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Risque de pénurie de blé en Afrique: le président ivoirien s’en préoccupe

juin 15, 2022

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, s’est dit préoccupé par la poussée inflationniste et le risque de pénurie de plusieurs produits comme le blé en Afrique.

« Nous sommes préoccupés, c’est le moins que je puisse dire, par le ralentissement de la croissance mondiale et la disponibilité pour l’Afrique de certains produits comme le blé, les engrais et bien sûr par la poussée inflationniste », a déclaré le chef de l’Etat ivoirien, à l’ouverture de l’Africa CEO Forum, sommet économique réunissant 1 500 chefs d’entreprises et décideurs politiques à Abidjan. 

Il a notamment cité l’exemple de l’Inde qui a interdit les exportations de blé mi-mai.

« Une telle situation inflationniste pousse les gouvernements et les entreprises à réévaluer leur dépendance aux réseaux internationaux. C’est réellement une remise en cause de la mondialisation et de la notion du commerce mondial. Cette situation a été accentuée par la crise en Ukraine », a-t-il ajouté. 

Avant même la guerre en Ukraine, l’insécurité alimentaire s’était accentuée dans le monde en raison des conflits, des crises climatiques et économiques. Mais le conflit russo-ukrainien a aggravé la crise, les deux pays assurant à eux seuls 30% du commerce mondial de blé. Et avec la guerre, les prix de l’énergie, des aliments et des métaux ont flambé. 

« Cette convergence des crises offre au continent africain une occasion unique d’opérer les changements structurels nécessaires à la transformation de nos économies », a de son côté affirmé Makthar Diop, directeur général de la Société financière internationale, une branche de la Banque mondiale. 

L’Africa CEO Forum doit notamment mettre l’accent sur la souveraineté économique du continent africain. 

Avec Adiac-Congo d’après AFP

Canada-Québec/Pénurie d’infirmières: la population invitée à ne pas aller à l’Hôpital du Lakeshore

juin 11, 2022

MONTRÉAL — En raison d’un manque de personnel, le Syndicat des professionnelles en soins de santé de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal (SPSSODIM) demande à la population d’éviter de se rendre à l’Hôpital général du Lakeshore, situé à Pointe-Claire, pour cette fin de semaine. 

La présidente du syndicat, Johanne Riendeau, indique par voie de communiqué qu’il «manque la moitié des infirmières sur plusieurs quarts de travail», soulignant que par endroit jusqu’à six infirmières de plus seraient nécessaires.  

Ce n’est pas la première fois que l’Hôpital du Lakeshore est aux prises avec une pénurie d’employés. En août 2020, le SPSSODIM invitait également la population à se présenter aux autres urgences de la région pour se faire soigner en raison d’un manque criant de professionnels de la santé. 

Mme Riendeau estime que la situation actuelle n’est plus sécuritaire à l’urgence, ni pour la population ni pour les membres qui sont épuisées, dit-elle.  

«Nous avons un taux d’occupation qui dépasse 150 % […], il ne nous est plus possible d’assurer des soins sécuritaires et de qualité à la population normalement desservie par notre établissement», a déclaré Mme Riendeau dans un communiqué.

En soirée vendredi, le site web Index Santé indiquait que le taux d’occupation de l’Hôpital du Lakeshore était de 126%. Au total, 18 personnes patientaient depuis au moins 24 heures sur une civière et neuf patients depuis 48 heures. 

Ailleurs dans le réseau montréalais, le taux d’occupation était également alarmant à certains endroits. Vendredi vers 21h30, l’Hôpital Royal Victoria affichait un taux d’occupation de 155% et l’Hôpital général juif, un taux de 187%. 

Par ailleurs, le SPSSODIM soutient que le personnel de la santé appréhende la saison estivale. Il lance un appel au gouvernement afin de mettre en place «des mesures incitatives pour pouvoir traverser l’été et obtenir des ratios sécuritaires pour prodiguer des soins de qualité à la population de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal». 

Sur son site web, le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal mentionne qu’il existe des solutions de rechange à la visite à l’urgence, telles que consulter son pharmacien de quartier ou téléphoner au 8-1-1.  

Également desservis par le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, l’Hôpital LaSalle affichait un taux d’occupation de 60% vendredi soir, et l’Hôpital de Lachine, un taux de 57%, selon le site web Index Santé. 

Avec La Presse Canadienne

Canada-Québec: Cinq spectacles annulés par Culture Trois-Rivières en raison de la pénurie de main-d’œuvre

mai 31, 2022
Marie-Mai sur scène.

Le spectacle de Marie-Mai prévu le 11juin à la salle J.-Antonio-Thompson est notamment annulé. Photo : Courtoisie / Francos de Montréal – Frédérique Ménard-Aubin

Culture Trois-Rivières vient d’annuler cinq de ses spectacles prévus en mai et juin par manque de personnel. « C’est par bienveillance pour nos équipes qui sont déjà surchargées et épuisées que nous prenons cette décision », mentionne Mélanie Brisebois, directrice des arts de la scène pour Culture Trois-Rivières.

Le spectacle de Marie-Mai prévu le 11 juin à la salle J.-Antonio-Thompson est notamment annulé.

Je suis tellement déçue, j’avais hâte de venir jouer chez vous et de retrouver l’énergie qu’on vous connaît. Chaque show qu’on a fait sur place a toujours été mémorable, a écrit l’artiste sur son compte Instagram.

Une des deux représentations de la pièce de théâtre de Robert Lepage, La face cachée de la lune, sera également annulée soit celle du 24 juin. Finalement les spectacles de P-A Méthot (28-29 mai) et de Billy Tellier (21 mai) ont déjà été annulés.

Le manque de main-d’œuvre se faisait déjà sentir avant la pandémie, mais les nombreux arrêts des salles de spectacle ont accentué le problème. Plusieurs techniciens ont quitté le domaine et ces gens spécialisés en son ou en éclairage ne sont plus disponibles.Les bancs de la salle J.-Antonio-Thompson à Trois-Rivières.

La salle J.-Antonio-Thompson (Archives) Photo: Radio-Canada

En plus de ses équipes permanentes, Culture Trois-Rivières dit avoir régulièrement besoin de main-d’œuvre supplémentaire pour tenir ses spectacles, parfois jusqu’à 10 employés de plus par représentation. Il est donc difficile de trouver ces ressources spécialisées dans le contexte actuel. L’organisation espère pouvoir favoriser la formation et le partage d’employés avec d’autres diffuseurs pour éviter l’annulation d’autres spectacles.

Des conséquences sur la prochaine saison

La pénurie de personnel qualifié pour opérer des salles de spectacle aura certainement des répercussions pour les prochaines saisons de diffusion chez Culture Trois-Rivières. L’équipe dit travailler à construire une programmation qui offrira des semaines équilibrées pour le personnel.

Le problème ne touche pas seulement Culture Trois-Rivières, selon Mélanie Brisebois : c’est à la grandeur du Québec que cette pénurie de ressources techniques se fait sentir et elle semble malheureusement s’installer pour plusieurs années.

Avec Radio-Canada par Anne-Marie Lemay

Levée du blocus d’Odessa : Macron propose de passer par l’ONU

mai 31, 2022

Moscou bloque tous les navires présents dans le port ukrainien depuis plusieurs semaines. En conséquence, l’Occident redoute une pénurie de céréales.

20 millions de tonnes de cereales sont actuellement bloquees a Odessa.
20 millions de tonnes de céréales sont actuellement bloquées à Odessa.© BENJAMIN FURST / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le président français Emmanuel Macron a annoncé mardi 31 mai avoir proposé à Vladimir Poutine le vote d’une résolution à l’ONU pour lever le blocus russe du port d’Odessa, l’objectif étant de permettre l’exportation des céréales ukrainiennes qui y sont bloquées. « J’ai proposé, dans la discussion que nous avons eue avec (le chancelier allemand) Olaf Scholz samedi dernier, au président Poutine que nous prenions l’initiative d’une résolution aux Nations unies pour donner un cadre très clair à cette opération », a-t-il déclaré à l’issue d’un sommet européen à Bruxelles.

En effet, depuis plusieurs semaines, la Russie impose dans la mer Noire un blocus aux ports ukrainiens, en particulier à celui d’Odessa. Et ce, alors que l’Ukraine cherche désespérément à exporter les quelque 20 millions de tonnes de céréales stockées dans les silos du pays d’ici aux prochaines récoltes prévues cet été, qui nécessiteront à leur tour d’être entreposées.

« La décision dépend d’un accord de la Russie et des garanties qu’elle apporte : face au déminage (du port d’Odessa) qui est indispensable pour que les vraquiers et bateaux puissent être acheminés et prendre ces céréales, (il faut) des garanties de sécurité apportées aux Ukrainiens pour éviter qu’ils ne soient attaqués », a insisté le président français. Kiev a besoin de « garanties légitimes de sécurité, c’est le cadre des Nations unies qui nous permettra de le faire », a ajouté le chef de l’État, tout en soulignant également « le rôle très important de la Turquie, compte tenu de sa responsabilité dans la mer Noire » et de ses échanges récents avec Moscou.

Des « routes prioritaires » temporairement mises en place

« Il n’est pas question que, sous le couvert d’un corridor maritime pour des raisons humanitaires, il y ait une fragilisation de la situation sécuritaire de l’Ukraine », a renchéri devant la presse Charles Michel, président du Conseil, l’organe de représentation des États membres.

Dans l’immédiat, la Commission européenne a également proposé de mettre sur pied des « routes prioritaires » par route et par chemin de fer, en mobilisant les capacités de fret de l’UE, pour acheminer une partie des stocks de céréales bloqués. « Nous travaillons sur cette proposition de la Commission, et avons discuté lors du sommet sur les différentes possibilités pour trouver des routes alternatives, mais c’est compliqué, pour des raisons logistiques, et c’est plus onéreux », a souligné le président du Conseil européen. Ces voies alternatives par train et par route permettront au mieux de transporter un tiers des stocks de blé, a confié à l’Agence France-Presse un responsable européen.

Par Le Point avec AFP

Canada: Pénurie de main-d’œuvre oblige, des enfants de 11 ans sont déjà au travail au Québec

mai 30, 2022

Si certains jeunes s’épanouissent, d’autres voient leurs droits bafoués.

Des mains essuient des ustensiles.

Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale dit ne pas disposer des données nécessaires pour établir un décompte des travailleurs âgés de 14 ans et moins. Photo: Radio-Canada/Alexis Gacon

Au Québec, un nombre croissant de préadolescents occupent des postes laissés vacants par la pénurie de main-d’œuvre, notamment dans les épiceries et dans le secteur de la restauration rapide. Face à ce nouveau contexte et compte tenu du risque de décrochage scolaire, plusieurs experts réclament des changements pour mieux encadrer le travail des enfants.

Qu’est-ce que vous souhaitez commander? C’est Amanda, 11 ans, une petite blonde aux yeux bleus pétillants, qui pose cette question. Sa tête dépasse à peine le comptoir.

Amanda, c’est la petite nouvelle de la cantine La Grande Gueule, à Saint-Alphonse-de-Granby. Derrière elle, les friteuses fonctionnent à plein régime. Amanda travaille en cuisine entre 12 et 18 heures par semaine. Ici, près du quart des 32 employés sont âgés de 11 à 15 ans.Un homme et une jeune fille lèvent le pouce.

À la cantine La Grande Gueule, à Saint-Alphonse-de-Granby, sept employés sur 32 sont âgés de 11 à 15 ans. Photo: Radio-Canada/Alexis Gacon

Au départ, le patron d’Amanda, Pascal Lamarche, n’était pas sûr de pouvoir embaucher des employés si jeunes. Des gens m’avaient dit : « As-tu le droit? » J’ai eu un doute. […] Mon comptable m’a envoyé l’information de la CNESSTCommission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail : il n’y a pas d’âge!

Au Québec, contrairement à la plupart des provinces canadiennes, il n’existe pas d’âge minimum pour travailler. En Colombie-Britannique, par exemple, cet âge est passé de 12 à 16 ans l’an dernier. Mais ici, seule une autorisation parentale écrite doit être demandée par l’employeur si la jeune personne que celui-ci veut embaucher a moins de 14 ans. Or, plusieurs interlocuteurs à qui nous avons parlé soutiennent que les employeurs ne la demandent pas toujours.

Elle a été gérée comme une adulte

Dans la cuisine du restaurant, Amanda semble insensible à la pression. Je sais ce que c’est que les rushs. Souvent, le midi ou à l’heure du souper, on a beaucoup de commandes […]. J’aime l’ambiance. Pourquoi a-t-elle commencé si jeune? Parce que j’aime travailler et je trouvais que c’était une bonne place.

La jeune équipe semble en effet se serrer les coudes et travailler dans la bonne humeur. Il en faut, car les tâches ne sont pas si simples et le rythme est soutenu. Le plus difficile, c’est de supporter la chaleur et de blanchir les frites. Si tu peux blanchir un après-midi par semaine, tu vas être capable de tout faire dans la cantine, parce que les paniers sont pesants et il fait chaud, explique Pascal Lamarche.

Au restaurant, Amanda est une employée comme les autres, dit son patron. Pour l’instant, elle fait des journées de six heures, car je ne connais pas encore sa capacité à travailler. Ses parents me disent qu’elle serait capable de faire des journées pleines. On analyse ses points forts, ses points faibles, l’endurance qu’elle va avoir. […] Tant qu’elle veut travailler, on le fait!

Même si elle est très jeune, Amanda n’a pas reçu un encadrement adapté à son âge, détaille le propriétaire. Même constat chez Marianne, qui a commencé à 12 ans à servir dans un restaurant à Saint-Jean-sur-Richelieu l’année dernière : On m’a montré les bases et on m’a dit : « vas-y! »

C’est elle qui a demandé à travailler, explique son père, Sylvain. Elle a de bonnes notes, on sait qu’elle adore apprendre. Si les notes en pâtissent, elle arrête. Mais là, elles n’ont pas baissé. Elle avoue sa joie de gagner en autonomie et d’apprendre de nouvelles choses. Elle a aussi appris à faire abstraction des remarques de certains clients qui n’hésitent pas à commenter son air juvénile ou sa taille. Il y a un client qui m’a dit que la table était trop haute pour moi!

Cette expérience lui semble bénéfique, même si le stress peut la gagner, raconte son père, comme cette fois où elle a échappé un plateau en verre par terre. Elle a pleuré. Le patron lui a dit : « Si tu pleures trop, tu t’en retournes à la maison! » Elle a été gérée comme une adulte, puis on l’a vue, elle a bien répondu, elle a essuyé ses larmes et […] elle y est retournée.

Sans jeunes, je ne suis pas capable d’avancer

Dans son restaurant, Pascal Lamarche évoque le fort potentiel d’Amanda. Ce potentiel sied aussi à un contexte : celui de la pénurie de main-d’œuvre. Actuellement, le chômage est sous la barre des 4 % au Québec. Sans les jeunes, je ne suis pas capable d’avancer, car les adultes qui veulent travailler les week-ends, c’est difficile à trouver maintenant, explique le patron du restaurant.Une femme souriante aux cheveux gris.

Roxane Larouche, représentante nationale aux TUAC, section du Québec Photo: Radio-Canada/Alexis Gacon

Roxane Larouche, représentante nationale au syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC Canada), se rend bien compte que l’âge ne compte plus au moment de recruter dans le secteur de l’alimentation. Notre plus jeune membre a 11 ans. Le représentant de service a été très surpris.

Elle observe que les jeunes adolescents sont de plus en plus nombreux à travailler dans les épiceries de la province. C’est une tendance que semble confirmer la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui a vu le nombre de blessures subies par des moins de 16 ans au travail plus que doubler entre 2018 et 2021, passant de 85 à 203.

« On voit plus de jeunes, donc le risque de blessures existe et ça pose plein d’autres défis. C’est une toute nouvelle réalité. On pensait avoir des textes de conventions qui pouvaient répondre à toutes sortes de situations, mais force est de constater que non. […] Comment encadrer ces jeunes-là? Il faut trouver des solutions maintenant, car le problème, c’est maintenant qu’il arrive! […] On est dans une situation de jamais vu. »— Une citation de  Roxane Larouche, représentante nationale au syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce

Cependant, le nombre de travailleurs de 14 ans et moins est difficile à mesurer. Le ministère du Travail du Québec ne fait pas le décompte de ces employés. En effet, le décompte, basé sur les informations de Statistique Canada, commence à l’âge de 15 ans.

D’après l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2016-2017, 22 % des jeunes du secondaire avaient un employeur qui les rémunérait. Cette proportion passe de 6 % en première année du secondaire à 47 % en cinquième secondaire.

Est-ce que tu penses que l’école, ça va être son plan A ou D?

Roxane Larouche s’inquiète du risque de décrochage quand elle observe la concurrence des entreprises qui s’arrachent les services des très jeunes, particulièrement à l’extérieur de Montréal.

« Un employeur qui a engagé un jeune d’environ 12 ou 13 ans se l’est fait voler par la scierie qui l’a embauché pour balayer à 26 dollars de l’heure. […] La question qu’on se pose, c’est : est-ce qu’on a ouvert la voie à un décrochage? […] Ces questions doivent être analysées, car c’est un problème de société. »— Une citation de  Roxane Larouche, représentante nationale au syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce

Mme Larouche fait observer que certains parents envoient leur enfant travailler dans une épicerie comme si c’était un camp de jour qui ne coûte rien.

À l’école Amos, à Montréal, l’enseignante Marie-Betty Desrouillères questionne ses élèves, âgés de 16 à 20 ans, sur le sujet du travail des jeunes. Beaucoup sont entrés sur le marché du travail dès le début de leur adolescence.

Le jeune qui commence à travailler à 11 ans […], est-ce que tu penses que l’école, ça va être son plan A ou D ? Un des élèves s’exclame : Son plan C!

Parmi ceux qui l’écoutent, certains travaillent de nuit et arrivent en classe sans avoir dormi, comme Assitan, 19 ans, tressée et cernée. Elle occupe un emploi depuis déjà six ans.

Ces jours-ci, elle finit son quart dans un dépanneur à 7 h, puis elle marche une demi-heure pour se rendre à l’école. Elle n’a pas commencé à travailler par choix; elle l’a fait pour aider sa mère. On est quatre enfants, elle est toute seule. Il y a des choses à acheter, mais elle n’a pas assez [d’argent].

Au Québec, jusqu’à l’âge de 16 ans, les employeurs doivent veiller à ce que l’école passe avant le travail. Ils ne peuvent pas demander à leurs employés de manquer l’école pour travailler et doivent s’assurer que les jeunes puissent être à leur domicile de 23 h à 6 h, sauf quelques exceptions (le gardiennage, notamment).

Toutefois, Assitan, depuis qu’elle a commencé à travailler, n’a pas souvent senti beaucoup de compréhension de la part de ses différents patrons. Les employeurs vont te manipuler. Ils vont te faire sentir à l’aise. Il n’y avait pas un jour où mon téléphone ne sonnait pas. Ils vont dire « on t’aime » juste pour que tu fasses plus d’heures.

Jemima, une autre élève de l’école Amos, travaille depuis ses 14 ans et déplore le manque de considération des gérants d’établissements de restauration rapide où elle a été employée. Tout ce qui est fast food, les boss ne sont pas compréhensifs. Moi, quand je disais que je ne pouvais pas rentrer au travail et que je devais étudier, ils me coupaient tous mes autres quarts. Je n’avais pas de quarts la semaine suivante.

On ne peut pas laisser aux enfants la responsabilité de leur propre bien-être

Selon Sarah Denenne, une avocate spécialisée en droits des enfants, il est temps que le Québec revoie sa copie dans le domaine. Il doit y avoir place à une réforme. Là, en ce moment, l’état du droit actuel, c’est qu’on doit déléguer la responsabilité de la protection au bon jugement de l’employeur et de l’enfant lui-même. […] Dans la loi, il est écrit qu’il ne doit pas avoir un travail disproportionné qui nuise à son développement; c’est très vague. Et ça, c’est une chose à laquelle il faut s’attaquer.

Le Québec est lié à la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, ratifiée par le Canada en 1991. Celle-ci stipule qu’il faut fixer un âge minimum pour travailler(Nouvelle fenêtre). Selon Sarah Dennene, le Québec est en retard sur cette question.

« On est dans un système pensé pour l’adulte et l’enfant a des besoins spécifiques : il faut protéger le développement spécifique de l’enfant. Qu’est-ce qui va être dans son intérêt? Dans le contexte actuel, est-ce que l’impératif économique ne va pas prendre le dessus sur la protection de l’enfant? […] On ne peut pas laisser aux enfants la responsabilité de leur propre bien être. […] Ils ne peuvent pas tenir tête à leurs employeurs. Plus on est jeune, plus c’est difficile. »— Une citation de  Sarah Denenne, avocate spécialisée en droits des enfants

D’après l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2016-2017(Nouvelle fenêtre), parmi les élèves qui occupent un emploi durant l’année scolaire, ceux qui travaillent de 11 à 15 heures par semaine ou 16 heures et plus étaient proportionnellement plus nombreux à présenter un niveau élevé de détresse psychologique que ceux qui consacraient moins de 11 heures par semaine à leur emploi (34 % et 37 % contre 29 %).

Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale a décliné nos demandes d’entrevue. Dans un courriel, les communications du ministère soutiennent que les lois du travail au Québec encadrent déjà le travail des adolescents.

Radio-Canada par Alexis Gacon

Canada/Pénurie de main-d’œuvre : le gouvernement du Québec cible des étudiants étrangers

mai 27, 2022
Une pancarte de l'université.

Des étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières pensent que la mesure d’exemption des droits de scolarités en faveur des étudiants étrangers devaient s’appliquer à tous les programmes d’étude (archives). Photo : Gracieuseté: UQTR

Des étudiants internationaux à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) voient en la mesure d’exemption du gouvernement du Québec une occasion manquée d’économiser sur leurs droits de scolarité. Une mesure tardive selon eux, mais qui constitue un plus pour les futurs étudiants internationaux.

Les étudiants internationaux ciblés dans le programme d’exemption des droits de scolarité doivent s’intéresser aux domaines où le manque de main-d’œuvre est le plus criant. Ils n’auront plus à payer 24 000 $ pour une année d’études à l’université, mais 3000 $, comme c’est le cas pour les étudiants québécois. De plus, ils doivent s’inscrire à temps plein dans une université francophone et être prêts à s’installer en région.

Masseni Doumbia vient de boucler sa maîtrise en gestion de projet à l’UQTR. Les deux années d’études lui ont coûté plus de 30 000 $. La nouvelle mesure annoncée par Québec arrive un peu tard dans son parcours académique. Elle y voit tout de même l’occasion d’embrasser de nouvelles opportunités.

« C’est sûr que j’aurais préféré en bénéficier, mais bon je peux toujours m’inscrire dans une autre matière et apprendre plus. Cela me donne l’opportunité d’avoir plus de diplômes. »— Une citation de  Masseni Doumbia, étudiante internationale finissante à la maîtrise à l’UQTRUne étudiante internationale à l'UQTR assise près de la cafétéria.

Même si elle vient de terminer sa maîtrise en gestion de projet à l’UQTR, Masséni Doumbia affirme qu’elle profitera de la nouvelle mesure d’exemption du gouvernement pour obtenir plus de diplôme Photo : Radio-Canada/Josée Ducharme

C’est une bonne idée au départ, estime Masséni Dumbia. Mais elle croit que la meilleure formule c’est d’élargir le cadre du programme pour permettre à plus d’étudiants d’en bénéficier.

Élisabeth Gomis, une autre étudiante internationale, abonde dans le même sens. Elle trouve dommage que la mesure ne s’applique pas à l’ensemble des professions.

C’est aussi le point de vue du recteur de l’UQTR. Ç’aurait été bienvenu que ce soit l’ensemble des programmes qui soit visé, dit Christian Blanchette, mais on voit que le gouvernement a une stratégie très orientée vers certaines des professions qui sont en manque. C’est bienvenu dans ces professions-là.

« On apprécierait un programme qui nous permet d’attirer des étudiants dans toutes les disciplines parce que la pénurie de main-d’œuvre s’observe dans toutes les disciplines. »— Une citation de  Christian Blanchette, recteur de l’UQTR

Par ailleurs, M. Blanchette pense que la mesure d’exemption du gouvernement est une solution à moyen terme qui peut contribuer à atténuer le problème, et qu’il ne s’agit pas de la seule solution à mettre en place. Il admet toutefois qu’il s’agit d’une mesure attractive qui permettra de recruter plus d’étudiants.

Les étudiants francophones traités en parents pauvres

Christian Blanchette déplore le temps pris par Ottawa pour livrer les permis aux étudiants étrangers. Il appelle à une hausse du taux d’acceptation des étudiants internationaux francophones.

Les dossiers des étudiants francophones qui ont choisi des universités québécoises doivent être traités de manières diligentes et qu’on ait des taux d’acceptation plus élevée qu’un étudiant sur 10 affirme t-il.

Le président de l’Association générale des étudiants de l’UQTR accueille positivement la nouvelle mesure d’exemption, cependant il aurait préféré que le gouvernement règle le problème à la source en adoptant une résolution face à la déréglementation des droits de scolarité des étudiants internationaux. Philippe Dorion invite le gouvernement à revoir son plan pour cette catégorie d’étudiants.

« L’ Association Générale des étudiants de l’UQTR est contre la déréglementation, et nous demandons au gouvernement de faire une étude d’impact sur les droits de scolarité des étudiants internationaux et sur le financement des universités au Québec. »— Une citation de  Philippe Dorion, président de l’Association générale des étudiants de l’UQTR

Il faut que la solution dure dans le temps et ne s’applique pas à une période spécifique ou à un groupe d’étudiants, soutient M. Dorion.

Cette mesure non rétroactive entrera en vigueur à partir de l’automne 2023. Une enveloppe de 80 millions $ sera disponible sur quatre ans dans le cadre de ce programme.

Avec Radio-Canada par

Anne Merline Eugène

Anne Merline Eugène

Canada: Vieillissement et pénurie de main-d’œuvre : la solution de l’immigration

avril 30, 2022
Deux personnes âgées, de dos, assises sur un banc.

Le Québec est l’endroit le plus frappé par le phénomène de vieillissement de sa population parmi les provinces les plus populeuses au pays. Photo: Radio-Canada

Les données de Statistique Canada sur le vieillissement de la population cette semaine devraient sonner comme une alarme au bureau du premier ministre du Québec. Non seulement le vieillissement est bien engagé, mais le Québec est l’endroit le plus frappé par ce phénomène parmi les provinces les plus populeuses au pays. Il y a urgence d’agir.

L’effet structurel du vieillissement sur le marché du travail, sur la compétitivité de l’économie, la pénurie de main-d’œuvre et la capacité à croître n’est pas à sous-estimer. Et pour en atténuer les répercussions, toutes les solutions doivent être explorées et possiblement utilisées.

Le problème, c’est qu’à chaque fois qu’on parle de pénurie de main-d’œuvre et de vieillissement de la population qui ont un impact économique important, le gouvernement répond par de multiples engagements, des intentions, des programmes, des rapports et des tables rondes, mais le constat, année après année, ne change pas : la pénurie de main-d’œuvre prend de l’ampleur et les effets du vieillissement se font de plus en plus sentir.

Sur le plan économique, ces enjeux sont structurels et peuvent entraîner des dommages durables. Ce sont des enjeux qui ne sont pas séduisants dans le discours politique. Ils sont complexes, ils sont difficiles à expliquer et certaines solutions, en particulier celle de l’immigration, sont généralement coincées dans toutes sortes d’affrontements partisans à l’Assemblée nationale qui ne nous font pas avancer.

Les problèmes structurels du Québec

La solution de l’immigration pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre et au vieillissement de notre population n’est pas la seule, loin de là. Et elle comporte sa part de défis. Mais, malgré les enjeux d’intégration, elle ne peut pas être rejetée du revers de la main. Il faut travailler à l’intégration des immigrants pour que cette solution fonctionne.

Pourquoi j’écris ça? Parce que le Québec est aux prises avec des problèmes structurels qui pourraient ralentir son économie et nuire au financement nécessaire du système de santé, de nos écoles et de nos services sociaux, des soins également pour nos aînés.

Les données de Statistique Canada sont éloquentes :

  • C’est au Québec, parmi les provinces les plus populeuses, qu’on retrouve la part la plus élevée de personnes âgées de 65 ans et plus, soit 20,6 %;
  • Le part des 65 ans et plus passera à près de 26 % en 2043 par rapport à 23,7 % pour la moyenne canadienne;
  • Le poids démographique du Québec dans le Canada passera de 22,6 % en 2018 à une fourchette allant de 20,1 % à 20,6 % en 2043 selon plusieurs scénarios explorés. Pendant ce temps, en Ontario, cette part passera de 38,6 % à environ 39,3 %;
  • Et les personnes en voie de prendre leur retraite, les 55-64 ans, représentent 23,2 % de la population en âge de travailler au Québec, contre 21,8 % dans l’ensemble du pays.

Selon Statistique Canada, la migration internationale est le principal moteur de la croissance au Québec dans tous les scénarios et compense un accroissement naturel négatif ou en baisse au cours de la projection (du fait du vieillissement de la population) ainsi que des pertes au chapitre de la migration interprovinciale dans tous les scénarios.

Autrement dit, sans l’immigration, la croissance démographique du Québec va rester plus lente qu’ailleurs. Et cet état de fait représente un poids sur notre économie et nos finances publiques.

Dans un texte publié en octobre dernier, j’expliquais combien le Québec était en désavantage numérique par rapport aux provinces les plus populeuses au Canada. J’expliquais que :

  • Depuis 2011, la population de l’Alberta avait progressé de 21,9 %, celle de la Colombie-Britannique de 18,5 %, et celle de l’Ontario avait augmenté de 15,4 %. Pendant ce temps, au Québec, la hausse de la population n’avait été que de 8,9 %;
  • Et puis, depuis 2011 toujours, le nombre des 25-54 ans, le cœur battant de la main-d’œuvre, avait chuté de 2,2 % au Québec, alors qu’il avait crû de 4,9 % en Ontario et de 9,9 % en Alberta et en Colombie-Britannique.

Pour atténuer la pénurie de main-d’œuvre, il faut miser sur la formation. Le ministre de l’Emploi Jean Boulet travaille d’arrache-pied à mettre en place différents programmes pour tenter d’aider les entreprises et les travailleurs à se transformer.

Pour atténuer les effets du vieillissement de la population, il faut miser sur une amélioration de la productivité. Et ça, ça passe par l’automatisation, des investissements importants de la part des entreprises, et… plus de bras!

Dans une étude publiée en novembre dernier, l’Institut du Québec écrivait que le Québec devait s’assurer d’atteindre les seuils fixés en matière d’accueil d’immigrants. Le Québec doit aussi rattraper les réductions des années pandémiques.

Rattraper ces retards par rapport à la cible, écrivait l’Institut du Québec, est important pour l’économie québécoise pour deux raisons principales. D’une part, cette immigration a pour but de combler des besoins immédiats sur le marché du travail et, d’autre part, plusieurs personnes actuellement en sol québécois et en attente de l’octroi d’un statut de résidence permanente risquent de se décourager en quittant le Québec ou de perdre leur emploi si les délais ne se résorbent pas.

L’Institut appelait à une réduction des délais d’admission des immigrants et une meilleure reconnaissance des compétences et de l’expérience étrangère. Québec a annoncé une entente avec le gouvernement fédéral, le 1er avril dernier, pour accélérer la venue de travailleurs étrangers. Le gouvernement Legault a aussi annoncé, il y a quelques jours, la tenue de 17 missions à l’étranger pour tenter d’attirer 3000 travailleurs au Québec.

Il faut mettre fin aux débats partisans sur l’immigration et s’intéresser davantage à l’économie, la société, la démographie, le financement de nos services publics. L’immigration fait partie de la solution québécoise pour maintenir notre niveau de vie et notre modèle de société.

Avec Radio-Canada par Gérald Fillion

Guerre en Ukraine : de l’inflation jusqu’en 2024, selon la Banque mondiale

avril 27, 2022

Selon les projections de l’institution, la hausse du prix des produits de base provoquée par la guerre en Ukraine sera sensible durant les deux prochaines années. Et pourrait se faire sentir encore plus longtemps si le conflit perdurait.

Début de pénurie dans un supermarché tunisois, le 8 avril 2022. © Chedly Ben Ibrahim/Bloomberg/Getty

Dans son dernier rapport sur les perspectives des marchés des produits de base, publié le 26 avril, la Banque mondiale ne se montre guère optimiste. Selon l’institution de Bretton Woods, «la guerre en Ukraine, en provoquant un choc majeur sur ces marchés, a modifié les structures mondiales des échanges, de la production et de la consommation de telle sorte que les prix resteront à des niveaux historiquement élevés jusqu’à la fin de 2024». Ce choc inflationniste durera tant sur le front énergétique que sur le front alimentaire, avec des pics jamais atteints depuis la crise pétrolière de 1973, affirme la Banque.

« Comme cela avait été le cas à l’époque, le choc est aggravé par la recrudescence des restrictions pesant sur le commerce des denrées alimentaires, des carburants et des engrais », explique Indermit Gill, vice-président de la Banque mondiale chargé de la croissance équitable, des finances et des institutions. Cette situation a « commencé à faire planer le spectre de la stagflation », ajoute-t-il, appelant « les responsables politiques à saisir toutes les occasions d’encourager, chez eux, la croissance économique et d’éviter toute action qui porterait préjudice à l’économie mondiale ».

Jamais depuis 2008 la hausse du prix des produits alimentaires – dont la Russie et l’Ukraine sont de grands producteurs – et des engrais, qui sont fabriqués à partir du gaz naturel, n’avait été aussi forte. De manière générale, la Banque mondiale estime que les prix des produits non énergétiques, notamment ceux des produits agricoles et des métaux, devraient augmenter de près de 20% en 2022 avant de se stabiliser au cours des années suivantes. Ceux des denrées alimentaires devraient rester bien supérieurs à la moyenne de ces cinq dernières années.

De même, selon les prévisions de l’institution, les prix de l’énergie augmenteront de plus de 50% en 2022 avant de s’atténuer en 2023 et 2024. Le prix du pétrole brut (Brent) devrait ainsi atteindre une moyenne de 100 dollars le baril en 2022 – son plus haut niveau depuis 2013 –, et augmenter de plus de 40% par rapport à 2021. Les prix devraient se modérer à 92 dollars en 2023, bien au-dessus de la moyenne sur cinq ans de 60 dollars le baril.

L’UTILISATION MOINDRE DES INTRANTS PÈSERA SUR LA PRODUCTION ET SUR LA QUALITÉ DES ALIMENTS

Le scénario du pire

D’après John Baffes, économiste principal au sein du groupe Prospects de la Banque mondiale, « la forte hausse du prix des intrants, tels que l’énergie et les engrais, pourrait entraîner une réduction de la production alimentaire, notamment dans les économies en développement ». « L’utilisation moindre des intrants pèsera sur la production et sur la qualité des aliments, ce qui affectera les disponibilités alimentaires, les revenus des populations rurales et les moyens de subsistance des pauvres », poursuit-il.

Ces projections ne sont toutefois pas figées. En cas de guerre prolongée ou de sanctions supplémentaires à l’encontre de la Russie, les prix pourraient être encore plus élevés et plus volatils, avertit la Banque.

Avec Jeune Afrique par Maureen Songne

France: Vers une pénurie de prêtres dans la Manche

décembre 24, 2021

Plusieurs diocèses normands s’apprêtent à voir le nombre de messes célébrées dans les églises se réduire drastiquement, explique « Le Parisien ».

C’est un constat alarmant qui ne manque pas d’inquiéter de nombreux fidèles de l’Église. Comme le rapporte Le Parisien, le nombre de plus en plus limité de prêtres dans le département de la Manche va engendrer une réduction drastique des célébrations de messes dans de nombreux lieux de culte. Le quotidien souligne que la moitié des 50 prêtres actuellement en exercice aura atteint la limite d’âge d’ici 2026, obligeant les diocèses à se réorganiser.

« Il faut se faire à l’idée que le temps où l’on avait un curé par église est révolu depuis longtemps. Même la situation actuelle n’est pas tenable. Certains ont du mal à l’admettre, mais c’est un principe de réalité », a regretté Mgr Le Boulc’h auprès du Parisien, avant de dresser la situation alarmante de son diocèse de Coutances-Avranches.

« On ne peut donc pas faire autrement que de réduire le nombre de lieux eucharistiques, c’est-à-dire les lieux où les messes sont célébrées. Dans notre département, nous en comptons aujourd’hui une cinquantaine. Nous allons progressivement nous organiser pour qu’il n’y en ait plus que 15 d’ici 3 ans », annonce-t-il.

« La stratégie de l’évêque est catastrophique »

Cette conséquence directe du faible nombre de prêtres est fortement mal accueillie par les fidèles pour de multiples raisons. « Les gens, et a fortiori nos aînés, sont souvent très liés à leur paroisse. Ils y ont été baptisés, s’y sont mariés. Il y a un attachement fort qui n’est pas interchangeable », souligne un fidèle de l’église Notre-Dame-du-Travail à Tourlaville, menacée d’être à l’avenir privée de ses messes régulières.

Ce dernier explique également que la question de proximité est un facteur non négligeable pour les catholiques : « On va fermer les églises où ils sont toujours allés, mais en plus il faudrait qu’ils fassent 5 ou 10 km pour aller en ville dans une paroisse où ils n’ont aucun repère », fustige-t-il auprès du quotidien. « La stratégie de l’évêque est catastrophique. Elle nous est imposée d’en haut comme s’il s’agissait de ressources humaines. Les fidèles ont besoin de leurs paroisses, de leurs repères », regrette un autre fidèle face à cette réorganisation qui pourrait s’aggraver encore dans les décennies à venir.

Avec Le Point

Pénurie de main-d’œuvre: les employeurs appellent Québec à l’aide

novembre 12, 2021

MONTRÉAL — Les employeurs du Québec demandent au gouvernement d’agir d’urgence et avec force pour s’attaquer à la pénurie de main-d’œuvre.

© Fournis par La Presse Canadienne

À l’approche de la présentation de la mise à jour économique du gouvernement Legault, six grandes organisations d’employeurs ont livré vendredi à Montréal une liste de cinq demandes afin de contrer ce qu’elles qualifient de crise sans précédent et même de situation catastrophique dans l’économie québécoise.

En tête de liste, les organisations réclament une accélération du processus d’immigration, blâmant les délais beaucoup plus longs au Québec qu’ailleurs au pays, surtout que la pandémie a freiné l’arrivée de nouveaux immigrants.

Toujours en immigration, elles réclament une plus grande régionalisation de l’immigration pour combler les besoins en région.

Les organisations d’employeurs insistent également sur l’instauration de mesures pour garder ou ramener les travailleurs plus âgés en emploi.

Enfin, elles réclament un soutien aux PME pour requalifier la main-d’oeuvre et un appui pour faciliter l’implantation de nouvelles technologies et la modernisation des entreprises.

Les organisations qui lançaient cet appel, vendredi, sont l’Union des municipalités du Québec (UMQ), le Conseil du patronat (CPQ), le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) 

Bien qu’elles représentent, à l’exception de l’UMQ, des employeurs privés, les organisations ont insisté sur le besoin de mettre en place de telles mesures pour combler également le manque d’employés dans le secteur public, notamment en santé, en éducation et en petite enfance.

Avec Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne