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France: 16 kg de plastiques retrouvés dans le ventre d’une baleine à bec dans les Landes

mai 10, 2021

Selon l’observatoire Pelagis, « cet amas de plastique a probablement accéléré la mort du cétacé », estimée à au moins une dizaine de jours.

Ce specimen de cetace a dents de 5,15 m a ete retrouve samedi sur la plage de Messanges, en etat de putrefaction, par des passants.
Ce spécimen de cétacé à dents de 5,15 m a été retrouvé samedi sur la plage de Messanges, en état de putréfaction, par des passants.© PHILIPPE ROY / Philippe ROY / Aurimages via AFP

Un magma de paquets de chips et de pâtes, des sacs et des cabas : l’autopsie d’une baleine à bec échouée samedi sur le littoral landais a permis de découvrir 16 kg de déchets en plastique dans le ventre du cétacé, a indiqué lundi l’observatoire Pelagis chargé du suivi national des mammifères marins.

Ce spécimen de cétacé à dents de 5,15 m, en réalité plus proche d’un gros dauphin, a été retrouvé samedi sur la plage de Messanges, en état de putréfaction, par des passants puis disséqué par deux membres du réseau national échouages de l’observatoire Pelagis, dont le siège est à La Rochelle.

La baleine était atteinte d’une maladie parasitaire

Pour Willy Dabin, en charge de l’animation du réseau national échouages, la présence de ces déchets s’explique par l’état de santé de la baleine femelle, atteinte d’une maladie parasitaire, qui l’a affaiblie et empêchée de continuer à s’alimenter correctement.

Alors que d’ordinaire, la baleine à bec est un « chasseur actif » qui plonge à 1 000 de profondeur pour se nourrir, notamment de calamars, cette femelle « a du rester en surface et a avalé ce qui lui est passé sous le nez », ajoute-t-il.

« Finalement, avec cette maladie, elle est passée du statut de chasseur actif à celui de tortue qui dérive et avale des plastiques en les prenant pour des méduses », illustre-t-il.

Selon l’observatoire, « cet amas de plastique a probablement accéléré la mort du cétacé », estimée à au moins une dizaine de jours. « Ces déchets tapissent les parois de l’estomac et de l’intestin, pouvant causer des occlusions et empêcher les nutriments de passer dans le sang ».

Pour Willy Dabin, l’absorption de morceaux de plastique « montre la disponibilité importante de la matière dans les océans », mais elle reste un fait « rare » chez les mammifères marins. Soit 2 à 3 % des 2 000 spécimens de phoques, baleines et dauphins échoués chaque année sur les côtes métropolitaines et ultramarines.

Pour l’observatoire, la « problématique » se situe plutôt sur le phénomène de « bio-accumulation » qui touche aussi les mammifères marins, lorsqu’ils mangent des poissons ayant eux-mêmes ingéré du plastique.

Par Le Point avec AFP

Canada: Québec élargira la consigne sur le verre et le plastique

janvier 30, 2020
Plus de 70 % du verre qui se retrouve dans le « bac vert » (110 000 tonnes par année) est actuellement envoyé au dépotoir.
© James Cridland CC Plus de 70 % du verre qui se retrouve dans le « bac vert » (110 000 tonnes par année) est actuellement envoyé au dépotoir.
Le gouvernement Legault annoncera officiellement jeudi matin qu’il mettra en place un système de consigne sur tous les « contenants de boisson », a appris Le Devoir. Les mesures prévues viseront plus d’un milliard de bouteilles vendues chaque année au Québec, dont celles de la SAQ et les bouteilles de plastique qui aboutissent encore très souvent à la poubelle. Mais le système ne sera pas en place avant la fin de 2022, dans le meilleur des cas.

Selon les informations obtenues auprès de sources bien au fait du dossier, la consigne devrait à terme être grandement élargie, afin d’inclure tous les types de contenants de boisson, par exemple les bouteilles d’eau et les bouteilles de vin, mais aussi d’autres types de bouteilles.

Cette mesure, attendue depuis plusieurs années par les groupes environnementaux, devrait permettre de récupérer une bonne partie du milliard de bouteilles d’eau en plastique vendues chaque année au Québec. Actuellement, moins de 40 % de ces bouteilles sont recyclées. La nouvelle consigne sur les 250 millions de bouteilles vendues chaque année par la Société des alcools du Québec (SAQ) devrait aussi améliorer significativement leur taux de recyclage.

Pour le moment, ces bouteilles, principalement des bouteilles de vin déposées par les citoyens dans leur bac de récupération résidentiel, se brisent dans le processus de la collecte, ce qui peut contaminer d’autres matières recyclables. Globalement, plus de 70 % du verre qui se retrouve dans le « bac vert » (110 000 tonnes par année) est actuellement envoyé au dépotoir, où il sert notamment de matériau de recouvrement. Et selon les plus récentes données de Recyc-Québec, les centres de tri doivent aujourd’hui payer de 20 $ à 30 $ la tonne pour se départir du verre qui se retrouve dans leurs installations.

Centres de dépôt

 
Le gouvernement du Québec, qui compte lancer dans un premier temps un projet-pilote avant une mise en oeuvre complète après les prochaines élections, prévues à l’automne 2022, a par ailleurs pris acte des réticences des détaillants et de la SAQ au sujet de la collecte des bouteilles qui seront désormais consignées.Selon ce qui est prévu, un réseau de 400 points de dépôt serait déployé au Québec, en incluant différents types d’infrastructures, et les écocentres seraient aussi mis à profit. Dans certains cas, les épiceries pourront accepter de devenir des points de collecte, par exemple en accueillant des « gobeuses » de contenants.

Malgré les critiques entendues de la part des brasseurs, des détaillants en alimentation et des restaurateurs lors des consultations sur « les enjeux de recyclage et de valorisation locale du verre » tenues en août dernier, le gouvernement estime que cet élargissement de la consigne pourrait générer des bénéfices économiques. Non seulement cela permettra de recycler le verre et de lui donner une valeur sur le marché, mais le système de collecte permettra de créer des emplois.

Il n’a toutefois pas été possible, mercredi, d’obtenir des détails sur le prix de la consigne qui sera fixé sur les différents types de contenants. En Ontario, par exemple, la consigne sur les bouteilles de vin est fixée à 20 ¢. Une source bien au fait du dossier a indiqué qu’il serait surprenant que le gouvernement fixe la barre plus bas pour le Québec.

Ce système élargi, nouveau au Québec mais déjà implanté ailleurs au pays, pourrait s’autofinancer, selon le gouvernement, en s’appuyant sur les revenus de la consigne, mais aussi sur la vente de la matière recyclable. À titre d’exemple, une source a indiqué mercredi que le verre de bonne qualité, prêt pour la fonte, peut se vendre près de 100 $ la tonne.

Preuve du sérieux que le gouvernement accorde à cette annonce, le premier ministre, François Legault, accompagnera le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, pour cette annonce, prévue à 8 h au Manoir Saint-Sauveur.

En allant de l’avant avec cet engagement déjà exprimé au cours des derniers mois, le gouvernement caquiste prend acte des grandes « recommandations » du rapport produit par la Commission des transports et de l’environnement à la suite des consultations menées en août 2019. Celui-ci entérinait notamment l’idée d’« élargir » la consigne, mais aussi de « renforcer la responsabilité élargie des producteurs » et d’« encourager le développement de débouchés locaux du verre ».

Bonne décision 
Contactée mercredi, la Société des alcools du Québec a refusé de répondre aux questions du Devoir, indiquant simplement que les réponses aux questions portant sur la consigne seraient fournies « à la suite de l’annonce de M. Legault ».La directrice générale d’Équiterre, Colleen Thorpe, a pour sa part salué cette bonification du système de consigne. « C’est très possible de le faire et c’est une idée qui passera très bien le test de l’acceptabilité sociale, puisque les citoyens réclament de telles mesures. »

Dans une réponse écrite, Recyc-Québec a souligné mercredi que les données sur le recyclage du verre « confirment la nécessité de travailler à améliorer le recyclage du verre au Québec. En 2018, 72 % du verre de la collecte sélective était envoyé dans les lieux d’élimination ». La société d’État estime également qu’il sera important de développer « la diversification des débouchés pour le verre » qui sera consigné.

Avec lke Devoir.com par Alexandre Shields

5.000 milliards de sacs par an: le monde malade de sa consommation de plastique

juin 5, 2018

Un ruisseau rempli de plastiques dans un bidonville de Manille le 12 mai 2018.n / © AFP/Archives / NOEL CELIS

Environ 5.000 milliards de sacs en plastique sont consommés chaque année dans le monde et, comme l’essentiel du plastique, une infime proportion est recyclée, affirme mardi l’ONU dans un rapport pointant un défi d’une ampleur « décourageante ».

Dans ce document rendu public à l’occasion de la Journée mondiale de l’Environnement, l’ONU relève que si les modes de consommation actuels et les pratiques de gestion des déchets se poursuivent, on comptera environ 12 milliards de tonnes de déchets plastiques dans les décharges et l’environnement à l’horizon 2050.

« L’ampleur du défi est décourageante », indique l’ONU. « Depuis les années 1950, la production de plastique a dépassé celle de presque tous les autres matériaux. »

« Nos océans ont été utilisés comme une décharge, ce qui provoque l’étouffement de la vie marine et transforme certaines zones marines en soupe plastique », déclare dans le rapport le chef d’ONU Environnement, Erik Solheim.

« Dans certaines villes, les déchets plastiques bouchent les canalisations, ce qui provoque des maladies. Consommés par le bétail, ils trouvent leur chemin jusque dans la chaîne alimentaire. »

L’essentiel de ces déchets sont des plastiques à usage unique, comme les bouteilles en plastique, les bouchons en plastique, les emballages alimentaires, les sacs plastique de supermarché, les couvercles en plastique, les pailles, les touilleurs et les récipients alimentaire à emporter, énumère le rapport.

Les chiffres donnent le tournis: on estime qu’environ 5.000 milliards de sacs en plastique sont consommés dans le monde chaque année, soit presque 10 millions par minute.

« S’ils étaient attachés ensemble, ils pourraient entourer la planète sept fois toutes les heures », avance le rapport.

Seulement 9% des neuf milliards de tonnes de plastique que le monde a jamais produites ont été recyclées. Une part à peine plus grande – 12% – a été incinérée.

Le reste a fini dans les décharges, les océans, les canalisations, où il mettra des milliers d’années à se décomposer totalement.

En attendant, il contamine les sols et l’eau avec des particules de microplastiques dont certaines ont été retrouvés selon l’ONU jusque dans le sel de table commercial.

Les études montrent, indique le rapport, que 90% de l’eau en bouteille et 83% de l’eau du robinet contiennent des particules de plastique.

L’ONU salue un début de prise de conscience face à l’ampleur du problème, en relevant que plus de 60 pays ont adopté des politiques visant à réduire cette pollution.

Mais ce n’est pas suffisant, selon l’ONU qui plaide pour une meilleure gestion des déchets, des mesures d’incitation pour encourager les consommateurs à changer leurs habitudes de consommation ou encore davantage de recherches sur les matériaux alternatifs.

« Nous avons un besoin urgent de leadership et d’intervention de la part du gouvernement pour faire face à la marée montante des plastiques », indique le rapport.

Romandie.com avec (©AFP / 05 juin 2018 14h54)                  

L’eau en bouteille de nombreuses marques contaminées par des particules de plastique

mars 15, 2018

Du plastique a été trouvé dans 93% des échantillons d’eau en bouteille de plusieurs marques comme Evian, Nestle Pure Life, San Pellegrino, Aqua, Aquafina ou Dasani.

Photo: iStock Du plastique a été trouvé dans 93% des échantillons d’eau en bouteille de plusieurs marques comme Evian, Nestle Pure Life, San Pellegrino, Aqua, Aquafina ou Dasani.

L’eau en bouteille de nombreuses grandes marques à travers le monde est contaminée par de minuscules particules de plastique dont les dangers sur la santé sont méconnus, selon une étude menée par des scientifiques.

Des chercheurs ont testé l’eau de plus de 250 bouteilles dans neuf pays (Brésil, Chine, États-Unis, Inde, Indonésie, Kenya, Liban, Mexique, Thaïlande), sous la conduite de Sherri Mason, professeure à l’université de l’État de New York à Fredonia, selon un résumé de l’étude publié mercredi sur la plateforme journalistique à but non lucratif Orb Media.

Du plastique a été trouvé dans 93 % des échantillons d’eau en bouteille de plusieurs marques comme Evian, Nestle Pure Life, San Pellegrino, Aqua, Aquafina ou Dasani.

Il s’agissait notamment de polypropylène, de nylon et de polytéréphtalate d’éthylène (PET). En moyenne, les chercheurs ont trouvé dans chaque litre d’eau 10,4 particules d’une taille de l’ordre de 100 microns (0,10 millimètre). Les particules de plus petite taille étaient encore plus nombreuses : les auteurs de l’étude en ont trouvé 314,6 par litre d’eau en moyenne.

« Je pense que cela vient du processus de mise en bouteille. Je pense que la plupart du plastique vient de la bouteille elle-même, de son bouchon, du processus industriel d’embouteillage », a expliqué Sherri Mason à l’AFP.

Risques méconnus

« De l’eau dans des bouteilles en verre contenait aussi des microplastiques », signale par ailleurs l’étude.

L’étendue des risques que posent ces particules sur la santé humaine est méconnue.

« Il y a un lien avec certains types de cancer, la diminution de la quantité de spermatozoïdes ou encore avec l’augmentation de certaines maladies comme le trouble du déficit de l’attention ou l’autisme », a déclaré la professeure Sherri Mason.

Selon elle, il est établi que ces différentes affections ont un rapport avec la présence de produits chimiques de synthèse dans l’environnement. « Et nous savons que les plastiques apportent un moyen à ces substances d’entrer dans notre corps », a expliqué la chercheuse.

Une précédente étude publiée par Orb Media avait montré que des particules de plastique étaient également présentes dans l’eau du robinet, mais en moins grande quantité.

« L’eau du robinet, globalement, est beaucoup plus sûre que l’eau en bouteille », a affirmé Mme Mason.

L’étude a été réalisée sur une durée de trois mois à l’aide d’une technique développée par l’École de chimie de l’Université d’East Anglia (UEA), en Grande-Bretagne, qui permet de visionner les microparticules de plastique en employant un colorant luminescent.

« Nous avons été sollicités pour contrôler les résultats et la méthodologie de façon indépendante, afin de nous assurer que l’étude est solide et crédible », a déclaré le chercheur de l’École de chimie de l’UEA Andrew Mayes. Selon lui, « les résultats sont cohérents ».

Jacqueline Savitz, responsable pour l’Amérique du Nord de l’ONG Oceana qui lutte contre la pollution des océans, a estimé que cette étude apportait une raison de plus de limiter la production de bouteilles d’eau en plastique.

« Il est plus urgent que jamais aujourd’hui de faire en sorte que les bouteilles d’eau en plastique soient une chose du passé », a déclaré cette représentante de l’ONG, qui n’a pas participé à l’étude.

AFP par Kerry Sheridan à Miami avec Ledevoir.com

Au Cameroun, on fabrique des pavés « écolos » à partir de déchets plastiques

août 17, 2016
A la voirie municipale à Yaoundé, Elvis et son ami en août 2016. Crédits : Josiane Kouagheu
« La première fois que mes amis m’ont vu fouiller dans une poubelle, ils ont cru que je devenais fou, se souvient hilare, Robert Tedonfo. Ils ont couru avertir ma tante qui est venue, pagne noué aux hanches, vérifier de ses propres yeux. » Patiemment, le jeune homme âgé de 26 ans, tente alors de lui expliquer ce qu’il fait : collecter des emballages et des bouteilles plastiques dans les poubelles de Yaoundé, capitale du Cameroun, pour en faire des pavés « écolos », utiles pour la construction de routes et de maisons.

« Je l’ai même invitée à venir au laboratoire lui prouver que je n’étais pas entrer dans une secte comme elle le pensait », poursuit Robert, casquette vissée sur la tête et gants jaunes usés enfilés aux doigts. Ce jeudi, le « laboratoire », un hangar du quartier Essos de Yaoundé, couvert par des tôles ondulées et ouvert aux quatre vents, est en activité. Une cuve métallique chauffe sur un feu de bois. Des sacs d’emballages et des bouteilles en plastique sont posés à côté.

Moins de 61 microns

Avec une durée de dégradation estimée entre 500 et 1 000 ans, les déchets plastiques constituent selon des statistiques, 10 % des six millions de tonnes d’ordures produites chaque jour sur le territoire camerounais. Depuis avril 2014, le gouvernement a interdit la fabrication, l’importation, la commercialisation et l’utilisation des emballages plastiques non-biodégradables de moins de 61 microns sur l’ensemble du territoire national. Plusieurs centaines de tonnes ont ainsi été saisies depuis l’interdiction.

Lire aussi : Quand les arts se font plastique

Malgré la mise en place des brigades opérationnelles chargées de saisir ces emballages non conformes et d’interpeller les fautifs, la contrebande alimente le marché noir. Sans plan de recyclage, le gouvernement peine à trouver des solutions. Cependant, quelques jeunes comme Robert tentent « de dépolluer leur environnement ».

Au « laboratoire », le jeune homme a été rejoint par « son unique collègue qui est resté. » Elvis Kwambissa est un enfant de la rue qui « rêve de faire du recyclage des déchets plastiques, un vrai boulot ». En un an, les deux jeunes hommes, venus en tant que stagiaires, avec une vingtaine d’autres, sont les seuls qui poursuivent l’aventure au sein de cette fabrique mise sur pied par la fondation « Cœur d’Afrique », de l’ancien international camerounais, Roger Milla, pour aider les jeunes défavorisés à apprendre un métier.

« C’est l’heure des bouteilles »

Dans une cuve chauffée à plus de 200 degrés et alimentée par un feu de bois, ils déversent des emballages plastiques. Armés de malaxeurs et protégés de l’odeur toxique par des cache-nez, ils remuent le mélange jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène d’où émergent des flammes. « C’est l’heure des bouteilles », lance Robert, le visage dégoulinant de sueur. Docile, Elvis s’exécute. Et les bouteilles disparaissent dans les flammes.

Lire aussi : La sale fin de vie du sac plastique

Puis, Elvis court vers un autre hangar, plus petit que le « laboratoire », pour ramasser du sable qu’il tamise. Trois seaux de cinq litres sont versés dans la cuve. Une fois de plus, Elvis et Robert, suent à grosses gouttes et remuent. Quinze minutes plus tard, tout est prêt. Au fur et à mesure, la pâte est versée dans un moule qui donne progressivement leur forme aux pavés « écolos ».

Des pavés réalisés à partir de déchets plastique, en août 2016 à Yaoundé.

Des pavés réalisés à partir de déchets plastique, en août 2016 à Yaoundé. Crédits : Josiane Kouagheu

D’après des résultats du laboratoire du génie civil camerounais, ces pavés sont trois fois plus résistants que ceux qui sont faits à base de ciment : ils peuvent supporter jusqu’à 50,5 tonnes de charge. « Les autres ne supportent qu’entre six et douze tonnes, assure Pierre Kamsouloum, consultant formateur en technique de recyclage des déchets plastiques et directeur technique de la fondation Cœur d’Afrique, qui observe avec satisfaction le travail de ses protégés. Le prix du mètre cube de nos pavés, qui comprend entre 26 et 33 pavés, varie entre 4 000 et 4 500 FCFA [environ 6,5 euros] au lieu de 5 000 à 25 000 [jusqu’à 38 euros] comme les autres. »

« Rendre ma ville plus propre »

« Ce travail me comble de joie car il permet de rendre ma ville plus propre et d’aider la population, se réjouit Robert, orphelin de père. Lorsqu’il y a des commandes, on peut fabriquer plus de 300 pavés par jour que nous livrons aux particuliers. » Mais, peu connus du grand public, les commandes sont encore sporadiques.

Lire aussi : L’homme aux 45 000 sacs plastique

Pour l’environnementaliste Lucien Yoppa, la gestion des déchets plastiques est un secteur prometteur. Le dynamisme des jeunes camerounais, sans emploi pour la plupart, devrait aider à le promouvoir auprès des pouvoirs publics grâce « à son caractère social et environnemental ». « Les pavés plastiques pourraient être utilisés pour la construction et la réhabilitation des routes et des voiries. Ils viendraient ainsi en substitution aux pavés en ciment qui sont deux fois plus chers, ajoute-t-il. Les produits issus de ce recyclage ont un marché évident, que ce soit sur le plan international ou local. »

Trouver des clients et se mettre à son compte en tant que « fabriquant de pavés écolos » est le rêve que nourrit Elvis la nuit, lorsqu’il s’endort dans les rues de Yaoundé.

Par Josiane Kouagheu (contributrice Le Monde Afrique à Yaoundé, au Cameroun)