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Ethiopie: peines de prison confirmées en appel contre un blogueur et un opposant

mai 2, 2013

ADDIS ABEBA – La Cour suprême éthiopienne a confirmé jeudi en appel les peines de 18 ans de prison et de prison à vie prononcées contre un journaliste-blogueur, Eskinder Nega, et un opposant, Andualem Arage.

Les peines sont correctes, donc il n’y a pas de réduction de peine, a déclaré le juge Dagne Melaku.

Les deux hommes avaient été condamnés en première instance en juillet pour terrorisme et avaient fait appel aux côtés de cinq autres co-accusés dont quatre ont aussi vu leur peine confirmée. Un seul des co-accusés a vu sa peine réduite, de 25 à 16 ans.

L’appel n’a pas donné lieu à un nouveau procès en tant que tel. Les juges de la Cour suprême se sont simplement prononcés sur la base des documents et témoignages présentés en première instance.

Jeudi, ils ont maintenu la plupart des charges retenues contre les accusés : incitation au terrorisme, haute trahison et recrutement en vue d’une activité terroriste ou participation à cette activité terroriste ou à une organisation terroriste.

Ils ont abandonné une accusation : participation en tant que responsable à une organisation terroriste. Mais cela n’a eu aucun effet sur les peines de six des sept accusés.

MM. Eskinder et Andualem ont tous les deux dénoncé ce verdict en appel.

La vérité éclatera d’elle-même, ce n’est qu’une question de temps, a notamment déclaré M. Eskinder, estimant que la décision de la Cour suprême n’était bien sûr pas juste.

Son avocat, Abebe Guta, a de son côté indiqué que si son client était d’accord, il allait se pourvoir en cassation.

La condamnation en première instance avait donné lieu à de nombreuses condamnations à l’étranger, notamment des Etats-Unis. Le verdict en appel avait de son côté été plusieurs fois annoncé puis reporté ces derniers mois.

Eskinder Nega et Andualem Arage avaient été accusés d’appartenir au Ginbot7, un parti d’opposition basé aux Etats-Unis considéré comme terroriste par Addis Abeba. Ils avaient nié une telle appartenance.

Avant sa condamnation en juillet, M. Eskinder avait déjà été incarcéré à maintes reprises pour ses critiques contre le régime éthiopien. Il a reçu en 2012 le prix américain de la liberté d’écrire du PEN Club, qui récompense des écrivains persécutés pour le simple exercice de leur métier.

La loi anti-terroriste en vertu de laquelle les accusés ont été condamnés est très critiquée par les associations de défense des droits de l’homme, qui estiment que son caractère imprécis est utilisé par le pouvoir éthiopien pour étouffer la liberté d’expression et museler les opposants.

Jeudi, de nombreux proches des accusés et journalistes ont tenté d’assister à l’énoncé du verdict, mais beaucoup ont dû rester dehors, faute de place dans la salle d’audience.

Seuls quatre des sept accusés qui avaient fait appel étaient présents, vêtus de costumes et chaussés de sandales.

Romandie.com avec (©AFP / 02 mai 2013 13h05)

Égypte : peines de prison et condamnations à mort dans le procès des violences de Port-Saïd

mars 9, 2013

Des supporteurs d'al-Ahly manifestent pour réclamer justice, au Caire le 23 janvier 2013 Des supporteurs d’al-Ahly manifestent pour réclamer justice, au Caire le 23 janvier 2013 © AFP

Un tribunal du Caire a prononcé, le 9 mars, des peines allant de un an de prison à la réclusion à perpétuité contre des personnes jugées pour une tragédie du football en 2012 à Port-Saïd (nord-est), et confirmé les peines capitales prononcées en janvier contre d’autres accusés.

Ces verdicts risquent de provoquer de nouvelles violences, le premier jugement en janvier, qui concernait principalement des supporteurs du club de football de Port-Saïd, ayant déjà provoqué des heurts meurtriers entre la population et la police dans cette ville située sur le canal de Suez.

Le juge du tribunal a en effet confirmé les peines capitales prononcées en janvier dernier contre 21 autres personnes jugées dans cette affaire, qui concerne au total 73 inculpés.

Parmi les 52 autres personnes jugées en première instance samedi, cinq ont été condamnées à la perpétuité et dix à 15 ans de prison. Neuf ont été écopé de peines allant de un à 10 ans de prison et 28 ont été acquittées.

Le drame de Port-Saïd

En février 2012, des violences avaient fait 74 morts à l’issue d’un match à Port-Saïd entre l’équipe de football locale al-Masry et une équipe du Caire, al-Ahly. Ce drame, le plus meurtrier du football égyptien, s’était produit après la victoire d’Al-Masry dont des centaines de supporteurs avaient envahi le terrain et lancé des projectiles vers ceux d’Al-Ahly.

Sur les neuf policiers qui faisaient partie des accusés, deux ont été condamnés à 15 ans de prison: l’ancien chef de la sécurité à Port-Saïd, le général Mohammed Samak, et le général de brigade Mohamed Saad qui avait à l’époque des faits les clés des portes du stade, qui étaient fermées. Les sept autres policiers jugés ont été acquittés.

Après le verdict de janvier, les manifestants avaient attaqué les bâtiments des forces de sécurité à Port-Saïd et des heurts avec la police avaient fait plus de 40 morts, poussant M. Morsi à déployer l’armée pour soutenir la police. La police s’est ensuite largement retirée, et l’armée a repris en main une bonne partie de ses tâches dans la ville.

Les manifestations violentes ont repris le 3 mars à Port-Saïd après l’annonce du transfert hors de la ville de 39 accusés, dont neuf policiers et trois cadres du club d’Al-Masry.

L’Egypte connaît une transition politique chaotique émaillée de violences, deux ans après la chute de Hosni Moubarak et près de neuf mois après l’élection de l’islamiste Mohamed Morsi, fortement contesté par une partie de la population. Le chef de la police anti-émeute en Egypte a été limogé vendredi après une grève sans précédent dans les rangs des policiers, nombreux dénonçant leur manque d’équipement et estimant faire les frais de conflits politiques.

Jeuneafrique.com avec AFP