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Vote de la résolution de l’ONU sur l’Ukraine : une abstention des pays africains remarquée

mars 3, 2022

<p>Résultat du vote de la résolution de l'ONU "exigeant que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine" à l'Assemblée générale des Nations Unies le 2 mars 2022.</p>

Résultat du vote de la résolution de l’ONU « exigeant que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine » à l’Assemblée générale des Nations Unies le 2 mars 2022. AP/ Seth Wenig

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté ce mercredi 2 mars par une écrasante majorité une résolution qui « exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine« . S’il y a eu un vote massif en faveur de la résolution une vingtaine de pays africains ont préféré s’abstenir, à la grande surprise de nombreux observateurs.

Le vote a été salué comme « historique » et accueilli par une salve d’applaudissements. Après plus de deux jours d’interventions à la tribune de l’ONU, la résolution réclame à Moscou qu’il « retire immédiatement, complètement et sans conditions toutes ses forces militaires » d’Ukraine et « condamne la décision de la Russie d’accentuer la mise en alerte de ses forces nucléaires« .

Piloté par l’Union européenne en coordination avec l’Ukraine, le texte « déplore » également « dans les termes les plus vifs l’agression de la Russie contre l’Ukraine » et affirme « son attachement à la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale » de ce pays. Intitulée « Agression contre l’Ukraine« , la résolution appelle par ailleurs à accorder à l’aide humanitaire un accès sans entrave et « déplore l’implication du Bélarus » dans l’attaque de l’Ukraine.

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Sur les 193 membres de l’Organisation, 141 pays ont approuvé le texte « exigeant que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine.« 

Cinq s’y sont cependant opposés : la Russie, la Biélorussie, la Corée du Nord, l’Erythrée et la Syrie.

35 se sont abstenus. L’abstention de la Chine, allié supposé de Moscou, a été remarquée. Tout comme celle de 16 pays du continent africain : l’Algérie, l’Angola, le Burundi, le Congo- Brazzaville, la Guinée équatoriale, Madagascar, le Mali, le Mozambique, la Namibie, le Soudan, le Soudan du Sud, l’Afrique du Sud, le Sénégal, la Tanzanie, l’Ouganda et le Zimbabwe.

Résultat du vote de la résolution de l'ONU "exigeant que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine".

Résultat du vote de la résolution de l’ONU « exigeant que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine ».

Le doctorant en droit international au Centre de droit international de Nanterre (CEDIN, Université Paris-Nanterre) et chargé de projet à  l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) au Mali souligne toutefois la similarité des positions de certains pays entre le vote de 2014 sur le conflit avec la Crimée et celui actuel de l’Ukraine. 

Par ailleurs, 12 pays n’ont pas pris part au vote dont 8 africains : le Burkina Faso, la Guinée, la Guinée-Bissau, Eswatini, l’Ethiopie, le Cameroun, le Maroc et le Togo. 

Au total, 22 pays du continent n’ont pas exprimé d’opinion sur l’actuel conflit en Ukraine. Comment expliquer cela ? TV5MONDE a demandé des précisions à Michel Galy, politologue spécialiste de l’Afrique de l’Ouest.

TV5 MONDE : Comment expliquer ces 16 abstentions de la part de ces pays d’Afrique ? 

Michel Galy : À la zone d’influence française (celles des anciennes colonies), correspond habituellement un vote automatique qui suit la ligne occidentale lors des assemblées de l’ONU. On peut d’ailleurs le voir avec la Côte d’Ivoire ou le Niger avec ce vote. On s’étonne donc de l’abstention du Sénégal qui n’est pourtant pas connu pour être un régime hostile à l’influence française. C’est à se demander s’il n’y a pas eu un raté diplomatique.

Cependant, pour d’autres pays comme le Mali et la Centrafrique, c’est beaucoup plus compréhensible. Ces pays sont à la fois sous l’influence française traditionnelle et sous nouvelle influence russe avec l’appel aux mercenaires de Wagner. L’importance que prend Wagner dans la situation politico-militaire va plus loin qu’on ne le pense et se rapproche d’un retournement d’alliance.

Pour d’autres pays, il ne faut pas omettre les traditions historiques. Si l’Afrique du Sud est unanimement considérée par le monde occidental comme un modèle des droits de l’homme, on oublie l’alliance forte qu’avait Nelson Mandela avec l’URSS et la Libye à son époque. 
 

On s’étonne donc de l’abstention du Sénégal qui n’est pourtant pas connu pour être un régime hostile à l’influence française. C’est à se demander s’il n’y a pas eu un raté diplomatique.Michel Galy politologue, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest

TV5MONDE : Toutes les abstentions se valent-elles ? 

Michel Galy : Le résultat de ces votes montre que l’Afrique est divisée. Il y a une catégorie qu’il faut mettre en évidence, ce sont ceux qui considèrent que ces conflits leur sont lointains et qu’il faut, d’une certaine manière, ménager la chèvre et le chou dans leurs différentes coopérations. À Madagascar par exemple, il y a une forte coopération russe, même si elle n’est pas militaire comme au Mali ou en Centrafrique.

Ces pays ne souhaitent plus rester face à face avec le monde occidental et prennent le parti de se garder des possibilités de tractation, voire de chantage d’un bloc à l’autre.

Concernant, le Congo-Brazzaville, le régime de Sassou-Nguesso doit beaucoup à l’influence française, avec des élections régulièrement contestées. C’est un vote surprenant, comme celui du Sénégal. Je pense que c’est par prudence que des pays comme ceux-ci ne veulent pas s’immiscer d’un côté comme de l’autre.

TV5 MONDE : Quel symbole politique ce vote renvoie-t-il ? 

Michel Galy :  Le vote révèle un malaise et la division d’une Afrique qui ne sait pas s’il est préférable de suivre le pays référence ou prudemment s’abstenir tant qu’on n’a pas encore le dernier mot du conflit.

Ce vote est divisé en trois parties avec les pays niches de l’Occident qui sont des alliés automatiques, les anciens alliés de l’URSS et de la Russie comme l’Algérie et l’Afrique du Sud ainsi qu’un groupe un peu erratique qui démontre une incapacité de décision commune. 

Avec TV5Monde

États-Unis: Joe Biden annonce le don de plus de 1,5 million de doses de vaccins à sept pays africains

juillet 22, 2021
Vaccination contre le Covid-19 à l’hôpital Central de Yaoundé, le 12 avril 2021

Selon la Maison-Blanche ce don se fait « sans condition » et ne doit pas être considéré comme une réponse à la très active diplomatie vaccinale chinoise.

Le stock de vaccins que les États-Unis s’apprêtent à offrir au continent est composé de doses des laboratoires Johnson & Johnson, qui ont l’avantage de ne nécessiter qu’une injection, au lieu de deux pour la plupart des sérums du marché. Le don se fera par l’intermédiaire de Covax, l’initiative internationale mise en place par l’OMS, CEPI et GAVI. De quoi renforcer significativement l’engagement diplomatique et humanitaire des autorités américaines envers l’Afrique, mis à mal durant les années Trump.

« Ayant passé l’essentiel de ma carrière dans l’administration à travailler sur l’Afrique – en particulier le Sénégal, le premier pays africain où je me suis rendue – je mesure l’impact que peut avoir l’aide américaine sur nos partenaires du continent et sur la vie des populations », explique Dana Banks, Senior Director pour l’Afrique du National Security Council. A ses yeux, cette nouvelle « initiative de partage des vaccins est une démonstration supplémentaire de notre engagement ».

Les doses qui vont être distribuées sont destinées aux pays suivants :

  • 303 050 doses pour le Cameroun
  • 302 400 doses pour le Lesotho
  • 302 400 doses pour la Centrafrique
  • 151 200 doses pour la Gambie
  • 151 200 doses pour la Sénégal
  • 151 200 doses pour le Niger
  • 151 200 doses pour la Zambie

L’annonce américaine intervient alors que la Chine renforce significativement ses distributions de vaccins en Afrique. La semaine dernière, Pékin a ainsi envoyé un nouveau stock de 4 millions de doses sur le continent, selon le rapport hebdomadaire de traçage des dons mis en place par The China Africa Project. Difficile pour l’administration Biden d’affirmer qu’elle n’est pas lancée dans un bras de fer avec les autorités chinoises.

Un officiel à la Maison-Blanche a tenu à expliquer à nos confrères de The Africa Report que le don de 25 millions de doses de vaccins à Covax par les États-Unis et destinées à l’Afrique – une quantité presque équivalente aux 27,9 millions de doses promises par Pékin – n’a aucunement pour but d’obtenir des concessions minières : « Nos vaccins sont offerts sans conditions, assure-t-il. Nous faisons cela dans le but de sauver des vies. Comme le président l’a dit : dans notre combat commun contre le virus, les États-Unis seront l’arsenal vaccinal du monde. »

La situation épidémique dans les sept pays qui vont recevoir les dons américains est la suivante :

Centrafrique

On compte à ce jour 7 147 contaminations au Covid-19 en République centrafricaine, dont 98 décès. Le pays est touché par le variant Alpha, 50 à 75 % plus contagieux que les souches habituelles et susceptible de toucher plus facilement les enfants, mais sans provoquer de formes plus graves de la maladie. Début juillet, le pays a reçu des vaccins chinois. Selon Pierre Somse, le ministre de la Santé, « ces dons de vaccins arrivent au moment opportun, grâce à eux la République centrafricaine sera mieux équipée pour lutter contre le coronavirus. »

Cameroun

L’an dernier, le Cameroun a dû faire face simultanément au Covid-19 et au choléra. On y compte à ce jour 81 467 contaminations et 1 330 décès. En avril, le pays a reçu 591 000 doses, dont 200 000 fournies par les Chinois de Sinopharm et 391 000 par Oxford AstraZeneca. Mais un cinquième seulement de ce stock a été administré. Le ministère de la Santé a, parallèlement, approuvé la diffusion d’un remède à base de plantes élaboré par l’archevêque Samuel Kleda, présenté comme un « adjuvant » dans la lutte contre le virus.

Gambie

La troisième vague de contamination frappe ce pays de 2,3 millions d’habitants depuis le début du mois de juillet. Le gouvernement a annoncé que le respect des mesures de prévention telles que le port du masque et la distanciation sociale étaient des impératifs et que leur violation pouvait être sanctionnée d’une amende de 1 000 dalasis (20 dollars). La vaccination a commencé en mars avec un stock d’AstraZeneca mais, le 17 juin, le pays avait épuisé ce stock. Banjul a ensuite homologué le vaccin de Sinopharm et a recommencé à vacciner le 17 juillet, mais du fait des faibles quantités disponibles, un seul site est actuellement ouvert. Le pays compte à ce jour 6 920 contaminations et 190 morts. Selon le ministère de la Santé, un pic de contaminations a été observé durant la semaine du 5 au 12 juillet, avec une augmentation de 13 %. Au 19 juillet, 40 810 doses de vaccins avaient été administrées.

Lesotho

Avec la troisième vague, le Lesotho a vu arriver sur son sol le variant Beta. Identifiée en Afrique du Sud en août 2020, cette souche se répand plus rapidement que les autres et présente un risque plus élevé de réinfection. Le pays recense 12 630 contaminations et 349 décès et dispose actuellement de doses Johnson & Johnson et Oxford AstraZeneca.

Niger

La population du Niger (23,9 millions d’habitants) est l’une des plus jeunes au monde, ce qui lui a permis jusqu’à maintenant d’être relativement préservée du coronavirus. On compte 5 594 cas et 194 décès et le pays semble être resté à l’écart des principales vagues de contaminations. Il a déjà reçu 400 000 doses de Sinopharm de la part de Chine et 25 000 doses d’AstraZeneca données par l’Inde. Au 19 juillet, 401 133 doses avaient été administrées. Le pays n’impose à ce jour aucune restriction et toutes les entreprises fonctionnent normalement. Comme le dit le ministre du Pétrole, Sani Issoufou : « Ici, nous vivons encore comme si nous étions en 2019. »

Sénégal

Ayant fermé ses frontières et suspendu les vols internationaux dès le début de la pandémie, en 2020, le pays – qui a aussi été l’un des premiers à mettre en place un couvre-feu – avait réussi à se préserver. L’état d’urgence, renouvelé en janvier dernier, a pris fin en mars, les restrictions étant alors en partie levées. Le couvre-feu a pris fin et les frontières ont été rouvertes aux non-nationaux. Même si le port du masque reste théoriquement obligatoire, il semble avoir été abandonné par l’essentiel de la population et avec les vacances qui approchent, les craintes augmentent avec  les risques liés aux voyages. Le président Macky Sall s’est dit prêt à prendre les mesures nécessaires en cas de hausse du taux de contamination. Le niveau est actuellement au plus haut avec 950 nouveaux cas par jour.

Le Sénégal a commencé à vacciner le 23 février 2021 avec un premier stock de 82 doses de Sinopharm, puis a reçu en mars un lot d’AstraZeneca. Il a été l’un des premiers pays africains à bénéficier de l’initiative Covax. A ce jour, 52 671 doses ont été administrées. Le pays compte 54 297 contaminations et 1 246 décès.

Zambie

La Zambie subit de plein fouet la troisième vague de la pandémie, avec 1 300 nouveaux cas par jour. Le pays a reçu deux livraisons d’AstraZeneca et environ 2,8 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin. Selon Kennedy Malama, secrétaire permanent en charge des services techniques au ministère de la Santé, les doses de Johnson & Johnson promises seront acheminées vers les provinces rurales, où la demande est forte, « le plus rapidement possible ». Il estime aussi que la Zambie pourrait être frappée par une quatrième vague d’ici à la fin de l’année.

Avec jeune Afrique par Nicholas Norbrook

La bataille contre Ebola en passe d’être « perdue », faute de solidarité

octobre 18, 2014

Un travailleur de santé pose devant des instructions concernant Ebola.
Un travailleur de santé pose devant des instructions concernant Ebola. © AFP

L’ONU et la Banque mondiale s’alarment du manque de solidarité internationale envers les pays africains touchés par Ebola, qui a tué 4.555 personnes, et appellent à convertir en actes les promesses internationales d’aide financière et humaine.

« Nous sommes en train de perdre la bataille » face au virus, a déploré le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, lors d’une conférence de presse à Paris. « Certains pays ne se préoccupent que de leurs propres frontières », ce qui est « très inquiétant » selon M. Kim, pour qui « nous n’avons toujours pas pris conscience de la solidarité nécessaire » au niveau international.

L’épidémie de fièvre hémorragique a fait 4.555 morts sur 9.216 cas enregistrés, selon le dernier bilan publié vendredi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Si sept pays (Liberia, Sierra Leone, Guinée, Nigeria, Sénégal, Espagne et Etats-Unis) ont été touchés, l’Afrique de l’Ouest reste de très loin la région la plus affectée.

Seule lueur: l’OMS a annoncé que le Sénégal, qui avait déclaré un cas, désormais guéri, ne pouvait plus être considéré comme un pays touché par Ebola. La même annonce devrait suivre lundi pour le Nigeria, qui a enregistré 20 cas, dont 8 décès. Mais l’aide se fait attendre.

Les Nations unies ont reçu jusqu’à présent 377 millions de dollars sur les 988 millions demandés, soit 38%, a déclaré vendredi un porte-parole de l’OCHA (Bureau des Affaires humanitaires de l’ONU) à Genève. « Il faut y ajouter 217 millions de dollars promis, mais qui ne sont pas encore arrivés sur les comptes bancaires », a-t-il précisé. Et le fonds spécial de l’ONU mis en place pour parer aux urgences, le « Trust Fund », ne dispose que de 100.000 dollars sur les 20 millions initialement requis.

Aide de l’Afrique de l’Est

En réponse à cet appel de fonds, le gouvernement canadien, qui avait annoncé une contribution de 30 millions de dollars canadiens (21 millions d’euros) le mois dernier, s’est engagé vendredi à verser une aide de 30 millions supplémentaires.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) — une des agences de l’ONU les plus impliquées dans la lutte contre Ebola, avec l’OMS et l’Unicef — a annoncé vendredi le lancement immédiat d’une distribution d’aide alimentaire à 265.000 habitants de Freetown, la capitale de Sierra Leone, « la plus importante dans le pays depuis le début de l’épidémie d’Ebola ».

La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) a décidé d’envoyer plus de 600 professionnels de santé, dont 41 médecins, en Afrique de l’Ouest pour combattre l’épidémie, a annoncé vendredi le bloc qui regroupe cinq pays de la région. Le Kenya compte envoyer 15 médecins, l’Ouganda 14, le Rwanda sept et la Tanzanie cinq. Le Burundi entend envoyer 250 auxiliaires de santé, et le Kenya 300.

La France, qui a renforcé les mesures de contrôle à ses frontières, a promis vendredi de « tout mettre en oeuvre pour aider les pays africains confrontés à Ebola, en particulier la Guinée ». Londres a de son côté envoyé en Sierra Leone un navire militaire médicalisé, avec un hôpital, trois hélicoptères et 350 personnes à bord. Il devrait arriver dans deux semaines à Freetown. Au total, la Grande-Bretagne prévoit d’envoyer 750 militaires dans son ancienne colonie pour aider notamment à la construction de centres de traitement.

Pour organiser la riposte, et tenter de maîtriser la psychose qui commence à gagner du terrain, le président américain Barack Obama a nommé vendredi un coordinateur. Ron Klain, un avocat, devra s’assurer que « les efforts pour protéger les Américains en détectant, isolant et traitant les patients d’Ebola dans ce pays soient coordonnés ».

Psychose mondiale

Mais la peur d’une contagion de masse au virus Ebola gagne du terrain en Occident, malgré les appels au calme et les contrôles renforcés dans un nombre croissant de pays. Les autorités portuaires mexicaines ont refusé vendredi à un bateau de croisière de faire escale à Cozumel, comme prévu, en raison de la présence à bord d’une laborantine d’un hôpital texan, qui a pu être en contact avec le patient libérien mort du virus Ebola à Dallas le 8 octobre dernier.

Cette femme, qui ne montre aucun symptôme de la maladie, reste confinée volontairement dans sa cabine, a indiqué la compagnie de croisière Carnival Cruise Lines, tandis que le paquebot se dirige à présent vers le Texas à Galveston après s’être encore vu refuser l’accostage au Belize pour y débarquer la passagère par mesure de précaution.

En France, des syndicats d’hôtesses et de stewards d’Air France ont exigé « la fermeture de la desserte de Conakry » en Guinée, l’un des pays les plus touchés par le virus Ebola, évoquant leur inquiétude d’un « risque grave de propagation de l’épidémie ». Ils s’appuient sur la décision prise par d’autres compagnies (British Airways et Emirates) de suspendre les vols vers Conakry.

Au plan médical, la firme britannique GSK a annoncé que son vaccin expérimental contre la maladie ne sera pas prêt à la commercialisation avant 2016, mais ne doit « pas être considéré comme une riposte première à l’épidémie en cours ». En Sierra Leone, la lutte contre l’épidémie passe désormais aussi par l’implication des rescapés. Une trentaine de survivants ont été réunis par les autorités et l’ONU pour partager leur expérience à Kenema, région la plus touchée dans l’est du pays.

Selon l’OMS, les survivants d’une espèce du virus Ebola, en l’occurrence celle dite Zaïre, sont immunisés contre cette espèce. Certains d’entre eux ont ainsi été mobilisés pour apprendre aux soignants à minimiser les risques de contamination. L’Unicef également a commencé à tirer parti de cette immunisation pour confier à des survivants des enfants en quarantaine ou des orphelins de l’épidémie. Cette rencontre de Kenema était « un projet pilote » pour, à terme, enrôler 2.500 survivants dans la lutte.

Internet : à quel point votre pays est-il connu sur Google ?

mars 15, 2014

En comparant les résultats de recherches pour les noms des États du monde entier, des Britanniques de l’université d’Oxford ont mis au point une carte interactive. Le nombre de résultats associés aux pays africains atteint à peine celui des requêtes portant sur les États-Unis…

Que sait Google sur votre pays ? Ou plutôt : à quel point votre pays est-il connu sur le moteur de recherche américain ? C’est, en substance, la question à laquelle ont tenté de répondre des chercheurs de l’université britannique d’Oxford, qui se sont amusés à analyser le nombre de résultats trouvés par Google lorsque l’on lance une recherche sur le nom d’un des pays du monde.

>> Lire aussi : « Lomé en baisse, Marrakech en hausse… Le classement 2014 des villes africaines les plus ‘likées’ sur Facebook »

Bilan : les États-Unis arrivent largement en tête, avec près d’un milliard de résultats sur le moteur de recherche. Le Japon suit, avec 726 millions de pages trouvées. Les pays africains sont en revanche largement distancés. C’est le Tchad qui arrive en tête avec 112 millions de résultats, devançant de peu la RDC (110 millions) et l’Égypte (107 millions). Le Nigeria (46 millions), le Mali (52 millions), ou le Ghana (52 millions) suivent, tandis que la Côte d’Ivoire (33 millions) et le Rwanda (29 millions) sont encore un peu plus loin. Du côté du Maghreb, le Maroc (78 millions) devance la Tunisie (52 millions) et l’Algérie (49 millions).

Fracture

La fracture est donc réelle entre le Nord et le Sud, bien que peu étonnante. « Le fait que nous voyons une forte corrélation entre les mentions de pays et leur nombre d’utilisateurs d’Internet indique sans surprise que Google reflète d’abord les inégalités plus larges qui caractérisent aujourd’hui le web », expliquent les chercheurs. Ainsi, lorsque les États-Unis ont, en moyenne, 3,6 résultats pour un internaute, le Tchad obtient un score de 163 occurences par usager.

Enfin, si le nom de la plupart des pays se déclinent en plus de 20 langues différentes, d’autres n’ont pas cette chance. Le Soudan du Sud doit ainsi se contenter de 13 possibilités de recherche alors que le Zimbabwe n’en compte que quatre.

Jeuneafrique.com par Mathieu Olivier