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Brésil: un ex-directeur de Petrobras accuse Lula d’avoir dirigé le réseau de pots-de-vin

mai 6, 2017

 

L’ex-président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva le 5 mai 2017 à Sao Paulo / © AFP / NELSON ALMEIDA

Luiz Inácio Lula da Silva avait « pleinement connaissance » de l’existence du réseau de pots-de-vin chez Petrobras et le dirigeait, a affirmé vendredi un ex-directeur du groupe pétrolier, une accusation rejetée par la défense de l’ex-président brésilien.

Renato Duque, ancien directeur des services de Petrobras, a assuré devant le juge Sergio Moro qu’il avait rencontré Lula au moins à trois reprises en 2012, 2013 et 2014, dans une déclaration filmée diffusée par les principaux médias brésiliens.

« A ces trois occasions, il a été clair, très clair pour moi, qu’il (Lula) avait pleinement conscience de tout et qu’il avait le commandement » du réseau de corruption autour du géant pétrolier, a affirmé M. Duque, qui purge une peine de prison de plus de 50 ans pour corruption passive et blanchiment d’argent.

Ces graves accusations ont été immédiatement démenties par un avocat de l’ancien président de gauche (2003-2010), Cristiano Zanin Martins, qui y voit une tentative de « négocier de futurs avantages en échange d’accusations frivoles ».

Lula doit être entendu le 10 mai par le juge Sergio Moro, à la tête de l’enquête « Lavage Express » qui éclabousse une grande partie de la classe politique brésilienne.

Le leader emblématique de la gauche latino-américaine, fondateur du Parti des travailleurs (PT), est soupçonné d’avoir reçu un triplex du constructeur OAS en remerciement d’avantages supposés accordés à l’entreprise dans des contrats avec le groupe d’État Petrobras.

Au total, il affronte cinq procédures judiciaires différentes dans cette enquête tentaculaire, la justice l’accusant d’avoir dirigé le réseau de pots-de-vins autour de Petrobras.

Malgré ces accusations, qu’il nie fermement, il est le grand favori des prochaines élections générales d’octobre.

Romandie.com avec(©AFP / 06 mai 2017 09h04)                

Brésil/Corruption: un ministre clé se met en réserve du nouveau gouvernement

mai 23, 2016

Brasilia – Un ministre clé du gouvernement intérimaire brésilien de Michel Temer, celui de la Planification Romero Juca, a annoncé qu’il se mettait en réserve, après sa mise en cause dans le scandale de corruption Petrobras.

Je me mets en réserve à partir de demain, a déclaré M. Juca, accusé d’avoir oeuvré à la destitution de la présidente de gauche Dilma Rousseff dans l’objectif de stopper l’enquête sur le scandale de corruption Petrobras, selon un enregistrement compromettant publié lundi par le quotidien Folha de Sao Paulo.

Je ne veux qu’aucune manipulation malintentionnée puisse porter préjudice à l’action du gouvernement mis en place le 12 mai par le vice-président Michel Temer, après la suspension du mandat de la présidente Dilma Rousseff par le Sénat dans le cadre d’une procédure de destitution controversée pour maquillage des comptes publics.

M. Juca a expliqué qu’il allait demander au parquet fédéral de se prononcer rapidement sur la légalité du contenu de sa conversation enregistrée en mars par un ancien sénateur de son parti, Sergio Machado, ex-président de la compagnie pétrolière Transpetro, soupçonné comme lui de corruption dans le dossier Petrobras.

La destitution est nécessaire. Il n’y a pas d’autre issue. Il faut résoudre toute cette merde. Il faut changer le gouvernement pour stopper l’hémorragie, déclare notamment M. Juca dans cette conversation qui a fait l’effet d’une nouvelle bombe politique au Brésil.

Romero Juca a assumé récemment la présidence du grand parti centriste PMDB de Michel Temer, qui a précipité la chute de Mme Rousseff en claquant la porte de sa coalition chancelante fin mars.

Cette nouvelle crise tombe au plus mal pour Michel Temer, dont la volonté déclarée de ne pas entraver l’enquête Petrobras avait déjà été mise en doute par la nomination de sept ministres visés par la justice dans son gouvernement de salut national, dont M. Juca.

Dilma Rousseff a été suspendue de ses fonctions pour six mois dans l’attente du jugement final des sénateurs sur sa destitution pour maquillage des comptes publics.

Elle n’a cessé de se dire victime d’un coup d’Etat institutionnel ourdi par son ex-allié devenu rival, Michel Temer, qu’elle a accusé d’être un traitre et un conspirateur.

Romandie.com avec(©AFP / 23 mai 2016 22h56)

Brésil: le président de l’Assemblée sera jugé pour corruption dans l’affaire Petrobras

mars 3, 2016

Brasilia – Le président de la Chambre des députés du Brésil Eduardo Cunha sera jugé par la Cour suprême dans le cadre du scandale Petrobras, pour avoir reçu au moins cinq millions de dollars de pots-de-vin, a annoncé jeudi la haute institution.

La décision est prise à l’unanimité des dix juges, a déclaré le président de la Cour, Ricardo Lewandowski, répondant favorablement à la demande du parquet fédéral de mise en examen du principal rival politique de la présidente Dilma Rousseff.

M. Cunha est mis en examen pour corruption passive et blanchiment d’argent.

Le troisième personnage de l’Etat brésilien devient le premier homme politique protégé par son immunité parlementaire à comparaître devant la Cour suprême dans le cadre du scandale de corruption Petrobras, qui a coûté plus de deux milliards de dollars à cette compagnie pétrolière publique.

Au Brésil, la Cour suprême est la seule institution à pouvoir juger les responsables politiques qui jouissent d’une immunité.

L’année dernière, le procureur général de la République Rodrigo Janot avait mis en cause M. Cunha pour avoir demandé des dessous de table dans le but de favoriser la construction de deux navires destinés à Petrobras, entre juin 2006 et octobre 2012.

Ces deux contrats s’élevaient à 1,2 milliard de dollars, selon le parquet.

L’enquête sur Petrobras est considérée comme la plus vaste de l’histoire du Brésil et implique des parlementaires, des gouverneurs, des anciens dirigeants de la compagnie ainsi que de grands industriels du pays.

Le polémique et très conservateur Eduardo Cunha est au coeur de la crise politique et économique qui secoue le pays et a infligé de sévères défaites au gouvernement de gauche de Mme Rousseff en 2015.

Se voyant accusé de corruption, c’est lui qui a accepté d’ouvrir une procédure de destitution à l’encontre de la chef de l’Etat qui avait été présentée par un groupe de juristes, soutenus par l’opposition, qui l’accusent d’avoir maquillé les comptes publics.

Le gouvernement voit dans cette procédure d’impeachment une tentative de revanche de l’opposition qui n’accepte pas d’avoir perdu les élections fin 2014.

De son côté, le président de l’Assemblée a déjà annoncé qu’il ne renoncerait pas à son poste et que seul le Congrès peut écourter son mandat.

Romandie.com avec (©AFP / 03 mars 2016 21h59)