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Canada-Québec: Les innombrables et difficiles retours au travail après la COVID-19

juin 29, 2022
Une femme se repose dans un fauteuil à l'extérieur.

Geneviève Marcotte, 36 ans, est incapable de retourner travailler plus d’un an après avoir contracté la COVID-19. Photo : Radio-Canada/Alexandre Duval

Ils sont vraisemblablement des milliers, au Québec, à ne pas avoir pleinement récupéré leurs capacités après avoir contracté la COVID-19. Même un an après l’infection, certains sont encore très loin d’un retour au boulot. Et la science commence à comprendre que leur réadaptation est beaucoup plus complexe et plus parsemée d’embûches qu’on le croyait.

À 36 ans, Geneviève Marcotte a dû retourner vivre chez ses parents. Jadis active et amoureuse des voyages, elle peine aujourd’hui à se tenir debout plus d’une dizaine de minutes, à cuisiner, à faire le ménage. Bref, à s’occuper d’elle-même.

Tout ça à cause de la COVID-19, qu’elle a contractée il y a 13 mois, précisément. Ma vie a changé en 24 heures. La veille du jour où j’ai attrapé la COVID, je faisais une randonnée avec des amis, j’étais engagée, j’aimais mon travail. Et 24 heures plus tard, j’ai la COVID et je ne reviens jamais à cet état-là, raconte-t-elle.

Geneviève Marcotte dans la nature, devant une chute d'eau.

Geneviève Marcotte était une femme active, amoureuse des voyages et des randonnées, avant de contracter la COVID-19. Photo : Geneviève Marcotte

Geneviève n’est en effet jamais retournée travailler à son poste de directrice des missions commerciales à l’Université Laval. Elle est étroitement suivie par une équipe de professionnels de la santé, car ses symptômes sont encore nombreux et, surtout, incapacitants.

Ma limite d’énergie est très, très basse. Je dirais que ma batterie est peut-être à 10 %. Si je dépense 12 % d’énergie, j’éprouve un malaise post-effort. C’est là que tous mes symptômes réapparaissent, mais de façon vraiment exagérée, dit-elle.

« Je vais avoir des douleurs musculaires, des sensations de brûlure, de gros maux de tête, un épuisement qui me laisse alitée […] Ce malaise-là peut durer quelques heures, quelques jours, quelques semaines, selon ma dépense énergétique excédentaire. »— Une citation de  Geneviève Marcotte, absente du travail depuis 13 mois

Pour bien se faire comprendre, elle donne l’exemple d’une séance de magasinage qui a duré moins de deux heures, récemment.

Même si elle était accompagnée d’une personne qui la poussait en fauteuil roulant, l’exposition au bruit, à la lumière et à l’ambiance des magasins lui a fait vivre une rechute. Ça m’a pris une semaine à m’en remettre, raconte-t-elle, précisant qu’elle dû être alitée pendant quelques jours.

Geneviève Marcotte regarde un ordinateur et s'adresse à quelqu'un.

Geneviève Marcotte, au cours d’un rendez-vous avec son ergothérapeute par visioconférence Photo : Radio-Canada/Alexandre Duval

Un nouveau paradigme

Des cas comme celui de Geneviève Marcotte, son ergothérapeute de la clinique Iso-Santé Réadaptation en voit beaucoup. Caroline Théberge est visiblement inquiète pour certains, qui stagnent dans leur réadaptation après la maladie.

C’est certain qu’il y en a [pour qui] c’est très dur d’améliorer leur état et […] même, des fois, après un an de suivi en réadaptation, avec tous les outils, le retour au travail est très difficile, indique-t-elle.

Pourquoi est-ce si dur? Parce que les pratiques habituelles de réadaptation ne fonctionnent pas avec les personnes qui ont des symptômes persistants de COVID-19. Les amener à se dépasser est une grave erreur, indique Mme Théberge.

« On se dit bon bien, en se réactivant, ça va aller mieux, on va remonter. Mais avec la COVID longue, c’est l’inverse qui se produit. Dès que les gens repoussent un peu trop leurs limites, ils retombent, ils empirent leurs symptômes. Les gens vivent de l’incompréhension, beaucoup de détresse, du stress. »— Une citation de  Caroline Théberge, ergothérapeute à la clinique Iso-Santé Réadaptation

Caroline Théberge en entrevue vidéo.

Caroline Théberge, ergothérapeute à la clinique Iso-Santé Réadaptation Photo: Zoom/Capture d’Écran

Les services commencent à se développer et à être plus efficaces, mais au début, les gens ne savaient pas! Il y a des endroits pleins de bonne volonté où on proposait des réadaptations plus classiques et où on empirait les cas! dit-elle.

Le professeur Simon Décary, de l’École de réadaptation de l’Université de Sherbrooke, explique que la science montre désormais toute la complexité de ces cas, qui sont encore parfois incompris.

Dans nos études cliniques, c’est la chose la plus complexe à réussir avec les patients, le retour au travail, parce qu’il y a cette balance-là entre le besoin de temps pour la récupération et l’action. Si j’essaie d’accélérer, je sais que je crée des rechutes. Et chaque rechute retarde [le retour au travail], dit-il.

Des milliers de personnes

Le phénomène des patients n’ayant pas retrouvé leur pleine capacité de travail, visiblement répandu, est toutefois difficile à quantifier.

Selon des chiffres obtenus auprès de la CNESST, 501 Québécois reçoivent une indemnisation de revenu depuis plus de six mois en raison de la COVID-19. De ce nombre, presque 80 % sont des travailleurs de la santé.

D’ailleurs, une étude de l’Institut national de santé publique du Québec s’inquiétait récemment de ces absences prolongées dans le réseau de la santé, craignant que cela finisse même par nuire aux soins offerts à la population.

Or, les chiffres de la CNESST ne sont que la pointe de l’iceberg, car ils ne concernent que les personnes ayant contracté la maladie sur leur lieu de travail.

Celles qui ont été infectées ailleurs, comme Geneviève Marcotte, sont généralement indemnisées par une compagnie d’assurances privée et ne sont pas recensées dans les statistiques.

Radio-Canada a tenté d’obtenir des estimations auprès de l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes, mais ces données n’existent pas, nous a-t-on répondu.

Le professeur Décary est cependant catégorique : les gens qui sont complètement ou partiellement absents du travail en raison de symptômes persistants de COVID-19 au Québec sont très nombreux.

« Est-ce que je crois qu’il y a des milliers de personnes qui n’ont pas retrouvé leur pleine capacité de travail depuis l’infection? Oui, ça, j’en suis assez certain. »— Une citation de  Simon Décary, professeur à l’École de réadaptation de l’Université de Sherbrooke

Même les données de la CNESST lui paraissent sous-estimer la gravité de la situation. Quand je vois le nombre de cas qui restent [absents du travail] à six mois, d’après ce que je connais des impacts fonctionnels de cette maladie-là, je me dis qu’il y a des gens qui sont retournés au travail et qui n’étaient pas prêts.

Le jugement facile

Nathalie Belleau fait partie des cas indemnisés par la CNESST. Infirmière dans le réseau public, elle a contracté la COVID-19 en décembre 2021. Pendant trois mois, elle n’a pas pu retourner travailler du tout.

Depuis mars, elle est en retour progressif, à raison de trois demi-journées de quatre heures chacune par semaine. Difficulté à suivre les conversations, diminution de l’endurance, maux de tête, maladresse, douleurs au thorax : sa liste de symptômes est longue.

Heureusement, elle se dit bien épaulée par son équipe de professionnels de la santé, mais elle admet que, pour les gens auxquels la COVID longue n’est pas familière, tout cela peut sembler exagéré. Je pense que les gens, quand ils voient ça, ils posent rapidement un jugement, dit-elle.

Nathalie Belleau, portant son uniforme et un masque.

Nathalie Belleau, infirmière, ne peut travailler que 12 heures par semaine, divisées en trois quarts de travail. Photo : Nathalie Belleau

À titre d’ergothérapeute, Caroline Théberge est à même de témoigner de ce scepticisme, car elle l’a observé au sein même du réseau de la santé. Or, le soutien des patients est crucial, selon elle.

[Au début de la pandémie], j’avais beaucoup de clients pour lesquels il fallait écrire de longues lettres aux médecins afin d’expliquer la problématique, l’approche de réadaptation, [parce] que les gens nous disaient : « Je ne me sens pas cru, mon médecin ne me backe pas là-dedans. »

La collaboration des employeurs est aussi importante, selon Mme Théberge, parce que les modalités de retour au travail pour les personnes atteintes de la COVID longue sont parfois inhabituelles.

Quand […] on arrive avec des retours au travail de deux fois quatre heures par semaine, même si l’employeur comprend que ça peut être thérapeutique à ce stade-là de réintégrer le travail, il ne sait pas trop quoi donner comme tâches. Des fois, même la personne ne se sent pas si utile que ça, illustre-t-elle.

Un cas historique

Le professeur Simon Décary croit quant à lui que les assureurs devront aussi faire preuve de compréhension, car ils auront sans doute à verser des indemnités plus longtemps.

Cette avenue reste cependant la meilleure, selon lui, parce que si on essaie d’aller trop rapidement et qu’on transforme cette personne-là en un cas avec un handicap permanent […] ça va coûter énormément plus cher à long terme, incluant le coût sociétal, dit-il.

D’ailleurs, M. Décary croit qu’on est collectivement face à un cas historique pour ce qui est des assurances et du retour au travail et qu’on a sous-estimé les effets de la COVID-19 sur le marché de l’emploi.

« Ce n’est pas terminé. Les données scientifiques nous montrent qu’on peut avoir un cas de COVID longue à trois mois malgré une triple vaccination et une infection à Omicron. »— Une citation de  Simon Décary, professeur à l’École de réadaptation de l’Université de Sherbrooke

Un homme porte un veston et des lunettes.

Simon Décary, professeur à l’École de réadaptation de l’Université de Sherbrooke Photo : Simon Décary

En décembre dernier, le ministère de la Santé et des Services sociaux estimait qu’environ 23 000 Québécois pourraient avoir besoin de ses services dans les cliniques consacrées à la COVID longue.

Geneviève Marcotte, elle, espère qu’elle pourra reprendre le travail. Mais devant le temps qui s’étire, les questions fusent et les réponses manquent encore.

Quand je vais arriver au bout de toutes ces ressources-là, si je ne suis pas encore capable de travailler, qu’est-ce qui va se passer? Est-ce que je vais avoir du soutien? Est-ce que la société va s’occuper de moi? Ça va être quoi, mon filet?

Depuis le début de la pandémie, la CNESST a offert des indemnisations de revenu totalisant 94 millions de dollars à plus de 55 000 personnes ayant contracté la COVID sur leur lieu de travail.

Il n’a cependant pas été possible de savoir quel montant a été versé uniquement aux travailleurs qui éprouvent des symptômes persistants de COVID-19 et dont le retour au travail est partiellement ou complètement compromis.

Avec Radio-Canada par Alexandre Duval

Canada-Québec: Atteinte de la COVID, âgée de 33 ans et la peur de mourir au ventre

juin 21, 2020
Annie Bussière a contracté la maladie le 26 avril, lors d'un dîner avec une collègue asymptomatique.
© /Radio-Canada Annie Bussière a contracté la maladie le 26 avril, lors d’un dîner avec une collègue asymptomatique
Un simple écart aux règles de distanciation physique a valu à Annie Bussière un mois de convalescence. Affaiblie, inquiète, dormant parfois jusqu’à 20 heures par jour, cette travailleuse sociale a même eu peur de mourir de la COVID-19. Annie Bussière a seulement 33 ans.Au plus fort de la crise, Annie-Bussière prêtait main-forte dans une résidence pour aînés où la COVID sévissait.

La maladie qu’elle contribuait à combattre a failli l’emporter.

«C’est drôle à dire parce que je suis jeune, mais je pense que j’ai eu peur de mourir», se souvient la travailleuse sociale, guérie de la maladie, mais encore affaiblie malgré un mois de repos.

C’est le 26 avril, lors d’un repas avec une collègue dans la résidence où elle travaillait, qu’Annie croit avoir contracté la COVID-19.

«J’étais avec une employée qui était asymptomatique, explique-t-elle. On était à moins de 2 mètres dans la salle à manger et on dînait, donc on n’avait pas de masque.»

Le lendemain, lorsque sa collègue est déclarée positive à la maladie, Annie Bussière commence à s’inquiéter.

Après un premier test de dépistage négatif, le diagnostic tombe le 3 mai : la COVID a aussi infecté la travailleuse sociale.

«Ç’a quand même été un choc, confie Annie Bussière. Ça faisait peur et je pleurais au téléphone quand l’infirmière me l’a annoncé.»

Les premiers symptômes s’apparentaient à un rhume. Rapidement, l’état de santé de la jeune femme a dégringolé.

Seule dans son domicile, elle vit des malaises et des étourdissements. Elle doit parfois se tenir aux murs pour réussir à avancer.

Annie Bussière recommence seulement cette semaine à retrouver une tâche pleine au travail. Avant, la fatigue restait trop grande pour qu’elle soit en mesure de fonctionner normalement.

«J’ai vraiment passé par toutes les gammes d’émotions», raconte-t-elle.

Après sept tests de dépistage, un deuxième résultat négatif survient le 26 mai, confirmant qu’Annie était guérie de la COVID.

Aujourd’hui, malgré le déconfinement progressif de la société, hors de question, pour elle, de baisser la garde.

«Je ne veux pas du tout la revoir. Je ne souhaite ça à personne», conclut la jeune femme.

Avec Radio-canada par Marie-Maude Pontbriand

Canada: La peur s’installe au Québec, malgré les messages rassurants des autorités

janvier 28, 2020

 

Les autorités sanitaires du Canada ont confirmé qu’à Toronto, un homme arrivant de Chine a été contaminé par le coronavirus. Un test préliminaire réalisé sur sa conjointe, qui était du voyage, s’est révélé positif. Sur notre photo, deux personnes d’origine asiatique marchent au centre-ville de Toronto.
© Nicolas Asfouri Agence France-Presse
Les autorités sanitaires du Canada ont confirmé qu’à Toronto, un homme arrivant de Chine a été contaminé par le coronavirus. Un test préliminaire réalisé sur sa conjointe, qui était du voyage, s’est révélé positif. Sur notre photo, deux personnes d’origine asiatique marchent au centre-ville de Toronto.
Propriétaire de quatre garderies sur la Rive-Sud, Bianca Michetti a passé la journée de lundi à répondre à des messages d’inquiétude : la peur du coronavirus s’est emparée des parents et de son personnel, qui craignent une infection pourtant improbable à cette maladie venue de Chine. L’inquiétude subsiste même si les autorités sanitaires réitèrent chaque jour leur message rassurant.

« Depuis 7 h ce matin, je reçois des appels et des courriels de gens inquiets », raconte la propriétaire des garderies Biamel, situées à Longueuil et à Brossard, où vit une importante communauté chinoise.

Son installation de Brossard, au Quartier DIX30, accueille 80 enfants, dont environ 65 sont d’origine asiatique. Pour se protéger d’une contagion — et non parce qu’ils sont contaminés —, des parents viennent reconduire leurs enfants en portant un masque depuis quelques jours.

Le masque a fait peur aux gens, raconte Bianca Michetti. Une de ses éducatrices a même annoncé qu’elle s’absenterait du travail pour les deux prochaines semaines. Et elle gardera ses enfants à la maison par crainte qu’ils attrapent le virus à l’école.

« Les gens ont peur. J’aimerais les rassurer », dit la propriétaire de garderie. Elle a mis une bouteille de savon désinfectant à l’entrée de son établissement. Tout le monde doit se laver les mains en entrant.

Bianca Michetti a pris la bonne décision pour protéger les enfants, les parents et le personnel : la meilleure chose à faire pour empêcher les infections au coronavirus, c’est de se laver les mains, a rappelé lundi l’Agence de la santé publique du Canada. Deux cas d’infection à ce virus ont été confirmés au Canada, et 25 autres font l’objet d’une enquête, dont trois au Québec.

« Il ne serait pas étonnant qu’il y ait d’autres cas au Canada dans les prochains jours, mais le risque est bas pour la population canadienne », a indiqué lundi la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique, lors d’une conférence téléphonique.

« Pour empêcher la propagation du virus, on recommande de se laver les mains avec de l’eau et du savon et d’éternuer dans votre manche », a précisé le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique.

Il n’existe aucun vaccin contre le coronavirus. Les symptômes ressemblent à ceux d’une grippe, selon l’Agence de la santé publique du Canada : écoulement nasal, maux de tête, toux, maux de gorge, fièvre et sentiment de mauvais état général.

Contact prolongé
Ce virus se transmet par un contact sur une période prolongée, a rappelé le Dr Njoo. Les autorités canadiennes cherchent ainsi à localiser les passagers qui se trouvaient dans un rayon de deux mètres des deux personnes contaminées à bord du vol 311 de la société China Southern entre Guangzhou et Toronto, le 22 janvier. L’homme et la femme ayant voyagé ensemble à Wuhan, un couple dans la cinquantaine, sont les deux premiers cas confirmés d’infection au coronavirus au Canada.

L’homme a déclaré aux services frontaliers canadiens, à l’aéroport Pearson de Toronto, qu’il était allé à Wuhan, d’où provient le virus. Il toussait et avait les symptômes d’un rhume. Des tests ont révélé qu’il était porteur du virus. Sa femme, qui voyageait avec lui, a aussi contracté le virus, d’après un test préliminaire.

L’homme est hospitalisé à l’hôpital Sunnybrook de Toronto. La femme, qui n’a aucun symptôme, est en isolement chez elle, a précisé lundi le Dr David Williams, médecin hygiéniste en chef de l’Ontario.

Ruée vers les masques
Les Canadiens n’ont rien à craindre, ont répété lundi les responsables de la santé publique. La panique qui s’est emparée de la garderie de Mme Michetti à Brossard, à la suite de la présence de gens portant des masques, a sans doute été causée par un malentendu culturel, estime Étienne Girouard, spécialiste de la Chine qui termine son doctorat à l’Université du Québec à Montréal.

« C’est un problème de perception. Au Québec, tu mets un masque quand tu es malade, pour empêcher les autres d’être contaminés. Mais les Chinois portent un masque quand ils ne sont pas malades. Ils croient que ça va les empêcher d’attraper le virus. »

Le port d’un masque ne figure dans aucune recommandation de la santé publique pour se protéger d’un virus. Il s’agit toutefois d’une tradition solidement implantée dans des pays comme la Chine, le Japon et la Corée du Sud, rappelle Étienne Girouard.

Les Québécois d’origine asiatique se sont rués sur les masques et sur le savon désinfectant pour les mains depuis l’éclosion du coronavirus. Plusieurs envoient ces produits à des proches à Wuhan ou ailleurs en Chine, explique M. Girouard. D’autres ont acheté un masque pour eux-mêmes. Le spécialiste de la Chine a parlé lundi à un chauffeur de taxi effrayé après avoir embarqué des passagers qui portaient un masque. Il était convaincu, à tort, d’avoir côtoyé des gens malades.

La Commission scolaire Marie-Victorin, qui couvre le territoire de Longueuil et de Brossard, indique n’avoir reçu aucune plainte reliée au coronavirus. La Commission scolaire de Montréal, de son côté, dit faire une « vigie sur l’ensemble de ses établissements » et surveiller les mises à jour de la santé publique.

La communauté chinoise, elle, a participé en grand nombre aux festivités du Nouvel An lunaire, au cours du week-end dernier. Les bons restaurants étaient bondés, mais les établissements moins cotés avaient moins de clients qu’en temps normal, a raconté une habituée.

Avec Le Devoir.com par Marco Fortier

Une situation tendue au Congo Brazzaville

avril 19, 2016

La population a-t-elle peur ?

Une chape de plomb est tombée sur le Congo Brazzaville depuis la réélection de Denis Sassou Nguesso, le 20 mars. « Nous avons peur de prendre la parole en public, de dire ce que nous pensons, de critiquer le pouvoir », explique un ingénieur de Pointe Noire, interrogé hier par La Croix.

Les miliciens du Front des patriotes du député Aimé H. Mouagni, et les agents de la Garde républicaine (GR), de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) et de la Direction générale de surveillance du territoire (DGST) sèment la terreur dans les rangs de l’opposition. « Ils surveillent la population, nous arrêtent, nous torturent : sans cadre légal, en toute impunité », dit un autre.

> Relire : L’opposition craint le pire au Congo-Brazzaville

Les téléphones sont écoutés, les conversations surveillées, les mails interceptés. Le colonel Mpika, enlevé le 31 mars dans sa maison de Pointe Noire par des hommes en uniforme, ce dont La Croix avait parlé le 4 avril, est toujours porté disparu. Personne ne sait s’il est encore vivant. « Il serait enfermé à la DGST, à Brazzaville », dit une source. Les principaux chefs de l’opposition sont enfermés chez eux depuis plusieurs jours, empêchés de sortir par les forces de l’ordre. Le général Mokoko, arrivé 3e à l’élection présidentielle, vit ainsi reclus depuis le mardi 5 avril.

Que fait l’Église catholique ?

Elle est assez prudente. La hiérarchie semble paralysée par des contradictions internes. « Les neuf évêques de la conférence épiscopale sont divisés », témoigne un acteur de l’Église congolaise, « les deux originaires du nord, la région de Sassou Nguesso, penchent plutôt du côté présidentiel. Les trois évêques européens, deux Français et un Espagnol, ne se sentent pas autorisés à dénoncer les dérives actuelles au motif qu’ils ne sont pas Congolais. Enfin, les quatre évêques du sud ne veulent pas braquer leurs collègues du Nord. »

Donc, pour l’heure, la hiérarchie ne fait pas entendre sa voix. Mgr Louis Portella, évêque de Kinkala, chef-lieu du Pool, a pris la parole sur RFI, vendredi 15 avril, pour condamner les bombardements de plusieurs villages de son diocèse. « La Conférence épiscopale n’est pas du tout divisée. Loin de là ! Elle prend le temps du discernement », répond-il à La Croix. Interrogé sur la mission d’évaluation des dégâts dans le Pool lancée par son diocèse, il répond, prudent : « Elle vient de rentrer, nous préférons prendre le temps d’établir un rapport sérieux de ce qu’elle a pu noter. »

> Lire aussi : Congo : Il faut « sauver ce qui nous reste », s’alarme l’archevêque de Brazzaville

Que fait la communauté internationale ?

L’Union africaine, l’Union européenne, la France ne se sont pas alarmés de la dérive autoritaire du régime congolais. Le jour de son investiture, samedi 16 avril, seule une poignée de chefs d’État africains avait fait le déplacement à Brazzaville. À la suite de l’élection, les États-Unis avaient tout de même déploré « des irrégularités généralisées et des arrestations de soutiens de l’opposition dans la foulée des élections ».

Le Canada est l’un des rares pays à s’être clairement inquiété de la crise congolaise. Samedi 16 avril, son premier ministre Justin Trudeau déclarait : « Le Canada déplore le processus électoral irrégulier qui a mené à l’investiture aujourd’hui de M. Denis Sassou-Nguesso au titre de président de la République du Congo, y compris différentes arrestations arbitraires, les restrictions imposées sur les télécommunications et la libre circulation, et les tentatives d’intimidation des médias. »

Lacroix.fr par Laurent Larcher

Congo-Brazzaville : Sassou a désormais peur de passer la nuit à l’étranger

avril 3, 2016

 

Alors qu’il était annoncé, mardi, 29 mars, à Bangui, le « grand médiateur international de la crise centrafricaine » a, finalement, fait faux bond, après avoir changé d’avis à la dernière minute. Prenant le protocole centrafricain au dépourvu, il a, finalement, quitté Brazzaville, tôt le matin de mercredi, 30 mars, pour arriver à Bangui M’Poko, à 8 heures. Chose notable : contrairement à ses habitudes, il a voyagé, cette fois, seul, sans femme et enfants. A la fin de l’investiture, il a, immédiatement, repris son avion, manquant certains rendez-vous, et, surtout, le dîner d’Etat offert, dans la soirée, par la présidente sortante, Catherine Samba-Panza, en l’honneur de son successeur, le professeur, Faustin Archange Touadera.

Selon certaines sources, le dictateur passe de mauvais moments qui font qu’il va jusqu’à avoir peur de sa propre ombre. A Bangui, on a été étonné de sa visite éclair (allez retour le même jour), alors que, généralement, il aime bien prendre du bon temps, au milieu des fastes et des honneurs, et adore se faire applaudir. C’est du jamais vu de sa part depuis Patassé, Bozizé, Djotodia et même Samba-Panza.

Autre invitation qui vient au mauvais moment pour le dictateur : l’investiture de son homologue, Mahamadou Issoufou, est prévue, samedi, 2 avril 2016, à Niamey. Pour lui montrer qu’il tenait à sa présence, à cette occasion, Issoufou avait dépêché, il y a quelques jours, à Brazzaville, sa ministre des Affaires étrangères, pour lui remettre son carton d’invitation, en mains propres. En retour, le dictateur l’avait assuré de sa présence effective à son investiture. Sauf que la présidentielle du 20 mars est passée par là, marquée par un fâcheux passage en force du dictateur que l’opposition a dénoncé et refusé, et qui n’est pas, non plus, du goût de la communauté internationale. Du coup, Sassou qui avait prévu d’être, à Niamey, dès ce vendredi, 1er avril, soir, avec ses copains, les présidents du Mali et de Guinée-Conakry, qui y sont, déjà, semblait, toujours, bloqué à Brazzaville, jusqu’à il y a quelque temps, notait notre informateur. Au meilleur des cas, c’est demain qu’il se pourrait qu’il prenne l’avion pour Niamey, sauf changement de dernière minute.

Dans tous les cas, on a compris que le dictateur ne distille plus les informations sur ses sorties du territoire à l’avance, pour des raisons de (haute) sécurité. Comme qui dirait l’autre, il est, définitivement, atteint par cette maladie de dictateurs qu’on appelle, la « phobie du coup d’état » qui ne frappe que les présidents mal ou non élus. Quel retournement de situation ! N’est-ce pas la Bible que Sassou sait lire (puisqu’il avait été consacré pasteur dans le Kouilou), qui dit que « Qui crache en l’air retombe sur son visage. Et qui a tué par l’épée périra par l’épée » ?

Le 6 avril, c’est Boni Yayi qui l’a prié d’assister à l’investiture de son successeur, Pascal Talon. On verra comment, cette fois, encore, le dictateur organisera son départ de Brazzaville pour assister à cette cérémonie, lui qui a très peur d’être cueilli comme un fruit mûr.

Afriqueeducation.com

François aux Centrafricains: « résistez à la peur de l’autre »

novembre 29, 2015

Le pape François a été accueilli triomphalement dimanche à Bangui. Il a demandé aux Centrafricains de résister à « la peur de l’autre », quelle que soit sa religion ou son ethnie, pour mettre fin aux violences intercommunautaires qui ont ensanglanté le pays depuis 2013.

Sur une partie des quatre kilomètres du trajet de l’aéroport au palais présidentiel, le pape est monté dans sa jeep blanche découverte. Une foule très jeune et très pauvre l’acclamait sur les talus, avec frénésie et joie, agitant parfois des branches d’arbre en signe de paix.

Sur le parcours le menant au centre-ville, des voitures blindées de l’ONU, des policiers et des soldats étaient déployés ici et là.

Porteur d’un message de paix et de réconciliation interreligieuse, François, dont la tournée l’avait auparavant mené au Kenya et en Ouganda, est à Bangui pour l’étape la plus risquée de sa tournée africaine.

« Entamer sereinement une nouvelle étape »
Devant la présidente de transition Catherine Samba-Panza, il a invité les Centrafricains à éviter l’isolement communautaire: « il faut éviter la tentation de la peur de l’autre, de ce qui n’appartient pas à notre ethnie, à nos options politiques ou à notre confession religieuse ».

« Mon souhait le plus ardent, a-t-il ajouté, est que les différentes consultations nationales qui vont se tenir dans quelques semaines permettent au pays d’entamer sereinement une nouvelle étape de son histoire ». Des élections présidentielle et législatives sont prévues le 27 décembre en Centrafrique.

« Chaque personne a une dignité et je me suis laissé dire que la Centrafrique est le pays du ‘Zo kwe zo’ (« un homme en vaut un autre », en sango), où chaque personne est une personne », a-t-il souligné.

La présidente demande « pardon »
Il a délivré le même message dans un camp de déplacés à la paroisse du Saint-Sauveur, qui abrite 3700 femmes et enfants, principalement chrétiens, déplacés par les violences. « Nous voulons la paix. Il n’y a pas de paix sans pardon, sans tolérance. Quelle que soit l’ethnie, la condition sociale, nous sommes tous frères ». Et il a fait répéter à l’assemblée enthousiaste: « nous sommes tous frères ».

Une immense joie se lisait sur les visages, et le pape a salué un à un des centaines d’enfants, en rang au milieu de baraques et de tentes. Parmi eux, Fidèle Nodjindorom affirmait: « le pape est venu pour demander à Dieu de nous sauver ».

Auparavant, la présidente Samba-Panza avait demandé solennellement « pardon » pour « tout le mal » commis par les Centrafricains depuis 2013. « Il revient aux filles et aux fils de ce pays de reconnaître leurs fautes et demander un pardon sincère que votre bénédiction transformera en un nouveau levain pour la reconstruction du pays », a-t-elle dit au pape.

La situation n’est pas apaisée dans la capitale centrafricaine entre miliciens Séléka (majoritairement musulmans) et anti-Balaka (chrétiens).

Romandie.com

France: Manuel Valls a peur que la France « se fracasse contre le FN »

mars 8, 2015

Le premier ministre français Manuel Valls a réitéré dimanche sa « peur » que la France ne « se fracasse contre le Front national » aux prochaines élections départementales. Il a également estimé que Marine Le Pen pourrait l’emporter à la présidentielle de 2017.

« Le Front national à 30%, c’est d’une extrême gravité », a dit le premier ministre dans le cadre du « Grand rendez-vous » Europe 1-Le Monde-iTELE. Il a évoqué les prévisions de certains instituts de sondage pour le premier tour des départementales, le 22 mars.

« Est-ce que vous ne pensez pas qu’un Front national qui fait 25% aux élections européennes, peut-être 30% aux départementales, et ainsi de suite, ne peut pas gagner l’élection présidentielle? Pas en 2022, pas en 2029, mais en 2017 », a-t-il lancé, dramatisant l’enjeu.

« Le Front national, son programme de sortie de l’euro, de sortie de la politique agricole commune, c’est un désastre pour le pays, c’est la ruine pour les Français », a-t-il répété. « Le Front national n’apporte aucune solution (…) C’est un programme qui jettera les Français contre les autres », a-t-il poursuivi.

Appel contre l’abstention
Invoquant « l’esprit du 11 janvier », à la suite des attentats meurtriers de Paris et Montrouge, Manuel Valls a appelé à « un réveil des consciences » face à la forte abstention qui menace lors de ce scrutin pour lequel la gauche redoute une débâcle.

« Il faut à tout prix, par la participation beaucoup plus importante, faire en sorte que le Front national baisse », a-t-il déclaré, jugeant « dramatique » la division à gauche pour le scrutin départemental.

Le vice-président du FN, Florian Philippot, a estimé que le Premier ministre était « en état de panique électorale ». Selon lui, M. Valls « transpirait de haine contre les patriotes et en même temps il transpirait de peur pour sa place, pour son poste, poste qu’il partage avec l’UMP ».

Romandie.com

Le soleil de la révolution

février 1, 2011

Le soleil de la révolution
Se lève bien sur la nation
Où chaque enfant opprimé
Est fier d’arracher sa liberté

Solidaire vivant dans l’action
Au feu de la contestation
Quand la nuit se lève sur le jour
Pour la marche historique du grand jour

Jamais le peuple était au rendez-vous
Comme un seul homme et colosse debout
Prêt à renverser les verrous du pouvoir
Qui ont ventilé le discours du mouroir

Le courage a tué la peur
Dans la peau du citoyen rêveur
Qui se révolte du mensonge
Des promesses qui le rongent.

Bernard NKOUNKOU

Le soir de ta douleur

octobre 9, 2010

Loin du soir épineux de ta triste douleur
Mon cœur alangui croupissait dans la peur
Au réveil des matines de mes pensées
Je me débarrassais de la chute de la rosée

La peur de t’avoir laissée dormir seule
Avec ta dose de médicament au seuil
D’une nuit noire aux mystères inconnus
Temps de rendez-vous de pieds perdus

Je dormais comme le canard d’un seul œil
Plaçant l’œil ouvert sur la charpente du ciel
Comme une caméra au plafond de ta chambre
Pour veiller sur ton corps étendu bien tendre

J’aurais voulu être à cet instant à côté de toi
Partager cette nuit de souffrance sous le toit
T’apportant mon soutien au baume de caresses
Pour alléger le poids de ta maudite souffrance

Bernard NKOUNKOU