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Pérou: investiture sous haute sécurité pour Pedro Castillo

juillet 26, 2021
Perou: investiture sous haute securite pour Pedro Castillo
Pérou: investiture sous haute sécurité pour Pedro Castillo© AFP/Gian MASKO

Quelque 10.000 policiers, dix drones et cinq hélicoptères seront mobilisés à Lima pour garantir la sécurité lors de la cérémonie d’investiture du président élu péruvien Pedro Castillo mercredi, a indiqué lundi le commandant de la police, le général César Cervantes.

Candidat de la gauche radicale et novice en politique, M. Castillo a été proclamé le 20 juillet vainqueur de l’élection présidentielle face à la candidate de la droite populiste Keiko Fujimori, qui a reconnu sa défaite.

Les cérémonies d’investiture doivent s’étaler sur trois jours et son entrée en fonctions mercredi coïncidera avec la commémoration du bicentenaire de l’indépendance du Pérou, proclamée le 28 juillet 1821.

Plus de 2.000 policiers seront affectés à la protection des dignitaires étrangers venus y assister, parmi lesquels sont annoncés le roi Felipe VI d’Espagne et plusieurs dirigeants de pays latino-américains.

M. Castillo doit se rendre jeudi dans la ville andine d’Ayacucho, à 350 km au sud-est de Lima, pour une prestation de serment symbolique dans la pampa de la Quinua, site de la bataille d’Ayacucho le 9 décembre 1824, qui scella l’indépendance du Pérou notamment.

Par Le Point avec AFP

Présidentielle au Pérou: duel serré au 2e tour entre Keiko Fujimori et Pedro Castillo

juin 6, 2021
Presidentielle au Perou: duel serre au 2e tour entre Keiko Fujimori et Pedro Castillo
Présidentielle au Pérou: duel serré au 2e tour entre Keiko Fujimori et Pedro Castillo© AFP/OSCAR DEL POZO

Les Péruviens ont commencé à se rendre aux urnes dimanche pour élire leur nouveau président parmi les deux vainqueurs surprise du premier tour: la candidate de droite populiste Keiko Fujimori ou le représentant de gauche radicale Pedro Castillo.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 locales (12H00 GMT) et le resteront 12 heures, quatre de plus qu’habituellement en raison de la pandémie. L’organisme électoral (ONPE) publiera les premiers résultats officiels à 23H30 (04H30 GMT lundi).

Dans un pays où le vote est obligatoire sous peine d’amende, une majorité se rend dans les centres de vote à contrecoeur.

Ecartelés par deux extrêmes dans lesquels ils ne se reconnaissent pas, ils sont surtout préoccupés par les chiffres alarmants de l’épidémie de coronavirus qui a déjà fait plus de 184.000 morts, faisant du pays andin le 5e le plus endeuillé au monde et le premier par rapport à son nombre d’habitants (33 millions).

Après le soulèvement populaire de novembre 2020 pour protester contre les agissements du Parlement et la succession de trois présidents en 10 jours, cette présidentielle était attendue pour mettre fin à une instabilité politique chronique dans le pays qui a aussi connu six ministres des Affaires étrangères en un an.

Mais le futur président n’aura pas les coudées franches pour gouverner. Lors des législatives organisées début avril lors du 1er tour, aucune majorité ne s’est détachée. Le parti Peru Libre de Pedro Castillo est arrivé légèrement en tête devant Fuerza Popular de Keiko Fujimori.

3e second tour pour Fujimori

Et au lieu d’apaiser les tensions ambiantes, la campagne du second tour les aura alimentées entre deux camps fortement antagonistes et au coude à coude dans les sondages: 42 % des intentions de vote pour Pedro Castillo, contre 40 % pour Keiko Fujimori, selon une enquête de l’Institut Ipsos réalisée à une semaine du scrutin.

Mme Fujimori, 46 ans, et ses partisans n’ont eu de cesse d’agiter le chiffon rouge par rapport au candidat de la gauche radicale, affirmant qu’il allait transformer le Pérou en une sorte de Corée du Nord ou de Venezuela, et mener le pays à la ruine et à la dictature.

L’instituteur syndicaliste de 51 ans a, lui, répété à l’envi qu’avec sa rivale ce sera « plus de pauvres dans un pays riche » et que perdurera la corruption.

Il fait référence au scandale Odebrecht, du nom du géant brésilien du bâtiment qui a reconnu avoir versé des pots-de-vin dans plusieurs pays latino-américains. L’affaire a éclaboussé de déshonneur la classe politique péruvienne.

Pas moins de quatre ex-présidents, dont un s’est suicidé, ont été impliqués dans ce scandale.

Et Keiko Fujimori, qui a déjà passé 16 mois en détention provisoire pour blanchiment d’argent présumé dans cette affaire, a vu le parquet requérir contre elle 30 années de prison.

En cas de victoire, après deux échecs au second tour en 2011 et 2016, elle deviendra la première femme présidente du Pérou et ne pourra être jugée qu’à l’issue de son mandat de cinq ans.

Economie dégradée

Si les deux candidats ont des programmes politiques à l’extrême opposé, étatisme et nationalisations d’un côté, libre concurrence et réduction des impôts de l’autre, ils s’accordent cependant sur certaines questions de société.

Dans ce pays très catholique, tous deux sont contre l’avortement, défendent la famille traditionnelle et n’accordent pas d’importance aux droits de la communauté LGTBI.

Le vainqueur devra aussi faire face à une situation économique dégradée: après avoir connu pendant des années une croissance supérieure à la moyenne latino-américaine, celle-ci s’est contractée de 11,12 % en 2020, le pire chiffre depuis trois décennies.

Deux millions de Péruviens ont perdu leur emploi pendant la pandémie et trois millions ont basculé dans la pauvreté. Un tiers des habitants sont classés comme pauvres, selon les chiffres officiels.

M. Castillo promet du changement en cas de victoire avec l’élection d’une Assemblée constituante. Tandis que Mme Fujimori défend l’actuelle loi fondamentale qui garantit le libéralisme économique, promulguée en 1993 par son père Alberto, président de 1990 à 2000 et qui purge une peine de 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l’humanité.

Elle a répété son intention de lui accorder une grâce présidentielle.

Avec Le Point avec AFP