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Présidence de l’UE : le temps de parole du président Macron sera décompté

octobre 21, 2021

Dans la perspective de la présidentielle, la parole d’Emmanuel Macron est décomptée sur les chaînes télé et les radios dès qu’il parle de sujets nationaux.

Emmanuel Macron profitera-t-il de la presidence de l'UE des le 1er janvier 2022 pour multiplier les prises de parole ?
Emmanuel Macron profitera-t-il de la présidence de l’UE dès le 1er janvier 2022 pour multiplier les prises de parole ?© GONZALO FUENTES / POOL / AFP

Le 1er janvier 2022, la France prendra la présidence de l’Union européenne pour six mois. Pour la première fois, cette présidence coïncide avec la campagne électorale présidentielle. Emmanuel Macron peut-il profiter de ses multiples prises de parole à venir pour marquer des points dans le cœur des Français ? Comment savoir lorsqu’il parle au nom de l’Europe ou en son nom ? D’autant qu’il peut attendre pour se déclarer jusqu’au 8 mars, date de la publication officielle par le Conseil constitutionnel des candidats à l’élection présidentielle. On sait déjà que le chef de l’État français doit prononcer le 19 janvier un discours devant le Parlement européen à Strasbourg.

« La règle qui s’applique est claire, précise Roch-Olivier Maistre. Pour la présidence française 2022, si le président rend compte d’un conseil de l’Union européenne, il sera pleinement dans l’exercice de ses fonctions. Si des microphones lui sont tendus à la fin de la conférence pour le faire réagir sur ce qu’a dit un candidat à la présidentielle ou une annonce qui concerne le débat national, le compteur de temps de parole se met en marche immédiatement. »

« L’arrêt Hollande »

Cette règle du décompte du temps de la parole présidentielle est méconnue. Elle est pourtant appliquée depuis un arrêt du Conseil d’État de 2009. À chaque fois que le président de la République s’exprime non dans l’exercice de ses fonctions mais sur des questions qui relèvent du débat politique national, il voit ainsi son temps de parole décompté sur les chaînes de télévision et les radios. « On distingue vraiment les interventions du chef de l’État dans la plénitude de ses fonctions et celles concernant le débat politique », insiste Roch-Olivier Maistre, président du CSA.

Pour l’anecdote, le Conseil d’État avait édicté ce principe dans une décision ordonnant au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de prendre en compte le temps de parole présidentiel, à la suite d’une plainte contre Nicolas Sarkozy de deux députés socialistes : Didier Mathus et un certain… François Hollande. Ce dernier s’était plaint en 2007 de l’absence de décompte des prises de position du président Sarkozy. Ironiquement, la règle qu’il avait exigée s’est d’ailleurs retournée ensuite contre François Hollande lors de son mandat présidentiel, entre 2012 et 2017…

Éric Zemmour et les nocturnes de LCI

Depuis septembre, le polémiste Éric Zemmour, probable candidat à la présidentielle, est considéré comme « un acteur du débat politique national » et est donc soumis au décompte du temps de parole dans l’audiovisuel. Le CSA assume et ne regrette pas du tout sa décision. « Je crois que les dernières semaines ne nous ont pas démenties », indique Roch-Olivier Maistre, président de l’institution.
Par ailleurs, lors de la présentation des modalités de décompte du temps parole durant la campagne présidentielle, il a rappelé que le CSA serait « très vigilant » à ce que les chaînes, d’information en continu notamment, n’abusent pas de la nuit pour rééquilibrer les temps de parole. LCI s’est déjà fait rappeler à l’ordre à la suite de la multirediffusion en pleine nuit en novembre 2020 d’une interview de l’écologiste Yannick Jadot. CNews a par ailleurs récemment diffusé en pleine nuit le meeting de Jean-Luc Mélenchon à Reims.

Par Le Point avec Olivier Ubertalli

« Gazelle Théorie » : un manifeste féministe pour « libérer la parole en arabe »

septembre 25, 2021
Manifestantes féministes lors de la célébration de la Journée nationale de la femme à Tunis, le 13 août 2018.

Quinze ans après la parution de « King Kong Théorie » de Virginie Despentes, l’auteure franco-tunisienne Inès Orchani livre son propre manifeste féministe, résolument tourné vers l’Afrique. Entretien.

« De l’insulte “nègre” Césaire a fait la “négritude”. Du “gazellage” je m’apprête à faire Gazelle Théorie », annonce d’emblée Inès Orchani. Dans un essai où l’arabe se mêle au français, cette romancière, poétesse et traductrice franco-tunisienne déconstruit méticuleusement la métaphore qui compare depuis des siècles la femme à l’animal des steppes pour nourrir un imaginaire sexuel.

De Tunis, où elle est née en 1976, à Paris, où elle est venue étudier à l’âge de 18 ans et où elle enseigne la littérature comparée à la Sorbonne Nouvelle, elle observe les croyances et les injonctions qui pèsent sur les femmes – mais aussi sur les hommes. Un manifeste pour une société non-genrée, émancipée des rapports de force.

Dans un style parfois lyrique et toujours libérateur, sur un registre aussi intime qu’universel, Inès Orchani lève les tabous qui entourent la maternité, les mutilations génitales, les règles ou encore la nuit de noces. Donnant matière à réfléchir, et l’élan pour s’affranchir. Rencontre au cimetière parisien du Montparnasse, au pied de la tombe de Simone de Beauvoir, non loin de celles de Marguerite Duras et de la philosophe Sarah Kofman, avec celle qui s’est donné pour mission, il y a vingt ans, de traduire en français leurs consœurs arabes, May Ziadé et Nawal Saawadi.

Jeune Afrique : Le titre de votre livre fait référence à King Kong Théorie de l’écrivaine française Virginie Despentes. À son sujet, et au sujet de Bourdieu, vous dites que vous écrivez « à partir d’eux, mais non loin ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Inès Orchani : J’ai un problème avec la notion de filiation, même en littérature. Je préfère l’idée d’auteurs qui seraient comme des îles qui communiqueraient entre elles. Et j’ai énormément de respect pour Virginie Despentes, je ne suis pas sûre qu’elle voudrait qu’on la considère comme la mère d’un nouveau féminisme. Je pense aussi que Bourdieu se voyait plus comme un éclaireur que comme un père spirituel ayant des disciples.

C’EST COMME SI, À LA MÉNOPAUSE, LES FEMMES ACQUÉRAIENT UNE PUISSANCE QUI ÉTAIT JUSQUE-LÀ CELLE DES HOMMES

Quelles sont les féministes africaines qui vous ont inspirée ?

L’une des premières que j’ai rencontrée est Mariama Bâ, quand j’avais une quinzaine d’années. Elle m’a emmenée vers d’autres féministes masculins, et notamment, au moment où je quittais la Tunisie pour la France, vers Cheikh Hamidou Kane, qui repense le rapport entre identité, genre et religion dans L’Aventure ambiguë. Je suis encore à ce croisement vingt-cinq ans plus tard. Est-on femme de la même façon dans les différentes cultures ?

Quels troubles naissent dans le genre quand on en a deux ? Et quand j’ai enfin lu des féministes femmes arabophones, dont May Ziadé et Nawal Saadawi, cela a été une expérience de perfection : tout d’un coup, cette langue arabe qui était pour moi celle de la religion, et donc celle des hommes, disait la liberté, et celle-ci était dite par des femmes. La langue était manipulée comme je ne l’avais jamais entendue.

L’auteure Inès Orchani, le 2 septembre 2021, au cimetière du Montparnasse, à Paris
Sydonie Ghayeb pour JA

Vous avez observé qu’à Paris, les femmes se désespèrent d’avoir 50 ans, mais qu’à Tunis, on s’en réjouit. Pourquoi cette différence ?

À la ménopause, les femmes tunisiennes sont débarrassées d’un certain nombre d’injonctions : « sois belle, maquille-toi, procrée ». C’est comme si elles envoyaient balader tout ça, soit parce qu’elles ont rempli une partie du contrat social, elles ont eu des enfants, soit elles ne l’ont pas rempli mais elles ne sont plus en âge de le faire. C’est comme si elles acquéraient une puissance qui était jusque-là celle des hommes. Nawal Saadawi dit même qu’à partir de ce moment-là, elle s’est vue l’égale absolue des hommes. Elle a pu par exemple manifester place Tahrir, en Égypte, sans avoir peur des hommes, parce qu’elle n’était plus un objet féminin.

Dans ce livre, vous remettez en question beaucoup de tabous qui entourent les règles, les mutilations génitales, la nuit de noces ou encore l’accouchement. Est-ce plus stigmatisant d’en parler en Afrique et dans le monde arabe qu’ailleurs ?

Je ne crois pas, j’ai même l’impression qu’un féminisme-monde émerge depuis deux ou trois ans. Que les féminismes communiquent. Ce qui a été plus difficile, c’est de parler de ces sujets en arabe, d’aller chercher les mots pour dire « vulve », « clitoris ». Ils existent mais ils sont souvent imagés. Et ils ne s’écrivent pas, ils se chuchotent…  Le défi était de pouvoir parler aussi librement en français et en arabe. Je ne voulais pas libérer ma parole que dans une seule langue.

TOUTE PRISE DE POUVOIR QUI N’EST PAS DISCUTÉE, RÉGULIÈREMENT REMISE EN QUESTION, ME PARAÎT DANGEREUSE

Ce féminisme-monde n’est-il pas compromis par les oppositions entre différents courants, qui semblent parfois irréconciliables ?

J’ai été marquée par une manifestation des Femen à Tunis. Les féministes tunisiennes focalisaient sur leurs seins nus, disaient : « C’est une honte ». Je me suis interrogée : « Comment des femmes si libres peuvent se concentrer sur cet aspect ? » Et par ailleurs, il m’a semblé que parfois quand une femme voilée prend la parole en France, on ne voit que son voile et elle devient inaudible. Pour l’instant, je ne cherche pas à réconcilier ces deux féminismes mais je voudrais qu’ils comprennent pourquoi ils n’arrivent pas à dialoguer. Si l’on doit être en désaccord, il faut au moins savoir pourquoi, pour qu’il n’y ait pas de malentendus.

Vous écrivez : « nous, femmes arabes, symbolisons tous les opprimés au nom du patriarcat ». C’est-à-dire, plus que les autres femmes ?

En réalité, j’écris cela simplement d’où je parle. Je pense que Simone de Beauvoir, petite bourgeoise du XIVe arrondissement de Paris, a aussi eu des souffrances. Mais parfois je m’exprime de façon plus lyrique, plus spontanée. Je crois que j’ai voulu me donner du courage. Qui suis-je pour parler au nom de ces femmes-là ? J’ai alors pensé à Césaire, il n’était pas né en Afrique et pourtant il a parlé de négritude, il s’est approprié une expérience du monde qu’il a chanté dans Cahier d’un retour au pays natal et je me suis dit que j’allais me mettre dans cette énergie et me donner le droit de me dire que je représente les femmes arabes.

Pour vous, le patriarcat est une convention. Il serait arrivé « par accident ». Est-ce que le pouvoir aurait pu échoir dans les mains des femmes ?

Oui, d’ailleurs des cultures matriarcales ont sans doute déjà existé dans l’histoire. Selon les archéologues, les premières déesses étaient féminines et il y avait un culte de l’utérus dans les grottes préhistoriques. Mais toute prise de pouvoir qui n’est pas discutée, régulièrement remise en question, me paraît dangereuse. Ce que j’essaye de faire avec Gazelle Théorie, ce n’est pas de renverser le patriarcat pour installer un matriarcat. Je suis pour une neutralisation des rapports de force, je ne veux plus que l’un ait de l’emprise sur l’autre. Tout le monde y gagnerait, y compris les patriarches.

Avec Jeune Afrique par Julie Gonnet

RDC: Le courage d’un Congolais menotté, libérant sa parole avec exaltation avant l’incarcération

juin 26, 2017

 

Rouge est le sang de nos morts

octobre 22, 2015

Rouge est le sang de nos morts

Rouge est le sang de nos morts

Adieu Petite Enfant

À la longue chevelure de sang

Couronne de rouge tressée

Tu t’en es allée Douce Petite

De l’enfance à peine sortie!

Ton immense jeunesse une écharde

Dans nos cœurs de douleur broyés

A Dieu Jeune Enfant

Brut diamant offert aux yeux

Du monde chargés d’effroi

Ton corps innocent dans le fleuve

De ton sang baigne dans ton sang vermeil

Sur le macadam rouge et noir!

Que ton sang proclame le chant brûlant

De la liberté parole confisquée

Que ton sang raconte le souvenir

Insoutenable de ta vie inachevée

Brutalement interrompue

Enfant Tendre

Petite Enfant

Chrysalide de toujours

Rêve infini d’un papillon

Qui jamais plus la maison n’éblouira

Qui jamais le ciel n’embrasera

Dans le fleuve de ton sang éparpillé

Petite Enfant dors!

Dors pour que vive l’espérance nouvelle

D’un lendemain éclatant de justice et de lumière!

Rouge est le sang de nos morts

Rouge est le sang douloureux de nos morts!

Marie-Léontine Tsibinda

Faite de la musique congolaise

juin 21, 2011

La Musique Congolaise Brille par une Pauvreté Textuelle Caractérisée

L’actuelle génération des musiciens congolais ont, sans doute, contribué à une industrialisation de la chanson congolaise. Rechignant à l’effort, leur musique brille par une pauvreté textuelle caractérisée. Des paroles légères qui frisent parfois l’indécence, sans oublier un chapelet de noms d’hommes politiques congolais aux mœurs sociales dissolues.

Parmi les griefs portés contre les musiciens de la République démocratique du Congo aujourd’hui, l’on retient celui d’avoir la Rumba congolaise.

En République démocratique du Congo, la Rumba incarnée par l’actuelle génération des musiciens relève plus « du culturel » que de la « culture ». Par cette analyse, Afrik.com fait allusion à « un mouvement profane, éphémère, trompeur et décevant ». Un divertissement puéril ; sans plus. Nietzsche en son temps vivait « un automne de la culture » ; Hannah Arendt, elle, répétait qu’on « ne pouvait réduire la culture à une industrie culturelle ».

On n’a pas le temps de savourer une gamme que déjà s’entend, un cheveu dans la soupe, le nom d’un homme politique congolais. Le genre a dérapé vers une source au succès.

De là-haut, le grand architecte de l’Univers de la Rumba congolaise moderne, Luambo Makiadi Franco, doit fulminer : ses successeurs dilapident l’héritage que lui-même reçut notamment des Wendo, Bowane, Tino Baroza.

Y a-t-il une chanson de cette nouvelle génération qui dépasse le genre mineur ? Niet. Dieu merci, ces bénédictins d’un temps, d’une saison, bientôt disparaîtront. Malheureusement, comme en Economie la mauvaise monnaie chasse la bonne, la musique faite par l’actuelle génération a enseveli sous les décombres de la médiocrité celle léguée par les Luambo et Essous.

Aucun doute, les chanteurs actuels disposent de quelque savoir musical. Mais ils sont dénués de quelque imagination. Or, « l’imagination est plus importante que le savoir », dixit Einstein. La guerre des textes a cessé d’exister au grand dam de la vie. Verckys composa « Nakomi Tunaka », « Mpassi Mermans » lui répondit par « A mon avis ». Verckys dégaina de nouveau par Sakumuna. Pour répondre à « Pont sur le Congo » de Franklin Boukaka, African Jazz sortit « Ebalé ya Congo ». Et, pour railler leurs détracteurs, les « Mando Négro » se dépassèrent dans Molangi.

UNE AUTRE TARE : LA REDONDANCE

Une autre tare définit les chanteurs des temps présents, c’est la redondance : d’une œuvre à une autre, on a le sentiment qu’il s’agit d’une même chanson. Et le timbre vocal, et l’harmonie : tout se ressemble. C’est en vain qu’on attend les variations d’un bon chorus, comme savaient le faire Nico et Géry Gérard. Les chanteurs du moment sont tel un écrivain qui, prolifique durant toute sa vie, écrit en vérité le même livre avec le même style. Bonjour la monotonie.

Certes les bénédictins de la rumba actuelle ont de belles voix ! Mais ils ne savent pas les marier, du moins ils n’éprouvent aucune envie de savoir les placer. Pour ces artistes, chanter c’est comme prendre un ascenseur : monter/descendre/monter/descendre. Ils montent et descendent là où il n’est pas nécessaire de le faire. Travaillent-ils avec de vrais arrangeurs ?

Le bémol s’impose. Constituez une « attaque » avec les maîtres de chant, Evoloko, Emeneya, Bozi ou Likinga Redo, les chanteurs du moment s’éclipseront vite. Or il est un aspect originel de la Rumba congolaise, c’est la guerre des voix…

L’ABSENCE DE LA GUERRE DES VOIX, UN IMPARFAIT DU PRESENT

Qui ignore la splendide guerre qui oppose Daliens Ntesa et Youlou Mabiala dans Radio trottoir ? Michel Boyibanda et Sam Mangwana, eux, s’agressent agréablement dans To yeba yo trop. Evoloko et Vadio se « mesurent » dans Atinga. Il n’y a ni vainqueur ni vaincu, entre Likinga et Evoloko, dans Pétrole. Match non pas nul, mais sublime. King Kester Emeneya inflige une gifle de chant à Pépé Kallé dans Amena, si bien que l’éléphant de la musique zaïroise ne se contente que de quelques rôles dans le refrain.

« Oui, dans ma propre chanson, j’abdique face au bachelier en chant, tellement il y est intenable », avoua-t-il un jour à Paris, en 1990. Et de poursuivre : « Il est difficile de malmener Emeneya dans une chanson ; il te répondra du tac au tac ». Avec sa manière de chanter dans le contretemps, cela déstabilise le plus chevronné des maîtres du tempo.

Djenga K. Espérant écrabouille tout le monde dans La mignonne de Bozi Boziana, au point que ce dernier est presque absent dans sa propre composition. Même Lay, le Zeus du ténor, est inaudible dans cette splendide œuvre. Mais ce dernier prend sa revanche, justement dans Autopsie de Djenga K. : il monte si haut dans les aigus que ses compères (y compris le compositeur de la chanson) ont l’impression de patauger dans les bas-fonds des graves.

Papa Wemba, lui, a souvent perdu le duel des voix dans une « attaque » : il est plus divin seul qu’en chorale (Matebu, Esclave, Maria, etc, des œuvres d’une beauté divine). Mais il a remporté aussi plusieurs batailles. En témoigne la manière dont il contre les variations de Bozi, la puissance de Djenga K. et de Lita Bembo dans Mère Otan. Mieux encore, si Kinshasa-Brazza est une chanson à faire écouter aux élèves de chant, c’est grâce au Dionysos du chant qu’est Papa Wemba.

« Dans cette chanson, Papa Wemba sait qu’il doit maintenir une longue distance entre Bozi et lui. S’il descend d’un centimètre, il se perd, car en bas Bozi règne en maître et en puissance », a , analysé Théo Blaise Kounkou.

En fait, qu’est-ce « qu’une guerre juste » ? Pour les gens compliqués, il s’agit d’une guerre qui sert à conquérir une valeur, quitte à verser du sang. Eh bien, pour les gens simples, les mélomanes de la bonne Rumba congolaise, la « guerre juste » est celle qui égaye les âmes, tant sur le fond que sur la forme. Seul le passé, cette lumière abondante, procure cet amour. Le vrai amour. La Rumba actuelle n’est que vacuité et lumière ténébreuse.

Le cas suivant l’illustre bien : pour son mariage et son cinquantième anniversaire, un Congolais de France, Albert Tchey, précise bien sur les cartons d’invitation que les invités ne danseront que la Rumba congolaise des années 70-80 et la Salsa. Et pour cause : la Rumba actuelle demeure au ras des pâquerettes.

Pour rappel, le samedi 11 juin 2011, au stade de France, à l’occasion de la « Nuit africaine », toutes les musiques africaines ou presque seront à l’honneur. Parmi elles, la Rumba congolaise, un genre en pleine glaciation depuis plus de vingt ans, même si le FEMOCA (Festival des musiques originaires d’Afrique noire) tente, par ses moyens, de le dégeler.

Bienvenu IPAN (Kongotimes)avec Érick Mampouya