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Côte d’Ivoire : Patrick Achi relance le dialogue politique

novembre 9, 2021
Patrick Achi à Abidjan, le 5 novembre 2021 © ISSOUF SANOGO/AFP

Alors que Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié marquent leur rapprochement, le Premier ministre ivoirien a annoncé face à la presse, ce lundi 8 novembre, la reprise des négociations entre les différents acteurs politiques.

Le 8 novembre, le technocrate Patrick Achi a remis les habits du politique. Pour la première fois depuis sa nomination à la tête du gouvernement, en mars dernier, il s’est soumis à l’exercice de la conférence de presse pour présenter la vision du gouvernement et la feuille de route des prochains mois. Lancé par le président Alassane Ouattara et mis en œuvre par Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko, les défunts Premiers ministres, le dialogue politique a connu des fortunes diverses. Parfois contesté par l’opposition, voire boycotté, il visait à instaurer un climat plus serein, notamment dans la perspective de l’élection d’octobre 2020. Une « trêve » consistant en une suspension des mots d’ordre d’appels à la grève, des sit-ins et autres modes de protestation avait été finalement actée. Selon nos informations, Patrick Achi cherche à la prolonger.

Gbagbo et Bédié représentés

La relance du processus de dialogue doit se faire avec les représentants des principaux partis d’opposition, mais en l’absence de leur leader. Ni Henri Konan Bédié du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), ni Laurent Gbagbo pour le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), ne seront autour de la table des négociations. Ce seront leurs collaborateurs qui seront appelés à les représenter.

Le retour de ce dernier, le 17 juin dernier, après dix années de démêlés judiciaires à la Cour pénale internationale, a changé la donne politique. Si Laurent Gbagbo soigne ses relations avec Alassane Ouattara, qu’il a rencontré en juillet, il s’est surtout affiché auprès d’Henri Konan Bédié ces derniers temps. Les deux opposants disent envisager une alliance forte contre le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), au pouvoir, en vue de la prochaine présidentielle, en 2025.

Avec Jeune Afrique par Baudelaire Mieu – à Abidjan

Côte d’Ivoire : Henri Konan Bédié souhaite un retour « dans les meilleurs délais » de Laurent Gbagbo

avril 10, 2021
Henri Konan Bédié, lors du meeting du PDCI à Yamoussoukro, le 12 septembre 2020.

L’ex-chef de l’État ivoirien Henri Konan Bédié a souhaité samedi un retour « dans les meilleurs délais » de l’ancien président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, après leur acquitement de crimes contre l’humanité par la justice internationale.

« Je me réjouis (…) de l’acquittement définitif du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé », a déclaré Henri Konan Bédié dans un discours à Abidjan, à l’occasion du 75e anniversaire du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) qu’il préside. « Je souhaite que le gouvernement prenne toutes les dispositions nécessaires pour favoriser leur retour en Côte d’Ivoire dans les meilleurs délais et dans des conditions sécurisées », a-t-il ajouté.PUBLICITÉ

« Libres de rentrer quand ils le souhaitent »

Il a affirmé que son parti continuerait « sans relâche toutes les actions avec l’ensemble de l’opposition en vue de créer les conditions d’un climat politique apaisé, propice à la réconciliation et à la reconstruction d’un État de droit ». Le PDCI a « construit » la Côte d’Ivoire « sur des bases solides qui ont permis et permettent encore aujourd’hui à notre pays, de plier sans fléchir sous les crises politiques, les crises économiques et sociales depuis trois décennies », a-t-il estimé.

Après l’acquittement définitif de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé par la CPI le 31 mars, le président Alassane Ouattara a indiqué le 7 avril que les deux hommes sont « libres de rentrer en Côte d’Ivoire quand ils le souhaitent », précisant que les frais de voyage de l’ancien président, ainsi que ceux de sa famille, seront pris en charge par l’État

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : Maurice Kakou Guikahué évacué à Paris

décembre 20, 2020
Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif en chef du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), en 2015.

Maurice Kakou Guikahué, numéro deux du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), a été évacué vers Paris dans la nuit de samedi à dimanche pour raison médicale, selon un responsable du parti et un proche.

Poursuivi par la justice ivoirienne pour « complot contre l’autorité de l’État » et emprisonné depuis début novembre après la tentative de l’opposition de proclamer un régime de transition à la suite de l’élection présidentielle, Maurice Kakou Guikahué, 69 ans, avait été transféré le 11 décembre dans un hôpital d’Abidjan après un malaise cardiaque.

« Il a été évacué dans la nuit vers Paris par le vol Air France pour faire des analyses », a déclaré le directeur administratif du PDCI Djedri N’Goran, précisant que sa vie n’était pas en danger. L’information a été confirmée par le conseiller en communication de Maurice Kakou Guikahué, Guy Tressia, mais selon lui il s’agit d’une « évacuation d’urgence pour des soins intensifs ».

Une source proche de la présidence ivoirienne a confirmé l’évacuation vers Paris du secrétaire exécutif du PDCI pour « un contrôle en raison de ses problèmes cardiaques, pris en charge par la présidence ».

Pourparlers

Cardiologue de profession, ancien ministre de la Santé dans les années 1990, Maurice Kakou Guikahué est le bras droit de l’ex-président Henri Konan Bédié, chef du PDCI et leader de l’opposition ivoirienne.

L’opposition ne reconnaît toujours pas la réélection du président Alassane Ouattara pour un troisième mandat controversé lors de la présidentielle du 31 octobre, qu’elle a boycottée, appelant à la « désobéissance civile ».

Plusieurs responsables de l’opposition ont été arrêtés et incarcérés début novembre, après avoir proclamé un « Conseil national de transition » censé se substituer au pouvoir de Ouattara. Ils sont poursuivis par la justice pour « complot contre l’autorité de l’État », « mouvement insurrectionnel », « assassinat » et « actes de terrorisme », dans le cadre des violences électorales qui ont fait 85 morts et un demi-millier de blessés entre août et novembre.

L’opposition exige l’arrêt des poursuites et leur libération, comme préalable à tout pourparlers. Après une rencontre entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, le 11 novembre, qui a fait partiellement retomber la tension, les négociations pour décrisper la situation politique se poursuivent entre le pouvoir et l’opposition, en vue des élections législatives prévues au premier trimestre 2021. Le Premier ministre Hamed Bakayoko a invité l’opposition et la société civile à une rencontre lundi.

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : KKB, un dissident du PDCI en charge de la Réconciliation nationale

décembre 16, 2020
Kouadio Konan Bertin a été nommé ministre de la Réconciliation nationale, le 15 décembre 2020.

Seul adversaire d’Alassane Ouattara à la présidentielle du 31 octobre, Kouadio Konan Bertin (KKB) avait été crédité de 1,99 % des suffrages.

À 52 ans, le « soldat perdu » du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a finalement trouvé son chemin. Kouadio Konan Bertin (KKB) a été nommé, mardi 15 décembre, ministre de la Réconciliation nationale. La création de ce nouveau ministère avait été annoncée la veille par Alassane Ouattara lors de son investiture pour un troisième mandat à la tête du pays.

KKB avait été reçu dans la matinée par le chef de l’État. Selon Ouattara, l’objectif de ce nouveau maroquin est « le renforcement de la cohésion nationale et la réconciliation des fils et des filles de Côte d’Ivoire ». Sa feuille de route précise reste encore à préciser. Sera-t-il associé à la relance des négociations avec l’opposition dont la direction a été confiée au Premier ministre, Hamed Bakayoko ?

Les discussions piétinent

Après un scrutin contesté et marqué par de nombreuses violences, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara se sont rencontré le 11 novembre, à Abidjan. Mais les discussions entre les deux anciens alliés, qui maintiennent néanmoins le contact téléphonique, piétinent.

Le 9 décembre, Bédié a de nouveau contesté publiquement la légalité du troisième mandat du chef de l’État. Il a proposé la mise en place d’un dialogue national afin de plancher sur l’organisation d’élections – notamment présidentielles – « transparentes, crédibles et inclusives » et demandé la libération de tous les membres de l’opposition emprisonnés.

« J’ai instruit le Premier ministre, Hamed Bakayoko, de reprendre les discussions avec les partis politiques pour mettre en œuvre les recommandations de la Cedeao relatives à la Commission électorale indépendante (CEI) dans la perspective de la tenue des élections législatives dans le courant du premier trimestre 2021 », lui a répondu Alassane Ouattara, lundi.

« L’élection présidentielle a donné lieu à des violences intolérables », avait regretté le président ivoirien lors de son discours, les condamnant « avec la plus grande fermeté ». « Ces actes graves ne doivent pas rester impunis, il faut mettre fin à l’impunité dans notre pays, c’est une exigence pour le respect des droits humains, nul n’est au-dessus de la loi. Je veux que cela soit clair. »

Seul opposant à faire campagne

Lors de cette élection, Kouadio Konan Bertin aura été le seul à mener campagne face au président sortant, refusant l’appel au boycott du scrutin et à la désobéissance civile lancé par Bédié (PDCI) et Pascal Affi N’Guessan (Front populaire ivoirien, FPI). Une position qui avait provoqué l’ire de l’opposition et avait valu à l’ancien député de Port-Bouët (de 2011 à 2016)  d’être exclu temporairement du PDCI, son parti d’origine.

Outre la nomination de KKB, Alassane Ouattara a décidé de confirmer le général Diomandé Vagondo au poste de ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. En charge de la Sécurité et de la Protection civile depuis septembre 2019, il assurait l’intérim de Sidiki Diakité, décédé le 23 octobre.

Militaire chevronné, diplômé de l’École normale supérieure et de l’École des forces armées, Diomandé Vagondo, 60 ans, est un fidèle d’Alassane Ouattara, dont il fut l’aide de camp du 16 février 1991 jusqu’à la mort de Félix Houphouët-Boigny, en décembre 1993.

C’est un maillon essentiel de son dispositif sécuritaire. D’abord nommé commandant du Groupement de sécurité du président de la République (GSPR), unité chargée d’assurer la sécurité du chef de l’État, en 2011, Vagondo sera le chef d’état-major particulier d’ADO de 2013 à 2019.

Avec Jeune Afrique par Vincent Duhem

Côte d’Ivoire: selon le PDCI, le principe d’une rencontre Bédié-Ouattara est acquis

novembre 11, 2020

 

En Côte d’Ivoire, l’ancien président Henri Konan Bédié répond favorablement à la proposition de dialogue qui lui a été faite par le chef de l’État, Alassane Ouattara. La rencontre pourrait avoir lieu ce mercredi soir ou ce jeudi.

Le président ivoirien Alassane Ouattara (g.) aux côtés d'Henri Konan Bédié, le 27 octobre 2015 (photo d'illustration).© AFP/SIA KAMBOU Le président ivoirien Alassane Ouattara (g.) aux côtés d’Henri Konan Bédié, le 27 octobre 2015 (photo d’illustration).

C’est un très proche du président Bédié qui l’annonce, le général Gaston Ouassénan Koné, vice-président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Selon ce responsable, le principe d’une rencontre Bédié-Ouattara est acquis et celle-ci pourrait avoir lieu très rapidement.

« Vous savez, indique Gaston Ouassénan Koné à RFI, les deux présidents, à savoir le président Alassane Ouattara et le président Henri Konan Bédié sont des disciples du président Félix Houphouët-Boigny. Or le président Félix Houphouët-Boigny a toujours été un homme de dialogue et un homme de paix. De telle sorte que la proposition du président a été acceptée, et je peux vous dire que dans très peu de temps, ça peut être ce soir comme ça peut être demain, les deux vont se rencontrer, ils vont nouer le dialogue et nous espérons que cela va aboutir à la paix que le président Houphouët-Boigny a toujours recherchée. »

Selon le responsable, il ne s‘agira dans un premier temps que « d’une rencontre de contact », mais « le principe, lui, est acquis ».

Lors de l’adresse à la nation qu’il avait prononcée le lundi 9 novembre, après la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnel, Alassane Ouattara avait renouvelé une invitation au dialogue à Henri Konan Bédié : « Je voudrais donc, avait-il déclaré, inviter mon aîné, le président Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA, à une rencontre, dans les tout prochains jours, pour un dialogue franc et sincère en vue de rétablir la confiance. »

Avec RFI

En Côte d’Ivoire, une journée de manifestations sous tension

août 13, 2020

 Des militants du RHDP, lors du meeting du 29 juillet 2020 à Abidjan.

Des militants du RHDP, lors du meeting du 29 juillet 2020 à Abidjan. © REUTERS/Luc Gnago

 

Si les directions des principaux partis d’opposition se sont gardées d’appeler à manifester, les organisations de jeunes de ces mouvements mobilisent leurs militants pour répondre à l’appel lancé par des leaders de la société civile. À Daoukro, fief du candidat et ex-président Henri Konan Bédié, des heurts ont déjà éclaté mercredi, faisant au moins un mort.

Ils étaient plusieurs responsables de l’opposition à s’être donné rendez-vous mercredi au siège du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI d’Henri Konan Bédié), à Cocody, commune d’Abidjan. Dans une déclaration lue par Daniel Aka Ahizi, président de l’une des deux tendances du Parti ivoirien des travailleurs (PIT, fondé par Francis Wodié) et porte-parole de la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (CDRP, regroupant plusieurs partis dont le PDCI), les opposants ont égrené sept revendications, dont la démission d’Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, président de la Commission électorale indépendante (CEI).

Pas de consigne des partis

Mais dans cette déclaration officielle, aucune mention aux manifestations du 13 août contre la candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat, auxquelles ont appelé des leaders de la société civile, dont Pulchérie Édith Gbalet, présidente d’Alternative citoyenne ivoirienne (ACI).

Les partis d’opposition semblent s’être passé le mot : aucun appel officiel à manifester n’émanent des principaux responsables. Toutefois, ces derniers, ont, à l’instar de Simone Gbagbo, laissé le soin aux responsables des sections jeunesses de leur parti d’appeler les militants à descendre dans la rue.

Silencieuse depuis juin en raison de son état de santé – elle a annoncé avoir guéri du coronavirus – , l’ex-Première dame a déclaré mardi comprendre « la vague de mécontentement observée par les hommes, les femmes, les jeunes dans plusieurs villes du pays ».

Elle s’est également exprimée sur le sort de son époux. « Je voudrais appeler le chef de l’État à prendre un décret d’amnistie pour rendre Laurent Gbagbo éligible. Que Laurent Gbagbo se présente à l’élection présidentielle ou pas, qu’il soit éligible » a-t-elle déclaré. Mais comme les autres caciques de l’opposition, elle s’est également abstenue de lancer un appel clair à descendre dans les rues.

Violents incidents à Daoukro

En dehors de tout appel direct, les militants des partis politiques s’organisent tout de même sur le terrain. À Ferkessédougou – dans le nord du pays et fief électoral de Guillaume Soro, condamné à vingt ans de prison pour « recel de détournement de deniers publics » et actuellement en exil à Paris – , de timides manifestations ont vite été dispersées ces derniers jours, ainsi que dans diverses villes de l’intérieur comme dans certains quartiers d’Abidjan.

À Daoukro, ville natale de l’ancien président Henri Konan Bédié, candidat à la présidentielle d’octobre, des manifestations ont vite dégénéré en affrontements mercredi entre partisans et opposants à une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara. Ces heurts ont fait au moins un mort. Plusieurs blessés ont été recensés, et les sièges du PDCI comme du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti présidentiel) ont été saccagés.

À Toumodi, dans le centre du pays favorable au PDCI, une marche des femmes présentées comme des partisanes de Bédié a paralysé une partie de la ville.

« Désordre et chienlit »

La journée de jeudi s’annonce à haut risque, alors que le député Tilkouété Dah Sansan, président de la jeunesse du RHDP, a de son côté appelé les partisans de la candidature de Ouattara à eux aussi investir les rues le même jour pour « laisser éclater leur joie ». « Notre quartier général sera le jeudi 13 août matin à Yopougon (commune réputée favorable à Laurent Gbagbo, ndlr). Tous en blanc et depuis (le quartier de) Gesco, les militants jeunes du RHDP vont faire une procession », a-t-il annoncé.

Une marche de l’opposition et des militants du parti au pouvoir le même jour, cela va causer désordre et chienlit

« Nous sommes plus que jamais déterminés pour la victoire du président Ouattara » à la présidentielle d’octobre 2020, prévient pour sa part Adama Bictogo, directeur exécutif du RHDP.

Ce regain de tension fait renaître chez certains Ivoiriens les douloureux souvenirs des tensions postélectorales de 2000 et de 2010. Ces dernières avaient causé la mort d’au moins 3 000 personnes. « Une marche de l’opposition et des militants du parti au pouvoir le même jour, cela va causer désordre et chienlit », prévient l’écrivain Macaire Etty, président de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire (AECI). « Le président de la République, garant de l’ordre, doit tenir compte des protestations de l’opposition contre le troisième mandat et anticiper. Je suis contre la violence sous toutes ses formes. J’invite tous les Ivoiriens à la retenue et à la mesure. »

Avec Jeune Afrique par André Silver Konan à Abidjan

Présidentielle en Côte d’Ivoire: Henri Konan Bédié entre investiture et « atout de l’âge »

juillet 27, 2020

Henri Konan Bédié, à Paris le 10 septembre 2019.

Henri Konan Bédié, à Paris le 10 septembre 2019. © Vincent Fournier pour Jeune Afrique 

L’ancien chef d’État ivoirien Henri Konan Bédié, 86 ans, a été désigné candidat à la présidentielle du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition) avec 99,7% des voix à l’issue d’une convention de ce parti, a-t-il annoncé lundi 27 juillet à Abidjan.

Les résultats des votes des délégués dimanche, «mettent en évidence mon élection avec un score de 99,7%. C’est un véritable plébiscite», a déclaré M. Bédié, lors d’un point de presse à sa résidence d’Abidjan.

Le politicien de 86 ans a qualifié sa victoire de «véritable plébiscite».

« Pour nous au PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), l’âge c’est un atout. L’âge réunit l’expérience et aussi la compétence », a déclaré Henri Konan Bédié à des journalistes après avoir voté, ce dimanche 26 juillet, au siège du parti à Abidjan lors de la convention d’investiture du parti.

L’ancien président ivoirien (1993-1999), chassé du pouvoir par un putsch, et qui espère retrouver la magistrature suprême après deux candidatures (invalidée en 2000 et infructueuse en 2010, où il était arrivé troisième), affirme « remplir une mission de salut public pour restaurer la Côte d’Ivoire ».

« Si nous nous présentons, c’est surtout pour les nouvelles générations », « les jeunes assaillis par le chômage » (…) pour esquisser avec eux un avenir meilleur », a assuré le dirigeant du PDCI, critiqué par ses adversaires pour son âge avancé et qui sera le doyen du scrutin présidentiel du 31 octobre.

L’issue du vote d’investiture ne fait guère de doute, puisque l’ex-chef d’État ivoirien est candidat unique au PDCI, après l’invalidation d’une candidature rivale.

Sept ans d’expérience à la magistrature suprême

Quelque 9 000 délégués sont inscrits dans 388 bureaux de vote sur tout le territoire et à l’étranger pour la diaspora, pour cette « convention éclatée » pour cause de coronavirus. Le résultat provisoire sera proclamé lundi 27 juillet à midi, a expliqué Maurice Kakou Guikahué, numéro deux du parti.

À la « Maison du PDCI » à Abidjan, militants et militantes portaient chemises, robes, casquettes et même masques anti-coronavirus aux couleurs du parti : un tissu aux motifs verts, avec le sigle frappé d’un éléphant, et la photo en médaillon de Félix Houphouët-Boigny, fondateur du PDCI, premier président ivoirien et « père de l’indépendance », toujours la figure tutélaire du pays 27 ans après sa mort, et mentor revendiqué de Henri Konan Bédié. 

« HKB » est apparu vers 11h30, marchant lentement mais apparemment en forme, vêtu de son traditionnel abacost, pour aller déposer son bulletin dans l’urne. Celui que l’on surnomme, du fait de sa parole rare, le « Sphinx de Daoukro » (la ville où il réside dans l’intérieur du pays), s’est ensuite adressé à quelques journalistes dans son bureau, s’exprimant posément.

« Mon parti estime que je suis le mieux placé, l’homme de la situation. Il ne faut pas oublier que j’ai gouverné ce pays pendant sept ans », a-t-il dit, après avoir dressé un bilan sévère de l’état de la Côte d’Ivoire.

Le PDCI a gouverné de conserve avec le parti du président Alassane Ouattara de 2011 à 2018, avant que l’alliance n’éclate, précisément sur la question du choix du candidat à la présidentielle de 2020.

Une candidature Ouattara se dessine

Ceux qui critiquent mon âge, « c’est leur problème ! Il n’y a pas d’âge limite au regard de la Constitution », a fait valoir Henri Konan Bédié. « Je réunis actuellement toutes mes forces physiques et intellectuelles », a-t-il assuré.

Il affrontera probablement le président Alassane Ouattara, 76 ans, dont la candidature pour un troisième mandat se dessine, après la mort brusque de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, terrassé à 61 ans par une crise cardiaque le 8 juillet.

Alassane Ouattara avait annoncé en mars ne pas se représenter pour laisser la place à la « nouvelle génération », critiquant de manière allusive la volonté de Henri Konan Bédié de se représenter. Mais le décès de son dauphin a bouleversé ses plans, et il va sans doute forcer le président à reprendre le flambeau du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir), faute d’autre candidat consensuel, selon les analystes.

Le troisième grand parti national, le Front populaire ivoirien (FPI, d’opposition) n’a pas encore fait connaître sa position pour la présidentielle. Son fondateur l’ex-président Laurent Gbagbo, 75 ans (au pouvoir de 2000 à 2010) est en liberté conditionnelle depuis son acquittement par la Cour pénale internationale, et la possibilité de son retour en Côte d’Ivoire n’est pas tranchée.

Enfin, l’ex-chef rebelle et ancien Premier ministre Guillaume Soro, 47 ans, ancien allié de Ouattara, s’est déclaré candidat, mais il vit en exil en France après sa condamnation par la justice ivoirienne à 20 ans de prison pour « tentative d’insurrection ».

Par Jeune Afrique avec AFP

 

Le PDCI rejette la candidature de Kouadio Konan Bertin à la présidentielle ivoirienne

juillet 3, 2020

Kouadio Konan Bertin est un cadre du PDCI.

Kouadio Konan Bertin est un cadre du PDCI. © Issous Sanogo/AFP

 

Le comité des candidatures du PDCI a annoncé le rejet de celle de Kouadio Konan Bertin pour la prochaine élection présidentielle. Celle d’Henri Konan Bédié a, en revanche, été validée.

Il n’y aura même pas match. Jeudi 2 juillet, quelques jours après avoir validé celle d’Henri Konan Bédié, le comité des candidatures du Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) a annoncé qu’il rejetait la candidature de Kouadio Konan Bertin à l’investiture du parti pour l’élection présidentielle d’octobre.

Dans leur communiqué, les membres du comité ont notamment estimé que l’ex-député de Port-Bouët avait versé à son dossier de candidature des informations inexactes et qu’il avait refusé de s’engager sur l’honneur à ne pas se présenter à la présidentielle et à ne pas démissionner du PDCI s’il n’était pas investi par le parti.

Nouveau défi à l’égard de Bédié

Kouadio Konan Bertin, dit KKB, avait déposé sa candidature à la fin de juin. Un nouveau geste de défi à l’égard d’Henri Konan Bédié, cinq ans après une première rupture avant la présidentielle de 2015. À l’époque, il s’était opposé à la décision du Sphinx de Daoukro de soutenir Alassane Ouattara et s’était présenté en indépendant à la magistrature suprême. Crédité de 3,9 % des voix, il avait ensuite fait amende honorable auprès de son mentor pour revenir dans les rangs du PDCI.

Dans une interview accordée à JA après le dépôt de son dossier, KKB, 51 ans, avait estimé « que le temps des candidatures uniques [était] révolu ». « Ma candidature a le mérite de nourrir le débat démocratique interne au PDCI-RDA, qui, pour moi, doit mériter le nom qu’il porte en donnant l’exemple », avait-il ajouté. Le rejet de son dossier n’aidera pas Henri Konan Bédié, de nouveau candidat à 86 ans, à faire taire les critiques de ses adversaires sur son hégémonie au sein du parti. 

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Côte d’Ivoire: Le FPI de Gbagbo et le PDCI de Bédié confirment leur rapprochement

juin 4, 2020

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié.

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié. © © ICC-CPI – Vincent Fournier/JA

 

Les partis de Laurent Gbagbo et de Henri Konan Bédié appellent leurs militants respectifs à collaborer en vue de la présidentielle d’octobre 2020.

C’est un nouveau pas dans leur rapprochement. Après avoir signé, le 30 avril, un « accord-cadre de collaboration » portant sur un projet commun de réconciliation nationale, le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) de Henri Konan Bédié ont lancé, mercredi 3 juin, un appel solennel à leur militants pour qu’ils préparent ensemble la prochaine élection présidentielle.

À l’issue d’une réunion du Comité national paritaire de collaboration (CNPC) mis en place par les deux partis, à laquelle ont participé Assoa Adou, le secrétaire général du FPI, et Maurice Kakou Guikahué, le secrétaire exécutif du PDCI-RDA, les deux principaux partis d’opposition ivoiriens ont appelé leurs militants « à travailler de concert sur toute l’étendue du territoire pour la réconciliation et le retour de la paix » afin de « traduire en actions communes » les engagements pris dans l’accord-cadre de collaboration du 30 avril.

Pour la première fois, les dirigeants du FPI et du PDCI-RDA demandent surtout à leurs adhérents de collaborer pour préparer la prochaine présidentielle, dont le premier tour est programmé le 31 octobre. Dans leur déclaration, ils demandent notamment à tous les responsables de base de leurs partis de « mettre l’accent dès maintenant » sur la nécessité pour leurs militants d’acquérir leurs cartes nationales d’identité et de s’inscrire massivement sur les listes électorales.

Rapprochement progressif

Après des années de rivalité, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié se sont revus pour la première fois à Bruxelles en juillet 2019. Depuis, les deux ex-présidents et leurs partis respectifs se sont progressivement rapprochés, avec pour objectif de faire front face au Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) de leur ennemi commun, le président sortant Alassane Ouattara.

En attendant la formation d’une éventuelle alliance électorale face au pouvoir, notamment en cas de second tour, le FPI et le PDCI ont annoncé leur intention de présenter leurs propres candidats à la magistrature suprême.

Dans les rangs du FPI, ce choix dépendra largement du sort de Laurent Gbagbo, qui a récemment vu son régime de liberté conditionnelle allégé par la Cour pénale internationale (CPI) et qui ambitionne de rentrer en Côte d’Ivoire dès que possible. Dans ceux du PDCI-RDA, tout laisse penser que Henri Konan Bédié, 86 ans, sera investi candidat lors de la prochaine convention du parti, prévue le 12 juin à Abidjan.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger