Posts Tagged ‘Pass sanitaire’

France-Manifestations antipass sanitaire : des affrontements à Montpellier

août 21, 2021

Des débordements ont eu lieu dans plusieurs villes françaises. À Montpellier, plusieurs personnes ont été blessées, rapporte France Bleu.

A Montpellier, des centaines de personnes manifestent contre le pass sanitaire, samedi 7 aout.
À Montpellier, des centaines de personnes manifestent contre le pass sanitaire, samedi 7 août.© Giacomo Italiano / MAXPPP

En ce sixième samedi consécutif de mobilisation contre le pass sanitaire, des débordements ont été rapportés dans plusieurs villes françaises, notamment à Montpellier, où 9 500 personnes ont battu le pavé, selon la préfecture. Une violente bagarre a éclaté entre des militants de la Ligue du Midi, un mouvement d’extrême droite, et des antifascistes, samedi 21 août, révèle France Bleu Hérault. Plusieurs personnes ont été blessées, dont une à la tête.

Alors que la manifestation s’est majoritairement déroulée dans le calme, des activistes antifas, pour certains vêtus de noir et cagoulés, ont remonté le cortège et se sont placés à l’avant. Un déplacement qui a provoqué des tensions. Le mouvement régionaliste d’extrême droite, la Ligue du Midi, a ainsi tenté de s’interposer, alors que d’autres manifestants appelaient les deux groupes au calme. Des insultes ont alors fusé et des canettes de bière, des bouteilles en verre, ainsi que des planches de bois ont été jetées par les deux groupes. Plusieurs personnes ont été blessées dans ces affrontements.

La façade du journal L’Indépendant pris pour cible

À Perpignan, de nombreux manifestants se sont également mobilisés, samedi, pour clamer leur colère contre le pass sanitaire. C’est ainsi que le siège du journal L’Indépendant a été pris pour cible en début d’après-midi, rapporte France Bleu Roussillon. Des centaines de manifestants se sont arrêtés devant les bureaux du journal et ont jeté des exemplaires sur la façade, en huant. Vers 15 h 15, les opposants au pass sanitaire ont également hué avec véhémence le Conseil départemental de l’Ordre des médecins. Pendant la mobilisation, des manifestants ont aussi brandi des pancartes antisémites, où il était notamment écrit « Qui ? », un slogan déjà vu à plusieurs reprises depuis le début des manifestations antipass.

À Toulouse, la police a également fait usage de gaz lacrymogène. Dans la capitale, où 14 700 personnes se sont mobilisées, un dispositif important de gendarmes a été mis en place pour éviter les débordements. La police a par ailleurs demandé aux manifestants d’évacuer le boulevard Saint-Michel.

Par Le Point

France: Les grands magasins parisiens vont exiger le pass sanitaire dès lundi

août 14, 2021
Les grands magasins parisiens vont exiger le pass sanitaire des lundi
Les grands magasins parisiens vont exiger le pass sanitaire dès lundi© AFP/Archives/MARTIN BUREAU

Les cinq grands magasins parisiens (Galeries Lafayette, Printemps, BHV, Le Bon Marché et la Samaritaine) vont instaurer le contrôle du pass sanitaire à partir de lundi, a annoncé samedi la préfecture de police.

A ces enseignes très prisées des touristes s’ajoutent les centres commerciaux parisiens Italie 2, Centre Beaugrenelle et Vill’upmais aussi le centre commercial Aéroville à proximité de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, tous disposant d’une surface de plus de 20.000 m2.

Ces 9 centres commerciaux « devront exiger un passe sanitaire valide auprès de leurs clients ainsi que le port du masque », précise le communiqué.

La mesure est prise, selon la préfecture de Paris, « dans un souci de cohérence et d’harmonisation sur l’agglomération parisienne » et « en concertation avec les préfets de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine ».

Dans le Val-de-Marne, huit centres commerciaux dont Belle Epine (Thiais), ainsi que deux magasins Ikéa, seront également concernés, selon un arrêté du préfet. Mais pas le centre Créteil Soleil.

Dans le Val-d’Oise, où « la situation s’est de nouveau dégradée ces dernières semaines », le pass sanitaire et le port du masque seront obligatoires à compter de lundi dans six centres commerciaux dont Les Trois Fontaines à Cergy, ainsi que dans les magasins Ikéa de Franconville et de Gonesse, détaille la préfecture du département.

Les préfets de Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine n’avaient pas encore publié d’arrêté samedi soir.

Mercredi le gouvernement a étendu l’usage du pass sanitaire aux commerces de plus de 20.000 m2 aux départements ayant un taux d’incidence supérieur à 200 pour 100.000 habitants sur une semaine.

« A Paris, si le taux d’incidence global reste légèrement en-deçà de 200 pour 100.000 habitants, il est largement supérieur dans les classes d’âge de 10 à 39 ans (343 dans la tranche d’âge de 20 à 29 ans) », justifie la préfecture.

Au total, 112 établissements de plus de 20.000 m2 seront concernés par le contrôle du pass sanitaire à partir de lundi en métropole, selon un décompte établi samedi par l’AFP sur la base d’arrêtés préfectoraux, quasiment tous dans la moitié sud de l’Hexagone et en région parisienne.

La décision d’instaurer un pass sanitaire reste entre les mains des préfets qui, selon la loi validée la semaine dernière par le Conseil constitutionnel, ne peuvent le faire si cela compromet « l’accès des personnes aux biens et services de première nécessité ainsi qu’aux moyens de transport ».

Avec Le Point avec AFP

France/Pass sanitaire : 237 000 manifestants recensés, dont 17 000 à Paris

août 7, 2021

Des défilés ont été organisés samedi dans plusieurs villes de France, contre le pass-sanitaire. Ils interviennent au lendemain d’un appel lancé par le Président.

 De nouvelles manifestations ont eu lieu samedi dans plus de 150 villes en France contre l’extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour les soignants. 237 000 manifestants ont été recensés, dont 17 000 à Paris. Il s’agit de la plus forte mobilisation jusqu’à présent, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Aux alentours de 19h, les autorités recensaient 198 actions, 35 interpellations et sept blessés légers parmi les forces de l’ordre. Le pass sanitaire, validé jeudi par le Conseil constitutionnel, doit entrer en vigueur lundi. Ces défilés, pour le quatrième week-end consécutif, interviennent au lendemain d’un nouvel appel pressant lancé par Emmanuel Macron – « Faites-vous vacciner » – et alors que plus de 44 millions de Français ont reçu au moins une dose (65,9 % de la population). « Macron, ton pass (sanitaire), on n’en veut pas », avaient crié dès jeudi soir quelques centaines de manifestants à Paris après sa validation par le Conseil constitutionnel.

La loi qui élargit le pass sanitaire à de nouveaux lieux publics et instaure une obligation vaccinale pour les soignants a été publiée au Journal officiel vendredi. Dès la semaine prochaine, il faudra a priori présenter un certificat de vaccination, un test PCR négatif au Covid-19 ou un certificat de rétablissement de la maladie pour avoir accès aux cafés et aux restaurants, salles de spectacle ou salons professionnels, ou encore pour faire un long trajet à bord d’un avion, d’un train ou d’un autre.

« Société de contrôle »

Dans les cortèges, beaucoup disent refuser d’être « les cobayes » de nouveaux vaccins. Comme Martine Rodriguez, 74 ans, professeure de yoga retraitée, « Gilet jaune » de la première heure et « pas contre les vaccins » auparavant. « On nous prive de nos libertés, on ne peut même plus aller au restaurant », dit-elle, sous son masque en tissu, persuadée que « le Covid a été créé pour éliminer des gens parce qu’on est trop sur Terre, et pour permettre aux labos pharmaceutiques de faire du fric ». Venu masqué, Alexandre Fourez, 34 ans, assure manifester « pour la première fois », lui qui a déjà eu le Covid. « Le problème avec le pass sanitaire, c’est qu’on nous force la main », dit cet employé dans le marketing, qui a « vraiment du mal à croire que son application va être provisoire ». « Pas nécessairement anti-vaccin », Stéphane, 50 ans, manifeste de son côté avec sa femme et ses deux enfants adolescents. « Ça me dérange qu’on oblige à faire ce vaccin et ça me fait peur pour mes enfants », dit ce salarié dans l’informatique, qui redoute d’éventuels effets secondaires encore inconnus. La famille, qui va partir en vacances, prévoit de « se limiter aux sorties en extérieur ». Dans la ville de Cambrai, « nous ne sommes pas anti-pass sanitaire, mais contre son contrôle qui va être long, compliqué et pourrait créer des tensions », a dit Morgan Sedrue, 36 ans, gérant d’un bar, qui portait un tee-shirt « Balance ton QR ». « Les gens qui n’ont pas leur QR code valide vont se dire « ça ne sert à rien que je vienne manger un morceau ou boire un verre ». La clientèle va être divisée par deux », estime-t-il.

Mais une bonne part des manifestants, parfois vaccinés, manifestent spécifiquement contre l’imposition du pass sanitaire, qui constitue, selon eux, une « obligation vaccinale déguisée » et instaure « une société de contrôle ». Le ministère de l’Intérieur avait recensé au moins 204 000 manifestants le 31 juillet (contre 161 000 une semaine plus tôt). « On attend globalement le même nombre de manifestants » ce samedi, pronostique une source policière.

« C’est un coup de massue », disait jeudi soir le manifestant parisien Nejeh Ben Farhat, Gilet jaune de 42 ans, au sujet de la décision des Sages du Conseil constitutionnel qui ont validé l’essentiel du projet de loi sanitaire voté le 25 juillet par le Parlement. « On a l’impression qu’une grande partie de la population a accepté son sort », déplorait-il. Ce technicien télécoms se présente comme l’un des organisateurs de la principale manifestation parisienne prévue samedi à partir de 11 heures au métro pont de Neuilly (Hauts-de-Seine), pour un départ en début d’après-midi vers le centre de Paris. « Non au pass sanitaire », « liberté », clament des pancartes dans un premier rassemblement de plusieurs centaines de manifestants qui a débuté en fin de matinée, sous une forte pluie, au pont de Neuilly également.

Quatre manifestations à Paris

« C’est la manifestation le plus à risque, notamment de départs en cortèges sauvages. On y portera une attention particulière », a expliqué à l’Agence France-Presse une source policière, évoquant par ailleurs une « vigilance » autour des Champs-Élysées. Trois autres rassemblements sont prévus à Paris, où la préfecture de police dit attendre 10 000 manifestants. L’un d’eux a lieu à l’appel de Florian Philippot, ancien numéro deux du RN et président des Patriotes, à 14 h 30 devant l’École militaire (7e). Nicolas Dupont-Aignan a annoncé qu’il y serait « aux côtés des Français qui manifestent pour obtenir le retrait » du pass.

Dans la ville de Lyon, deux appels à manifestation ont été déclarés pour 14 heures. Suzanne Petit, 65 ans, retraitée qui dit multiplier les petits boulots pour « joindre les deux bouts » et qui a toujours milité au FN, témoigne : « J’observe les mesures barrières, je porte le masque et j’ai peur de cette maladie, mais encore plus du vaccin. »

La préfecture a établi un périmètre d’interdiction de manifestation dans l’hypercentre de Lyon de 12 heures à 21 heures « en raison des violences survenues ces dernières semaines en marge des rassemblements revendicatifs illégaux ». Une douzaine de manifestations sont prévues dans les Hauts-de-France, l’Aube et les Ardennes, notamment à Lille, Abbeville, Reims ou Dunkerque.

À Saint-Brieuc, la contestation se divise en deux rassemblements, l’un à l’appel d’organisations et de partis de gauche (Attac, Confédération paysanne, EELV, LFI) ainsi que de Gilets jaunes locaux, l’autre organisé par le mouvement de Florian Philippot et d’autres formations de droite radicales. À Toulouse – où les locaux de l’Ordre des infirmiers avaient été vandalisés, avec notamment des tags anti-pass sanitaire, dans la nuit de jeudi à vendredi –, les manifestants protesteront également contre la réforme de l’assurance-chômage et celle des retraites. La semaine dernière, les manifestations avaient parfois été émaillées de face-à-face tendus avec les forces de l’ordre et ponctuées d’invectives, voire d’injures, envers les médias. À Montpellier, des manifestants s’en étaient pris à un pharmacien qui effectuait des dépistages du Covid-19, certains le traitant de « collabo » et d’« assassin ».

37 000 personnes en Provence-Alpes-Côte d’Azur

Au moins 37 000 personnes, selon la police, défilent en Provence-Alpes-Côte d’Azur, de Nice à Marseille, contre le pass sanitaire dans des cortèges hétéroclites, rassemblant Gilets jaunes, pro-vaccin opposés au pass et anti-vaccin, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse.

Dans le défilé, Olivier Lacombe, kinésithérapeute de 37 ans, un collier de fleurs autour du cou pour la paix et en clin d’œil aux colliers polynésiens portés par le président Macron à Tahiti, ne comprend pas qu’on lui impose une vaccination alors que, dit-il, « la maladie touche principalement les personnes âgées ou vulnérables ». « Le vaccin doit rester un outil parmi d’autres. Il faut laisser les gens libres de choisir. »

Dans la ville de Nice, les manifestants ont défilé en cortège derrière une grande banderole « Anti-pass sanitaire 06, la nouvelle vague, c’est nous ». Du côté de Marseille, un cortège fourni est parti du Vieux-Port peu après 14 heures en direction de la préfecture.

Éducatrice spécialisée à la retraite et pro-vaccination, Geneviève Zamponi s’inquiète en revanche du pass sanitaire obligatoire, qu’elle juge « vexatoire et discriminatoire ». « Les prolos peuvent prendre le métro ou le RER sans pass, mais ils n’auront pas le droit d’aller boire un café. […] C’est illogique. Je ne dis pas que nous sommes dans une dictature, mais petit à petit on nous enlève des droits. »

Avec Le Point

France-Pass sanitaire : les professionnels de santé cristallisent la colère

août 6, 2021
Pass sanitaire : les professionnels de sante cristallisent la colere
Pass sanitaire : les professionnels de santé cristallisent la colère© AFP/STEPHANE DE SAKUTIN

Pharmaciens pris à partie, centres de vaccination et chapiteau de dépistage vandalisés, officine incendiée… Applaudis lors du premier confinement, les professionnels de santé sont désormais des cibles de la grogne contre le pass sanitaire.

Pour la sociologue Deborah Ridel, ces professions se retrouvent cette fois encore en première ligne, cristallisant une colère visant au premier chef un État « inatteignable ».

Mesure emblématique et controversée de la loi visant à contrer la flambée de l’épidémie de Covid-19, promulguée vendredi quelques heures après que le Conseil constitutionnel l’a en grande partie validée, le pass sanitaire (vaccination totale, test Covid-19 négatif ou certificat de rétablissement) va être étendu, notamment aux cafés, restaurants, avions, trains, autocars pour les longs trajets.

Le dispositif est contesté par des Français anti-pass ou anti-vaccination qui ont lancé de nouveaux appels à manifester ce samedi, après déjà trois journées de mobilisation dont la dernière, le 31 juillet, a rassemblé plus de 200.000 personnes à travers la France selon le ministère de l’Intérieur.

Ce jour-là à Montpellier, des manifestants traitent de « collabo » et d' »assassin » un pharmacien réalisant des tests dans la rue, comme le montrent des images tournées par le quotidien régional Midi libre. La nuit suivante, une pharmacie est incendiée à Fort-de-France. Dans la nuit du 17 au 18 juillet, un incendie volontaire détruit un chapiteau accueillant un centre de vaccination contre le Covid-19 de la commune d’Urrugne (Pyrénées-Atlantiques). La veille, un centre de vaccination avait été vandalisé à Lans-en-Vercors (Isère) et des inscriptions anti-vaccins taguées sur le bâtiment.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, les locaux de l’Ordre des infirmiers à Toulouse ont été vandalisés, avec notamment des tags anti-pass sanitaire.

Violences et intimidations

Le 31 juillet, un « déchaînement soudain de violence s’est exprimé » à l’encontre des pharmaciens, dénoncent d’une même voix l’Ordre national des pharmaciens et les syndicats FSPF (Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France), USPO (Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine) et l’ANEPF (l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France).

L’Ordre des médecins a condamné des « actes de violence et d’intimidation » contre « des médecins, des pharmaciens, d’autres professionnels de santé, et des personnels d’établissements ou de centres de vaccination ».

Pharmacies et centres de vaccination symbolisent le pass sanitaire, qui va désormais être obligatoire pour accéder à un grand nombre d’activités, ce qui risque d’engendrer de nouvelles tensions, selon leurs représentants professionnels.

Lors des manifestations, marquées aussi par des violences contre les forces de l’ordre ou les journalistes, le ministère de l’Intérieur a assuré qu' »une attention peut être apportée par le préfet lorsque les pharmacies se retrouvent sur le chemin du cortège ».

Pour Deborah Ridel, doctorante en sociologie à l’université de Lille qui a étudié les violences commises dans les services d’urgence, « les soignants de première ligne (et a fortiori à l’hôpital public) sont, aux yeux d’une grande partie de la population, les représentants – en tant qu’interlocuteurs visibles – d’un État impersonnel et inatteignable ».

« Il y a dans ces formes de contestation quelque chose d’assez semblable aux revendications des gilets jaunes qui contestent un gouvernement trop éloigné de leurs considérations », estime cette chercheuse.

De nombreux gilets jaunes figurent dans les rangs des manifestants. Une de leurs figures emblématiques, Jérôme Rodrigues, éborgné en 2019 par un tir de grenade lors d’une manifestation, participait jeudi au rassemblement de quelques centaines de personnes devant les grilles du Conseil constitutionnel à Paris.

Le dernier rapport de l’Observatoire national des violences en milieu de santé fait état de 20.330 « atteintes aux personnes » en 2018, soit avant la crise sanitaire. La plupart des victimes sont des soignants (77 %), tandis que la majorité des auteurs de violence sont des patients (71 %).

Par Le Point avec AFP