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Liban: Hariri annonce la perte d’un tiers des sièges de son mouvement au Parlement

mai 7, 2018

Un portrait du Premier ministre libanais Saad Hariri entre deux bâtiments dans le quartier sunnite de Tariq al-Jadida à Beyrouth, le 4 mai 2018 / © AFP / JOSEPH EID

Le Premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé lundi que son mouvement avait perdu un tiers de ses sièges au sein du Parlement, au lendemain des premières législatives organisées dans le pays en près d’une décennie.

Le Courant du Futur disposera de 21 députés dans le nouvel hémicycle, a annoncé M. Hariri lors d’une conférence de presse, contre 33 sièges dans le Parlement sortant (sur 128 au total).

« Nous avions parié sur un meilleur résultat et un bloc plus large », a-t-il reconnu, justifiant ce recul en pointant notamment du doigt l’adoption d’une nouvelle loi électorale en 2017.

« Le problème de cette loi électorale, c’est que plein de gens ne l’ont pas comprise », a-t-il assuré, s’exprimant sur un ton décontracté, plaisantant avec les journalistes.

Il a toutefois reconnu que certaines « performances n’étaient pas à la hauteur », sans expliciter.

La nouvelle loi, qui introduit pour la première fois un mode de scrutin proportionnel, a laissé perplexes bien des électeurs, parfois obligés de choisir parmi des listes électorales alliant leurs candidats favoris à des partis qu’ils ne soutiennent pas.

Le partage du pouvoir au Liban entre les différentes communautés religieuses empêche la suprématie d’un seul parti ou d’une communauté au sein de l’hémicycle.

Mais le grand rival de M. Hariri, le mouvement chiite Hezbollah, un des principaux alliés de l’Iran au Moyen-Orient, semble en passe de confirmer son emprise sur la scène politique libanaise.

Les estimations du parti chiite, quelques heures après le début du dépouillement, indiquent que le mouvement a raflé la mise quasiment partout où il était présent.

Les législatives de dimanche ont toutefois été marquées par un faible taux de participation -49,2%-, dans un pays où la corruption et le népotisme imputés à la classe politique font régner un certain désenchantement au sein de la population.

Les dernières législatives remontent à 2009. A trois reprises, le Parlement a prorogé son mandat, invoquant notamment des risques sécuritaires.

Romandie.com avec (©AFP / 07 mai 2018 15h50)                  

RDC: sécurité, élections, double nationalité…Joseph Kabila devant des députés de la majorité

avril 16, 2018

 

Joseph Kabila, président de la RDC, à Kinshasa, le 29 juin 2010. © Dirk Waem/AP/SIPA

Le président Joseph Kabila a reçu lundi les députés de la Majorité présidentielle (MP) et du Parti lumumbiste unifié (Palu), pour évoquer la situation sécuritaire dans le pays et la question du processus électoral.

Pendant près de 1 h 40, le président Joseph Kabila s’est exprimé lundi 16 avril devant un parterre de députés de la Majorité présidentielle (MP) et du Parti lumumbiste unifié (Palu). La rencontre, qui n’a pas fait l’objet d’un échange avec les parlementaires, a surtout été l’occasion pour le chef de l’État congolais de revenir longuement sur la situation sécuritaire dans le pays.

« Il est apparu assez marqué, notamment au moment d’évoquer les pertes humaines lors des opérations militaires », précise à Jeune Afrique le député Patrick Muyaya, membre du Palu et présent lors de la rencontre. Sur les quatre provinces présentant des troubles à ses yeux, Joseph Kabila s’est tout particulièrement attardé sur le cas du Nord-Kivu, où « les tribus veulent chacune leur milice pour se défendre ».

« Le processus des élections sur les rails »

En revanche, le président congolais ne s’est pas épanché sur les questions relatives au processus électoral. Il n’a ainsi pas fait mention de ses intentions en vue des élections prévues le 23 décembre prochain – et pour lesquelles la Constitution l’empêche de concourir – ni même fait allusion à un éventuel dauphin.

Tout juste s’est-il contenté de réaffirmer la souveraineté de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), sans faire de commentaire sur la vive polémique autour des machines à voter. « Le processus des élections est sur les rails », a-t-il souligné, en demandant aux députés de la majorité de « ne pas avoir peur ».

« Ma position, c’est de défendre la Constitution »

Joseph Kabila a également fait mention du débat autour de la double nationalité, qui agite la scène politique congolaise depuis les révélations de Jeune Afrique sur la nationalité italienne de Moïse Katumbi pendant près de 17 ans.

« Ma position, c’est de défendre la Constitution », a-t-il déclaré en référence à l’article 10 qui dispose que « la nationalité congolaise est une et exclusive ». Cible privilégiée du régime, Moïse Katumbi fait l’objet d’une information judiciaire ouverte pour « faux et usage de faux » dans ce dossier.

Dernier point soulevé par Joseph Kabila : la tenue vendredi 13 avril de la conférence des donateurs à Genève, pour laquelle « le gouvernement n’a jamais été consulté ni sur la date ni sur l’ordre du jour ».

Jeuneafrique.com par

Chine: Xi Jinping obtient son ticket pour une présidence à vie

mars 11, 2018

Le président chinois Xi Jinping (c) et le Premier ministre Li Keqiang (d, 2è rang), lors d’un vote sur le changement de la Constitution à l’Assemblée nationale populaire à Pekin, le 11 mars 2018 / © AFP / GREG BAKER

Le Parlement chinois a aboli dimanche la limitation des mandats présidentiels, donnant les mains libres à Xi Jinping pour imposer sa vision à long terme d’une superpuissance toujours plus soumise au Parti communiste.

A 64 ans, le président chinois le plus puissant depuis au moins un quart de siècle pourra rester à la tête de l’Etat au-delà du terme prévu de 2023.

Par 2.958 voix pour, deux contre et trois abstentions, les députés de l’Assemblée nationale populaire (ANP) ont sans surprise plébiscité un changement de la Constitution, qui limitait les mandats présidentiels à deux fois cinq ans. La majorité des deux tiers était requise.

L’amendement fait aussi entrer « la Pensée Xi Jinping » dans la Constitution, ainsi que « le rôle dirigeant » du Parti communiste chinois (PCC) dans son article premier.

Cette disposition peut laisser entrevoir une recrudescence de la répression à l’encontre des opposants au régime, qui pourraient se voir accusés d’atteinte à la Constitution pour avoir simplement contesté la mainmise du PCC sur le pouvoir.

Depuis son arrivée à la tête du PCC fin 2012, puis de l’Etat début 2013, Xi Jinping a encore accru l’autorité du régime, à grands renforts de propagande et d’une omniprésence dans les médias d’Etat.

M. Xi, héraut de la « grande renaissance de la nation chinoise », cherche à incarner face à l’Occident la revanche d’une superpuissance moderne et respectée à l’horizon 2050. Mais sans concession aux libertés individuelles.

Une loi réprime sévèrement la dissidence sur internet, des défenseurs des droits de l’homme ont été condamnés à de lourdes peines et le militant démocrate Liu Xiaobo, prix Nobel de la Paix 2010, est mort en détention malgré les appels à la clémence venus de l’étranger.

– ‘Retour en arrière’ –

L’ambition du président chinois de se maintenir à la tête de l’Etat au-delà du terme prévu de 2023 est peut-être l’événement le plus inattendu en près de trois décennies au sein d’un régime politique qui évite habituellement les surprises.

Annoncé il y a tout juste deux semaines, ce projet de loi a stupéfié une partie de l’opinion publique, mais les critiques qui ont circulé un temps sur les réseaux sociaux ont été promptement effacées par les censeurs.

La limite de deux mandats avait été imposée dans la Constitution de 1982 par l’homme fort de l’époque, Deng Xiaoping, afin d’éviter un retour au régime dictatorial de l’ère Mao Tsé-toung (1949-76).

« Quarante-deux ans plus tard, à l’ère de l’internet et de la mondialisation, un nouveau Grand leader, un nouveau tyran à la Mao se lève à nouveau sur la Chine », a dénoncé le dissident Hu Jia, interrogé au téléphone par l’AFP dans le sud du pays, où les autorités l’ont emmené à l’écart de Pékin en « vacances forcées » à l’occasion de la session plénière annuelle de l’ANP.

S’ils n’ont pas osé contrecarrer le changement constitutionnel, certains députés pourraient laisser échapper leur mauvaise humeur d’ici à la fin de la session le 20 mars, prévoit le spécialiste de la politique chinoise Willy Lam, de l’Université chinoise de Hong Kong.

Selon lui, aucun député n’osera voter contre Xi Jinping lors de son élection à un deuxième mandat, qui aura lieu dans quelques jours. Mais ils pourraient élire moins bien le candidat à la vice-présidence, qui devrait être Wang Qishan, le « tsar de la lutte contre la corruption » du premier mandat de M. Xi.

La campagne anti-corruption est considérée par beaucoup d’observateurs comme un moyen pour M. Xi d’écarter des opposants internes. Mais elle lui a aliéné de nombreux cadres, ce qui pourrait expliquer pourquoi M. Xi cherche à se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible, selon M. Lam.

« Xi Jinping ne se sent pas en sécurité parce qu’il s’est fait trop d’ennemis au cours des cinq dernières années », observe-t-il.

Romandie.com avec(©AFP / 11 mars 2018 18h03)                

XI Jinping, président à vie ? Vote sans suspense dimanche au parlement chinois

mars 10, 2018

Le président chinois Xi Jinping (g) et le Premier ministre chinois Li Keqiang, le 9 mar 2018 lors de l’Assemblée nationale populaire, au Palais du Peuple à Pékin / © AFP / GREG BAKER

Le suspense n’est guère intense: les députés chinois vont modifier dimanche la constitution afin de permettre au président Xi Jinping de se maintenir au pouvoir sans limite de temps.

Aucun débat houleux, aucune invective ou suspension de séance ne viendra perturber le vote de l’amendement à la constitution: l’Assemblée nationale populaire (ANP), soumise au Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir, n’a jamais rejeté un projet de loi en plus d’un demi-siècle d’existence.

– Sur quoi porte le projet de loi ? –

Les près de 3.000 députés ont un rôle essentiellement cérémonial. C’est le PCC qui tire les ficelles: il dirige les décisions législatives, validées des semaines, voire des mois à l’avance.

La proposition d’abolir la limite des deux mandats présidentiels de cinq ans dans la constitution a été tenue secrète jusqu’au 25 février, soit seulement une semaine avant le début de la session législative plénière annuelle, entamée le 5 mars.

Le PCC assure pourtant avoir recueilli les propositions et les opinions de ses membres et « des masses populaires » sur cette réforme, avant de la proposer au Parlement.

Outre l’annulation de la limite des mandats, l’amendement doit graver dans la constitution d’autres articles: la création d’une agence nationale anti-corruption, un rôle encore plus dominant pour le PCC, et l’inscription dans le texte de la « Pensée Xi Jinping ».

– Comment se déroulera le vote ? –

Les députés se réuniront dimanche après-midi en session plénière. Des bulletins leur seront distribués, et chaque parlementaire choisira une des trois options proposées: pour, contre, ou abstention.

Ils placeront ensuite leur bulletin dans des urnes et le dépouillement débutera. Les amendements à la constitution seront validés si au moins les deux tiers des députés s’expriment en ce sens.

« Le vote unique portera sur l’ensemble des changements constitutionnels. Il n’y aura pas de vote spécifique sur la limite des mandats », explique Wei Changhao, fondateur et rédacteur en chef d’un site internet spécialisé sur le parlement chinois.

– Y aura-t-il des votes contre ? –

Lorsque Xi Jinping a été élu président en 2013, le vote était le suivant: 2.952 voix pour, une contre et 3 abstensions, soit un taux d’approbation de 99,86%.

Depuis son arrivée au pouvoir, le contrôle s’est encore renforcé sur la société chinoises et les voix dissidentes et le semblant de débat qui pouvait encore animer le parlement a été réduit à néant.

L’Assemblée nationale populaire (ANP), créée en 1954, n’a jamais rejeté une proposition de loi. Mais les députés peuvent marquer leur opposition en s’abstenant, le vote étant (théoriquement) anonyme.

« S’il y a un nombre significatif de ‘non’ ou encore d’abstentions, ce sera une surprise. Et si la majorité des deux-tiers n’est pas atteinte, il y aura de quoi s’évanouir », estime Margaret Lewis, spécialiste du droit chinois à l’Université Seton Hall aux Etats-Unis.

Les votes d’opposition existent cependant.

En 2013, quelque 500 députés avaient voté contre le budget. Et durant la présidence de Jiang Zemin (1993-2003), environ un tiers des parlementaires avaient voté contre un rapport du Parquet populaire suprême, indique Jean-Pierre Cabestan, politologue à l’Université baptiste de Hong Kong.

L’ANP est composée de députés soigneusement sélectionnés par le pouvoir grâce à un système de scrutin indirect à plusieurs étages.

Romandie.com avec(©AFP / 10 mars 2018 11h08)                

Au Parlement allemand, une survivante d’Auschwitz dénonce le « virus » antisémite

janvier 31, 2018

Angela Merkel et le chef de l’Etat Frank-Walter Steinmeier encadrent une survivante de l’Holocauste, Anita Lasker-Wallfisch, qui a dénoncé la résurgence de l’antisémitisme en Allemagne devant les députés le 31 janvier 2018. / © AFP / John MACDOUGALL

Une survivante de l’Holocauste, Anita Lasker-Wallfisch, a mis en garde mercredi contre la résurgence de l’antisémitisme en Allemagne dans un discours à la chambre des députés où siègent depuis fin 2017 des élus d’extrême droite.

« Quel scandale que des écoles juives, même des jardins d’enfant juifs, doivent être protégés par la police! », a lancé cette musicienne de 92 ans, une violoncelliste déportée à Auschwitz en 1943 et invitée devant les élus allemands à l’occasion de la commémoration annuelle des victimes du nazisme au Bundestag.

« L’antisémitisme est un virus vieux de 2.000 ans, apparemment incurable », a ajouté cette femme alerte, qui était accompagnée de sa soeur, Renate, déportée comme elle d’abord à Auschwitz puis à Bergen-Belsen.

« Nier quelque chose qui fait partie du passé de l’Allemagne est tout simplement inacceptable », a encore indiqué la musicienne qui a fait partie de l’orchestre d’Auschwitz, organisé par les SS dans le camp d’extermination.

Mme Lasker-Wallfisch n’a pas évoqué le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) qui compte 90 élus au Bundestag depuis les élections du 24 septembre dernier.

Or la jeune formation compte dans ses rangs des révisionnistes et certains de ses cadres souhaitent en finir avec la culture du repentir, socle de l’identité allemande depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

« La haine est un poison et au final, vous vous empoisonnez vous même », a insisté Mme Lasker-Wallfisch, devant la chancelière Angela Merkel, l’ensemble de son gouvernement et des dirigeants des partis politiques.

D’une voix forte et assurée malgré son âge et les souffrances subies en déportation, la musicienne a également raconté l’histoire de sa famille juive allemande assimilée.

« Renate (sa soeur, ndlr) et moi sommes nées dans ce pays, c’est-à-dire (que nous sommes) Allemandes », a-t-elle rappelé. Après l’arrivée des nazis au pouvoir, « on m’a craché dessus dans la rue et on m’a dit ‘sale Juive!' ».

Le 9 avril 1942, ses parents sont déportés. L’adolescente de 16 ans veut partir avec eux. Mais son père l’avertit: « Là où nous allons, tu iras bien assez tôt », a-t-elle dit.

Longuement applaudie par les députés, elle a également évoqué l’accueil par l’Allemagne de plus d’un million de réfugiés, fuyant la guerre ou la misère, depuis 2015. Un « geste humain incroyablement généreux et courageux », selon elle.

Les autorités allemandes, en particulier Angela Merkel, s’inquiètent de la résurgence de l’antisémitisme, notamment dans les cours d’école.

Romandie.com avec(©AFP / 31 janvier 2018 15h31)                

Liban: manifestation devant le Parlement contre les violences faites aux femmes

janvier 27, 2018

Manifestation contre les violences faites aux femmes dans le centre de Beyrouth, le 27 janvier 2018 / © AFP / ANWAR AMRO

Des dizaines de personnes ont manifesté samedi à Beyrouth devant le Parlement libanais contre les violences faites aux femmes, dénonçant l’inaction des autorités alors que huit femmes ont été tuées depuis début décembre.

La manifestation était organisée par plusieurs organisations de la société civile, notamment l’association féministe Kafa, qui réclame l’adoption de réformes législatives pour protéger les femmes contre les violences conjugales.

Des mannequins en bois rouge, représentant des silhouettes de femmes et sur lesquels était inscrit le nom d’une femme et les circonstances de son meurtre, ont été dressés au milieu de la place de l’Etoile, devant le Parlement, a constaté un correspondant de l’AFP.

« La colère n’est pas une excuse », « Pas de funérailles avant la justice », pouvait-on lire sur certaines des pancartes brandies par des manifestantes.

Depuis début décembre, huit femmes sont mortes au Liban, notamment une épouse tuée par balle par son mari lundi à Beyrouth.

Parmi les huit cas figurent notamment une adolescente de 15 ans qui s’est suicidée après un mariage précoce, ou encore la Britannique Rebecca Dykes, travaillant pour l’ambassade de son pays au Liban, étranglée par un chauffeur de taxi qui a tenté de la violer.

Pour l’année 2017, 17 cas au total ont été rapportés.

« L’une après l’autre, les femmes tombent, à cause de l’inaction des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires qui ne considèrent pas cette question comme une priorité », selon un communiqué signé par plusieurs ONG participant à la manifestation.

En 2014, le Liban a adopté une loi qui, pour la première fois, punissait les violences domestiques grâce à une campagne sans précédent de la société civile après le meurtre de plusieurs femmes sous les coups de leurs maris.

Mais l’association Kafa réclame l’adoption d’une réforme de cette loi pour imposer des peines plus lourdes contre les violences conjugales et accélérer les procédures judiciaires dans ces affaires.

« On veut la justice. La justice pour Zahraa et toutes les filles. On veut que les criminels soient punis », lâche Ali al-Qabbout, 50 ans, dont la fille a été tuée il y a plus d’un an par son ex-mari.

Romandie.com avec(©AFP / 27 janvier 2018 15h09)                

Tunisie: deux policiers poignardés devant le Parlement par une « extrémiste »

novembre 1, 2017

Photo d’un membre de la police scientifique tunisienne sur le lieu de l’attaque au couteau contre deux policiers, le 1er novembre 2017 à Tunis / © AFP / FETHI BELAID

 

Un jeune Tunisien « adepte de la pensée extrémiste » selon les autorités a poignardé mercredi deux policiers devant le Parlement à Tunis, blessant grièvement l’un d’eux avant d’être arrêté.

L’homme armé d’un couteau a attaqué les membres des forces de l’ordre vers 08H00 (07H00 GMT), atteignant « le premier à la nuque, le deuxième au niveau des yeux », a déclaré à l’AFP le porte-parole du Parquet, Sofiène Sliti.

L’un d’eux, un commandant, a été gravement blessé. Il a été opéré et était en réanimation dans l’après-midi, a affirmé à l’AFP une source médicale.

Selon le parquet, l’assaillant est né en 1992 et a obtenu en 2016 une maîtrise en informatique. Cet habitant du quartier populaire de Cité Ettadhamen, dans la banlieue de Tunis, est actuellement « chômeur et n’a pas d’antécédents judiciaires ».

Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur a précisé que l’assaillant avait dit « avoir adopté la pensée takfiriste (extrémiste, ndlr) il y a trois ans ».

L’homme « considère les membres des forces de l’ordre comme des +tawaghit+ selon ses propres termes. Les tuer, croit-il, est une forme de jihad », a affirmé le ministère.

« Tawaghit » est le pluriel de « taghout », terme signifiant « tyran » en arabe et utilisé par la mouvance extrémiste pour qualifier les policiers et militaires.

– ‘Aucun regret’ –

L’un des responsables du poste de police où l’assaillant a été emmené après son arrestation a indiqué à l’AFP qu’il semblait « très conscient de ce qu’il a fait ».

« Il a parlé calmement et n’a manifesté aucun regret », a dit ce responsable sous le couvert de l’anonymat.

« Il nous a dit +ce matin, j’ai fait la prière et j’ai décidé de faire quelque chose pour le jihad. J’ai vu le policier devant moi, pour moi c’est un +taghout+. Et j’ai fait ce que j’ai fait+ », a ajouté la même source, disant rapporter les propos de l’auteur de l’attaque.

Devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP, Parlement), dans le quartier du Bardo, des traces de sang étaient visibles, selon une journaliste de l’AFP sur place. Le lieu de l’attaque a été bouclé par la police.

Depuis la révolution qui a renversé la dictature en 2011, la Tunisie a fait face à un essor de la mouvance jihadiste qui a fait plusieurs dizaines de morts, notamment des policiers, des militaires et des touristes étrangers.

Les autorités affirment avoir fait « des pas très importants dans la guerre contre le terrorisme », mais elles appellent toujours à la vigilance et des démantèlements de cellules jihadistes sont régulièrement annoncés.

Le pays est sous état d’urgence depuis le 24 novembre 2015, date à laquelle 12 agents de la garde présidentielle avaient été tués en plein Tunis dans un attentat revendiqué par le groupe extrémiste Etat islamique (EI).

Deux autres attaques majeures revendiquées par l’EI avaient eu lieu en mars et juin 2015, respectivement au musée du Bardo à Tunis ainsi que sur une plage et dans un hôtel de Sousse (est). Soixante personnes, dont 59 touristes étrangers, avaient été tuées.

Le musée du Bardo se situe dans le même complexe que le Parlement, dans l’ouest de la capitale.

Le président du Parlement, Mohamed Ennaceur, a appelé devant la presse les Tunisiens « à davantage de solidarité parce que le danger menace la société et le pays entier ».

Interrogé sur l’évolution de l’examen d’un projet de loi visant à « protéger » les forces de sécurité –réclamé par les syndicats policiers mais jugé « dangereux » pour la transition démocratique par la société civile–, M. Ennaceur a indiqué qu’il était « actuellement en commission » et avait « fait l’objet de plusieurs réunions ».

Une rencontre sur le sujet se tiendra avec la société civile, qui a « des propositions concernant cette loi », a-t-il ajouté. « D’un côté nous devons protéger les forces de sécurité (…), mais d’un autre il y a les droits de l’Homme qu’il faut considérer, respecter et appliquer », a-t-il souligné.

Romandie.com avec(©AFP / 01 novembre 2017 16h05)                

 

Espagne: le parquet requiert des poursuites pour rébellion contre l’exécutif catalan destitué

octobre 30, 2017

Le procureur général de l’Etat espagnol, Jos Manuel Maza, lors d’une conférence de presse, le 30 octobre 2017 à Madrid / © AFP / JAVIER SORIANO

Le procureur général de l’Etat espagnol? José Manuel Maza, a annoncé lundi avoir requis des poursuites notamment pour « rébellion » contre les membres du gouvernement catalan destitués, accusés d’avoir provoqué la crise institutionnelle ayant mené à une déclaration d’indépendance.

La « plainte contre les membres du govern (exécutif catalan) a été présentée » devant l’Audience nationale, à Madrid, et vise aussi des faits de « sédition, malversation et prévarication ». Il appartiendra à ce tribunal chargé des dossiers les plus sensibles de décider si elle est recevable.

Le procureur estime que « les principaux responsables politiques de la Généralité de Catalogne (exécutif) ont entraîné, avec leurs décisions et leurs agissements, une crise institutionnelle qui a débouché sur la déclaration unilatérale d’indépendance » du 27 octobre.

Dans sa plainte, il demande qu’ils soient convoqués « de manière urgente » et qu’ils soient arrêtés s’ils ne se présentent pas.

Ce sera à la juge de garde lundi, Carmen Lamela, déjà saisie dans un autre dossier lié à l’indépendantisme catalan, de décider si elle accepte d’être saisie et s’il y a lieu d’inculper les personnes visées. La juge peut retenir toutes les charges requises ou seulement certaines d’entre elles. La rébellion est la plus grave de toutes car elle peut déboucher sur des peines de prison de 15 à 30 ans, autant qu’un assassinat ou un acte de terrorisme.

Dans le cas de la sédition, et s’agissant de représentants des autorités, la peine peut atteindre 15 ans.

Le parquet a également requis des poursuites devant la Cour suprême contre les membres du bureau des présidents du Parlement catalan qui ont facilité le vote de la déclaration d’indépendance vendredi au parlement catalan.

Ce vote a été suivi dans la soirée de la mise sous tutelle de la région par le gouvernement de Mariano Rajoy, qui a pris en direct les commandes de la Catalogne, confiées à la vice-présidente du gouvernement Soraya Saenz de Santamaria.

L’exécutif catalan a dans la foulée été destitué. Les séparatistes majoritaires au Parlement catalan (72 élus sur 135) estimaient avoir reçu un « mandat » des Catalans pour proclamer l’indépendance, après l’organisation d’un référendum d’autodétermination interdit par la justice et émaillé de violences policières. Selon les chiffres de l’exécutif destitué, plus de deux millions de personnes ont voté pour l’indépendance, soit 90,18% des électeurs qui ont pris part au scrutin.

Mais celui-ci a été boycotté par l’opposition et le taux de participation a été de 43%.

Romandie.com avec(©AFP / 30 octobre 2017 13h53)                

Le Parlement catalan rompt avec l’Espagne

octobre 27, 2017

Des Catalans célèbrent la déclaration d’indépendance proclamée par le Parlement régional, à Barcelone, le 27 octobre 2017 / © AFP / PAU BARRENA

Le Parlement de Catalogne a adopté vendredi une résolution déclarant que la région devient un « Etat indépendant prenant la forme d’une République », une rupture sans précédent en Espagne.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a immédiatement réagi sur Twitter en promettant de « restaurer la légalité » en Catalogne.

La résolution a été adoptée en l’absence de l’opposition, qui avait quitté l’hémicycle, par 70 voix pour, dix voix contre et deux abstentions. Les partis séparatistes – allant de l’extrême gauche au centre droit – sont majoritaires en sièges (72 sur 135) au parlement.

Les élus ont ensuite entonné l’hymne nationaliste et crié « Vive la Catalogne! ».

A l’extérieur du parlement, plusieurs dizaines de milliers de manifestants indépendantistes ont salué par des clameurs de joie l’annonce du résultat.

« Oui, nous avons gagné la liberté de construire un nouveau pays », a tweeté le vice-président catalan Oriol Junqueras.

Cette résolution constitue « la République catalane, comme Etat indépendant et souverain, de droit, démocratique et social ».

Dans ses attendus, elle demande à l’exécutif catalan de négocier sa reconnaissance à l’étranger, alors qu’aucun Etat n’a manifesté son soutien aux indépendantistes.

Avant ce vote, l’opposition avait quitté l’hémicycle, laissant derrière elle des drapeaux de Catalogne et de l’Espagne, côte à côte sur les sièges du parlement.

Brandissant la résolution, Carlos Carrizosa, du parti anti-indépendantiste Ciudadanos, avait déclaré: « Ce papier que vous avez rédigé détruit ce qu’il y a de plus sacré, la coexistence » en Catalogne.

« Comment a-t-on pu en arriver là? », s’est demandé Alejandro Fernandez du Parti populaire (conservateur) de Mariano Rajoy, évoquant « un jour noir pour la démocratie ».

– ‘Etat catalan’ –

La Catalogne n’en est pas à ses premières tentatives d’éloignement du gouvernement central. Mais son exécutif n’était jamais allé aussi loin. Et le dernier épisode remonte à plus de 80 ans.

C’était en 1934. Le 6 octobre, le président du gouvernement autonome de Catalogne, Lluis Companys, proclamait un « Etat catalan dans le cadre d’une République fédérale d’Espagne ».

« Catalans! » s’écriait-il alors depuis le balcon du siège du gouvernement catalan. « En cette heure solennelle, au nom du peuple et du Parlement, le gouvernement que je préside assume tous les pouvoirs en Catalogne, proclame l’Etat catalan de la République fédérale espagnole ».

La réponse du gouvernement ne s’était pas fait attendre: Le commandant militaire en Catalogne avait proclamé l’état de guerre. Les affrontements avaient fait entre 46 et 80 morts, selon les historiens.

Alors que la région menaçait depuis des semaines de faire sécession, le gouvernement de Mariano Rajoy a demandé aux sénateurs l’autorisation de déclencher l’article 155 de la Constitution – jamais appliqué jusqu’alors – qui permet de suspendre de facto l’autonomie de la région.

Il devait obtenir le feu vert du Sénat dans l’après-midi.

Les conséquences de la déclaration d’indépendance comme de la mise sous tutelle de la région par l’Etat sont incalculables.

Inquiètées par l’insécurité juridique, plus de 1.600 sociétés ont déjà décidé de transférer leur siège social hors de Catalogne, agitée depuis des semaines par des manifestations pour et contre l’indépendance.

Elle avait aussi inquiété l’Europe qui, il y a à peine une semaine, a voulu exprimer son soutien au gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, en dépêchant le trio qui incarne ses institutions à Oviedo (nord-ouest), pour recevoir un prix de la Concorde: Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, Antonio Tajani, président du parlement européen et Donald Tusk, président du Conseil européen.

« N’élevons pas de frontières entre Européens. (…) Trop souvent par le passé, la perspective de changer les frontières a été présentée comme une panacée divine et s’est transformée en un chaos infernal », avait déclaré M. Tajani.

– ‘Mandat’ –

La déclaration d’indépendance va pourtant à l’encontre des souhaits d’une grande partie des Catalans, au moins la moitié selon les sondages, qui veulent rester dans le royaume d’Espagne.

Lors des dernières régionales, en 2015, les indépendantistes avaient obtenu 47,8% des suffrages.

Les partis séparatistes présentent comme un « mandat » les résultats – invérifiables – du référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre, qui avait été émaillé de violences policières: 90% de « oui » à la sécession, avec 43% de participation.

L’article 155 est une mesure délicate à appliquer.

Pour la Catalogne, il suppose un recul important, qui rappellerait la dictature de Francisco Franco (1939-1975) pendant laquelle elle avait été privée de cette autonomie.

Le gouvernement espagnol affirme cependant qu’il veut uniquement en faire usage pour « restaurer l’ordre constitutionnel », pendant six mois, face aux menaces de sécession des indépendantistes. Il promet d’y organiser des élections au plus vite, dans un délai de six mois maximum.

Mais la mesure choque d’autant plus localement que c’est justement autour du débat sur les compétences de la Catalogne, meurtrie par l’annulation partielle en 2010 par la justice d’un statut lui conférant de très larges pouvoirs, que s’est nouée la crise actuelle.

Romandie.com avec(©AFP / 27 octobre 2017 16h03)                

Kenya: Uhuru Kenyatta à l’offensive face à un Parlement déserté par l’opposition

septembre 13, 2017
Uhuru Kenyatta, lors d’un rassemblement électoral à Nairobi le 9 septembre 2017. © Ben Curtis/AP/SIPA

L’opposition kényane a boycotté mardi le discours d’Uhuru Kenyatta devant le Parlement, marquant l’ouverture officielle de la nouvelle législature. Les partisans de Raila Odinga considèrent que le président kényan, dont la victoire à l’issue des élections du 8 août dernier a été invalidée par la Cour suprême, n’avait pas la légitimité pour prononcer ce discours.

C’est devant un Parlement tout entier acquis que Uhuru Kenyatta s’est exprimé, ce mardi 12 septembre. Un discours traditionnel qui marque le début officiel de la nouvelle législature, dont les députés sont issus des élections du 8 août dernier, qui prenait cette fois un relief particulier, tant le contexte de crispation est grand.

La Constitution kényane impose en effet au président nouvellement élu de convoquer le Parlement dans les 30 jours suivant l’élection législative. Sauf que la victoire d’Uhuru Kenyatta – crédité par la Commission électorale (IEBC) de 54,27% des voix, contre 44,74% à l’opposant Raila Odinga – a été invalidée par la Cour suprême le 1er septembre. De nouvelles élections sont programmées pour le 17 octobre prochain dans le pays, où la campagne électorale bat à nouveau son plein.

L’opposition et les juges absents

Les députés de la Nasa, la coalition de partis d’opposition rangés derrière la candidature de Raila Odinga, récusant la légitimité d’Uhuru Kenyatta, ont donc boycotté le discours. Les sept juges de la Cour suprême, qui sont habituellement présents à ce discours d’ouverture, étaient eux aussi absents.


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« Peu importe que le bruit politique soit plus fort pendant les élections, je veux assurer chaque Kényan, et le monde, que chaque branche de ce gouvernement est en place et opérationnelle. Il n’y a pas de vide, pas de lacune », a lancé Uhuru Kenyatta devant les députés.

Même si je suis en désaccord profond avec cette décision, je l’ai acceptée

Mais là où, traditionnellement, le président élu livre un véritable discours de politique générale, Uhuru Kenyatta s’est contenté de considérations générales et de commentaires sur la situation inédite dans laquelle se trouve le pays. « Même si je suis en désaccord profond avec cette décision [de la Cour suprême], je l’ai acceptée », a-t-il assuré.

Des propos en contradiction avec ceux qu’il avait tenu au lendemain de la décision de la plus haute juridiction kényane, considérant alors que les juges avaient « décidé qu’ils avaient plus de pouvoirs que plus de 15 millions de Kényans qui ont fait la queue pour voter » et qu’il faudrait « régler le problème » une fois les nouvelles élections terminées.

Bras de fer Kenyatta-Odinga

Uhuru Kenyatta s’en est également pris directement à l’opposition, notamment concernant les accusations de la Nasa sur un piratage informatique des serveurs lors du décompte des voix. « Une marque sur un bulletin vaut plus que la technologie, plus qu’un système informatique », a-t-il lancé. « Cette marque est le choix du peuple souverain. Son choix est sacré et ne doit plus jamais être ignoré. »

Au même moment, l’opposition tenait un nouveau grand meeting dans son bastion de Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi. Raila Odinga a raillé la cérémonie au Parlement, la qualifiant de « réunion électorale de Jubilee », le parti d’Uhuru Kenyatta. « Le Parlement ne peut être ouvert que par un président validement élu. Ce qu’il n’est pas », a martelé l’opposant.

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, Raila Odinga a réitéré ses critiques à l’encontre de l’IEBC, dont il demande une refonte totale avant le scrutin du 17 octobre sous peine de boycotter le scrutin. « La communauté internationale doit s’impliquer, sinon le pays va glisser vers une grave crise », a-t-il également plaidé, pointant par ailleurs la responsabilité présumée de l’entreprise française OT-Morpho dans les dysfonctionnements du processus électoral. « Nous désapprouvons l’attitude de OT-Morpho au cours du processus électoral. Selon nos informations, il y a eu des collusions entre cette entreprise et le gouvernement kényan pour faciliter la fraude », a-t-il accusé.

Jeuneafrique.com avec AFP