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Congo : calendrier serré pour un accord avec Glencore

novembre 11, 2021
Terminal pétrolier de Djéno près de Pointe-Noire, 2012. © Antonin Borgeaud/Éditions du Jaguar

Les autorités de Brazzaville se donnent un an pour renégocier la créance du pays envers le géant mondial du négoce.

En marge de la conférence African Energy Week, qui se tient du 9 au 12 novembre au Cap, en Afrique du Sud, Bruno Itoua, le ministre congolais de l’Énergie et des Hydrocarbures, a indiqué que le gouvernement espérait parvenir à un accord avec Glencore au cours de l’année à venir. À défaut, Brazzaville n’exclut pas la possibilité de rechercher une tierce partie pouvant racheter sa dette envers le géant anglo-suisse du négoce. « Je n’ai pas perdu l’espoir que nous trouverons une solution avec Glencore », a-t-il indiqué, rapporte l’agence Reuters. « Le moment est idoine (…) et nous espérons ne pas devoir attendre un an pour arriver au bout de tout cela ». Contacté par Jeune Afrique, le groupe Glencore n’a pas souhaité faire de commentaires.

Bruno Jean Richard Itoua (Congo), ministre de l’Énergie, le 16 avril 2010.
Bruno Jean Richard Itoua (Congo), ministre de l’Énergie, le 16 avril 2010. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Durcissement des conditions d’accès aux marchés financiers

Entre 2015 et 2016, Glencore – appuyé par un consortium de banques – a accordé un prêt de 850 millions de dollars au gouvernement congolais, censé être remboursé grâce à des livraisons de pétrole sur une période de cinq ans. Ces mécanismes de prépaiement, adossés aux ressources naturelles, sont devenus populaires auprès de certains producteurs africains d’hydrocarbures à la suite de la crise financière de 2008 et du durcissement des conditions d’accès aux marchés de capitaux. Toutefois, la chute des prix du brut est venu compliqué l’équation pour les pays africains. Après une demi-douzaine d’années au-dessus de 100 dollars, le baril de brut a brusquement reculé restant dans une fourchette de 40 à 60 dollars entre 2015 et 2017. Il a depuis lors rarement dépassé 80 dollars.

Une situation qui a durement affecté le Congo-Brazzaville, dont l’endettement est resté supérieur à 100% du PIB ces dernières années, contraignant le pays à renégocier son endettement auprès des traders. Si un accord de principe a été trouvé avec Trafigura, autre géant suisse du négoce, les discussions avec Glencore ont elles pris du retard, des divergences existant notamment quant à la décote que les prêteurs devraient accepter sur le montant de cette dette.

Compte tenu de la taille et la prépondérance de ce type de prêts aux conditions opaques et aux taux d’intérêt élevés, David Mihalyi, économiste au Natural Ressource Governance Institute avait indiqué dans une note datant de juin 2020 que « les négociants en matières premières devraient également se joindre à l’effort mondial d’allègement de la dette ».

Appui du FMI

Le FMI, qui pressait Brazzaville d’obtenir un décote de 30%, est toutefois dans la dernière ligne droite en vue de la signature d’un accord de financement avec le gouvernement congolais. Ce prêt d’une valeur de 456 millions de dollars devrait être soumis à la mise en œuvre de plusieurs réformes pour renforcer la gouvernance et la transparence dans la gestion de ressources publiques et pétrolières du pays. Selon Bruno Itoua, cité par Reuters, l’accord avec le FMI pourrait renforcer la position du pays vis-à-vis de Glencore.

Selon les données de la Banque mondiale, la dette de la république du Congo a atteint 103 % du PIB en 2020. Elle est anticipée à 93% d’ici à la fin 2021. Selon le FMI, en décembre dernier, la dette publique brute dans le cadre des accords de prépaiements pétroliers était estimée à 1,9 milliard de dollars (environ 17,3% du PIB). La dette publique brute du pays était estimée, à la même échéance, à 11 milliards de dollars, dont près de 7 milliards de dollars vis-à-vis de créditeurs extérieurs.

Outre ses négociations avec Brazzaville, Glencore est en discussions avec les autorités tchadiennes. Le négociant doit obtenir l’avant de N’Djamena pour céder ses champs pétroliers dans le pays Tchad à la société pétrolière et gazière française Perenco, a indiqué l’agence Reuters, début novembre, citant un porte-parole de la société. Le géant minier anglo-suisse a acheté ces champs pétroliers en 2014 et les a mis en vente en 2019.

Avec Jeune Afrique

Madagascar-Une île pauvre : Condamnée à un avenir radieux

octobre 1, 2021

Tous les  experts sont unanimes : Madagascar regorge de ressources naturelles (uranium, titane, nickel, pétrole). L’or et les pierres précieuses les plus  recherchées  dans le  monde ont  fait la fortune de  tous  les trafiquants locaux  et étrangers sans que la population bénéficie des retombées financières…Selon  des sources crédibles, l’île  vit dans un  contexte politique que la pandémie avait perturbé jusqu’à presque paralyser le pays. Situation  qui  a permis à une opposition  sans ossature réelle ni  institutionnelle de traiter Andry Rajoelina et  son  équipe de  tous les  noms avec une  forte  dose  de mauvaise  foi pour faire  de l’agitation.  Avec  des  intentions insurrectionnelles à peine  cachées.

L’actuel  Chef  de l’Etat n’a jamais caché ses intentions de ne plus compter désormais qu’uniquement  sur nos propres  ressources pour développer le pays. Avec les succès récents de ses bonnes relations positives avec les partenaires techniques et financiers internationaux, ses détracteurs l’accusent alors (à tort bien  entendu) de double langage et de démagogie. Ironie  du  sort et  comme pour  donner  raison à Andry  Rajoelina, la  Banque Mondiale  comme le Fonds Monétaire International (F.M.I) viennent d’octroyer des  enveloppes consistantes et  des allocations de plusieurs millions  de  dollars dans  des conditions favorables au  système en place…

Dans les  rangs  des éternels agitateurs de  service, on digère mal le  fait que dans le contexte des dures réalités post-coronavirus très  critiques, l’aide exceptionnelle du FMI  sous la  forme d’un « don non remboursable » de 332 millions  de  dollars de  Droits  de  Tirage Spéciaux  en  date  du 23 septembre dernier pour la République de Madagascar s’ajoute au financement de 312,4 millions de dollars du Fonds Monétaire International au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) du mois  de mars dernier. C’est une  énorme bouffée  d’oxygène alors qu’en face on attendait à une paralysie  économique du  régime. Le pouvoir  en place obtient ainsi  le  feu  vert pour les projets de développement dans différents secteurs (infrastructures, énergie renouvelable, protection sociale,  surtout les adductions d’eau dans le Sud et de lutte contre la malnutrition).

Avec toutes les bonnes cartes entre les mains, Madagascar a  bon  espoir pour le  bien-être de ses habitants. A une  seule  condition : maintenir le cap de la bonne  gouvernance débarrassée des brebis  galeuses de la  République.

Avec La Gazette de La Grande Ile par Noël Razafilahy

[Enquête] Armes contre pétrole : les affaires louches de Semlex et Gunvor en Côte d’Ivoire

octobre 22, 2020
Armes remises à l'ONUCI par d'ex-combattants de la crise post-électorale, à Abidjan, en juillet 2012.

Pendant la crise postélectorale, les sociétés Semlex et Gunvor ont été au cœur d’un système visant à fournir des armes au régime de Laurent Gbagbo, en violation de l’embargo des Nations unies. L’OCCRP et « Jeune Afrique » vous dévoilent les dessous de ce montage complexe.

*Cet article est issu du travail de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP, un consortium de journalistes d’investigation fondé en 2006), auquel Jeune Afrique a collaboré. L’original, en anglais, peut être lu ici.

Nous sommes entre fin février et début mars 2011, à Genève, en Suisse, dans un salon privé d’un palace donnant sur le Rhône, le Mandarin. Ici, les chuchotements sont de rigueur. Les affaires se concluent à l’abri des regards, dans l’illusion d’un secret cinq étoiles. Un petit groupe d’hommes d’affaires s’est réuni avec, parmi eux, des représentants de l’entreprise Gunvor, spécialisée dans le commerce de produits pétroliers.

Basée à Genève, cette société appartient alors en copropriété au milliardaire suédois Torbjörn Törnqvist et à Gennady Timchenko, un oligarque russe étroitement lié au Kremlin. Active en Côte d’Ivoire, elle travaille à Abidjan avec la Société nationale d’opérations pétrolières ivoirienne, communément connue sous le nom de Petroci.

Alors que s’amorce la crise de 2010-2011, Gunvor, négociant pétrolier parmi les plus puissants du marché, est en réalité l’un des piliers du pouvoir du président ivoirien, Laurent Gbagbo. Au point, selon l’enquête de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) à laquelle Jeune Afrique a participé, d’essayer de l’aider à se fournir en armes et en munitions.

Deux Français au cœur du système

Retour en Suisse. Au cœur de la réunion du Mandarin, un homme : Olivier Bazin. Connu sous le nom de « Colonel Mario », il a commencé à travailler pour Gunvor en Afrique en 2007, en tant que représentant en Angola. Il a ensuite poursuivi cette collaboration, au Congo-Brazzaville et en Côte d’Ivoire. Mis en cause en France dans diverses affaires de meurtre ou d’extorsion de fonds liées au milieu corse (les charges ont ensuite été abandonnées), l’homme a été condamné en 2009 pour blanchiment d’argent et contrebande d’or en lien avec le Gabon.

Décrit par un procureur suisse comme un marchand d’armes international, Bazin est l’un des hommes à tout faire de Gunvor sur le continent, et il avoue enchaîner les réunions « à Abidjan, Brazzaville, Malabo, […] Genève, […] Paris, Bruxelles, Londres » pour le compte de la société pétrolière. Son nom est bien connu sur les bords de la lagune Ebrié : il fait l’objet d’une plainte déposée par Guillaume Soro, qui l’accuse d’être l’un des auteurs de l’enregistrement qui lui vaut d’être accusé d’atteinte à la sécurité de l’État par les autorités de son pays.

Autre interlocuteur de la réunion du Mandarin : Robert Montoya. Lui non plus n’est pas un inconnu à Abidjan. Cet ancien policier français, devenu chef d’un réseau international d’armes est, selon les experts des Nations unies ayant enquêté sur lui, l’un des principaux fournisseurs de la Côte d’Ivoire depuis 2005. Sa spécialité : échanger armes et munitions d’origine biélorusse, russe ou lettone contre des ressources telles que le pétrole ou le cacao. L’ONU estime que le réseau de Montoya a vendu au gouvernement ivoirien au moins 16,3 millions de dollars d’armes entre 2006 et 2010 (13,9 millions d’euros)

« Voici l’équipement dont nous avons besoin »

L’objet de cette discrète réunion genevoise a-t-il été défini quelques semaines auparavant ? Le 24 janvier, Aubert Zohore, un conseiller de Laurent Gbagbo aujourd’hui réfugié aux États-Unis, écrit à Olivier Bazin un message confidentiel. Attaché à celui-ci, un tableau très détaillé dans lequel il énumère les armes qu’il souhaiterait se procurer, représentant un total de 4,5 millions d’euros. « Voici l’équipement dont nous avons besoin de toute urgence », explique-t-il. La liste comprend près de 7 millions de cartouches, 6 000 roquettes et 300 grenades fumigènes.

LE PRÉSIDENT GBAGBO VOULAIT OBTENIR LE SOUTIEN DE GUNVOR POUR ACHETER DES ARMES EN RUSSIE

Deux jours plus tard, le 26 janvier, Olivier Bazin transmet le message à un responsable de Gunvor. Il écrit : « Comme indiqué, je vous envoie la liste des équipements demandés par le [représentant du président] aux Russes. Veuillez confirmer que vous avez reçu cet e-mail. »

Une source au fait de l’accord explique : « Le président Gbagbo a demandé à Bazin d’obtenir le soutien de Gunvor pour acheter des armes en Russie. Bazin et Montoya ont impliqué cette entreprise dans l’accord d’armement et tous deux l’ont rencontrée à Genève à cette fin. » Elle affirme également que les armes ont été payées et que certaines d’entre elles ont été livrées avant l’arrestation de Laurent Gbagbo en avril 2011.

Dans le même temps, Olivier Bazin met en branle l’autre pan du montage ivoirien. Selon les informations de l’OCCRP, il alerte en particulier Semlex, une entreprise belge spécialisée dans la biométrie et implantée en Côte d’Ivoire, où elle est liée par contrat à Gunvor dans le domaine du pétrole depuis 2008. Olivier Bazin est à la fois le représentant de Gunvor et le mandataire de Semlex pour traiter avec cette société, l’État ivoirien et Petroci, comme le montre un document consulté par Jeune Afrique et daté de 2009.

Selon ce document de 2009, Olivier Bazin était à la fois le représentant de Gunvor et le mandataire de Semlex pour traiter avec cette société, l’État ivoirien et Petroci

Semlex est également liée par contrat à une autre entreprise, Caminex, un négociant en pétrole installé en Tunisie. Les deux entités, comme Gunvor et Semlex, collaborent dans le domaine pétrolier, selon un document en possession de Jeune Afrique daté de 2010.

Selon ce document de 2010, Semlex et Caminex, un négociant en pétrole installé en Tunisie, collaboraient dans le domaine pétrolier

Mais Caminex n’est pas tout à fait ce qu’elle prétend être : selon des observateurs de l’ONU, elle est l’une des nombreuses entreprises utilisées par Robert Montoya et un autre Français, Frédéric Lafont.

Un réseau d’entreprises, de la Tunisie à la Lettonie

Lafont, ancien légionnaire français installé en Côte d’Ivoire qui s’est reconverti dans la sécurité privée au début des années 2000, a notamment formé les escouades anti-émeute de Laurent Gbagbo. Il est surtout à la tête, en collaboration avec Robert Montoya, d’une kyrielle d’entreprises, telles que Darkwood, Protect, Caminex et Sophia Airlines, qui seront plus tard identifiées par l’ONU comme fournissant de l’armement et blanchissant l’argent issu de ce commerce. Mais il a toujours nié, par l’intermédiaire de son avocat, Gilbert Collard, les accusations onusiennes, « concoctées par jalousie » selon lui.

MONTOYA ET LAFONT ACHEMINAIENT SECRÈTEMENT DES ARMES VERS LES FORCES DE LAURENT GBAGBO

Dans un rapport daté de 2012, les experts de l’ONU ont ainsi expliqué que Montoya et Lafont avaient utilisé « une structure complexe d’entreprises basées en Côte d’Ivoire, en Tunisie et en Lettonie » pour transférer de l’argent alors qu’ils acheminaient secrètement des armes vers les forces de Laurent Gbagbo, violant « systématiquement le régime de sanctions imposé à la Côte d’Ivoire ». Parmi ces entreprises : Caminex.

Selon des documents consultés par Jeune Afrique, Gunvor, Semlex et Caminex font régulièrement affaire en 2010 et en 2011, par l’intermédiaire d’Olivier Bazin. Le 12 janvier 2011, celui-ci a d’ailleurs encore écrit un courriel au PDG de Semlex, le Belge d’origine syrienne Albert Karaziwan, en lui rappelant certaines dispositions des accords liant son entreprise à Caminex. En ce même mois de janvier, Semlex a également transféré 1,2 million de dollars à Gunvor, officiellement pour des paiements liés au pétrole.

« Pétrole contre armes »

Dans leur rapport de 2012, les experts de l’ONU n’ont jamais ciblé nommément Gunvor comme faisant partie d’un montage visant à fournir des armes à la Côte d’Ivoire sous embargo. Toutefois, dans une annexe intitulée « Demande d’un accord “pétrole contre armes” », ils citent un courriel de 2010 d’un employé de Gunvor discutant de l’achat de deux cargaisons supplémentaires de brut ivoirien pour un coût de 106 millions de dollars.

« Gunvor semble avoir utilisé sa relation avec Semlex pour cacher le fait qu’il travaillait main dans la main avec des marchands d’armes connus. Le réseau que les deux sociétés ont créé est un bon exemple des différentes couches opaques que les marchands d’armes peuvent utiliser pour dissimuler leurs activités », explique Andrew Feinstein, spécialiste du commerce d’armes international.

Contacté par l’OCCRP, le directeur des affaires corporatives de Gunvor, Seth Pietras, a nié toutes les allégations d’actes répréhensibles. Il a déclaré que la société avait été présentée à Semlex et Bazin par un ancien employé de Gunvor, qui a depuis été condamné par un tribunal suisse pour corruption, et qu’elle n’entretenait actuellement aucune relation avec l’une ou l’autre des parties.

« Gunvor ne conclurait jamais un accord dans lequel les armes constituaient un aspect de la transaction. C’était vrai à l’époque, c’est vrai maintenant », a-t-il ajouté. Semlex n’a de son côté pas répondu aux sollicitations, tandis que Montoya, Lafont et Bazin n’ont pas pu être contactés pour commenter.

Bazin, l’intermédiaire entre Gbagbo et Gunvor

Selon l’OCCRP, Gunvor est parvenue à poursuivre ses activités en Côte d’Ivoire tout au long de la crise postélectorale, alors même que l’Union européenne avait sanctionné la compagnie Petroci. En avril 2011, un courrier électronique montre ainsi que la société a acheté 1,6 million de barils de brut pour un montant estimé à 160 millions de dollars. Semlex, avec qui Gunvor collaborait depuis 2008, a alors reçu une commission de plus de trois millions de dollars sur cette transaction, laquelle s’est finalisée en plein basculement de la crise.

KADET BERTIN, L’EX-CONSEILLER SPÉCIAL DE GBAGBO, ASSURE NE CONNAÎTRE NI GUNVOR NI SEMLEX

Des documents confidentiels indiquent également que Gunvor a signé avec Petroci un accord de préfinancement pour des opérations pétrolières en 2010 et 2011. Le contrat, visé par la banque française Crédit agricole, portait sur une somme de 180 millions de dollars. En contrepartie, l’entreprise de négoce pétrolier obtenait des conditions avantageuses dans ses futures opérations à Abidjan.

Une source proche de l’accord a expliqué qu’Olivier Bazin, en qualité d’intermédiaire de Gunvor avec le gouvernement ivoirien et avec Petroci, en avait négocié les termes. Celui-ci aurait fait pression sur Laurent Gbagbo pour qu’il signe le contrat, arguant qu’il en avait besoin pour financer sa campagne présidentielle de 2010 et, au besoin, assurer sa sécurité grâce à l’achat de mercenaires et d’armes.

Contacté par Jeune Afrique, Kadet Bertin, puissant conseiller spécial de Laurent Gbagbo chargé de la Défense et de la Sécurité entre 2003 et 2011, assure ne pas connaître les entreprises Gunvor et Semlex. Il affirme ne pas pouvoir répondre à nos questions.

Quand Gunvor misait sur Ouattara

Si l’argent semble avoir continué de circuler entre le régime de Gbagbo, Semlex et Gunvor via divers comptes bancaires et sociétés jusqu’en juin 2011, la société pétrolière n’a cependant pas tout misé sur le patron du Front populaire ivoirien (FPI). Alors que les forces d’Alassane Ouattara commençaient à prendre le dessus en Côte d’Ivoire, la société couvrait en réalité déjà ses arrières.

EN JANVIER 2011, GUNVOR SIGNAIT UN ACCORD AVEC ADAMA TOUNGARA, « MINISTRE DU PÉTROLE » D’ALASSANE OUATTARA

En janvier 2011, alors qu’elle recevait encore du pétrole dans le cadre des accords passés avec les équipes de Laurent Gbagbo, Gunvor signait ainsi un accord séparé avec quelques uns de leurs adversaires, dont Adama Toungara, « ministre du Pétrole » d’Alassane Ouattara (il est aujourd’hui médiateur de la République), et des responsables chez Petroci.

L’accord, qui visait à permettre à Gunvor de poursuivre ses activités en cas de chute de son meilleur allié, Laurent Gbagbo, semble n’avoir été activé qu’en avril, lors de la victoire effective d’Alassane Ouattara. Selon certaines indiscrétions, Gunvor aurait commencé dès mai à payer des fonctionnaires du nouveau gouvernement ivoirien, par l’intermédiaire d’une société basée dans le paradis fiscal de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Belisha Capital.

Le mystère Belisha Capital

Selon une source proche de la famille, Belisha Capital appartenait alors au neveu d’Adama Toungara, l’avocat Adama Kamara. Dans une facture datée du 15 mai 2011, celle-ci réclamait notamment le paiement de 1,5 million de dollars à Gunvor comme « participation aux bénéfices » du brut vendu le mois précédent. Selon des documents de l’OCCRP, Olivier Bazin a également effectué d’autres paiements en espèces, d’un montant non divulgué, à un cadre de Petroci entre 2011 et 2013.

Dans une facture datée du 15 mai 2011, Belisha Capital réclamait le paiement de 1,5 million de dollars à Gunvor comme

Si des documents judiciaires obtenus par l’OCCRP décrivent Gunvor comme « très proche » du régime de Laurent Gbagbo, un témoignage recueilli en Suisse montre que le négociant en pétrole faisait également pression sur le nouveau gouvernement d’Alassane Ouattara, en utilisant sa relation avec Adama Toungara et Adama Kamara.

Contacté par Jeune Afrique, Adama Kamara, aujourd’hui conseiller à la Primature et avocat d’Alassane Ouattara, n’a pas souhaité donner de détails sur ses contacts avec Gunvor lors de la crise postélectorale, expliquant être tenu au secret professionnel dans le cadre de ses activités d’avocat.

Masséré Touré, directrice de la communication de la présidence et nièce du chef de l’État ivoirien, a quant à elle déclaré que l’administration actuelle n’avait aucune trace des contrats passés sous Laurent Gbagbo. Elle n’a pas souhaité répondre aux questions concernant la société Belisha Capital.

Gunvor n’a cessé d’exploiter le pétrole ivoirien qu’en 2016

Gunvor a continué à exploiter le pétrole ivoirien jusqu’en 2016 – son chiffre d’affaires s’est élevé cette année-là à 47 milliards de dollars, faisant d’elle le quatrième plus gros négociant en pétrole privé du monde. Toutefois, elle s’est progressivement retirée du terrain africain, le continent ne représentant plus, dès 2018, qu’environ 5 % de son chiffre d’affaires.

Fin 2018, Gunvor a en effet été condamnée en Suisse dans une autre affaire à une amende record de 95 millions de dollars, la justice ayant estimé qu’elle n’avait pas empêché ses employés de corrompre des fonctionnaires en Côte d’Ivoire et au Congo-Brazzaville.

Semlex n’a, quant à elle, pas été inquiétée. En 2018, l’entreprise belge a même remporté un contrat de 700 millions de dollars avec le gouvernement ivoirien pour produire 32 millions de passeports biométriques. Elle est aujourd’hui sous le coup d’une enquête judiciaire en Belgique et soupçonnée de corruption et de blanchiment d’argent dans le cadre d’un contrat de production de passeports en RD Congo, lequel n’a pas été renouvelé.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

                         

Le pétrole monte encore, l’offre mondiale inquiète

septembre 25, 2018

Londres (awp/afp) – Les prix du pétrole grimpaient mardi en cours d’échanges européens et le Brent repoussait son plus haut en près de quatre ans alors que le marché s’inquiète d’un manque d’offre provoqué par les sanctions américaines sur l’Iran.

Vers 10H00 GMT (12H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait 82 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 80 cents par rapport à la clôture de lundi, après avoir touché vers 08H25 GMT son plus haut depuis novembre 2014 à 82,20 dollars.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour la même échéance prenait 41 cents à 72,49 dollars.

Depuis le début de la semaine, le Brent a déjà engrangé 4% de hausse, après une réunion dimanche à Alger de suivi de l’accord de limitation de la production qui engage les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et d’autres producteurs.

Les ministres présents n’ont pas décidé d’augmenter leurs objectifs de production. Certains acteurs du marché s’attendaient à ce qu’ils le fassent après des commentaires contre l’Opep du président américain Donald Trump sur Twitter.

« Cette alliance de producteurs a, dans l’année et les mois passés, réduit son débit bien plus qu’ils ne l’avaient décidé en décembre 2016, de façon intentionnelle ou non », a commenté Tamas Varga, analyste chez PVM.

Si les deux géants participant à l’accord, la Russie et l’Arabie saoudite, ont intentionnellement freiné leurs extractions, l’offre provenant de l’alliance a surtout chuté en raison des pertes de l’industrie vénézuélienne et de la baisse des exportations iraniennes en raison des sanctions des Etats-Unis.

« L’Opep continue d’être accusée (par Donald Trump, ndlr) pour la hausse des prix, mais avec une part de marché en baisse, le président dirige mal sa colère », a jugé Chris Beauchamp, analyste chez IG.

Alors que les observateurs du marché s’accordent pour désigner les sanctions américaines sur les exportations iraniennes de pétrole, qui seront appliquées à partir de début novembre, comme explication de la hausse des prix, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne a annoncé lundi soir la création d’une entité spécifique pour pouvoir continuer à commercer avec l’Iran.

« Nous ne nous attendons pas à ce que cela s’applique du jour au lendemain », a commenté Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix, qui y voit une tactique de l’Europe pour faire rester l’Iran dans l’accord sur le nucléaire malgré les sanctions américaines.

Romandie.com avec(AWP / 25.09.2018 12h03)                                                        

Trump exige de l’Opep une réduction immédiate des prix du pétrole

septembre 20, 2018

Washington – Le président américain Donald Trump a exhorté jeudi l’Organisation des pays exportateurs de pétrole à faire baisser « maintenant » les prix du brut, quelques semaines avant la mise en place des sanctions américaines contre le secteur énergétique iranien.

« Nous protégeons les pays du Moyen-Orient, ils ne seraient pas en sécurité pour très longtemps sans nous, et pourtant ils continuent à pousser pour des prix du pétrole toujours plus haut! On s’en souviendra », a lancé sur Twitter le locataire de la Maison Blanche.

« Le monopole Opep doit baisser ses prix maintenant », a-t-il conclu.

Membre fondateur de l’Opep, l’Iran, bête noire de Washington, est confronté à une série de sanctions américaines faisant suite à la décision de M. Trump de se retirer de l’accord de 2015 sur le nucléaire, ce qui devrait réduire l’offre de brut sur les marchés mondiaux.

Une nouvelle salve de sanctions américaines contre Téhéran doit frapper, début novembre, ses exportations de pétrole.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) à échéance octobre a clôturé mercredi à 71,12 dollars, son plus haut niveau depuis juillet.

Romandie.com avec(©AFP / 20 septembre 2018 12h02)                                                        

Le pétrole monte un peu avec le risque géopolitique

septembre 11, 2018

Londres (awp/afp) – Les cours du pétrole montaient un peu mardi en cours d’échanges européens, dopés par le risque géopolitique au Moyen-Orient à l’approche d’une réunion de suivi de l’Opep.

Vers 14H00 GMT (16H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait 77,85 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 48 cents par rapport à la clôture de lundi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat d’octobre prenait 22 cents à 67,76 dollars une heure après son ouverture.

L’écart entre le prix du Brent, référence internationale, et le WTI américain, se creusait au-dessus de dix dollars pour la première fois depuis deux mois et demi.

« L’attention des marchés se focalise à nouveau sur la géopolitique, avec l’attaque du siège de la Compagnie nationale de pétrole libyenne (NOC) » lundi, ont commenté les analystes de JBC Energy.

Par ailleurs, les exportations iraniennes continuent de diminuer en amont de l’application début novembre des sanctions américaines contre Téhéran visant directement son industrie pétrolière.

« Est-ce que la Russie et l’Arabie saoudite arriveront à compenser cette perte de l’offre, cela reste à voir », a commenté Hussein Sayed, analyste chez FXTM.

Alors que ces deux géants du pétrole menaient depuis fin 2016 l’effort de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et d’autres producteurs pour limiter l’offre et faire remonter les prix, ils ont repris leurs extractions de plus belle depuis juin pour éviter que l’escalade des cours ne pèse sur la demande.

Une réunion de suivi de l’accord est prévue fin septembre à Alger, en présence notamment des ministres de l’Energie d’Arabie saoudite et de Russie. Leur homologue iranien, qui s’était opposé en juin à une hausse de la production qui permettrait à son rival saoudien de récupérer les parts de marché perdues par Téhéran à cause des sanctions américaines, sera également présent.

Aux Etats-Unis en revanche, les prix souffrent depuis le début du mois.

« Si certains doutaient de l’effet négatif de l’accumulation des stocks de brut à Cushing (terminal du sud de l’Oklahoma qui sert de référence au WTI), il suffit de regarder les cours », a jugé Tamas Varga, analyste chez PVM.

Selon lui, si le prix américain souffre du manque d’infrastructures permettant de transporter le pétrole de schiste produit dans le Sud vers les raffineries ou les ports, il pourrait être soutenu à court terme par des tempêtes tropicales.

Les autorités météorologiques américaines ont émis mardi une alerte à la montée des eaux sur une vaste portion de la côte est des Etats-Unis, à l’approche de l’ouragan Florence qui forçait l’évacuation de plus d’un million de personnes.

Les analystes prendront par ailleurs connaissance mercredi des données hebdomadaires sur les réserves des Etats-Unis arrêtées au 7 septembre, qui seront publiées par l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA).

Les analystes s’attendent à un recul des stocks de brut de 2,25 millions de barils, à une hausse des stocks d’essence de 750.000 barils et à une montée des stocks d’autres produits distillés (gazole et fioul de chauffage) de 2 millions de barils, selon la médiane d’un consensus compilé par Bloomberg.

Romandie.com avec(AWP / 11.09.2018 16h11)                                                        

Pétrole: l’Arabie saoudite confirme être prête à augmenter sa production

juillet 3, 2018

Ryad (awp/afp) – L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a confirmé mardi être prête à utiliser sa capacité de production disponible, estimée à 2 millions de barils par jour, pour augmenter l’extraction de brut dans le but d’équilibrer le marché.

« L’Arabie saoudite est prête à utiliser, au besoin, sa capacité de production pour faire face à l’avenir à toute fluctuation du marché », a indiqué dans un communiqué le Conseil des ministres, à l’issue de sa réunion ordinaire présidée par le roi Salmane. Cette annonce confirme les récents propos en ce sens du président américain Donald Trump et de la Maison blanche.

L’Arabie saoudite s’est dite disposée, selon le communiqué, à travailler à la stabilité du marché « en coordination avec les autres pays producteurs ».

Selon le communiqué, le conseil des ministres a pris connaissance, au cours de sa réunion, de la teneur de la conversation téléphonique du roi Salmane avec le président Trump à ce sujet.

Samedi matin, le président américain avait affirmé dans un tweet que l’Arabie saoudite pourrait augmenter sa production de « peut-être 2.000.000 de barils » par jour.

La Maison Blanche et le royaume se sont efforcés de modérer le message en affirmant que ces deux millions de barils étaient les ressources disponibles qui seraient utilisées « si et quand il sera nécessaire afin d’assurer l’équilibre et la stabilité du marché ».

« Le président pousse l’Arabie saoudite à compenser les baisses de l’offre qui vont peser sur le marché quand les sanctions américaines contre l’Iran vont être appliquées, à partir du 4 novembre », ont expliqué les analystes de RaboBank.

Le département d’État américain avait enjoint mardi tous les pays, y compris la Chine et l’Inde, gros clients de Téhéran, de cesser leurs importations de pétrole iranien d’ici au 4 novembre sous peine de s’exposer aux sanctions américaines rétablies du fait de la décision prise en mai par Washington de sortir de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015.

L’Iran a assuré dimanche qu’il mettrait en « échec » le projet américain visant à l’empêcher de vendre son pétrole à l’étranger, et a mis en garde l’Arabie saoudite contre toute volonté de se substituer à lui sur le marché mondial.

« Nous allons assurément faire quelque chose pour mettre en échec ce slogan des États-Unis selon lequel le pétrole de l’Iran doit être endigué », a dit le premier vice-président iranien, Eshagh Jahangiri, dans un discours retransmis par la télévision d’État.

Romandie.com avec(AWP / 03.07.2018 15h03)                                                        

Le pétrole américain dépasse 75 dollars, inquiétude sur l’offre mondiale

juillet 3, 2018

Londres (awp/afp) – Les cours du pétrole poursuivaient leur ascension mardi en cours d’échanges européens, poussant le WTI américain au dessus de 75 dollars le baril pour la première fois depuis plus de trois ans alors que le marché s’inquiète de perturbations de l’offre mondiale.

Vers 14H00 GMT (16H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre valait 75,50 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 1,20 dollar par rapport à la clôture de lundi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat d’août prenait 1,07 dollar à 75,01 dollars une heure après son ouverture après avoir touché 75,27 dollars, à son plus haut depuis novembre 2014 quelques instants auparavant.

Lundi, les prix avaient reculé alors que les marchés digéraient un échange entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, le premier consommateur mondial demandant au premier exportateur d’augmenter sa production, de 2 millions de barils par jour, selon un chiffre évoqué par le président Donald Trump.

« Il ne faut pas oublier que l’Arabie saoudite n’a pas promis de déployer la totalité de ses 2 millions de barils quotidiens, et que même s’ils le voulaient il leur faudrait plusieurs mois pour produire à ce rythme », a souligné Tamas Varga, analyste chez PVM.

Après la dernière réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l’Arabie saoudite avait évoqué une hausse de la production de un million de barils par jour pour l’Organisation et ses partenaires, dont la Russie.

Selon un communiqué du ministère russe de l’Energie publié mardi, le ministre Alexandre Novak et son homologue saoudien Khaled al-Faleh se sont entretenus au téléphone et ont réaffirmé un objectif d’un million de barils par jour de hausse.

Le marché s’inquiète d’un possible manque d’offre alors que la majorité des exportations libyennes sont interrompues et que les Etats-Unis ont durci le ton sur les sanctions qui pourraient être imposées aux importateurs de pétrole iranien à partir de novembre.

« Ces risques viennent s’ajouter à une industrie vénézuélienne en baisse constante tandis que des problèmes d’infrastructures empêchent le pétrole du sud des Etats-Unis et du Canada d’atteindre le marché international », ont noté les analystes de Morgan Stanley, qui préviennent que le marché « épuise ses capacités de production sans augmenter son niveau réel d’extraction ».

Dans ce contexte, les marchés attendront les données hebdomadaires sur les réserves des Etats-Unis. Les chiffres gouvernementaux seront publiés jeudi par l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA), tandis que la fédération professionnelle de l’American petroleum institute partagera ses données indépendantes mardi soir.

Romandie.com avec (AWP / 03.07.2018 16h10)                                                        

La RDC officialise son projet d’exploiter du pétrole dans les parcs naturels

juin 29, 2018

Kinshasa – La République démocratique du Congo a officialisé son projet d’exploiter du pétrole dans les parcs naturels des Virunga (nord-est), le plus ancien d’Afrique, et de la Salonga (centre), d’après un document diffusé vendredi.

Le gouvernement congolais projette le « déclassement par décret d’une zone à intérêt pétrolier » dans les deux parcs, selon un compte-rendu d’un conseil des ministres en date du 8 juin, diffusé seulement ce vendredi.

La « zone d’intérêt pétrolier » concerne 172.075 hectares des Virunga soit 21,5% de la surface totale du parc classé au patrimoine mondial de l’Unesco, d’après le compte-rendu qui ne donne aucun chiffre pour la Salonga.

Le ministre des Hydrocarbure a demandé « l’autorisation de constituer, avec son Collègue de l’Environnement et du Développement Durable, une commission interministérielle » pour préparer les deux décrets.

« Après examen, le Conseil des ministres a accordé les deux autorisations », précise le compte-rendu.

Ce projet de « commission » pour étudier le « déclassement » d’une partie de deux des joyaux naturels et touristiques de la RDC avait été révélé par l’ONG Global Witness le 3 mai.

L’ONG avait demandé l’arrêt de ce projet en dénonçant « des conséquences catastrophiques » pour l’environnement: « Le parc de la Salonga abrite près de 40 % de la population mondiale de bonobos, tandis que celui des Virunga constitue un habitat vital pour de nombreuses espèces protégées, les hippopotames, les éléphants et certains des derniers gorilles des montagnes au monde ».

Dans les Virunga, le plus ancien parc naturel d’Afrique, les réserves pétrolières sont estimées à « 6.758 milliards de barils avec les recettes budgétaires additionnelles de sept milliards de dollars », d’après une note du ministre que l’AFP avait pu consulter.

Le parc des Virunga a suspendu ses activités touristiques jusqu’à la fin de l’année après la mort d’une ranger et l’enlèvement de trois personnes dont deux touristes britanniques le 11 mai dernier.

A la frontière avec le Rwanda et l’Ouganda, les Virunga s’étendent sur 7.800 km2 dans la province du Nord-Kivu, fief de plusieurs milices et groupes armés.

Romandie.com avec(©AFP / 29 juin 2018 20h14)                                                        

Pétrole et Gaz: l’Afrique de l’ouest déteint le tiers des réserves du continent

mai 7, 2018

Vue d’une raffinerie de pétrole à Abidjan, le 14 novembre 2016 / © AFP/Archives / ISSOUF SANOGO

L’Afrique de l’ouest détient le tiers des réserves de pétrole et de gaz naturel du continent noir, a annoncé lundi à Abidjan, un haut responsable de la Cédéao, évoquant une région au « cœur des enjeux géostratégiques ».

« Notre région regorge d’importantes ressources pétrolières et minières. L’Afrique de l’ouest représente 30% des réserves trouvées de pétrole et 30% des réserves trouvées de gaz naturel de l’Afrique », a déclaré M. Sediko Douka, le commissaire Énergies et Mines de la Cédéao (15 pays),

La région qui compte 330 millions d’habitants dispose également dans « son sous-sol de l’or, de l’Uranium, de la bauxite, du diamant, du fer , du manganèse etc.. avec par endroits des gisements de classe mondiale » , a souligné M. Douka qui s’exprimait lors du lancement de la deuxième édition du forum des mines et du pétrole de la Cedeao prévue du 9 au 11 octobre prochain à Abidjan.

L’Afrique de l’ouest est également passée première région minière aurifère devant L’Afrique du sud, affirme la Cédéao.

Outre l’or, la sous-région fournit 10% du manganèse, 8% de la bauxite et 7% de l’uranium mondial.

Entre 2006 et 2017, plusieurs nouvelles mines ont été autorisées en Côte d’Ivoire, Mali, Burkina Faso, Ghana et Guinée.

« Cette abondance de ressources minières et pétrolières place ainsi notre région au coeur des enjeux géostratégiques », a souligné le commissaire de la Cédéao.

« La plupart de ces ressources sont généralement exploitées sous forme brute sans transformation importante », a déploré de son côté le ministre ivoirien des Mines, Souleymane Diarrassouba, appelant à des « reformes vigoureuses » dans ces secteurs.

« Il s’agira pour la cédéao d’afficher sa vision d’une industrialisation. L’enjeu du développement minier de notre sous région est de faire en sorte que le secteur minier et pétrolier contribuent de façon significative au développement économique et social du fait de ses effets d’entrainements », a souligné M. Diarassouba.

Romandie.com avec (©AFP / 07 mai 2018 22h28)