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France et Rwanda peuvent désormais « avoir une bonne relation », selon le président Kagame

mai 17, 2021
France et Rwanda peuvent desormais "avoir une bonne relation", selon le president Kagame
France et Rwanda peuvent désormais « avoir une bonne relation », selon le président Kagame© AFP/Ludovic MARIN

La France et le Rwanda ont désormais l’opportunité de bâtir « une bonne relation », a estimé lundi le président rwandais Paul Kagame, après la publication en mars d’un rapport d’historiens français concluant à des « responsabilités accablantes » de Paris dans le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994.

Les conclusions du rapport Duclert, corroborées quelques semaines plus tard par un rapport commandé par Kigali à un cabinet d’avocats américain, constituent « un grand pas en avant », a estimé M. Kagame, pour qui « la France et le Rwanda ont désormais l’opportunité, et de bonnes bases sur lesquelles créer une bonne relation ».closevolume_off

« Je peux m’accommoder » des conclusions du rapport, qui a écarté la « complicité » de la France, a ajouté M. Kagame dans un entretien à France 24 et RFI. Le président rwandais, qui dirigeait en 1994 la rébellion tutsi qui mit fin au génocide, avait longtemps accusé Paris d’en être « complice ».

Présent à Paris pour un sommet sur la dette africaine, M. Kagame s’est entretenu avec le président français Emmanuel Macron en marge d’une réunion sur le soutien à la transition au Soudan.

Les deux responsables « se sont félicités des derniers développements favorables et ont confirmé l’objectif d’aller encore plus loin dans la normalisation et l’approfondissement de la relation entre la France et le Rwanda », selon la présidence française.

Interrogé sur la question des « excuses » que pourrait éventuellement faire la France, à l’instar de la Belgique quelques années après le génocide, M. Kagame a estimé que la décision revenait à Paris, tout en soulignant qu’il « apprécierait » le geste.

Evoquant la question des suspects génocidaires présents sur le sol français, il s’est félicité de l’arrestation en mai 2020 près de Paris de Félicien Kabuga, accusé d’être le financier du génocide, mais a estimé que « davantage pourrait être fait » pour poursuivre d’autres suspects en justice. Il a notamment estimé qu’Agathe Habyarimana, la veuve de l’ex-président rwandais, figurait « en tête de liste ».

Paris a toujours refusé d’extrader Mme Habyarimana, soupçonnée d’être impliquée dans le génocide, ce qu’elle conteste. Une enquête la visant est ouverte à Paris depuis 2008.

La question du rôle de la France avant, pendant et après le génocide des Tutsi du Rwanda, a été un sujet brûlant pendant des années et a même conduit à la rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali entre 2006 et 2009.

Le rapport Duclert a conclu aux « responsabilités lourdes et accablantes » et à l' »aveuglement » du président socialiste de l’époque François Mitterrand et de son entourage face à la dérive raciste et génocidaire du gouvernement hutu que soutenait alors Paris.

Le génocide a fait plus de 800.000 morts, essentiellement au sein de la minorité tutsi, entre avril et juillet 1994.

Par Le Point avec AFP

Génocide des Tutsi : la justice française referme le dossier sur l’attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana

juillet 3, 2020

La carcasse de l'avion du président Juvénal Habyarimana, abattu le 6 avril 1994 alors qu'il se préparait à atterrir à l'aéroport de Kigali.

La carcasse de l’avion du président Juvénal Habyarimana, abattu le 6 avril 1994 alors qu’il se préparait à atterrir à l’aéroport de Kigali. © Archives Jeune Afrique-REA

 

La cour d’appel de Paris a confirmé le non-lieu dans l’instruction sur l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président Juvénal Habyarimana. Ce dossier empoisonnait les relations franco-rwandaises depuis plus de vingt ans.

C’est l’un des chapitres les plus sensibles de la relation franco-rwandaise qui s’est refermé ce 3 juillet devant la cour d’appel de Paris. La justice française a en effet confirmé la clôture de l’instruction par un non-lieu sur l’attentat qui avait causé la mort du président Juvénal Habyarimana, au soir du 6 avril 1994 et allumé l’étincelle du génocide des Tutsi.

« Nous sommes soulagés mais nous ne ressentons pas non plus une grande satisfaction, explique Me Bernard Maingain, avocat avec Me Léon Lef-Forster de l’ensemble des suspects. Déjà ce n’est pas une étape définitive, puis il faut bien reconnaître que si ce dossier a pu durer aussi longtemps, c’est parce que des acteurs ont constamment tenté pervertir la procédure ». « C’est une déception mais cela ne nous surprend pas », déclare de son côté Me Philippe Meilhac, l’avocat d’Agathe Habyarimana, veuve de l’ancien président rwandais. « Il y a une forme de résignation de la justice française sur ce dossier qui a été sacrifié sur l’autel des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda ».

Depuis la saisine de la justice française, en août 1997, par la fille de l’une des victimes françaises du crash du Falcon présidentiel, et l’ouverture en mars 1998 d’une information judiciaire confiée au pôle antiterroriste du TGI de Paris, ce dossier n’a cessé d’empoisonner les relations entre les deux pays.

Après de premières fuites publiées dans le quotidien français Le Monde en mars 2004, à quelques jours de la 10e commémoration du génocide, la rupture entre Paris et Kigali est consommée deux ans et demi plus tard. Le 22 novembre 2006, le juge Jean-Louis Bruguière, qui fonde essentiellement son enquête sur les témoignages de cadres du régime génocidaire et d’anciens militaires du FPR se présentant comme parties prenantes à l’attentat, émet neuf mandats d’arrêts à l’encontre de dignitaires rwandais. Parmi eux, James Kabarebe, aujourd’hui conseiller de Paul Kagame après avoir été pendant huit ans son ministre de la Défense.

À Kigali, l’ordonnance du juge Bruguière provoque une vague d’indignation. Car le magistrat français n’accuse pas seulement la rébellion alors dirigée par Paul Kagame d’avoir planifié et commis l’attentat contre l’avion présidentiel, il laisse clairement entendre que le FPR aurait agi de la sorte pour provoquer le génocide des Tutsi, dans le but inavoué de conquérir le pouvoir.

Accalmie

Kigali rompt ses relations diplomatiques avec Paris avant de répliquer, quelques mois plus tard, par la mise en place d’une commission d’enquête sur le rôle de la France dans le génocide. Ses conclusions, rendues en août 2008, sonnent comme une réponse directe à l’enquête du juge Bruguière : treize responsables politiques français, dont Hubert Védrine, secrétaire général de l’Élysée au moment des faits, sont mis en cause pour « complicité de génocide ».

Il faudra attendre le départ du magistrat controversé, remplacé en 2007 par Marc Trévidic et Nathalie Poux, et l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, la même année, pour constater une accalmie. Sous l’impulsion de Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères, le nouveau chef de l’État français entame un rapprochement avec le Rwanda qui se traduira par une brève visite d’État à Kigali, en 2010. Dans le même temps, l’information judiciaire repart sur de nouvelles bases.

En 2011, pour la première fois depuis l’ouverture du dossier, les juges français se déplacent au Rwanda, accompagnés par plusieurs experts en balistique, en crashs aériens ou en géométrie. Rendu public début 2012, leur rapport contredit largement les conclusions du juge Bruguière. Selon leur expertise, versée au dossier, les deux missiles sol-air à l’origine de l’attentat auraient été tirés depuis l’enceinte – ou à proximité immédiate – du camp militaire de Kanombe, tenu par l’armée gouvernementale rwandaise. La thèse d’une opération commando du FPR s’en trouve balayée. Celle d’un coup d’État commis par les ultras du Hutu Power contre Juvénal Habyarimana redevient le scénario le plus vraisemblable.

Rouvert sept mois plus tard pour entendre le témoignage à charge de Kayumba Nyamwasa, l’ex-responsable des renseignements militaires rwandais devenu l’un des leaders du Rwanda National Congress (RNC), un mouvement d’opposition armé hostile à Kigali, le dossier mènera à une nouvelle brouille diplomatique entre les deux pays.

Sens du timing

Mais de toutes ces péripéties procédurales, des errements des premières années d’enquête, des témoignages contradictoires de témoins dont certains ont fini par disparaître, les juges ne tireront rien de concluant. Vingt-six ans après les faits, l’attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana demeure un mystère.

« En l’absence d’éléments matériels indiscutables, les charges pesant sur les mis en examen reposent exclusivement sur des témoignages », écrivaient, en décembre 2018, les juges Jean-Marc Herbaut et Nathalie Poux, derniers dépositaires de ce dossier, dans leur ordonnance de non-lieu. Estimant que les témoignages recueillis tout au long de la procédure « sont largement contradictoires et non vérifiables », ils concluaient qu’il n’existait pas de charges suffisantes pour donner suite à l’instruction.

Depuis le début de cette procédure hors normes, la justice française aura eu un sens bien particulier du timing pour annoncer ses décisions. Après des réquisitions de non-lieu rendues publiques le 12 octobre 2018, à la veille de l’élection de la ministre des Affaires étrangères rwandaises Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), et une ordonnance de clôture du dossier communiquée le 24 décembre, au soir de Noël, les magistrats de la cour d’appel ont rendu leur délibéré à la veille du 4 juillet, jour anniversaire de la victoire du FPR sur le camp génocidaire.

De son côté, « le gouvernement rwandais n’a pas l’intention de commenter ce jugement », indique à JA une source officielle.

Nomination prochaine d’un ambassadeur de France

L’abandon de cette instruction épineuse constituait-il le dernier verrou avant la nomination d’un nouvel ambassadeur français à Kigali ? Depuis le départ de Michel Flesch, en 2015, le fauteuil reste désespérément vide. Kigali affirme être disposé à accueillir un représentant français à la faveur du rapprochement amorcé depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, mais à mots couverts, le gouvernement rwandais confie avoir posé des conditions à cette normalisation, sans vouloir en dire plus.

Après la visite en 2019, lors de la 25e commémoration du génocide des Tutsi, d’un groupe de députés français, l’ouverture d’une commission d’historiens sur le rôle de la France – dont la composition est controversée – et la multiplication des projets entre l’AFD et le Rwanda, le dossier judiciaire sur l’attentat du 6 avril 1994 apparaît comme la dernière étape de ce dégel.

Interrogé par Jeune Afrique sur les conséquences que pourraient entraîner une réouverture du dossier, Paul Kagame s’interroge : « Qu’espère-t-on découvrir qui n’ait été dit et soldé depuis des années ? Vouloir rouvrir un dossier classé, c’est vouloir créer des problèmes. Et pourquoi en France ? Par qui, et à quel titre ? Donc oui, c’est selon. Si ces choses ne sont pas définitivement éclaircies, nos relations risquent fort d’en pâtir d’une manière ou d’une autre. »

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

RDC/Kinshasa : Arrivée des présidents Rwandais et Angolais aux obsèques d’Étienne Tshisekedi

mai 31, 2019

 

Publiée le 31 mai 2019 par Ma MissionTV

RDC: début de polémique après un échange entre Moïse Katumbi et Paul Kagame

mai 1, 2018

 

L’opposant Moïse Katumbi, lors d’une conférence de presse à Paris, en juin 2016. © Ariane Grosset/AP/SIPA

La présence à Kigali de Moïse Katumbi n’est pas passée inaperçue. Le séjour de l’opposant congolais dans la capitale rwandaise les 28 et 29 avril, lors de la cérémonie de remise du prix Mo Ibrahim, a notamment été l’occasion d’un échange avec le président Paul Kagame, qui fait l’objet d’un début de polémique.

Interrogé par le milliardaire anglo-soudanais Mo Ibrahim sur la situation politique en RDC, le président Paul Kagame a déclaré samedi 28 avril que « les problèmes du Congo ne sont pas seulement des problèmes congolais ». « Le Congo a neuf voisins, chacun de nous est affecté par ce qui se passe au Congo. Il n’y a aucun doute à ce sujet. Certains plus que d’autres, mais tout le monde est affecté. »

« C’est pourquoi, naturellement, les voisins ont la légitimité de faire quelque chose ou d’en dire quelque chose », a-t-il poursuivi. Des déclarations pouvant prêter le flanc à la controverse au regard de l’histoire entre les deux pays, jalonnée depuis près d’un quart de siècle par des accusations d’ingérence rwandaise dans les affaires congolaises.

« Le président a tout dit »

Mo Ibrahim cherche alors dans l’assistance Moïse Katumbi, présenté comme l’un des principaux opposants à Joseph Kabila, pour lui demander s’il a « quelque chose à ajouter à ce que le président [Paul Kagame] a dit ». « Je pense que je n’ai rien à ajouter pour le moment, je pense que le président a tout dit », lui répond Moïse Katumbi, donnant ainsi l’impression d’acquiescer aux propos du chef de l’État rwandais.

Sur les réseaux sociaux, ses détracteurs s’en sont donné à cœur joie, en rappelant le lourd passé de la guerre et des rébellions pléthoriques financées par Kigali à la fin des années 1990. « Moïse Katumbi refuse de pointer Paul Kagame du doigt pour son mauvais rôle dans l’instabilité de la RDC ! Quel rapport ne cite pas le nom du Rwanda dans l’agression du Congo ? Cet homme est-il vraiment informé de la situation congolaise ou vit-il sous d’autres cieux ? », s’interroge un internaute sur Twitter.

« Kabila ne me fait pas peur »

Lors de son passage à Kigali, l’opposant congolais – qui demeure la cible privilégiée du régime de Joseph Kabila – s’est également exprimé sur la perspective des élections prévues le 23 décembre prochain. « Si Kabila ne permet pas la tenue des élections, comme nous le soupçonnons parce qu’il ment beaucoup, eh bien il y a l’Union africaine et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Nous nous tournerons vers elles pour qu’elles agissent », a-t-il déclaré.

Faisant référence à la date limite du dépôt des candidatures, Moïse Katumbi a souligné que « juillet arrive à grand pas ». « Je vais revenir en RDC, et Kabila ne me fait pas peur », a-t-il promis. Exilé en Europe depuis deux ans, l’homme d’affaires a maille à partir avec la justice congolaise, qui l’a condamné dans une affaire de spoliation immobilière et le poursuit pour le recrutement présumé de mercenaires.

Dernière affaire en date : sa nationalité italienne, qu’il a acquise le 3 octobre 2000 avant d’y renoncer le 13 janvier 2017, et qui lui vaut aujourd’hui d’être poursuivi pour « faux et usage de faux » – la Constitution congolaise disposant que la nationalité est « une et exclusive ».

Jeuneafrique.com par

Paul Kagamé appose sa méthode à l’Union africaine

janvier 29, 2018

 

À Kigali, en mai 2017. © Vincent Fournier/JA

Chargé de réformer l’UA, le chef de l’État rwandais prend la tête de l’institution. Et applique sa méthode. Certains adorent, d’autres moins.

Il suscite l’admiration autant qu’il agace. À Addis-Abeba, dans les coulisses du 30e sommet de l’Union africaine (28-29 janvier), l’arrivée du président rwandais à la tête de l’institution suscitait nombre de commentaires avant même qu’il ne prenne officiellement ses fonctions.

La « méthode Kagame » est au cœur de l’UA depuis ce mois de juillet 2016 où ses pairs l’ont désigné pour mener à bien les réformes que chacun appelle de ses vœux. Il aurait suffi, dit-on, qu’Idriss Déby Itno, à l’époque président en exercice, prononce son nom lors d’une réunion à Kigali, en marge du 27e sommet, pour qu’il fasse aussitôt l’unanimité.

Il est vrai qu’en un peu moins de vingt-cinq ans l’ancien chef militaire a hissé son pays au rang des bons élèves en matière de gestion et de gouvernance. Le bilan est moins flatteur en ce qui concerne les libertés, l’ouverture démocratique et l’alternance politique, mais il n’a cure des critiques et, à l’UA, ces questions ne sont pas au centre des préoccupations.

Kagame ? « Un grand homme » qu’on ne peut connaître qu’en allant « se balader dans les rues toutes propres de Kigali », s’enthousiasme un diplomate d’Afrique du Nord. « Chez nous, les résultats sont visibles. Logiquement, les membres de l’UA se sont dit que ce qu’il avait fait au Rwanda, il pouvait le faire sur le continent », affirme sans surprise Olivier Nduhungirehe, secrétaire d’État au ministère rwandais des Affaires étrangères.

Un comité de pilotage au travail

Le dépoussiérage de l’UA a déjà commencé. Kagame a immédiatement mis sur pied un comité de pilotage. On y trouve son compatriote Donald Kaberuka, ancien ministre et ex-patron de la BAD, l’économiste camerounais Acha Leke et Carlos Lopes, qui fut secrétaire général de la commission économique pour l’Afrique des Nations unies.

Aucune des neuf personnalités de ce groupe d’experts n’est issue de l’Afrique du Nord, alors que l’organisation panafricaine a coutume de respecter un certain équilibre régional.« Le président Kagame n’a pas voulu ostraciser qui que ce soit, mais cette notion n’a pas été sa préoccupation première. L’essentiel, pour lui, c’est que le comité soit efficace », explique son entourage.

[Paul Kagame] ne supporte pas l’idée qu’un dossier s’enlise

Pour s’en assurer, il réunit ses troupes chaque mois : parfois à l’occasion d’une réunion internationale (comme à la dernière Assemblée générale des Nations unies), à chaque sommet de l’UA (comme le 27 janvier à Addis), ou à Kigali, comme il y a trois semaines. Ces « débriefings » se déroulent toujours sur « convocation » du chef et durent six à huit heures, durant lesquelles tous les points de sa réforme sont abordés.

Les blocages sont évoqués, des solutions proposées. Lorsqu’il l’estime nécessaire, Paul Kagame n’hésite pas à intervenir lui-même auprès de ses homologues. À chaque sommet, Moussa Faki Mahamat, le président de la commission, se joint à la réunion.

Paul Kagame est donc fidèle à sa réputation. S’il n’a pas fait signer au personnel un « contrat de performance », comme il l’a fait au Rwanda avec tous les fonctionnaires, il ne supporte pas l’idée qu’un dossier s’enlise. On le dit pourtant « flexible » tant qu’une proposition qui « tient la route » est avancée.

Court-circuités

Afin d’accélérer l’adoption de certains points spécifiques, il a aussi instauré une nouvelle méthode. Plutôt que d’attendre les sommets, où sont d’abord consultés les représentants permanents, puis le conseil exécutif et enfin les chefs d’État, le président rwandais organise des séminaires avec ses pairs, au cours desquels des mesures sont symboliquement adoptées.

Le 7 janvier, il leur a fait parvenir une mise à jour du dossier, en leur demandant de le soutenir lors du sommet d’Addis. Il lui arrive aussi de dépêcher dans les capitales Louise Mushikiwabo, sa ministre des Affaires étrangères.

Les lourdeurs administratives de l’UA lui déplaisent. Résultat : certains représentants permanents ne cachent plus leur irritation d’être ainsi court-circuités. Mais c’est aussi, pour lui, une manière de maîtriser la communication. En limitant le nombre de documents en circulation, il évite les fuites et se met à l’abri des pressions.

Il ne veut pas d’une présidence de routine, il veut être performant

Sa présidence de l’UA sera-t-elle du même acabit ? Dans l’entourage de Moussa Faki Mahamat, on minimise : « Cette élection est cérémonielle. Comme tous ses prédécesseurs, il n’aura pas de bureau à l’UA. Il n’y a eu aucune préparation particulière. »

Côté rwandais, le son de cloche est forcément différent : « Il ne veut pas d’une présidence de routine, il veut être performant. » Et du côté des diplomates : « Nous avons confiance en lui, l’UA a besoin d’être dynamisée. »

Loin d’être isolé

Au sein de l’hémicycle, Kagame pourra compter sur le soutien de plusieurs de ses homologues : Hailemariam Desalegn, le Premier ministre éthiopien (les liens avec l’Éthiopie remontent à l’époque où le Front patriotique rwandais était dans le maquis), Ali Bongo Ondimba et Faure Gnassingbé.

Ses relations sont bonnes avec Macky Sall et Alpha Condé, pragmatiques avec Joseph Kabila. Quant à l’arrivée de João Lourenço à la tête de l’Angola, elle a visiblement réchauffé les relations entre Kigali et Luanda.

Jeuneafrique.com par

France-Rwanda: Emmanuel Macron et Paul Kagamé se sont entretenus à New York

septembre 19, 2017
Les présidents Paul Kagame et Emmanuel Macron à New York, lundi 18 septembre. © Twitter – Présidence rwandaise

Les présidents rwandais et français se sont entretenus lundi à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Une rencontre peu courante alors que les relations entre les deux pays restent empoisonnées par le génocide de 1994.

Un tweet diffusé par la présidence rwandaise montre les deux hommes, sourire crispé, en train de se serrer la main, après avoir discuté de « collaboration sur des questions d’intérêt mutuel, dont la sécurité et la paix en Afrique ».

Une rencontre considérée par l’analyste politique rwandais Christopher Kayumba comme « un bon signe, qui suggère que leur relation pourrait être meilleure qu’avec les [précédents] présidents français ». Le Rwanda accuse depuis des années la France d’avoir participé en 1994 aux massacres qui ont fait environ 800 000 morts en à peine 100 jours, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Réouverture d’une enquête en France

Déjà ombrageuses, les relations entre les deux pays ont empiré après la réouverture en octobre 2016 par la justice française d’une enquête sur l’assassinat du président de l’époque, Juvénal Habyarimana, événement considéré comme l’élément déclencheur du génocide. Le dossier avait été rouvert pour entendre le témoignage d’un ancien chef d’état-major rwandais accusant  Paul Kagame d’être l’instigateur de cet assassinat.

De son côté, Kigali estime que Paris, alors allié du régime extrémiste hutu, a ignoré les signes montrant l’imminence d’un génocide et a entraîné les soldats et les miliciens qui ont par la suite perpétré les massacres. Plutôt que d’empêcher les tueries, les soldats français dépêchés au Rwanda auraient cherché à contrecarrer la progression des forces tutsi du Front patriotique rwandais (FPR), qui ont ensuite pris le pouvoir. Des accusations maintes fois niées par Paris, qui assure avoir permis de sauver des milliers de vies humaines.

Jeuneafrique.com avec AFP

Rwanda: Paul Kagamé réélu président avec près de 98% des voix

août 4, 2017

Kigali – Le président rwandais sortant Paul Kagame a été réélu pour un troisième mandat de sept ans avec près de 98% des voix, selon des résultats partiels publiés samedi par la Commission électorale.

Avec environ 80% des bulletins dépouillés, M. Kagame, qui dirige le Rwanda depuis le génocide de 1994, obtient 98,66 des suffrages exprimés, ces deux adversaires recueillant chacun moins de 1%.

La Commission électorale estime que 97% des 6,9 millions d’électeurs inscrits ont voté.

« Nous pensons qu’à ce niveau, nous aurons les mêmes résultats demain (samedi matin, ndlr). Il n’y aura pas de changement après que nous ayons compté 100% des votes », a déclaré le président de la Commission électorale, Kalisa Mbanda.

Selon ces résultats partiels, l’indépendant Philippe Mpayimana obtenait 0,72% des suffrages exprimés, et Frank Habineza, leader du Parti démocratique vert, le seul parti d’opposition au Rwanda, recueillait 0,45% des voix.

Paul Kagame est l’homme fort du Rwanda depuis que le Front patriotique rwandais (FPR) a renversé en juillet 1994 le gouvernement extrémiste hutu ayant déclenché un génocide qui a fait 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Il a d’abord été vice-président et ministre de la Défense, dirigeant de facto le pays, avant d’être élu président en 2000 par le Parlement. En 2003 et 2010, il a été reconduit au suffrage universel avec plus de 90% des voix.

Romandie.com avec(©AFP / 05 août 2017 01h41)                                            

Rwanda- Louise Mushikiwabo: « Personne n’est empêchée de se présentée à la présidentielle »

juillet 19, 2017

Louise Mushikiwabo (Rwanda), ministre des Affaires √©trang√®res. A Paris (JA) le 08.09.2011. √Ǭ© Vincent Fournier/Jeune Afrique/JA © Vincent Fournier/JA

La chef de la diplomatie rwandaise assume le référendum de 2015, qui permet à Paul Kagame de briguer un troisième mandat. Elle estime qu’il est le seul à avoir l’envergure nécessaire à cette fonction.

Aussi à l’aise en français qu’en anglais, Louise Mushikiwabo est, depuis huit ans, le visage du Rwanda à l’étranger. Le référendum de 2015, en débloquant les verrous constitutionnels qui empêchaient le président Paul Kagame de se représenter, lui a pourtant valu quelques critiques, notamment en provenance du pays de son mari, les États-Unis. Mais alors que le Parti démocrate américain a été balayé lors des dernières élections, le gouvernement de Kigali semble avoir de belles années devant lui. De quoi donner un regain de confiance dans le monolithique modèle rwandais ?

Jeune Afrique : En août, Paul Kagame pourra se présenter à nouveau grâce à une révision constitutionnelle. Quelle a été la réaction de vos partenaires étrangers à cette mesure ?

Louise Mushikiwabo : Certains pays ont exprimé leur mécontentement, mais j’ai toujours pensé que nous devions faire nos propres choix, même s’ils nous valent des critiques. Les dirigeants d’États occidentaux, notamment des anciennes puissances coloniales, pensent toujours avoir leur mot à dire en Afrique. Pourtant, la démocratie est en crise partout dans le monde, y compris dans ces pays, qui sont confrontés à une grande remise en question. Mais ils continuent de nous dire quoi faire…

Aux États-Unis, les critiques sont venues de l’administration Obama. Donald Trump semble plus souverainiste. Êtes-vous plus à l’aise avec cette approche ?

Je ne sais pas ce que veut cette nouvelle administration. Mais savoir qui dirige les États-Unis m’inquiète peu en réalité. La dynamique politique, en revanche, est très intéressante. La leçon de l’élection américaine c’est : souciez-vous de votre peuple. Ce changement, ce sont les Américains qui l’ont voulu.

Les dirigeants d’États occidentaux, notamment des anciennes puissances coloniales, pensent toujours avoir leur mot à dire en Afrique.

Au Rwanda, les chiffres officiels du dernier référendum sont surprenants : 98,3 % de oui, avec 98,3 % de participation. Soit Paul Kagame est incroyablement populaire, soit les Rwandais sont très contrôlés…

Non. Le président Kagame est, en effet, très populaire. Mais le pays a décidé de se doter d’un système consensuel. L’affrontement politique n’en fait pas encore partie. La priorité reste de rebâtir ce pays.

Jusqu’à maintenant, aucun opposant n’a pu se présenter à une présidentielle. Est-ce que ce sera différent cette année ?

Qu’entendez-vous par « opposant » ?

Un membre d’un parti qui ne participe pas à la coalition gouvernementale…

Les Occidentaux donnent le sentiment de vouloir créer une opposition. Pendant le référendum, certains nous ont recommandé un scénario à la Poutine-Medvedev. Est-ce cela, la démocratie ? Et que font-ils du choix des Rwandais ? Aujourd’hui, aucun opposant n’a l’envergure du Président. Mais personne n’est empêché de se présenter, pas même les prêtres.

Vous faites référence à l’abbé Thomas Nahimana, candidat déclaré, qui s’est vu plusieurs fois empêché de revenir d’exil. Pour quelle raison ?

En tant que Rwandais, il a parfaitement le droit de revenir. Seulement, il a acquis la nationalité française et aurait dû en informer le consulat. À la place, il a utilisé son passeport français pour demander un visa. Il lui suffirait de clarifier, de dire : « Je suis rwandais et je reviens. »

Aujourd’hui, aucun opposant n’a l’envergure du Président. Mais personne n’est empêché de se présenter, pas même les prêtres.

Le Rwanda risque-t-il d’être affecté par les crises des pays voisins, à commencer par le Burundi ?

Les Burundais sont nos frères et sœurs, et cela rend le sujet extrêmement sensible. Si le Rwanda s’en mêle, cela suscitera des tensions. Nous évitons donc de le faire, même si nous essayons de contribuer à la solution, notamment avec la médiation tanzanienne. Ce problème est encore très loin d’être réglé.

Qu’en est-il pour la RDC ?

La situation y est extrêmement complexe, avec des poches de violence causées, pour l’essentiel, par des hommes politiques qui refusent l’apaisement. Les pays étrangers ont aussi des avis divergents et entretiennent de multiples canaux de discussions. Ce dont la région a besoin, c’est d’une RDC durablement stable, et je pense que nous pouvons y arriver, à condition que nos partenaires, occidentaux comme asiatiques, travaillent avec nous.

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Génocide des Tutsis au Rwanda : le pape François reçoit Paul Kagame et « implore le pardon de Dieu »

mars 20, 2017

Le pape François reçoit au Vatican le président rwandais Paul Kagame, en mars 2017. © Tony Gentile/AP/SIPA

Le souverain pontife a reçu pour la première fois le président rwandais Paul Kagame au Vatican. Lors de cette visite inédite, le pape François est largement revenu sur le rôle de l’Église lors du génocide de 1994.

L’entrevue n’a duré qu’une vingtaine de minutes, mais devant le président rwandais Paul Kagame, en visite au Vatican, lundi 20 mars, le pape François ne s’est pas dérobé – même s’il n’a pas présenté d’excuses officielles au nom de l’Église pour le génocide de 1994, comme le réclame Kigali.

Selon un communiqué du Vatican, le souverain pontife a ainsi « imploré à nouveau le pardon de Dieu pour les péchés et manquements de l’Église et de ses membres » et a exprimé « sa profonde tristesse, et celle du Saint-Siège et de l’Église, pour le génocide perpétré contre les Tutsis », ainsi que « sa solidarité avec les victimes et ceux qui continuent à souffrir des conséquences de ces tragiques événements ».

Tueries de masse dans les églises

L’Église catholique avait été pointée du doigt pour sa proximité avec le régime hutu extrémiste de l’époque et pour l’implication de prêtres et de religieux dans les massacres. Entre avril et juillet, des tueries de masse avaient eu lieu dans de nombreuses églises, au cours desquels les prêtres avaient parfois livré leurs ouailles aux tueurs des milices hutues.

Plusieurs prêtres, religieux et religieuses ont été jugés pour participation au génocide, principalement par les tribunaux rwandais, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ou la justice belge. Certains ont été condamnés, d’autres acquittés.

« L’Église n’a pas participé au génocide »

Depuis la fin du génocide, les relations entre le Saint-Siège et le Rwanda demeurent particulièrement difficiles. En novembre 2016, l’Église catholique rwandaise avait demandé pardon pour tous les chrétiens ayant été impliqués dans le génocide. Mais l’évêque Philippe Rukamba, président de la Commission épiscopale rwandaise, avait toutefois précisé qu’il s’agissait d’une demande de pardon pour des individus et non pour l’Église en tant qu’institution. « L’Église n’a pas participé au génocide », avait-t-il affirmé.

Des excuses jugées « profondément inadéquates » par les autorités de Kigali, qui avaient estimé que le Vatican lui-même devrait demander pardon. « Au vu de l’échelle à laquelle ces crimes ont été commis, des excuses de la part du Vatican seraient amplement justifiées », avait soutenu le gouvernement rwandais dans un communiqué, estimant que l’Église catholique avait déjà dans le passé demandé pardon pour des crimes « de moindre ampleur ».

« Déni du génocide et banalisation »

D’après un communiqué de la présidence rwandaise, « le déni du génocide et sa banalisation continuent de fleurir dans certains groupes à l’intérieur de l’Église et des suspects liés au génocide ont évité la justice grâce à la protection des autorités catholiques ».

La ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo a pour sa part estimé que la rencontre lundi entre les deux chefs d’État s’était déroulée dans « un esprit d’ouverture et de respect mutuel. C’est un pas positif pour l’avenir de la relation entre le Rwanda et le Saint-Siège, basée sur une compréhension honnête et partagée de l’histoire du Rwanda et du combat impératif contre l’idéologie génocidaires ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Sommet Afrique-France : Kagame et Mugabe au rendez-vous, Ouattara et Kabila restés chez eux

janvier 13, 2017

Le président Paul Kagame à Londres le 11 juillet 2012. © DFID – UK Department for International Development / FLICKR CREATIVE COMMONS

Une trentaine de chefs d’État et de gouvernement seront présents à Bamako pour le 27e sommet Afrique-France, les 13 et 14 janvier.

Les principaux axes de Bamako ont été fermés pour leur faciliter le passage, provoquant des embouteillages monstres – et l’agacement des Bamakois – dans certains endroits de la ville. La plupart des chefs d’État et de gouvernement arrivent ce vendredi 13 janvier et prendront leurs quartiers dans les grands hôtels du centre-ville, totalement bouclé par un important dispositif de sécurité.

Comme au dernier sommet du genre à Paris, en décembre 2013, la plupart des présidents francophones du continent ont répondu présents. En Afrique de l’Ouest, Macky Sall (Sénégal), Alpha Condé (Guinée), ou encore Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso) seront de la partie.

Idem pour leurs homologues d’Afrique centrale Ali Bongo Ondimba (Gabon) ou Denis Sassou Nguesso (Congo). Plusieurs chefs d’État anglophones sont aussi attendus à Bamako, comme Uhuru Kenyatta (Kenya), Nana Akufo-Addo (Ghana), ou encore Muhammadu Buhari (Nigeria), qui arrivera directement de Banjul, en Gambie, où il mène ce vendredi une deuxième mission de médiation de la Cedeao pour tenter de convaincre Yahya Jammeh de quitter pacifiquement le pouvoir.

Moins habitués à ce genre de sommet, Paul Kagame (Rwanda) et Robert Mugabe (Zimbabwe) seront également présents. Le premier, qui entretient des relations houleuses avec la France, est attendu ce vendredi à Bamako. Le second, rompu aux discours anti-occidentaux, est lui arrivé jeudi soir et a été accueilli par Modibo Keïta, le Premier ministre malien.

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De son côté, François Hollande atterrira en fin de journée dans la capitale malienne, après avoir fait une étape à Gao, dans le nord du pays, où il doit rendre visite aux soldats français déployés dans le cadre de l’opération Barkhane.

 

Tous participeront ce soir à un dîner d’État au palais présidentiel de Koulouba, où ils seront reçus par Ibrahim Boubacar Keïta. Ils se retrouveront le lendemain matin à 9h au Centre international de conférence de Bamako (CICB), pour l’ouverture officielle de ce 27e sommet Afrique-France. Un événement auquel ne participeront pas les présidents Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Joseph Kabila (RDC), et Patrice Talon (Bénin). Le premier a préféré rester dans son pays à la suite des mutineries militaires survenues dans plusieurs casernes ivoiriennes la semaine dernière, le second est retenu par le suivi de la signature de l’accord politique à Kinshasa, et le troisième est en déplacement à Paris.

Jeuneafrique.com par Benjamin Roger