mme Park s’achèvera en 2018.

Selon les sondages publiés par trois chaînes de télévision, le Saenuri devrait totaliser entre 118 et 147 sièges, sur les 300 que compte l’Assemblée. Le parti Minjoo (social-libéral) devrait en remporter entre 97 et 128, contre 31 à 43 pour le Parti du peuple.

Risque d’erreur
« Bien sûr, nous sommes inquiets des résultats sortie des urnes, mais nous allons calmement attendre le dépouillement », a déclaré le chef de file du Saenuri à l’Assemblée, Won Yoo-Chul, sur la chaîne KBS TV. Certains observateurs ont mis en garde contre le risque d’erreur dans ces sondages. Des résultats définitifs sont attendus vers 17H00 suisses.

Les élections à l’Assemblée nationale, unique chambre du Parlement, sont traditionnellement dominées par les sujets de politique intérieure. La hausse du chômage, la baisse des exportations et l’endettement des ménages ont généré des critiques de la politique de Mme Park et, par extension, de son parti.

Mais même si la gauche a tenté de faire des législatives un référendum sur la politique économique de la présidente, elle ne semblait pas en mesure, du fait de ses divisions, de provoquer l’alternance.

Génération des « trois sans »
Les politologues estimaient en outre que l’aggravation des tensions sur la péninsule coréenne depuis le quatrième essai nucléaire de Pyongyang début janvier profitait politiquement au Saenuri, qui capitalise sur la fermeté de la présidente vis-à-vis de la Corée du Nord. Le Saenuri avait remporté en 2012 une majorité absolue de 152 sièges et espérait cette année une victoire encore plus large.

Mme Park n’a pas tenu la majorité de ses promesses électorales en matière économique. Et les observateurs s’attendaient à ce que cet échec se traduise dans les urnes par un vote sanction des jeunes, en particulier de la génération dite des « trois sans » (sans emploi, sans logement et sans perspectives de mariage).

La croissance dans la quatrième économie d’Asie trébuche depuis quelques années, dans le sillage du ralentissement économique mondial et d’une concurrence accrue sur certains marchés clé d’exportation. Le taux de chômage des moins de 30 ans atteint 12,5% contre une moyenne nationale de 4,9%.

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