Posts Tagged ‘Pierre Claver Mbonimpa’

Burundi: le défenseur des droits de l’Homme Mbonimpa autorisé à se faire soigner à l’étranger

août 6, 2015

Bujumbura (Burundi) – Le défenseur des droits de l’Homme burundais Pierre-Claver Mbonimpa, grièvement blessé dans une tentative d’assassinat lundi soir, a été autorisé par la justice à se faire soigner à l’étranger, a annoncé jeudi sa famille à l’AFP.

La Belgique, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a immédiatement proposé de l’accueillir.

M. Mbonimpa a été autorisé à quitter le Burundi malgré une procédure ouverte contre lui depuis 2014 pour atteinte à la sûreté de l’Etat, selon sa famille. L’autorisation de voyager a été délivrée par le procureur, a indiqué sa fille Amandine Nasagarare, précisant que les médecins avaient jugé que M. Mbonimpa, toujours hospitalisé à Bujumbura, était médicalement transportable.

La famille envisage de l’évacuer vers Nairobi ou l’Europe (…) d’ici quelques jours, a-t-elle ajouté.

La Belgique, ancienne puissance coloniale, a proposé de l’accueillir pour se faire soigner, a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, sans être en mesure de confirmer à ce stade sa venue effective à Bruxelles.

On travaille avec des partenaires sur les modalités pratiques de son évacuation, a-t-il poursuivi. On attend que sa situation physique s’améliore encore un peu pour pouvoir voyager, a ajouté le porte-parole.

L’état de santé de M. Mbonimpa, qui a reçu lundi soir une balle au visage, tirée par des hommes à moto à Bujumbura, est stable, selon sa fille, mais il ne parvient toujours pas à parler et doit s’exprimer par geste.

M. Mbonimpa, figure respectée de la défense des droits de l’Homme au Burundi, est poursuivi devant la justice burundaise pour avoir affirmé que des Imbonerakure – les membres de la Ligue de jeunesse du parti au pouvoir CNDD-FDD – recevaient une formation paramilitaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) voisine.

Il avait été remis en liberté provisoire fin septembre 2014, après quatre mois et demi de détention préventive dans cette affaire, mais il lui était interdit de quitter le pays.

M. Mbonimpa, prix Henri Dunant en 2011 pour son engagement en faveur des droits de l’Homme, dénonce depuis des années des assassinats d’opposants burundais. C’est également une figure du mouvement de contestation qui a éclaté fin avril contre un 3e mandat du président Pierre Nkurunziza, que ses adversaires jugent anticonstitutionnel.

La tentative d’assassinat de Mbonimpa a été largement interprétée comme une réponse au meurtre la veille du général Adolphe Nshimirimana, homme fort du système sécuritaire burundais, tué dans une attaque à la roquette, que M. Mbonimpa avait par le passé publiquement accusé d’être impliqué dans des exécutions extra-judiciaires.

La volonté acharnée du président Pierre Nkurunziza – élu en 2005 et réélu en 2010 – de conquérir un 3e mandat, malgré les critiques de l’opposition, de la société civile, de l’Église catholique et de la communauté internationale, a plongé son petit pays d’Afrique des Grands-Lacs dans une grave crise politique, émaillée de violences meurtrières.

Le pouvoir a fini par étouffer en juin, au prix d’une brutale répression, un mois et demi de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura, après avoir maté en mai une tentative de coup d’Etat militaire. M. Nkurunziza a été réélu le 21 juillet au cours d’une présidentielle quasi-unanimement condamnée, mais la situation sécuritaire continue de se dégrader au Burundi.

Romandie.com avec(©AFP / 06 août 2015 19h01)

Burundi : arrestation de Pierre-Claver Mbonimpa, figure de l’opposition à Nkurunziza

avril 27, 2015

Des policiers burundais dans les rues de Bujumbura, le 26 avril 2015.
Des policiers burundais dans les rues de Bujumbura, le 26 avril 2015. © Eloge Willy Kaneza/AP/SIPA

Pierre-Claver Mbonimpa, un meneur de la société civile burundaise qui avait appelé à manifester contre un éventuel troisième mandat de Pierre Nkurunziza, a été arrêté lundi à Bujumbura.

Selon son avocat Armel Niyongere, Pierre-Claver Mbonimpa a été arrêté lundi 27 avril à Bujumbura. S’il a affirmé ne pas avoir été officiellement informé des accusations portées contre son client, il pense que cette arrestation est liée à son appel à manifester contre un nouveau mandat de Pierre Nkurunziza. Selon des sources concordantes, un mandat d’arrêt a aussi été émis contre Vital Nshimirimana, principal organisateur de la campagne d’opposition à une nouvelle candidature de l’actuel président.

D’après un témoin, Pierre-Claver Mbonimpa a été brutalement arrêté par la police alors qu’il arrivait à la Maison de la presse du Burundi, une association regroupant les médias burundais. Le militant, patron de la principale organisation de défense des droits de l’homme burundaise (Aprodeh), est aussi une des principales voix de la société civile opposée à un nouveau mandat de Pierre Nkurunziza.

Violentes manifestations

Le chef de l’État a été désigné samedi par son parti, le Cndd-FDD, comme candidat à la présidentielle du 26 juin. Au pouvoir depuis dix ans, élu une première fois par le Parlement en 2005, une deuxième fois au suffrage universel en 2010, Pierre Nkurunziza s’apprête donc à briguer un troisième mandat. Son clan juge la démarche parfaitement légale, mais ses opposants estiment qu’elle est anticonstitutionnelle et surtout contraire aux accords d’Arusha, qui avaient ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile (1993-2006), dont le pays peine encore à se remettre.

L’investiture de Pierre Nkurunziza a donné lieu à de première manifestations, dimanche, qui ont débouché sur des violences qui ont fait quatre morts. Lundi, la population est redescendue dans la rue, mais la police a empêché les manifestants de gagner le centre-ville. Avant son arrestation, Pierre-Claver Mbonimpa faisait déjà l’objet d’une procédure judiciaire : il était accusé d’atteinte à la sûreté de l’État pour avoir affirmé l’an dernier que des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, recevaient une formation paramilitaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) voisine.

Jeuneafrique.com avec AFP

Burundi : toujours pas de liberté provisoire pour Pierre Claver Mbonimpa

juillet 21, 2014
Pierre Claver Mbonimpa, président-fondateur de l'APRODH. © Marguerite Bacigalupo pour J.A.

Pierre Claver Mbonimpa, président-fondateur de l’APRODH. © Marguerite Bacigalupo pour J.A.

En appel, la justice burundaise a rejeté lundi la demande de libération provisoire de Pierre Claver Mbonimpa. Le militant des droits de l’Homme, accusé d’atteinte à la sûreté de l’État, attendra son procès dans la prison centrale de Bujumbura.

Dans son entourage, on parle déjà d »‘acharnement judiciaire ». À 66 ans, Pierre Claver Mbonimpa est maintenu en prison malgré son âge et son état de santé qui serait « de plus en plus préoccupant ». Lundi 26 juillet, la Cour d’appel de Bujumbura, comme le tribunal de grande instance de la capitale burundaise quelques semaines plus tôt, a rejeté la demandé de libération provisoire du militant des droits de l’Homme.

Incompréhension

Du côté de l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), l’ONG que dirige Pierre Claver Mbonimpa, c’est l’incompréhension. « Comment peut-on décider de maintenir en prison une personne qui a plus de 60 ans et qui souffre de la diabète ? » tance Balthazar Fengure, son représentant adjoint, qui dénonce une « interférence politique ».

Pour lui, la décision de la Cour d’appel de Bujumbura va même « à l’encontre d’une décision du ministère de l’Intérieur qui recommande de permettre aux personnes âgées de pouvoir comparaître en hommes libres lorsqu’ils ont affaire à la justice ».

Qu’à cela ne tienne, le procès du « Mandela burundais » qui est poursuivi pour atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État, pourra enfin reprendre devant le tribunal de grande instance dans les prochains jours. Mais, « pour l’instant, aucune date ne nous a pas été communiquée », avance Balthazar Fengure.
_________________

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula