Posts Tagged ‘Patrice Edouard Ngaissona’

Centrafrique : Ngaïssona et Yekatom coupables de crimes de guerre, selon la procureure de la CPI

septembre 19, 2019

Patrice-Édouard Ngaïssona, ancien chef de guerre anti-balaka, désormais membre du conseil d’administration de la CAF. © DR / Copie d’écran Facebook

 

Fatou Bensouda, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a déclaré vouloir poursuivre pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » deux ex-chefs de milice centrafricains, Patrice-Edouard Ngaïssona, président de la Fédération centrafricaine de football, et le député Alfred Yekatom, dit « Rambo ».

Les deux hommes, anciens chefs de milice anti-balaka, sont accusés par les services de la procureure Fatou Bensouda de meurtres, viols, actes de torture, mutilations, destruction de biens et de bâtiments religieux, attaques contre des civils et enrôlement d’enfants soldats. La CPI a joint en février les deux affaires afin « d’accroître l’équité et la rapidité de la procédure ».

Patrice-Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom sont apparus jeudi devant les juges lors d’une audience dite de confirmation des charges devant la chambre préliminaire de la CPI, en vue d’un éventuel procès.

« Cette chambre n’a pas vocation à se prononcer sur la culpabilité des suspects. Elle cherche à déterminer s’il existe des preuves suffisantes » pour justifier l’ouverture d’un procès, a déclaré le juge Antoine Kesia-Mbe Mindua.

« Je n’ai pas d’observations à faire »

Créées en 2013 après la prise du pouvoir à Bangui par les rebelles de la coalition de la Séléka, les milices d’autodéfense antibalaka (antimachettes) ont pris les armes, assurant défendre les intérêts des chrétiens face aux exactions des groupes armés musulmans.

Patrice-Edouard Ngaïssona, 52 ans, est soupçonné d’avoir commis ou aidé à commettre des crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans l’ouest de la Centrafrique entre septembre 2013 et décembre 2014. « Je n’ai pas d’observations à faire », a-t-il déclaré lorsque le juge lui a demandé s’il voulait réentendre la liste des charges formulées par l’accusation.

Alfred Yekatom, 44 ans, surnommé « Rambo » en Centrafrique, a été remis à la Cour pour sa responsabilité pénale présumée dans des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans la même zone entre décembre 2013 et décembre 2014.

Patrice-Edouard Ngaïssona a été interpellé en France en décembre à la suite d’un mandat d’arrêt délivré par la CPI, qui siège à La Haye. Il est apparu en janvier pour la première fois devant la Cour, deux jours après son extradition. Il a été précédé par Alfred Yekatom, dont la première comparution devant les juges de la CPI remonte à novembre, une petite semaine après son transfèrement historique vers La Haye, le premier depuis l’ouverture de l’enquête sur la Centrafrique en septembre 2014.

Par jeuneafrique.com avec AFP

Centrafrique: qui est Patrice-Édouard Ngaïssona, l’ancien chef de guerre anti-balaka élu à la CAF ?

février 7, 2018
Patrice-Édouard Ngaïssona, ancien chef de guerre anti-balaka, désormais membre du conseil d’administration de la CAF. © DR / Copie d’écran Facebook

L’élection de Patrice Edouard Ngaïssona au Comité exécutif de la CAF fait polémique. De forts soupçons pèsent en effet sur le rôle qu’a joué dans la guerre civile centrafricaine cet ancien « coordinateur » auto-proclamé des anti-balaka.

D’habitude, les élections au Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) se déroulent dans une certaine confidentialité et ne déchaînent pas la passion médiatique. Mais celle qui a été organisée à Casablanca vendredi 2 février, en marge de la phase finale du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) a produit son petit effet. Ahmad Ahmad, qui ne déteste pas que la CAF qu’il préside depuis mars dernier fasse parler d’elle, est servi. Mais pas forcément comme il l’espérait.

C’est que cette fois, c’est Patrice Edouard Ngaïssona, président de la Fédération centrafricaine de football depuis 2008, qui a été élu au Comité exécutif en tant que représentant de la zone Centre, face au gabonais Pierre-Alain Mounguengui (30 voix contre 23 plus une abstention).

« Coordinateur politique » des anti-balaka

Image d’archive datant de 2013, montrant un groupe de miliciens anti-balaka à Bangui. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Comme d’autres, il a du sang sur les mains

En 2014, ce businessman centrafricain, également passé par la politique, se présentait comme le « coordinateur politique » des milices anti-balaka. En février de la même année, il a même échappé de peu à une arrestation, parvenant à prendre la fuite en pleine opération menée conjointement à Bangui par la Misca (la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine) et l’armée française.

Selon une source militaire française qui se confiait alors à Jeune Afrique, l’homme était alors à la tête d’une faction anti-balaka « bien équipée, composée notamment d’officiers des Forces armées centrafricaines et d’ex-membres de la garde présidentielle, opérant principalement à Boy-Rabe », un quartier de Bangui.

Ex-ministre de Bozizé, proche de Touadéra

Finalement arrêté en février 2014 au Congo-Brazzaville, il avait ensuite été remis à la Misca. Il sera remis en liberté sous contrôle judiciaire en avril de la même année, après avoir été auditionné par la gendarmerie centrafricaine. En 2015, il a tenté un retour sur le devant de la scène politique, en présentant sa candidature à la présidentielle. Candidature finalement rejetée par la Cour constitutionnelle.

« Comme d’autres, il a du sang sur les mains », glisse à Jeune Afrique un diplomate. Décrit comme un homme « autoritaire », Ngaïssona, très bien implanté dans le IVe arrondissement de Bangui, est un dur. « C’est un vrai leader, qui n’accepte pas vraiment d’être contredit », poursuit ce diplomate français.

« Il a su s’attirer les bonnes grâces de l’actuel chef de l’État, Faustin-Archange Touadéra, notamment en mobilisant les électeurs dans les régions favorables à François Bozizé », explique un membre du Kwa Na Kwa (KNK), le parti du chef de l’État qui a pris la fuite en 2013. « Quand la justice centrafricaine fonctionnera normalement, Ngaïssona devrait logiquement répondre de ses actes », assène cette source.

Touche-à-tout sulfureux

Avant de devenir le « coordinateur » auto proclamé des anti-balaka, il fut également ministre des Sports sous la présidence de François Bozizé. Ngaïssona a aussi été député, et a notamment assumé les charges de premier questeur à l’Assemblée nationale et de vice-président de la commission des finances.

« C’est un homme à qui je ne confierais pas mes affaires », souligne un ancien membre de la FIFA, qui a croisé ce touche-à-tout sulfureux à plusieurs reprises. Car Ngaïssona adore le football. Il fût président du Stade Centrafricain, un des meilleurs clubs du pays (quatre titres de champion, deux coupes nationales) où il est resté très influent. Et, depuis le mois de juillet dernier, il succédé au Tchadien Moktar Mamoud à la présidence de l’Union des fédérations de Football de l’Afrique Centrale (UNFFAC).

Ses partisans le défendent

Willy Kongo, le team manager de la sélection nationale centrafricaine, côtoie Ngaïssona régulièrement et loue son implication dans le football du pays. « Sous sa présidence, on a remporté la Coupe de la CEMAC en 2009, à Bangui et atteint la finale en 2013, au Gabon. Il a aussi permis au championnat de se dérouler dans des conditions à peu près normales, notamment à Bangui, pendant les événements qui ont secoué le pays », assure Willy Kongo.

« Et malgré cette situation, la sélection centrafricaine a pu s’engager dans toutes les compétitions officielles et disputer des matchs amicaux. Il a mis de son argent personnel pour que les choses fonctionnent. C’est quelqu’un qui aime vraiment son pays », continue-t-il, qui affirme qu’« il est apprécié en Centrafrique pour ce qu’il fait pour le football. »

Le Maroc est une terre bénie pour moi aujourd’hui

Après son élection au Comité exécutif de la CAF, Ngaïssona – dont la femme et les enfants résident en Île-de-France – s’est félicité de cette élection. « Le Maroc est une terre bénie pour moi aujourd’hui », a-t-il ainsi déclaré à l’AFP, tandis que plusieurs voix se sont élevées au sein des ONG de défense des droits de l’homme pour s’émouvoir de la situation.

Le Parti centrafricain pour l’unité et le développement (PCUD), qu’il a fondé en 2014, a publié un communiqué de presse, affirmant que le groupe armé que dirigeait Ngaïssona « n’est qu’une résistance populaire face à l’invasion de la RCA par des mercenaires de la coalition séléka ». La Confédération africaine de football et ses membres n’ont, de leur côté, fait aucun commentaire. Mais en privé, certains avouent « ne pas être emballés » à l’idée de siéger en compagnie d’un homme à la réputation aussi sulfureuse…

Jeuneafrique.com par

Centrafrique: Patrice-Édoaurd Ngaïssona placé sous contrôle judiciaire

avril 18, 2014

Coordinateur politique autoproclamé des anti-balaka, Patrice-Édouard Ngaïssona a été placé jeudi sous contrôle judiciaire.

Les choses se gâtent-elles pour Patrice-Édouard Ngaïssona, 42 ans ? L’ex-ministre de François Bozizé et coordinateur politique autoproclamé des anti-balaka a été placé jeudi 17 avril sous contrôle judiciaire par la justice centrafricaine.

« Il a été auditionné par nos services à Bangui dans les locaux de la gendarmerie nationale en fin d’après-midi pendant deux heures. Il a été ensuite décidé de laisser en liberté provisoire sous contrôle judiciaire. Il devra dorénavant se présenter deux fois par semaine, le mardi et le vendredi, pour qu’on puisse s’assurer de sa présence sur le territoire centrafricain », explique à Jeune Afrique le procureur de la République, Ghislain Gresenguet.

Enquête en cours

« Une enquête judiciaire a été ouverte. Elle suit son cours », a-t-il précisé.

Sous le coup d’un mandat d’arrêt, Ngaïssona avait échappé début février à une opération menée par l’armée française et la Misca ayant conduit à l’arrestation de plusieurs chef anti-balaka.
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Jeuneafrique.com par Vincent DUHEM

Centrafrique : Ngaïssona, « coordonnateur politique » des anti-balaka, a-t-il été arrêté ?

février 27, 2014
L'ancien ministre de Bozizé Patrice-Édouard Ngaissona. L'ancien ministre de Bozizé Patrice-Édouard Ngaissona. © ISSOUF SANOGO/afp

L’ancien ministre de Bozizé Patrice-Édouard Ngaissona. © ISSOUF SANOGO/afp

Depuis deux jours, plusieurs sources font état de l’arrestation de Patrice Édouard Ngaïssona, le « coordonnateur politique » autoproclamé des anti-balaka. Pourtant, selon nos informations, l’intéressé court toujours. Explications.

Mercredi, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca) annonçait dans un communiqué que Patrice-Édouard Ngaïssona avait été appréhendé avec deux de ses collaborateurs, dans la région frontalière de la Likouala, au nord Congo. « Les trois personnes appréhendées ont été transférées à Brazzaville », poursuivait le communiqué.

Pourtant, le lendemain, Ngaïssona démentait son arrestation à la radio. « Je ne suis pas arrêté. Je suis en liberté et présent dans Bangui », déclarait-il.

Nouveau rebondissement vendredi, puisque c’est au tour d’une source policière congolaise d’affirmer à l’AFP que l’ancien président de la Fédération centrafricaine de football (FCF) a bien été arrêté dans le nord du Congo.

Qui croire ? « Tout laisse à penser que Ngaïssona n’a pas été arrêté », confie à Jeune Afrique une source africaine, incapable d’expliquer le communiqué de la Misca qui a depuis été retiré du site de l’Union africaine. Selon nos informations, plusieurs hauts gradés de la force africaine n’avaient pas été informés de la publication d’une telle information.

>> Lire aussi : François Hollande attendu à Bangui vendredi

Que s’est-il passé ? Selon plusieurs sources, la Misca aurait pu confondre Ngaïssona avec Eugène Ngaikosset, capitaine des forces navales centrafricaine et proche de François Bozizé, arrêté il y a quelques jours à Bangui.

Ngaïssona, lui, court toujours.

Jeuneafrique.com par Vincent Duhem

Centrafrique: Les forces internationales s’attaquent aux « anti-balakas »

février 15, 2014

Les forces internationales ont mené samedi matin à Bangui une vaste opération de désarmement des anti-balaka, des miliciens majoritairement chrétiens accusés de crimes atroces contre la minorité musulmane et auxquels la présidente intérimaire a déclaré "la guerre".

Les responsables militaires de l'opération française Sangaris et ceux de la force de l'Union africaine (Misca), qui tentent de mettre fin à la crise dans ce pays livré aux pillages et aux massacres interreligieux depuis bientôt trois mois, avaient durci le ton ces derniers jours, prévenant qu'ils feraient usage de la force.

La Centrafrique a sombré dans le chaos depuis le coup d'Etat en mars 2013 de Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Séléka, à dominante musulmane, contraint à la démission le 10 janvier. Face aux rebelles de la Séléka se sont peu à peu constituées des milices locales d'autodéfense, issues des régions rurales à dominante chrétienne: les anti-balaka, littéralement "anti-machette", qui ont à leur tour semé la terreur dans Bangui et en province.

Après le départ du président Djotodia, et le désarmement et le cantonnement des éléments de la Séléka menés par les soldats de Sangaris, les anti-balaka s'en sont pris systématiquement aux civils musulmans, multipliant lynchages et pillages, conduisant ONG et ONU à dénoncer un nettoyage ethnique.

Patrice Edouard Ngaissona en fuite

L'opération de ratissage menée samedi, la plus importante depuis le début de Sangaris en décembre, a débuté peu avant 6H00 sur un large périmètre du quartier Boy Rabe, fief banguissois des milices anti-balaka.

Elle a permis "l'interpellation d'une dizaine d'individus", selon le procureur de la République Ghislain Grésenguet, ainsi que la saisie d'armes diverses – armes automatiques, fusils de chasse, grenades – et de nombreuses munitions.

Toutefois, l'un de ses "objectifs" – l'arrestation de Patrice Edouard Ngaissona, qui se présente comme le "coordonnateur politique" des anti-balaka -, n'a pas été atteint. "Ils n’ont pas réussi à me prendre, j’étais sorti. Il faut qu’on me dise pourquoi on me cherche", a affirmé à l'AFP M. Ngaissona, joint par téléphone.

Quinze minutes après l'encerclement de sa maison par les forces africaines, des explosions de grenades et des tirs ont été entendus. Selon une source militaire, "face à l'agression des occupants de la maison, des éléments de la Misca ont tiré en l'air".

Interrogé par l'AFP, le procureur a regretté que M. Ngaissona ait pu échapper à une interpellation. "C'était le gros poisson qu'il fallait prendre", a-t-il dit.

Parmi les personnes interpellées figure le lieutenant Hervé Ganazoui, "en charge des opérations à l'+état-major+ anti-balaka", a déclaré à l'AFP Emotion Brice Namsi, qui se présente comme un porte-parole des miliciens.

L'opération s'est achevée aux alentours de 10H00. Les véhicules des Sangaris et de l'Union africaine sont repartis sous les huées des habitants qui scandaient notamment: "Cassez-vous ou on va s'occuper de vous !".

Renfort militaire attendu

La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza a promis mercredi de faire "la guerre" aux milices. Elle faisait écho aux déclarations menaçantes du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian et des commandants des contingents français et africain en Centrafrique, qui visaient directement les miliciens et les pillards sévissant en toute impunité.

Face aux difficultés rencontrées par Sangaris et la Misca pour sécuriser le pays et désarmer les populations, la France a annoncé vendredi l'envoi de 400 militaires supplémentaires, portant le dispositif Sangaris à 2.000 hommes.

M. Le Drian a justifié samedi cette décision en estimant que le degré de violence rendrait l'opération plus longue que prévu. "Je crois que ça sera plus long que prévu, parce que le niveau de haine et de violence est plus important que celui qu'on imaginait", a-t-il dit.

De son côté, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, en visite à l'ONU à New York, a annoncé que l'UE "envisageait de doubler" l'effectif d'Eufor-RCA, de 500 à 1.000 hommes. Cette force "sera sur le terrain très, très vite", a-t-elle assuré. Selon des diplomates européens, il est prévu qu'elle se déploie à Bangui à partir de mars.

La France avait déployé début décembre 1.600 hommes en RCA. Cet effectif limité, qui agit officiellement en soutien des 6.000 hommes de la Misca, n'a pas permis de faire cesser les violences.

Jeuneafrique.com

février 15, 2014

Bangui: un chef anti-Balaka dit « il ne faut pas s’en prendre aux civils musulmans »

février 2, 2014

Dans le bouillonnant quartier Boy-Rabe de Bangui, fief des milices chrétiennes anti-balaka, les ruelles de latérite se font très étroites, l’accès difficile.

Dès l’arrivée de journalistes, le « colonel Douze puissances », cheveux bardés d’épingles de nourrice et collier bourré de gris-gris, commandant sur le terrain, explose de colère à l’encontre des médias qui « disent rien de bon sur nous ». Puis il s’apaise aussi vite, s’excuse et l’entretien avec le coordinateur politique du mouvement, de son vrai nom Patrice Edouard Ngaissona, ancien ministre (Jeunesse et Sports) de l’ex président François Bozizé, peut commencer.

Q/ : De plus en plus de musulmans, sont traqués, tués, leurs maisons pillées. Vous ne pensez pas qu’il est temps d’arrêter ces violences maintenant que les ex-rebelles Séléka ont dû quitter le pouvoir?

-« Nous sommes pour que la paix revienne, pour le bien-être de tous les Centrafricains. Les anti-balaka ne sont pas à Bangui pour piller. Nous demandons aux forces de défense, à la Misca (force africaine), à Sangaris (force française) de monter à l’assaut des faux anti-balaka. Ce sont des voleurs, des bandits qui nous imitent avec de faux gris-gris. Les musulmans sont nos frères. Nous avons attaqué les mercenaires musulmans de la Séléka, mais il ne faut pas attaquer les musulmans civils. Nous sommes pour un processus de pacification ».

Q/ Etes-vous satisfait de la nomination de la présidente Catherine Samba Panza, entendez vous ses appels à la fin des violences?

– « On l’a applaudie quant elle a été élue. Mais elle a fait revenir en force des ministres Séléka (trois) dans son gouvernement, et même un vice Premier ministre (ministre d’Etat: Herbert Gontran Djono)) ! Alors que les anti-balaka ne sont pas représentés ! Un ministre qui a volé sous Djotodia, qui a vidé le fonds minier (il était aux mines, accusé de corruption). C’est très bizarre. J’ai pris un coup à cette annonce. J’ai du m’agenouiller devant mes enfants, longtemps, je les ai suppliés de ne pas aller tirer un coup de feu!. Bon, on espère des postes techniques au sein du gouvernement, et on a les prochaines élections en vue ».

Q/ De combien de combattants disposez-vous, et, dans la perspective des élections à venir, comptez-vous transformer votre mouvement en parti politique?

– « Dans Bangui, nous sommes aux alentours de 30. 000, et en province 60. 000. Membres des forces armées mais aussi civils. Ces civils, venus de loin, comment les ramener?, c’est un problème. Nous n’avons pas l’intention de nous transformer en parti politique. Mais nous demandons un équilibre au sein du Conseil national de transition (CNT, parlement), c’est la moindre des choses pour décider de l’étape suivante, des changements constitutionnels ».

Jeuneafrique.com