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France/ Pédophilie: 349 victimes potentielles dans l’affaire du «chirurgien de Jonzac»

décembre 20, 2019

197 personnes ont déposé plainte, a annoncé la procureure de la République de Lorient Laureline Peyrefitte.

349 victimes potentielles. Ce vendredi, lors d’une conférence de presse, la procureure de la République de Lorient Laureline Peyrefitte a annoncé que Joël Le Scouarnec, surnommé le «chirurgien de Jonzac», pourrait avoir agressé sexuellement non pas 250 personnes, comme l’avait déclaré en novembre le procureur de La Rochelle Laurent Zuchowicz, alors en charge de l’affaire, mais 349, pour la plupart mineures.

La magistrate a évoqué une «procédure hors norme», précisant que 229 personnes avaient été entendues, et que 197 victimes potentielles avaient d’ores et déjà déposé plainte. Certains cas pourraient cependant être prescrits.

Une réunion avec les victimes potentielles ce matin

Avant la conférence de presse du parquet, une «réunion informative sur le déroulement de la procédure» s’est tenue ce vendredi matin dans une grande salle de spectacle à Plœmeur (Morbihan). «Environ 110 personnes» étaient présentes à cette réunion. «J’ai voulu prendre le temps de l’écoute» de ces personnes concernées, qui «ont des attentes et des craintes légitimes», a souligné Laureline Peyreffite.

«Les services de l’État organisent un événement sensible dans l’enceinte du centre Océanis le vendredi 20 décembre 2019. Pour cette raison, il sera fermé et ouvrira ses portes à partir de 14h00», indiquait l’établissement. Les forces de l’ordre avaient bouclé le quartier et opéraient des contrôles d’identité à l’entrée du complexe.

Une cellule spéciale mise en place

Pour faire face à ce qui pourrait être «le plus gros dossier de pédophilie de France», selon Me Francesca Satta, l’avocate de nombreuses victimes présumées, une cellule nationale d’enquête a été mise en place. Sous l’égide de la direction générale de la gendarmerie nationale, elle est pilotée par la section de recherches de Poitiers et bénéficie de «l’appui significatif» de la section de recherches du Morbihan. Cinq gendarmes sont mobilisés.

«Les investigations visent à continuer à identifier, localiser et entendre l’ensemble des victimes potentielle figurant dans les écrits de M. Le Scouarnec, à recueillir tout témoignage utile, direct ou indirect, sur ses pratiques professionnelles et à établir avec précision l’ensemble de son parcours hospitalier», a précisé la procureure de Lorient. «Bien entendu, l’enquête s’attachera à rechercher également les informations dont sa hiérarchie et les autorités administratives dont il dépendait pouvaient disposer.»

Un premier procès en mars 2020

L’enquête préliminaire se poursuivra «au moins pendant tout le cours du premier semestre 2020 avant d’envisager l’ouverture d’une information judiciaire», a conclu la magistrate. Un premier procès aura d’ores et déjà lieu en mars prochain à Saintes, devant la cour d’assises de la Charente-Maritime. L’ancien chirurgien digestif sera jugé pour «agressions sexuelles» et «viol» sur quatre personnes mineures au moment des faits: deux nièces, une patiente et une petite voisine.

De leur côté, Joël Le Scouarnec et son avocat sont restés quasi-silencieux depuis le début de la médiatisation de cette affaire. «Pour le moment, mon client s’inscrit dans une démarche de soin, de façon régulière, pour tenter de comprendre son attirance envers les jeunes personnes, attirance qu’il ne conteste pas», a fait savoir au Figaro Me Thibaut Kurzawa.

Le Figaro.fr par Aude Bariéty

France: Un évêque sommé de communiquer le dossier d’un prêtre pédophile à une victime

mai 28, 2019

 

La justice a ordonné mardi pour la première fois à un évêque de communiquer le dossier religieux d’un prêtre condamné pour pédophilie à une victime qui le réclamait, dans le cadre d’une action engagée au civil à Bourg-en-Bresse contre l’Église.

Statuant en référé, le tribunal de Bourg-en-Bresse a ordonné à l’évêque du diocèse de Belley-Ars (Ain), Mgr Pascal Roland, de communiquer, dans un délai de 15 jours, à Jean-Yves Schmitt, un retraité de 67 ans, «l’intégralité du dossier concernant Félix Hutin détenu par l’évêché».

Cet ancien prêtre de 86 ans avait été condamné au civil, en juillet 2015, par le juge de proximité de Nantua qui l’avait reconnu responsable des agressions sexuelles subies par M. Schmitt durant son enfance dans un lycée de Bourg-en-Bresse, où le religieux officiait comme aumônier dans les années 60. Les faits sont prescrits depuis longtemps sur un plan pénal. La victime, elle-même condamnée pour pédophilie par la suite, a engagé des poursuites judiciaires en France contre le Vatican, qu’il accuse d’avoir exfiltré le prêtre en Suisse dans les années 70 quand ses agissements ont fait scandale dans l’Ain.

A cette fin, il avait demandé une première fois au diocèse, à l’amiable, de lui communiquer le dossier du prêtre. Face au refus de l’évêque, il l’avait assigné devant le tribunal il y a quinze jours.

«C’est une première qui va faciliter le combat des victimes de prêtres pédophiles en leur donnant accès aux éléments de preuves qui sont souvent dissimulés par les évêchés», s’est félicité l’avocat du demandeur, Me Emmanuel Ludot. «On vient d’avancer d’un grand pas, c’est le signe que les mentalités changent et qu’on a désormais une politique judiciaire de transparence totale», a-t-il ajouté.

Par Le Figaro.fr avec AFP

États-Unis/Prêtres pédophiles: New York et New Jersey prêts à convoquer des diocèses

septembre 6, 2018

New York – Les Etats américains se mobilisent face aux abus sexuels commis par des prêtres: New York et le New Jersey ont lancé jeudi des appels à témoins et annoncé des enquêtes, avec convocations de diocèses, sur ces abus et leur gestion par la hiérarchie catholique, après un rapport accablant sur l’Eglise de Pennsylvanie.

Trois semaines après la publication de ce rapport, qui a détaillé des abus impliquant plus de 300 prêtres et plus de 1.000 enfants, la procureure générale de l’Etat de New York, Barbara Underwood, a annoncé l’instauration d’un numéro vert et d’une page internet pour recueillir les témoignages de victimes potentielles, dans un communiqué.

Plus spectaculaire, ses services ont aussi « convoqué ou sont en train de convoquer » les responsables des huit diocèses de l’Etat de New York –qui revendiquent une population totale de 7 millions de catholiques– pour savoir s’il y a eu des tentatives pour dissimuler les abus, a confirmé Dennis Poust, porte-parole de l’organisation qui représente les diocèses de New York, la New York State Catholic Conference.

« Le rapport de Pennsylvanie a révélé des actes particulièrement troublants et dépravés du clergé catholique, aidés par une culture du secret et de dissimulation dans les diocèses », a indiqué Mme Underwood, citée dans le communiqué.

« Les victimes de New York méritent aussi d’être entendues et nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’elles obtiennent la justice qu’elles méritent », a-t-elle ajouté.

Dans la foulée, le procureur général de l’Etat voisin du New Jersey, a annoncé lui aussi jeudi l’instauration d’un numéro vert pour les victimes et la création d’un groupe de travail, emmené par un ancien procureur spécialisé dans les crimes sexuels, pour enquêter sur les abus du clergé catholique.

Ce groupe aura autorité, par l’intermédiaire d’un « grand jury », pour convoquer tous les témoins – y compris les responsables des diocèses – qu’il jugera nécessaire et les obliger à fournir des documents, a précisé le procureur, Gurbir Grewal, dans un communiqué.

M. Grewal s’est dit lui aussi « profondément troublé » par l’ampleur des abus sexuels révélés en Pennsylvanie.

« Nous devons à la population du New Jersey de savoir si la même chose s’est produite ici », a-t-il déclaré.

L’association SNAP de défense des victimes de prêtres s’est réjouie des enquêtes indépendantes menées par ces deux Etats, estimant que le rapport de Pennsylvanie avait provoqué un « tsunami ».

L’association a évoqué une « douzaine d’Etats ou plus » qui auraient « secrètement lancé une enquête ou envisageraient cette possibilité », et appelé les autres Etats américains à entreprendre des démarches similaires.

Même si la justice parvient à réunir des preuves de nouveaux abus ou de tentatives de dissimulation, la procureure générale de New York a reconnu que son champ d’action était limité par les délais de prescription: les victimes ayant été agressées sexuellement pendant leur enfance doivent, en l’état actuel de la loi new-yorkaise, avoir porté plainte avant leurs 23 ans pour avoir une chance d’obtenir réparation devant les tribunaux, au civil comme au pénal.

La publication mi-août d’un volumineux rapport sur les abus commis en Pennsylvanie, ajoutée à la démission en juillet du cardinal Theodore McCarrick, accusé d’abus sexuels, ont secoué l’Eglise catholique américaine, révélant de profondes divisions entre évêques, certains d’entre eux critiquant ouvertement le pape François.

Romandie.com avec(©AFP / 07 septembre 2018 02h11)                                                        

Le pape hausse le ton après le scandale de pédophilie aux USA

août 20, 2018

Le pape François lors de la prière de l’angelus le 19 août 2018 au Vatican / © AFP / Filippo MONTEFORTE

L’énorme scandale de pédophilie, révélé la semaine dernière au sein du clergé catholique aux États-Unis, a une nouvelle fois contraint le pape François à hausser le ton face à ce fléau qui n’en finit pas d’ébranler l’Église.

Une enquête des services du procureur de Pennsylvanie publiée la semaine dernière a mis au jour des abus sexuels, couverts par l’église catholique de cet Etat américain, perpétrés par plus de 300 « prêtres prédateurs » dont ont été victimes au moins mille enfants.

« Bien qu’on puisse dire que la majorité des cas appartient au passé (…) nous pouvons constater que les blessures infligées ne disparaissent jamais, ce qui nous oblige à condamner avec force ces atrocités », a affirmé le pape dans une lettre au « Peuple de dieu », donc à tous, diffusée lundi par le Vatican.

« Il est urgent de réaffirmer une fois encore notre engagement pour garantir la protection des mineurs et des adultes vulnérables », a souligné le pape argentin.

Il y a trois jours, le Vatican avait exprimé déjà sa « honte » et sa « douleur » à la suite de l’enquête américaine, mais lundi le pape François a évoqué les responsabilités passées et futures de l’Église catholique.

« Considérant le passé, ce que l’on peut faire pour demander pardon et réparer du dommage causé ne sera jamais suffisant. Considérant l’avenir, rien ne doit être négligé pour promouvoir une culture capable non seulement de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas mais encore que celles-ci ne puissent trouver de terrains propices pour être dissimulées et perpétuées », assure le pape.

Il est essentiel, ajoute-t-il, que toute la communauté des fidèles, et pas seulement le clergé, se mobilise, écrit-il ainsi dans cette lettre en forme de mea culpa, et publiée en sept langues.

– « un crime pas un péché » –

Dans un message audio accompagnant la lettre du pape, Greg Burke, porte-parole du Vatican, souligne le fait que François considère les abus pédophiles comme des « crimes ».

« Il est significatif que le pape qualifie ces abus de crimes et pas seulement de péchés et qu’il demande pardon », a-t-il dit.

Le porte-parole a également insisté sur l’universalité du message du pape.

Cette lettre concerne « l’Irlande, les Etats-Unis, le Chili, mais pas seulement », dit-il. « Le pape François a écrit au Peuple de Dieu ce qui veut dire à tout le monde », a ajouté M. Burke.

Le pape est attendu les 25 et 26 août en Irlande, où il sera confronté à l’histoire des scandales liés à des sévices commis au sein de l’Eglise qui ont détourné nombre d’Irlandais de la religion catholique. Il devrait discrètement y rencontrer des victimes.

Ce message a toutefois été jugé insuffisant dans une première réaction des victimes.

« Le Vatican et le pape devraient cesser de nous dire combien les abus sont terribles (…). Au lieu de cela ils devraient nous dire ce qu’ils entendent faire pour que les coupables rendent des comptes sur leurs actions. C’est ce que nous voulons entendre », a écrit sur Twitter l’Irlandaise Marie Collins, âgée de 71 ans et victime à 13 ans d’abus sexuels perpétrés par un prêtre.

Elle avait préféré claquer la porte en mars 2017 de la commission anti-pédophilie du Vatican, jugeant que les actes ne suivaient pas les paroles de fermeté tenues par le pape.

Ce n’est pas la première fois que le pape François, élu en 2013, se prononce sur les affaires de pédophilie dans l’Eglise catholique.

Au cours des derniers mois, il a accepté les démissions du cardinal Theodore McCarrick, archevêque émérite de Washington accusé d’abus sexuels sur un adolescent, et de cinq évêques chiliens accusés d’avoir couvert des prêtres pédophiles.

Plusieurs autres hauts prélats ont été contraints de démissionner pour avoir fermé les yeux, dont les cardinaux Roger Mahony (Los Angeles) et Bernard Law (Boston), décédé fin 2017.

Romandie.com avec(©AFP / (20 août 2018 17h16)

Deux envoyés du pape au Chili pour « demander pardon » aux victimes de prêtres pédophiles

juin 12, 2018

Santiago du Chili – Deux émissaires du pape François sont arrivés mardi au Chili pour une nouvelle mission auprès d’une Eglise chilienne en crise à la suite d’un énorme scandale de pédophilie.

Le pape a accepté lundi la démission de trois évêques chiliens, dont le controversé Mgr Juan Barros qu’il avait d’abord défendu, sanctionnant ainsi une hiérarchie de l’Église accusée d’omerta par des victimes de prêtres pédophiles.

 Le souverain pontife a par ailleurs demandé à l’archevêque de Malte Charles Scicluna et au prêtre espagnol Jordi Bertomeu, déjà dépêchés en février au Chili, de revenir dans le pays pour recueillir de nouveaux témoignages de victimes et leur exprimer la compassion du Vatican.

« Nous sommes venus demander pardon en son nom », a brièvement déclaré à son arrivée à Santiago le père Bertomeu, un proche du pape François, qui avait reconnu de « graves erreurs » de jugement dans cette affaire.

Interrogé sur la possibilité de nouvelles démissions dans le clergé chilien, le père Bertomeu a déclaré que cette décision était « dans les mains » du pape.

L’ensemble de l’épiscopat chilien avait présenté sa démission en bloc le 18 mai dernier après une série de dures rencontres avec le pape argentin au Vatican, une démarche inédite dans l’histoire récente de l’Eglise catholique.

Au Chili, les envoyés du pape doivent également apporter aux membres du clergé « une aide technique et juridique » pour que ces derniers répondent de manière « adéquate à chaque cas d’abus sexuel de mineurs commis par des prêtres ou des religieux », a ajouté l’archevêche de Malte.

Ils se rendront aussi en fin de semaine dans le diocèse d’Osorno, à quelque 900 kilomètres au sud de Santiago, dont Mgr Juan Barros était l’évêque.

C’est le pape François lui-même qui l’avait nommé à cette fonction en janvier 2015, alors que Mgr Barros était déjà soupçonné d’avoir fermé les yeux sur les abus sexuels répétés d’un vieux prêtre dont il était proche.

Envoyés une première fois au Chili en février dernier pour enquêter sur les accusations portées contre des prêtres, les deux émissaires avaient remis au pape un rapport décrivant « une culture d’abus » au sein de l’Eglise chilienne.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juin 2018 22h14)                                                        

Pédophile: le pape accepte la démission de 3 évêques chiliens dont Mgr Barros

juin 11, 2018

/ © AFP/Archives / Vincenzo PINTO

Le pape François a accepté la démission de trois évêques chiliens dont celle du très controversé Mgr Juan Barros, à la suite d’un vaste scandale de pédophilie dans le clergé chilien, a annoncé lundi le Vatican.

L’ensemble de l’épiscopat chilien avait présenté sa démission en bloc le 18 mai dernier après une série de rencontres avec le pape argentin au Vatican, une démarche inédite dans l’histoire récente de l’Église catholique.

Le pape a fait une marche arrière radicale par rapport à son voyage au Chili de janvier, quand il avait défendu avec beaucoup force l’évêque chilien Juan Barros, soupçonné pourtant d’avoir caché les actes de pédophilie du prêtre Fernando Karadima.

L’opinion publique chilienne avait été scandalisée par l’omniprésence de Mgr Barros dans les messes célébrées par le pape François.

A la lecture en avril des conclusions de 2.300 pages d’enquête, dont 64 témoignages recueillis au Chili et aux États-Unis, le souverain pontife avait reconnu avoir commis de « graves erreurs » d’appréciation et parlé d’un « manque d’informations véridiques et équilibrées ».

Avant de recevoir les évêques, le pape avait aussi accueilli début mai au Vatican trois victimes du père Fernando Karadima, reconnu coupable en 2011 par un tribunal du Vatican d’avoir commis des actes de pédophilie dans les années 1980 et 1990. Ils avaient dénoncé devant la presse l’omerta d’une partie de la haute hiérarchie de l’Église du Chili.

Romandie.com avec (©AFP / 11 juin 2018 14h50)

Vatican: le pape reçoit d’autres victimes d’un prêtre chilien pédophile

juin 2, 2018

/ © AFP/Archives / Filippo MONTEFORTE

Le pape François recevra samedi après-midi un groupe de cinq prêtres chiliens, victimes des abus d’un autre prêtre chilien, le père Fernando Karadima, a annoncé le Vatican.

« A 16H00 (14HOO GMT), le Saint Père François célèbre l’eucharistie avec le groupe de prêtres chiliens qui sont depuis hier invités à la maison Sainte Marthe (résidence du pape, ndlr), donnant ainsi le départ des rencontres prévues », indique un communiqué du Saint-Siège.

« L’objet de cette réunion convoquée par le pape François est d’approfondir la réalité vécue par une partie des fidèles et du clergé chiliens », poursuit le communiqué.

« Avec l’aide de ces cinq prêtres, le pape cherchera à trouver une solution à la fracture interne de la communauté. De cette manière il sera possible de commencer à reconstruire une relation saine entre les fidèles et leurs pasteurs, une fois que tous auront pris conscience des propres blessures », ajoute le Vatican.

« Avec cette nouvelle rencontre, le pape François veut montrer sa proximité avec les prêtres victimes d’abus, les accompagner dans leur chagrin et écouter leurs opinions en vue d’améliorer les mesures préventives actuelles et la lutte contre les abus dans l’Eglise », avait indiqué il y a dix jours déjà un communiqué du Vatican.

Il y a quelques semaines, le pape avait déjà reçu trois hommes également victimes du père Fernando Karadima.

Le pape a récemment annoncé des « changements » à court, moyen et long terme pour rétablir « la justice » au sein de l’Église chilienne, après avoir lu les conclusions d’une enquête qu’il avait diligentée sur des abus sexuels commis par le clergé.

Dans une lettre adressée jeudi au Chiliens, le pape argentin a reconnu que « nous n’avons pas su écouter et réagir à temps » face aux scandales d’abus sexuels au sein de l’Eglise chilienne.

Le 18 mai, l’ensemble de la hiérarchie de l’Eglise chilienne a présenté sa démission à François dans le cadre d’un énorme scandale de pédophilie et d’omerta, un coup de tonnerre qui a fait suite à une série de mea culpa du pape qui doit encore décider s’il accepte ces démissions ou non.

Le pape François avait d’abord pris la défense de l’évêque Juan Barros, soupçonné d’avoir tu les actes de pédophilie du prêtre Fernando Karadima dans les années 1980 et 1990. Un soutien qui avait terni sa visite au Chili en janvier.

Condamné par la justice vaticane en 2011, le père Karadima a été contraint de se retirer pour une vie de pénitence.

Romandie.com avec (©AFP / 02 juin 2018 14h59)                  

Pédophilie: le pape répare ses bévues au Chili, l’Australie le rattrape

mai 1, 2018

Le pape François lors de la prière de l’Angelus sur la place Saint Pierre de Rome, le 29 avril 2018nnn / © AFP / Andreas SOLARO

Le pape François, en passe de corriger ses erreurs sur un scandale de pédophilie au Chili, a été rattrapé mardi par son choix hasardeux de nommer numéro trois du Vatican un Australien, renvoyé devant la justice pour agressions sexuelles.

Le cardinal australien George Pell a été renvoyé mardi devant un tribunal pour des accusations d’agressions sexuelles anciennes qu’il rejette de manière catégorique.

Il deviendra ainsi le plus haut représentant de l’Église catholique à devoir répondre devant un tribunal à ce type d’accusations.

L’inévitable médiatisation du procès est une mauvaise nouvelle pour une Église dont la justice interne se prononce encore dans le plus grand secret dans les cas d’abus sexuels.

« Le Saint-Siège a pris note de la décision des autorités judiciaires en Australie », a sobrement commenté mardi son porte-parole, dans un communiqué, après l’annonce d’une décision redoutée depuis près d’un an.

« L’an dernier, le Saint-Père avait accordé un congé au cardinal Pell pour qu’il puisse se défendre des accusations. Ce congé est encore en vigueur », ajoute le Vatican.

La perspective d’un retour à Rome du cardinal de 76 ans à la santé fragile semble toutefois exclue.

– bombe à retardement –

L’Australien avait été accusé dès 2002 d’abus sexuels pour des faits présumés très anciens, avant d’être innocenté.

Il avait été appelé à Rome par François pour devenir son tout puissant « ministre » de l’Économie et prendre la tête d’un groupe de cardinaux chargés de réformer avec fermeté le fonctionnement de la Curie (gouvernement du Vatican).

Le pape n’a pas pensé que le cardinal pourrait se transformer en bombe à retardement au sommet de l’Église, soulignent ses détracteurs.

Très tôt, le choix du pape avait en outre été perçu par des victimes australiennes d’abus sexuels comme une façon de l' »exfiltrer » très loin d’une enquête nationale en cours.

Lors de son inculpation par la justice australienne en juin 2017, le Saint-Siège avait accepté le « congé » du cardinal sans exiger sa démission, en soulignant « l’honnêteté » et « le dévouement énergique » de Pell.

En réalité, le départ de l’un des plus proches collaborateurs du pape avait fait l’effet d’un coup de tonnerre au Vatican, déjà vivement critiqué pour son manque de sévérité dans ce type d’affaires.

Quatre mois plus tôt, une ancienne victime irlandaise d’un prêtre pédophile avait claqué la porte d’une commission d’experts contre la pédophilie, en dénonçant un manque « honteux » de coopération de certains prélats du Vatican. Ses critiques avaient fait le tour du monde.

Interrogé sur les soupçons pesant sur le cardinal Pell, le pape avait en août 2016 mis en avant la présomption d’innocence. « Il y a des doutes, et +in dubio pro reo+ (le doute doit profiter à l’accusé). Nous devons éviter tout procès médiatique, un procès qui s’appuie sur les ragots », avait-il commenté.

– trois Chiliens chez François –

Ces propos rappellent sa défense sans doute trop péremptoire au Chili à la mi-janvier d’un évêque chilien, Mgr Juan Barros, soupçonné d’avoir caché les actes pédophiles d’un vieux prêtre.

Son voyage s’était transformé en fiasco médiatique lorsque le pape avait laisser planer l’impression que la voix des victimes était secondaire pour une Église raisonnant en vase clos.

Depuis, le pape a fait des mea culpa à répétition. Il s’est dit déterminé à corriger ses « graves erreurs » d’appréciation après avoir pris connaissance voici trois semaines d’un long rapport d’enquête commandée au Chili et comprenant 64 témoignages.

Le pape a convoqué à Rome en mai les 32 évêques du Chili. Et ces derniers jours, il a écouté pendant des heures trois Chiliens victimes d’un prêtre pédophile.

Hôtes à la résidence du pape au cœur de la Cité du Vatican, les trois hommes devaient mercredi lever un coin de voile, devant la presse, sur ces entretiens privés.

Romandie.com avec (©AFP / 01 mai 2018 17h03)                

Pédophilie/Chili: le pape reconnait de « graves erreurs » d’appréciation (Vatican)

avril 11, 2018

Cité du Vatican – Le pape François a reconnu mercredi avoir commis « de graves erreurs dans l’évaluation et la perception de la situation » au Chili, après avoir pris connaissance des conclusions d’une enquête sur des abus sexuels commis par le clergé.

Dans une lettre aux évêques chiliens, diffusée par le Vatican, le pape indique vouloir les convoquer à Rome pour discuter des conclusions de l’enquête qu’il avait diligentée, qui comprend de nombreux témoignages de victimes.

Au cours d’un voyage au Chili en janvier, le pape François avait défendu avec force l’évêque chilien Juan Barros, soupçonné d’avoir tu les crimes d’un vieux prêtre pédophile, se déclarant persuadé de son innocence et demandant aux victimes présumées des preuves de culpabilité.

Il avait ensuite présenté des excuses pour ses propos maladroits, et dépêché au Chili un enquêteur renommé du Vatican pour recueillir des témoignages de victimes présumés.

Dans sa lettre aux 32 évêques chiliens, le pape François ne fait aucune mention spécifique du cas de l’évêque Juan Barros.

Exprimant dans ce texte sa « honte » et sa « douleur » pour les vies sacrifiées des victimes d’abus, il propose aussi de les recevoir.

Romandie.com avec(©AFP / 11 avril 2018 19h46)                                            

Pédophile: arrestation au Vatican d’un prêtre ex-diplomate à Washington

avril 7, 2018

Cité du Vatican – Le Vatican a annoncé samedi l’arrestation, sur son territoire, de Carlo Alberto Capella, ex-conseiller de l’ambassade du Saint-Siège à Washington, soupçonné d’avoir consulté des images pédopornographiques.

Ce prêtre, en poste jusqu’à l’an dernier auprès de la nonciature (ambassade) du Vatican, avait été rappelé en septembre au Saint-Siège où une enquête avait alors été ouverte.

Les autorités judiciaires du petit Etat ont émis un mandat d’arrêt contre cet ecclésiastique, aussitôt mis en oeuvre par la gendarmerie vaticane, selon un communiqué du Saint-Siège. Mgr Capella a été incarcéré dans une cellule de la caserne de la gendarmerie du Vatican.

Le 21 août, le département d’Etat américain avait fait état, par voie diplomatique, d’une possible violation des lois sur les images pédopornographiques de la part d’un membre du corps diplomatique du Saint-Siège accrédité à Washington, avait indiqué en septembre le service de presse du Vatican.

Le Saint-Siège a par conséquent rappelé ce prêtre, sans donner suite à une demande de levée d’immunité diplomatique, avait alors indiqué une source du département d’Etat.

« Les Etats-Unis ont adressé une demande officielle à la nonciature pour que l’immunité diplomatique de cette personne soit levée, mais la nonciature a refusé de le faire », avait déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat.

« Les Etats-Unis encouragent le Saint-Siège à faire en sorte que ses réformes et sa politique de protection des mineurs soient pleinement mises en oeuvre, et que justice soit rendue concernant ces accusations », avait ajouté cette source.

Les informations fournies par les Etats-Unis avaient été transmises au procureur du tribunal du Vatican, qui avait alors ouvert une enquête et entamé une collaboration internationale pour obtenir des éléments sur cette affaire.

Un mandat d’arrêt avait également été émis l’an dernier au Canada à l’encontre de Mgr Castella, un Italien âgé de plus de 50 ans, pour consultation, possession et distribution de pornographie juvénile.

Le prélat aurait effectué fin décembre 2016 des téléchargements de pornographie infantile depuis l’intérieur d’une église de la ville de Windsor (Ontario).

En 2013, le pape François a mis en vigueur une nouvelle législation concernant les abus sexuels sur mineurs et également la pornographie. Un prêtre reconnu coupable encourt 12 ans de prison.

Si un procès pour ces chefs d’accusation devait s’ouvrir au Vatican, ce serait le premier du genre, après le décès de Josef Wesolowski. Ce nonce polonais accusé de pédophilie avait été rappelé d’urgence de République dominicaine en 2013 par le Vatican, après des informations de presse qui l’accusaient d’avoir eu des relations sexuelles tarifées avec des mineurs.

Le Vatican avait refusé de l’extrader vers la Pologne. Il avait été jugé et sanctionné en juin 2014 par la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui l’avait réduit à l’état laïque, la peine maximale pour un prélat.

Le pape François avait également ordonné des poursuites pénales pour abus sexuels sur mineurs, une première historique au Vatican. Le prélat avait été arrêté et assigné à résidence, mais était décédé à 67 ans, en août 2015, à la veille de l’ouverture de son procès pénal.

Romandie.com avec(©AFP / 07 avril 2018 16h08)