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France/Covid-19: le gouvernement évoque la fin prochaine du pass vaccinal

février 9, 2022
Covid-19: le gouvernement evoque la fin prochaine du pass vaccinal
Covid-19: le gouvernement évoque la fin prochaine du pass vaccinal© AFP/Archives/Pascal GUYOT

La France se rapproche-t-elle, après d’autres pays, de la levée du pass vaccinal ? Le gouvernement l’envisage pour fin mars ou début avril, alors qu’une nouvelle salve de restrictions anti-Covid doit déjà disparaître dans une semaine.

Après Israël, l’Angleterre, le Danemark, qui ont supprimé leur pass vaccinal ou sanitaire, la France pourrait à son tour renoncer à ce dispositif contesté.

Le « Monsieur vaccin » du gouvernement, Alain Fischer, a donné le ton mercredi en fin de matinée, devant une commission d’enquête du Sénat.

Une levée du pass vaccinal est envisageable « d’ici la fin mars » ou début « avril », a estimé M. Fischer. Si, et seulement si, plusieurs conditions sont au rendez-vous: un taux d’incidence « 10 ou 20 fois moindre » qu’actuellement, la fin de la surcharge hospitalière et une très forte proportion de vaccinés.

L’exécutif a embrayé dans la foulée.

« Il y a des raisons d’espérer qu’à cet horizon de temps la situation se sera suffisamment améliorée pour que nous soyons en mesure de lever ces ultimes mesure », a abondé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, interrogé à l’issue du conseil des ministres suivant un conseil de défense sanitaire.

Déjà, il y a juste une semaine, le ministre de la Santé Olivier Véran affirmait que « le pire est derrière nous » pour cette cinquième vague de l’épidémie de Covid-19 et jugeait probable une levée du pass vaccinal avant juillet.

Aux yeux des autorités, la menace due au variant Omicron, moins dangereux que ses prédécesseurs bien que nettement plus contagieux, s’éloigne.

La déferlante de contaminations liée à Omicron décroît nettement depuis fin janvier.

« La baisse franche, nous y sommes », a souligné Gabriel Attal, « mais gardons-nous bien de fanfaronner ».

Pour les hospitalisations (320 mardi) et les décès (363 à l’hôpital mardi), les vagues restent toutefois très élevées.

Le pass vaccinal sera levé « dès lors (…) qu’il n’y aura plus un hôpital sous très forte tension du fait du Covid », a déclaré Gabriel Attal.

Mais d’ici là, les règles pour conserver son pass vaccinal vont changer, mardi prochain.

Un convoi anti-pass

Entre 4 et 5 millions de Français majeurs pourraient perdre leur sésame s’ils n’ont pas reçu de dose de rappel d’ici là, ou s’ils n’ont pas été infectés après deux doses, selon les estimations des autorités sanitaires.

Du coup, « on pense que plusieurs millions de personnes voudront se faire vacciner le week-end prochain », a expliqué mercredi une source gouvernementale.

Des opposants au pass vaccinal restent, eux, mobilisés. Des milliers d’entre eux ont ainsi annoncé sur les réseaux sociaux vouloir « rouler sur Paris » dans le cadre de « convois de la liberté », inspirés par les routiers canadiens qui bloquent le centre d’Ottawa. Ils prévoient de rallier Paris vendredi soir et certains appellent ensuite à rejoindre Bruxelles pour une « convergence européenne » le lundi 14 février.

En dehors du pass, une deuxième étape de levée de restrictions reste programmée pour mercredi prochain.

Les discothèques, refermées depuis le 10 décembre, pourront rouvrir, les concerts debout seront à nouveau autorisés. La consommation au comptoir sera également possible dans les bars. Comme la consommation dans les stades, les cinémas et les transports.

Pour les écoles, un nouvel allègement du protocole sanitaire se prépare, pour le 21 février, date du retour de vacances de la première zone.

Moins d’autotests, fin du masque en extérieur, fin des attestations sur l’honneur pour les tests négatifs figurent dans les pistes. Des syndicats s’en sont fait l’écho après une réunion mardi avec les ministères de l’Education et de la Santé et le Haut conseil de la santé publique.

« Il y aura des annonces d’ici la fin de la semaine, j’espère dès vendredi », a déclaré Gabriel Attal à l’issue du conseil des ministres.

Près de deux ans après le début de l’épidémie et à deux mois de la présidentielle, le gouvernement se dit régulièrement conscient de la « lassitude » des Français face à la crise et aux restrictions.

Clamant que la France est « probablement l’un des pays d’Europe qui a pris le moins de mesures contraignantes », le porte-parole du gouvernement a aussi déclaré que, « comme partout dans le monde, des mouvements politiques, souvent radicaux, ont cherché à capitaliser sur cette lassitude ».

Par Le Point avec AFP

Covid-19 : les opposants au pass vaccinal, en France, battent à nouveau le pavé

janvier 22, 2022

Les anti-pass vaccinal, qui entrera en vigueur le 24 janvier, dénoncent une parole gouvernementale « incohérente » qui a « varié » avec le temps.

Des opposants au pass vaccinal ont défilé dans les rues de plusieurs villes samedi 22 janvier 2022, deux jours avant son entrée en vigueur, réclamant la «  liberté  » et fustigeant «  l’apartheid  » imposé, selon eux, par le gouvernement entre vaccinés et non-vaccinés. À Paris, où quatre manifestations avaient été déclarées, des Gilets jaunes ont défilé dans la matinée entre le square d’Anvers et la place de la Nation, relayés dans l’après-midi par le mouvement Les Patriotes de Florian Philippot, qui a rassemblé une foule de tous âges, dont des parents accompagnés de leurs enfants.

Le cortège de plusieurs centaines de personnes, pour la plupart non masquées, a défilé de la place de Barcelone (16e) au le ministère de la Santé, dans le 7e arrondissement, portant notamment des pancartes «  Liberté  », «  Vérité  » ou «  Non à l’apartheid  », des drapeaux français ou arborant la croix de Lorraine. «  Pass vaccinal, résistance totale !  » ou «  Macron, on t’em…  », scandaient les manifestants. «  Je préfère mourir aux portes de la liberté que de mourir dans les enfers de la servitude  », proclamait une pancarte, tandis qu’une autre représentait une seringue transperçant Marianne. Un animateur faisait scander «  Résistance ! Résistance !  » ou encore «  Liberté ! Liberté !  ».

Parmi les manifestants, Sophie, juriste de 44 ans, et Franck, consultant informatique de 56 ans, ont expliqué qu’ils étaient tous les deux vaccinés, mais pas leur fille, car ils s’opposent à la vaccination des enfants et des adolescents. Ils ont expliqué être «  anti-pass vaccinal, mais pas pour Philippot  ». Pour Franck, «  le discours des autorités est incohérent et varie avec le temps, en fonction des contingences  », et «  on ne sait plus distinguer le vrai du faux  ». Sophie, pour sa part, regrette qu’«  au moment où le virus est le moins virulent on mette en place le pass vaccinal, alors qu’on pourrait jouer l’immunité naturelle collective  ».

«  Une honte  »

Même remarque de la part d’un homme se présentant comme un technicien informatique de 40 ans, venu avec son fils de 8 ans, qui dit n’avoir jamais voté pour les extrêmes mais trouve que Florian Philippot offre un contrepoint, sinon «  on entend toujours les mêmes choses  ». D’autres manifestations ont eu lieu dans toute la France. 700 personnes se sont rassemblées à Aix-en-Provence, 950 à Montpellier et 1 200 à Marseille, selon les chiffres de la police.

À Bordeaux, ils étaient 450 selon la police, deux fois moins que la semaine dernière. Parmi eux, Anaëlle, infirmière en congé maternité, pour qui «  l’obligation vaccinale est une honte  » et qui dénonce «  des projets expérimentaux  ». «  Les gens vaccinés tombent malades, à quoi ça sert ?  » s’interroge-t-elle. Les manifestants étaient également environ 300 à Lille, dont quelques dizaines de Gilets jaunes, derrière une banderole de tête disant «  non à la dictature  » et réclamant «  une justice sociale, fiscale et écologique  ». «  Fini les tests, fini les masques, on n’en veut plus !  » pouvait-on entendre à Strasbourg (600 participants selon la police).

Le pass vaccinal sera déployé lundi en France. Il faudra alors pouvoir justifier pour les plus de 16 ans un statut vaccinal pour accéder aux activités de loisirs, restaurants et bars, foires ou transports publics interrégionaux. Un test négatif ne suffira plus, sauf pour accéder aux établissements et services de santé.

Avec Le Point