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Le PDCI rejette la candidature de Kouadio Konan Bertin à la présidentielle ivoirienne

juillet 3, 2020

Kouadio Konan Bertin est un cadre du PDCI.

Kouadio Konan Bertin est un cadre du PDCI. © Issous Sanogo/AFP

 

Le comité des candidatures du PDCI a annoncé le rejet de celle de Kouadio Konan Bertin pour la prochaine élection présidentielle. Celle d’Henri Konan Bédié a, en revanche, été validée.

Il n’y aura même pas match. Jeudi 2 juillet, quelques jours après avoir validé celle d’Henri Konan Bédié, le comité des candidatures du Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) a annoncé qu’il rejetait la candidature de Kouadio Konan Bertin à l’investiture du parti pour l’élection présidentielle d’octobre.

Dans leur communiqué, les membres du comité ont notamment estimé que l’ex-député de Port-Bouët avait versé à son dossier de candidature des informations inexactes et qu’il avait refusé de s’engager sur l’honneur à ne pas se présenter à la présidentielle et à ne pas démissionner du PDCI s’il n’était pas investi par le parti.

Nouveau défi à l’égard de Bédié

Kouadio Konan Bertin, dit KKB, avait déposé sa candidature à la fin de juin. Un nouveau geste de défi à l’égard d’Henri Konan Bédié, cinq ans après une première rupture avant la présidentielle de 2015. À l’époque, il s’était opposé à la décision du Sphinx de Daoukro de soutenir Alassane Ouattara et s’était présenté en indépendant à la magistrature suprême. Crédité de 3,9 % des voix, il avait ensuite fait amende honorable auprès de son mentor pour revenir dans les rangs du PDCI.

Dans une interview accordée à JA après le dépôt de son dossier, KKB, 51 ans, avait estimé « que le temps des candidatures uniques [était] révolu ». « Ma candidature a le mérite de nourrir le débat démocratique interne au PDCI-RDA, qui, pour moi, doit mériter le nom qu’il porte en donnant l’exemple », avait-il ajouté. Le rejet de son dossier n’aidera pas Henri Konan Bédié, de nouveau candidat à 86 ans, à faire taire les critiques de ses adversaires sur son hégémonie au sein du parti. 

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Côte d’Ivoire: Le FPI de Gbagbo et le PDCI de Bédié confirment leur rapprochement

juin 4, 2020

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié.

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié. © © ICC-CPI – Vincent Fournier/JA

 

Les partis de Laurent Gbagbo et de Henri Konan Bédié appellent leurs militants respectifs à collaborer en vue de la présidentielle d’octobre 2020.

C’est un nouveau pas dans leur rapprochement. Après avoir signé, le 30 avril, un « accord-cadre de collaboration » portant sur un projet commun de réconciliation nationale, le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) de Henri Konan Bédié ont lancé, mercredi 3 juin, un appel solennel à leur militants pour qu’ils préparent ensemble la prochaine élection présidentielle.

À l’issue d’une réunion du Comité national paritaire de collaboration (CNPC) mis en place par les deux partis, à laquelle ont participé Assoa Adou, le secrétaire général du FPI, et Maurice Kakou Guikahué, le secrétaire exécutif du PDCI-RDA, les deux principaux partis d’opposition ivoiriens ont appelé leurs militants « à travailler de concert sur toute l’étendue du territoire pour la réconciliation et le retour de la paix » afin de « traduire en actions communes » les engagements pris dans l’accord-cadre de collaboration du 30 avril.

Pour la première fois, les dirigeants du FPI et du PDCI-RDA demandent surtout à leurs adhérents de collaborer pour préparer la prochaine présidentielle, dont le premier tour est programmé le 31 octobre. Dans leur déclaration, ils demandent notamment à tous les responsables de base de leurs partis de « mettre l’accent dès maintenant » sur la nécessité pour leurs militants d’acquérir leurs cartes nationales d’identité et de s’inscrire massivement sur les listes électorales.

Rapprochement progressif

Après des années de rivalité, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié se sont revus pour la première fois à Bruxelles en juillet 2019. Depuis, les deux ex-présidents et leurs partis respectifs se sont progressivement rapprochés, avec pour objectif de faire front face au Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) de leur ennemi commun, le président sortant Alassane Ouattara.

En attendant la formation d’une éventuelle alliance électorale face au pouvoir, notamment en cas de second tour, le FPI et le PDCI ont annoncé leur intention de présenter leurs propres candidats à la magistrature suprême.

Dans les rangs du FPI, ce choix dépendra largement du sort de Laurent Gbagbo, qui a récemment vu son régime de liberté conditionnelle allégé par la Cour pénale internationale (CPI) et qui ambitionne de rentrer en Côte d’Ivoire dès que possible. Dans ceux du PDCI-RDA, tout laisse penser que Henri Konan Bédié, 86 ans, sera investi candidat lors de la prochaine convention du parti, prévue le 12 juin à Abidjan.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger 

 

 

Côte d’Ivoire : un accord politique entre le PDCI d’Henri Konan Bédié et le FPI de Laurent Gbagbo

mai 1, 2020

Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo (photos d'archives).

Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo (photos d’archives). © Photomontage: Vincent Fournier/Jeune Afrique / Peter Dejong/AP/SIPA

 

Les deux principaux partis d’opposition ivoiriens, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien chef d’État Henri Konan Bédié et le Front populaire ivoirien (FPI) de l’ex-président Laurent Gbagbo ont signé jeudi à Abidjan un accord politique a six mois de la présidentielle.

Les deux grands partis ont pris « l’engagement commun à oeuvrer de concert pour le retour de la paix, de la réconciliation (…) et rendre transparent le processus électoral », souligne un communiqué lu devant la presse.

Le PDCI et le FPI ont assuré fin décembre 2019 qu’ils présenteront tous deux des candidats à la présidentielle d’octobre 2020. L’éventuel retour de Laurent Gbagbo, en liberté conditionnelle en Belgique dans l’attente de la décision de la Cour pénale internationale (CPI) sur un éventuel procès en appel est une des grandes inconnues de la politique ivoirienne.

Futurs candidats à la présidentielle ?

Acquitté en première instance par la CPI, Laurent Gbagbo doit attendre que la Cour statue sur l’appel du parquet qui a contesté l’acquittement. Depuis 2011, le FPI s’est scindé en deux factions : d’un côté les « Gbagbo ou rien (GOR) » , qui ont boycotté les scrutins en l’absence de Laurent Gbagbo, de l’autre des « rénovateurs » représentés par l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan, qui participent à la vie politique.

Emmanuel Altit, l’avocat de l’ex-président Gbagbo, 74 ans, a demandé une libération sans condition de son client, émettant « l’hypothèse » qu’il puisse « poser sa propre candidature ». Agé de 85 ans, l’ancien président Henri Konan Bédié (1993-1999) entretient lui aussi le doute sur sa candidature.

Vers un scrutin tendu

L’ancien chef rebelle Guillaume Soro, ex-allié du président Alassane Ouattara, s’est déja déclaré candidat mais vit en exil en France et fait face à plusieurs procédures judiciaires. Il a notamment été condamné à 20 ans de prison mardi pour recel de détournement de deniers publics.

Du côté du pouvoir, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, très proche du président Alassane Ouattara, a été désigné mi-mars candidat du parti de Ouattara à la présidentielle.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait quelque 3 000 morts, la présidentielle d’octobre 2020 s’annonce tendue en Côte d’Ivoire. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes. La date butoir pour le dépôt des candidatures à la présidentielle a été fixée à juillet 2020.

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : le PDCI et le FPI présenteront des candidats à la présidentielle

décembre 13, 2019

Plusieurs milliers de personnes étaient présentes au meeting commun FPI-PDCI, samedi 14 septembre 2019 à Abidjan.

Plusieurs milliers de personnes étaient présentes au meeting commun FPI-PDCI, samedi 14 septembre 2019 à Abidjan. © Anna Sylvestre-Treiner pour Jeune Afrique

 

Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien président Henri Konan Bédié et le Front populaire ivoirien (FPI) de l’ancien président Laurent Gbagbo présenteront des candidats à la présidentielle d’octobre 2020, ont-ils assuré lors d’une conférence de presse commune jeudi.

« Oui, le FPI aura un candidat en 2020. Les élections auront lieu et [Alassane] Ouattara quittera le pouvoir. Nous nous mobilisons pour ça », a déclaré Assoa Adou, secrétaire général du FPI, sans toutefois évoquer directement la situation de Laurent Gbagbo. L’ancien président est en liberté conditionnelle en Belgique dans l’attente de la décision de la Cour pénale internationale (CPI) sur un éventuel procès en appel.

Le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire est une des grandes inconnues de la politique ivoirienne. Acquitté en première instance par la CPI, il doit attendre que la Cour statue sur l’appel du parquet qui a contesté l’acquittement.

Depuis 2011, le FPI s’est scindé en deux factions : d’un côté les « historiques » comme Assoa Adou, qui ont boycotté les scrutins en l’absence de Laurent Gbagbo, de l’autre des « rénovateurs » représentés par l’ancien Premier ministre Pascal Affi Nguessan, qui participent à la vie politique.

Réforme de la CEI

De son côté, le secrétaire exécutif du PDCI, Maurice Kakou Guikahué, a confirmé que son parti ne boycotterait pas le scrutin même si l’opposition n’obtient pas la réforme qu’elle désire de la Commission électorale indépendante (CEI). « On va participer aux élections. Nous luttons pour que la CEI change – et ça va changer – mais si d’aventure ça ne changeait pas, nous allons partir aux élections » a-t-il précisé.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3 000 morts, la présidentielle d’octobre 2020 s’annonce tendue en Côte d’Ivoire. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes. Le président Ouattara, 77 ans, entretient depuis plusieurs mois le mystère sur une éventuelle candidature, réservant sa décision pour 2020.

Il a récemment affirmé qu’il serait candidat si ses rivaux historiques Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié se présentaient. Bien que terminant son deuxième mandat, le président Ouattara estime avoir le droit de se représenter, en raison d’un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l’opposition. La date butoir pour le dépôt des candidatures à la présidentielle a été fixée à juillet 2020.

Âgé de 85 ans, l’ancien président Henri Konan Bédié entretient lui aussi le doute sur sa candidature. De son côté, Emmanuel Altit, l’avocat de l’ex-président Gbagbo, 74 ans, a demandé une libération sans condition de son client, émettant « l’hypothèse » qu’il puisse « poser sa propre candidature ».

Par Jeuneafrique.com

Côte d’Ivoire : Liste des dignitaires pro-Gbagbo et PDCI morts de crise cardiaque brutale ou d’AVC, sous le régime Ouattara

novembre 4, 2018

Ces personnalités, dignitaires pro-Gbagbo ou dignitaires du PDCI RDA, sont mortes brutalement ou lentement, mais toutes des mêmes symptômes, depuis la chute du Président Laurent Gbagbo et l’arrivée du Président Alassane Ouattara au pouvoir le 11 avril 2011. Elles sont décédées de crise cardiaque et dans des conditions étranges.
D’autres continuent se souffrir suite à un empoisonnement. Nous leur souhaitons prompt rétablissement.

Ci-dessous leur liste (non exhaustive)

1. Ben Soumahoro mort le lundi 11 avril 2016 en exil des suites d’une crise cardiaque.

2. Le président du FPI, Miaka Ouréto, mort le 24 octobre 2015 des suites d’une crise cardiaque.

3. Marcel Gossio, ex-DG du PAA et vice-président du FPI tendance Affi, mort brutalement le dimanche 21 octobre 2018 des suites d’un arrêt cardiaque.

4. Gnan Raymond, ex-maire FPI de Facobly et ex-PCA de la SODETOURLAC, décédé en exil le 6 décembre 2011 à Lomé des suites d’un arrêt cardiaque.

5. Le Général Kassaraté Tiapé Édouard mort le vendredi 13 juillet 2018 des suites d’une insuffisance cardiaque.

6. L’ex-Maire FPI de Cocody, Gomon Diagou, mort le 17 février 2012 suite à un arrêt cardiaque au Ghana.

7. Koua Gnepa Éric, prisonnier politique pro-Gbagbo, décédé le 4 novembre 2015 à la MACA des suites d’un trouble cardiaque et neurologique.

8. Djékouri Aimé dit la Biz, prisonnier politique pro-Gbagbo mort à la MACA le 17 juin 2016 des suites d’une crise cardiaque et d’une hypertension.

9. Kouatchi Assie Jean prisonnier politique pro-Gbagbo, mort enchaîné sur son lit d’hôpital dans la nuit du 19 au 20 mai 2017, suite à un problème cardiaque.

10. L’ex-Ministre de l’Economie et des Finances de Laurent Gbagbo, Bohoun Bouabré, mort dans la nuit du 10 au 11 janvier 2012 suite à une insuffisance rénale en Israël, consécutive à un empoisonnement.

11. Le Ministre PDCI, Dagobert Banzio, 26 août 2017 des suites d’un cancer de la gorge, suite à un empoisonnement.

12. Le Ministre Abouo N’dori Raymond, vice-président du FPI tendance Affi, mort dans le samedi 8 septembre 2018 des suites d’un AVC.

13. Le journaliste Paul Dokui décédé en exil le 6 juin 2018 des suites d’un AVC.

14. Atsé Jean Claude, président du comité national de sauvegarde du PDCI RDA, mort d’un AVC le 28 septembre 2013 à Accra

LES PERSONNALITÉS VIVANTES MAIS SOUFFRANT DE TROUBLES DUS A UN EMPOISONNEMENT

15. Samba David, toujours vivant, prisonnier politique pro-Gbagbo, libéré le 25 juillet 2018 souffre d’une dyspnée cardiaque,
16. ZADI KESSI, cadre du PDCI et ex-PCA de la SODECI, se meurt actuellement suite à un empoisonnement. Il a perdu l’usage des jambes suite à un empoisonnement.
17. Le Général Ouassenan Koné, vice-président du PDCI-RDA, empoisonné récemment et toujours souffrant.

Ivoiresoir.net avec Ivoirebusiness Source : Rezopanacom

Côte d’Ivoire: « Rien ne s’oppose » à une alliance PDCI-FPI, selon Bédié

août 11, 2018

Henri Konan Bédié, , ancien président de la République, président du PDCI. © Sylvain Cherkaoui pour J.A

« Rien ne s’oppose » à une alliance entre le Parti démocratique de Côte d’Ivoire et le Front Populaire Ivoirien, a déclaré vendredi le chef du PDCI Henri Konan Bédié au sortir d’un entretien avec le chef du FPI « légal » Pascal Affi Nguessan.

Pascal Affi Nguessan, président d’une des deux factions rivales du FPI, a quant à lui déclaré sa « disponibilité à envisager toutes les possibilités d’alliance, dans le cadre des élections locales » d’octobre.

Les deux leaders politiques se sont entretenus au domicile d’Henri Konan Bédié à Abidjan, et ont fait ces déclarations devant les médias au lendemain de la rupture du PDCI avec son allié, le Rassemblement des Républicains (RDR) du président Alassane Ouattara.

« Fonder un nouvel avenir »

Cette rupture marque la fin de la coalition au pouvoir RDR-PDCI qui a gouverné la Côte d’Ivoire depuis 2010, et entraîne une recomposition du jeu politique, également nourrie par l’amnistie et la libération mercredi de Simone Gbagbo et des principaux cadres de l’autre faction du FPI, pro-Laurent Gbagbo.

« Rien ne s’oppose à ce que dans une plateforme comportant toutes les forces vives de la Nation, dont les partis politiques, le PDCI et le FPI se retrouvent ensemble », a déclaré l’ancien président Bédié (1993-1999).

« Il était important que nous venions rencontrer le doyen de la politique ivoirienne (…) pour réaffirmer notre disponibilité à prendre toute notre part dans la constitution de cette nouvelle plateforme et marquer notre disponibilité à envisager toutes les possibilités d’alliance, dans le cadre des élections locales », « pour fonder un nouvel avenir », a déclaré Pascal Affi Nguessan, ancien premier ministre de Laurent Gbagbo au début des années 2000.

Jeudi, après l’annonce de la rupture de la coalition, un porte-parole du FPI pro-Gbagbo, César Etou, avait déclaré à l’AFP que son parti n’était « pas fermé à un rapprochement avec le PDCI ».

Les prochaines élections, municipales et régionales couplées, sont prévues le 13 octobre. Et l’élection présidentielle, qui focalise déjà toute la classe politique ivoirienne, en 2020.

Jeuneafrique.com avec AFP

Côte d’Ivoire: Henri Konan Bédié rompt avec la coalition présidentielle

août 10, 2018

 

Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, le mercredi 8 août 2018. © DR / Présidence ivoirienne

 

Au lendemain de sa rencontre avec Alassane Ouattara, le président du PDCI annonce sa sortie du projet de parti unifié et met fin à son union avec le parti au pouvoir.

L’heure de la rupture est arrivée entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Malgré leurs profonds différends, les tensions et les ressentiments, ces derniers mois, les deux hommes avaient eu à cœur de maintenir les apparences de leur union. C’en est désormais terminé. Au lendemain de leur rencontre glaciale et expéditive d’une petite quinzaine de minutes, mercredi 8 août, à la résidence du chef de l’État, à la Riviera, un quartier d’Abidjan, le chef du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), a acté leur divorce dans un communiqué.

« Précipitation »

Dans ce texte ferme et virulent, Henri Konan Bédié dénonce la constitution du parti unifié lors d’une Assemblée générale qui s’est tenue le 16 juillet, auquel il avait refusé de s’associer. Il regrette la forme, estimant que c’était théoriquement à lui, en tant que Président de la conférence des Présidents du Rassemblement des Houphouëtises pour la démocratie et la paix (RHDP), de convoquer ce rendez-vous, mais aussi le moment choisi, dénonçant une « précipitation ».

Henri Konan Bédié annonce ainsi « se retirer du processus de mise en place d’un parti unifié », et « prendre acte » du départ de ses alliés de leur groupement politique commun. Il dit aussi « se réserver le droit de promouvoir » une nouvelle plate-forme. Selon nos informations, l’ancien parti unique travaille en effet activement à la mise sur pied d’une alliance avec d’autres partis politiques, ainsi qu’avec des mouvements de la société civile.

« L’alternance », soit un soutien à son candidat en 2020, est désormais non négociable

Ce projet de parti unifié n’a cessé de renforcer les tensions car, avec lui, ce sont les divergences autour de la prochaine présidentielle ivoirienne qui se sont trouvées exacerbées. Avant toute nouvelle union, Henri Konan Bédié exigeait des gages de la part de son allié. « L’alternance », soit un soutien à son candidat en 2020, est désormais non négociable.

Lui qui estime avoir été « spolié » de plusieurs centaines de milliers de voix en 2010, n’a pas oublié qu’il s’est alors résigné à soutenir Alassane Ouattara. Il ne cesse également de rappeler le sacrifice fait lorsqu’à Daoukro, en 2014, il appelé son parti à se ranger dès le premier tour derrière ADO, renonçant ainsi à présenter un candidat. Et exige aujourd’hui que son allié soit prêt aux mêmes gestes. En vain.

Recomposition

Le président ivoirien a répété à plusieurs reprises qu’il voulait « que tous ceux qui le souhaitent soient candidats », et que soit choisi « le meilleur d’entre nous ». Des positions en apparence irréconciliables, qui ont créé de fortes secousses au sein même du PDCI. Certains cadres de l’ancien parti unique ne cachent pas leur adhésion au projet de parti unique d’Alassane Ouattara.

Pour le Sphinx, c’en est ainsi fini de l’alliance créée en 2005, à Paris, face à Laurent Gbagbo. Ouattara et Bédié, les deux alliés qui depuis 2011, ont conquis et exercé le pouvoir, sont désormais rivaux. Ces deux hommes à l’histoire commune tumultueuse ont vu leur relation se dégrader cette dernière année. Et ces dernières semaines, ils ne se parlaient presque plus.

C’est donc face à face que le PDCI et le RHDP feront campagne dans les prochaines semaines en vue des élections municipales et régionales qui doivent se tenir le 13 octobre prochain. Un scrutin qui sera observé avec un intérêt particulier. Après la libération de Simone Gbagbo, mercredi, le paysage politique ivoirien est en pleine recomposition.

Jeuneafrique.com par

Côte d’Ivoire: vers la scission du PDCI ?

juillet 5, 2018
 

Henri Konan Bédié, , ancien président de la République, président du PDCI. © Sylvain Cherkaoui pour J.A

Après la dissolution du gouvernement par Alassane Ouattara, le sort réservé aux anciens ministres issus du PDCI est au centre des attentions. Au sein du parti d’Houphouët-Boigny, plus que jamais écartelé entre partisans et opposants au parti unifié, les tensions redoublent.

Après des mois d’atermoiements et d’intrigues, le temps s’accélère au sein de la majorité présidentielle. Alors qu’Alassane Ouattara a chargé Amadou Gon Coulibaly, reconduit à ses fonctions de Premier ministre, de former un nouveau gouvernement, le 4 juillet, ce remaniement pourrait sonner l’heure de la rupture entre pro et anti-Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).

Selon les sources de Jeune Afrique, la plupart des ministres sortants issus du PDCI vont se voir offrir un maroquin dans le prochain gouvernement. Nombre d’entre eux ont en effet pris soin de souligner leurs divergences avec la direction du PDCI qui, lors d’un bureau politique mouvementé, le 17 juin dernier, a repoussé à la fin de l’élection présidentielle de 2020 son adhésion au projet de parti unifié.

Création d’un nouveau courant

Mardi 3 juillet, devant de nombreux membres du gouvernement issus du PDCI, Kobenan Adjoumani a annoncé la création d’un nouveau mouvement appelé « Sur les traces d’Houphouët-Boigny », qui devrait être créé officiellement fin juillet à Yamoussoukro, la ville natale du premier président ivoirien. Seuls deux membres de l’exécutif étaient absents : Thierry Tanoh et Jean-Claude Kouassi, les hommes les plus réfractaires à la création rapide d’un parti unifié et dont la place dans le prochain gouvernement semble ainsi la plus menacée.

Alors qu’Alassane Ouattara avait donné l’instruction à chacun de ses ministres de se positionner clairement ces dernières semaines, ces derniers s’y étaient refusés. Le président ivoirien conditionnait pourtant cette adhésion à l’appartenance à l’exécutif. Selon plusieurs sources, le président de l’UDPCI, Albert Toikeusse Mabri, devrait d’ailleurs faire son retour dans le gouvernement, tout comme des membres du Parti ivoirien des travailleurs (PIT). Par ailleurs, Sidiki Konaté, un des proches de Guillaume Soro, devrait également se voir offrir un poste.

À la veille de la constitution de ce nouveau courant, les ministres du PDCI s’étaient rendus à Daoukro, dans le fief d’Henri Konan Bédié. Ils avaient alors tenté de convaincre le chef de leur parti de revenir sur les décisions du bureau politique, ce que le Sphinx a catégoriquement refusé. Le lendemain, il leur a en revanche demandé de renoncer à la constitution de leur mouvement… sans toutefois être écouté.

Amédé Koffi Kouakou affirme ses dissensions

C’est bien un dialogue de sourds qui prévaut au sein du parti d’Houphouët-Boigny. Dans un enregistrement téléphonique pirate, dont le principal intéressé, joint par Jeune Afrique, a reconnu l’authenticité, le ministre Amédé Koffi Kouakou affirme clairement ses dissensions avec la direction du PDCI. « On n’est pas contre Bédié mais on veut aller au parti unifié… Nous, on est pour la paix dans ce pays… Les palabres inutiles, nous, on n’est pas dedans [sic] », peut-on ainsi l’entendre dire à Innocent Yao, le président de la jeunesse rurale du PDCI, à qui il semble faire la leçon.

« Au bureau politique, là, 70 % étaient pour le RHDP. Ceux qui étaient pour le parti unifié, ils étaient plus nombreux que ceux qui étaient contre. Mais voilà, on dit que ce sont ceux qui huent qui ont pris le dessus. Comme le président lui-même a dit : « Il y a des pro et des anti ». On va se peser pour voir qui est plus lourd que son camarade. […] Nous, on est convaincus de notre majorité… »

Conseil de discipline

En privé, les « pro-RHDP » ne cachent pas leur défiance contre Henri Konan Bédié. « Cela suffit ! Les gens ne peuvent plus être des moutons. Là où Bédié nous envoie, ce n’est pas digne, il faut qu’on ait le courage de lui dire », affirme un cadre, pourfendant la prise de décision « unilatérale » du Sphinx de Daoukro.

S’ils continuent à assurer publiquement qu’il n’y a pas de rupture au sein du PDCI, le conseil de discipline du parti pourrait se charger d’acter ces dissensions. Ce jeudi 5 juillet, celui-ci doit se réunir et étudier la suspension des partisans du nouveau mouvement, « Sur les traces d’Houphouët-Boigny ».

Des hommes qui, selon les proches de Henri Konan Bédié, cherchent seulement « le beurre et l’argent du beurre ». « Ils veulent garder leurs maroquins dorés, et c’est tout ce qui les intéresse », pourfend un anti-RHDP. Les tenants de cette ligne exigent « l’alternance » avant la mise en place du parti unifié.

Alors que le PDCI s’est rangé derrière Alassane Ouattara en 2015, ils réclament que le RDR fasse de même pour un candidat de leur formation en 2020. Un point sur lequel les deux poids lourds de la majorité semblent incapables de s’entendre. Reste à savoir combien de temps leur alliance peut encore perdurer.

Jeuneafrique.com par et

Présidentielle en Côte d’Ivoire: le parti du président veut une primaire au sein d’un grand parti unifié

mai 6, 2018

 

Alassane Ouattara, lors de son allocution télévisée du 7 mars 2018. © DR / Présidence Côte d’Ivoire.

Le RDR, parti du président ivoirien Alassane Ouattara, a voté samedi lors d’un Congrès extraordinaire pour la formation d’un grand « parti unifié » avec ses alliés au pouvoir, mais veut une primaire avant la présidentielle de 2020.

« Tout le monde a voté en masse pour le parti unifié », a annoncé Henriette Diabaté, la présidente du Rassemblement des Républicains, après l’acceptation du projet par acclamation.

Les cadres du RDR vont déposer des statuts auprès des autorités et fixer la date d’un congrès constitutif « dans les meilleurs délais », a indiqué Alassane Dramane Ouattara, dit ADO.

M. Ouattara, président d’honneur du RDR, a déclaré que le « parti unifié (était) une chance pour la Côte d’Ivoire ». « L’égoïsme ne mène nulle part », a-t-il ajouté, estimant que la nouvelle formation serait un facteur « de stabilité politique et développement économique ».

Sans jamais prononcer le mot de primaire, ADO, qui effectue son deuxième mandat, a toutefois précisé en vue de la présidentielle de 2020 que le nouveau parti devra « poser la base du choix de notre prochain candidat (…) ce sera un choix démocratique. Tout le monde pourra être candidat. Le meilleur d’entre nous sera désigné ».

La transformation en un parti unifié de la coalition au pouvoir Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP) est un serpent de mer de la politique ivoirienne depuis une dizaine d’années.

Voulu par le président Ouattara, elle se heurtait à des réticences au sein de son propre parti mais surtout de ses alliés et notamment du principal d’entre eux le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de l’ancien président Henri Konan Bédié, qui a permis son élection en 2010 et 2015.

Achoppement autour de la désignation du candidat à la présidentielle de 2020

Un des points d’achoppement est justement l’investiture du candidat à la présidentielle de 2020 : une partie des membres du PDCI estiment que cette investiture revient de droit à leur formation, puisqu’ils ont soutenu celle du RDR à deux reprises.

Patrick Achi, secrétaire général de la présidence mais aussi membre du PDCI invité du Congrès, a affirmé samedi que le « PDCI fera sa part de chemin », mais de nombreux cadres de sa formation ont déjà fait savoir qu’ils étaient hostiles au projet tant que le RDR ne promettait pas de soutenir un candidat PDCI à la présidentielle.

Pendant ce congrès qui a rassemblé entre 20 et 30.000 personnes selon les organisateurs, le président de l’Assemblée Guillaume Soro côtoyait le ministre de la Défense Hamed Bakayoko. Les deux hommes souvent présentés comme des frères ennemis et à qui l’on prête des ambitions présidentielles n’ont pas cessé de plaisanter et de discuter sur l’estrade, affichant ainsi une complicité au moins de façade qui a fait la joie des photographes et des vidéastes.

Ancien chef de la rébellion, M. Soro, qui était en froid avec le parti et n’avait pas été invité à son congrès en septembre, a été acclamé par la foule quand son nom a été prononcé évoqué par la secrétaire générale du mouvement Kandia Camara.

Jeuneafrique.com par AFP

Côte d’Ivoire: petites piques assassines et attaques frontales massives entre PDCI et RDR

mars 12, 2018

Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié lors d’un meeting du RHDP en septembre 2015. © REUTERS/ Thierry Gouegnon

 

Le ton est monté d’un cran, ce week-end, entre alliés du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, mouvance présidentielle), à l’approche des premières élections sénatoriales de la Côte d’Ivoire post-indépendance.

Les hostilités ont été ouvertes, samedi à Yamoussoukro par Jean-Louis Billon, porte-parole du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, membre de la mouvance présidentielle), lors d’une cérémonie destinée à rendre hommage au président du parti, Henri Konan Bédié. L’ancien ministre du Commerce, proche de Bédié a martelé, au grand bonheur de milliers de partisans de son parti, que « Sans le PDCI, le RHDP n’est rien. Sans le PDCI, il n’y a pas de RHDP ».

Attaques et contre-attaques

Autre proche collaborateur de Bédié, autre pique assassine, lors de la même cérémonie. Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif du PDCI, numéro deux du parti, faisant allusion au Rassemblement des républicains (RDR, parti d’Alassane Ouattara) accuse : « Aujourd’hui on peut avoir des doutes, les gens peuvent nous enlever les PCA [présidence de Conseil d’administration, NDLR], ils peuvent nous enlever les directeurs généraux, ils peuvent nous enlever tout. Suivons notre route, en avant pour 2020 pour cent présidents de conseils d’administration, mille ministres, quatre-vingt-dix directeurs généraux ! »

Jean-Louis Billon est un petit politicien, un politicien de salon

La réponse du berger à la bergère ne s’est pas fait attendre. Réunis à Abidjan, le lendemain, à l’occasion d’une cérémonie dédiée aux femmes, des responsables du RDR sont montés au créneau, privilégiant les attaques personnelles. « Jean-Louis Billon est un petit politicien, un politicien de salon. Il peut continuer à aller jouer au bowling à l’hôtel », a lancé l’ancien ministre Adama Bictogo, vice-président du parti. Ajoutant, concernant le numéro deux du PDCI, qu’il était « un homme du passé, un irresponsable qui ne mérite pas de diriger ».

Kandia Camara, secrétaire générale du RDR, enfonçant le clou, a fait savoir que le porte-parole du PDCI, déchu de son poste de président du conseil régional du Hambol (nord) est « un aigri », qui « fait de la politique alimentaire ».

Deux idéologies qui s’opposent

Pour le politologue Sylvain N’Guessan, cette passe d’armes verbales entre alliés, est l’un des signes visibles de « la bataille en vue du contrôle, de la gestion de l’exécutif en 2020. En toile de fonds, deux idéologies qui s’opposent. Au PDCI, une certaine tendance souverainiste estime qu’il faut « préserver certains impératifs stratégiques ». En face, au RDR, une idéologie de type mercantiliste voudrait que tout ce qui compte revienne uniquement au RDR. Impossible donc pour ces deux idéologies de parler d’alternance, en 2020 ».

Pour lui, les deux partis sont allés si loin dans la violence verbale que d’un côté, « le RDR tentera d’imposer le parti unifié [projet politique majeur de Ouattara, NDLR] et devrait avoir avec lui une frange des cadres du PDCI » et de l’autre « Le PDCI [qui] perdra des cadres, mais sans imploser ». En attendant, les deux principaux partis du RHDP se sont entendus pour présenter des listes communes, avec l’Union pour la démocratie et la paix (UDPCI de l’ancien ministre Albert Toikeusse Mabri) aux futures sénatoriales, pour le compte de la mouvance présidentielle.

Une bataille du chaud et du froid à laquelle les deux partis politiques se livrent depuis plusieurs mois, au gré des relations tantôt tendues, tantôt apaisées, entre Bédié et Ouattara et qui commence à ne plus surprendre les Ivoiriens.

Jeuneafrique.com par André Silver Konan