Posts Tagged ‘Pensionnats’

Canada: Manifestation à Ottawa pour réclamer une enquête sur les pensionnats autochtones

juillet 31, 2021

Les manifestants se sont donnés rendez-vous devant la flamme du Centenaire, sur la colline du Parlement

© Frédéric Pepin/Radio-Canada Les manifestants se sont donnés rendez-vous devant la flamme du Centenaire, sur la colline du Parlement

De nombreuses personnes prennent la rue, à Ottawa, pour exhorter le gouvernement fédéral à déclencher une enquête indépendante sur les pensionnats pour Autochtones.

Les députés néodémocrates Mumilaaq Qaqqaq et Charlie Angus ont donné rendez-vous aux manifestants devant la flamme du Centenaire, sur la colline du Parlement. Des aînés autochtones devaient aussi mener la marche qui doit mener les personnes rassemblées devant les bureaux du ministère de la Justice.

Les appels à l’ouverture d’une enquête ont été lancés peu après la détection de multiples sépultures non marquées sur les sites d’anciens pensionnats, notamment en Colombie-Britannique et en Saskatchewan.

Les manifestants demandent une enquête indépendante faisant toute la lumière sur les pensionnats autochtones.

© Frédéric Pepin/Radio-Canada Les manifestants demandent une enquête indépendante faisant toute la lumière sur les pensionnats autochtones.

Le Nouveau Parti démocratique demande, depuis le début juillet, une enquête criminelle indépendante sur les pensionnats pour Autochtones. On souhaite la nomination d’un procureur spécial qui interagirait avec la Cour pénale internationale.

Le bureau du ministre de la Justice, David Lametti, a depuis écarté l’idée de demander une enquête criminelle. On fait valoir qu’il s’agit d’un pouvoir exclusif réservé à la police.

Avec CBC/Radio-Canada

Canada-Manitoba: Un prêtre soutient que des Autochtones ont menti pour de l’argent sur les pensionnats

juillet 29, 2021

WINNIPEG — L’archidiocèse de Saint-Boniface, au Manitoba, a écarté de la pratique pastorale un prêtre qui avait laissé entendre en chaire que des survivants de pensionnats pour Autochtones avaient menti dans le seul but de toucher les indemnités du gouvernement fédéral.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

L’archevêque de Saint-Boniface, Albert LeGatt, a indiqué jeudi qu’il désavouait les propos de Rhéal Forest tenus lors d’une messe en l’église Saint-Émile, à Winnipeg, plus tôt ce mois-ci. Le prêtre n’est plus autorisé à prêcher ou à enseigner en public, a ajouté l’archevêque LeGatt.

Au cours de cette messe, diffusée sur les réseaux sociaux dans des vidéos maintenant supprimées, le prêtre Forest a déclaré que les élèves aimaient ces pensionnats et que certains avaient soutenu avoir été victimes d’agressions sexuelles pour toucher les indemnités. Le prêtre a également déclaré en chaire que les médias étaient mauvais.

Mgr LeGatt se dit désolé de la douleur que les remarques du prêtre ont causée aux Autochtones, en particulier aux victimes des pensionnats fédéraux. L’archevêque demande pardon et assure que le diocèse et les dirigeants de l’Église ont la responsabilité de comprendre la vérité sur ce qui s’est passé dans ces pensionnats pour Autochtones.

Avec La Presse Canadienne

Haute-Mauricie/Pensionnats autochtones: «Il y a de la tristesse et de la colère»

juillet 11, 2021

Les récentes découvertes faites sur les sites de pensionnats autochtones soulèvent plusieurs sentiments de part et d’autre selon le prêtre de la Paroisse Saint-Martin de Tours en Haute-Mauricie, Marc Lahaie. Ce dernier serait en faveur que des fouilles aient lieu à La Tuque si les anciens pensionnaires en font eux-mêmes la demande.

Marc Lahaie

© AUDREY TREMBLAY Marc Lahaie

«Je pense que les Premières Nations s’attendent à ça et qu’ils veulent des réponses à leurs questions. C’est à eux qu’il faudrait toutefois poser la question», lance-t-il.

Marc Lahaie côtoie les Atikamekw depuis une dizaine d’années dans le secteur de la Haute-Mauricie. Il estime que c’est un privilège de pouvoir côtoyer les membres des Premières nations et il en compte d’ailleurs parmi ses amis. Pour lui, la meilleure façon d’aller de l’avant avec une réconciliation c’est «de marcher ensemble et surtout en sachant qu’on n’a pas tous les mêmes points de repère».

«C’est tout un processus», avoue-t-il.

Marc Lahaie avait assisté aux audiences de la Commission de vérité et réconciliation du Canada lors de son passage à La Tuque en 2013. «Après cette journée-là, j’étais allé prendre une marche sur la rive ouest. Je n’étais plus capable de rien faire de la journée. Quand tu écoutes des gens qui racontent ce qu’ils ont vécu, tu n’es pas dans l’intellectuel ou dans l’analyse: ça vient te toucher profondément.»

Le prêtre Lahaie ajoute «qu’il n’y a rien à défendre et qu’il faut prendre le coup et arrêter de mettre des nuances. Non, non, c’est vrai, il y a des choses qui se sont passées. Il faut avouer et s’excuser.»

Les plus récentes découvertes touchent également les mêmes cordes sensibles que celles de la tristesse et de la colère, selon le prête originaire du Cap-de-la-Madeleine. «Il y a de la tristesse et de la colère pour ce que les Premières Nations ont vécu, et aussi pour tant de religieux et de religieuses qui ne peuvent pas dire un mot, qui ne sont pas tous des pareils», estime Marc Lahaie.

Ce dernier regrette qu’on mette tout le monde dans le même panier. Lui qui connaît personnellement des personnes qui ont tout donné pour la société. «Mon autre peine, c’est comme dans les familles et les nations. Dans les religieux et les religieuses, spécialement ceux qui ne sont pas décédés. Il y a eu des gens qui ont été d’une générosité et d’un don de soi inouï, comme on a des grands-parents qui ont été des héros. Ils ont fait ça en silence et ils passent ‘’pour des pareils’’ et ils ne peuvent pas dire un mot», souligne Marc Lahaie.

Est-ce que l’Église devrait présenter des excuses aux Premières nations? La question semble simple, mais la réponse, elle, demeure complexe. «La manchette crée une perception qu’en plus d’avoir fait des dégâts, l’Église ne veut pas s’excuser, ce qui n’est pas le cas», précise M. Lahaie.

«La question a été posée 150 fois dans la Commission de vérité et réconciliation, c’était un des points. L’Église en a pris acte, mais le processus était plus long. C’était déjà en démarche. Avec la nouvelle qui est sortie, les gens vont dire que c’est à cause de la pression et que ce n’est pas sincère, etc. Alors que c’était déjà en processus. […] Au-delà du Pape, l’Église fonctionne beaucoup par diocèses. Dans les endroits, il y a plusieurs évêques qui se sont excusés au nom de l’Église. Il y a beaucoup de communautés religieuses qui l’ont fait», note-t-il.

Dans la paroisse Saint-Martin-de-Tours, il y a un registre paroissial qui date de plus de 100 ans et même si certaines informations sont difficiles à retracer, on met tous les efforts nécessaires pour répondre aux questions des gens. «Je pense que le plus important au-delà de tout ça, c’est d’accompagner les gens qui ont besoin d’avoir des réponses à leurs questions, mais aussi dans le processus de deuil. […] C’est certain que des événements font remonter de la colère, mais il faut en arriver à autre chose pour être en paix.»

«Il faut qu’on chemine, qu’on avance et qu’on trouve le plus de paix possible», a conclu Marc Lahaie

Avec Audrey Tremblay – Le Nouvelliste

Canada/Pensionnat pour Autochtones : la C.-B. alloue 12 M$ pour la fouille des sites

juin 28, 2021

À la lumière des macabres découvertes faites récemment en Colombie-Britannique et en Saskatchewan, Victoria accorde une enveloppe de 12 millions de dollars pour soutenir les Premières Nations dans leur recherche sur les sites d’anciens pensionnats pour Autochtones.

À la suite de la localisation de 215 emplacements pouvant contenir les restes d'enfants près de l'ancien pensionnat pour Autochtones de Kamloops, des centaines de souliers d'enfants et de t-shirts orange ont été déposés sur les marches du Palais législatif à Victoria.

© MIKE MCARTHURCBC/Radio-Canada À la suite de la localisation de 215 emplacements pouvant contenir les restes d’enfants près de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Kamloops, des centaines de souliers d’enfants et de t-shirts orange ont été déposés sur les marches du Palais législatif à Victoria.

Au cours des ans, il y a eu 18 pensionnats pour Autochtone en Colombie-Britannique. Le premier, le pensionnat St Mary’s de Mission, a ouvert ses portes en 1863 pour les refermer 121 ans plus tard, en 1984.

Les Premières Nations souhaitent maintenant entamer des fouilles sur plusieurs des sites d’anciens pensionnats pour les Autochtones afin de mettre en lumière le destin tragique des enfants qui ne sont jamais rentrés à la maison.

Plusieurs de ces sites à travers la province et le pays sont encore la source de beaucoup de questions sans réponse et de douleurs terribles», souligne le ministre des Relations avec les Autochtones et de la Réconciliation, Murray Rankin, dans un communiqué.

En plus d’aider dans la recherche, la documentation et la commémoration sur les sites des anciens pensionnats, ce montant servira également à fournir un soutien au bien-être communautaire, à la culture et à la santé mentale.

C’est un important premier pas pour soutenir la résilience et la guérison des Premières Nations de la Colombie-Britannique», illustre la présidente du Conseil de la santé des Premières Nations (FNHA), Charlene Belleau.

Le gouvernement provincial travaillera de concert avec Ottawa et le FNHA afin de coordonner le soutien nécessaire pour la santé mentale et culturelle pour les Autochtones qui ont vécu de la détresse ou des traumatismes à la suite des récentes découvertes.

Pendant plus d’un siècle au Canada, plus de 150 000 enfants des Premières Nations, des Métis et des Inuit ont été placés dans des pensionnats pour Autochtones.

Avec CBC/Radio-Canada 

Pensionnats pour Autochtones : le drame canadien laisse présager le pire aux États-Unis

juin 27, 2021

 

Il n’aura fallu que deux semaines pour que Deb Haaland exprime publiquement sa profonde consternation devant les centaines de sépultures anonymes découvertes près de sites d’anciens pensionnats pour Autochtones au Canada.

Quelque 715 tombes anonymes ont été découvertes près de l'ancien pensionnat pour Autochtones de Marieval, en Saskatchewan.

© /Radio-Canada Quelque 715 tombes anonymes ont été découvertes près de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Marieval, en Saskatchewan.

Et il n’aura fallu que 11 jours supplémentaires pour que Mme Haaland, l’une des premières élues autochtones au Congrès américain et la nouvelle secrétaire à l’Intérieur du président Joe Biden, prenne les choses en main.

Le département entreprendra une enquête sur les décès survenus dans les pensionnats pour les Autochtones et les conséquences durables de ces établissements», a écrit la secrétaire d’État à l’Intérieur dans une note mardi dernier.

Ce n’est qu’en reconnaissant le passé que nous pourrons travailler vers un futur dont nous serons tous fiers», a-t-elle ajouté.

Deb Haaland, secrétaire d'État à l'Intérieur

© Evan Vucci/Associated Press Deb Haaland, secrétaire d’État à l’Intérieur

Moins d’un mois s’est écoulé entre la publication de ce mémo par Mme Haaland et l’annonce de la découverte de 215 sépultures anonymes à Kamloops, en Colombie-Britannique. En termes géopolitiques, moins d’un mois équivaut à un clin d’œil.

De plus, il est rare que des nouvelles en provenance du Canada aient un impact aussi drastique et rapide sur les affaires politiques des États-Unis, un pays où les Autochtones font d’ailleurs rarement les manchettes.

Or, l’ampleur de cette enquête à venir pourrait toutefois être révélatrice de l’ampleur des découvertes à faire en sol américain.

Il y a une prise de conscience», a affirmé Chase Iron Eyes, un avocat et activiste autochtone de longue date qui s’implique auprès du People’s Law Project, basé dans le Dakota du Nord.

Et maintenant, on ne peut plus se fermer les yeux sur ces vérités.»

Deux pays distincts, un système similaire

Les similarités entre les pensionnats pour Autochtones canadiens et américains ne s’arrêtent pas là. Je pense qu’en termes d’ampleur, c’est assez comparable», a indiqué Circe Sturm, professeure en anthropologie et spécialiste des questions autochtones à l’Université du Texas à Austin.

Au tournant du siècle, après que le Bureau des affaires indiennes des États-Unis eut pris le relais des missionnaires chrétiens, 147 écoles de jour et 106 pensionnats étaient en fonction, selon Mme Sturm.

En comparaison, au Canada, on estime que jusqu’à 130 pensionnats ont été en fonction de 1831 à 1996, et c’est sans compter les centaines d’écoles de jour.

Dans les deux cas, des centaines de milliers d’enfants sont passés par ces institutions.

Au Canada, la Commission de vérité et réconciliation évalue à au moins 3200 le nombre d’enfants qui y sont morts. De l’aveu même du ministre canadien des Services aux Autochtones, ça pourrait même être le double».

Ligne bilingue d’appui pour les survivants des pensionnats pour Autochtones au Canada : 1 866 925-4419

L'école de jour catholique Kateri Tekakwitha, à Kahnawake, au Québec

© /Kateri Center L’école de jour catholique Kateri Tekakwitha, à Kahnawake, au Québec

L’enquête lancée aux États-Unis par Deb Haaland tentera de recenser toutes les écoles qui faisaient partie du programme, en mettant l’accent sur toutes archives en lien avec des cimetières ou de potentiels sites d’enterrement qui pourraient ensuite être utilisées pour localiser des restes humains non identifiés».

Le Département assurera également la liaison avec les communautés autochtones des États-Unis, y compris en Alaska et à Hawaï, concernant la gestion de telles sépultures et la production d’un rapport final d’ici avril prochain.

Un drame de plus en plus difficile à ignorer

Au Canada, la situation a pris encore plus d’ampleur mercredi avec l’annonce de la découverte de 751 tombes non marquées en Saskatchewan, près du site de l’ancien pensionnat de Marieval.

La nouvelle a généré un intérêt médiatique hors du commun aux États-Unis, faisant notamment la une du Washington Post vendredi et décrochant une page complète dans le New York Times.

S’il fallait découvrir ces tombes pour que les Canadiens se rendent compte à quel point nous avons du travail à faire, ce sera peut-être un point de départ pour en accomplir encore davantage», a notamment déclaré Justin Trudeau lors d’une conférence de presse vendredi matin.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a répondu aux questions concernant la découverte de 751 tombes non marquées vendredi en conférence de presse.

© Sean Kilpatrick/La Presse canadienne Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a répondu aux questions concernant la découverte de 751 tombes non marquées vendredi en conférence de presse.

Des leaders autochtones pressent le premier ministre canadien d’obtenir des excuses de l’Église catholique formulées par le pape François lui-même en sol canadien, ce qu’il a déjà réclamé à plusieurs reprises, sans toutefois obtenir de réponse.

Si le président américain Joe Biden se joignait à lui, la demande pourrait toutefois être plus difficile à ignorer.

Avec CBC/Radio-Canada