Posts Tagged ‘Place de la Révolution’

Cuba: dissidents arrêtés pour empêcher la tenue d’une tribune

décembre 31, 2014

Les forces de l’ordre cubaines ont arrêté ou assigné à résidence mardi plusieurs dissidents, a-t-on appris de sources concordantes. Le sort de l’artiste Tania Bruguera, qui projetait d’organiser une tribune publique à La Havane, demeurait quant à lui incertain.

« Il y a eu des arrestations et des assignations à domicile, nous en avons confirmé 10 au total », a déclaré le dissident Elizardo Sanchez, affirmant que ce bilan pourrait être revu à la hausse. Il s’agit du premier coup porté aux dissidents par les autorités cubaines depuis l’annonce le 17 décembre d’un rapprochement avec les États-Unis.

La blogueuse Yoani Sanchez a annoncé sur son portail Internet d’informations « 14ymedio » qu’elle était bloquée à son domicile par des agents et que son mari Reinaldo Escobar avait été interpellé, avant d’être relâché, en bas de leur immeuble en compagnie du dissident Eliecer Avila.

De son côté, Mme Bruguera était introuvable et injoignable depuis 24 heures. Elle envisageait d’installer une tribune libre sur laquelle des Cubains pourraient s’exprimer pendant une minute sur « des thèmes qui les préoccupent ».

Place de la Révolution
Une vingtaine de dissidents ont pu accéder au lieu de rendez-vous, place de la Révolution. Mais l’artiste n’est pas apparue, alors que la maigre assistance était étroitement surveillée par de nombreux policiers, a constaté un journaliste de l’AFP.

La place de la Révolution, qui abrite le siège du gouvernement, celui du comité central du parti communiste et le ministère des Forces armées, est le théâtre traditionnel des manifestations organisées par les autorités. Tout autre type de rassemblement y est proscrit.

Aucune opposition légale n’est autorisée à Cuba, où les dissidents interpellés sont généralement relâchés au bout de quelques heures.

Ces arrestations surviennent deux semaines après l’annonce historique par Washington d’une normalisation des relations des Etats-Unis avec Cuba, La Havane obtenant l’engagement du président Barack Obama d’ouvrir un débat sur la levée de l’embargo.

Romandie.com

Funérailles officielles pour des martyrs de la révolution au Burkina

décembre 2, 2014

Ouagadougou – Le Burkina Faso a organisé mardi des funérailles officielles pour des martyrs de la révolution populaire qui a renversé le président Compaoré, une cérémonie émouvante en présence de dizaines de milliers de personnes, du président et du Premier ministre de la transition.

Six cercueils recouverts du drapeau burkinabè, frappés des couleurs rouge, vert et jaune, sont arrivés à bord d’un porte-char de l’armée sur la place de la Nation à Ouagadougou, rebaptisée place de la Révolution, comme à l’époque du capitaine Thomas Sankara, président de 1983 à 1987, renversé par Blaise Compaoré lors d’un coup d’Etat.

Le président de la transition Michel Kafando, son Premier ministre, le lieutenant-colonel Isaac Zida, et le président du parlement Chériff Sy se sont inclinés devant les six dépouilles au cours d’une cérémonie ponctuée par des sanglots des parents des victimes.

Cinq minutes de silence ont ensuite été observées par l’assistance, pendant lesquelles les dizaines de milliers de personnes présentes se sont tenues les mains, ainsi que le président et le Premier ministre de transition.

Ils ont donné leur vie pour la Nation. Ils sont morts pour la justice et le bien. Ils sont le flambeau de notre lutte. Vos enfants sont partis pour la juste cause, ils ont donné leur vie pour qu’au Burkina Faso il y ait une vie nouvelle, pour que tout un peuple retrouve l’espoir. Pour que le soleil de la justice se lève dans notre pays et pour que la vérité triomphe sur le mensonge, a déclaré l’aumônier militaire au cours de la cérémonie.

La procession s’est ensuite dirigée vers le cimetière militaire de Goughin, à l’est de la capitale, pour l’inhumation des six victimes. Une septième victime doit encore être identifiée avant d’être inhumée.

Au total, 24 personnes ont été tuées lors des manifestations des 30 et 31 octobre qui ont poussé le président Compaoré à quitter le pouvoir, selon une enquête officielle. Mais les autres victimes tuées lors de l’insurrection ont déjà été inhumées par leurs parents au cimetière de Goughin, leurs familles n’ayant pas souhaité attendre pour procéder à leurs funérailles.

L’insurrection s’était déclenchée après la décision de l’ancien président de faire modifier la Constitution par le Parlement, afin de briguer un nouveau mandat à l’élection présidentielle de 2015, alors qu’il était déjà au pouvoir depuis 27 ans.

Sur les 24 morts, 19 sont liées aux manifestations insurrectionnelles, et cinq prisonniers sont morts à la prison de Ouagadougou le 30 octobre après une tentative d’évasion. 625 personnes ont également été blessées, selon les autorités.

Le président de transition Michel Kafando a élevé ces morts en héros nationaux. Un monument leur sera dédié lors d’une journée nationale d’hommage, ont indiqué les autorités sans donner davantage de précisions.

Plusieurs organisations de la société civile ont exigé la lumière sur les circonstances de la mort des manifestants et l’engagement sans délai de procédures judiciaires appropriées contre Blaise Compaoré et les dignitaires de son régime déchu.

Romandie.com avec(©AFP / 02 décembre 2014 13h55)

Burkina: incertitude au sommet de l’Etat après la chute de Compaoré

octobre 31, 2014

Burkina: incertitude au sommet de l'Etat après la chute de Compaoré
Burkina: incertitude au sommet de l’Etat après la chute de Compaoré © AFP

Qui dirige le Burkina Faso? Quelques heures après la chute du président Blaise Compaoré et la prise du pouvoir par le chef de l’armée, un groupe d’officiers a annoncé vendredi la mise en place d’un « nouvel organe de transition ».

« Révolution » populaire ou « coup d’Etat » militaire? La démission de M. Compaoré plonge ce petit pays du Sahel dans une période d’incertitudes. Elle est aussi un coup de semonce pour les présidents africains qui seraient tentés, comme lui, de retoucher la Constitution pour rester indéfiniment dans leur palais.

Arrivé en 1987 au pouvoir par un putsch marqué par l’assassinat de Thomas Sankara, icône du panafricanisme, M. Compaoré, qui fut longtemps l’un des hommes forts d’Afrique de l’Ouest, a dû tirer piteusement sa révérence face à une mobilisation populaire sans précédent.

« Dans le souci de préserver les acquis démocratiques, ainsi que la paix sociale (. . . ), je déclare la vacance du pouvoir en vue de permettre la mise en place d’une transition », a déclaré M. Compaoré dans un communiqué lu à la mi-journée par une journaliste sur une télévision privée.

Cris, embrassades, éclats de rire: cette annonce a déclenché une explosion de joie à Ouagadougou.

« Le grand baobab est tombé, terrassé par la population », exultait Jacques Zongo, jeune fonctionnaire coiffé d’un chapeau aux couleurs du pays.

Rapidement, le quartier des ministères a été le théâtre d’importants pillages. Bobo Dioulasso (sud-ouest), la deuxième ville du pays, a été aussi la proie des pillards, avec plusieurs bâtiments publics saccagés et incendiés.

– ‘Place de la Révolution’ –

Selon la diplomatie française, le président déchu du « pays des hommes intègres » est parti « vers le sud » du Burkina, en direction de Pô, une ville proche de la frontière avec le Ghana. Cette information n’a pas été confirmée et on restait sans nouvelles de lui vendredi soir.

Dans la foulée de la démission de M. Compaoré, le chef d’état-major de l’armée, le général Nabéré Honoré Traoré, a annoncé qu’il assumerait les « responsabilités de chef de l’Etat », tout en asssurant « agir conformément » à la Constitution.

Mais au fil de la journée les dissensions au sein de l’armée sont devenues de plus en plus palpables, jusqu’à ce qu’une partie de la haute hiérarchie se démarque clairement.

Un groupe de jeunes officiers, dirigé par le colonel Isaac Zida, porte-parole de l’armée et n°2 de la garde présidentielle, a annoncé ainsi la prochaine mise en place d’un nouvel « organe de transition », « en accord avec toutes les forces vives de la Nation ». Objectif: organiser la transition pour un « retour rapide » à l’ordre constitutionnel.

Ces militaires ont réclamé pour cela « l’accompagnement de la communauté internationale ».

Ils ont annoncé une suspension de la Constitution et une fermeture des frontières terrestres et aériennes, confirmée vendredi soir par une source française.

Selon un site d’information burkinabè, cette déclaration a été lue Place de la Nation, épicentre de la contestation et rebaptisée « Place de la Révolution » par les manifestants. Le texte a été lu conjointement par un militaire et un responsable de « Balai citoyen », organisation de la société civile en pointe dans la mobilisation anti-Compaoré.

La prise du pouvoir par le général Traoré allait à l’encontre de la volonté de nombreux manifestants, qui le jugent trop proche de l’ancien président.

Un peu plus tôt dans la journée, l’opposition avait fait savoir que, pour elle, « toute transition politique à venir doit être conçue, organisée (. . . ) autour des forces de la société civile, et intégrer toutes les composantes de la Nation (. . . ), y compris l’armée ».

Quant aux partenaires du Burkina – France, Etats-Unis, Union européenne -, ils ont exprimé leur attachement à une transition conforme à la légalité constitutionnelle.

La France, ex-puissance coloniale, a salué la démission de M. Compaoré et réclamé « la tenue rapide d’élections démocratiques ».

Cependant, selon une source diplomatique française, si l’annonce du général Traoré devait être entérinée, il s’agirait d’un « coup d’Etat » qui entraînerait une « mécanique de sanctions ».

La médiation tripartite ONU-Union africaine-Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) est arrivée à Ouagadougou pour rencontrer les acteurs de la crise et confirmer une transition constitutionnelle et pacifique du pouvoir, c’est-à-dire via le président de l’Assemblée.

Or, le Parlement a été dissous jeudi après avoir été incendié par les émeutiers.

– ‘Printemps’ burkinabè –

C’est l’annonce d’un projet de révision constitutionnelle, qui aurait permis à M. Compaoré – élu pour deux septennats puis deux quinquennats – de se représenter à la présidentielle en 2015, qui a jeté jeudi dans les rues des centaines de milliers de personnes, refusant un « président à vie ».

Assemblée nationale incendiée, télévision publique prise d’assaut, violences en province, appels à la démission du président: le Burkina s’est littéralement enflammé, forçant le président Compaoré à capituler vendredi.

Les opposants se prenaient ces derniers jours à rêver d’un renversement du régime, longtemps considéré comme l’un des plus stables dans la région sahélienne, secouée par les menées de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda.

Un « printemps noir au Burkina Faso, à l’image du printemps arabe », promettait mercredi un opposant.

Jeuneafrique.com avec AFP