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France: Pourquoi PPDA a été placé en garde à vue

novembre 26, 2015

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Patrick Poivre d’Arvor le 5 avril 2008 à Pari afp.com/CATHERINE GUGELMANN

L’ex-présentateur de TF1 est soupçonné d’avoir perçu des livres et manuscrits précieux émanant de la société Aristophil, en délicatesse avec la justice. Ainsi qu’un étrange prêt de 400 000 euros.

Patrick Poivre d’Arvor a été placé en garde à vue hier dans le cadre de l‘affaire Aristophil, selon les informations de Closer. Il a longuement été interrogé par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), située rue du Château-des-Rentiers, à Paris, à propos de ses relations avec Gérard Lhéritier, fondateur de l’entreprise qui proposait des placements plus qu’hasardeux dans les manuscrits. Placé en liquidation judiciaire, Aristophil laisse aujourd’hui 18 000 épargnants le bec dans l’eau. Un krach à 800 millions d’euros. Gérard Lhéritier a d’ailleurs été mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » en mars dernier.

Des photos de PPDA sur un yacht

Que vient faire l’ex-présentateur vedette de TF1 dans cette affaire? Comme L’Express le révélait le 11 novembre dernier, PPDA a profité de mouvements de fonds et de dons en nature en provenance d’Aristophil. L’ex-présentateur de TF1 était en effet le « parrain » des entreprises de Gérard Lhéritier, n’hésitant jamais à monter sur une estrade pour en vanter les mérites. Plusieurs vidéos postées par Aristophil sur YouTube, ainsi que la présence de PPDA lors de l’inauguration de l’hôtel particulier acheté par Gérard Lhéritier en plein Saint-Germain-des-Prés, attestent du rôle de « vitrine » joué par l’ancien présentateur.

Les enquêteurs ont aussi saisi, lors de leurs perquisitions, des photographies montrant le journaliste sur le Narval II, le yacht de Gérard Lhéritier. « Celle-là, c’est la cabine de mon ami Patrick! », avait coutume de lancer le fondateur d’Aristophil, lorsqu’il faisait visiter son bateau.

En retour, le patron d’Aristophil savait se montrer généreux. En 2012, le journaliste est condamné à verser 400 000 euros à TF1, pour avoir publiquement dénigré la chaîne après son licenciement, alors qu’une clause de confidentialité le lui interdisait. Bien qu’ayant pourtant perçu 3,5 millions d’indemnités de TF1, il se tourne alors vers Gérard Lhéritier, lequel lui prête les 400 000 euros. Au moment où les policiers ont perquisitionné le siège d’Aristophil, fin 2014, PPDA n’avait pas encore remboursé un centime de ce prêt généreux.

« Si tu veux me faire plaisir… »

Ce jour-là, les enquêteurs ont aussi mis la main sur un autre document étonnant : une carte de visite de l’ancienne star de TF1, agrafée sur le catalogue d’une vente aux enchères de manuscrits organisée par la maison Artcurial, le 13 décembre 2012. « Si tu veux me faire plaisir… », y avait écrit PPDA à son ami Lhéritier, avant d’indiquer une série de six lots de la vente: une lettre manuscrite de Delacroix, trois autres signées Blaise Cendrars, un exemplaire dédicacé de Mort à Crédit de Louis-Ferdinand Céline, un autre de Proust… Au total, ce jour-là, il y en avait pour plus de 15 000 euros. Mais on estime qu’au fil des ans, les dons « en nature » à PPDA s’élèveraient à environ 200 000 euros.

Autant de livres et de manuscrits qui ont été soustraits du capital de l’entreprise, ce qui aurait pu léser les épargnants. D’autant que, selon nos informations, ces dons auraient été dissimulés comptablement et ne renvoyaient à aucune  » prestation  » les justifiant. Voilà pourquoi les enquêteurs de la BRDE, mandatés par la juge d’instruction Charlotte Bilger, souhaitaient entendre PPDA, qui n’a pas été mis en examen à l’issue de sa garde à vue.

Lexpress.fr par Jérôme Dupuis

Patrick Poivre d’Arvor évoque ses envies suicidaires

novembre 7, 2011

« J’aimerais les rejoindre au paradis des vies brisées »

Patrick Poivre d’Arvor avoue dans son dernier livre avoir souhaité en finir avec la vie.

Ses maux, Patrick Poivre d’Arvor les a toujours soignés par la littérature. En 1993, il s’adresse à sa fille Solenn dans Lettres à l’absente, alors qu’elle est atteinte d’anorexie mentale et refuse de s’alimenter. Deux ans plus tard, après le suicide de Solenn, il se réfugie à nouveau dans l’écriture et parle de son deuil dans Elle n’était pas d’ici.

Aujourd’hui, après le décès de sa maman à 86 ans en juillet dernier, PPDA publie L’expression des sentiments. La quatrième de couverture donne le ton : « Ma mère est morte cet été. Le sol s’est dérobé sous mes pieds. J’ai perdu mes repères, tout autant que ma mère. Après la disparition de mes deux filles [il perdu une fille, Tiphaine, de la mort subite du nourrisson en 1975 et Solenn en 1995, ndlr], la mort rôde une nouvelle fois. J’ai du chagrin. […] Plus qu’une introspection, qu’une thérapie, ce livre est l’hommage d’un homme redevenu petit garçon », écrit Patrick Poivre d’Arvor. Au fil des pages, le journaliste laisse planer sa douleur. Une douleur telle qu’il a pensé en finir avec sa vie : « Je me sens proche de tous ces petits frères ou petites sœurs de souffrance. Parfois j’aimerais les rejoindre, au paradis des vies brisées. […] Et puis je me retiens, au bord du gouffre, parce que je pense à la peine des rares êtres qui tiennent à moi ». À commencer par ses enfants.

Voici.fr par M-A.K.