L’achalandage et les temps d’attente sont à la hausse à l’urgence en Ontario, alors que nombre de patients qui évitaient les hôpitaux à cause de la COVID-19 semblent prêts maintenant à s’y rendre. Dans certains cas, toutefois, leurs problèmes de santé risquent d’avoir empiré depuis.

Selon les dernières données de l’agence provinciale Qualité des services de santé Ontario, le temps d’attente avant une première évaluation à l’urgence était en moyenne de 1,1 heure en mai, comparativement à 0,8 heure en avril et 1,8 heure en janvier.

Quant aux patients nécessitant un lit, le temps passé à l’urgence avant d’être admis était de 18,3 heures en janvier. Il a chuté à 9 heures au sommet de la pandémie pour remonter à 11,2 heures en mai.

La Dre Erin O’Connor, directrice médicale adjointe des urgences des hôpitaux Général et Western à Toronto, raconte que l’achalandage y a chuté de 50 % au plus fort de la pandémie ce printemps.

Elle s’inquiète des effets de cette situation sur la santé des patients. «On voyait moins de cas [de crises cardiaques et d’accidents cérébrovasculaires], dit-elle. On croit que les gens continuaient à souffrir de ces problèmes, mais ne venaient pas à l’hôpital [à cause de la COVID-19].»

Certains de ces patients ont fini par se présenter à l’urgence, mais la Dr O’Connor s’inquiète des séquelles possibles d’un traitement retardé.

2e vague

De son côté, le président de l’Association des hôpitaux de l’Ontario, Anthony Dale, dit que la province doit élaborer dès que possible un plan de contingence pour faire face à une deuxième vague de cas de coronavirus.

L’organisation recommande au gouvernement de procéder à une « expansion majeure » des soins à domicile et communautaires et des services virtuels, en plus d’accroître la capacité du système grâce à des hôpitaux de campagne ou le réaménagement d’édifices vacants.

Le ministère de la Santé dit que des préparatifs sont en cours pour traiter plus de patients en cas de deuxième vague, tout en s’attaquant au problème des chirurgies reportées ou annulées à cause de la COVID-19.

La Dre O’Connor dit que les deux hôpitaux où elle travaille se préparent à maximiser l’utilisation de l’espace existant et à ériger, si besoin est, des tentes dans les terrains de stationnement pour faciliter la distanciation physique, en plus d’installer des barrières en plexiglas dans les chambres partagées.

«Mais nous ne voulons pas placer à nouveau des patients dans les corridors, affirme-t-elle, parce que ce n’est pas sécuritaire, surtout lorsque le virus circule à un certain niveau au sein de la communauté.»

Lundi, le premier ministre Doug Ford a annoncé qu’à partir de vendredi, la plupart des régions de l’Ontario pourront passer à la troisième étape du déconfinement, ce qui inclut la réouverture des bars, des restaurants, des cinémas et des gymnases, notamment, mais avec des mesures de distanciation physique et une limite de 50 clients à la fois.

De leur côté, le Grand Toronto, le Niagara et Windsor-Essex devront attendre au moins jusqu’à la semaine prochaine, en raison du nombre d’infections toujours trop élevé sur leur territoire.

Avec Radio-Canada