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Sénégal : la Miss, la polémique et l’insupportable culture du viol

novembre 20, 2021
Miss Sénégal 2020, Fatima Dionne. © DR

La directrice du comité d’organisation de l’élection Miss Sénégal a provoqué un tollé en assurant que si Fatima Dionne avait été violée, c’est qu’elle l’avait bien cherché. Ses propos ont enflammé les réseaux sociaux… et refroidi les sponsors.

Comme mode de défense, Amina Badiane aurait difficilement pu faire pire. Le 18 novembre, la responsable du comité d’organisation de l’élection Miss Sénégal était interrogée par Dakarbuzz, site internet qui n’a jamais si bien porté son nom. L’occasion de revenir, en vidéo, sur les révélations de Ndèye Fatima Dione. Élue Miss Sénégal en 2020, elle avait dénoncé dans la presse les violences qu’elle avait subies alors qu’elle était reine de beauté. Sa mère avait révélé qu’elle était tombée enceinte à la suite d’un viol, commis lors d’un voyage organisé par le comité.

Mais Amina Badiane semble plutôt bien vivre avec la responsabilité qui pourrait être la sienne en tant que directrice dudit comité. « Un viol, c’est entre deux personnes, n’est-ce pas ? Ça ne concerne pas seulement une personne. Elle doit porter plainte si elle s’est faite violer », oppose-t-elle aux journalistes qui l’interrogent. Elle ajoute avoir des consignes très strictes sur les conditions d’entrée dans les chambres des jeunes femmes lors de leurs déplacements.

Apologie du viol

« Personne n’a le droit de rentrer, pas même des amis. Elles reçoivent une éducation très sévère », assure-t-elle, en demandant confirmation auprès d’une miss présente. Avant d’ajouter, en wolof, sans que personne autour d’elle ne moufte : « Kougnou violer, yaw la nekh ». Comprendre : « Si elle s’est faite violer, c’est qu’elle l’a voulu. » Une énormité qu’elle ose ponctuer d’un petit rire et d’un tout aussi scandaleux : « Après tout, elle est majeure. »

Il n’en fallait pas plus pour enflammer les réseaux sociaux, où les hashtags #JusticepourFatima se sont alors multipliés. Une pétition de la plateforme « Ladies club Sénégal », réclamant « le retrait immédiat de la licence d’exploitation de ce comité et sa dissolution », cumulait déjà plus de 50 000 signatures, samedi matin. D’autres voix se sont élevées pour réclamer la démission d’Amina Badiane de son poste.

Le 19 novembre, la société CFAO Motors Sénégal a annoncé mettre un terme au partenariat noué avec le comité et récupérer ses véhicules. « CFAO Motors Sénégal condamne fermement les propos tenus par la présidente du comité Miss Sénégal. Ces propos vont à l’encontre de nos valeurs », assure l’entreprise dans un communiqué. Depuis, plusieurs militants se sont exprimés pour demander des comptes aux autres sponsors du comité, dont font partie le ministère de la Culture et celui de la Santé.

LE DÉBAT SUR LA CULTURE DU VIOL S’IMPOSE DANS LA SPHÈRE PUBLIQUE

Si les déclarations de la responsable du comité sont particulièrement choquantes, le fond de son propos n’en demeure pas moins partagé par une partie importante de l’opinion. On est bien loin du dérapage auquel certains voudraient croire, oubliant combien la société sénégalaise est prompte à trouver des excuses aux hommes et à blâmer les femmes. Faut-il le rappeler ? Jusqu’en 2019, le viol était encore considéré comme un simple délit au Sénégal.

Forcer le débat

« Des propos comme ceux-là sont tenus tous les jours au Sénégal », regrette Jerry Azilinon, administrateur du mouvement Doyna luttant contre les violences faites aux femmes. Y compris, insiste ce militant dont l’association œuvre avec des femmes qui ont subi des violences, dans la bouche des professionnels censés prendre en charge les victimes, forces de l’ordre et agents des services de santé en tête. « Ils sont majoritairement peu formés sur ces questions, ont tendance à mettre le blâme sur la victime, à faire des remarques ironiques… Cela contribue grandement à banaliser les violences et à nourrir la culture du viol. »

Le tollé provoqué par les propos d’Amina Badiane témoigne-t-il d’une progressive prise de conscience concernant les violences faites aux femmes ? « Je ne sais pas si l’on peut parler d’amélioration, mais c’est sûr qu’il y a eu une prise de conscience ces dernières années. Le débat sur la culture du viol s’impose dans la sphère publique, estime Jerry Azilinon. Si des personnes tiennent ce genre de discours et que cela a des conséquences, les gens vont y réfléchir à deux fois. » Mais pour faire changer les mentalités, la route est encore longue.

Avec Jeune Afrique par Marième Soumaré – à Dakar

Burkina : préservatifs, plaisir et « discipline sexuelle »… Polémique entre le gouvernement et l’Église

octobre 29, 2021
Damien Glez © Damien Glez

Passe d’armes, au Burkina Faso, entre un ministre qui promet la diffusion gratuite de préservatifs et une Église catholique qui promeut la « discipline sexuelle ». Les contrats qui lient les structures de santé de l’Église à l’État vont-ils être rompus ?

La laïcité se porte bien, dans ce « pays des Hommes intègres », toujours cité comme un exemple de cohabitation apaisée des communautés religieuses – et ceci en déniant le qualificatif de « religieux » aux jihadistes qui ensanglantent une bonne partie du territoire. Si les dents grincent parfois, à la limite de ce que la presse qualifie de « polémique », c’est le signe que les débats ne sont pas enterrés. Ces derniers jours d’octobre ont vu poindre de vigoureux échanges autour de la promotion à faire de la contraception.

Avant la réponse du berger, c’est la bergère des ouailles catholiques qui relançait ce vieux débat, le 14 octobre, à l’occasion de la sortie de l’ouvrage Les dangers pour la santé des méthodes contraceptives : une approche scientifique de la question. La Commission épiscopale en charge de la pastorale de la santé au Burkina Faso, représentée par son vice-président Mgr Gabriel Sayaogo, invoque, ce jour-là, le caractère sacré de la vie et évoque certaines maladies dont souffriraient les femmes ayant utilisé diverses méthodes contraceptives.

Plaisir et « logiciel sexuel »

Le ministre de la Santé profite, lui aussi, d’une intervention publique pour répondre aux propos de l’homme de Dieu. Le 18 octobre, lors de sa conférence inaugurale au lancement d’un master en Management de structure de santé, Charlemagne Ouédraogo invite ceux qui ne souhaitent pas procréer à utiliser des préservatifs pour jouir d’une sexualité « juste pour le plaisir », en bonne intelligence avec les programmes de la planification familiale…

L’intervention est enregistrée, les réseaux sociaux bruissent et le père Jean-Emmanuel Konvolbo monte au créneau, dénonçant la promotion de « l’intempérance sexuelle » et du « logiciel sexuel de monsieur le ministre de la Santé, celui de la satisfaction immédiate de toute pulsion ». Dans une tribune, le théologien qualifie le plaisir « naturel » valorisé par Charlemagne Ouédraogo de « sexualité à l’état animal », une cause « à coup sûr de malheur ». Peu nombreux sont pourtant les animaux qui planifient au mieux les naissances de leur progéniture…

Menaces

Le ton badin de ces échanges primordiaux va-t-il s’envenimer au-delà de ces joutes philosophiques respectueuses ? Dans sa même conférence, le ministre de la Santé menaçait de rompre les contrats entre les institutions sanitaires de l’Église et le gouvernement : « Nous disons à nos chers partenaires catholiques de ne pas saper les efforts du gouvernement. Si vous communiquez sur ce qui ne relève pas de votre spécialité, je mets fin et dénonce la convention qui lie vos structures au ministère de la Santé en toute responsabilité. » Trouble dans un pays où les centres de soin liés à l’église contribuent plutôt avantageusement à un accès au soin encore insuffisant.

Conscient que les vertus de l’arbre à palabres sont parfois compromises par un usage exclusif du numérique, le ministre Charlemagne Ouédraogo a rencontré, le 23 octobre, le cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou. Tout est-il pardonné entre Ouédraogo ? Le 25 du mois, l’archevêché de Ouagadougou rejetait le compte rendu de la rencontre publié par le ministère. La confrontation des deux « logiciels » va-t-elle faire bugger le système laïc ?

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Mali-Russie : la livraison d’hélicoptères qui ravive la polémique Wagner

octobre 5, 2021
Damien Glez © Damien Glez

Officiellement, elle n’a pas de lien avec les négociations présumées du Mali avec le groupe Wagner en vue du déploiement de mercenaires dans le pays. Mais la livraison par Moscou de quatre hélicoptères à Bamako ne va pas apaiser les tensions avec Paris.

Tout pourrait paraître très limpide dans le plus simple des mondes diplomatiques. La France, officiellement présente militairement au Mali sur demande de l’État sahélien, est légitime à envisager l’interruption partielle ou complète de son intervention sans être accusée d’« abandon en plein vol ». De même, l’État malien, qui se présente aujourd’hui comme dégagé des sempiternels arrangements politiciens, est aussi légitime à indiquer poliment la sortie aux treillis français qu’à négocier une collaboration militaire accrue.

De même, la France, dont les chemins de traverse extra-hexagonaux sont soumis à la validation d’une représentation nationale issue des urnes, est légitime à exprimer une gêne à composer avec une junte, voire une incompatibilité d’exercice avec quelque mercenariat que ce soit. De même, le Mali souverain et assailli, quel que soit le caractère accidenté de son parcours démocratique actuel, est légitime à faire appel à des agents de sécurité privés…

Jeux de dupes

Dans ce jeu d’échecs aux règles officiellement définies, le positionnement des pièces de chacun devrait éclaircir l’issue courtoise de la partie. À condition d’être sûr de l’identité exacte des joueurs qui se font face. Or, la simplicité enfantine de ce schéma théorique est traversée par des intérêts de multiples natures, des messages diplomatiques en creux, des faux-semblants entre acteurs privés et publics, des jeux de dupes et un populisme qu’un XXIe siècle présumé rationnel ne cesse de porter aux nues.

Alors que se prépare un sommet Afrique-France sans chef d’État africain et que, sur le continent, le Premier ministre centrafricain affirme qu’il n’existe « nulle part » un contrat entre son pays « et une société de sécurité privée russe », le ministre malien de la Défense a réceptionné, le 30 septembre dernier, quatre hélicoptères Mi-171 fournis par la Fédération de Russie, ainsi que des armes et des munitions. Antichambre d’un déploiement du groupe paramilitaire Wagner qui serait synonyme de mépris à l’égard des Européens occidentaux ? Rapprochement inopiné avec les autorités de Moscou ?

NUL DOUTE QUE LE SOMMET RUSSIE-AFRIQUE FERA, LUI, LA PART BELLE AUX CHEFS D’ÉTATS AFRICAINS, ÉLUS OU PAS…

Guerre froide en Afrique ?

Ni recours au privé, ni précipitation, répond le colonel Sadio Camara, qui précise que la livraison du nouveau matériel russe s’inscrit dans le cadre d’un accord de coopération militaire public-public signé en 2019. Les quatre hélicoptères neufs auraient été payés par « le budget national » malien et les armes et munitions seraient offertes par une Russie « fiable », « sérieuse » et « rapide ». Des livraisons qui, selon les observateurs spécialisés dans les questions sécuritaires, devraient permettre à des sociétés russes de bénéficier de contrats de mise en condition opérationnelle et de maintenance.

La fourniture de matériels comme prologue de services après-vente privés est une pratique partagée par de nombreux pays, parmi lesquels les détracteurs de Moscou. Mais plus que des deals « gagnants-gagnants » d’États VRP, les grognons pointent un risque de résurrection de la guerre froide sur le terrain africain. Un terrain où l’URSS de l’époque, qui n’y eut aucune colonie, appuya certains mouvements de libération.

Wagner, pas Wagner ? Barkhane, plus Barkhane ? Plus ou moins enlisées dans le sable sahélien, les pièces de l’échiquier malien devraient s’estomper ou émerger – c’est selon – à l’horizon 2022, sans doute plus vite que le calendrier électoral. Et nul doute que le prochain sommet Russie-Afrique fera, lui, la part belle aux chefs d’États du continent, élus ou pas…

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Le choix de la Croatie pour l’effigie de son euro crée la polémique

août 25, 2021

Le visage de Nikola Tesla pourrait figurer sur les pièces du nouvel euro croate, ce qui ne plaît pas à la Serbie, rapporte le « Wall Street Journal ».

En Croatie, Nikola Tesla est considere comme un heros national. Une statue de lui trone notamment au centre de la place centrale de Zagreb.
En Croatie, Nikola Tesla est considéré comme un héros national. Une statue de lui trône notamment au centre de la place centrale de Zagreb.© DENIS LOVROVIC / AFP

La monnaie européenne se retrouve, bien malgré elle, au cœur d’une polémique serbo-croate. À partir de 2023, l’euro circulera en Croatie. D’ici là, le pays devra choisir quelle personnalité historique apparaîtra sur ses pièces. En juillet, les Croates ont pu répondre à une consultation et ont choisi Nikola Tesla, célèbre pour ses travaux sur le courant alternatif au XIXe siècle, pour être l’effigie de leur euro. Le hic, c’est que l’ingénieur est d’origine serbe et que la Serbie refuse catégoriquement que son visage soit frappé sur les pièces de monnaie croates, rapporte le Wall Street Journal.

La Banque nationale serbe (NBS) entend tout faire pour éviter que Nikola Tesla se retrouve sur les pièces croates. Jorgovanka Tabaković, la gouverneure de la NBS, s’est rapprochée de la Commission européenne pour faire barrage à l’initiative de la Croatie. Elle estime qu’un tel acte « constituerait une appropriation du patrimoine culturel et scientifique du peuple serbe ». Autre argument avancé par les autorités serbes : Nikola Tesla est déjà l’effigie d’une monnaie européenne, puisqu’il figure sur les billets de 100 dinars serbes.

Nikola Tesla était plus Serbe que Croate ?

Nina Obuljen Koržinek, ministre de la Culture croate, estime de son côté que Jorgovanka Tabaković a créé une polémique pour rien et que Nikola Tesla fait autant partie du patrimoine culturel croate que serbe, puisqu’il est né à Smiljan, village croate.

La Serbie et la Croatie se disputent l’héritage de Nikola Tesla depuis des décennies. Le scientifique est né en 1856 de parents serbes, mais dans une partie de l’empire d’Autriche qui appartient aujourd’hui à la Croatie. Il est ensuite décédé en janvier 1943 à New York, après avoir émigré aux États-Unis en 1884.

Par Le point avec AFP

Coronavirus en RDC : quand Félix Tshisekedi met du plomb dans l’aile de la campagne vaccinale

juillet 6, 2021
Kash

Les propos du président congolais, qui a assumé lors d’un entretien son refus de recourir pour lui-même au vaccin AstraZeneca, a provoqué la polémique, alors que le pays peine à atteindre les objectifs qu’il s’est fixé.

« J’ai bien fait de ne pas me faire vacciner à l’AstraZeneca. D’ailleurs je n’étais pas convaincu ». Cette petite phrase de Félix Tshisekedi, glissée au détour d’un entretien accordé le 1er juillet à la radio Top Congo FM et à la RTNC, la télévision nationale, n’a pas manqué de provoquer de vives réactions sur les réseaux sociaux.

Dans le viseur du chef de l’État, les doutes quant à l’efficacité du vaccin AstraZeneca, qui ont conduit plusieurs pays, notamment en Europe, à suspendre son utilisation. « A partir du moment où ces pays ont pris les mesures de précaution vis-à-vis d’AstraZeneca, eux qui en connaissent les propriétés et qui l’ont fabriqué, nous aussi a fortiori, nous étions dans l’obligation de suspendre cela », a argué le président congolais.

Devant le tollé provoqué par ces propos, certains reprochant au président congolais d’entretenir la défiance d’une partie de l’opinion publique vis-à-vis des vaccins, la présidence a partiellement rétropédalé dans les jours qui ont suivi, insistant sur le fait que Félix Tshisekedi avait aussi, au cours de la même interview, promis de très bientôt se faire vacciner à son tour, mais avec un autre vaccin.

Le jour même de cette fameuse déclaration présidentielle, le ministre de la Santé, Jean-Jacques Mbungani, tenait un discours aux antipodes. Lors d’une visite dans une clinique de Kinshasa, où il s’est prêté au jeu de l’injection d’une dose d’AstraZeneca, il a rappelé l’objectif que les autorités se sont fixé : « Atteindre 25% de la population congolaise vaccinée pour atteindre l’immunité collective ». Pas sûr, cependant, que sa voix porte autant que celle du président.

Par  Kash

Caricaturiste, bédéiste et peintre congolais installé à Kinshasa.

Tunisie: polémique autour de l’incarcération de l’ex-opposant Taoufik Ben Brik

juillet 28, 2020

 

Déjà emprisonné sous Ben Ali, Taoufik Ben Brik vient d’être condamné à un an de prison ferme pour «diffamation» des magistrats.

Le journaliste tunisien Taoufik Ben Brik, connu pour s’être opposé au régime de Ben Ali, a été incarcéré en Tunisie pour des appels aux armes en faveur d’un politicien, déclenchant une polémique, dix ans après la révolution. Des poursuites avaient été lancées contre M. Ben Brik durant la campagne électorale de l’automne 2019, après qu’il a protesté à la télévision contre l’incarcération du candidat à la présidentielle Nabil Karoui. Il avait notamment lancé: «dans d’autres pays, on prend les armes et les gens descendent se battre pour ceux qu’ils soutiennent» et critiqué à l’époque les juges l’ayant incarcéré.

Sur la chaîne Nessma appartenant à M. Karoui, Ben Brik avait vivement soutenu cet «ami et frère», un homme d’affaires poursuivi pour blanchiment d’argent et en campagne contre le parti d’inspiration islamiste Ennahdha. M. Karoui avait été placé en détention préventive durant la quasi-totalité de la campagne dans le cadre d’une affaire remontant à plusieurs années, ce qui avait poussé nombre d’observateurs à déplorer une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Après cette émission, la Haica, instance de contrôle de l’audiovisuel tunisien, avait condamné une énième fois la chaîne, qui émet sans licence. M. Ben Brik, condamné pour ces propos à deux ans de prison par contumace en avril, a demandé à être rejugé lorsqu’il s’est rendu en Tunisie en juillet à l’occasion des funérailles de son frère.

À l’issue de ce nouveau procès, il a été condamné la semaine passée à un an de prison ferme pour «diffamation» des magistrats, et incarcéré sur le champ, bien qu’ayant fait appel, ont indiqué ses avocats, déplorant une arrestation «arbitraire». Selon l’Association des magistrats tunisiens, il est également condamné pour «incitation à la violence». La décision rendue par le tribunal n’a pas encore été transmise aux parties.

Harcelé par la police de l’ancien régime

Ses avocats ont dénoncé cette nouvelle incarcération du pamphlétaire, qui avait déjà fait de la prison en 2010 après avoir critiqué le régime de Zine el-Abidine Ben Ali. «Cette arrestation constitue un très mauvais signal», ont souligné dans un communiqué Me William Bourdon et Me Nabil Akrimi. «Dans une démocratie, si des propos excessifs peuvent être poursuivis (…), ils ne (…) doivent jamais faire l’objet d’une procédure expéditive, ni conduire à un placement en détention», ont ils fait valoir.

«L’histoire retiendra que mon mari a été emprisonné sous Ben Ali, puis de nouveau dix ans après sa chute», a déploré son épouse Azza Zarrad, jointe par l’AFP, soulignant que la prison pourrait lui être fatale en raison des dysfonctionnements de son système immunitaire.

Taoufik Ben Brik, 59 ans, connu pour ses écrits souvent satiriques ou ironiques dénonçant la dictature de Ben Ali, a été censuré en Tunisie et régulièrement harcelé par la police de l’ancien régime.

Par Le Figaro avec AFP

Côte d’Ivoire – « Ils sont allés chercher tous les Maliens » : Henri Konan Bédié crée à nouveau la polémique

novembre 19, 2019

Henri Konan Bédié à son domicile parisien le 10 septembre 2019.

Henri Konan Bédié à son domicile parisien le 10 septembre 2019. © Vincent Fournier/JA

 

Le président du PDCI, Henri Konan Bédié, a accusé le RHDP d’avoir recruté des « Maliens » pour grossir les rangs d’un meeting organisé à Paris. Des propos qui provoquent la polémique, jusqu’au sein de son propre parti.

Il s’agit de sa seconde sortie controversée du patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) en l’espace de cinq mois. Cette fois, c’est aux responsables du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) que le Sphinx de Daoukro a décidé de s’attaquer.

« Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que leur désillusion est grande. Et leur enthousiasme s’éteint progressivement à chacune de leurs timides sorties où ils ne cessent de convoyer de vrais faux militants pour espérer tromper l’opinion tant nationale qu’internationale, comme ce fut le cas récemment à Paris et à Sinfra », a lancé Bédié, le 14 novembre dernier, lors du Bureau politique de son parti.

Face à un public acquis à sa cause, le président du PDCI a alors mis de côté son discours écrit pour se lancer dans une saillie improvisée. « À Paris, il s’agissait effectivement d’une réunion pour laquelle ils sont allés chercher tous les Maliens à la sortie ! »

Propos confus

Et le vieux dirigeant, galvanisé par les ovations, de poursuivre son propos. « Mais laissez-moi terminer, d’ailleurs. Ils sont allés, un vendredi, à la sortie de la messe de 13 heures, en donnant 100 euros à tous les militants de cette mosquée. Il s’agit de la mosquée de Toits-Rouges à Paris… »

Un responsable, assis à ses côtés, lui glisse alors quelques mots à l’oreille. Bédié se corrige, il ne s’agit pas de la mosquée de Toits-Rouges – un quartier d’Abdidjan – « il s’agit de la mosquée de Château Rouge ». Au passage, Henri Konan Bédié omet un « détail » important : la réunion du RHDP n’a pas eu lieu un vendredi – jour de la grande prière hebdomadaire pour les musulmans – mais un samedi…

Pour confus qu’ils soient, ces propos ont été aussitôt été abondamment relayés sur les réseaux sociaux. Les uns dénonçant une sortie « xénophobe », les autres saluant « l’audace » du président du PDCI.

« Pourquoi le président Bédié voit-il des étrangers partout ? Pis, pourquoi ne voit-il que des étrangers ? Cette manière de faire la politique rend cette dernière nauséabonde et donne au PDCI l’image d’un parti politique ayant une offre politique moribonde. Le parti mérite mieux », s’inquiète l’analyste politique Sylvain N’Guessan.

Début mai, sa sortie contre des « étrangers » avait soulevé la polémique, au point que le gouvernement l’avait menacé de poursuites judiciaires. Mais cette fois, ses propos sur la supposée présence de Maliens à une réunion du RHDP à Paris est dénoncée jusque dans ses rangs. Selon nos informations, une délégation d’élus et de jeunes du PDCI compte le rencontrer pour lui demander d’être plus mesuré dans ses propos.

Jeuneafrique.com par André Silver Konan

USA: polémique autour de rencontres entre l’ex-ministre Kerry et l’Iranien Zarif

septembre 14, 2018

Washington – Rencontres « illégales », « sans précédent » qui « sapent » la politique étrangère des Etats-Unis: l’ex-secrétaire d’Etat américain John Kerry, qui a admis cette semaine avoir continué à rencontrer l’actuel chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, a suscité la colère de Donald Trump et du camp conservateur.

« John Kerry a eu des rencontres illégales avec le très hostile régime iranien, cela ne peut servir qu’à saper notre bon travail au détriment du peuple américain », s’est plaint sur Twitter, dans la nuit de jeudi à vendredi, le président américain. « Il leur a dit d’attendre la fin de l’administration Trump! », « C’EST MAL! », a-t-il protesté, laissant entendre que ces entretiens avaient eu lieu sans être portés à la connaissance de la diplomatie américaine.

Sans se prononcer sur la légalité de ces réunions, l’actuel chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a vivement accusé vendredi son prédécesseur démocrate de « saper activement la politique des Etats-Unis ».

« Ce qu’a fait le secrétaire Kerry est inconvenant et sans précédent », « c’est littéralement du jamais vu » et « bien plus qu’inapproprié », a protesté le ministre républicain. « On parle d’un ancien secrétaire d’Etat qui discute avec le principal Etat soutien du terrorisme au monde, et, d’après lui-même », « il leur disait de patienter jusqu’à la fin de cette administration », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

En campagne de promotion de ses mémoires, l’ancien ministre des Affaires étrangères du président démocrate Barack Obama, qui avait négocié l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 et avait tissé une relation personnelle avec son homologue iranien, a reconnu l’avoir « vu à trois ou quatre reprises » depuis son départ du gouvernement et l’arrivée du milliardaire républicain à la Maison Blanche.

Prié de dire par l’animateur radio conservateur Hugh Hewitt s’il tentait de donner des conseils à Mohammad Javad Zarif pour faire face à la décision de l’administration Trump de se retirer de cet accord nucléaire, John Kerry a répondu mercredi: « Non, ce n’est pas mon travail ».

« J’ai seulement tenté de comprendre ce que l’Iran serait prêt à faire pour améliorer la situation au Moyen-Orient », a-t-il plaidé.

Il a assuré avoir dit au ministre iranien: « Vous devez reconnaître que le monde n’apprécie pas ce qui se passe avec vos missiles, avec le Hezbollah, avec le Yémen », en écho au discours de l’actuel gouvernement américain qui dénonce le comportement « malveillant » de Téhéran dans la région.

Les commentateurs conservateurs ont aussitôt dénoncé un acte de « trahison », certains allant jusqu’à estimer qu’il méritait « la prison ».

La porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert, avait déjà ironisé jeudi sur John Kerry qui fait la tournée des médias pour « se vanter d’avoir eu des réunions avec le gouvernement iranien ».

« J’ai aussi vu des informations selon lesquelles il fournirait des conseils au gouvernement iranien. Le meilleur conseil qu’il devrait lui donner c’est d’arrêter de soutenir les groupes terroristes à travers le monde! », avait-elle ajouté devant la presse.

En 2015, pendant que John Kerry négociait avec l’Iran dans le but affiché de l’empêcher de se doter de la bombe atomique, une lettre ouverte aux dirigeants de la République islamique, signée par la plupart des sénateurs républicains, avait provoqué un tollé similaire. Ces 47 sénateurs y soulignaient que le président Obama allait quitter son poste en janvier 2017 et qu’ils n’étaient donc pas tenus par ses engagements non ratifiés par le Congrès.

Les démocrates les avaient aussitôt accusés de saper la diplomatie des Etats-Unis.

Romandie.com avec(©AFP / 14 septembre 2018 20h26)                                                        

Polémique après des propos de Trump sur le Monténégro, « petit pays très agressif »

juillet 18, 2018

Washington – Donald Trump faisait face mercredi à une nouvelle polémique pour avoir qualifié le Monténégro de « tout petit pays », dont les habitants sont « très agressifs », et pour avoir semblé remettre en cause le principe de défense mutuelle au sein de l’Otan.

« Si, par exemple, le Monténégro est attaqué, pourquoi mon fils devrait-il aller au Monténégro pour les défendre? », lui a demandé un journaliste de la chaîne américaine Fox News, dans un entretien diffusé mardi soir.

« Je comprends ce que vous dites, j’ai posé la même question », a répondu le président des Etats-Unis. « Le Monténégro est un tout petit pays avec des gens très forts, très agressifs », a-t-il ajouté, allant jusqu’à laisser entendre que cette agressivité pourrait déclencher « la Troisième Guerre mondiale » si les autres membres de l’Alliance atlantique devaient venir prendre sa défense.

Invité à réagir mercredi soir devant le Parlement, à Podgorica, le Premier ministre monténégrin Dusko Markovic a estimé que les déclarations de M. Trump n’intervenaient « pas dans le contexte de justification de l’existence de l’Otan, mais dans celui du financement de l’Otan ».

« Il a répondu à la question et dit que les Monténégrins étaient courageux et qu’il ne voulait pas que des citoyens américains combattent et soient tués pour d’autres membres de l’Otan », a ajouté M. Markovic.

Les propos de M. Trump ont alimenté le tollé suscité jusque dans son propre camp républicain par sa conférence de presse de lundi à Helsinki avec Vladimir Poutine, au cours de laquelle il a été accusé de s’être totalement aligné sur son homologue russe.

« En attaquant le Monténégro et en mettant en doute nos obligations au sein de l’Otan, le président fait exactement le jeu de Poutine », a déploré sur Twitter le sénateur républicain John McCain. « Le peuple du Monténégro a courageusement résisté à la pression de la Russie de Poutine pour adhérer à la démocratie » et « le Sénat a voté à 97 contre 2 en soutien à son entrée dans l’Otan », a rappelé cet élu respecté, après avoir déjà vivement critiqué l’attitude de Donald Trump à Helsinki.

Les relations de Washington avec les alliés de l’Otan viennent d’être mises à rude épreuve lors d’un sommet extrêmement tendu à Bruxelles. Et le président américain est régulièrement soupçonné de vouloir remettre en cause l’article 5 de la charte de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan), sa pierre angulaire, qui stipule que toute attaque contre un pays membre est considérée comme une attaque contre tous.

Cet article n’a été invoqué qu’une fois: après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

« Trump laisse à nouveau planer le doute sur le fait que les Etats-Unis, sous sa présidence, viendraient au secours de nos alliés. Un autre cadeau à Poutine », a commenté sur Twitter l’ex-diplomate Nicholas Burns, qui était ambassadeur américain à l’Otan lors du 11-Septembre.

« J’aime dire que Trump est prévisible, mais je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse présenter le Monténégro comme une menace majeure pour la paix dans le monde », a ironisé pour sa part l’expert Thomas Wright, du think tank Brookings.

La porte-parole du département d’Etat américain Heather Nauert n’a pas souhaité commenter directement les propos de Donald Trump, mais elle a rappelé que le président avait « réitéré la semaine dernière notre engagement à toute épreuve en faveur de la défense collective au sein de l’Otan ».

La déclaration publiée à l’issue du sommet de Bruxelles « affirme clairement que toute attaque contre un allié serait considérée comme une attaque contre tous », a-t-elle insisté.

Romandie.com avec(©AFP / 18 juillet 2018 23h39)                                                        

France: Macron annonce la suppression de l' »exit tax » et suscite la polémique

mai 2, 2018

Emmanuel Macron donne un discours lors de la visite de la Art gallery of New South Wales, à Sydney, le 2 mai 2018 / © POOL/AFP / LUDOVIC MARIN

Le président français Emmanuel Macron a annoncé vouloir supprimer l' »exit tax » payée par les contribuables partant à l’étranger, suscitant une nouvelle salve de critiques sur la politique fiscale du gouvernement, déjà accusé de favoriser les « très riches ».

Un symbole « négatif » pour l’attractivité de l’économie française: voilà comment le chef de l’Etat a justifié, dans un entretien au magazine américain Forbes, la fin de cet impôt mis en place sous Nicolas Sarkozy pour dissuader les patrons d’aller s’installer à l’étranger.

Cette taxe « envoie un message négatif aux entrepreneurs en France, plus qu’aux investisseurs. Pourquoi? Parce qu’elle implique qu’au-delà d’un certain seuil, vous allez être pénalisé si vous quittez le pays », assure M. Macron dans cette interview, accordée en anglais.

« C’est une grave erreur pour nos start-up parce que nombre d’entre elles, considérant la France moins attractive, ont décidé de lancer leurs projets en partant de zéro à l’étranger afin d’éviter cet impôt », ajoute-t-il.

Le chef de l’Etat, qui fait la une du magazine américain sous le titre de « Chef du libre échange », précise vouloir supprimer cet impôt dès l' »an prochain », ajoutant qu' »il n’a pas de sens ».

« Si vous voulez vous marier, vous ne devriez pas avoir à expliquer à votre partenaire: +si tu te maries avec moi, tu ne seras pas libre de divorcer+ », argumente M. Macron, se disant « favorable à l’idée de pouvoir se marier librement et de divorcer librement ».

– « pas intéressant » –

L' »exit tax », instaurée en 2011, impose les plus-values sur des participations détenues par les contribuables qui quittent la France, afin de dissuader le transfert de domicile fiscal à l’étranger.

Cette mesure, qui s’applique aux contribuables ayant passé au moins six ans en France, concerne les personnes détenant un patrimoine en actions et obligations supérieur à 800.000 euros ou au moins 50% du capital d’une entreprise.

« Le message que je veux envoyer aux investisseurs étrangers est que nous baissons l’impôt sur les sociétés », que « nous simplifions tout », assure dans son entretien Emmanuel Macron, qui justifie également son choix par le faible rendement de l' »exit tax ».

Cet impôt n’est « pas particulièrement intéressant pour les finances publiques, il est très petit », estime le président.

Selon les données transmises par Bercy à l’Assemblée nationale, ce prélèvement a rapporté quelque 70 millions d’euros en 2017 à l’Etat. Un chiffre un légère hausse par rapport aux années précédentes, mais inférieur aux 200 millions d’euros attendus lors de sa création.

L’annonce d’Emmanuel Macron n’a toutefois pas manqué d’alimenter la polémique, dans un contexte compliqué pour le gouvernement, accusé depuis la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) de favoriser « les riches » et les « très riches ».

– un choix « affligeant » –

« En décembre la fin de l’ISF et la +flat tax+ devaient servir l’investissement en France. Qui croira encore à cette fable? Même l’évasion fiscale n’est plus découragée », a dénoncé sur Twitter le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.

« Avec Emmanuel Macron, c’est encore et toujours +exit la taxe+ pour les plus fortunés (…) qui pourront désormais s’exiler fiscalement en toute impunité », a abondé le député PS Boris Vallaud, Alexis Corbière (LFI) dénonçant de son côté un choix « affligeant… et ô combien significatif ».

Même son de cloche à droite, notamment chez les souverainistes. « Macron a définitivement choisi son camp: celui des plus privilégiés », a jugé dans un communiqué Florian Philippot, président du mouvement Les Patriotes.

« Encore une taxe en moins pour les exilés fiscaux, les travailleurs peuvent toujours attendre qu’on défiscalise leurs heures supplémentaires », a ajouté le président de Debout La France, Nicolas Dupont-Aignan.

Contacté par l’AFP, l’ex-secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert s’est dit pour sa part « choqué » par le choix d’Emmanuel Macron, s’interrogeant également sur le calendrier de cette annonce, « effectuée le 1er mai », « soit le jour de la fête du Travail ».

« L’argument selon lequel cette taxe rapporterait peu d’argent ne tient pas », assure l’ancien député socialiste, qui attribue le faible rendement de l' »exit tax » à son effet « dissuasif ». « Au moment où tout le monde parle de lutter contre l’évasion fiscale, il semble incompréhensible de la supprimer », ajoute M. Eckert, pour qui le dispositif bénéficiait d’un « relatif consensus politique ».

Romandie.com avec (©AFP / 02 mai 2018 14h57)