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Canada: L’épouse de Paul Mukendi sur le point de perdre leur maison

février 26, 2022
Carmen Mukendi en compagnie de son mari, Paul Mukendi.

Carmen Mukendi en compagnie de son mari, Paul Mukendi Photo: Instagram/Révérend Paul Mukendi

N’ayant encore rien remboursé d’un prêt hypothécaire venu à échéance, l’épouse du pasteur en cavale Paul Mukendi risque de bientôt perdre la maison familiale située dans le secteur de Cap-Rouge, à Québec.

Même en l’absence de Paul Mukendi, qui a fui le Canada il y a six mois pour échapper à sa peine de prison pour agression sexuelle et qui se réfugie toujours en République démocratique du Congo, sa famille restée à Québec continue d’avoir des ennuis.

Le créancier de son épouse, les Immeubles des grands bourgs inc., a déposé une demande introductive d’instance en Cour supérieure il y a trois semaines.

Incapable de récupérer les 468 750 $ prêtés à Mme Mukendi, l’entreprise réclame désormais la maison familiale en guise de paiement. La propriété a une valeur estimée à 605 000 $, d’après le rôle d’évaluation de la Ville de Québec.

Le prêt consenti à Mme Mukendi venait à échéance le 7 octobre dernier. À partir de cette date, le taux d’intérêt pour toute somme non remboursée passait à 32 %, peut-on lire dans la demande en délaissement forcé et prise de paiement.

Ce n’est pas la première fois que les Immeubles des grands bourg  inc. somment Mme Mukendi de régler sa dette hypothécaire. L’automne dernier, un préavis d’exercice lui avait été expédié, lui donnant deux mois pour normaliser sa situation.

« Plus de 60 jours se sont écoulés depuis la publication du préavis d’exercice […] et ni la Défenderesse (Carmen Mukendi) ni un tiers n’ont remédié aux défauts mentionnés à ce préavis d’exercice. »— Une citation de  Extrait de la demande introductive d’instance en délaissement forcé et prise en paiement

Radio-Canada a tenté de joindre Mme Mukendi de diverses façons, mais n’y était pas parvenue au moment d’écrire ces lignes. Quant au dirigeant des Immeubles des grands bourgs inc., Sébastien Rouleau, il n’a pas voulu commenter.

Une longue liste d’ennuis

Les Mukendi n’en sont pas à leurs premiers ennuis liés à des créances. En 2019, le couple avait perdu une première maison située dans le secteur de Beauport.

Cette même année, Paul Mukendi a été accusé de fraude fiscale. Le fondateur du Centre évangélique parole de vie a plaidé coupable à un chef d’accusation en 2020, puis a été condamné à payer une amende de 150 000 $.Une église évangélique vue de l'extérieur

Le Centre évangélique parole de vie a été fondé par Paul Mukendi à Québec au début des années 2000. Photo : Radio-Canada/Olivier Bouchard

Paul Mukendi avait aussi fait faillite en 2018. À ce jour, le fondateur du Centre évangélique parole de vie n’a jamais payé ses dettes à Revenu Québec et à l’Agence du revenu du Canada, qui totalisent plus de 430 000 $.

C’est sans compter le fait que le pasteur a été reconnu coupable d’une deuxième agression sexuelle, en décembre dernier, lors d’un procès qui s’est tenu en son absence à Québec.

Paul Mukendi était en effet réputé avoir renoncé à sa propre défense dans ce dossier, ayant fui le Canada quelques mois plus tôt pour échapper à une première peine de prison de huit ans pour une agression sexuelle commise sur une mineure.

D’ailleurs, Carmen Mukendi ainsi que trois autres personnes qui fréquentent le Centre évangélique parole de vie font actuellement l’objet d’accusations de harcèlement criminel envers la première victime d’agression sexuelle du pasteur.

Radio-Canada par Alexandre Duval avec la collaboration de Yannick Bergeron

Facebook menace de fermer la page de Paul Mukendi

février 11, 2022
L'homme au micro.

Après avoir fui le Canada, le pasteur Paul Mukendi est maintenant menacé de voir son compte Facebook fermé. Photo: Facebook/Ministère Paul Mukendi

La page Facebook Paul Mukendi, qui rejoint plus de 337 000 abonnés, est menacée de fermeture. Le pasteur de 44 ans, qui a fui la justice canadienne après avoir été reconnu coupable d’agression sexuelle, invite désormais ses admirateurs à le suivre sur le réseau social qui sera bientôt lancé par Donald Trump.

Pour le moment, la page Facebook nommée Ministère Paul Mukendi est toujours active. Dans une publication mise en ligne le 9 février, le pasteur raconte avoir été mis en garde qu’il ne respecterait pas les standards de la communauté Facebook.

Mon bureau a fait appel de la décision auprès de Facebook, ajoute le pasteur, qui jette le blâme sur les ennemis de [son] ministère. Ces derniers auraient, selon Paul Mukendi, porté plainte après une conférence qu’il a tenue à Kinshasa, fin janvier.

Devant la menace de voir l’un de ses principaux canaux de communication bloqué, le pasteur invite désormais ses fidèles à le suivre ailleurs, notamment sur Truth Social.

Il s’agit du réseau social fondé par l’ex-président américain Donald Trump, l’an dernier, après qu’il ait été banni des grands réseaux sociaux dans le foulée de l’assaut au Capitole.Donald Trump lors d'un rassemblement à Florence en Arizona.

Donald Trump avait été banni de Twitter, Facebook et YouTube après l’assaut du 6 janvier au Capitole. Photo : Getty Images/Mario Tama

Le réseau Truth Social n’a cependant pas encore été officiellement lancé. La date prévue pour le début de ses activités en ligne est le 21 février prochain.

Des discours qui dérangent?

Contacté par Radio-Canada, Facebook n’avait aucun commentaire à faire au sujet de la possible fermeture de la page du Ministère Paul Mukendi.

On m’indique ne pas avoir plus d’informations à partager sur la page en question, répond simplement par courriel Lambert Gosselin, qui assiste Meta, la maison-mère de Facebook, dans ses relations de presse au Québec.

Il n’a donc pas été possible de savoir quels standards de la communauté Facebook auraient été enfreints par la page de Paul Mukendi. Ces standards incluent, par exemple, l’interdiction des discours haineux et des propos incitant à la haine.

Ces derniers mois, Paul Mukendi s’en est pris à de nombreuses reprises aux homosexuels, les accusant d’être responsables de ses déboires judiciaires au Canada.

En fuite depuis six mois

Le pasteur évangélique, qui se décrit comme l’apôtre de Québec, continue d’ailleurs de clamer son innocence par rapport aux crimes dont il a été reconnu coupable.

Il a fui le Canada à bord d’un avion en partance de Toronto le 18 août dernier, soit deux jours avant le début de la peine de huit ans de prison qu’il devait purger pour avoir agressé sexuellement une mineure.

Paul Mukendi a alors trouvé refuge dans son pays d’origine, la République démocratique du Congo. En décembre dernier, un deuxième procès pour une autre agression sexuelle s’est tenu à Québec, en son absence.

Une fois de plus, le pasteur a été reconnu coupable et a écopé d’une peine de deux ans de prison. Cela porte donc à 10 le nombre d’années qu’il doit maintenant purger de manière consécutive au Canada.

Or, comme il n’existe pas de traité d’extradition entre le Canada et la République démocratique du Congo, les possibilités que le fugitif soit un jour ramené au Canada sont minces.

Récemment, les oppositions politiques à Ottawa ont dénoncé l’inaction du ministre de la Justice, David Lametti, qui refuse de dire publiquement quelles démarches ont été entreprises pour tenter de ramener Paul Mukendi au pays.

Radio-Canada a tenté de joindre l’équipe de Paul Mukendi à plusieurs reprises, par téléphone, texto et courriel, et n’avait reçu aucune réponse au moment d’écrire ces lignes.

Avec Radio-Canada par Alexandre Duval

Canada: Pasteur Paul Mukendi toujours libre au Congo : Ottawa qualifié « d’irresponsable »

janvier 14, 2022

Cinq mois après la fuite du pasteur Paul Mukendi, qui devrait être en prison au Canada, le ministre fédéral de la Justice refuse encore de commenter le sujet. Une attitude « inacceptable » selon les partis d’opposition, qui demandent à David Lametti de « prendre ses responsabilités » afin de rapatrier le criminel de 44 ans.

Pourquoi le ministre Lametti refuse-t-il d’accorder une entrevue à Radio-Canada à ce sujet? Sa cédule est complètement pleine», nous répondait son attachée de presse, Chantalle Aubertin, lundi matin, dans un message texte.

Nous avons alors offert de réaliser cette entrevue à n’importe quel moment d’ici la fin du mois de janvier, une proposition qui est demeurée sans réponse.

Pendant ce temps, le pasteur évangélique Paul Mukendi est libre comme l’air en République démocratique du Congo (RDC), son pays d’origine. Pourtant, il a été condamné à 10 ans de prison pour deux agressions sexuelles commises au Canada.

L’homme qui se décrit comme «l’apôtre de Québec» a fui le 18 août dernier, deux jours avant le début de sa peine de prison, à bord d’un avion en partance de Toronto.

«C’est une claque dans la face pour la justice canadienne», commente Pierre Paul-Hus, député conservateur de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, qui juge inacceptable» le silence du ministre Lametti.Pierre Paul-Hus, député de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles pour le Parti conservateur du Canada

© /Radio-Canada Pierre Paul-Hus, député de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles pour le Parti conservateur du Canada

Le porte-parole du Bloc québécois en matière d’affaires étrangères, Stéphane Bergeron, croit quant à lui que le profil bas du ministre Lametti est révélateur du peu d’importance qu’il a accordé à ce dossier jusqu’ici.

«Le refus du gouvernement fédéral de dire quoi que ce soit dans ce dossier révèle qu’il a fait bien peu pour tenter de rapatrier M. Mukendi», tonne-t-il.

M. Bergeron ne mâche pas ses mots : «la réaction d’Ottawa dans le dossier de Paul Mukendi envoie un bien drôle de message aux criminels canadiens et représente une invitation à prendre le large».Stéphane Bergeron, porte-parole du Bloc québécois en matière d'affaires étrangères

© Sean Kilpatrick/La Presse canadienne Stéphane Bergeron, porte-parole du Bloc québécois en matière d’affaires étrangères

Que fait Ottawa?

Malgré le refus du ministre Lametti d’accorder une entrevue, Radio-Canada a demandé au service des communications du ministère fédéral de la Justice de préciser quels gestes ont été posés par Ottawa pour tenter de ramener Paul Mukendi au pays.

Le porte-parole, Ian McLeod, a simplement rappelé par courriel qu’il n’existait aucun traité d’extradition entre le Canada et la RDC.

Il nous a ensuite référés au Directeur des poursuites criminelles et pénales du Québec (DPCP), indiquant que le ministère de la Justice ne peut commencer une demande d’extradition «sans une demande du service de poursuites criminelles impliqué».

Contacté par Radio-Canada, le DPCP assure qu’il a effectué toutes les démarches possibles auprès des autorités compétentes afin que M. Mukendi soit traduit devant les tribunaux et «purge les peines imposées pour les crimes graves dont il a été déclaré coupable».

La directive du DPCP en matière d’extradition d’un criminel au Canada prévoit qu’il s’adresse au Service d’entraide international du ministère fédéral de la Justice en pareilles circonstances.

Une question politique

Le député conservateur Pierre Paul-Hus affirme qu’en l’absence d’un traité d’extradition, le Canada a la responsabilité d’entamer un dialogue avec la RDC.

Le ministre Lametti devrait discuter avec sa collègue Mélanie Joly, qui est ministre des Affaires étrangères, et voir à avoir des relations diplomatiques avec le Congo afin de les informer de la situation, leur demander de «bien vouloir nous retourner M. Mukendi ici au Canada.»

«On ne peut pas prétendre qu’il n’existe pas de relations entre les deux pays puisque la République démocratique du Congo est le quatrième bénéficiaire de l’aide humanitaire du Canada», ajoute son homologue du Bloc québécois, Stéphane Bergeron.

«On ne peut pas obtenir une entente politique avec un gouvernement si on ne demande rien», ironise M. Bergeron. «Je pense que le gouvernement fédéral doit rendre des comptes quant à ce qu’il a fait ou n’a pas fait dans ce dossier-là.»

Radio-Canada a aussi tenté à plusieurs reprises d’obtenir une entrevue avec le porte-parole du gouvernement de la RDC, le ministre Patrick Muyaya, en vain.

Avec Radio-Canada par Alexandre Duval

Canada- Paul Mukendi aurait fui le Canada par l’aéroport Pearson de Toronto

décembre 6, 2021
Plan moyen de Mukendi, vêtu de blanc.

(Archives) Paul Mukendi au palais de justice de Québec. Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Le révérend Paul Mukendi aurait fui le Canada le 18 août par l’aéroport Pearson de Toronto, selon la police de Québec. Des démarches afin qu’Interpol lance une notice rouge ont été amorcées dans l’espoir, bien mince, d’obtenir son extradition de la République démocratique du Congo, où il est parti se réfugier.

Condamné à huit ans d’emprisonnement pour agression sexuelle et voies de fait, Paul Mukendi ne s’est jamais livré aux autorités en août dernier lorsqu’il a été débouté en appel de sa condamnation. Un mandat d’arrestation pancanadien avait alors été lancé contre lui.

Sa disparition soudaine était demeurée plutôt nébuleuse et les autorités avaient refusé de s’avancer sur l’endroit où Mukendi pouvait se terrer, bien que ce dernier clamait sur les réseaux sociaux avoir fui l’injustice en rentrant dans son pays natal.

Il a par la suite réapparu dans un hôtel de Kinshasa le 19 octobre. Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) avait à nouveau refusé de commenter ou de confirmer sa fuite du pays.

Deux avions à l'embarquement de passagers.

Paul Mukendi aurait fui le Canada vers la République démocratique du Congo par l’aéroport international Pearson de Toronto. Photo : Radio-Canada

Voilà que dans le cadre d’un second procès pour agression sexuelle au palais de justice de Québec, qui se poursuivait lundi matin, la sergente-détective du SPVQService de police de la Ville de Québec Suzie Gagné a admis qu’il avait vraisemblablement échappé aux autorités canadiennes. Selon l’enquête en cours, oui, Paul Mukendi est bel et bien en République démocratique du Congo, a-t-elle répondu à une question de la Couronne.

Selon les informations disponibles à ce jour, il aurait fui par l’aéroport international Pearson de Toronto le 18 août, soit deux jours seulement après avoir été débouté par la Cour d’appel et deux jours avant l’échéance ordonnée par la cour pour qu’il se livre aux autorités.

Notice rouge

L’enquêteuse a aussi confirmé que des démarches avaient été entreprises auprès d’Interpol afin de lancer un mandat d’arrestation international contre Paul Mukendi. La sergente-détective Gagné a évoqué une notice rouge.

Les notices rouges concernent les fugitifs recherchés dans le cadre de poursuites ou afin qu’ils purgent leur peine. Une notice rouge consiste à demander aux services chargés de l’application de la loi du monde entier de localiser et de procéder à l’arrestation provisoire d’une personne dans l’attente de son extradition, de sa remise ou de toute autre procédure judiciaire.

Source : Interpol

Avec Radio-Canada par David Rémillard

Paul Mukendi réapparaît dans un hôtel en RDC

octobre 20, 2021
Plan moyen de Mukendi, vêtu de blanc.

Paul Mukendi au palais de justice de Québec. (Archives) PHOTO : RADIO-CANADA / DANIEL COULOMBE

Le révérend Paul Mukendi, en fuite depuis deux mois, serait bel et bien en République démocratique du Congo (RDC). Il a refait surface dans un hôtel de la capitale Kinshasa, mardi, où il avait convoqué des médias locaux.

Condamné à huit ans de prison au Canada pour agressions sexuelles et voies de fait, Paul Mukendi avait affirmé dans une apparition sur les réseaux sociaux, il y a un mois, qu’il était rentré dans son pays natal. Or, aucune information, à ce moment, ne permettait de confirmer qu’il s’était rendu en République démocratique du Congo.

Mardi, des images montrant le révérend ont commencé à circuler sur les médias sociaux, puis dans des publications congolaises. On y mentionnait qu’il avait tenu une conférence de presse à l’hôtel Marika, dans le quartier de la Gombe.

Un secrétaire de l’établissement hôtelier a confirmé à Radio-Canada qu’une salle avait été louée mardi au nom de Paul Mukendi, de 9 h à 11 h, et qu’une quinzaine de personnes auraient assisté à une conférence de presse organisée par le révérend lui-même.

Trois représentants de la presse congolaise ont affirmé à Radio-Canada avoir reçu une invitation à l’événement, et deux y ont assisté. C’est le cas notamment de CongoBuzz.tv, un média qui a publié des textes favorables à Paul Mukendi ces dernières semaines.

Son directeur général, Christian Bosembe, confirme avoir envoyé un représentant de sa salle de rédaction. Un autre média, Congo Profond, a aussi confirmé sa présence, en plus de diffuser une courte vidéo du révérend prenant la parole. Radio-Canada n’a cependant pas pu authentifier le matériel qui circule en ligne.

La police vérifie

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a pris connaissance des mêmes informations. Ces informations étaient en cours d’analyse mardi après-midi.

Comme précédemment, étant donné que l’enquête criminelle est toujours en cours afin de localiser M. Mukendi, nous ne divulguerons pas davantage de renseignements afin de ne pas nuire à l’enquête, a précisé la porte-parole du SPVQService de police de la Ville de Québec Marie-Pier Rivard.

Paul Mukendi devait se livrer aux autorités le 20 août, après avoir été débouté en Cour d’appel. Un mandat d’incarcération a été lancé contre lui depuis qu’il a pris la fuite. Il est également en attente d’un second procès pour agression sexuelle.

Avec Radio-Canada par David Rémillard et Alexandre Duval

Québec-RDC: Fuyant la justice, Mukendi dit avoir quitté Québec pour la République démocratique du Congo

septembre 18, 2021

En fuite depuis la fin août, le pasteur Paul Mukendi annonce avoir quitté le pays. «Face à une telle injustice, j’ai décidé de quitter ces terres québécoises que j’aime tant pour sauver ma vie.» Il dit poursuivre la «bataille» en direct de son pays, la République démocratique du Congo. La police de Québec est aux aguets.

Cela fait presque un mois jour pour jour que Paul Mukendi devait se traduire en prisonnier. Sa cavale perdure depuis le 20 août, jour où il s’est soustrait à la justice. Paul Mukendi s’est adressé virtuellement samedi, pour la première fois, à presque 2000 fidèles des «quatre coins du globe».

Jusqu’ici, la question demeurait entière: où est passé le pasteur Mukendi?

Caché en RDC?

Après avoir reçu «beaucoup de propositions d’asile», a-t-il dit vêtu de jaune et devant un écran bleu, le révérend mentionne «j’ai choisi de retourner dans mon pays, la RDC [République démocratique du Congo] où je suis présentement pour continuer à mener cette bataille que je gagnerai haut la main.»

Dans une longue déclaration de plus de trente minutes, celui que ses fidèles du Centre évangélique Parole de vie surnomment  l’«homme de Dieu» a répété qu’il ne fuyait pas la justice, mais plutôt «l’injustice» dont il clame être victime. Une fois de plus, il soutient un «salissage» médiatique ayant influencé le Tribunal.

Le pasteur Paul Mukendi annonce avoir quitté le pays, il dit se trouver en République démocratique du Congo.Le pasteur Paul Mukendi annonce avoir quitté le pays, il dit se trouver en République démocratique du Congo.CAPTURE D’ÉCRAN

Reconnu coupable d’agression sexuelle sur une mineure, Paul Mukendi a été condamné à huit ans de prison. Il a vu ses procédures d’appel échouer le 16 août dernier et devait commencer à purger sa peine quelques jours plus tard, le 20 août. Il ne s’est jamais présenté en détention.

«Je ne suis pas un homme qui fuit les conséquences de ces actes», a-t-il soutenu dans sa vidéo, «mais je ne suis pas prêt à faire huit ans de prison pour des crimes que je n’ai pas commis».

«Du jour au lendemain on a fait de moi, légalement, un paria dans la ville de Québec», a-t-il ajouté.

Celui qui fait désormais face à de nouvelles accusations de liberté illégale et de désobéissance à une ordonnance du tribunal martèle toutefois que sa fuite n’est pas un «abandon». Il affirme avoir mandaté un collectif d’avocats pour mener sa cause devant d’autres instances, lui qui compte se «battre» pour sa femme et ses enfants, devant un tribunal «impartial à l’extérieur du Canada».

Au Québec, les avocates du pasteur, Me Dominique Bertrand et Me Myriam Tabet, ont déjà obtenu une ordonnance de la cour pour cesser de représenter leur client en fuite. «Personne n’est disposé au Québec, à m’entendre, à me croire et à me rendre justice», défend Mukendi.

La police de Québec attentive

Pour l’instant, dans sa ville, la police de Québec poursuit son enquête.En prenant la parole samedi, le révérend Mukendi a affirmé poursuivre la «bataille» en direct de son pays, la République démocratique du Congo.En prenant la parole samedi, le révérend Mukendi a affirmé poursuivre la «bataille» en direct de son pays, la République démocratique du Congo.CAPTURE D’ÉCRAN

«Depuis le 20 août, journée où il devait se constituer en prisonnier, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) est très attentif aux faits et gestes de M. Mukendi», assure le porte-parole David Poitras.

Le fugitif a-t-il tenté de les mettre sur une fausse piste avec sa récente déclaration? Se trouve-t-il réellement à l’extérieur du pays?

À la veille de la publication vidéo du fugitif, le corps policier ne souhaitait pas confirmer ou infirmer d’informations à l’effet que M. Mukendi se trouverait ailleurs dans le monde, le dossier étant sous enquête.

«Advenant que ce soit le cas, on a toujours la possibilité de le localiser et de la rapatrier à l’aide de nos partenaires à l’international», poursuit M. Poitras. En octobre 2018, le SPVQ s’était rendu jusqu’à Bogota, en Colombie, pour procéder à l’arrestation d’un homme ayant perpétré des crimes sexuels trois ans auparavant, avec l’aide d’organisations comme la GRC et Interpol.

«La police de Québec a la capacité de rapatrier partout dans le monde», confirme le porte-parole du SPVQ. Il dévoile cependant peu des méthodes employées pour tenter de le retrouver.

«Les enquêteurs déploient des ressources pour tenter de le localiser et faire exécuter le mandat d’arrestation […] Pour offrir un sentiment de justice à la victime, M. Mukendi doit débuter à purger sa sentence», soutient David Poitras.

Avec La Tribune et Le Soleil par Émilie Pelletier

Canada-Québec: Le fugitif pasteur Paul Mukendi refait surface sur les réseaux sociaux

septembre 16, 2021

Le pasteur Paul Mukendi, recherché par la police depuis le 20 août après avoir fui la justice, a publié un message jeudi matin sur sa page Facebook. Le fugitif promet d’expliquer samedi prochain pourquoi il ne s’est pas constitué prisonnier.

Paul Mukendi à sa sortie du palais de justice de Québec le 27 février 2020

© /Radio-Canada Paul Mukendi à sa sortie du palais de justice de Québec le 27 février 2020

Dans son message publié jeudi, Paul Mukendi affirme «je parlerai… pourquoi je me suis soustrait à la justice québécoise et quelle sera la suite.» Il précise qu’il donnera ces explications samedi, à 13 h, heure du Québec.

Le pasteur Paul Mukendi a fui les autorités, le 20 août dernier, à quelques heures du moment où il devait se présenter au centre de détention. Des fidèles disaient alors craindre qu’il ait été kidnappé. La police de Québec avait reçu un signalement de sa disparition.

Toutefois, Paul Mukendi avait par la suite dissipé les doutes, en publiant lui-même un message sur les réseaux sociaux, confirmant qu’il avait choisi de fuir la justice. Un mandat d’arrestation a été lancé contre lui.

Informée de la publication du message, la police de Québec assure qu’elle sera attentive, samedi.

«Depuis l’émission du mandat d’arrestation, nous déployons des efforts considérables pour localiser M. Mukendi. Nous avons aussi la capacité, avec de nombreux partenaires, d’agir à l’international, affirme le porte-parole de la police de Québec, David Poitras.

Condamné pour agressions sexuelles

L’appel de Paul Mukendi, condamné à 8 ans d’emprisonnement pour agressions sexuelles et physiques sur une adolescente, a été rejeté le 16 août. Paul Mukendi devait donc se livrer aux autorités carcérales afin de purger sa peine.

Le 29 juin 2019, le révérend de l’église Parole de vie, dans l’arrondissement de Vanier, à Québec, a été déclaré coupable de neuf chefs d’accusation d’agressions sexuelles, de voies de fait et de menaces de mort.

La plaignante avait 14 ans au moment des faits.

Mukendi avait porté le verdict en appel, estimant que le juge avait commis des erreurs de droit.

La Cour d’appel a rejeté ses arguments. L’homme de 44 ans souhaitait que ses avocats s’adressent à la Cour suprême.

Avec Radio-Canada

Canada-Québec: Une soirée jeunesse pour le pasteur Mukendi

juillet 27, 2020

 

Le pasteur Paul Mukendi, en appel de sa condamnation pour des agressions sexuelles sur une ex-fidèle alors mineure, a participé à une «soirée jeunesse» virtuelle samedi à son église Parole de Vie dans Vanier.
© Collaboration spéciale, Steve Jolicoeur Le pasteur Paul Mukendi, en appel de sa condamnation pour des agressions sexuelles sur une ex-fidèle alors mineure, a participé à une «soirée jeunesse» virtuelle samedi à son église Parole de Vie dans Vanier.
Le pasteur Paul Mukendi, en appel de sa condamnation pour des agressions sexuelles sur une ex-fidèle alors mineure, a participé à une «soirée jeunesse» virtuelle samedi à son église Parole de Vie dans Vanier. La police de Québec a ouvert une enquête sur un possible bris de condition de remise en liberté.

Le pasteur de 42 ans s’est présenté à son église samedi soir tout de blanc vêtu.

La soirée jeunesse de l’église évangélique Parole de vie avait été publicisée à l’avance via les réseaux sociaux.

«Le témoignage de la jeunesse du Révérend Paul Mukendi! Les jeunes et leurs parents sont aussi les bienvenus sur place au 240 boulevard Pierre-Bertrand. Un moment à ne pas manquer surtout que vous pourrez poser vos questions à l’homme que Dieu a élevé très jeune!»

Quelques enfants et adolescents ont été vus entrer à l’église avec leurs parents.

Quelques enfants et adolescents ont été vus entrer dans l'église Parole de Vie dans Vanier avec leurs parents.

Quelques enfants et adolescents ont été vus entrer dans l’église Parole de Vie dans Vanier avec leurs parents.
Le pasteur Mukendi s’est installé dans son bureau au deuxième étage pour prêcher et livrer ses conseils aux jeunes, qui lui faisaient parvenir des questions par courriel ou par téléphone.

«La jeunesse de Parole de Vie a passé un super moment, hier soir, avec son invité spécial, le Révérend Paul Mukendi qui a généreusement partagé sur sa vie, son parcours, son appel, ses réussites, ses erreurs de jeunesse et sur son amour indéfectible pour Dieu et Son œuvre, pouvait-on lire sur la page Facebook Jeunesse Parole de vie. Il a aussi répondu aux nombreuses questions des jeunes d’ici et d’ailleurs qui suivaient en direct sur Facebook. Ce fut vraiment un moment mémorable et édifiant pour les jeunes de tout âge!»

Selon l’avocate de Paul Mukendi, Me Dominique Bertrand, le pasteur n’a jamais été en contact avec des jeunes présents dans le bâtiment.

«Il fait très attention à ses conditions de remise en liberté, assure Me Bertrand. Par exemple, il ne s’occupe plus du tout des activités de l’église qui s’adressent aux enfants, comme les dimanches après-midi.»

Plusieurs agents de renseignements de la police de Québec étaient sur place pour documenter l’événement. Les enquêteurs feront parvenir leur dossier d’ici quelques jours au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui devra l’analyser et décider si des accusations de bris de condition doivent être autorisées.

Le pasteur doit en effet respecter plusieurs conditions de remises en liberté durant les procédures d’appel, dont «ne pas chercher, accepter ou garder un emploi, rémunéré ou non, ou un travail bénévole qui le placerait en relation de confiance ou d’autorité vis-à-vis de personnes âgées de moins de 16 ans, à moins de le faire sous la supervision d’une personne que la Cour estime convenir en l’occurrence».

Quelques enfants et adolescents ont été vus entrer dans l'église Parole de Vie dans Vanier avec leurs parents.

© Collaboration spéciale, Steve Jolicoeur Quelques enfants et adolescents ont été vus entrer dans l’église Parole de Vie dans Vanier avec leurs parents.
Condamné à 8 ans de prison

Après un procès devant jury, Paul Mukendi a été déclaré coupable de plusieurs chefs de nature sexuelle, de menaces de mort et de voies de fait.

Sa victime était âgée de 14 ans au début de la période des infractions, qui ont duré une douzaine d’années.

Le juge Jean-François Émond de la Cour supérieure a condamné Paul Mukendi à une peine de huit ans de détention. «Vous avez utilisé votre statut d’homme de Dieu et d’homme d’église comme outil de manipulation, affirmait le juge Émond. Vous avez emprisonné la jeune victime dans une cellule virtuelle.»

Paul Mukendi a interjeté appel de la condamnation et de la peine. Il a pu reprendre sa liberté en attente des procédures d’appel.

Le pasteur a tenté en vain d’obtenir l’accord de la Cour d’appel pour exercer son travail de pasteur, avec les adultes comme avec les enfants, sous la supervision de l’attachée de presse de l’église et d’un assistant pasteur.

Les juges de la Cour d’appel ont rejeté sa requête en juin, disant douter que les deux personnes aient « l’indépendance et l’objectivité nécessaires pour s’acquitter efficacement de la responsabilité de superviser l’appelant ».

La Cour d’appel souligne qu’à ce stade des procédures, Mukendi ne bénéficie plus de la présomption d’innocence. «Les faits révélés en première instance laissent entrevoir une fâcheuse connexité entre les infractions dont il a été trouvé coupable et certaines des croyances religieuses véhiculées au sein de son église, notamment par la mère de la plaignante», écrivent les juges de la Cour d’appel.

Avec  Le Soleil par Isabelle Mathieu

Canada-Québec: Offerte en « offrande » au révérend Paul Mukendi

juin 8, 2019

 

© FaceBook Ministère Paul Mukendi
 

Le procès du révérend Paul Mukendi s’est ouvert ce matin au palais de justice de Québec avec le témoignage de la présumée victime, qui aurait été agressée sexuellement et frappée alors qu’elle était sous l’emprise de « l’homme de Dieu ».

Mukendi, qui a fondé l’église La Parole de Vie sur le boulevard Pierre-Bertrand dans l’arrondissement Vanier, s’est présenté en étant accompagné d’une douzaine de disciples.

L’homme de 41 ans aurait agressé la plaignante à de multiples reprises sur une dizaine d’années.

Originaire de la République démocratique du Congo, comme son présumé agresseur, la plaignante a raconté la première fois où Mukendi aurait posé des gestes sexuels sur elle, alors qu’elle avait 14 ans.

Elle connaissait alors le pasteur depuis environ 2 ans.

« Il disait qu’il était l’envoyé de Dieu pour sauver les âmes », se souvient la femme aujourd’hui âgée de 31 ans.

Dans la communauté religieuse, on le considérait comme le représentant de Dieu sur terre.

« Il est en relation directement avec Dieu. »

– Présumée victime de Paul Mukendi

Alors que Mukendi est hébergé chez ses parents, la plaignante raconte qu’il avait l’habitude de se présenter dans sa chambre en pleine nuit, pour prier.

« Je devais me mettre à genou, les mains jointes », se souvient la plaignante.

Selon son témoignage, l’accusé posait alors une main sur sa tête et récitait des prières.

C’est dans ce contexte qu’il aurait commencé à toucher l’adolescente ailleurs, sur tout son corps.

Sentant que le souffle du pasteur s’accélérait, elle a ouvert les yeux.

« Il se masturbait en même temps qu’il priait pour moi », a raconté la présumée victime aux 7 hommes et 5 femmes qui forment le jury.

Le scénario se serait répété à plusieurs reprises sans que la présumée victime le dénonce.

Alors qu’elle était toujours adolescente, le révérend aurait commencé à avoir des relations sexuelles complètes avec elle.

La première fois, il aurait déchiré ses vêtements en plus de lui mettre une main sur la bouche.

Mukendi lui aurait dit qu’elle l’aurait cherché en le séduisant tout en l’intimant de ne rien révéler, sans quoi « elle allait brûler en enfer ».

La présumée victime affirme qu’elle ne pouvait de toute façon pas refuser les assauts puisque « ma mère m’avait offert en offrande à monsieur Mukendi », a expliqué la jeune femme.

« L’homme de Dieu » lui aurait également affirmé que ses parents étaient des « sorciers maudits » et que les rapports sexuels permettaient de la « purifier ».

À titre d’offrande, elle devait s’occuper des tâches ménagères à la résidence du révérend et prier pour lui.

« Je devais le satisfaire à tous les niveaux », a résumé la jeune femme. « Je lui appartenais », a-t-elle ajouté d’une voix chevrotante.

Son témoignage qui a dû être interrompu à quelques reprises pour lui permettre de se ressaisir va se poursuivre lundi.

Avec Radio-Canada.ca par Yannick Bergeron

Affaire de l' »Apôtre de la ville Québec »: l’Université Laval se dissocie de Parole de vie

octobre 8, 2017

 

Révérend Paul Mukendi, Pasteur principal du Centre évangélique Parole de Vie à Québec.

À la suite de l’arrestation du Révérend Paul Mukendi, Pasteur principal du Centre évangélique Parole de Vie à Québec, un site internet de Parole de vie faussement associé à l’Université Laval est redevenu de nouveau disponible, après une brève suspension.

L’Université Laval tient à se dissocier de l’organisation religieuse et souligne que l’usage de son nom, sur le site Internet, est tout à fait interdit.

«Il n’y a pas d’association reconnue à l’Université. Nous allons faire en sorte que le site Internet soit suspendu de nouveau», indique la porte-parole, Andrée-Anne Stewart.

Selon Mme Stewart, un local avait été loué, en 2015, par un petit groupe adepte de la Parole de vie. «Ils étaient moins de 10, peut-être 5 ou 6 personnes», précise-t-elle.

Toutefois, l’usage du nom de l’Université est illégal. «Ce petit groupe opère à notre insu et sans notre autorisation. Il n’y a pas d’association avec l’établissement. Ils ne respectent donc pas nos conditions établies en 2015», poursuit la porte-parole.

Rappelons que Mukendi a été arrêté, lundi en fin d’après-midi, par les enquêteurs du Service de police de la Ville de Québec et il devra faire face à de multiples accusations à caractère sexuel.

En tout, neuf accusations ont été portées contre lui, en lien avec des événements qui se seraient produits entre avril 2002 et mars 2016.

On lui reproche, sur une période de 14 ans, d’avoir agressé sexuellement une jeune fille qui, au départ, avait 14 ans. Pour cette même victime, on l’accuse de contacts sexuels, de voies de fait armées d’un couteau ou d’une ceinture, de menaces de mort, de voies de fait causant des lésions corporelles et de voies de fait simple.

Par Catherine Bouchard