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Deux journalistes des Philippines et de Russie remportent le prix Nobel de la paix

octobre 8, 2021

OSLO — Le prix Nobel de la paix 2021 a été octroyé vendredi aux journalistes Maria Ressa, des Philippines, et Dimitri Muratov, de Russie.

© Fournis par La Presse Canadienne

Les deux lauréats ont été récompensés pour leur combat en faveur de la liberté d’expression dans des États autoritaires où la presse est constamment attaquée et où des journalistes ont été assassinés.

C’est la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen, qui a dévoilé l’identité des gagnants.

«Le journalisme libre, indépendant et appuyé sur des faits sert de rempart contre l’abus de pouvoir, le mensonge et la guerre de propagande», a déclaré Mme Reiss-Andersen au moment de l’annonce.

«Sans liberté d’expression et sans liberté de la presse, il serait difficile de réussir à promouvoir la fraternité entre les nations, le désarmement et une meilleure harmonie mondiale», a-t-elle ajouté.

Selon les informations transmises par le comité Nobel, Maria Ressa a cofondé le média Rappler, en 2012. Ce site d’information en ligne se consacre particulièrement à la couverture de la campagne antidrogue controversée et meurtrière déployée par le régime du président philippin Rodrigo Duterte.

La journaliste et Rappler ont également documenté «comment les réseaux sociaux sont utilisés pour répandre de fausses informations, harceler des opposants du régime et manipuler l’opinion publique».

Réagissant à cet honneur, Mme Ressa a déclaré à la télévision norvégienne que «le gouvernement ne sera évidemment pas content».

«Je suis un peu surprise. C’est très émotif, a-t-elle dit. Mais je suis heureuse pour mon équipe et je souhaite remercier le comité Nobel pour avoir reconnu ce que nous vivons.»

La journaliste primée a été reconnue coupable l’an dernier de diffamation et condamnée à la prison, une décision qui a été perçue comme une atteinte importante à la liberté de presse mondiale. Elle est la première femme à gagner un prix Nobel cette année.

En Russie, Dimitri Muratov est l’un des fondateurs du journal indépendant Novaya Gazeta, créé en 1993.

«Novaya Gazeta est le journal le plus indépendant en Russie aujourd’hui, avec une position fondamentalement critique envers le pouvoir», a décrit le comité Nobel.

«Le journalisme appuyé sur des faits et l’intégrité professionnelle du journal en a fait une importante source d’information sur divers aspects de la société russe sous le coup de la censure et rarement mentionnés dans les autres médias», a souligné le comité.

M. Muratov a dit qu’il profitera de son prix pour aider les journalistes indépendants ciblés par les autorités, y compris ceux qui sont qualifiés «d’agents étrangers» — une désignation qui s’accompagne de connotations péjoratives et qui implique une surveillance gouvernementale accrue.

«Nous allons en profiter pour renforcer le journalisme russe qui affronte la répression, a-t-il déclaré sur une application de messagerie russe. Nous essaierons d’aider les gens qui ont été désignés comme étant des agents, qui ont été persécutés et qui ont été chassés du pays.»

Selon le Comité pour la protection des journalistes, 17 employés de médias ont été tués aux Philippines depuis dix ans et 23 en Russie.

L’ancien leader soviétique Mikhail Gorbachev avait utilisé une partie des fonds associés à son Nobel de la paix en 1990 pour aider le média qui deviendrait plus tard Novaya Gazeta à se procurer de l’équipement et des ordinateurs.

Le comité Nobel a souligné que, depuis la fondation du quotidien, six de ses journalistes ont été tués, dont Anna Politkovskaïa qui couvrait le sanglant conflit en Tchétchénie.

Le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, a offert ses félicitations à M. Muratov qu’il décrit comme une personne «talentueuse et brave».

«Il a constamment travaillé en respectant ses idéaux. Il est talentueux et brave. Il s’agit d’une grande marque d’appréciation et nous voulons le féliciter», a dit Dmitry Peskov lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes.

Certains se demandent toutefois si les lauréats de cette année respectent la volonté d’Alfred Nobel, le fondateur des prestigieux prix, qui souhaitait saluer ceux qui travaillent pour prévenir la guerre.

Le directeur du Stockholm International Peace Research Institute, Dan Smith, compte parmi ceux qui estiment que l’octroi du prix aux deux journalistes est mérité.

«La liberté d’expression fait partie de la démocratie, et on sait que les systèmes démocratiques sont plus stables, moins susceptibles d’entrer en guerre les uns avec les autres, moins susceptibles d’être plongés dans une guerre civile, a-t-il expliqué à l’Associated Press. Je crois que la chose importante au sujet d’un média qui est véritablement libre est non seulement qu’il agit indépendamment, mais qu’il respecte la vérité. Et je pense que c’est une composante importante non seulement de la démocratie, mais aussi d’oeuvrer en faveur de la paix.»

Mme Reiss-Andersen a souligné que ce n’est pas la première fois que le Nobel de la paix est remis à des journalistes. Le reporter italien Ernesto Teodoro avait été honoré en 1907 et le journaliste allemand Carl von Ossietzky en 1935, ce dernier pour avoir révélé que l’Allemagne avait entrepris de se réarmer en dépit de l’accord de paix signé après la Première Guerre mondiale.

Mme Ressa a notamment dénoncé le rôle joué par des géants technologiques comme Facebook dans la manipulation du débat public et leur incapacité à faire taire le discours haineux.

S’exprimant sur le site de Rappler après l’annonce du prix, Mme Ressa a dénoncé «le virus de mensonges qui a été introduit par le biais des algorithmes des plateformes de réseaux sociaux».

Le groupe Reporters sans frontières a salué la décision du comité Nobel, témoignant de sa «joie et de l’urgence».

«La joie, parce que c’est un honneur extraordinaire pour le journalisme, un honneur pour tous les journalistes qui prennent des risques à travers le monde pour défendre le droit à l’information», a dit le patron du groupe, Christophe Deloire.

RSF a collaboré avec Mme Ressa et M. Muratov pour défendre le journalisme dans leurs pays et il est régulièrement attaqué par des gouvernements autoritaires.

«Mais aussi de l’urgence, parce que la prochaine décennie sera cruciale pour le journalisme. Le journalisme est en danger, le journalisme est affaibli, le journalisme est menacé, a dit M. Deloire. Les démocraties sont affaiblies par la désinformation, par les rumeurs, par le discours haineux. Le prix est un appel puissant à défendre le journalisme partout.»

Le prestigieux prix est symbolisé par une médaille d’or et s’accompagne d’une bourse de 10 millions de couronnes suédoises (1,43 million $ CAN).

Avec Kiko Rosario, Frank Jordans et Vanessa Gera, The Associated Press

Le président philippin Duterte veut se retirer de la politique

octobre 2, 2021

LE PRÉSIDENT PHILIPPIN DUTERTE VEUT SE RETIRER DE LA POLITIQUE

© Reuters/LISA MARIE DAVID 

MANILLE (Reuters) – Le président des Philippines, Rodrigo Duterte, a annoncé samedi son intention de se retirer de la vie politique, une décision inattendue qui pourrait le conduire à soutenir sa fille dans la course à sa succession.

« J’annonce aujourd’hui mon retrait de la politique », a dit le chef de l’Etat, qui accompagnait le sénateur Christopher « Bong » Go, élu de leur parti, le PDP-Laban, pour le dépôt de la candidature de ce dernier à la vice-présidence du pays.

Rodrigo Duterte était jusqu’à présent considéré comme un candidat probable à la vice-présidence lors de l’élection prévue l’an prochain, faute de pouvoir briguer un deuxième mandat de six ans à la tête du pays, ce qui lui interdit la constitution philippine.

Sa fille, Sara Duterte-Carpio, qui lui a déjà succédé au poste de maire de la ville de Davao, a déclaré le mois dernier qu’elle ne briguerait pas un mandat national en 2022 parce qu’elle s’était mise d’accord avec lui pour qu’un seul d’entre eux soit candidat.

La retraite politique du père pourrait donc ouvrir la voie à une candidature de la fille à la magistrature suprême.

« Ça permet à Sara Duterte d’entrer dans la course », a déclaré samedi Antonio La Vina, professeur de droit et de politique à l’université Ateneo de Manille. Il n’a toutefois pas exclu que Rodrigo Duterte change d’avis et soit finalement candidat à la vice-présidence.

La période de dépôt des candidatures s’achèvera vendredi mais des retraits et des remplacements sont autorisés jusqu’au 15 novembre.

Rodrigo Duterte avait déjà attendu le tout dernier moment pour se déclarer candidat à la présidence pour l’élection de 2016, qu’il a facilement remportée.

Reuters (Reportage Karen Lema, version française Marc Angrand)

Philippines: pas de retour à l’école avant l’arrivée d’un vaccin

juin 8, 2020

 

Des dizaines de milliers d’écoliers philippins ne seront pas autorisés à retourner à l’école tant qu’un vaccin contre le coronavirus ne sera pas disponible, ont annoncé lundi les autorités.

Dans des pays comme la France et la Corée du Sud, où l’épidémie semble maîtrisée, les enfants ont repris le chemin de l’école mais les autorités philippines ont exclu une telle possibilité, estimant que le risque encouru est trop grand. En mai, le président Rodrigo Duterte avait déjà annoncé qu’il n’autoriserait pas le retour à l’école des élèves tant qu’un vaccin contre le coronavirus ne serait pas disponible. «Nous nous conformerons à la directive du président de reporter les cours en présentiel jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible», a déclaré lundi, Leonor Briones, la ministre de l’Education dans un communiqué.

Les établissements scolaires du pays ont été fermés en mars au moment de l’apparition de l’épidémie dans le pays. Plus de 25 millions d’élèves devaient reprendre les cours à la fin août. «Les enseignants feront de l’enseignement à distance via internet ou des émissions de télévision si nécessaire», a ajouté Mme Briones. Des millions de Philippins vivent dans la plus grande précarité et ne possèdent pas d’ordinateur chez eux, ce qui rend l’enseignement à distance difficilement envisageable. «L’enseignant et l’école devront s’adapter … en fonction de la disponibilité des moyens de communication», a précisé la ministre lors d’un point de presse.

L’opinion publique ne semble pas opposée à cette annonce dans un pays où des centaines de cas de contaminations sont recensés tous les jours en dépit des mesures strictes de confinement mises en place. Les enfants ne sont généralement pas autorisés à sortir de chez eux, sauf pour aller chercher des produits de première nécessité ou pour se rendre à leur travail. Même si les chercheurs du monde entier se sont lancés dans une course contre la montre sans précédent pour développer un vaccin, il est encore trop tôt pour savoir quand il sera mis au point et distribué à grande échelle.

Par Le Figaro avec AFP

Au moins 16 morts dans le typhon qui a balayé les Philippines à Noël

décembre 26, 2019

Des dizaines de milliers de Philippins ont été contraints de quitter leurs maisons et de passer le réveillon et le jour de Noël dans des abris.

Des dégâts causés par le typhon Phanfone aux Philippines.
Des dégâts causés par le typhon Phanfone aux Philippines. Photo by Handout / Courtesy of Jung Byung-joon / AFP

Le typhon Phanfone, qui a balayé le jour de Noël des villages reculés et des zones touristiques du centre des Philippines, a fait au moins 16 morts, ont annoncé jeudi 26 décembre les autorités locales. Ce typhon, qui s’accompagnait de rafales de vent atteignant les 195 km/h, a provoqué d’importants dégâts matériels, arrachant les toits des maisons et renversant des poteaux électriques. Dans les zones les plus sinistrées, les réseaux internet et téléphoniques étaient toujours coupés jeudi.

Phanfone a frappé entre autres la petite île de Boracay (centre), celle de Coron (ouest) ainsi que d’autres destinations très prisées des touristes, notamment étrangers, pour leurs plages de sable blanc.

L’aéroport de Kalibo, qui dessert Boracay, a subi d’importants dégâts, selon un touriste coréen qui s’est retrouvé bloqué et a fourni des images à l’AFP. «Les routes demeurent coupées mais des moyens sont mis en oeuvre pour déblayer les dégâts. C’est assez grave», a déclaré Jung Byung Joon sur le réseau social Instagram. «Tout ce qui se trouve dans un rayon de moins de 100 mètres autour de l’aéroport semble endommagé. A l’aéroport, il y a beaucoup de personnes déçues car leurs vols ont été annulés, a-t-il expliqué. Les taxis roulent mais il y a du vent et il pleut toujours donc personne ne veut quitter l’aéroport, notamment moi».

Noël dans des abris

Quoique moins puissant, Phanfone a suivi la même trajectoire que le typhon Haiyan, le plus dévastateur enregistré dans le pays, qui avait fait plus de 7300 morts et disparus en 2013, frappant particulièrement la ville de Tacloban. «C’est comme le petit frère de Haiyan. Il est moins destructeur, mais il a suivi une trajectoire similaire», a expliqué à l’AFP Cindy Ferrer, chargée de la communication au sein du service de gestion des catastrophes de la région des Visayas occidentales.

Dans ce pays à très grande majorité catholique, des dizaines de milliers de personnes ont été contraintes de quitter leurs maisons et de passer le réveillon et le jour de Noël dans des abris. Un grand nombre de Philippins n’ont pas pu réveillonner au sein de leur famille, en raison de l’arrêt des liaisons aériennes et par ferries. Parmi les personnes tuées, figure un policier qui a été électrocuté par la chute d’un poteau électrique au cours d’une patrouille.

Le typhon, en train de s’affaiblir, s’éloignait peu à peu du pays jeudi, se dirigeant vers la mer de Chine méridionale, selon le centre de prévisions météorologiques Weather Philippines. En moyenne, une vingtaine de typhons et tempêtes tropicales balayent chaque année les Philippines, faisant des centaines de morts. Mi-décembre, une violente tempête tropicale dans le nord du pays avait fait 13 morts.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Philippines: au moins 29 morts dans un glissement de terrain, le bilan s’alourdit pour le typhon

septembre 21, 2018

Des secouristes poursuivent leurs recherches le 20 septembre 2018 après un glissement de terrain meurtrier à Tina-an sur l’île de Cebu aux Philippines / © AFP / ALAN TANGCAWAN

Les sauveteurs ont continué vendredi de rechercher des survivants sur le site d’un glissement de terrain dans le centre des Philippines qui a fait au moins 29 morts, selon un nouveau bilan communiqué par la police.

Des dizaines de personnes étaient toujours portées disparues après l’effondrement jeudi à l’aube d’un versant d’une colline très escarpée de la localité de Tina-an dans la circonscription de Naga, sur l’île de Cebu.

L’effondrement a été lié vraisemblablement à de très intenses pluies de mousson mais les autorités enquêtaient également sur le rôle éventuel d’une carrière voisine.

Cette nouvelle catastrophe naturelle est survenue quelques jours après le passage du typhon Mangkhut qui a tué au moins 95 personnes dans le nord du pays, selon un nouveau bilan jeudi.

À Cebu, environ 200 policiers, pompiers et spécialistes munis d’équipements lourds continuaient à chercher une cinquantaine de personnes disparues selon Julius Regner, porte-parole de la défense civile.

Une vingtaine d’habitants vivant non loin ont dû quitter leur domicile, de crainte de nouveaux glissements de terrain.

– Carrières –

Les autorités s’interrogent pour savoir si l’existence d’une carrière voisine a pu contribuer au glissement de terrain. Par précaution, les activités d’exploitation des carrières ont été stoppées dans le pays pendant quinze jours.

Le gouvernement va procéder à une enquête nationale « pour déterminer la sécurité des opérations dans les zones de carrières et plus particulièrement dans les communautés voisines », a déclaré lors d’une conférence de presse le ministre de l’Environnement Roy Cimatu.

Philippines / © AFP / Gal ROMA

La régulation des mines dans le pays laisse à désirer et des effondrements de tunnels ou des glissements de terrain meurtriers se produisent régulièrement.

Cebu n’a pas directement été affecté par le typhon Mangkhut mais des journées de précipitations particulièrement fortes ont considérablement fragilisé les sols de la zone touchée par le glissement de terrain.

Parallèlement, les recherches se poursuivaient dans la région minière autour de la ville d’Itogon (nord), traversée samedi par le typhon Mangkhut, qui a détruit des habitations et dévasté des terres agricoles. Nombre des victimes ont péri dans un immense glissement de terrain dans cette localité sur l’île de Luçon.

Les recherches ont toutefois été retardées jeudi par l’évacuation de la plupart des secouristes en raison de craintes de nouveaux effondrements de collines alentour.

Les précipitations provoquées par le typhon Mangkhut ont également provoqué des pertes de récoltes agricoles estimées à au moins 250 millions de dollars.

Les Philippines sont touchées chaque année par une vingtaine de typhons, qui font des centaines de morts et aggravent encore la pauvreté.

Haiyan, un des typhons les plus violents à avoir jamais touché terre, avait dévasté le centre de l’archipel en novembre 2013, faisant plus de 7.350 morts ou disparus et privant de logement plus de quatre millions d’habitants.

Romandie.com avec(©AFP / (21 septembre 2018 14h37)

Le super typhon Mangkhut en vers les côtes chinoises

septembre 15, 2018

Photographie fournie par l’agence de presse de Taïwan CNA et publiée le 15 septembre 2018 montrant une colonne d’eau de mer aspirée en l’air dans la région de Taitung (est de Taïwan) alors que le super typhon Mangkhut approche des eaux du sud de l’île / © CNA PHOTO/AFP / CNA PHOTO

Le super typhon Mangkhut, le plus puissant de l’année, a mis le cap dimanche vers les côtes densément peuplées du sud de la Chine, après avoir frappé le nord des Philippines où il a fait au moins huit morts et forcé plus de 100.000 habitants à fuir leur domicile.

Mangkhut se dirige vers une zone située non loin du territoire semi-autonome de Hong Kong, où l’Observatoire météorologique a exhorté la population à la prudence, parlant de « menace considérable » pour les côtes méridionales de la Chine.

Après avoir quitté le territoire philippin, Mangkhut était encore accompagné de vents à 145 km/h, avec des rafales atteignant jusqu’à 180 km/h. Le typhon pourrait regagner en puissance en passant au-dessus des eaux chaudes de la mer de Chine.

A Hong Kong, les étagères des boulangeries et des supermarchés se vidaient rapidement, les habitants stockant des provisions en vue de l’arrivée du typhon. Le même phénomène était observé dans le territoire chinois voisin de Macao.

Des bénévoles ont prêté main-forte aux habitants du village de pêcheurs de Tai O pour surélever leurs meubles et appareils ménagers en prévision des inondations attendues.

Un père porte son enfant malade vers un autre véhicule alors que l’ambulance qui le transportait est bloquée sur une autoroute par des poteaux électriques abattus par les vents du typhon Mangkhut dans la ville de Baggao aux Philippines, le 15 septembre 2018 / © AFP / TED ALJIBE

La compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific prévoit l’annulation de plus de 400 vols sur les trois prochains jours.

– Bilan très provisoire –

Dans le nord de Luçon, la plus grande île de l’archipel philippin, environ quatre millions d’habitants se sont retrouvés samedi sur la trajectoire du typhon, dont les vents ont atteint par endroit les 330 km/h.

L’étendue des dégâts est apparue samedi dans la journée, avec des effondrements de pans de colline gorgés d’eau, des flots incontrôlables dévalant les rues et l’évacuation d’habitants de leurs maisons inondées.

Un chien et un canard dans les ruines d’une maison après le passage du super typhon Mangkhut dans la ville d’Alcala aux Philippines, le 15 septembre 2018 / © AFP / TED ALJIBE

Les sauveteurs ont été déployés dans les régions rurales et vallonnées les plus fortement touchées.

Le nombre des personnes tuées « devrait augmenter au fil des heures », a prévenu Ricardo Jalad, le chef du bureau national de la défense civile.

Les huit morts recensés pour l’instant aux Philippines sont six personnes tuées par des glissements de terrain, une jeune fille qui s’est noyée et un agent de sécurité tué par la chute d’un mur.

Un peu plus de 105.000 personnes ont quitté leur domicile pour fuir les intempéries apportées par le typhon dans cette région principalement rurale et agricole.

Le typhon Mangkhut / © AFP / Gal ROMA

Les Philippines sont frappées chaque année par une vingtaine de typhons qui font des centaines de morts et aggravent la pauvreté.

– « Fin du monde » –

« Parmi tous les typhons cette année, celui-ci est le plus fort, les vents qui l’accompagnent sont les plus violents », a dit à l’AFP le prévisionniste de l’Agence météorologique japonaise Hiroshi Ishihara.

Les Philippins habitant dans la zone touchée disent avoir vécu une nuit d’angoisse face à la nature déchaînée.

Le super typhon Mangkhut atteint les Philippines / © AFP / Gretchen Malalad

« On avait l’impression que c’était la fin du monde. Je n’ai pas pu dormir », a raconté au téléphone à l’AFP Bebeth Saquing, une habitante de Luçon. Sa maison a cependant résisté aux assauts du vent, explique cette habitante de 64 ans.

Haiyan, en novembre 2013, est le typhon le plus meurtrier à avoir touché les Philippines. Des vagues géantes, semblables à celles provoquées par un tsunami, avaient tout dévasté sur leur passage. La catastrophe avait fait plus de 7.350 morts ou disparus.

A Taïwan, une femme a été emportée par la mer déchaînée. L’île, certes située à plusieurs centaines de kilomètres des Philippines et de la trajectoire du typhon, subit les fortes précipitations causées par Mangkhut.

la présidente Tsai Ing-wen a demandé à ses compatriotes de prendre leurs précautions et se préparer, tandis que de puissantes vagues battaient le rivage. Elle les a appelés sur Facebook à la prudence : « Le typhon est puissant et même s’il ne devrait pas toucher Taïwan, nous devons nous tenir prêts et ne pas le prendre à la légère ».

Romandie.com avec(©AFP / (16 septembre 2018 02h19)

Le président israélien fait la leçon au président philippin sur Hitler

septembre 4, 2018

Le président israélien Reuven Rivlin (D) reçoit son homologue philippin Rodrigo Duterte (G) à Jérusalem le 4 septembre 2018 / © POOL/AFP / GALI TIBBON

Le président israélien Reuven Rivlin s’est livré mardi à une brève leçon d’histoire sur Hitler lors d’une rencontre avec le président philippin Rodrigo Duterte qui s’était comparé au dictateur nazi responsable de la Shoah.

« Hitler incarnait en fait le diable », a dit M. Rivlin au président philippin à Jérusalem, « c’était le diable sur Terre ».

M. Rivlin a ajouté que la visite de M. Duterte lundi à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem, avait dû lui faire comprendre combien toute référence à Hitler était sensible.

En septembre 2016, M. Duterte s’était comparé à Hitler afin de justifier ses méthodes sanglantes pour combattre la criminalité et le trafic de drogue qui ont fait des milliers de morts.

« Hitler a massacré trois millions de juifs. Bon, il y a trois millions de drogués (aux Philippines). Je serais heureux de les massacrer », avait-il dit.

Selon les historiens, six millions de juifs ont été tués durant la Seconde Guerre mondiale.

Les propos du président philippin avaient suscité une profonde indignation internationale. Il avait présenté ses excuses et s’était rendu dans une synagogue quelques jours plus tard.

M. Duterte a paru très attentif aux propos de M. Rivlin mardi. Il a ensuite parlé des relations commerciales avec Israël, et de l’achat d’armes par les Philippines.

« Vous nous avez fourni une aide cruciale » en équipements lors de la bataille contre les jihadistes dans la ville de Marawi en 2017, a dit M. Duterte.

« En termes d’équipements militaires, en particulier pour la collecte du renseignement, les instructions que je donne à nos militaires, c’est: il n’y a qu’un pays où acheter (…): Israël », a dit M. Duterte.

« L’Amérique est notre amie, mais vous savez, qu’elle vous vende quelque chose, et cela servira aussi à vous mettre sur écoute », a-t-il ajouté.

L’opposition israélienne et les défenseurs des droits de l’Homme ont dénoncé la visite de M. Duterte en raison de ses méthodes brutales contre le trafic de drogue et de ses propos outranciers. Ils ont accusé le gouvernement israélien de fermer les yeux sur les violations des droits par M. Duterte au nom d’intérêts commerciaux.

La visite de trois jours de M. Duterte pourrait aboutir à la signature de contrats significatifs, au moment où Manille prévoit un programme de plusieurs milliards de dollars de modernisation de ses forces armées.

Plusieurs dizaines d’Israéliens opposés aux ventes d’armes aux Philippines ont manifesté à l’extérieur de la présidence durant la rencontre.

« Nous protestons contre l’implication d’Israël dans les crimes commis là-bas (aux Philippines) », a affirmé à l’AFP l’avocat et militant des droits de l’Homme, Itay Mack.

M. Duterte doit déposer mercredi à Rishon LeZion (centre) une gerbe au monument érigé en hommage à la décision des Philippines d’accueillir 1.300 juifs qui fuyaient la Shoah. Puis il partira pour la Jordanie.

Romandie.com avec(©AFP / (04 septembre 2018 15h48)

Un Libanais arrêté pour le meurtre d’une domestique philippine au Koweït

février 24, 2018

Manille – L’un des deux principaux suspects du meurtre d’une domestique philippine dont le corps a été retrouvé dans un congélateur au Koweït a été arrêté et est détenu au Liban, ont annoncé les autorités philippines.

Le corps de Joanna Demafelis, qui présenterait des signes de torture, avait été découvert début février alors que ses employeurs, un Libanais et son épouse syrienne, avaient disparu en 2016.

A Beyrouth, un responsable judiciaire a confirmé samedi l’arrestation du Libanais mais aussi de son épouse.

Le meurtre, devenu un symbole des sévices parfois infligés aux domestiques philippines à l’étranger, a contribué à une crise diplomatique entre le Koweït et Manille qui a décidé une interdiction totale de signer de nouveaux contrats de domestiques dans le petit Etat du Golfe d’où quelque 1.700 Philippins ont été rapatriés à leur demande.

Le ministère philippin des Affaires étrangères a indiqué vendredi soir que Manille avait été averti par le Koweït la veille de la détention au Liban du Libanais Nader Essam Assaf accusé du meurtre de la jeune femme.

Le couple était recherché par Interpol depuis la découverte du corps de la domestique, selon le ministère.

« Le président (Rodrigo Duterte) se félicite des informations selon lesquelles Nader Essam Assaf se trouve actuellement aux mains des autorités au Liban », selon un communiqué du ministre philippin des Affaires étrangères Alan Cayetano.

Cette arrestation « constitue une première étape essentielle dans notre quête de justice pour Joanna et nous sommes reconnaissants à nos amis au Koweït et au Liban pour leur aide », a-t-il ajouté.

De son côté, le responsable judiciaire libanais a précisé que le couple avait été arrêté dans la capitale syrienne Damas où il s’était rendu après avoir fui le Koweït.

« Les autorités syriennes ont livré le mari au Liban (…). La Syrie a gardé l’épouse en détention, car il s’agit d’une ressortissante syrienne », a précisé ce responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

Le corps de Joanna Demafelis, 29 ans, avait été découvert plus d’un an après que sa famille eut signalé sa disparition.

Selon les chiffres officiels, quelque 252.000 Philippins travaillent au Koweït –sur plus de 2 millions dans la région–, une bonne partie en tant que domestiques. Les récits de sévices et de surexploitation abondent dans les médias.

M. Duterte a accusé les employeurs de l’émirat de régulièrement violer leurs domestiques, de les forcer à travailler 21 heures par jour et leur donner les restes à manger.

Environ dix millions de Philippins au total travaillent à l’étranger et leurs envois de fonds constituent une contribution essentielle à l’économie du pays où la manière dont ils sont traités dans les pays où ils se trouvent fait souvent l’objet de débats politiques.

M. Duterte, qui envisage d’étendre à d’autres pays l’interdiction décrétée pour le Koweït, a envoyé cette semaine une équipe dans l’émirat pour négocier une meilleure protection des travailleurs philippins émigrés.

Romandie.com avec(©AFP / 24 février 2018 11h23)                                            

Duterte menace de priver le Moyen-Orient des domestiques philippins

janvier 24, 2018

Le président philippin Rodrigo Duterte au 31e sommet de l’ASEAN, à Manille le 13 novembre 2017 / © POOL/AFP/Archives / NOEL CELIS

Le président philippin Rodrigo Duterte a menacé mercredi d’interdire à des centaines de milliers de Philippines de travailler comme domestiques au Moyen-Orient, après avoir affirmé que certaines d’entre elles se faisaient violer au Koweït.

Plus de deux millions de Philippines et de Philippins travaillent au Moyen-Orient, essentiellement comme domestiques, ce qui contribue à faire revenir des milliards de dollars dans l’économie de l’archipel.

La semaine dernière, M. Duterte avait interdit aux Philippins d’aller travailler au Koweït en raison d’informations sur de graves violations de droits de l’Homme dans l’émirat, de cas d’exploitation et même de décès. Mais cette décision ne concernait pas les Philippins travaillant déjà au Koweït.

« Qu’il se produise un autre incident au sujet d’une femme, qu’une Philippine s’y fasse violer ou se suicide et je déciderai d’une interdiction », a dit le président, peu avant d’embarquer sur un vol à destination de l’Inde pour un sommet régional.

« Et je suis désolé pour les Philippins qui sont là-bas, ils pourront rentrer chez eux », a-t-il ajouté. « Je serai direct parce que le Koweït a toujours été un allié. Mais faites quelque chose au sujet du Koweït et des autres pays du Proche-Orient. »

« Puis-je vous demander s’il vous plaît de traiter mes compatriotes comme des êtres humains et avec dignité? », a-t-il dit.

M. Duterte a affirmé la semaine dernière que quatre Philippins avaient péri ces derniers mois au Koweït, vraisemblablement par suicide. L’ambassade du Koweït à Manille n’était pas joignable dans l’immédiat.

« Les statistiques ne manquent pas et nous sommes très préoccupés par les violations des droits de l’Homme au Koweït », a déclaré le ministre philippin des Affaires étrangères Alan Peter Cayetano.

Selon lui, plus de 200.000 Philippins vivent au Koweït et beaucoup sont coincés dans ce pays, sont moins payés que promis et subissent des brimades.

A Koweït, le vice-ministre des Affaires étrangères Khaled al-Jarallah a indiqué mercredi à des journalistes que son pays « avait expliqué (sa) position aux responsables philippins concernant les cas mentionnés » par le président Duterte et leur avait demandé des précisions mais « n’avait encore reçu aucun détail ».

Koweït avait convoqué dimanche l’ambassadeur philippin dans l’émirat et demandé des explications.

M. Jarallah a affirmé que les Philippins « étaient les bienvenus » au Koweït et que le séjour dans le pays des travailleurs étrangers était « régi par le droit ».

L’émirat du Golfe compte 3,1 millions de travailleurs étrangers, la plupart asiatiques, pour 1,4 million de citoyens.

Le nombre de Philippins travaillant à l’étranger est estimé à dix millions.

Romandie.com avec(©AFP / 24 janvier 2018 21h48)                

Philippines: l’éruption d’un volcan fait fuir les habitants mais attire les touristes

janvier 24, 2018

Le volcan Mayon en éruption aux Philippines, ici photographié depuis un drone le 24 janvier 2018 / © AFP / CHARISM SAYAT

Les habitants proches d’un volcan philippin en éruption, le Mayon, continuaient mercredi à fuir la zone par dizaines de milliers, selon les services de sécurité civile, mais des touristes étrangers arrivaient de leur côté pour voir la lave et les nuages géants sortir du cratère.

Plus de 70.000 habitants de la région, un chiffre qui a quasiment doublé depuis trois jours, se retrouvent dorénavant entassés dans des écoles ou d’autres bâtiments publics, selon les autorités locales.

Le volcan Mayon est entré en activité depuis deux semaines et l’agence vulcanologique philippine a averti lundi d’une « éruption dangereuse imminente ».

La zone d’évacuation a été depuis progressivement élargie et s’établit actuellement à neuf kilomètres autour du cratère.

Mais même au delà de cette zone, des habitants ont quitté leurs maisons submergées par des pluies de cendres.

« Ils n’étaient pas dans la zone de danger mais ils sont effrayés », a expliqué à l’AFP Cedric Daep, chef des services de la sécurité civile dans la province d’Albay où se situe le volcan.

Selon lui, quelque 360.000 personnes, soit un tiers du million d’habitants de la province, ont respiré des cendres volcaniques.

Dans certains abris, les personnes évacuées dorment à même le sol et doivent partager les toilettes à raison d’un WC pour cinquante. D’autres abris sont même dépourvus de toilettes, selon les secouristes.

« On nous a dit que le gouvernement local nous fournirait (des toilettes mobiles) mais jusqu’à présent, il n’y en a pas », assure Maria Evelyn Grollo, qui dirige une école transformée en abri pour plus de 4.000 personnes aux abords de la ville de Legazpi.

Selon Rose Rivero, administratrice régionale de la Croix-Rouge, les évacués, essentiellement des familles de paysans, survivent grâce à des distributions de nourriture effectuées par le gouvernement et des oeuvres caritatives. Sa propre organisation fournit de l’eau potable ainsi que des produits d’hygiène et du conseil.

« Nous ne voulions pas partir parce que nous savions que la vie est dure dans les centres d’évacuation », a déclaré à la télévision GMA Susan Nolaso, tout juste arrivée dans un abri. « Mais hier, les chutes de cendres étaient vraiment trop fortes ».

– Rizières sous les cendres –

Des images filmées par un drone diffusées par la chaîne de télévision ont montré Guinobatan, une ville agricole de 65.000 habitants située sous le versant ouest du Mayon, tapissée de cendres qui ressemblaient vues du ciel à de la neige sale où perçait seulement le vert des rizières.

« Si on se réfère à l’histoire des éruptions du Mayon, il faudra trois ou quatre mois avant qu’ils ne puissent rentrer chez eux », ajoute Mme Rivero.

Selon l’agence vulcanologique nationale, les chances sont effectivement minces pour que cela arrive de sitôt.

L’agence a fait état mercredi de cinq épisodes d’émissions « intenses mais sporadiques de fontaines de lave depuis le cratère du sommet » durant la nuit de mardi à mercredi, avec également des nuages de cendres jusqu’à cinq kilomètres de hauteur.

De la lave ainsi que des rochers incandescents ont également dévalé les flancs du volcan, selon l’agence.

L’éruption excite la curiosité de touristes américains, européens ou sud-coréens, selon les hôteliers du coin.

« Ils sont attirés par l’activité du Mayon. Ils veulent voir ça de plus près », raconte à l’AFP Nics Ortonio, réceptionniste à l’Oriental Hotel de Legazpi, un quatre étoiles qui affiche complet.

Les clients sortent de leurs chambres à 110 dollars la nuitée pour observer les explosions périodiques sur le Mayon, en toute sécurité depuis la terrasse du restaurant de l’hôtel, aux côtés de dîneurs locaux, ajoute-t-elle.

« C’est bon pour les affaires, mais en tant qu’habitante je suis également affectée », poursuit la jeune femme âgée de 22 ans, expliquant qu’elle reste pour le moment à la maison avec ses parents.

Les Philippines se situent sur la « ceinture de feu » du Pacifique, zone où se rencontrent des plaques tectoniques, ce qui produit une fréquente activité sismique et volcanique.

Célèbre aux Philippines pour la quasi-perfection de son cône, le volcan Mayon, situé à quelque 330 km au sud-est de Manille, culmine à 2.460 mètres. Il est considéré comme le plus instable des 22 volcans philippins en activité.

Il a connu 51 éruptions au cours des 400 dernières années, dont la dernière remonte à 2014. En 1814, plus de 1.200 personnes avaient péri sous des flots de lave qui avaient notamment rasé la ville de Cagsawa, à l’exception du clocher d’une église devenu une attraction touristique majeure.

Des aéroports de la région ont été fermés et certaines routes sont impraticables en raison de la cendre. Le port de masques et de lunettes de protection est conseillé aux habitants.

Romandie.com avec(©AFP / 24 janvier 2018 14h01)