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Burundi : décès de Pierre Buyoya, le putschiste devenu démocrate

décembre 18, 2020
Pierre Buyoya, l’ancien président du Burundi – ici en 2012 à Paris – , est décédé le 17 décembre 2020.

Président du Burundi de 1987 à 1993, puis de 1996 à 2003, Pierre Buyoya est décédé ce jeudi à l’âge de 71 ans. Il laisse derrière lui un héritage complexe, marqué par deux putschs et la signature des accords de paix d’Arusha.

Lorsqu’il était interrogé sur son parcours politique, Pierre Buyoya avait coutume de répondre que l’important « n’est pas comment on accède au pouvoir, mais comment on le quitte ». Pour l’ancien président du Burundi, qui a conquis le pouvoir par les armes à deux reprises, en 1987 puis en 1996, avant de le céder en 2003, conformément aux accords de paix d’Arusha, cette nuance avait toute son importance.

Elle correspondait en tout cas à son histoire, celle d’un major de l’armée burundaise devenu chef d’État par la force puis diplomate et resté, pendant plus de trois décennies, une figure centrale du pays.

Décédé le jeudi 17 décembre du Covid-19, selon ses proches, Pierre Buyoya était hospitalisé depuis une semaine à Bamako. La détérioration soudaine de son état de santé avait conduit à son évacuation médicale vers Paris où il est finalement mort dans la nuit.

Deux coups d’État

Né en 1949, à Burari, au sud de Bujumbura, Pierre Buyoya doit avant tout sa carrière à son passage dans l’armée burundaise, dominée à l’époque par la minorité tutsie, dont il est issu. Formé à la prestigieuse École royale des cadets de Bruxelles, réputé travailleur, il gravit rapidement les échelons et acquiert le grade de major.

Il accède au pouvoir une première fois en 1987 à la suite du coup d’État qui renverse le colonel Jean-Baptiste Bagaza. Dans un contexte de tensions ethniques extrêmes entre Tutsi et Hutu, il mène alors une politique de « réconciliation nationale », marquée par le référendum sur la Charte de l’Unité nationale, en 1991. Un an après la promulgation d’une nouvelle Constitution, il convoque en juin 1993 les premières élections démocratiques du pays.

Le duel annoncé entre son parti, l’Union pour le progrès national (Uprona), et le Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu) de Melchior Ndadaye tourne à l’avantage de ce dernier.

Ndadaye, devenu premier président hutu démocratiquement élu, est finalement assassiné le 21 octobre 1993 aux côtés d’autres cadres de son régime. Souvent accusé d’avoir joué un rôle dans cet épisode, Buyoya a systématiquement nié son implication. Un premier procès, en 1998, condamnera quelques soldats, qualifiés d’« exécutants ». Entretemps, le major Buyoya a reconquis le pouvoir par la force.

Alors que le pays s’enflamme et que la guerre civile s’aggrave après la mort du successeur de Ndadaye, Cyprien Ntaryamira – tué dans l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994 -, Buyoya renverse le président Sylvestre Ntibantunganya en 1996.

C’est sous ce second mandat que débutent les discussions qui aboutiront en 2000 à la signature des accords d’Arusha, ouvrant la voie à la fin du conflit qui ensanglante le pays. Conformément à ces accords, une transition est mise en place à partir de 2001 et Pierre Buyoya remet le pouvoir à Domitien Ndayizeye, jusque-là vice-président, en 2003.

Diplomate

À son départ du pouvoir, Buyoya se dit optimiste pour l’avenir du pays qui élit, en 2005, un ancien rebelle hutu : Pierre Nkurunziza. L’ancien major, lui, change de costume et multiplie les fonctions diplomatiques ainsi que les missions d’observateur électoral ou de médiateur au service de plusieurs organisations internationales.

C’est là toute la complexité de l’héritage de Pierre Buyoya. Arrivé au pouvoir par les armes à deux reprises, il s’est néanmoins bâti une réputation de démocrate plus que de putschiste en rendant par deux fois le pouvoir en douceur.

Nommé Haut représentant de l’Union africaine au Mali et au Sahel en 2012, il brigue deux ans plus tard le poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie – finalement remporté par la canadienne Michaëlle Jean. Il bénéficie pendant toute sa campagne d’un soutien appuyé de Pierre Nkurunziza. Mais les relations entre les deux hommes vont ensuite se dégrader.

Comme de nombreuses personnalités burundaises, Pierre Buyoya dénonce le troisième mandat remporté par Nkurunziza en 2015 et la violente crise qui s’en suit. À plusieurs reprises, l’ancien chef de l’État dénoncera la répression en cours et ira même jusqu’à évoquer le risque d’un « génocide ».

Les relations avec le régime burundais ne feront que s’aggraver, surtout avec la relance, en novembre 2018 de l’affaire Ndadaye. La justice burundaise émet alors plusieurs mandats d’arrêt contre des personnalités suspectées d’être mise en cause dans l’assassinat de l’ancien président, vingt ans après le « procès des exécutants ».

Buyoya dénonce alors une procédure « politique », tandis que Bujumbura met la pression à l’Union africaine pour que ce dernier soit démis de ses fonctions et arrêté. L’ancien président burundais sera finalement condamné à la perpétuité, le 20 octobre dernier. Une peine prononcée in absentia, comme pour la plupart des accusés.

S’il a dénoncé le verdict, Buyoya avait annoncé fin novembre sa démission de son poste de haut représentant de l’UA au Sahel. Il avait alors évoqué le souhait de se consacrer pleinement à sa défense.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

Pierre Buyoya démissionne de l’Union Africaine

novembre 24, 2020

  

L’ancien président du Burundi a quitté ses fonctions d’envoyé spécial pour le Mali et le Sahel ce mardi 24 novembre, sans préciser de raison officielle.

Le 20 octobre dernier, Pierre Buyoya a été condamné à de la prison à perpétuité dans son pays pour l’assassinat en 1993 de son prédécesseur, Melchior Ndadaye.

La justice burundaise l’a trouvé coupable, avec une vingtaine de proches, « d’attentat contre le chef de l’Etat, attentat contre l’Etat et attentat tendant à porter le massacre et la dévastation ».

Selon un haut responsable de l’UA, Pierre Buyoya souhaiterait préparer sa défense en appel de cette condamnation qu’il avait qualifié de « parodie de justice ». L’instance continentale n’a pas fait de commentaire depuis l’énoncé du verdict.

Premier chef de l’Etat démocratiquement élu du Burundi et premier hutu à accéder au pouvoir, Melchior Ndadaye a été assassiné en octobre 1993 lors d’un coup d’Etat militaire qui allait entraîner le pays dans une guerre civile opposant l’armée, dominée par la minorité tutsie, à des groupes rebelles hutu, qui fera 300 000 morts jusqu’en 2006.

Melchior Ndadaye avait succédé à Pierre Buyoya, lui-même porté par l’armée au pouvoir en 1987, et qui redeviendra président à la faveur d’un nouveau coup d’Etat entre 1996 et 2003, avant de remettre le pouvoir à Domitien Ndayizeye, un hutu, en vertu d’un accord de paix signé en 2000 à Arusha en Tanzanie.

Avec agence Presse

Burundi: l’ancien président Buyoya met en garde contre un risque de génocide

décembre 18, 2015

Paris – L’ancien président burundais Pierre Buyoya a mis en garde contre un risque de génocide au Burundi et dénoncé la volonté des dirigeants actuels du pays d’ethniciser la crise, dans un entretien vendredi sur Radio France internationale (RFI).

Nouvelle illustration de ce discours du pouvoir de plus en plus marqué ethniquement, le parti présidentiel CNDD-FDD a dénoncé dans un récent communiqué ceux qui oeuvreraient, selon lui, dans l’optique de soutenir un pouvoir ethnique nilotique (qualificatif désignant traditionnellement les Tutsi, selon les extrémistes hutu) au Burundi.

Il y a risque de génocide bien sûr, a déclaré sur Radio France internationale (RFI) M. Buyoya, qui dirigea le pays de 1987 à 1993, puis de 1996 à 2003: je me demande d’ailleurs s’il n’y a pas déjà des éléments de génocide quand on voit le niveau atteint par les violences aujourd’hui.

Interrogé sur une volonté d’ethniciser la crise de la part du régime du président Pierre Nkurunziza, M. Buyoya a répondu: c’est clair!.

Il suffit de lire le discours politique qu’il y a sur la place publique, et malheureusement de la part de hauts responsables, a-t-il souligné.

Il y a les faits, les expressions au quotidien, ce qui se dit en cachette fini par être connu. Et vraiment on a l’impression que dans certains milieux il y a une volonté d’utilisation de la crise, a ajouté l’ancien chef de l’Etat, dont les prises de positions publiques sur son pays sont très rares.

Ce sont des mots qui sont adressés à des responsables politiques, parfois en cachette, mais ça finit par se savoir, c’est le discours souterrain qui soutient toute cette violence, a-t-il observé, rappelant qu’on a eu dernièrement un discours du président du sénat qui a fait le tour du monde, un discours très dangereux.

Des confrontations ethniques ont eu lieu depuis longtemps, depuis des décennies entre les deux communautés hutu et tutsi. C’est ce que nous avons essayé d’exorciser au Burundi. On pensait avoir fait des progrès, malheureusement on a l’impression qu’on retourne à la case départ, a déploré M. Buyoya (un Tutsi, arrivé au pouvoir après deux coups d’Etat, et qui a remis ce pouvoir en 2003 à un Hutu pour mettre en oeuvre les accords d’Arusha mettant fin à la guerre).

Nous sommes arrivés à un moment où il est impossible de se taire et où le pays peut basculer dans l’irréparable, a jugé l’ex-chef d’Etat.

En public, les dirigeants du régime et les chefs du parti présidentiel CNDD-FDD (issu de l’ancienne rébellion hutu pendant la guerre civile de 1993-2006) se gardent de toute accusation explicite contre les Tutsi, mais ils ne cessent de se poser en défenseur de la démocratie et de la majorité silencieuse, sous-entendu la majorité paysanne hutu.

En coulisses, notamment dans les réunions du parti, le discours est beaucoup plus dur .

Dans un communiqué publié en français mardi et signé de son président Pascal Nyabenda, le CNDD-FDD s’en est pris notamment à la Belgique et à la société civile au Burkina Faso qui, selon lui, soutiennent un pouvoir ethnique nilotique au Burundi qui passerait par la mise en place d’un gouvernement de transition et oublie a jamais la démocratie.

Le CNDD-FDD y dénonce ce qu’il estime être la haine contre les Bantou de l’Afrique centrale et la pensée coloniale et néo-coloniale qui viserait à remettre le pouvoir dans les mains de ceux qui sont prédéterminés à diriger et écraser les peuples jugés inférieurs.

Il s’agirait de permettre le retour aux anciens temps coloniaux (…) où une certaine partie de la population était jugée inférieure par rapport à une autre et que celle supérieure était née pour diriger selon le schéma du colon Belge.

Cette pensée est à combattre avec toutes les énergies car visant l’annihilation de la souveraineté du peuple dans sa légitimité de se choisir ses propres dirigeants (…), selon le CNDD-FDD.

Romandie.com avec(©AFP / 18 décembre 2015 18h43)

Pierre Buyoya : « Comme beaucoup, j’ai été surpris par la manière de faire de François Hollande »

décembre 1, 2014

Pierre Buyoya en mars 2012, à Paris.
Pierre Buyoya en mars 2012, à Paris. © Vincent Fournier/J.A.

Le candidat burundais malheureux au poste de secrétaire général de l’OIF félicite sa rivale, la Canadienne Michaëlle Jean, pour sa nomination. Et regrette la division de l’Afrique ainsi que des déclarations « inapropriées » de François Hollande au sommet de Dakar, sur le respect des Constitutions par les présidents africains. Interview.

Malgré son passé de putschiste récidiviste, il pouvait se prévaloir de plusieurs atouts pour succéder à Abdou Diouf en tant que secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Ancien chef d’État, devenu médiateur pour le compte de l’Union africaine et de l’OIF, de la Centrafrique au Mali, le Burundais Pierre Buyoya bénéficiait en outre du soutien de la quasi-totalité des pays d’Afrique centrale. Mais le refus du président Denis Sassou Nguesso de retirer la candidature de son candidat, Henri Lopes, qui s’était fait « voler » son élection en 2002, lorsque Jacques Chirac avait parachuté Abdou Diouf comme candidat, a sonné le glas de ses ambitions.

Pour Jeune Afrique, il revient sur une élection où sa division a coûté à l’Afrique un poste convoité qui lui semblait pourtant acquis.

Jeune Afrique : Pour la première fois depuis la création de cette fonction, en 1997, le secrétaire général de l’OIF n’est pas africain. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Pierre Buyoya : Je tiens d’abord à féliciter Michaëlle Jean et à lui souhaiter tout le succès possible pour porter l’OIF vers de nouveaux horizons. Pour revenir à votre question, c’est effectivement inédit de voir ce poste échappe à l’Afrique. La raison en est simple : les États africains ne sont pas parvenus à s’accorder sur une candidature unique. C’est une réalité qu’il nous faut bien assumer. Le consensus que nous ne sommes pas parvenus à atteindre s’est donc fait sur la seule candidature non africaine, celle de Mme Jean. Cela étant, la campagne a donné lieu à un débat passionnant entre les différents projets, ce qui a contribué à crédibiliser l’OIF.

Tous ont soutenu ma candidature, à l’exception du président congolais, qui n’a pas souhaité retirer son candidat.

En constatant ce bloquage persistant, avez-vous été tenté de retirer votre propre candidature ?

Non, car la recherche d’un consensus s’est faite de façon méthodique. L’Afrique centrale totalisait trois candidats. Il y a donc eu des concertations préalables pour obtenir des désistements parmi nous. C’est ainsi que le président de la Guinée-Équatoriale a assuré à mon président qu’il était prêt à retirer son candidat. Le jour de l’ouverture du sommet, en marge du déjeuner, une réunion a eu lieu entre les chefs d’État de tous les pays d’Afrique centrale présents à Dakar. Tous ont soutenu ma candidature, à l’exception du président congolais, qui n’a pas souhaité retirer son candidat. Nous étions donc bloqués. Ayant reçu ce soutien, il était difficile à mon président de se désister. C’eût été un manque de respect vis-à-vis de ses pairs.

Étant un ancien chef d’État et ayant œuvré en tant que médiateur dans diverses crises africaines, on vous reconnaissait une stature de secrétaire général en puissance. Les circonstances de votre arrivée au pouvoir, en 1987 et 1996, ont-elles joué contre vous ?

Cela n’a pas été un handicap. La preuve, c’est que les chefs d’État d’Afrique centrale, de même que d’autres en Afrique de l’Ouest ou ailleurs, m’ont soutenu. Si on était passé au vote, je pense que j’aurais bénéficié d’un large soutien parmi les présidents africains. Si j’ai le sentiment que ça n’a pas joué, c’est parce que personne parmi les États membres n’a fait de mon passé un critère rédhibitoire. Au moment de la prise de décision, cette affaire n’a jamais été mise en avant, contrairement à mon expérience. La seule condition posée par la France a été de demander aux États africains de s’entendre. Si tel avait été le cas, les conditions de mon arrivée au pouvoir n’auraient aucunement été un obstacle.

Plusieurs délégations africaines se sont offusquées, dans les coulisses du sommet, de la teneur du discours de François Hollande. Personnellement, qu’en avez-vous pensé ?

Concernant les principes énoncés, je n’ai pas vraiment de critiques à formuler. Mais sur la forme, ce discours m’a surpris. Ni le cadre ni la manière n’était approprié. Ça m’a donné l’impression que ce discours était adressé à une certaine opinion dans son pays, et non pas aux chefs d’État africains. Comme beaucoup, j’ai été surpris par sa manière de faire. De même j’ai été surpris par son interprétation des événements au Burkina Faso. Sans doute ces événements sont-ils arrivés parce qu’il y a eu des manquements, mais il faut se garder de généraliser à l’ensemble du continent. Prétendre que tous ceux qui modifieraient leur Constitution n’ont pas leur place dans l’espace francophone est exagéré. Chaque cas est spécifique.

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Jeuneafrique.com propos recueillis à Dakar par Mehdi Ba

Centrafrique : Buyoya à la tête de la Misca ?

novembre 15, 2013

L’ancien président burundais, Pierre Buyoya, serait bien placé pour prendre la tête de la Misca en Centrafrique.

Représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, Pierre Buyoya paraît bien placé pour prendre la tête de la Misca, la mission de cette même UA en Centrafrique. Médiateur à poigne, l’ancien président burundais connaît bien le pays. En 2008, il y a présidé le Dialogue politique inclusif sur la paix, puis, en 2010 et en 2012, conduit des missions d’évaluation pour le compte de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). S’il est nommé, il sera chargé du volet politique de la mission, le commandement militaire ayant été confié au général camerounais Tumenta Chomu Martin. Créée en août, la Misca doit remplacer le 19 décembre la Force multinationale de l’Afrique centrale (Fomac).

Jeuneafrique.com

François Hollande en visite au Mali samedi

février 1, 2013
Francois Hollande, à Tulle (France), le 19 janvier 2013. Francois Hollande, à Tulle (France), le 19 janvier 2013. © AFP

Le président français François Hollande est attendu au Mali samedi 2 février. Il devrait se rendre à Bamako et Tombouctou. Il sera accompagné de plusieurs ministres, dont Jean-Yves Le Drian (Défense) et Laurent Fabius (Affaires étrangères). Par ailleurs, des centres de commandement, des dépôts logistiques et des centres d’entraînement de jihadistes ont été  visés ces derniers jours par l’aviation française dans la région d’Aguelhok, à une centaine de kilomètres au nord de Kidal.

La visite de François Hollande au Mali est prévue ce samedi, indique un communiqué de la présidence française. Selon Libération, le président français décollerait  vendredi soir pour Bamako. Samedi, il devrait rencontrer le président malien par intérim Dioncounda Traoré avant de se rendre à Tombouctou, ville récemment libérée par les forces maliennes et françaises, rapporte le quotidien français.

Lors de cette visite, qui survient trois semaines après le déclenchement de l’intervention militaire française dans ce pays, le chef de l’État sera accompagné des ministres des Affaires Étrangères, Laurent Fabius, de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et du Développement, Pascal Canfin.

Buyoya à la tête de la Misma

L’ex-président burundais Pierre Buyoya, haut représentant de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel, a été nommé chef de la Misma, la force africaine en cours de déploiement au Mali, en plus de ses actuelles fonctions, a annoncé l’UA jeudi 31 janvier. L’UA a ajouté que cette nouvelle mission à la tête de la Misma s’ajoutait à ses autres fonctions. Dans un communiqué, l’UA a précisé que M. Buyoya « qui a une grande expérience politique, diplomatique et militaire, contribuera de façon significative à assurer l’efficacité de la Misma et à mobiliser le soutien africain et international si nécessaire au succès des efforts de l’Afrique au Mali ». (Avec AFP)

Ce voyage présidentiel se déroule alors que les opérations militaires continuent dans le Nord-Mali. L’aviation française a ainsi procédé ces derniers jours à des frappes aériennes « assez importantes » dans la région d’Aguelhok, à une centaine de kilomètres au nord de Kidal. « Les objectifs visés étaient des centres de commandement, des dépôts logistiques, des centres d’entraînement », a précisé, jeudi 31 janvier, le porte-parole de l’état-major français, le colonel Thierry Burkhard.

La région d’Aghelhok est, selon le colonel Burkard, « assez logiquement une zone de repli des groupes terroristes qui sont en train de remonter vers le nord ». C’est également dans les montagnes au nord de Kidal – dans le massif des Ifoghas- que se trouvent « probablement les otages », a déclaré jeudi sur la radio France-Inter Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, ajoutant: « Nous ne perdons jamais de vue, ni d’esprit, ni de sensibilité, le fait qu’il y a des otages français dans ce territoire ». Sept Français ont été enlevés par des islamistes au Niger et au Mali en 2011 et 2012. Leurs ravisseurs ont menacé de les tuer en cas d’intervention militaire française.

Longtemps tenue par le groupe islamiste Ansar Eddine (Défenseurs de l’islam), allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Kidal venait de passer sous le contrôle du Mouvement islamique de l’Azawad (MIA, dissident d’Ansar Eddine) et du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touarègue) quand les Français y sont arrivés dans la nuit de mardi à mercredi, avant d’y être bloqués par une tempête de sable.

Négociations

Après avoir mené une offensive éclair pour s’emparer de Gao et de Tombouctou en moins de trois jours, la France, qui contrôle l’aéroport de la ville, semble vouloir jouer la carte de la négociation avec les groupes disant rejeter le terrorisme, évoquant une « situation particulière ». C’est sans l’appui des militaires maliens que les forces françaises ont pénétré – sans résistance – dans Kidal, à 1 500 km au nord-est de Bamako.

Le MIA avait fait savoir mercredi qu’il s’opposait à la venue de soldats maliens et ouest-africains. Mais selon le porte-parole de l’armée malienne, le colonel Souleymane Maïga, des militaires maliens sont arrivés jeudi 31 janvier, dans la ville. Une « petite unité de reconnaissance, partie préparer le terrain au reste de la troupe », précise le militaire basé à Bamako.

Un détachement d’environ 1 400 militaires tchadiens remonte par ailleurs par la route de la frontière nigérienne, où il était positionné, en direction de Kidal, selon Paris.

Jeudi, les autorités de Bamako ont annoncé qu’elles ne négocieraient pas avec la récente fraction dissidente d’Ansar Eddine, le MIA, dirigé par Alghabass Ag Intalla. « Le seul groupe avec lequel nous pouvons envisager des négociations, c’est certainement le MLNA à condition que le MLNA renonce à toutes ses prétentions territoriales », a déclaré le président malien.

Jeuneafrique.com avec AFP

L’ex-président burundais Buyoya nommé chef de la force africaine au Mali

janvier 31, 2013
L'ex-président burundais Buyoya nommé chef de la force africaine au Mali L’ex-président burundais Buyoya nommé chef de la force africaine au Mali © AFP

L’ex-président burundais Pierre Buyoya, haut représentant de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel, a été nommé chef de la Misma, la force africaine en cours de déploiement au Mali, en plus de ses actuelles fonctions, a annoncé l’UA jeudi.

« La présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, a nommé (. . . ) le Haut représentant de l’UA pour le Mali et le Sahel, l’ancien président Pierre Buyoya du Burundi, comme son représentant spécial et chef de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (Misma) », indique l’UA dans un communiqué.

L’UA a précisé à l’AFP que cette nouvelle mission à la tête de la Misma s’ajoutait à ses fonctions actuelles.

Cette nomination intervient au lendemain d’une conférence des donateurs organisée à Addis Abeba pour réunir des fonds destinés à accélérer le déploiement de la Misma et à la restructuration de l’armée malienne, mise en déroute par des groupes islamistes armés qui avaient conquis entre mi-2012 et ces derniers jours la moitié du nord du pays.

Le manque de ressources financières et logistiques handicapent sérieusement le déploiement de la Misma, que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) tente depuis plusieurs mois de mettre sur pied pour épauler les forces maliennes.

Cette force, désormais élargie à d’autres contingents africains et commandée sur le terrain par un général nigérian, doit à terme, au côté de l’armée malienne, prendre le relais des forces françaises, envoyées d’urgence mi-janvier pour repousser une offensive des islamistes qui progressaient en direction de Bamako.

L’armée française a depuis repris le contrôle de la quasi-totalité du nord du Mali et s’apprêtait jeudi à sécuriser Kidal, dernière grande ville de la région sous contrôle islamiste, dont elle contrôlait l’aéroport.

Jeuneafrique.com avec AFP