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Les profs utilisent Wikipédia autant que leurs élèves

mars 4, 2013

Lancée en 2001, l’encyclopédie en ligne est devenue l’outil incontournable pour se documenter. Si l’on savait que les étudiants l’utilisaient systématiquement, les enseignants ne sont pas en reste, révèle une enquête américaine.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Tout comme les étudiants, les professeurs utilisent massivement Wikipédia, révèle une étude américaine du Pew Research Center . Au total, ils sont 87 % à consulter l’encyclopédie numérique pour y rechercher des informations. Un résultat qui dépasse largement la moyenne des internautes adultes, qui ne fréquentent Wikipédia qu’à 53 %.

Au sein même du corps professoral, les différences ne sont pas conséquentes. Qu’ils enseignent les mathématiques, l’histoire ou la physique, tous les enseignants visitent au moins une fois le site dans le cadre de leurs cours. Toutefois, les résultats varient légèrement selon l’âge, puisque les jeunes professeurs sont 90 % à utiliser Wikipédia contre 85 % pour les enseignants âgés de plus de 55 ans.

 

Ce constat détonne tant il montre une certaine hypocrisie de la part des professeurs, qui pour beaucoup, mettent souvent en garde les élèves sur l’utilisation de Wikipédia. Une précédente étude publiée par le Pew Center en novembre 2012 montrait que trois quarts des étudiants américains y avaient recours pour effectuer leurs devoirs. Une situation qui faisait alors peur aux enseignants, qui étaient 71 % à estimer que le site décourageait les étudiants à trouver d’autres sources pour leurs travaux scolaires.

Si les résultats de cette nouvelle enquête ne démentent pas l’utilisation massive de l’encyclopédie, ils devraient rassurer les professeurs. Selon les chercheurs du Pew Center, enseignants comme étudiants consultent majoritairement Wikipédia «pour obtenir le résumé bref et simple d’un sujet, avant de passer à d’autres sources»…

Tablettes, téléphones, ordinateurs au cœur du l’enseignement

L’hégémonie de Wikipédia reflète la migration massive des jeunes et des enseignants vers le savoir numérique. Il est plus facile et visiblement plus naturel de s’informer devant son écran, si l’on en croit les multiples études et rapports publiés depuis quelques années. Aux États-Unis ,les politiques gouvernementales vont d’ailleurs dans ce sens. Le ministre américain de l’Éducation, Arne Duncan, déclarait l’année dernière que les manuels scolaires étaient désormais «obsolètes», et qualifiait le passage au digital de «nécessaire».

Selon les résultats du Pew Center, les enseignants ont largement pris ce virage numérique. Plus des trois quarts des interrogés avouent se servir de leurs téléphones portables pour préparer leurs cours ou pour apporter des réponses aux élèves, 45 % d’entre eux utilisant une tablette à cette fin. «Les technologies numériques sont devenues des outils pédagogiques essentiels pour la grande majorité des enseignants de cette étude» confirme Kristen Purcell, directrice associé du Pew Center.

Lefigaro.fr par Assma Maad

Amadou Haya Sanogo : « Les Maliens sont aujourd’hui en danger »

avril 3, 2012

Le chef de la Comité national pour le redressement de la  démocratie et  la restauration de l’État (CNRDRE) malien a promis de rendre le  pouvoir  aux civils et de mettre en place une convention nationale pour  organiser  des élections. Interview.

Jeune Afrique : aujourd’hui, êtes-vous le chef de l’État malien ?

Amadou Haya Sanogo : Jusqu’à l’instant où l’on  parle, je suis le chef de l’État.
Avec qui dirigez-vous le pays  ? Quels sont les hommes qui vous entourent ?

Nous sommes nombreux, c’est tout un comité. Il y a moi, il y a le  lieutenant-colonel Konaré, le colonel Moussa Coulibaly, qui est chef de cabinet… Nous sommes plusieurs à prendre les décisions et je ferai part au public de tous  les membres de ce comité dans les meilleurs délais.   Avez-vous parlé à Amadou Toumani Touré depuis qu’il a quitté le palais  présidentiel de Koulouba ?

Non. Mais je souhaite préciser que si je le pouvais, je le prendrais sous ma  protection pour préserver son intégrité physique. Je ne souhaite pas qu’il tombe  entre de mauvaises mains, ou qu’il se trouve au mauvais endroit au mauvais  moment.

Quel sort réservez-vous aux personnes encore détenues ?

Il ne faut pas utiliser le mot détention. Nous les gardons pour préserver  leur intégrité physique.
Mais ils ne peuvent pas recevoir de  visites…

Bien sûr que si, ils reçoivent des visites : la Croix rouge, le barreau…

Mais leurs familles ?

J’ai fait la promesse d’assurer la sécurité de ces dignitaires de l’ancien  régime et de préserver leur intégrité physique. Je m’y tiendrai. Je vous  rappelle que nous ne sommes pas allés tous les chercher. Cinq d’entre eux – dont  je préfère taire les noms – sont venus d’eux-mêmes. Nous les avons mis à l’abri  dans un camp militaire et je leur ai même demandé d’appeler la presse pour  expliquer qu’ils sont là de leur propre chef.

La situation qui prévaut au Nord est critique. Quel soutien  attendez-vous de la part de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest  (Cedeao) ?

Il y a une médiation en cours et beaucoup de débats. Mais tout cela peut  attendre. En revanche, les vies humaines n’attendent pas et les Maliens  aujourd’hui sont en danger. Si l’on pouvait différer toutes les  considérations d’ordre politique et rétablir la situation qui se dégrade… L’ennemi progresse à une vitesse incroyable, et après le Mali, qui dit qu’il ne  s’attaquera pas au Burkina Faso ou au Niger ? Il serait bien que la Cedeao songe  à nous donner des moyens militaires conséquents pour faire face à ces  attaques.

Quels sont les points de blocages avec la Cedeao ?

S’il y en a un, c’est celui qui concerne le retour à l’ordre constitutionnel.  Selon la Constitution, en l’absence du président élu, c’est à Dioncounda Traoré [le président de l’Assemblée  nationale, NDLR] de mener à bien le processus de transition. Mais son mandat  expire le 8 juin. Et en toute objectivité, je ne pense pas qu’il puisse  organiser les élections dans le délai constitutionnel de 40 jours. Donc si on  l’y place aujourd’hui, lui aussi sera illégalement à la tête de l’État à cette  date, et on devra repartir à zéro. D’où l’idée de mettre en place dès maintenant  une convention nationale, composée de membres de la société civile et de  militaires pour mener à bien le processus qui conduira aux élections.

Combien de temps vous faut-il pour mettre en place cet organe  ?

Cela va se faire très vite. Nous sommes en concertation avec la société  civile et les partis politiques.

Une fois le processus de transition achevé, rendrez-vous vraiment le  pouvoir aux civils ?

Un coup de force n’est jamais apprécié. Celui-ci l’a été parce que j’ai  libéré mon peuple. Je suis entré par la grande porte, je souhaiterai sortir par  la grande porte. Et la seule façon de faire une sortie honorable, c’est de  partir en laissant le pouvoir au président démocratiquement élu. Le militaire  que vous voyez, quand ce sera fini, il rentrera tranquillement dans sa caserne  !

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Jeuneafrique.com propos recueillis par Malika Groga-Bada, envoyée  spéciale à Bamako